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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 14:30
Socialistes européens, le tournant des réformes
LE MONDE | 25.10.07 | 15h01  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h05

spd.jpgace à la mondialisation, les partis socialistes et sociaux-démocrates des grands pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Espagne) ont répondu de manière très différenciée à la question des réformes de leur modèle de protection sociale. Le conflit qui a opposé, à la fin des années 1990, Lionel Jospin à Tony Blair, taxé de néolibéralisme, a illustré ces divergences.

Le blairisme et les modèles scandinaves ont inspiré à partir de 1998 le gouvernement social-démocrate-Verts du chancelier allemand Gerhard Schröder, mais aussi la gauche italienne et le gouvernement socialiste espagnol, qui a repris depuis 2004 l'héritage économique de la droite de José Maria Aznar. Dans ces trois pays, de puissantes confédérations syndicales ont joué un rôle important pour l'accompagnement des réformes.

A son arrivée au pouvoir en 1998, le SPD est divisé : le chancelier Schröder, qui défend une "politique du milieu", inspirée par la "troisième voie" blairiste, affronte les partisans d'une tradition keynésienne, représentée par le président du SPD, Oskar Lafontaine (alors aussi ministre des finances), proche des socialistes français. La démission de M. Lafontaine, en 1999, donne les mains libres au chancelier, mais il faudra attendre la réélection de la coalition de gauche, en 2002, et une situation budgétaire inquiétante, pour la voir mettre en oeuvre les réformes promises : baisse de la fiscalité des entreprises, modération salariale, réduction des indemnités de chômage. Si le chômage a baissé de 11,7 % à 9 % entre août 2005 et août 2007, la situation des chômeurs de longue durée et des plus âgés est devenue difficile. La prise en charge des chômeurs sur le modèle de flexisécurité danois n'a pas fonctionné.

LE SPD EN QUÊTE DE POPULARITÉ
Ce constat a rallumé au SPD une bataille sur les réformes.A la veille du congrès de Hambourg (du 26 au 29 octobre), qui doit approuver un nouveau programme, le président du SPD, Kurt Beck, s'est imposé face aux ministres sociaux-démocrates du gouvernement Merkel pour allonger la durée des indemnités de chômage des plus âgés. A la traîne dans les sondages à deux ans des élections, le SPD veut reconquérir l'électorat populaire.

Le SPD, qui a perdu 200 000 adhérents en dix ans, est influencé par l'émergence sur sa gauche d'une nouvelle formation, La Gauche. Présidée par Oskar Lafontaine, elle est née d'une alliance entre les héritiers du communisme à l'Est et une nouvelle gauche altermondialiste, qui a recruté à l'Ouest parmi des syndicalistes déçus.

En Italie, le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi peine aussi à faire accepter sa ligne réformatrice à son aile gauche. Depuis la transformation progressive du vieux Parti communiste en parti des Démocrates de gauche (DS), celui-ci n'a cessé de se tourner vers le centre-gauche. Les DS doivent fusionner, samedi 27 octobre, avec leur partenaire centriste, le parti de La Marguerite, pour former au centre-gauche le Parti démocrate. Dirigé par Walter Veltroni, le maire de Rome, ce parti entend poursuivre les réformes et espère s'affranchir de la nébuleuse qui a paralysé M. Prodi.

Ces débats sont absents en Espagne, où, après quatre ans de règne, le président du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, n'a pas dans son parti d'opposants à sa politique économique. Le gouvernement bénéficie de la croissance et de la baisse du chômage.

Au Royaume-Uni, Gordon Brown vient de passer sans encombre son premier congrès travailliste comme premier ministre. Après avoir tenu les cordons de la bourse serrés au début de l'ère Blair, l'ex-ministre des finances a investi ensuite dans les transports, la santé et l'éducation. Malgré une aile gauche travailliste nostalgique, l'héritage de Tony Blair a encore de beaux jours devant lui.

Henri de Bresson, avec Salvatore Aloise (Rome), Cécile Calla (Berlin), Cécile Chambraud (Madrid),et Marc Roche (Londres)
Pourquoi le PS n'a pas suivi la "troisième voie" blairiste
LE MONDE | 25.10.07 | 15h01  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h01

evenus chefs de gouvernement en mai 1997, Tony Blair et Lionel Jospin avaient fait bonne figure, malgré leurs divergences, devant le congrès de l'Internationale socialiste, en juin. Mais l'adoption, en 1999, d'un manifeste "social-libéral" par le premier ministre britannique et le chancelier allemand Gerhard Schröder a marqué le divorce entre le "socialisme démocratique" du PS et le "social-libéralisme" blairiste.

Le poids du PCF. La Charte d'Amiens (1906) a organisé, en France, la concurrence entre mouvement syndical et mouvement socialiste. Les social-démocraties allemande et anglaise sont nées, au contraire, du syndicalisme. Divisée, la gauche française a ensuite été marquée par la prééminence d'un Parti communiste, qui, après 1981, a continué de peser sur le PS, sans cesse accusé de "dérive droitière".

L'union de la gauche. Contraint par le scrutin majoritaire à nouer des alliances au second tour avec des partis de la gauche plurielle, le PS n'a pas pu procéder à un aggiornamento après 1997. Dans un pays où le clivage droite-gauche constitue une donnée structurante de la vie politique, le discours de la "troisième voie" de Blair n'était guère audible.

Le rapport entre économique et social. Dans la pensée blairiste, le social est considéré comme devant se mettre au service de l'économique, notamment en acceptant des formes de flexibilité parfois poussées. En revanche, la gauche française reste attachée à la recherche d'un point d'équilibre entre le social et l'économique. D'où, chez les Français, des réserves sur le rapport au marché et à la mondialisation.

Le PS et l'idéologie. Le PS n'a jamais goûté les débats théoriques, contrairement au SPD et au Labour. Ainsi, le virage de la rigueur de 1983 n'a pas été assumé idéologiquement. Quant au "réformisme de gauche", cher à François Hollande, il ne s'agit pas d'un concept abouti.

 
Jean-Michel Normand
Les sociaux-démocrates allemands se rééquilibrent à gauche
LE MONDE | 25.10.07 | 15h03  •  Mis à jour le 25.10.07 | 15h03
BERLIN CORRESPONDANCE

e Parti social-démocrate allemand est-il à l'image d'une épave à la dérive sur une mer tumultueuse ? La couverture de la dernière édition du magazine Der Spiegel témoigne du climat d'incertitude qui règne au sein du SPD alors que ses membres se réunissent en congrès à Hambourg à partir de vendredi 26 octobre.

A la traîne dans les sondages - il stagne à moins de 30% depuis des mois -, le parti est pris en tenaille entre les unions chrétiennes CDU-CSU, ses partenaires au gouvernement, et le nouveau parti d'opposition Die Linke. A droite, les chrétiens-démocrates lui volent la vedette sur des sujets aussi porteurs que la famille ou l'environnement et profitent de l'aura internationale qui continue d'entourer la chancelière Angela Merkel (CDU). A gauche, le SPD se voit court-circuité sur les thèmes de la justice sociale par Die Linke.

Pour reprendre l'offensive dans la perspective des élections de 2009, Kurt Beck, président du SPD et ministre-président de Rhénanie-Palatinat, cherche à renouer avec l'électorat de gauche. Le nouveau programme, qui doit être adopté lors du congrès, met l'accent sur les références au "socialisme démocratique" et à "l'Etat social prévoyant".

Autre concession faite à l'aile gauche du parti, l'arrivée d'Andrea Nahles à la tête du SPD. Après avoir été une farouche adversaire de l'ex-chancelier Gerhard Schröder et avoir provoqué le départ anticipé de Franz Müntefering de la présidence du parti en novembre 2005, elle doit être élue vice-présidente en même temps que Frank-Walter Steinmeier, ministre des affaires étrangères, la cheville ouvrière des réformes lorsqu'il était le bras droit de M. Schröder à la chancellerie.

Dans ce droit-fil, M. Beck souhaite revenir sur l'une des mesures phares du programme de l'agenda 2010, hérité de l'ère Schröder, et va soumettre aux délégués une proposition qui vise à allonger la durée de versement de l'allocation chômage pour les plus de 45 ans, réduite à 12 mois sous la coalition SPD- Verts.

Soutenue par la base et l'aile gauche du parti, cette stratégie a donné lieu à un bras de fer avec M. Müntefering, vice-chancelier et ministre du travail. Pour éviter un conflit lors du congrès, ce dernier a expliqué la semaine dernière qu'il allait se plier à la volonté du parti.

Ses autres collègues au gouvernement, le ministre des finances, Peer Steinbrück, ou M. Steinmeier, sont tout aussi sceptiques, mais évitent de contredire M. Beck. Ils savent qu'il faut apaiser la base du parti très remontée contre l'agenda 2010 et répondre à l'aspiration d'une plus grande justice sociale au sein de la population. Si l'économie allemande a pu profiter des réformes initiées par le SPD, elles lui ont beaucoup coûté en terme d'image. Entre 1998, date de l'élection de Gerhard Schröder à la chancellerie et 2007, le nombre d'adhérents a chuté de 775 036 à 545 223 personnes.

Aussi, la proposition de M. Beck devrait être adoptée à une large majorité. Pour le politologue Richard Stöss, professeur à l'Université libre de Berlin, plus qu'un revirement à gauche, la stratégie du SPD se veut être un rééquilibrage par rapport à 1998, lorsque M. Schröder avait fait campagne sur le thème de l'innovation et de l'équité. Ce deuxième aspect avait disparu après le départ d'Oskar Lafontaine, aujourd'hui président de Die Linke, et l'adoption de l'agenda 2010.

Reste à savoir si cette réorientation portera ses fruits. Des élections régionales fin janvier en Basse-Saxe, en Hesse et à Hambourg serviront de test. A plus long terme, cette stratégie pourrait permettre au SPD de former une coalition avec Die Linke même si, officiellement, la direction du parti continue de l'exclure.

En dehors de la politique sociale, d'autres sujets promettent de donner lieu à des débats enflammés. Conduit par le ministre social-démocrate Wolfgang Tiefensee, le projet de privatisation partielle de la Deutsche Bahn, la société allemande des chemins de fer, heurte de nombreux sociaux-démocrates. Beaucoup craignent que l'entreprise publique devienne la proie d'investisseurs mal intentionnés. Là encore, M. Beck devrait imposer ses vues en proposant, pour 25,1% du capital de l'entreprise, l'émission d'actions populaires, dépourvues d'un droit de vote. M. Steinbrück est opposé à cette motion, craignant qu'elle tienne les investisseurs à distance.

En politique étrangère, c'est la participation à l'opération de lutte antiterroriste "enduring freedom" (liberté immuable) (OEF) dirigée par les Etats-Unis qui suscite la controverse. Le ministre des affaires étrangères aura la délicate mission de défendre cet engagement.

Cécile Calla
Article paru dans l'édition du 26.10.07

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