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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 10:10
Le 21 mai, votez pour un Parti Socialiste utile à la France et aux Français

Les militants socialistes se prononceront demain soir jeudi 21 mai sur l'orientation politique qu'ils souhaitent donner à leur Parti pour les prochaines années. Ce sera la seule et la dernière occasion, avant la fin du quinquennat qu'ils auront pour donner leur avis sur la politique conduite depuis 3 ans maintenant par les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls (sous la férule du Président de la République), souvent à rebours des engagements pris lors de la campagne des élections présidentielles. Il ne s'agit pas seulement du fameux discours du Bourget, un moment de la campagne, mais bien des 60 engagements du candidat Hollande, qui disaient toute autre chose que ce qui a été mis en œuvre ensuite en termes de politiques économiques et sociales : une ratification du traité Merkozy sans renégociation, un pacte de compétitivité fondé sur l'augmentation de la TVA et sans contreparties des entreprises, un pacte de responsabilité dans la même veine fondé sur la baisse des cotisations sociales des entreprises (qui met à mal les comptes de la sécurité sociale) sans contreparties non plus, une politique fondée sur la baisse du coût du travail qui avait pourtant été dénoncé durant la campagne et lors du congrès de Toulouse alors que la compétitivité française devrait d'abord se jouer sur l'innovation et la modernisation de l'outil productif français, une fausse loi de séparation bancaire, l'enterrement de la réforme fiscale, la baisse des dotations financières des collectivités locales (qui a accru les difficultés économiques des PME), une réforme des retraites éloignée de nos engagements et pour laquelle même le compte pénibilité (véritable avancée) est retardé et rogné en accord avec le patronat, un recul des droits des salariés avec l'ANI, le projet de loi Macron et le projet de loi Rebsamen, un dialogue social dévoyé où les syndicats sont mis sous pression par le gouvernement pour donner chaque jours plus de gages au MEDEF…

Ne soyons pas caricaturaux des bonnes choses ont également été réalisées : la loi consommation, l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, la refondation de l'école, la loi ALUR sur le logement (mais dont les principales mesures sont aujourd'hui détricotées par le gouvernement Valls) ou encore la généralisation du tiers payant… Cependant ces avancées sont insuffisantes et nos concitoyens considèrent souvent légitimement que la gauche au pouvoir n'a pas répondu à leurs attentes et ne défend pas leurs intérêts comme nos engagements le laisser entrevoir : 600 000chômeurs de plus en 3 ans, un pouvoir d'achat en berne, une stratégie économique contre-productive qui ne jugule pas les déficits faute de recettes. Ils ont le sentiment d'avoir été trompés et de ne pas être entendus.

Pourtant, ils se sont fait entendre à des multiples reprises : nous avons perdu toutes les législatives partielles de 2012 à 2014 (souvent éliminés dès le 1er tour), nous avons été sanctionnés durement aux élections municipales, européennes, sénatoriales et départementales une partie croissante de notre électorat, celui de Hollande au 1er tour, a choisi une abstention raisonnée ; certains de nos électeurs se tournent désormais vers le FN, notamment dans le Nord et l'Est de la France. Les électeurs de nos partenaires de gauche et écologistes ne veulent plus voter pour nous, parfois même quand nous sommes opposés au 2nd tour au FN, les reports de voix entre les deux tours qui étaient auparavant excellents (et qui l'ont été notamment aux présidentielles de 2012) sont très mauvais.

Les perspectives pour les élections régionales de décembre 2015 sont sombres et l'angoisse de revivre l'élimination de la gauche au 1er tour de la présidentielle est de plus en plus prégnante.

J'ai adhéré au Parti Socialiste voici 22 ans, le 28 mars 1993 très exactement, au lendemain de la pire défaite législative du PS, alors qu'il ne restait plus qu'une petite soixantaine de députés socialistes à l'Assemblée Nationale. J'ai vécu avec douleur et violence l'élimination de Lionel Jospin le 21 avril 2002 devant de plusieurs dizaines de milliers de voix par Jean-Marie Le Pen, alors même que nous étions persuadés de la qualité macroéconomique et sociale de notre bilan gouvernemental. Je suis sidéré de constater à quel point notre parti, nos responsables politiques nationaux et nos dirigeants exécutifs semblent n'avoir tiré aucun enseignement des 34 dernières années de vie politique durant lesquelles nous avons gouverné 18 ans... et notamment de nos défaites de 1993 et 2002 

Lionel Jospin avait sorti le PS de l'ornière en 1995 sur un rapport critique à l'exercice du pouvoir, avec un viatique : dire ce que l'on fera, faire ce que l'on a dit… ce ne fut pas seulement un prétexte pour réduire nos ambitions programmatiques, mais c'était tirer la leçon que la gauche doit au pouvoir mettre en œuvre les propositions et les engagements qu'elle a pris devant les Français lorsqu'elle préparait l'alternance dans l'opposition : cette première leçon a été oubliée, puisque nous ne mettons pas en œuvre notre projet socialiste, l'accord programmatique entre socialistes et écologistes (2011) ou une partie majeure (la stratégie économique et sociale) des engagements de Hollande en 2012 !

Lionel Jospin avait plus perdu en 2002 parce que nos concitoyens, malgré la baisse du chômage, les 35 heures et le rétablissement des comptes de la sécurité sociale, n'avaient pas vu leurs conditions de vie concrètes s'améliorer (bien plus que pour des raisons d'insécurité) : nous avions fait l'impasse sur le pouvoir d'achat et l'amélioration des conditions de travail, oubliées sur l'autel de la modération salariale en échange des RTT… Le même effet ciseau s'est produit lors des mid terms de l'année dernière aux USA : alors que la politique économique de Barak Obama rencontrait de véritables succès (baisse du chômage, retour de la croissance), les citoyens américains avaient sanctionné les Démocrates (avec une moindre mobilisation de leur électorat) parce que leurs conditions de vie quotidienne semblaient s'être dégradées. C'est cette deuxième leçon que nous n'avons pas retenu : pour les Français, la gauche au pouvoir est associée à l'idée de progrès social et d'amélioration des conditions de vie. Quand elles ne sont pas au rendez-vous, quels que soient les chiffres macroéconomiques nous sommes sanctionnés. C'est pourquoi l'action sur les rémunérations, sur le renforcement des droits des salariés, notamment, devrait être au cœur de notre politique gouvernementale.

Il reste deux ans pour sauver le quinquennat et mettre la gauche en capacité de reprendre pied pour emporter l'élection présidentielle de 2017 et inscrire notre action dans la durée ce qui seul peut permettre la transformation réelle de la société.

Le gouvernement n'envisage pas d'amélioration du chômage avant 2016. Pourtant, sans décisions immédiates, les conséquences sociales et politiques de ces prévisions seront redoutables. Or, on peut et doit agir vite pour relancer l'activité et répondre à l'urgence sociale.

La motion B présente des réformes à engager immédiatement pour réussir la fin du quinquennat... Quel crédit accorder à des promesses de réorientation en réalité très différentes, voire contradictoires avec ce que prépare le gouvernement ? Peut-on rester sur son Aventin, dans la posture du Ni-Ni, qui est une manière de laisser les autres décider ?

Non !

Oui, soutenir la motion B, c'est clairement peser pour une réorientation raisonnable, efficace ; c'est un vote utile pour la France, la reconquête du peuple de gauche et le rassemblement Rose-Rouge-Vert.

La gauche française traverse aujourd'hui une de ses plus graves périodes de turbulences. Trois ans après la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, le constat est amer et sans circonstances atténuantes possibles.

Pour autant, seule la gauche unie peut relever le défi qui nous est présenté aujourd'hui. Ce n'est qu'unie qu'elle pourra être crédible et revenir sur le chemin de la réussite. Pour cela il faut une volonté politique.

Cette volonté ne saurait surgir d'un discours culpabilisateur et totalement inopérant : maintenant que le FN a terriblement progressé en pourcentage et en voix, il faudrait faire abstraction du projet politique mise en œuvre au gouvernement pour éviter la catastrophe d'une élimination au soir du premier tour d'une élection, comme tant de candidats de gauche l'ont subi aux départementales et comme cela pourrait de nouveau arriver aux élections présidentielles, si nous ne redressons pas la barre très vite. Nos propres électeurs ne sont mêmes plus réceptifs à ses injonctions, à ces appels à l'autorité et à la responsabilité de la part de ceux qu'ils jugent responsables de la détérioration de leur situation.

Cette volonté ne peut pas plus émerger si chacune des composantes de la gauche se croit suffisante à elle seule. Un parti, qu'elles que soient la pertinence de ses analyses et éventuellement de ses propositions, ne saurait prétendre résumer à lui-seul toute la gauche et les écologistes, dans la diversité des cultures politiques du pays auxquelles est attaché le Peuple de gauche.

Dans le même temps, nos concitoyens ne croient pas qu'il existerait deux gauches irréconciliables, dont l'une pourrait remplacer l'autre jugée défaillante. C'est pour cette raison qu'alors que le PS subit défaite sur défaite aucun autre parti plus à gauche que lui n'en profite ; au contraire, l'échec provisoire de la gauche est un instrument à charge contre tous nos partis.

Il n'y a pas dans cette situation de possibilité d'un Syriza français. Ou plutôt uniquement si nous trouvons les ressors pour nous rassembler avant la fin du quinquennat et faire adopter ensemble de nouvelles lois porteuses de progrès, cohérentes avec les engagements présidentiels : séparation bancaire réelle, réforme fiscale, droit de reprise des entreprises, amélioration des conditions de travail, relance économique par l'investissement et le pouvoir d'achat…

A cette première condition doit s'ajouter une seconde fondée sur notre capacité commune à préparer l'avenir et à jeter les bases de propositions communes pour répondre aux défis de la France et des Français en 2017.

Ce n'est que sur cette base que la gauche peut prétendre inscrire son action dans la durée en repoussant le retour de la droite ou la résistible montée de l'extrême droite vers le pouvoir.

Frédéric Faravel
Mandataire fédéral de la motion B « à gauche pour gagner ! » dans le Val-d'Oise
Membre du bureau fédéral du PS95
Section de Bezons

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