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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 11:31
Les vacances ont cela de bon qu'on peut profiter de moments de répits et s'attaquer en pleine détente aux bouquins qu'on vous a offert quelques semaines plus tôt.
Je m'attaque donc depuis quelques temps aux BD que j'ai trop longtemps laissées de côté, et que mon épouse m'a positivement dénichées pour mon anniversaire.

Mon coup de foudre de la semaine s'est donc porté sur "Les Mauvaises gens" d'Etienne Davodeau, primé au festival d'Angoulême de 2006.
Voilà un beau livre que je qualifierai avant tout de touchant et d'humain. Les auteurs de bandes dessinées évitent souvent les "histoires vraies", alors un dessinateurs qui prend pour scénario la vie militante de ses propres parents, c'est le comble.
C'est peu de dire que le sujet est traité avec respect et sans voyeurisme ou nombrilisme ; jusque dans son dessin l'auteur s'est appliqué à un certain "devoir de grisaille" qui doit concerner les choses sérieuses et seul permet la transmission d'un message en profondeur.

Ce livre par ailleurs a le mérite d'éclairer un parcours, un petit pays, et dans ce pays des gens qu'on oublie toujours car ils ne cadrent avec aucune des mythologies dominantes de l'hexagone.
On connaît les bons catholiques de l'ouest français, qui vont à l'église plutôt deux fois qu'une et mettent leurs enfants à l'école privée (parce qu'il n'y en a pas d'autres souvent de toute manière) - et on les classe rapidement dans la catégorie des chouans aliénés et villieristes ; on connaît la classe ouvrière qui lutte avec la CGT dans les grandes agglomérations industrielles, chante l'internationale et se faisait manipuler par le PCF.

Et bien voilà qu'Etienne Davodeau rappelle la vie, difficile, d'une classe sociale qui a mis plus longtemps encore que les autres acquérir sa conscience et sa dignité dans la deuxième moitié du XXème siècle : les ouvriers catholiques du Choletais.
Soumis à une société conservatrice, écrasée par une Eglise romaine traditionnelle alliée à des patrons qui n'ont de paternalistes que la mauvaise, ces jeunes gens ont dû tout apprendre et tout construire en une vie, sans rien renier, de leur foi, de leur identité, pour retrouver leur diginité et s'inventer un nouvel avenir, affronter sans doute de nouvelles désillusions, là où ailleurs en France la classe ouvrière avait mis plusieurs générations.
Cette histoire de prêtres ouvriers, de jocistes, de cédétiste de base, d'une classe ouvrière qui porta le socialisme français au pouvoir en 1981 est un fort rappel à l'ordre pour le petit protestant socialiste que je suis - finalement c'est tellement plus facile pour moi, que ces gens ne peuvent que forcer le respect.

Ce livre sonne pour moi comme un rappel salutaire qu'il ne faut pas se tromper de camp et qu'il est des camarades qu'on ne saurait trahir ni la mémoire, ni leurs enfants.
Le 22 avril 2007 sonne ainsi comme un rendez-vous à honorer, le combat continuera après.

Frédéric FARAVEL

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Published by FARAVEL - dans Livres
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