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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:00

Comme beaucoup, je partage l'immense satisfaction et bonheur d'avoir vécu, après 31 années d'attente, l'élection d'un président de la République socialiste. Dimanche soir, à la Bastille, la foule est venue pour dire qu'elle était à nouveau fière de notre pays, d'une France où les classes moyennes et populaires ne seraient plus méprisées, d'une France qui pouvait assumer le rassemblement de toutes les origines de ces citoyens dans la République, d'une France qui jette plus à la vindicte publique ceux qui sont victimes de la crise et de la mondialisation…

Hollande_Tulle.jpgFrançois Hollande, président élu, va avoir fort à faire et il faut dès aujourd'hui avoir une analyse un peu claire du scrutin présidentielle pour envisager la manière de construire la nouvelle majorité et d'engager l'action gouvernementale.

Premier enseignement et une bonne nouvelle…

La campagne à l'extrême droite de Nicolas Sarkozy n'a pas payé. Les reports de voix des électeurs de Marine Le Pen vers le président sortant sont restés autour de 50 % ce qui est un niveau « classique » entre les deux tours d'une élection du FN vers la droite.

La démonstration est faite que le discours nationaliste sur les frontières, l'immigration, la stigmatisation de l'étranger n'a pas réussi à amplifier les reports de voix de l'extrême droite à son endroit. Par contre, l'orientation austéritaire défendue par l'UMP et conçue par le président sortant lui a permis d'éviter l'hémorragie qu'il redoutait de la part de l'électorat centriste. Plus de 40 % électeurs du MODEM restent donc fortement tournés vers des politiques économiques libérales et conservatrices, plus de 30 % ont choisi l'abstention ne résolvant pas à voter pour un candidat qui s'opposait – même modérément – au « tout austérité ».

C'est le deuxième enseignement de cette élection : comme je le disais le 23 avril dernier, il n'existe pas de réelle force politique centriste en France.

Le vote personnel de François Bayrou n'a pas modifié les reports de voix tels que nous les connaissons depuis 2007 à toutes élections, et tels que les études d'opinions l'annonçait avant sa déclaration. Moins de 30 % ont choisi de voter pour François Hollande comme leur candidat du 1er tour, préférant la référence à des valeurs républicaines communes plutôt que la rectitude d'un programme d'austérité.

Il n'y a donc pas à chercher de ce côté-là un renfort ou une possibilité d'accord – pour ceux qui l'auraient imaginer – pour les législatives des 10 et 17 juin, alors même qu'elles pourraient s'avérer plus complexes qu'envisagé. Le vote de Bayrou a fini de déliter ce qui restait des solidarités centristes et des illusions d'un centre réellement indépendant ; le MODEM de 2012 ne pourra pas – si certains y pensaient – être le CDS ou le groupe parlementaire UDC de 1988 (politiquement il ne s'y conformera pas car trop divisé, si jamais ce parti obtient malgré sa situation délicate des députés).

Le troisième enseignement c'est que la bataille des législatives sera déterminante.

Avec un résultat de 51,62 % des suffrages pour François Hollande, obtenus dans un contexte politique de rejet profond et ancré du président sortant, ce résultat est confortable pour le nouveau président de la République (plus d'un million de voix le séparent de Nicolas Sarkozy), mais il pourrait ne pas permettre à lui seul d'assurer une majorité parlementaire absolue au Parti Socialiste et à Europe Écologie / Les Verts, les deux partis qui devraient constituer le cœur de la nouvelle majorité présidentielle.

Examinons les choses froidement :

  • L'illusion de l'alliance au centre qui fait perdre tant de temps dans les débats du PS s'avère une impasse tant politique qu’arithmétique ;
    Nous ne pouvons pas compter sur l'effondrement de l'UMP et les triangulaires avec le FN :
    • c'est une posture politique immorale (même si cela n’embarrasse pas tout le monde) ;
    • c'est une posture politique irresponsable pour la santé de la démocratie française ;
    • c'est une posture politique imprudente (les législatives ont rarement été favorables au FN – qui peine à dépasser les 12,5 % d'inscrits – et il n'est pas encore écrit que l'UMP ne soit pas capable de reporter au 18 juin les règlements de compte internes) ;
  • Nos autres partenaires politiques naturels sont ceux du Front de Gauche, qui ont su créer une dynamique avec 11,2 % des suffrages sur le nom de Jean-Luc Mélenchon, ceux avec qui nous gérons de très nombreuses collectivités (certains maires ou candidats communistes & app. ont donné d'ailleurs des consignes de vote en faveur de François Hollande extrêmement explicites) ; nous devons convaincre de passer de la tentation d'une opposition constructive à un soutien au pire sans participation, l'idéal étant de construire une réelle majorité parlementaire commune pour transformer notre pays et réorienter la construction européenne.

jean-luc melenchon-3-3-7744eLa première des étapes – dans les jours qui viennent – est de faire aboutir les discussions en cours sur la question de candidatures communes, là où le FN s'avère menaçant. Plus généralement, il faut discuter ensemble de toutes les circonscriptions où un candidat de gauche pourrait être mis en difficulté par ses adversaires de droite ou d'extrême droite, et des circonscriptions que nous espérons ravir à la droite mais qui pourraient s'avérer plus difficiles. Il y aura du donnant-donnant : les camarades doivent bien être conscients qu'on échangera pas le soutien aux candidats socialistes sur certains territoires sans contrepartie.

Pour construire une majorité de gauche – pour reprendre les termes de François Hollande lui-même – il convient de ne pas transformer le sentiment de fierté de la victoire en arrogance vis-à-vis de nos partenaires : l'accord de majorité parlementaire PS-EELV ne saurait être remis en cause ; nos camarades doivent savoir aussi ne pas faire de provocation anti-communiste primaire (comme cela arrive encore parfois) en comptant renverser – au risque d'une victoire de la droite – un député communiste sortant ou en annonçant pour 2014 une primaire à gauche aux municipales (au demeurant, ce dernier pari pourrait s'avérer très risqué dans le cadre d'un mouvement de balancier lors des élections locales).

De la situation générale et des résultats de la présidentielle, nous devons tirer quelques conséquences.

Le rejet de Nicolas Sarkozy a beaucoup contribué à l'élection de François Hollande ; lors des législatives, à droite, comme à notre gauche, nos adversaires et nos partenaires peuvent faire des scores qui pourraient nous surprendre.

Mai 2012 n'est pas comparable à mai 1936 ou mai 1981, l'exercice de l’État ayant laissé quelques traces, entre réussites et désillusions. Mais si l'espoir de l'accession prochaine de la gauche au pouvoir n'est pas aussi naïf qu'il y a 31 ans, les attentes de nos concitoyens vis-à-vis de la nouvelle présidence de gauche n'en sont pas moins importantes, tant les solidarités républicaines ont été défaites pendant 10 ans. L'état de grâce – si jamais il existait – n'en sera que plus court, car les Français seront réalistes mais exigeants.

Et l'équilibre sera difficile à trouver entre la responsabilité du redressement financier du pays, traduit aujourd'hui dans l'objectif affiché du retour à l'équilibre budgétaire en 2017 (ce qui ne saurait être une fin en soi), et la nécessité revendiquée de reconstruire les services publics ou de restaurer l'autonomie et les marges de manœuvre des collectivités territoriales, par exemple.

presseetrangere7mai2012.jpgL'Europe – d'aucuns pensent le monde – attendait avec impatience le 6 mai 2012. Nous avons une responsabilité à tenir vis-à-vis de nos partenaires institutionnels et de nos concitoyens européens. Face à des gouvernements conservateurs affaiblis (et plus encore affaiblis par la défaite de Nicolas Sarkozy) mais très largement majoritaires, l'exigence légitime d'une volonté de croissance dans les affaires européennes ne suffira pas. Malgré les changements de pieds de Draghi ou Rajoy, tout le monde sait que « politiques de croissance » n'a pas la même signification dans leurs bouches et dans les nôtres : les uns parlent de réformes structurelles, de libéralisation accrue des marchés, d'assouplissement du code du travail ; nous parlons de relance de l'investissement, d’infrastructures, de recherche, d'innovation…

Rapidement, nous nous rendrons compte de la nécessité – y compris pour faire progresser nos camarades de gauche dans les autres États membres – d'être plus offensifs encore sur le plan européen… par nécessité pour la survie de l'union européenne, mais aussi pour ne pas sombrer dans des compromis technocratiques émollients. Au-delà d'un chapitre « croissance », nous allons avoir besoin d'un vrai budget européen, avec des recettes autonomes et dynamiques, nous allons devoir ouvrir sérieusement le dossier de la mutualisation des dettes souveraines et des eurobonds, rouvrir le chantier des statuts de la BCE, et aussi réintroduire dans la construction européenne la notion de souveraineté populaire en créant une véritable démocratie européenne, afin que les peuples ne se sentent plus à l'écart ou dépossédés de leur destin.

AubryDuflotÀ ce titre, une leçon doit être retenue des trois années du mandat de Martine Aubry comme Première Secrétaire du PS. Au sein du PSE, aux côtés de Poul Nyrup Rassmussen, elle a défendu fièrement et ouvertement les orientations du PS sur le refus de l'austérité, l'exigence du « juste échange » et le renforcement de la démocratie européenne. Auparavant, le PS avait intériorisé une posture de minoritaire au sein du PSE, défendant des positions qu'il pensait être de compromis avant de devoir reculer encore. Entre les deux postures, qui pensez-vous avoir obtenu les meilleurs résultats ? En trois ans, Martine Aubry et Poul Rassmussen ont fait adopter par les social-démocrates européens des positions que d'aucuns auraient considéré impensables auparavant. Je lisais dans Libération ce matin, que l'un des responsables social-démocrate polonais considérait le PS français comme la formation politique la plus intéressante du PSE, citant pour démonstration les 35 heures. Qui l'aurait imaginé ?

Je suggère que nos dirigeants suivent donc l'exemple européen de Martine Aubry en l'adaptant. Cela fera progresser l'Europe, cela fera progresser le PSE, cela fera progresser le rassemblement de la gauche en France.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Val-d'Oise en charge des relations extérieures

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