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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 10:18
Mme Royal sur Airbus : "Non seulement l'État peut faire, mais doit faire"
LE MONDE | 02.03.07 | 15h13  •  Mis à jour le 02.03.07 | 15h13
MONT-DE-MARSAN (Landes) ENVOYÉE SPÉCIALE

êtue de rouge et de noir, couleurs familières dans une région proche de l'Espagne, Ségolène Royal a concentré son discours, jeudi 1er mars, à Mont-de-Marsan, sur le "séisme (qui) menace notre pays et plus largement l'Europe" : Airbus, qui a annoncé la suppression de 10 000 emplois et la fermeture de deux usines en France. "L'actuel gouvernement est responsable de ce désastre", a attaqué la candidate socialiste en dénonçant, devant plusieurs milliers de personnes, son rôle d'actionnaire inopérant "à réagir".

"Ce gouvernement de droite a scandaleusement déstabilisé cette entreprise par des nominations politiques à sa tête", a-t-elle poursuivi en citant "un certain M. Forgeard, ancien conseiller du pouvoir, remercié ensuite avec 2 millions d'euros sans compter les actions et les stock-options". Puis est venu le tour de l'actionnaire privé, "le groupe Lagardère, si proche du pouvoir, qui s'est opportunément désengagé quelques semaines avant l'annonce des retards sur l'A320" (en fait, l'A380). Là aussi, aux yeux de Mme Royal, la puissance publique a failli : "Il faut, a-t-elle souligné, que le gouvernement remette cet actionnaire devant ses responsabilités sur les territoires où l'entreprise s'est installée. Non seulement l'État peut faire mais doit faire."

L'État peut... C'est le message que Mme Royal a martelé jeudi soir, autant pour montrer la "cacophonie""candidat de l'UMP qui affirme, mais cela évolue paraît-il, que l'État ne peut rien faire" que pour gommer la déclaration d'impuissance d'un Lionel Jospin, lequel avait lâché, en 1999, à propos de Michelin : "L'État ne peut pas tout"... Il y a, dans chaque campagne, des dossiers plus symboliques que d'autres, et Airbus, fleuron de l'industrie européenne, en est un. "L'enjeu de cette élection présidentielle, a appuyé Mme Royal, repose sur un choix clair : un État impotent, impuissant ou au contraire, un État fort qui assume ses responsabilités." "Avec moi, a-t-elle ajouté crânement, l'État sera fort." Il fera le tri, a-t-elle précisé, "entre ceux que nous aiderons et ceux que nous n'aiderons plus".

"FRANCE NEUVE"

Et pour mieux souligner sa différence, la candidate a insisté sur le volontarisme politique en prenant pour modèle l'Europe du Nord. "Le moment est venu d'accomplir une révolution dans la gouvernance des entreprises et que les salariés siègent aux conseils d'administration pour tirer la sonnette d'alarme et forcer les dirigeants à anticiper", a-t-elle souligné, en vantant les mérites d'un "syndicalisme de masse". Tout en s'engageant à "faire prévaloir la stratégie industrielle sur la stratégie financière", Mme Royal a promis de "remettre à plat ce dossier avec les Allemands et les Espagnols", partenaires d'Airbus. Le sujet sera au centre de sa rencontre la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin le 6 mars. "Les États européens doivent recapitaliser de façon stable cette entreprise pour éviter la fermeture des usines", a-t-elle insisté.

Mais la candidate connaît aussi l'histoire. Et là où M. Jospin, dans un autre dossier sensible, celui de l'entreprise LU, en mars 2002, n'avait pas su trouver les mots devant les caméras de télévision, face aux employés du groupe, elle a pris soin, jeudi soir, de "rendre hommage aux salariés, aux ingénieurs de talent, aux chercheurs qui se sentent humiliés, déconsidérés" chez Airbus.

C'est "une France neuve" que Mme Royal promeut, qui lui permet de fustiger le bilan du "candidat sortant", Nicolas Sarkozy, et de celui "qui gouverne avec la droite dans toutes les assemblées locales", François Bayrou. "Il y en a qui cherche à brouiller les cartes, a-t-elle accusé. Mais on ne peut pas conter fleurette à la gauche et rentrer chez soi en courant. (...) Le juste milieu conduit à l'inaction, aux compromis mous...". Le meeting, qui s'est tenu en présence de nombreux élus, dont Henri Emmanuelli, président du conseil général des Landes, n'aurait pas été complet sans un petit couplet sur les médias "qui disent tous les jours : à quoi sert la politique ?" Un succès de salle facile et assuré.


Isabelle Mandraud

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