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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 14:52
IL FAUDRA CHANGER RADICALEMENT LES CONSIDERANTS DE LA POLITIQUE DE RENOUVELLEMENT URBAIN DES 2007

La décision de démolir 200 000 logements sociaux en 5 ans constitue la mesure la plus spectaculaire du programme national de rénovation urbaine. Geste radical... Or il est loin d'être sûr que la démolition à cette échelle et dans ce calendrier soit souhaitable ou réellement possible.

Pour de nombreuses raisons. D'abord celle de la suppression d'une offre précieuse de logements sociaux dans un pays où il en manque cruellement (rappelons qu'il y a près d'un million de demandes en instance), et tandis qu'on entre dans une période de raréfaction de l'argent public : pour compenser les 40 000 démolitions annuelles, tout en continuant à assurer la production ordinaire, comme c'est prévu par la loi, il faudrait produire chaque année 90 000 logements neufs là où on peine à en faire 50 000 ...

Ensuite parce que ces opérations sont très onéreuses, parce ce que la démolition, pour les habitants des immeubles concernés, reste difficile à vivre, et parce que le montage des opérations de relogement prend souvent plusieurs années (rappelons qu'en 2002 on n'a pas réussi à démolir plus de 8000 logements).

On risque également de mettre à bas des pans entiers et significatifs d'un patrimoine qui n'est pas toujours dépourvu de qualités architecturale et urbaine : démolir 200 000 logements c'est supprimer un gros quart de la production totale des grands ensembles et des ZUP, et il y a fort à parier qu'il comprend des éléments intéressants.

Enfin et surtout parce qu'on risque fort de se tromper d'analyse en corrélant «pathologie sociale» et «pathologie architecturale» : les habitants de ces quartiers souffrent d'abord et surtout de leur exclusion économique et sociale, et du regard que la société porte sur eux. Faire imploser leur lieu de vie n'y changera pas grand chose à soi tout seul, et pourrait bien relever du seul «traitement magique», familier des ethnologues.

Bref, un tel enjeu appelle un débat, et on s'étonne qu'il ne parvienne pas à s'installer, à la suite notamment de l'avis circonspect du Conseil National des Villes et des alertes du mouvement HLM dès son congrès de juin 2003. Et pour comprendre les enjeux on aurait tout à gagner à interroger l'histoire de la rénovation urbaine des années 1960, qui, sans pour autant réussir à tenir ses objectifs quantitatifs, a eu le triple effet de chasser des centres villes les ménages pauvres, d'endetter durablement les collectivités locales et de faire disparaître un patrimoine architectural digne d'intérêt.

À défaut d'une planification énergique du développement massive de l'offre de logement, les reconstructions accaparent le foncier qui restait encore disponible pour proposer une offre nouvelle et complémentaire (décohabitation, besoins nouveaux, mal logés, occupants sans titre de bonne foi, résorption de l'habitat indigne...). La raréfaction de l'offre nouvelle du fait des reconstruction risque donc d'accroître la crise du logement et du foncier ! C'est un fantastique effet pervers de la politique Borloo depuis 2002.

D'autre part, au nom d'une mixité sociale qui restera longue à reconquérir, on démolit dans les secteurs les mieux équipés et desservis en transports parfois jusqu'à 50% du parc HLM à bas loyer pour recontruire du HLM haut de gamme (PLUS, PLUS CD non minorés), mais dans la plupart des cas on a pas de propositions concrètes pour les populations les plus en difficulté ; le résultat le plus sûr de la politique mené par le gouvernement va être de rejeter plus loin encore des populations fragiles, où les collectivités n'ont ni les services ni les moyens pour les accueillir, les accompagner durablement et éventuellement les faire sortir de leur condition. Dans le même temps, et avant même que ces populations aient quitté nos territoires on réduit fortement les financements spécifiques et droit commun risquant par là même un grave effet ciseau lourd de conséquences sociales et en terme de tranquillité publique.

Frédéric Faravel

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