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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 11:02

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


  de Brice Couturier

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Podcast

 
  émission du lundi 25 février 2008
Tous les peuples ont –ils droit à un Etat ?
 
 
 
Le principe d’autodétermination des peuples, fut lancé comme une machine de guerre par les libéraux de 1848, contre les Empires qui se partageaient alors la majeure partie de l’Europe. Tous les peuples qui se considéraient comme «historiques» voulurent alors accéder - à l’unité pour les uns (Italiens Allemands), à l’indépendance nationale pour les autres (Polonais et Hongrois, en particulier). Beaucoup de candidats à un Etat bien à eux durent patienter jusqu’aux lendemains de la Première Guerre Mondiale pour se voir reconnaître ce droit. Et la création d’une série d’Etats-tampons, bordant l’Allemagne, dut autant à la méfiance des Français qu’à l’idéalisme wilsonien.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le colonialisme affronta la montée, chez les peuples soumis, d’un fort désir d’indépendance nationale. En 1945, l’ONU comptait 51 Etats membres. A l’issue des luttes de décolonisation, en 1962, ce nombre avait plus que doublé : 110 membres. Une nouvelle vague de créations d’Etats fut provoquée par la chute de l’Empire soviétique. L’Onu, qui comptait 159 Etats en 1990, en reconnaissait 192 en 2006. Et il va sans doute lui falloir compter prochainement avec un nouveau venu, le Kosovo.
L’ancienne province serbe, peuplée à 90% d’Albanais, a en effet proclamé sans surprise son indépendance au lendemain des élections présidentielles serbes. «La Yougoslavie ne fut jamais qu’un immense malentendu», aime répéter Paul Garde. Fédération de peuples égaux entre eux, pour les Slovènes, elle était, pour les Serbes, l’équivalent de la Grande Serbie. Mais les persécutions endurées par la majorité albanaise à l’époque de Milosevic justifient-elles la prompte reconnaissance, accordée par les grands pays européens à une indépendance qui ne saurait déboucher sur la viabilité économique ? Ne risque-t-on pas de créer un dangereux précédent, dans lequel pourraient s’engouffrer toutes les minorités nationales, tous les séparatismes ethniques ? Déjà la Roumanie tremble pour ses provinces hongroises et la Macédoine pour sa minorité albanaise. Chypre craint que la sécession turque de l’île ne prononce, elle aussi, son indépendance. Et jusqu’à l’Espagne qui redoute la contagion possible chez ses Basques et ses Catalans.
Il semble que le mouvement vers l’intégration mené en Europe depuis 1951 s’accompagne d’un processus d’éclatement des Etats multinationaux. Cette prolifération étatique est-elle compatible avec l’échelle dorénavant requise pour exister sur la scène mondiale ?

 
Eric Chevallier.  Conseiller spécial du Ministre des affaires étrangères et européennes

 
Georges Marie Chenu.  Membre du Comité Kosovo et ancien Ambassadeur de France en Croatie

 
Alain Dieckhoff.  Directeur de recherche du CNRS rattaché au CERI

 
 

 

 
Alain Dieckhoff
L'Etat d'Israël
Fayard - à paraître mars 2008
 


 

 
Alain Dieckhoff
La nation dans tous ses Etats
Flammarion - 2002
 

La question nationale est de retour. Avec l'éclatement de l'Union soviétique, la guerre dans les Balkans, la réunification de l'Allemagne, la montée des courants régionalistes en Ecosse et au pays de Galles, on évoque sans cesse le réveil des nations. L'erreur serait d'y voir l'éruption d'un tribalisme primitif alors que nous avons affaire à une manifestation centrale de la modernité.
Une double perspective guide la réflexion d'Alain Dieckhoff. D'abord, saisir les ressorts cachés des revendications identitaires qui s'expriment du Québec à la Catalogne ne passant par la Flandre et la Corse. Elles répondent à des dynamiques sociales dont il s'agit de repérer les logiques d'intérêt. Elles sont surtout liées à la volonté de reconnaissance d'une culture spécifique, distincte de la culture d'Etat.
Au-delà, Alain Dieckhoff s'attache à voir comment les sociétés modernes peuvent répondre au défi du pluralisme national. Ni le libéralisme, ni le républicanisme, ni le multiculturalisme ne sont à la hauteur des enjeux. Il faut réformer en profondeur l'Etat-nation sans craindre de le voir remplacer dans l'avenir par l'Etat démocratique multinational. A défaut, le risque est grand de voir la tentation sécessionniste se renforcer, et avec elle le spectre de l'ethnicisation hanter le monde.
 

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