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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 08:35
POURQUOI IL NE FAUT PAS PRIVATISER AÉROPORTS DE PARIS (ADP)

ADP, c'est notre affaire, C'est notre bien commun, C'est à nous de décider !
EXIGEONS UN RÉFÉRENDUM ! SIGNONS !

ADP, une belle entreprise nationale - Une privatisation contestable et contestée

ADP est une société où l’État est actuellement par la loi obligatoirement majoritaire (50,63% du capital) ; elle gère les trois aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly, Le Bourget et dix aérodromes franciliens. ADP est depuis 2018 le n°1 mondial de la gestion aéroportuaire avec un total de 281,4 millions de passagers. ADP possède de très nombreuses participations dans des aéroports internationaux et représente également le 1er propriétaire foncier d’Île-de-France.
Le gouvernement d'Emmanuel Macron et « La République en Marche » ont fait adopter au forceps la Loi PACTE qui permet la vente des actions de l’État à un opérateur privé pour lui confier la gestion des aéroports pendant 70 ans.
Il s'agirait de récupérer tout de suite quelques milliards d'euros pour le budget de l’État mais surtout de satisfaire les appétits d’un grand groupe privé.
Si le Sénat et toute l’opposition à l’Assemblé Nationale ont voté contre cette privatisation, c’est qu’ADP est d’abord une entreprise très rentable qui apporte une manne financière à l’État ; ce serait absurde de la brader à des investisseurs privés. Ensuite ADP assure des missions stratégiques. D’ailleurs, même aux États-Unis, les aéroports demeurent publics, c’est dire…

Le référendum d'initiative partagée (RIP), c'est quoi ?

Le gouvernement a fait voter une loi l'autorisant à privatiser le groupe Aéroports De Paris, à le vendre à des sociétés privées.
248 parlementaires de tous les groupes politiques, à l’exception de la majorité présidentielle, ont jugé très grave cette privatisation et considéré que, s’agissant d’un bien d’intérêt national, il était nécessaire que la décision revienne au peuple, aux citoyens. Ces parlementaires ont réussi à déclencher la procédure de Référendum d’Initiative Partagée. Inscrite depuis 2008 dans la constitution française, une telle procédure n’a jamais pu commencer jusqu'ici. Désormais pour que ce référendum soit convoqué il faut recueillir 4,73 Millions de signatures de citoyennes et citoyens inscrits sur les listes électorales.
Quel que soit votre avis sur la privatisation d’ADP, signez la demande de référendum pour faire vivre une démocratie plus citoyenne !
Pour que le peuple ait la parole, cela dépend maintenant de nous !

La privatisation d'ADP : une aberration économique. On spolie les Français !

Le gouvernement Macron brade les bijoux de famille au mépris de l’avenir

Les privatisations prévues par le gouvernement dans la Loi PACTE réduiront de 12% le portefeuille d’actions publiques, réduisant la place de l’État dans l’économie nationale et l’exposant davantage à des choix purement financiers ou à des ingérences étrangères.
Selon le gouvernement, le produit des privatisations (celle d'ADP, mais aussi d'ENGIE et de la Française des Jeux) devrait pour une part alimenter un fonds d’innovation de 10 milliards d’euros, espérant ainsi des revenus autour de 250 millions d’euros par an.
L’argument du soutien à l’innovation ne tient pas : il y a bien d’autres solutions pour trouver les 250 M€, comme cibler une partie des 50 milliards de CICE et de Crédits Impôts recherche ou rétablir l’ISF !
La seule vente des actions de l’État pourrait atteindre au maximum 9 milliards d’euros, or il faudra déduire de cette somme l’indemnisation des actuels actionnaires privés estimée au moins à un milliard d'euros.
L’État perdrait donc les sommes importantes que lui rapporte aujourd’hui ADP : 180 M€ de dividendes en 2018 ! Tous les experts estiment que cette somme va fortement s’accroître. Avec ENGIE et la FdJ, les dividendes étaient déjà bien supérieurs aux 250 M€ annuels escomptés du fonds pour l’innovation. C'est donc une mauvaise opération financière pour les Français(es) mais pas pour les futurs actionnaires !

En privatisant un monopole, on accorde une rente au privé

Les aéroports parisiens appartiennent à ADP, qui est en situation de monopole (public). Les futurs propriétaires pourront augmenter les tarifs et baisser la qualité. Un cahier des charges est censé poser des garanties : on nous avait dit la même chose pour les autoroutes… et 70 ans c’est long ! Un tel cahier des charges ne pourra pas garantir grand-chose sur cette durée. On nous expliquera alors qu’il faut allonger la concession pour l’adapter !

Une concession très longue qui risque d’aller au-delà des 70 ans annoncés

Une telle durée devrait permettre au concessionnaire d’amortir facilement ses investissements. Pourtant, il est prévu, à la fin de la durée de la concession une extravagante indemnisation financière par l’État ! Celui-ci ne pourra pas verser cette indemnisation, et nous devrons laisser cette concession à vie aux entreprises privées. La méthode est connue, le résultat aussi.

Même pour les libéraux, dans le cas des aéroports, la privatisation n’est pas justifiée

Une fois la concession attribuée, le privé dispose d'un monopole, donc la concurrence ne joue pas. C’est d’ailleurs ce qui explique que même aux États-Unis la plupart des aéroports demeurent publics, car les Américains estiment aussi que ces infrastructures sont stratégiques.
ADP dispose d'importantes réserves financières (sur lesquelles l’entreprise qui l’achètera fera main basse) pour lui permettre de financer des investissements afin d'améliorer et moderniser les aéroports. La gestion récente d'ADP a été conditionnée à l’objectif de sa vente, donc en privilégiant les rendements financiers sur la qualité du service et sur l’emploi. C'est pourquoi nous revendiquons une gestion publique nouvelle au service des usagers et de l’intérêt général.

Souveraineté nationale : ADP c’est stratégique !

Au-delà de la vente d’un fleuron économique, ADP est une frontière et une entreprise stratégique. Elle doit rester publique pour plusieurs raisons :

La sécurité : Les aéroports parisiens sont une frontière avec des enjeux de contrôles et de sécurité. Selon le gouvernement, il n’y aurait aucune inquiétude à avoir puis que l'État conserverait toutes ses activités régaliennes (sécurité des pistes et des bâtiments, contrôle des passagers, des marchandises et du trafic aérien). Or leur efficacité dépend de l’organisation globale des aéroports. La sécurité ne s'y limite pas à seule autorité des forces de police mais tient aussi à la configuration des bâtiments et leur usage. Un opérateur privilégiera la maximisation des surfaces commerciales, bien plus rentables que celles dédiées aux contrôles.

Ingérence étrangère : Suite à la privatisation de l’aéroport de Toulouse, la Cour des Comptes a critiqué « un acquéreur dont le profil soulève des inquiétudes » quant à « son manque d’expérience en matière de gestion aéroportuaire », « son manque de transparence financière » et ses « liens avec la puissance publique chinoise ». ADP est bien plus grand que l’aéroport de Toulouse, voulons-nous prendre le risque de le laisser potentiellement à des puissances étrangères ?

ADP, c’est le hub d’Air France : Si l’aéroport n’est pas organisé pour faciliter son activité à un coût abordable, la compagnie nationale Air France sera fragilisée. Si KLM – alliée d'Air France – est si performante, c’est grâce à la faiblesse des frais aéroportuaires de l'aéroport de Schiphol au Pays-Bas. L’encadrement des tarifs avec l’État ne garantit pas qu'Air France soit protégée de fortes augmentations (cf. autoroutes). Les difficultés économiques d’Air France, 1er client d’ADP, risquent de s'accroître.

ADP et ses réserves foncières : Le groupe possède près de 6.700 hectares dans des territoires stratégiques situés autour de Paris et dans Paris ; l’État perdrait donc le contrôle de l’aménagement. L’État se priverait d'une énorme manne financière au profit d’investisseurs privés. Et pendant ce temps-là, l’État et les collectivités locales, nos impôts, financeront les investissements de développement des Aéroports parisiens, mais les bénéfices tomberont dans l’escarcelle des futurs actionnaires.

Des risques écologiques accrus : Les perspectives de croissance de l'aérien sont déjà très élevées ; il faudra maîtriser cette croissance qui n’est pas sans conséquences pour les riverains, déjà fortement impactés par le bruit et autres nuisances. Pour les grandes entreprises, les nuisances, ce sont au contraire les normes ! Prendre en compte la vie quotidienne des riverains et l’intérêt général, c’est aussi ça une entreprise publique. 
Cette privatisation absurde à tous points de vue s’inscrit dans la vision très libérale d’Emmanuel Macron : moins d’État et de services publics, au détriment des citoyens, au bénéfice des marchés et des actionnaires.

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