Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
en savoir plus

 

Trouve

Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 09:40
C'est avec un immense soulagement, sans doute comme beaucoup d'entre vous, que j'ai appris un peu avant 19h00 puis confirmé par la radio (et oui j'ai suivi les résultats du 1er tour à la radio car je m'abrutissais devant l'écran du local de campagne à Goussainville pour enregristrer les résultats bureau par bureau que nous téléphonaient les camarades) la qualification avec un score quasi historique de Ségolène Royal pour le 2nd tour de l'élection présidentielle - le dimanche 6 mai prochain.
Elle permet de laver un peu la blessure du 21 avril 2002, et pour la première fois, une femme - socialiste - est réellement en mesure d'accéder à la présidence de la République. Il est urgent que tous ceux - y compris les électeurs centristes - fassent barrage à Nicolas Sarkozy, tant - comme je l'ai déjà écrit - ce candidat développe un programme dangereux pour le pays, ultra libéral économiquement, réactionnaire sur tous les autres sujets. Les électeurs qui ont choisi François Bayrou - malgré les divergences réelles qui existent avec le programme économique de Ségolène Royal - ne peuvent en conscience pas laisser passer Sarkozy, s'ils sont cohérents avec un certain nombre de valeurs et de propos défendus par leur candidat dans la campagne de 1er tour.
Cette posture défensive doit être complétée par un rassemblement positif autour du pacte présidentiel, qui reprend à 99% le projet socialiste élaboré par les militant socialistes en juillet 2006. Dans ce projet, des réformes fortes permettent de conjuguer la relance économique, le progrès social, le développement environnemental et la refondation démocratique avec une VIème République. Mais malheureusement jusqu'ici bien peu d'espace a été laissé pour développer un véritable projet de société, et je crains que les médias ne permettent pas de le faire entre les deux tours. Il faut cependant se battre pour ne pas laisser le pays s'enfoncer dans 5 ans de déchirements et de casse sociale accélérée.
Mais d'une manière générale, la situation à gauche est inquiétante... Ce n'est pas tant que les partis autres que le PS se soient effondrés ; mais plus généralement le score de la candidate socialiste ne doit son caractère élevé qu'à un vote massif des électeurs communistes, verts, altermondialistes et d'extrême gauche en sa faveur motivé par la crainte d'une absence de la gauche au second tour ; c'est donc un vote fondé en partie sur la peur et non totalement sur l'adhésion. Il est de même incontournable que François Bayrou doit une bonne partie de son score à un ralliement de nombreux électeurs socialistes ; nous sommes donc un jeu de vases communiquants qui démontrent un déportement de l'électorat vers la droite, cela ne peut s'expliquer que par le fait que les valeurs culturelles de la gauche fléchissent dans la société et que le combat majeur de la prochaine décennie sera de reprendre l'ascendant en portant la devise républicaine - Liberté, Egalité, Fraternité - dans les têtes et dans les coeurs. En effet, Le Pen n'a pas tort de dire qu'il a vaincu moralement, au regard de cette droitisation générale et de la rupture avec le gaullisme et la république de la droite conservatrice : Sarkozy et l'UMP ont clairement indiqué de quel côté ils faisaient pencher la balance. Contrairement à ce que disaient ce matin les chroniqueurs nous n'assistons pas à la fin d'une longue séquence lepéniste, la lepénisation des esprits continue de s'étendre.
Fred

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Ludovic 24/04/2007 01:43

Bonsoir,
Je partage pleinement votre analyse du vote et de la droitisation des idées apparues dans cette campagne.
Je voudrais profondément croire en un sursaut démocratique et de citoyenneté éclairée pour le second tour, en faveur de Madame Royal. Toutefois, cette droitisation dangereuse du curseur politique , et le plébiscite autour de la personnalité de Sarkozy, me font fortement  douter  du sens critique d'une grande partie de mes concitoyens.
Il m'est très diffcile d'accepter que trois candidats, je dis bien trois, soient sortis du champ de la République, et surtout que près de 45% d'électeurs se tournent vers eux. Je parle de Le Pen, de Villiers et de Sarkozy.  Certes , les deux premiers , par un discours de stigmatisation de masses, de haine ou d'incitation à celle-ci, sortent d'eux-mêmes du débat républicain. Je dirais qu'ils ne m'ont point surpris hélas.
Mais plus grave, le candidat de la droite républicaine a franchi plusieurs fois les limites de la décence, en allant reprendre des théories issues des pires heures de l'Histoire européenne.  Premièrement :  il stigmatise  gravement, par des insultes ou des accusations de pratiques, de moeurs toute une partie de la population française. Je m'étonne d'ailleurs que dans certains cas , il n'y ait pas eu de dépôt de plainte.
Deuxièmement:  il présente officiellement, dans un débat avec  un grand philosophe de notre temps,  des théories fumeuses et infondées sur l'autodétermination, laissant à croire que le sort de chaque être est scellé avant l'heure. Toujours pas de recours en justice pour réfuter ces thèses néo-fascistes.
Troisièmement: il fragilise un des piliers de notre pays, la loi de 1905 pour la séparation de l'Eglise et de L'Etat. Il cite le Pape Jean Paul II comme référent idéologique. Encore un fois, s'agissant d'une loi, je m'étonne qu'aucun recours ne soit possible contre les déclarations qu'il a pu faire.
Quatrièmement:  il reprend des slogans en copié-collé du Front National. Avec la plus grande solennité parfois, ou sur le ton de la plaisanterie cynique  lors de ses meetings. Autre ligne démocratique franchie et bafouée donc.
Cinquièmement: Ministre de l'Intérieur, et chargé de l'organisation des élections, il se fait proclamer , de gré ou de force, candidat de l'UMP et se maintient à son poste de Ministre. Feu la déontologie, feu le respect minimum dû aux citoyens.
Sixièmement: il revendique comme principe le "le parler-vrai", c'est-à-dire  parler comme vous et moi. Quelle lattitude et laxisme laisse-t-il donc aux "simples citoyens"  dans leur propre expression ? Quel honneur porte-t-il à la fonction de Président ? Une telle responsabilité ne demande-t-elle pas  une totale  maïtrise du langage et du comportement, sans pour autant renier ses idées, mais surtout dans un souci de modération, de réflexion et d'exemple?
Septièmement : certains journalistes, pour des raisons privées, et par déontologie, ont quitté leur emploi afin de ne pas être suspectés de collusion avec le pouvoir. Qu'en est-il de la réciprocité ? Est-il possible, (et légal), dans un pays démocratique, d'être en accointance directe avec les grands directeurs des médias en étant soi-même un élu ? Qui doit démissionner dans ce cas-là? Lagardère , Dassault , d'autres ?
Huitièmement: est -il envisageable de mettre en péril la relation exemplaire et fondatrice de l'Europe , entre la France et l'Allemagne, en exerguant la soi-disant "non-nazification" des esprits en France  pendant cette période si trouble ?
Etc, etc  hélas , triple hélas. C'est pourquoi, selon moi, Sarkozy est sorti de la démocratie. C'est une allégation grave, mais elle s'appuie sur des réalités pour lesquelles des millions de gens sont témoins. Il faudrait qu'il revienne sur tous ces points , et d'autres encore, pour que j'oublie la gravité de ses positionnements.
Alors en tant que  citoyen aux idées de gauche, je suis abasourdi et grandement affecté de constater que la droite républicaine, que je respecte, est conduite dangereusement  par un leader aux idées les plus obscures. La démocratie s'arrêterait-elle à Bayrou ?
Si dans quinze jours, le peuple français ,dans sa grande majorité, ne se tourne pas vers Ségolène Royal, pour mille raisons positives, et pour faire obstacle définitivement à Sarkozy , alors de grandes valeurs et principes fondateurs de notre pays seront profondément  remis en question . L'heure est plus grave que l'on ne croit, le racisme est bien là, il s'est juste transféré pour un peu vers un autre candidat que l'"original".
Je sens notre tolérance vis-à-vis de ces néfastes idées s'agrandir indiciblement, et j'espère du fond de mon coeur citoyen que nous saurons prendre le bon chemin.
Ludovic