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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:56

J'assistais hier soir au conseil fédéral de la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste.

Chacune de ces réunions débute par un débat d'actualité politique et nous avons engagé ensuite la discussion sur le contexte dans lequel les primaires de la gauche vont être organisées.

Il me paraissait nécessaire de revenir sur les semaines passées et la colonisation du débat public par le thème de l'identité, porté par la droite et l'extrême droite. Tout le mois en effet fut occupé par la polémique sur les arrêtés anti-burkini à laquelle l'arrêt du conseil d'Etat ne semble pas voir mis fin, la droite et l'extrême droite demandant désormais à modifier la loi pour l'interdire, l'invocation du "trouble à l'ordre public" ayant été - logiquement - déboutée. On notera cependant que cette perspective se heurte à des écueils juridiques difficilement dépassables (comment interdire à des citoyens de se vêtir "librement" dans l'espace public ?), puisque même la loi sur le niqab n'avait pu se fonder sur l'argument de la laïcité mais avait dû s'appuyer sur des considérations d'ordre public en interdisant les pratiques visant à empêcher l'identification d'un individu dans l'espace public.

Que la droite cherche à chasser sur les plates-bandes xénophobes du Front National n'étonnera personne... Que cette posture tacticienne n'aboutisse qu'à légitimer un peu plus le discours de l'extrême droite est déjà assez dangereux en soi, mais il est plus que regrettable que le Premier Ministre ait cru bon d'apporter son soutien aux maires de droite - mais aussi certains de gauche - qui avait publié ces arrêtés.

De fait, depuis plusieurs années, la gauche se fait dicter le tempo et le thème du débat politique par une droite radicalisée - qui n'a plus grand chose de républicain - et le Front National. Les défenseurs de la ligne de Matignon ont rétorqué à cela que la gauche avait eu tort de laisser la thématique identitaire à la droite et au FN et qu'il était indispensable d'investir ce débat pour apporter une réponse de gauche, une réponse républicaine (comme si tous ceux qui s'autodéfinissent "républicains" y donnaient le même contenu) à la recherche de l'identité nationale. Si c'était cela qui était fait - et parfois c'est le cas comme lorsque le Premier Ministre fut contraint de répondre aux outrances de Laurent Wauquiez lors du débat sur le prorogation de l'état d'urgence à l'Assemblée Nationale ou lors du discours de François Hollande, salle Wagram (qui au passage mit à jour les divergences flagrantes existant sur ce sujet entre le Président de la République et son Premier ministre) -, on pourrait leur donner quitus. Malheureusement, l'exécutif et ses soutiens n'apportent pas de réponse offensive aux interrogations sur l'identité mais acceptent les termes et la logique du débat tel qu'il est imprimé par ce que le Premier secrétaire du PS appelle le bloc réactionnaire. Pour preuve l'instrumentalisation catastrophique du débat initié par François Hollande et Manuel Valls sur l'inscription dans la constitution de la déchéance de nationalité lor de la tentative avorté de réfome constitutionnelle.

Est-on vraiment obligé de se faire constamment dicter - sur les réseaux sociaux et dans les médias - le tempo et les "thèmes de campagne" par la droite et l'extrême-droite ?
N'a-t-on pas des sujets plus urgents pour la vie quotidienne de nos concitoyens (notamment économiques et sociaux) que de dire "la droite c'est des méchants, ce sera pire avec eux" ou "la droite réécrit l'Histoire de France" ou "quelle est la véracité du récit national ?" après la sortie de Sarkozy sur "nos ancêtres les Gaulois" à Franconville...?

Le problème est évidemment plus profond et dépasse le cadre hexagonal... En abandonnant sa mission de transformation sociale, la gauche occidentale – dont la plupart des dirigeants se sont convertis au social-libéralisme version Clinton-Blair – a perdu son audience auprès des classes populaires, qu'elle était censée  - au moins dans l'imaginaire collectif - représenter, défendre, auxquelles elle avait vocation à apporter l'émancipation sous toutes ses formes (économique, sociale, culturelle et personnelle). Le socialisme démocratique n'est pas un économicisme, il porte une vision du monde et ne peut transformer la société qu'à la condition qu'il ait mené et remporté la bataille culturelle : l'ouverture sur le monde, l'acceptation des différences, la prédominance de la science sur la croyance, mais aussi la solidarité et l'échange appartiennent à son message. En oubliant la question sociale, les sociaux-libéraux ont ouvert un espace particulièrement évident pour que les nationaux-populistes imposent la question identitaire comme le cœur du débat politique. Jean-Marie Le Guen - tout à la fois secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement (en mode pompier pyromane) et animateur des "réformateurs" (les amis de Manuel Valls -, d'ailleurs, a validé cette analyse en affirmant que la question identitaire avait désormais remplacé pour de bonnes raisons (selon lui) la question sociale. En France, la question de l'identité ne peut se résoudre qu'à la condition d'être liée à la République. Aujourd'hui le doute républicain s'insinue parce que l'égalité recule ; nous ne pourrons donc engager la reconquête de l'hégémonie culturelle - nécessaire à notre mission de transformation sociale - qu'à la condition de remettre l'égalité et la République sociale au coeur de nos priorités. Car la République ne sera convaincante qu'adossée à la justice sociale. Jaurès disait qu'une fois devenue laïque la République devait devenir sociale et qu'elle ne resterait laïque qu'à la condition d'être sociale...

La crise de la gauche, au sortir de ce quinquennat, et dans un contexte international de désorientation profonde de la social-démocratie est donc multiforme. Les primaires devront à ce titre apporter quelques réponses à cette crise et ne pas se contenter d'être un simple mode de sélection de candidats. En 2011, le facteur essentiel de distinction entre les candidats à l'investiture socialiste pour les Présidentielles s'était concentré sur ce que les médias et les enquêtes d'opinion disaient de la capacité des uns et des autres à l'emporter au second tour contre le candidat sortant. Les électeurs des primaires avaient fait relativement abstraction des propositions des uns et des autres se déterminant en faveur de François Hollande car celui-ci était identifié comme ayant le plus de chance de gagner l'élection présidentielle.

La primaire de 2017 ne s'engage pas de la même manière. D'abord parce qu'à ce stade aucun des candidats à l'investiture ne semble être en mesure de garantir la présence de la gauche au 2nd tour de l'élection présidentielle (on y reviendra) - ce ne peut donc être une donnée discriminante entre eux, même si la dynamique que nous devons créer doit rompre le plafond de verre que François Hollande a construit au-dessus de tous ces remplaçants potentiels. Ensuite parce que le Parti Socialiste a choisi de ne pas préparer de programme pour l'élection présidentielle, considérant qu'un candidat à l'élection n'en tient de toute façon pas compte. Quand on connaît l'implication de la direction du PS en faveur du Président de la République sortant cela permet de mesurer le niveau de confiance qu'elle lui porte en réalité, de ce qu'elle pense de sa capacité de tenir ses propres engagements ou de tenir compte des propositions du principal parti qui le soutient.

En l'absence du programme du PS, l'enjeu autour de la vision et des propositions programmatiques de chacun des candidats va devenir essentiel. Chacun des candidats fera la différence dans sa capacité à imposer sa vision et ses propositions dans l'électorat de gauche aux primaires. Dans ces conditions, l'expression de plusieurs candidatures à gauche de François Hollande n'est donc pas illégitime, à condition qu'elle se fondent sur des propositions différentes et que les candidats alternatifs gardent à l'esprit que l'objectif est d'offrir à la gauche un "véhicule" lui permettant de sortir de l'impasse politique dans laquelle nous ont enfermés François Hollande et Manuel Valls. Cela suppose que ces candidats alternatifs ne se détruisent pas les uns et les autres et privilégient des logiques de convergences et de rassemblement au premier et au second tours des primaires, un gentleman agreement bien compris qui n'a que faire des potentielles querelles d'ego et du crétinisme présidentialiste.

Enfin, si l'on s'en tient aux sondages électoraux actuels, tout en espérant qu'une dynamique soit engagée au sortir des primaires pour lesquelles plus d'un million d'électeurs se seraient déplacés, les primaires citoyennes de la Belle Alliance Populaire pourraient ne pas suffire à sortir de l'impasse. C'est pourquoi, plutôt que moquer l'appel de La Rochelle à des primaires de toute la gauche, les soutiens de la direction du PS devraient plutôt remercier les militants et responsables de la motion B pour avoir affirmer la nécessité d'un candidat de rassemblement de toute la gauche. Si aucune dynamique de rassemblement n'est engagée en dépassant les préventions d'une direction frileuse du PCF et d'un parti écologiste en déshérence, l'accumulation des candidats signficatifs de gauche ou dits de gauche conduit à l'élimination de chacun d'entre au soir du premier tour de l'élection présidentielle et nous condamne à assister à un second tour droite radicalisée/extrême droite. Si Jean-Luc Mélenchon avait une quelconque volonté de conquérir le pouvoir d'Etat, de recomposer la gauche et de permettre à une gauche recomposée d'agir, il viendrait battre François Hollande dans des primaires de toute la gauche. Si le PCF et EELV avaient eux-mêmes cette intention, ils participeraient à ces primaires pour faire battre François Hollande et cornériser Jean-Luc Mélenchon afin d'offrir à la gauche une chance d'être présente au 2nd tour de l'élection présidentielle.

* * *

Le chemin est encore long avant de dépasser de sortir de la seringue dans laquelle les sociaux-libéraux ont emprisonné la gauche. Il y a loin de la coupe aux lèvres avant d'en finir avec cette stratégie suicidaire de "deux gauches irréconciliables". Dans ces conditions, je privilégie donc le choix de la cohérence dans la vision politique, les propositions et les axes stratégiques déployées : la candidature de Marie-Noëlle Lienemann me paraît aujourd'hui - à 4 mois des primaires - la seule à faire preuve de cette cohérence et de ce serieux. C'est pourquoi je défendrai sa candidature afin qu'elle pèse le plus possible dans rendez-vous difficiles que la gauche a devant elle.

Frédéric FARAVEL

 

Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche et Arnaud Montebourg, candidats alternatifs à François Hollande pour les primaires, avec Christian Paul responsable de la motion B du PS, à La Rochelle le dimanche 11 septembre 2016

Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche et Arnaud Montebourg, candidats alternatifs à François Hollande pour les primaires, avec Christian Paul responsable de la motion B du PS, à La Rochelle le dimanche 11 septembre 2016

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