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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 13:22
Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Mercredi soir, le Président de la République nous a nouveau convoqué devant nos postes de télévisions pour nous faire part de ses décisions dans la conduite – défaillante – de la lutte contre l'épidémie.

L'ensemble des mesures annoncées marque avant tout un échec de la politique de l'exécutif (oui de l'exécutif qui a soigneusement, avec la complicité de la majorité LREM et finalement aussi de la droite sénatoriale, écarté le parlement de tout contrôle réel) dans la crise sanitaire. Dans n'importe quelle autre démocratie, au regard du constat d'échec renouvelé des dispositifs mis en place, le Premier Ministre – qui était aussi le « Monsieur Déconfinement » lorsqu'Édouard Philippe était à Matignon – aurait dû dans la foulée présenter la démission de son gouvernement.

Cependant malgré un constat d'échec évident, Emmanuel Macron ne semble pas même imaginer un seul instant qu'il porte avec ses deux premiers ministres une quelconque responsabilité dans la situation. Les mensonges sur les masques, l'absence de mesures sérieuses pour protéger les salariés sur leur lieu de travail (puisque le code du travail lui-même, alors qu'il était pourtant déjà bien endommagé grâce à lui, a été à nouveau « allégé » au prétexte de la crise sanitaire), le fiasco de la politique de test, le fiasco sur le traçage des contaminations, l'épuisement des soignants (faute d'effectifs suffisants et de coopération correctement organisée entre les différents acteurs de la santé publique), le scandale des fermetures de lits qui se poursuivent à l'hôpital public … tout cela était hors du champ du Prince Président, servilement secondé par des présentateurs TV qui n'ont de journaliste que la carte de visite.

Le Résident de l'Élysée a donc emprunté en ce début de soirée de mercredi la seule voie qui lui restait : la culpabilisation et l'infantilisation des Français. Sur un ton faussement compassionnel mais ouvertement paternaliste, nous avons donc appris qu'une fois de plus la reprise forte des contaminations et des hospitalisations était de notre faute, que nous n'avions pas su nous comporter de manière responsable et que face à notre légèreté il fallait sévir. C'est la justification du couvre-feu qui débutera samedi 17 octobre 2020 à 00h00 et qui a été la seule véritable annonce concrète de la soirée.

Ainsi les mauvais citoyens que nous sommes devront s'enfermer chez eux de 21h00 à 6h00, les bars, les restaurants, les cinémas et les théâtres, déjà au bord de la faillite, seront ainsi les victimes de notre égoïsme forcené. Car c'est bien connu, quand vous êtes salarié, parents ou chômeur, quand vous rentrez tard du boulot ou de vos recherche d'emploi, que vous êtes allés chercher vos enfants après l'étude, l'accueil de loisirs ou la garderie, que vous les avez nourris, lavés, et couchés, il est de coutume que vous vous précipitiez dans les bars pour avaler trois bières et vous frotter à tous les clients présents… La présentation imaginée de cette scénette démontre en soi le ridicule de l'idée. Au-delà de Paris intra muros et des centre-villes de quelques grandes métropoles en région, il n'existe pas de vie nocturne justifiant qu'on s'inquiète de la multiplication des contacts la nuit entre supposés fêtards avinés sortant de bars... il suffit de marcher au cœur de l'automne en banlieue parisienne ou lyonnaise ou même sur les quais du canal Saint-Martin vers 22h00 pour voir que l'espace entre individus est important. Que la fermeture des bars et des restaurants soit avancée dans ces zones pourquoi pas, mais pour les reste nos concitoyens ne se précipitent plus depuis longtemps dans les cinémas, théâtres et autres salles de spectacles (pour ceux qui en ont les moyens), et à notre connaissance il n'existe pas de tripots clandestins qui se seraient créés en masse au-delà de la première couronne pour accueillir une population en mal de soirée festive. Que le Président de la République ait pu se convaincre d'une telle fable laisse à penser qu'il préfère lire de mauvais romans de gare sur la prohibition dans les années 1920 que les rapports de ses administrations ! Qu'il se soit permis de saluer ceux qui sont partis dans leurs résidences secondaires (les riches) lors du confinement car ils auraient desserré l'étau en région parisienne sans diffuser le virus pour autant est un autre passage ahurissant de cet entretien, marquant l'habitus bourgeois d'Emmanuel Macron !

Par contre, prenez le bus, le tram, le métro ou le RER dans la journée et plus encore aux heures de pointes : vous aurez sans doute de quoi occuper votre temps de trajet pour recueillir les noms, adresses électroniques et numéros de téléphone (s'ils acceptent de vous les donner… est-ce l'expérimentation sociologique d'une nouvelle technique de drague ?) de la vingtaine de passagers collée contre vous (sans parler de la centaine juste un peu plus loin) sur le quai ou dans le wagon pour qu'ils puissent contacter comme « cas contact » si jamais vous étiez testés positifs au COVID. Ah mais non en fait, quand vous allez travailler visiblement, vous ne pouvez pas être contaminé ; la chanson le dit si bien « Le travail c'est la santé »…

Nous sommes entrés dans une situation absurde, qu'aucun maire de grande ville n'a songé à contester dans un unanimisme pleutre et angoissant. Le couvre-feu imposé dès cette nuit est strictement vexatoire, disproportionné, liberticide, en plus de n'avoir aucune efficacité sanitaire. Il pourrait même être source d'incidents. Il doit être retiré immédiatement !

Pourtant il faut bien prendre des mesures puisque les contaminations augmentent, que les hospitalisations croissent à nouveau (plus faiblement qu'au printemps mais tout de même), et que nous ne pouvons nous permettre de saturer à nouveau l'hôpital, de reporter à nouveau toutes les interventions qui l'avaient été durant le confinement, et d'épuiser au-delà de ce qui est humainement supportable tous nos soignants. Mais s'il faut prendre des mesures, il faut qu'elles soient concrètes, efficaces et non point tournées vers la satisfaction des besoins de communication politique présidentiels.

Voici celles que nous proposons et qui ne sont pas exhaustives :

  • Rendre les masques gratuits : de nombreuses entreprises françaises se sont engagées dans la fabrication de masques quand nous étions en pénurie ; les stocks leur restent sur les bras car distributeurs et puissance publique préfèrent faire circuler ceux qu'ils ont acheté en Asie (et qui parfois comme dans l’Éducation nationale semble nocifs). Que l’État rachète ces stocks et qu'il les distribue massivement aux Français !

  • Autoriser le télétravail massivement pour désengorger les transports en commun. Aujourd’hui dans de nombreuses administrations et entreprises, les consignes ne sont pas claires, et le message envoyé par le Président mercredi soir a été totalement contre-productif, voire même dangereux si on considère que les occasions de faire circuler le virus sont évidemment plus importantes dans les transports en commun et dans les bureaux. Si les crèches et les établissements scolaires continuent d'accueillir les enfants, élèves et étudiants avec un protocole sanitaire adapté, l'argument faussement compassionnel d'Emmanuel Macron s'effondre.

  • Protéger tous celles et ceux qui ne peuvent pas télétravailler et qui devront continuer d'assurer les livraisons, le transports, la fabrication, la distribution, le nettoyage, etc. et pour cela il convient de renforcer les protocoles sanitaires dans les entreprises (cela a été souvent fait de l'initiative des entreprises et salariés eux-mêmes), mais surtout retirer l'ordonnance qui suspend de nombreux points du code du travail jusqu'au 31 décembre prochain et abroger les ordonnances Macron-Pénicaud qui ont mis à mal dès 2017 les protections des salariés. C'est aujourd'hui une mesure réclamée par toutes les confédérations syndicales !

  • Rappeler tous les médecins et infirmiers à la retraite, même par voie de réquisition en échange d'une indemnisation conséquente.

  • Retirer les coupes à hauteur de 4 milliards d'euros prévues sur l'hôpital public du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 débattu en ce moment à l'Assemblée nationale.

  • Abroger la réforme de l’assurance chômage, alors que le chômage explose, que la pauvreté explose. Nous ne pouvons pas nous permettre que la crise qui s'aggrave débouche sur des millions de pauvres supplémentaires, parce que le gouvernement aurait maintenu des mesures ultra-libérales qu'ils considéraient possibles en période de ce qu'il considérait être un « retour progressif au plein emploi ».

  • Prendre immédiatement des mesures de solidarité pour les plus démunis. Nous avons appris ce matin que la prime de 150€ pour les bénéficiaires des APL avait été annoncée par Emmanuel Macron par erreur et ne serait pas versée. Se rendent-ils seulement compte de ce que représente une telle bévue ? Pour autant, il est un public plus à plaindre encore et qui n'est concerné par rien du tout : les jeunes salariés qui ne trouvent plus ni CDD, ni intérim, qui ont épuisé leurs droits au chômage et non pas droit au RSA : cela doit cesser. Une situation comparable existe pour ceux qu'on appelle les intermittents de l'emploi (saisonniers, extra, etc.) qui tombent aujourd'hui dans la misère ; si les intermittents du spectacle ont vu quelques mesures les concernant, « l'année blanche » qui leur était promise devrait concernée d'autres types d'intermittence.

Frédéric FARAVEL

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