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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 18:45

Rassembler notre famille politique autour d'un projet et d'une dynamique

 

L'université d'été des socialistes à La Rochelle du 28 au 30 août 2009 a donné une tonalité un peu nouvelle par rapport aux années précédentes. Les journalistes vous diront que nous avons connu 48 heures sans petites phrases entre socialistes, Rue89 allant jusqu'à titrer « bonne nouvelle pour le PS, il n'est rien passé... ». Au-delà de ces commentaires du microcosme, tous les militants que vous croiserez de retour de La Rochelle témoigneront de l'atmosphère de travail, de l'ambiance fraternelle et festive,de la qualité des intervenant car c'était cela aussi l'une des clefs du succès de ce week-end : le retour en force des intellectuels, de la société civile, des syndicats, de nos partenaires politiques, dans nos débats, dans nos ateliers et nos tables-rondes, pour nous bousculer parfois, mais toujours pour nous enrichir et construire avec nous un discours politique qui peut préparer l'avenir.

La semaine avait mal commencé : menace de crise de nerfs sans propos sur les primaires, photos de « famille » marseillaise alimentant un confusionnisme total... On prédisait le pire au Parti.

Benoît Hamon et Martine Aubry ont voulu ainsi dès jeudi voulu évacuer le débat pour que nous puissions nous consacrer à l'essentiel ; le porte-parole présentait à France Info une feuille de route précise sur des primaires de toute la gauche avec pour préalable un travail programmatique commun aux organisations de toute la gauche qui doit déboucher sur un contrat de gouvernement. Martine Aubry, elle, rappelait sa faveur pour des primaires ouvertes à gauche dans Le Monde, en fixant quelques grandes lignes vite tracées les thèmes des débats à mener avec la gauche.

Cependant dans son discours du vendredi, la Première secrétaire a instillé un doute chez de nombreux camarades qui comme moi attendait une perspective stratégique claire et des outils efficaces pour la mener. Dans son allocution d'ouverture, Martine Aubry présentait une vision des primaires ouvertes mais pour « désigner le candidat socialiste ». Autant le dire immédiatement, cette perspective-là c'est l'assurance de revivre 2006 en pire, et je ne saurais en être !

Le principe des primaires sera soumis avec d'autres questions (comme celle sur le cumul des mandats) au vote des militants le 1er octobre prochain, le Conseil national du Parti socialiste du 12 septembre doit en fixer la formulation ; alors d'ici là disons comme militants et comme courant, mais également et avant tout comme socialiste, soucieux de rassembler son camp pour gagner la gauche, comment le PS peut passer du suicide collectif à une dynamique politique.

 

D'abord quelques soient les obstacles, ne contredisons pas aujourd'hui ce que nous écrivions hier dans motion « Un Monde d'Avance » et dans notre bulletin de liaison.

 

Mais pourquoi fallait-il trancher aujourd'hui ?

Imaginez ce qu'auraient été les 6 prochains mois sans cela. Pollués par un débat de méthode, donnant tous les prétextes nombrilistes aux francs-tireurs qui dans ce parti sont trop heureux de lui saper ses bases en espérant ramasser les miettes. Les « moi-jistes » auraient ainsi court-circuité la campagne des élections régionales, l'auraient rendu inaudible, renforçant vraisemblablement les Verts dans la stratégie de ringardisation du PS qu'ils affectent aujourd'hui. Maintenant nous devons, sans illusion d'obtenir une réponse positive de nos partenaires avant avril 2010 (séquence de concurrence électorale oblige), répéter sur tous les tons et peser sur tous les fronts, quel doit être le cadre, le préalable, les critères, les conditions d'une primaire réussie, préludant à un rassemblement durable de la gauche ; conditions sans lesquelles ces primaires deviendraient illusoires, inutiles, voire nuisibles.

 

Préparer un Projet de la gauche

Ces conditions sont à l'évidence la préparation par un travail de fond avec les militants des organisations de toute la gauche (en tout cas toutes celles et ceux qui répondront chiche !) pour un programme de gouvernement de transformation sociale. Ce contrat de gouvernement devra par ailleurs recevoir une traduction électorale qui pourraient éventuellement être douloureuses pour quelques cumulards socialistes. Mais le rétablissement de la perspective de la transformation sociale ne découlera, j'en suis aujourd'hui intimement persuadé, que de l'ouverture du Parti socialiste sur son étranger proche (partis, syndicats, mutuelles, coopératives, associations).

Le mieux est-il l'ennemi du bien ?

Marie-Noëlle Lienemann e tPaul Quilès défendent depuis plusieurs mois un processus très construits pour la création d'un nouveau Front Populaire - qui au passage n'est pas moins « à prendre ou à laisser » que la pétition de Terra Nova (mais qui a l'avantage de refouler les ambiguïtés).Je ne sais si nous sommes en mesure de mettre en œuvre un processus aussi précis, mais nous pouvons toujours nous inspirer de son esprit, et pour ma part, je n'ai pas senti de contradictions majeures entre l'interview de Benoît Hamon, jeudi 27 août, et la tribune publiée par nos deux compères le même jour sur Mediapart.

Là encore, une petite remarque sur le mieux qui serait l'ennemi du bien : on nous dit qu'il ne faut pas s'engager dans un débat sur les seules valeurs, pour construire un simple « fond idéologique commun », tellement vague qu'il serait acceptable y compris à droite... L'un n'empêche pourtant pas l'autre, mon petit précis personnel d'histoire du socialisme français n'oublie pas que la direction Savary-Mollet issu du congrès d e fondation du Nouveau Parti socialiste de 1969 fut également renversée car elle défendait le préalable de la réduction active des écarts idéologiques d'avec un PCF en pleine glaciation brejnevienne avant tout débat programmatique. Mais je ne vois pas ce qui empêcherait de mener les deux de fronts ; et dans le contexte actuel d'aggravation exponentielle des inégalités, je doute que les Verts, le PCF ou nous-mêmes puissions abstraction d'un débat nécessaire sur la conflictualité sociale, thème inaccessible aux tripes du Modém ou de Villepin. Je ne me résouts pas à m'entendre dire - comme ce fut le cas par un délégué du NPA Val d'Oise, alors que je réunissais de manière inédite tous les partis de gauche du département à l'invitation du PS - que les divergences idéologiques se creuseraient à gauche quand au quotidien je constate et j'entends le contraire ! Pouria Amirshahi n'écrivait-il pas dans sa tribune « Nos futurs » de Mediapart, que l'écologie politique était désormais pleinement l'une des écoles du socialisme démocratique ?

 

La stratégie politique de conquête ne se sépare pas du projet

Ayons ce débat à la fois idéologique et programmatique concret ; démontrons par notre action, notre travail que l'écart est faible, et surtout, qu'il faut être cohérent, que projet et stratégie sont indissociables : une « bobo » de ma collectivité avait cherché à me démontrer que D. Cohn-Bendit et H. Désir avaient tenu sur les plateaux les mêmes discours, mais que le premier faisait vivre sa campagne quand l'autre était soporifique... soit... Cependant rappelons juste un moment avec qui Dany le Vert propose de mettre en musique ce discours : avec des candidats libéraux à opposer au Président sortant de la Commission européenne, j'ai nommé l'inénarrable ex-Mao et ex-Premier Ministre libéral, José Manuel Barroso. Il faudra bien mettre nos partenaires face à la nécessité d'une cohérence : on ne fait rien de précis avec n'importe qui ! On ne mène pas une politique de transformation sociale et écologique avec la droite !Les alliances, la stratégie sont le reflets d'un projet et d'une vision...

Refusons une fois pour tout d'intérioriser la perspective d'être marginalisé, comme si cela était quasiment inscrit dans notre code génétique, intérioriser la défaite. On ne construit rien de bon et d'efficace sur la rédemption dans la défaite ou sur le pessimisme dans l'action.

Nous avons les uns et les autres suffisamment de savoirs-faire, suffisamment de structuration intellectuelle, un esprit suffisamment ouvert pour être les fers de lance d'un rassemblement de la gauche, d'un dépassement du Parti socialiste. La Gauche du PS peut - et d'ailleurs peut-être elle seule - poser des ponts avec des communistes, des républicains (pas moins secoués que les socialistes dans les 20 dernières années) ou même certains écologistes qui se sentent pourtant aujourd'hui pousser des ailes. Alors arrêtons de nous interdire des perspectives et un débouché, quand on ne distingue pas encore ce que pourra être le paysage politique des deux années à venir que nous avons encore la possibilité de façonner. Nous sommes les derniers à défendre encore peu ou prou une vision cohérente de la VIème République, mais de nos rangs seuls peut sortir celui qui acceptera de rétablir la souveraineté populaire. Un Président de la gauche "socialiste" pour achever la Vème, ça aurait de la gueule, non ?

 

Frédéric FARAVEL

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