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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 16:10
Unionistes et catholiques s'entendent sur
les bases d'un accord "historique"

a dernière fois que le révérend calviniste Ian Paisley a dit "oui", raconte une blague qui court à Belfast, c'est à l'occasion de son mariage, il y a 50 ans jour pour jour. Pourtant, vendredi 13 octobre, le vieux chef de la communauté protestante nord-irlandaise, surnommé de longue date "Dr No", a émis un "Oui, peut-être" prometteur.

Cet acquiescement conditionnel, s'il se confirme dans les prochaines semaines, ouvrira la voie à un partage du pouvoir entre les 2 principaux partis de la province, les Démocrates unionistes (DUP) de Ian Paisley, et, côté catholique, le Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), que dirige Gerry Adams.

Selon ce scénario optimiste, dans un peu plus de 5 mois, l'intransigeant pasteur deviendrait Premier ministre de la province et aurait comme adjoint l'un de ses ennemis de toujours, Martin McGuinness, n°2 du Sinn Féin.

Ian Paisley a accepté d'envisager cet événement, naguère impensable, à l'issue de 3 jours de négociations conduites à Saint Andrews en Ecosse par Tony Blair et son homologue irlandais, Bertie Ahern. "C'est un gain formidable", a commenté M. Blair en présentant à la presse ce qu'il tient pour "les bases d'un accord" historique. Ce plan vise à restaurer les institutions semi-autonomes d'Ulster, suspendues depuis octobre 2002.

La feuille de route proposée aux 2 camps est la suivante.

D'ici au 10 novembre, catholiques et protestants devront se prononcer sur "l'accord de Saint-Andrews". Entre-temps, le Sinn Féin devra reconnaître comme légitime la police nord-irlandaise, avec laquelle beaucoup de catholiques refusent encore de collaborer. Pendant 30 ans de guerre civile, l'IRA a abattu près de 300 policiers. Aujourd'hui, la police, en pleine réforme depuis 5 ans, compte 20% de catholiques, chiffre encore insuffisant.

Si les choses avancent comme espéré, un texte de loi sera présenté aux Communes le 21 novembre pour entériner l'accord. Ce sera ensuite au DUP d'accomplir un geste décisif en contribuant "aux alentours" du 24 novembre à la nomination du Premier ministre et du vice-premier ministre par l'Assemblée de Belfast. Cet acte symbolique ne prendra tout son sens que le 14 mars 2007, lors de la nomination du gouvernement, qui entrera en fonction le 26 mars.

Ce délai de plus de 3 mois est un geste à l'adresse du DUP. Il doit, selon M. Blair, donner le temps nécessaire aux unionistes pour vérifier que le Sinn Féin "soutient pleinement la police", chose indispensable "dans une société démocratique". Le transfert effectif de la justice et de la police à la nouvelle administration locale ne sera effectif qu'à la mi-2008. Tony Blair a aussi évoqué la nécessité d'un "soutien électoral", sous forme d'une consultation de la population, dont la nature reste à déterminer.

Vendredi, les leaders des 2 camps ont tenu des propos plutôt apaisants. "Le jour des hommes armés au gouvernement est, espérons-le, terminé à jamais, a déclaré M. Paisley. La démocratie finalement l'emporte." "Nous devons reconnaître que, peut-être, nous avons été une partie du problème", a admis M. Adams, en un rare moment de contrition. Les relations entre les 2 hommes demeurent toutefois distantes, le pasteur refusant de parler directement aux leaders du Sinn Féin.

Même s'il faut se garder d'un optimisme trop hâtif, il reste que l'accord de Saint-Andrews traduit une évolution des esprits, reflet des changements intervenus sur le terrain. Début octobre, un rapport d'experts indépendants a confirmé que l'IRA avait renoncé au terrorisme "de manière irréversible". Le 6 octobre, la reine a assisté à Belfast au démantèlement des bataillons nord-irlandais de l'armée britannique.

Le 9 octobre, Ian Paisley a, pour la première fois, serré publiquement la main du primat catholique d'Irlande. L'homme qui traitait naguère le pape d'"Antéchrist" a décidément changé.

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