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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 10:13
Eurogroupe : douze ministres en colère contre Sarkozy
Derrière les caméras, le Président a dû revoir sa politique budgétaire.
Par JEAN QUATREMER - Libération : vendredi 13 juillet 2007

Que s’est-il réellement passé lundi soir à Bruxelles lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les douze ministres des Finances de la zone euro ? Le président de la République, lors de la conférence de presse qu’il a tenue vers 20 h 15, en compagnie de Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe et ­Premier ministre du Luxembourg, a affirmé que tout s’était bien passé - «il y a eu un consensus assez général de ­satisfaction» - et que ses partenaires lui avaient donné ­quitus pour sa politique économique. Les médias français, à la différence des journaux étrangers, ont globalement répercuté ce message.
 
«Lest».
Or la réalité est un tantinet différente. «Le visiteur du soir», comme l’a appelé ironiquement Juncker, s’est fait au contraire sérieusement sermonner par l’ensemble des ministres des Finances présents, sans égard pour son rang, et il a dû prendre toute une série d’engagements pour les rassurer. «Nicolas Sarkozy ne s’attendait manifestement pas à cette levée de boucliers», raconte un témoin : «Cela a été un feu nourri contre la France. Tous les ministres se sont exprimés pour lui dire leur inquiétude.»
 
Un accrochage tendu a même eu lieu avec Peer Steinbrück, le grand argentier allemand, furieux de voir la France distribuer 13 milliards de cadeaux fiscaux et renvoyer l’équilibre des comptes publics à 2012, à la fin du quinquennat, alors que les treize pays de la zone euro se sont engagés en avril dernier sur la date de 2010. Le ministre l’a dit sans fioriture, comme ­à son habitude, mettant en ­doute la volonté de Sarkozy ­d’accomplir de vraies réformes structurelles.
 
Surpris par la violence du ton - qu’un germanophone attribue surtout à l’interprétation -, le chef de l’Etat lui a rétorqué : «Je ne vous permets pas de me parler comme ça.» Ambiance. L’Italien Tommasso Padoa-Schioppa, qui est déjà sous la pression d’une partie de sa coalition pour relâcher les efforts budgétaires, lui a aussi fait remarquer qu’il fallait tenir le cap, sinon la tâche des autres pays n’allait pas être facilitée. «Nicolas Sarkozy a dû lâcher du lest, alors qu’il ne comptait manifestement pas le faire», poursuit ce témoin. Ainsi, il a dû s’engager à ramener le déficit ­­à «moins de 2,4 % en 2008», c’est-à-dire moins qu’en 2007, alors qu’il aurait dû atteindre 2,7 % ou 2,8 % sans mesure correctrice. De même, il présentera dès septembre un «programme de stabilité» rectifié, quatre mois avant la date prévue, dans lequel il listera toutes les réformes structurelles promises. Enfin, il a promis qu’il ferait tous les efforts possibles pour arriver en 2010 à l’équilibre budgétaire, et qu’il affecterait toutes les recettes fiscales supplémentaires à la réduction du déficit.
 
«Exigence».
Une relecture attentive des propos tenus lors de la conférence de presse montre d’ailleurs que Jean-Claude Juncker, en dépit des démonstrations d’affection qu’il a eues pour Sarkozy, n’a rien cédé sur le fond. En particulier, il n’a jamais parlé d’un report à 2012 : «Nous avons ­retenu son engagement et celui du gouvernement de tout faire pour arriver à l’objectif de 2010.» Peer Steinbrück a dit exactement la même chose à l’issue de l’Eurogroupe : «Nous assumons que la France peut atteindre l’objectif approuvé en 2010.» Ce qui n’a pas empêché Sarkozy d’affirmer que la date de 2012 n’avait en rien effarouché l’Eurogroupe : «Si nous n’y arrivons pas [à atteindre l’objectif en 2010, ndlr], alors je ­demanderai à être au rendez-vous de 2012. Voilà très exactement le débat que nous avons eu.» Curieusement, c’est seulement ce message qui a été retenu en France.
 
Jean-Claude Juncker a donc enfoncé le clou mercredi devant le Parlement européen : «Nous insistons sur notre exigence que la France, comme les autres États membres de la ­zone euro, doit être au rendez-vous du moyen terme au 1er janvier 2010.» Bref, encore une fois, Nicolas Sarkozy a parfaitement maîtrisé sa communication.

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Published by FARAVEL - dans Europe
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