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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 15:08

Quand les RG fichent les voisins du QG de Nicolas Sarkozy

 

Une cellule des Renseignements généraux met sous pression les riverains du siège de campagne du candidat UMP, rue d'Enghien, à Paris. L'équipe de campagne a refusé de commenter.

 

Un extrait du document de la Préfecture de police de Paris, pour le consulter en intégralité, cliquez ici

Un extrait du document de la Préfecture de police de Paris, pour le consulter en intégralité, cliquez ici DR

Début janvier, Nicolas Sarkozy établit son QG de campagne 18 rue d’Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris. Le candidat a choisi ce quartier pour s’éloigner des arrondissements chics, les 8ème et 16ème. Dès le premier jour, la rue d’Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste.

A l’intérieur, une lettre, datée du 15 janvier (voir document), leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d’un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l’habitant de la rue d’Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police.

 

Des riverains choqués

En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris, basé rue aux Ours, dans le 3ème arrondissement. Cette cellule des RG enquête généralement sur les mariages blancs, les candidatures pour les postes particulièrement signalés. Sa mission : fouiller le passé de certains citoyens pour le compte de l’administration. Des riverains sont choqués par la méthode. Quand ils téléphonent au numéro indiqué, leur interlocuteur ne leur précise pas qu’il travaille pour les RG, mais il les soumet à un interrogatoire qui leur fait comprendre qu’ils font désormais partie d’un périmètre de haute sécurité et que tous leurs faits et gestes risquent d’être surveillés. "C’est intolérable, raconte une jeune femme du quartier. Nous avons le sentiment d’être dans la Cité Interdite, mais surtout d’être sous le contrôle d’un Big Brother qui s’appelle Nicolas Sarkozy".

 

"Une annexe du ministère"

Pour la préfecture de Paris, il n’y a rien d’illégal dans cette activité. Est-ce si sûr ? Des habitants fichés par la police pour le seul motif d’être logés près du siège du candidat UMP. Alors qu’aucun autre prétendant à l’Elysée n’a bénéficié de ce "régime de faveur". Au siège de Ségolène Royal et de François Bayrou, on réfute toute enquête sur les voisins effectuée par la police. Pour qui alors travaillent ces fonctionnaires des RG ? Pour le candidat Sarkozy ou pour le locataire de la place Beauvau ? Devant sa porte, une habitante ironise : "C’est une annexe du ministère de l’Intérieur, ici". De son côté, Maître Jean-Pierre Mignard, avocat du couple Hollande-Royal, a décidé de passer à l’offensive: "Cette fois, nous sommes face à une entreprise de fichage systématique de citoyens à des fins personnelles, s’insurge-t-il. C’est presque plus grave que l'affaire Rebelle. Je saisis dès maintenant le président le président de la CNIL, Alex Turk, pour qu’il demande à la DCRG (Direction Centrale des renseignements Généraux), de lui transmettre tous les documents qui ont trait à toutes ces affaires Il faut que les citoyens sachent ce qu’on leur prépare…."

 
"Voyez avec la préfecture de police"
A la suite de la parution de l'article sur nouvelobs.com, l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a refusé de commenter mercredi ces informations, renvoyant à la préfecture de police.
"Voyez avec la préfecture de police de Paris, nous, on ne s'occupe pas de çà", a indiqué l'entourage du candidat, refusant de dire si la démarche policière lui paraissait justifiée ou excessive. "Voyez avec la préfecture de police quelles sont les mesures mises en oeuvre quand il y a un autre candidat dans un autre quartier", a-t-on indiqué.

Léna Mauger
(cet article est publié dans le Nouvel Observateur daté du jeudi 1er février 2007)

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Published by FARAVEL - dans Carton Rouge !
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