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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 13:10
Je précise d'entrée que l'article qui suit a avant tout une portée pamphlétaire...

Il semblerait que le petit cercle médiatico-politique se soit donné le mot en ce début du mois d'octobre. Pour faire parler de soi, quand on appartient au petit cercle du pouvoir ou quand on volette autour comme un papillon attiré par la lumière, il serait désormais nécessaire de faire preuve de vulgarité, le procédé vous assurant une couverture médiatique quasi instantannée et un retour sur investissement pour plusieurs jours.
Mais il faut tout de même l'avouer les vulgarités des uns n'ont pas forcément la même portée que la vulgarité des autres et que parfois les propos généraux peuvent permettre de supporter un peu un écart de langage répréhensible. Je vais donc céder à l'exercice et passer en revue les trois people vulgaires de la semaine : Fadela AmaraBernard-Henri Lévy et Henri Guaino...

fadela-amara.jpgLa première n'est plus il est vrai à son coup d'essai. Sous-secrétaire d'Etat d'ouverture à la politique de la ville, débauchée par Sarkozy pour être placée sous la tutelle de la très catholique Christine Boutin (priez pour nous pauvres pêcheurs), elle vient d'un milieu politique qui sème effectivement la confusion depuis quelques années. Les potes à Juju ont effectivement habitué les connaisseurs à un brassage incohérent d'idées et de stratégie qu'on attend pas à gauche et qu'on ne voudrait même pas voir au sein de la droite républicaine. Venant du trotskysme et de l'agit-prop' antiraciste, ils ont versé depuis 1997 dans l'éloge des valeurs d'autorité, de sécurité et plaide pour les quotas d'immigration que met aujourd'hui en place Brice Hortefeux à la demande de Nicolas Sarkozy. Avec Juju c'était le cercle rapproché de la campagne de Ségolène Royal, de là à dire que la candidate socialiste avait été prise en main par nos NéoCons à nous, il n'y a qu'un pas qu'il me serait assez facile de franchir.
Issue du confusionnisme de la pseudo "Gauche socialiste" maintenue, Fadela Amara nous avait déjà expliqué que pour les jeunes des cités s'en était fini de la "glandouille" grâce à Nicolas et elle. Avec la sous secrétaire d'Etat nous sommes face à une volonté affichée de faire passer le misérabilisme pour le parler vrai, la vulgarité pour la fraîcheur d'une société civile qui se bat dans les quartiers. En considérant qu'il est "dégueulasse" d'instrumentaliser l'immigration, dans le débat sur le projet de loi Hortefeux amendé par l'ADN de Thierry Mariani, elle fait le grand écart : Comment masquer la position inconfortable d'être ministre d'un gouvernement soutenu par une majorité parlementaire qui joue avec le feu de l'identité génétique ? En faisant passer le message que la gauche monterait tout cela en épingle et que ce serait la gauche qui se servirait de l'immigration comme épouvantail pratique pour marquer la droite à la culotte. Quand on est soi-même traître on explique toujours que ce sont les gens qu'on a trahi qui sont les affreux... Las l'interprétation a fait long feu, car les députés UMP se sont reconnus dans la qualité de dégueulasse et comment pourrait-il en être autrement, la déclaration d'Amara leur ayant finalement servi de miroir. Alors elle franchit une étape de plus, quand les députés socialistes lui demandent d'être enfin un peu conséquente et de se mettre en accord avec ses convictions en démissionnant d'un gouvernement qui veut proposer des tests ADN aux candidats au regroupement familial : ce sont donc eux les dégueulasses qui ont laissé les immigrés croupir dans des "logements dégueulasses" pour les instrumentaliser. A ce niveau de mauvaise foi, on ne demandera plus qu'elle démissionne, mais éventuellement qu'elle soit examinée par un psychanaliste, pour vérifier qu'elle confond bien ceux qui agissent pour le logement social, la diversité des parcours résidentiels et ceux qui veulent soutenir la spéculation sur la pierre...

BHL.jpegLe second s'est fendu d'un "salopards", mardi matin sur France Inter, pour qualifier ceux qui écrivaient pour souligner les causes de la défaite de Ségolène Royal.  Mais c'était un écart de langage momentané et bien que l'on ne puisse être d'accord ni avec cette  insulte véritable, ni avec l'intégralité de son argumentation, mais l'essayiste a développé quelques idées qui ont le mérite du débat... D'abord parce que c'est en lien avec le troisième vulgaire de la semaine, il a qualifié de "raciste" Henri Guaino, et son discours pour Sarkozy de Dakar pue tant le paternalisme colonialiste qu'il sera difficile de ne pas lui donner raison. Après tout raciste n'est pas une insulte, c'est un qualificatif fondé sur l'analyse des faits. De même il a qualifié de Maurassien à la fois Guaino et Chevènement. En effet, le nationalisme de ces deux personnages plie toute autre considération au rang d'accessoire. Et c'est là que BHL tient un vrai propos intéressant, sur la campagne de Ségolène Royal et les causes de la défaite - ce qui justifie que l'on analyse en profondeur cette défaite, les erreurs de la campagne et les responsabilités de la candidate... Pour BHL en effet le responsable de la défaite de Ségolène Royal est Jean-Pierre Chevènement ! Durant le printemps 2007 quelques journalistes avaient pourtant pointé la chevènementisation de la campagne de la candidate socialiste : les thèmes d'autorité, de nation et les couleurs du drapeau venant marquer trop fortement la campagne royaliste, perturbant durablement l'électorat de gauche. En cela, BHL rejoint Jospin et la Gauche du Parti socialiste, qu'il veut réprouver pourtant : Ségolène Royal s'est laissée guider par des thématiques mineures qui ne parle pas à la gauche ; entre les amis de Julien Dray et Chevènement s'est mis en marche une machine qui éloigner durablement les discours de campagne des priorités politiques de l'électorat de gauche.
Alors c'est là qu'il ne faut pas se tromper. BHL prétend qu'avec la stratégie que Jospin développe dans L'impasse, la gauche perdra une 4e fois l'élection présidentielle, car il faudrait selon lui que la sociale-démocratie rompe avec les communistes, Besancenot, Bové et Emmanuelli, pour s'allier au centre dont on ne sait pas encore ce qu'il raconte. Mais justement c'est là l'erreur, sans chercher à nous rassembler avec les protestataires de toujours comme Besancenot et Laguillier, un grand parti de la gauche rassemblant les idéaux socialistes et écologistes permetrra d'étouffer définitivement les dérives nationalistes qui  peuvent parfois faire vaciller la foi en la gauche.

guaino.jpgLe troisième enfin, c'est illustré par une attitude méprisante qu'il avait jusqu'ici démontré avec politesse et dédain. Henri Guaino c'est le syndrome de l'éminence grise qui profite de son statut protégé pour mieux expliqué aux autres qu'ils sont cons, que lui a tout compris et qu'il est plus intelligent que tout le monde.
Alors effectivement, qu'un essayiste people ait eu pour une fois le cran de décortiquer la morgue et le sens profond des ignominies nationalistes et passéistes qu'il développe à l'abri de l'Elysée et il pète les plombs. Car dire que BHL est un "con prétentieux" Guaino n'eut pas été très original, non le conseiller spécial de Sarkozy est allée plus loin dans l'insulte et les mots nauséeux, reprenant un vocabulaire qu'on entendait plus en France depuis les années 1940 :
"Ce petit con prétentieux ne m'intéresse pas. Qui est-il donc? Qu'a-t-il fait dans sa vie de si extraordinaire pour se permettre de juger comme ça ? Je n'ai jamais rencontré BHL. Il ne m'aime pas, moi non plus. Il n'aime pas la France, moi si. Il a la bave aux lèvres, avec la haine qui suinte de partout."
Qu'un type comme Guaino puisse déterminer qui aime la France et qui ne l'aime pas, laisse songeur. C
'est finalement le même élan que Sarkozy qui crée un ministère de l'identité nationale pour déterminer qui est compatible avec la nationalité française et qui ne le sera jamais par définition (car à quoi sert un ministère de l'identité si ce n'est pour la définir ?) : et c'est là-aussi que BHL se trompe en voulant couvrir son ami Sarkozy : il le dédouanne des horreurs qu'a écrite Guaino pour Dakar mais les deux comparses suivent de fait la même logique.
La bave aux lèvres, la haine qui suinte semblent plus ici être l'attribut de celui qui tient ce type de discours, cela rappelle l'extrême droite antisémite des années 1890 et 1930. Mais bon, qui est-il finalement ce Guaino ? un mec qui n'a jamais eu de titre de gloire dans le corps administratif dont il est censé dépendre, un scribouillard qui prétend faire de la politique mais qui ne s'exposera jamais au suffrage universel. A tout prendre effectivement, même BHL avec ses bouquins inégaux et mal foutus a pris plus de risque que Déroulède d'opérette.


Frédéric Faravel

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Published by FARAVEL - dans Société
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