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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 08:50
Nicolas Sarkozy a choisi une intervention solennelle hier soir au sortir du "sommet sociétal" de l'Elysée comme l'appelle Plantu. Cette intervention est commise après le durcissement des conflits sociaux en métropole, l'approfondissement de la crise économique et sociale, un entretien télévisé calamiteux, un mois de grève en Guadeloupe, une impasse sociale et politique totale mettant en cause la dignité de l'Etat et l'assassinat d'un syndicaliste de la CGT Guadeloupe hier à 10h30 (heure de Paris).
Sarkozy a fait l'aumône aux plus démunis, aux classes moyennes inférieures... passons. Comme disait Bernard Thibaud, pour les concernés c'est toujours bon à prendre mais qui attendait réellement quelque chose des annonces du chef de l'Etat ? L'amplification du mouvement social, la coagulation des luttes, seulement cela donnera des résultats aujourd'hui face à un gouvernement conservateur qui refuse de reconnaître qu'il s'est trompé dès l'entrée dans ce quinquennat, dut tout au tout sur sa politique économique... Rendez-vous au 19 mars donc.

L'insulte est venue en toute fin d'allocution. Un homme est mort, la Guadeloupe vit une crise exceptionnelle, l'Etat s'est déjugé à plusieurs reprises (il vient de le faire encore ce matin, François Fillon annonçant qu'il validerait dans la journée une proposition proche des 200€ d'augmentation des bas salaires en Guadeloupe, celle-là pour laquelle il avait rapatrié Jego et qu'il avait refusé d'appliquer voici une semaine !!). Mais surtout dans ce conflit marquant qui intéresse toute la République, le Président a préféré évacué en 20 secondes ; on attend une parole forte, on attend que le Président de tous les Français rétablisse l'autorité de l'Etat mis à mal par ses collaborateurs et tout juste cite-t-il les Antilles, parlant au passage de "Territoires" et non plus de Départements, et renvoyant au lendemain l'annonce devant des élus locaux qui pour la moitié d'entre eux sont décrédibilisés, complices parfois d'un clientélisme d'un autre temps, alors que la nuit de Pointe-à-Pitre menaçait d'être chaude et que celle de la banlieue de Basse-Terre ne semble pas avoir été reposante.
Nicolas Sarkozy aurait voulu mettre le feu au poudre qu'il ne s'y serait pas pris autrement. N'oublions pas que l'annonce de l'envoi de 4  escadrons de Gendarmes mobiles précèdent celle de toute volonté de règlement social.

Christianne Taubira refaisait avec pugnacité le chemin hier sur les ondes :
- 15 jours de conflits sans que l'on s'en préoccupe ;
- Yves Jégo qui engage la parole de l'Etat puis qui s'enfuit avant d'être désavoué ;
- une semaine sans plus discuter de quoi que ce soit ;
- pendant tout ce temps, le LKP déploie une action exemplaire pacifique d'un type nouveau, tant pour l'île que pour la métropole, la rue est tenue, l'ordre règne des aveux mêmes des responsables de la sécurité publiques ;
- le 16 février, après une semaine de silence, l'Etat décide de faire charger CRS et Gendarmes mobiles et le témoignage d'Alex Lollia jette sur ces interventions un voile de honte grave. Des syndicalistes sont molestés, interpellés, incarcérés, on veut ainsi déstructurer le mouvement et faire apparaître des éléments incontrôlables ;
- le 17 février les heurts commencent, car l'encadrement s'est amoindri sous l'effet de la veille, sous l'échauffement d'une stratégie de pourrissement délibérés de l'Etat et des grands intérêts économiques ;
- le 18 février un mort et l'annonce sans plus de ménagement de l'envoi de 300 gendarmes supplémentaires, MAM rejetant toute la responsabilité des troubles sur le LKP !
Dans cette affaire l'Etat a une responsabilité criminelle !

Il ne s'agit plus aujourd'hui de satisfaire seulement la 132e revendication qui avait déjà été acceptée avant d'être retirée ; un mois de conflit, son extension à la Martinique et aux deux autres départements d'outre-mer ont soulevé aux yeux des Français une réalité plus crue qu'il faudra résoudre dans l'épreuve et sur le long terme ! Oui la dimension de la République est interrogée par ce mouvement et ces évènements ; il faudra arrêter de concevoir la République dans l'assimilation si l'on veut concevoir la République dans l'égalité ; il faudra arrêter de considérer que les DOM ne sont finalement qu'un succédanné de colonies, les Antilles un confetti géographique et folklorique qui produit pour la métropole des danseuses et des footballeurs...
Que dire, depuis ce matin... Nicolas Sarkozy n'interviendra après la réunion de 17 heures avec les élus que sur RFO : il considère donc que ce qui se passe en Guadeloupe n'intéresse pas la métropole, n'intéresse pas la République (imaginerions-nous si les docks de Marseille refaisait un grand conflit social que Sarkozy n'interviendrait que dans La Provence, sur RMC et sur France 3 PACA ?) ; pour lui les Antilles ce ne sont pas la France et les Antilles sont des Français de seconde zone, des marrons que je le soupçonne de vouloir traiter comme sous le Consulat...
Non aujourd'hui en tant que socialistes nous devons clairement exiger que dans cette révolution pacifique que vit la Guadeloupe les monopoles, les rentes de quelques uns, héritiers qui doivent leur fortune à l'infamie, que tout le système économique d'exploitation des DOM soit profondément remise en cause ; et si l'Etat doit employer la force ou plutôt l'unilatéralisme c'est pour cela aujourd'hui car il doit transformer à jamais les structures économiques de l'île.
Mais il ne le fera pas... On peut s'attendre au pire, car le peuple guadeloupéen lui n'attendra pas 2012.
Frédéric Faravel

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Published by FARAVEL - dans Carton Rouge !
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