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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 14:09
Hier soir avant les journaux télévisés la nouvelle du verdict de la cour d'assises spéciale de Paris est tombé sur le procès d'Yvan Colonna.
La réclusion à perpétuité, requise par le ministère public, est prononcée mais sans peine de sûreté. C'est donc la seule concession que les magistrats composants le jury de la cour ont laissé pour prendre en compte les zones d'ombre de cette affaire. Colonna est donc condamné à la même peine que ses supposés complices qui ont avoué l'assassinat, sans que la justice considère que ce soit eux les véritables tireurs.
Ce verdict marque une double incohérence :
- d'abord parce que si Yvan Colonna est condamné à la même peine que les deux hommes du commando, c'est que la cour n'a pas pu éclaircir s'il était réellement le tireur et donc l'assassin du Préfet Erignac. Or c'était bien la charge qui était retenue contre lui et non celle de complicité. Si donc les magistrats doutaient qu'il soit le tireur, pourquoi alors le condamner ?
- enfin parce qu'aucune preuve matérielle ne peut être retenue contre Yvan Colonna. Les témoins de la scène ne l'ont pas reconnu, tous parlent de deux hommes et non de trois. Tout est donc basé dans cette enquête, dans ce procès, dans ce verdict sur les témoignages obtenus obtenus après des dizaines d'heures de garde à vue des deux hommes du commando, puis ceux de leurs épouses effondrées par l'arrestation de leurs maris. Aveux qu'ils ont tous rétracté ; c'est peu comme dans le dossier... et normalement à ce stade, le doute aurait dû profiter à l'accusé.

Mais il devient évident que l'ancien ministre de l'intérieur, devenu président de la République, ayant déjà prononcé le verdict en définissant, le jour de son arrestation, Yvan Colonna comme "l'assassin du préfet Erignac", les magistrats ont été sous une pression politique et médiatique constante. Le parfum de mise au pas de la justice qui plane depuis mai 2007 ne fait que renforcer cette impression.
Je ne sais pas si Colonna est coupable ou non ; ce que je dis c'est qu'à ce stade un procès en appel est nécessaire et que dans l'état du dossier la seule décision qui me paraissait légitime était celle de l'acquittement. J'imagine la douleur qui a été celle de Claude Erignac et de sa famille le soir de l'assassinat de son époux, je peux imaginer la douleur qui a suivi et celle qui aurait été si Yvan Colonna n'avait été condamné hier soir. Mais satisfaire et apaiser la douleur d'une victime ne fait pas toute la justice... Ici, ni le droit, ni la justice n'ont été dits !

Ceux qui parlent de la culpabilité de Colonna en se fondant sur sa fuite ne se placent pas dans la situation corse. Personnellement, si j'avais été proche des milieux nationalistes corses, désigné sans preuve assassin du préfet dans les circonstances émotionnelles de l'époque, je crois que moi aussi je me serais caché.

Mais croit-on vraiment que nous avons mis là un coup d'arrêt à la violence en Corse ? Condamner un homme à la perpétuité, sans savoir s'il est réellement coupable et donc sans l'avoir démontré, est-ce un outil efficace pour rogner les abattis des terroristes ? Je crains que les imbéciles et les mafieux qui composent les groupuscules terroristes de l'île ne recueillent de nouvelles recrues en colère après ce verdict.

Frédéric FARAVEL

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