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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 11:16
Depuis plusieurs années en France (en fait depuis le 2ème passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur), et de manière plus accélérée ses dernières semaines, plusieurs décisions, évènements ou postures laissent deviner la tentation autoritaire et sécuritaire du pouvoir exécutif français, tentation qui de toutes les manières étaient belle et bien inscrite dans le projet politique que le candidat conservateur avait défendu lors de la campagne présidentielle de 2007.
Jusqu'ici ce sont essentiellement les éléments que l'on dira en marge de la société qui auront essuyé les plâtres de ce recours éternel de la droite conservatrice :
  • Atteintes aux droits élémentaires de la personne humaine dans la politique répressive mise en oeuvre par Brice Hortefeux sur l'immigration en général. Les témoignages se multiplient quant à la poursuite d'une chasse aux sans-papiers à la sortie des écoles publiques (et ce malgré la mobilisation citoyenne autour de RESF) ; cet été et cet automne, il y a eu de plus une tentative avérée de criminaliser les associations de soutiens aux sans-papiers, et d'entraide pour les personnes retenues, crise qui a culminé avec l'incendie du centre de rétention de Vincennes. Enfin, il existe une volonté affirmée de mettre hors les murs la CIMADE, seule association a pouvoir entrer dans les centres ;
  • La politique pénitentiaires de Rachida Dati a justement été épinglée par tous les acteurs de la justice comme incohérente et contradictoire. Subissant les affres d'une politique du fait divers, on demande aux magistrats d'appliquer les conséquences mécaniques d'une augmentation des incarcérations avec les peines plancher, pour ensuite se retrouver à une surpopulation explosive des prisons françaises (alors que la loi pénitenciaire est en souffrance depuis 2002) avec les drames humains, psychologiques et physiques auxquels nous assistons ;
  • L'intervention du chef de l'Etat dans un établissement psychiatrique a clairement marqué la logique du pouvoir en place. Deux faits divers marquant l'opinion et impliquant des personnes schyzophrènes ont été dernièrement médiatisés. Près de 250 000 personnes sont atteints de pathologie comparable, sans parler des autres, mais le niveau de dangerosité de ces individus est finalement statistiquement moindre que celle de la population dite "moindre". Nicolas Sarkozy a cependant pointé des "individus dangereux" sur lesquels il faudrait accroître la contrainte et renforcer l'enfermement... positionnement symptomatique et gravissime, à rebours de toutes les politiques mises en oeuvre depuis 25 ans, en contradiction avec tous les résultats de la recherche médicale et des réussites démontrées notamment dans d'autres pays, comme l'Italie.
On juge un pays à la manière dont la société traite ses prisonniers et ses fous ; cette maxime n'a jamais été autant annonciatrice du pire que l'on peut voire poindre depuis quelques semaines.
  • Des enfants fouillés sans ménagement (avec quelques remarques physiques sympathiques) lors d'un exercice de "pédagogie" sur le trafic de drogue dans un établissement du second degré des Landes par des gendarmes avec chiens et maîtres-chiens ; une juge d'instruction qui considèrent que cela permet d'instaurer un bon sentiment d'insécurité... bref, foin de l'éducation, pour tenir vos enfants privilégiez le terrorisme, c'est plus efficace ;
  • L'annonce de la fin de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs en rendant les pré-adolescents incarcérables dès 12 ans, ce qui en finit avec le primat de l'éducation et de la prévention sur la répression et qui nous prépare à une nouvelle fournée plus remplie encore de récidivistes ;
  • L'arrestation musclé d'un journaliste de Libération, avec le soutien des ministres de tutelles concernés, Mmes Dati et Alliot-Marie considérant que tout a été fait dans les règles et dans le respect de la procédure ;
  • Un délire médiatique (jusqu'à preuve du contraire, qui n'arrive pas) autour des pseudos terroristes anarchistes du Limousin qui s'en seraient pris au réseau ferré de France. Opération médiatisée de l'intervention des forces de l'ordre, faiblesse des éléments du dossier, communication à la fois triomphaliste et anxiogène des membres du gouvernement autour des opinions (peut-être contestables mais ce n'est pas le sujet) d'un petit groupe anarcho-autonome perdu au fond de Mille-Vache, opinions qui supposeraient qu'elles soient en soi criminelles !
Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que le moindre de ces trois derniers faits auraient provoqué voici encore 10 ans des manifestations bruyantes avec plusieurs milliers voire dizaines de milliers de participants. Dans les Landes, la réactions s'est limitée à une protestation assez convenue même si ferme sur les principes des parents d'élèves ; pour le journaliste, passée la bronca dans la presse tout le monde est rentré chez soi encenser Sarko pourfendeur du grand capital international ; pour les incarcérés de Tarnac la mobilisation peine à rassembler largement.

Mais pendant ce temps, qu'est-ce que le gouvernement nous donne à voir ? Qu'est-ce que signifie cette accélération sur le champ sécuritaire de la politique du gouvernement ? Les Faits divers, les mesures drastiques annoncées par le pouvoir de droite qui sont censées y répondre sont là pour détourner l'attention du public de la politique économique et sociale structurelle mise en oeuvre par la droite conservatrice et réactionnaire... Sarkozy double tout cela d'un brouillage international  avec sa prétendue conversion au Keynésianisme. Une fois les cartes brouillées, on peut en mettre une couche supplémentaire et créer les conditions pour discréditer la contestation sociale : juste une petite remarque la morgue de Darcos face à la communauté éducative est depuis le début très calculée. Sa dernière réponse face au mouvement lycéen vise à mon sens à exacerber les tensions qui ont déjà débouché sur quelques affrontements mineurs dans l'ouest de la France et à Marseille ; on aura beau jeu ensuite de dénoncer les "casseurs".
A l'heure où chacun s'inquiète de la contagion de la violence sociale qui répond à la violence économique et politique en Grèce, je rappelle que la tactique du pompier pyromane a été utilisée à deux reprises en France par Nicolas Sarkozy : automne 2005 - émeutes ; printemps 2007 - échauffourés de la gare du nord. Dans les deux cas, je suis persuadé que tout cela a été utilisé, voire dans une certaine mesure préparé, pour servir les intérêts politiques du candidat conservateur à l'élection présidentielle !
Le pire pourrait bien être à venir...

Frédéric FARAVEL

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