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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 16:58
La crise est dénouée
Québec - vendredi 1er juin 2007

Québec va hausser l'impôt des banques et des pétrolières pour financer l'ajout de 111 millions$ au budget provincial. L'opposition officielle affirme que ce sont les contribuables qui paieront quand même au bout du compte.

 
«Nous prélèverons une contribution supplémentaire des sociétés de raffinage et des institutions financières», précise la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, dans une déclaration ministérielle lue à l'Assemblée nationale, quelques heures avant le vote pour l'adoption du budget, vendredi.
Ainsi, pour financer les mesures consenties à l'opposition péquiste, le gouvernement va augmenter le taux d'imposition des banques et des pétrolières de deux points, soit de 9,9% à 11,9%.
La hausse de la taxe dégagera des fonds supplémentaires pour injecter 60 millions $ de plus dans les soins à domicile et les Groupes de médecine familiale (GMF), 30 millions $ pour les élèves en difficulté et 21 millions $ pour les régions-ressources.

Ces ajouts au budget, arrachés par le PQ au terme d'une longue semaine de tractations et de négociations avec le gouvernement, permettront aux libéraux de se maintenir au pouvoir en faisant adopter leurs orientations budgétaires.
En principe, le Parti québécois demeure opposé au budget, mais ne délèguera que 3 députés pour voter contre son adoption, un nombre insuffisant pour renverser le gouvernement.
Ces 3 votes péquistes s'ajouteront à ceux des 41 députés de l'Action démocratique opposés au budget. Le vote devrait se tenir autour de midi vendredi.

ANALYSE
Jean Charest sur la sellette

Denis Lessard

Il a choisi de déclencher les élections plus tôt que prévu et les a pratiquement perdues. Il a formé un gouvernement qui a multiplié les foyers de mécontentement dans son caucus.

 

Cette semaine, sa gestion de la crise autour du budget Jérôme-Forget était la troisième prise.

Son gouvernement a été sauvé in extremis hier par le PQ, qui a décidé que seulement trois élus se présenteraient en Chambre pour voter contre son budget. Mais le clan libéral a passé toute la semaine dans les montagnes russes, et plusieurs se demandent aujourd'hui si Jean Charest est capable de faire fonctionner le ménage à trois à l'Assemblée nationale.

Bien des libéraux sont désormais convaincus que Jean Charest ne dirigera pas leur parti aux prochaines élections générales. Son départ est maintenant attendu chez ses propres troupes.

Car au-delà des bluffs et des coups fourrés, s'il est un message que les élus libéraux ont retenu de ce dernier bras de fer avec le PQ, c'est que le gouvernement ne survivra pas à celui du printemps 2008.

Sans le sou, sans chef, le PQ devait cette fois se contenter d'un baroud d'honneur - jamais plus du tiers des 36 députés n'auront été en faveur d'élections estivales, indique-t-on à l'interne. La situation sera bien différente dans un an; Pauline Marois aura alors plus d'assurance à la barre du PQ, les finances du parti seront en meilleure forme.

Et puis plus on y pense, pourquoi M. Dumont et Mme Marois voudraient-ils attendre le prochain budget? André Boisclair est parti bien plus vite que ne le prévoyaient les observateurs, et Jean Charest. L'arrivée de Mme Marois, dès la fin juin, à la barre du PQ rend plausible une motion de défiance des deux partis de l'opposition dès octobre prochain, à la reprise des travaux parlementaires.

Car Mario Dumont et Pauline Marois tombent d'accord sur une chose; les deux aimeraient bien avoir Jean Charest comme adversaire plutôt qu'un nouveau chef libéral, qui, inévitablement, bénéficiera d'une lune de miel de quelques mois dans l'opinion publique.

À Québec, dès que se ferment les magnétophones des journalistes, des élus libéraux se prennent à réfléchir tout haut à des scénarios où Jean Charest annoncerait qu'il passe la main avant la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, à la mi-octobre.

Peut-il lire la situation?

Au PLQ, on a retenu son souffle quand Jean Charest a bombé le torse vendredi et annoncé qu'il serait intraitable sur le budget qu'il venait de déposer. Est-il encore capable de lire la situation? Sent-il encore le pouls de la population? De ses propres troupes? C'est le même Jean Charest qui, deux jours avant le scrutin du 26 mars, appelait ses ministres pour se faire rassurant, pour marteler une évidence selon lui; le gouvernement allait être majoritaire. Eux n'y croyaient déjà plus.

Les officiers du parti conscrits pour sonder la détermination des soldats par téléphone en fin de semaine dernière sont revenus bien perplexes. L'enthousiasme pour un autre scrutin était nul, c'était prévisible. Mais les commentaires sur la direction du parti en général n'étaient guère plus rassurants. Même le président du PLQ, Me Marc-André Blanchard, sondait les reins et les coeurs en soutenant qu'à son avis, une autre campagne électorale à brève échéance était impensable.

Même chez les disciples de Jean Charest, on est conscient que la grogne a pris beaucoup d'ampleur depuis une semaine. C'est bien plus intangible que l'affrontement fratricide d'André Boisclair et de Gilles Duceppe, mais l'effet accélérant est similaire.

Bien théorique jusqu'à cette semaine, la défaite du gouvernement est devenue une réalité tangible pour les libéraux. Et tout le monde est inquiet.

"Je n'ai pas entendu un attaché politique libéral dire qu'il voulait travailler à cette élection", laisse tomber l'un de ces adjoints, sous le couvert de l'anonymat. Avec un rire nerveux, les députés libéraux évoquent les épluchettes de blé d'Inde où la population se défoulerait en tirant des épis aux politiciens, tous partis confondus.

Bien des libéraux en sont rendus à craindre pour l'avenir du PLQ, et se souviennent avec une pointe d'angoisse que Brian Mulroney, le mentor politique de M. Charest, avait laissé le Parti conservateur en déroute en s'accrochant à son poste en 1993.

Avec inquiétude on observe les sondages; Jean Charest est clairement devancé par ses deux adversaires comme meilleur premier ministre. Pire encore, le Parti libéral trouve à peine l'appui d'une personne sur cinq chez les francophones. Mario Dumont et Pauline Marois ont une meilleure cote que leur parti, Jean Charest tire le PLQ vers le bas, un constat qui inquiète les libéraux de longue date qui se souviennent de plus en plus souvent qu'il n'était pas issu du parti. "Les libéraux veulent quelqu'un qui vient de la famille, ils ont besoin d'être rassurés", laisse tomber un acteur influent au PLQ.

Chez les députés, les foyers d'incendie sont désormais nombreux. Les anglophones sont malheureux, les "oubliés" sont mécontents, les "dégradés" sont furieux.

Dans l'entourage de Jean Charest, les départs s'annoncent. D'abord Stéphane Bertrand, le chef de cabinet, commence à dire qu'il ne sera pas là quand tel ou tel problème devront être réglés. D'autres disciples indéfectibles du chef reluquent des postes qui ne se libéreront qu'à l'automne dans la haute fonction publique.

Les prétendants

Reste la suite des choses. Tout récemment, au caucus des députés, Jean Charest répétait qu'on avait fait mille fois sa nécrologie politique et qu'il était toujours là. Les députés étaient dubitatifs.

Les partis poussent leur chef quand ils ont sous la main une solution de rechange, ce qui n'est pas évident cette fois. Le Dr Philippe Couillard reste le nom le plus souvent évoqué. À Québec, Marc-Yvan Côté fait doucement campagne pour son poulain. Mais les problèmes du réseau de la santé ont terni son armure - les nombreuses fermetures de lits dans les hôpitaux cet été ne l'aideront pas non plus.

Claude Béchard va, c'est certain, tenter sa chance. Issu de la base libérale, il compte bien des amis dans l'organisation du PLQ.

Pierre Paradis sera sur les rangs, ne serait-ce que pour se positionner pour l'avenir. Raymond Bachand va aussi tester sa popularité avec sa nouvelle famille politique.

Du côté des femmes, Nathalie Normandeau sera sur les rangs, mais son unilinguisme français sera un lourd handicap. Monique Jérôme-Forget a, dit-on, davantage d'appétit depuis qu'elle cumule les Finances et le Trésor. À 67 ans, elle serait toutefois un chef de transition pour des élections que les libéraux auraient concédées à l'avance.

Puis tous les autres, l'essaim de Montréalais en vue qui laissent porter leur nom, par vanité ou par réel intérêt. Liza Frulla serait surtout tentée par Ottawa, où une troisième élection l'assurerait d'une bonne pension.

Yves Séguin serait prêt demain matin, mais il est très loin de faire consensus chez les libéraux. Redevenu journaliste, Jean Lapierre assure qu'on ne l'y reprendra pas. "Amenez-moi à Louis-H. Lafontaine si j'annonce ma candidature!" lance-t-il, amusé.

Finalement, à leur grande surprise, des maires des Cantons-de-l'Est ont reçu le coup de fil de Daniel Johnson, qui se rappelait à leur bon souvenir!

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Published by FARAVEL - dans Francophonie
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