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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 13:55
Le piège tendu par la famille Le Pen

La famille Le Pen met en scène depuis quelques jours une pièce avec laquelle seule une nouvelle adaptation du trésor des Nibelungen pourrait rivaliser. Tout y est : pouvoir et détestation familiale...

Qui ne voit pourtant que cela reste une opération de mise en scène ? Qui peut croire que Marine Le Pen est assez sotte politiquement pour s'embarquer médiatiquement dans une séquence qui lui ferait du tort, alors qu'elle n'aura jamais été aussi proche du pouvoir, qu'elle désire par dessus tout contrairement à son père ?

L'ire de la Présidente du Front National, après l'entretien accordé à Rivarol par Jean-Marie Le Pen, renforce une fois de plus l'exposition médiatique du FN. Plus besoin d'entretenir le lit de camp de Florian Philippot à BFM TV, les médias parlent chaque jour du "conflit" supposé mortel entre la fille et le père.

L'entretien du père dans le journal de l'extrême droite catholique a le mérite d'exposer au grand jour quel est le programme éternel de l'extrême droite : filiation au pétainisme, révisionnisme, antisémitisme, nationalisme volkiste, programme économique libéral et inégalitaire... Il en profite pour condamner Florian Philippot pour "chevènementisme". Tout cela arrange parfaitement Marine Le Pen.

La Présidente du FN peut ainsi envoyer un message à la masse de ses nouveaux électeurs, du nord et de l'est de la France, souvent anciens électeurs socialistes, qui rejoignent le FN parce qu'ils entendent le discours pseudo "souverainiste de gauche" de l'élu mosellan et qui sont motivés (bien avant les questions identitaires) par la question économique et sociale. Elle pourra toujours compter sur le profil national-conservateur de sa nièce, Marion Maréchal, pour continuer de parler à l'électorat poujadiste et sécuritaire du midi. C'est également l'occasion pour réaffirmer un discours social en se dédouannant de la politique antisociale conduite par les municipalités FN depuis avril 2014.

Marine Le Pen peu également adresser aux médias, qui le relaieront complaisamment, un message sur l'achèvement de l'opération de dédiabolisation du FN : depuis le temps que nombre de commentateurs lui demandent de rompre avec son père pour prouver qu'elle dirige un parti "normal" et respectueux de la République, Jean-Marie Le Pen vient de lui offrir l'occasion en or de le tuer politiquement. Et elle ne va pas s'en priver : refus de lui accorder la tête de liste en PACA pour les régionales, procédure disciplinaire au sein du FN. Peu importe, une fois ce meurtre symbolique accompli, qu'elle continue de fréquenter les bals fascistes de Vienne, que le FN ne soit pas un parti républicain puisqu'il continuera à défendre la préférence nationale, le retrait de la nationalité française à des centaines de milliers de naturalisés, etc.

Enfin, une fois Jean-Marie Le Pen versé aux poubelles de l'histoire, certains responsables politiques ayant depuis longtemps oublié de penser la réponse à l'extrême droite, ils seront totalement dépourvus de leur épouvantail favori et démunis dans le combat politique ; ils finiront par accepter la normalisation du FN ou du RBM, comme ils semblent aujourd'hui accepter par fatalisme "l'évidence" du tripartisme.

Marine Le Pen pose donc là encore un nouveau jalon dans sa marche vers le pouvoir : la France s'approche chaque jour d'un exécutif national-populiste, qui avec ou sans Jean-Marie conservera de bons morceaux de fascisme dedans, et qui ne peut en rien être comparé aux formations populistes nordiques ou à l'alliance nationale de Gianfranco Fini, issu du parti fasciste italien.

Frédéric Faravel

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