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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 10:03
 
Contribution à l'atelier "Réinventer le PS" de la rencontre militante du 22 septembre pour réinventer la gauche 
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Intro :
Un parti qui vit mal le décalage entre les institutions actuelles et ses valeurs démocratiques

Le Parti socialiste doit-il céder à la présidentialisation ?

Le PS est confronté à une contradiction politique majeure. Son idéal et le mode de fonctionnement qui lui est naturellement associé le conduise à défendre une vision parlementaire et proportionnelle de la vie démocratique nationale et partisane. A contrario, les institutions de la Vème République – et plus encore depuis l'inversion du calendrier en 2000 et l'accession à la présidence de Nicolas Sarkozy en 2007 – poussent à la présidentialisation et sur la personnalisation du régime politique.

Bien que les élections législatives de 1997 – anticipées sans véritable justification – aient permis à la gauche d'accéder au pouvoir, le PS ne peut abandonner la course à la présidence de la République ; la concentration d'un certain nombre de pouvoir y est telle que nombre de réformes majeures ne peuvent se faire qu'avec l'occupation de l'Élysée par un socialiste. La difficulté tient également dans le fait que les deux présidences Mitterrand n'ont pas constituer une véritable rupture dans la manière d'exercer le pouvoir et n'ont pas permis de renforcer la parlementarisation du régime.

Dans ses conditions, il est naturel que dans le PS s'expriment des opinions visant à mettre en phase nos discours avec la réalité. Que ce soit Jack Lang ou François Rebsamen, cette tendance est clairement affirmée, même si elle est aujourd’hui minoritaire (et encore). Nous ne pouvons pourtant pas céder sur nos principes démocratiques fondamentaux, le prochain ou la prochaine candidat(e) socialiste à l'élection présidentielle devra s'engager à mettre en œuvre une profonde réforme de nos institutions, qui l'apparente à l'instauration d'une VIème République… Autant qu'il s'agira de la perle rare, dotée d'une profonde abnégation, car la personne qui ainsi choisira d'abdiquer la plus grande partie du pouvoir exécutif en faveur du gouvernement responsable devant le parlement, le fera après 5 années d'hyper-présidence Sarkozy.

Cependant, il est vrai que le PS doit prendre en compte la réalité pour se donner le maximum de chances d'accéder de nouveau au pouvoir. Cela passe aujourd’hui immanquablement par l'élection présidentielle, car du fait des choix politiques réalisés entre 2000 et 2007, une dissolution de l'Assemblée nationale portant au pouvoir l'opposition de gauche paraît peu probable. L'analyse des campagnes présidentielles de 2002 et 2007 doit nous conduire à faire des propositions cohérentes pour ne pas reproduire les erreurs qui ont conduit à deux échecs présidentiels sur les trois consécutifs.

Avouons sans détour et sans pour autant cautionner les conclusions qu'en tirent Ségolène Royal et ses amis, que la dichotomie entre la candidate et le Parti et son programme ont posé problème… Il n'est pas de la seule responsabilité du PS puisque la stratégie de Ségolène Royal a consisté à peser sur la désignation de l'extérieur en profitant d'une modification profonde et non préparée des modalités d'adhésion au PS quelques mois avant la désignation du (de la) candidat(e).

Mais il apparaît clairement quelques enseignements suivants :

  1. dans un contexte où le premier secrétaire n'était pas le candidat du Parti à la présidentielle et ne s'est pas présenté pour obtenir son investiture, la candidate socialiste a été désignée tardivement avec une procédure de débat qui aurait pu handicaper par la suite n'importe lequel des trois candidats ;

  2. le projet socialiste a été élaboré avant la désignation de la candidate, les débats ne pouvaient donc porter sur le projet présidentiel sauf à se distinguer du programme socialiste, ce qui était risqué dans un sens comme dans une autre ; la part d'image et de sondages ne pouvait également être que prédominante dans un tel contexte ;

  3. le projet socialiste a lui-même été bâti tardivement à partir d'une synthèse virtuelle lors du précédent congrès – non pas que les amendements qui furent intégrés à la synthèse finale du Mans furent de portée mineure, mais que les tenants des motions 1 et 2 n'ont pas forcément voulu réellement cette synthèse accepté à contre cœur dans le but de donner une image de rassemblement à la vieille de l'échéance présidentielle. Les principaux dirigeants du PS n'ont pas fortement participé aux débats qui ont précédé l'élaboration du PS ou sur des questions de détails ;

  4. La démocratie participative a été largement dévoyée dans la première phase de campagne pour justifier des marges de manœuvres vis-à-vis du projet socialiste. Pourtant dans sa mouture de Villepinte le pacte présidentiel n'était pas si éloigné du projet initial, mais passant plus ou moins inaperçu, l'équipe de campagne de Ségolène Royal en a profité pour naviguer à vue, développer des arguments en fonction de l'air du temps et finalement mener campagne sur des thématiques soit mineures, soit en décalage complet avec le projet socialiste et les attentes de l'électorat (il n'est donc pas juste de dire que l'influence de la gauche du PS sur le projet socialiste serait la cause de la défaite puisque ses propositions n'ont pas réellement été mises en avant par la candidate).

Dans ces conditions, le PS doit désormais éviter deux contre-exemples :

  • Celui du Parti démocrate américain qui au niveau national et présidentiel limite essentiellement son rôle à la sélection des candidats à la présidence de l'Union, le programme politique se faisant depuis l'extérieur sous l'influence de lobbies très organisés (et qui parfois défendent de réelles positions politiques), parfois en fonction du poids financier de ses lobbies et dépendent essentiellement des arbitrages que feront les équipes de campagne du (des) candidat(s) en cours de campagne électorale, sans qu'il n'y ait jamais de réelle validation politique par les militants, réduits au rôle de supporters et de bénévoles ;

  • Celui du Parti radical français qui s'est replié sur ses bastions électoraux locaux après avoir longuement pesé sur les destinées nationales, pour avoir renoncé à toute volonté de transformation sociale, de construction d'une base militante réelle, composés essentiellement d'élus locaux et fonctionnement quasiment par cooptation.

La Gauche du PS doit donc désormais adapter son discours politique aux nouvelles réalités du système français tout en conservant ses objectifs majeurs :

  • il faut continuer la promotion d'une VIème République plus parlementaire et plus sociale et peser de tout notre poids pour que le prochain candidat socialiste à la présidentielle prenne des engagements clairs et publics en ce sens. Dans le même ordre d'esprit, nous devons poursuivre notre travail de rénovation des pratiques politiques, des comportements publics et l'approfondissement de la démocratie partisane ;

  • le candidat socialiste à l'élection présidentielle doit être en phase avec son parti ; c'est lui qui mène les socialistes à la bataille, c'est lui qui conduit préalablement la réflexion collective sur le projet à défendre devant la société française. Il est donc nécessaire que la question du leadership soit tranchée en amont de l'élection (au moins 1 ans ½ ou deux ans avant), en lien avec les procédures d'élaboration du Parti socialiste.

    [à suivre...]

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