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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 09:16
Le manifeste des maires de banlieue
Regroupés au sein de l'association Ville et Banlieue, ils mettent en avant leur expérience.
Par Tonino SERAFINI - Libération - jeudi 8 février 2007
Regroupant 120 communes de toutes tendances politiques, l'association Ville et Banlieue s'invite dans la campagne présidentielle. Elle a publié, mardi, un manifeste à l'intention des candidats à l'Elysée, pour rappeler à leur souvenir les émeutes urbaines de l'automne 2005 et leur dire qu'ils n'ont «pas pris la mesure du mal».  «Le problème des banlieues n'est pas celui de nos villes, mais a minima celui de la France», pointe l'association, suggérant de tirer parti de 20 ans d'expérience de terrain, pour «réparer» les multiples «inégalités» qui font le «quotidien de leurs communes».  Libération a demandé à quatre de ces élus de détailler leur expérience.
Pierre Cardo
Maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines)
Eviter une offre d'habitat monolithique
«Le renouvellement urbain n'est qu'un outil parmi d'autres pour tenter de rééquilibrer nos villes caractérisées par une offre d'habitat monolithique. À Chanteloup-les-Vignes, nous avons 70% de logements sociaux. Nous faisons partie de ces communes de banlieue qui accueillent les populations les plus en difficulté. Néanmoins, même dans nos quartiers, certaines familles connaissent une ascension sociale et aspirent à un parcours résidentiel. Certaines souhaitent accéder à la propriété, d'autres devenir locataires dans le parc privé. Si ces ménages ne trouvent pas dans nos communes ce type de logements, elles iront habiter ailleurs. Or ces sortants sont souvent des gens très impliqués dans la vie associative locale, cruciale pour nos quartiers. Les laisser partir reviendrait à se priver d'une ressource essentielle. À Chanteloup-les-Vignes, nous menons un projet de construction de 500 logements : du pavillonnaire, de la maison de ville, du petit résidentiel et des logements sociaux neufs. Ne rêvons pas : les cadres supérieurs ne vont pas venir s'installer dans nos banlieues. Mais notre réussite dépend aussi de la volonté des villes dépourvues de logements sociaux d'en construire, pour que l'accueil des familles modestes ou en difficulté n'incombe pas à nos seules communes.»
Stéphane Gatignon
Maire (PCF) de Sevran (Seine-Saint-Denis)
Pour une taxe d'habitation unique mieux redistribuée
«Sevran, commune de 51 000 habitants, a un budget de fonctionnement de 25 à 30% inférieur à des villes de taille comparable. Pourtant, dans nos communes, nous consacrons des crédits importants à l'aide au paiement des cantines scolaires pour les enfants de familles modestes. On subventionne les centres de santé fréquentés par les habitants de quartiers d'habitat social où il reste très peu de médecins. Il nous faut aussi financer des politiques indispensables au maintien du lien social, comme les aides aux associations sportives et culturelles. Nos recettes fiscales proviennent pour l'essentiel de nos habitants majoritairement modestes, auxquelles s'ajoutent les dotations d'État. À Sevran, les gens payent une taxe d'habitation plus élevée qu'à Neuilly-sur-Seine. Il faudrait instituer une taxe d'habitation unique au niveau régional ou national, et la redistribuer afin que chaque ville obtienne le minimum indispensable pour vivre. La dotation globale de fonctionnement (DGF) versée par l'État aux communes doit obéir à une péréquation tenant compte des ressources et des charges de chaque collectivité. Sans ces réformes, des villes comme Sevran seront totalement ingérables dans 2 ou 3 ans
Maurice Charrier
Maire (refondateur PCF) de Vaulx-en-Velin (Rhône)
Des pôles d'excellence dans l'éducation
«Nous avons mis en place l'action "coup de pouce" pour les enfants du cours préparatoire qui ont des difficultés dans l'apprentissage de la lecture. Le parti pris pédagogique consiste à leur donner le goût de la lecture par le biais du jeu: 100% des enfants qui entrent dans le dispositif en début d'année savent lire en fin d'année scolaire. "Coup de pouce" fait la démonstration que, dans nos communes où pèse le handicap culturel et social, on peut conduire des enfants à la réussite. Pour les jeunes les plus en difficulté, il y a la nécessité de les accompagner individuellement pour prévenir la rupture scolaire. Il faut absolument éviter qu'à la fin de la scolarité obligatoire un enfant se retrouve à 16 ans sans aucune orientation. Pour eux, il faut établir des passerelles avec le monde professionnel
Manuel Valls
Député-maire (PS) d'Evry (Essonne)
Faire de la sécurité une priorité
«À Evry, 53 000 habitants, j'ai fait de la sécurité et de la lutte contre la délinquance une priorité. Après mon élection en 2001, j'ai mis en place une politique de sécurité et de prévention qui s'appuie sur une police municipale dont j'ai doublé les effectifs. Elle compte 32 personnes, dont nous ne cessons d'améliorer la formation. Elle a un rôle d'écoute, de dialogue avec les associations, les bailleurs, les gardiens d'immeubles... Elle vient aussi en soutien à la police nationale. La police municipale a pour avantage la continuité, car il n'y a pas de turn-over d'effectifs comme dans la police nationale. Nos policiers municipaux habitent nos quartiers, ce qui permet d'établir des rapports de confiance avec les gens. À Evry, elle joue le rôle d'une police de proximité, la police nationale se concentrant sur des missions d'ordre et d'enquête judiciaire. Pour l'avenir, soit on acte que la police de proximité, c'est la police municipale, mais l'État devra donner des moyens financiers aux communes pour assumer cette charge. Soit on rétablit une police nationale de proximité, mais dans ce cas il faudra cibler les quartiers de la politique de la ville. C'est là qu'il faudra mettre les effectifs. Autrement, on disperse les policiers et on aura aucune efficacité. Ce serait de la poudre aux yeux

Les 12 points du manifeste :

Instaurer une péréquation financière nationale et locale permettant aux villes de banlieue, ayant sur leur territoire les populations les plus pauvres, d’offrir à leurs habitants un service public local comparable à la moyenne des villes françaises.

Mettre les banlieues, au-delà de la politique de la ville, dans la logique de l’aménagement du territoire et du développement dès 2007.

Faire des villes de banlieue, à l’occasion de leur renouvellement urbain, des villes phares de l’habitat et du développement durable.

Accorder une priorité nationale à la desserte des villes de banlieue mal reliées aux réseaux efficaces de transports en commun.

Redessiner des intercommunalités proches de la réalité des bassins d’emploi et d’habitat, pour lisser les disparités dans les agglomérations, au lieu de favoriser les regroupements ségrégatifs, comme souvent en Ile-de-France.

Appliquer la loi SRU (article 55) pour développer l’offre de logements sociaux accessibles dans toutes les communes des agglomérations. Privilégier fiscalement les communes qui bâtissent. Etendre le renouvellement urbain aux quartiers d’habitat indigne.

Rapprocher quartiers en difficulté et pôles de richesse économique par des programmes ciblés de formation professionnelle et des dessertes efficaces. Lever les blocages administratifs et financiers à la création de petites entreprises, et les accompagner.

Faire de la lutte contre l’échec scolaire une cause nationale. Créer des collèges et lycées d’excellence en banlieue, des internats éducatifs dans chaque agglomération.

Remettre en activité la police de proximité, faire évoluer la formation de la police, retisser des liens de confiance avec la population. Développer les systèmes alternatifs à l’incarcération, les sanctions éducatives, tout en s’attaquant à la rénovation des prisons.

Soutenir ceux qui concourent à faire de la banlieue le symbole des mixités réussies. Défendre la laïcité des espaces et des services publics pour promouvoir une société ouverte, démocratique, fraternelle, tournant le dos aux formes diverses de séparatisme culturel.

Promouvoir les villes de banlieue qui font de la lutte contre toutes les discriminations une priorité politique, en donnant l’exemple dans leurs services municipaux et dans leurs villes.

Rassembler dans un ministère des Territoires, la Ville, le Logement, l’Aménagement du territoire et la Direction générale des collectivités locales.

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Published by FARAVEL - dans Société
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