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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 12:58

Le président et le gouvernement de la République se doivent évidemment de tracer des perspectives à long terme pour que leur action ne soit pas une simple administration ou cogestion à court terme et courte vue d'une situation donnée, enfermée dans le carcan du capitalisme financier mondialisé.

Ainsi, les critiques émises par l'UMP et ses principaux responsables sont non seulement un mauvais procès mais tombe à plat. Il est évident qu'elle ne partage pas une partie des orientations mises en œuvre par le gouvernement, mais elle ne peut tirer argument du séminaire du lundi 19 août 2013 à l’Élysée pour démontrer que celui-ci serait incapable de résoudre les problèmes actuels et quotidiens des Français se résolvant à une manœuvre dilatoire, car :

  • - non seulement elle s'est déjà elle-même prêtée à ce type d'exercice ;
  • - la résolution des défis du pays d'aujourd'hui serait impossible sans la considérer dans un projet plus large.

La question de savoir s'il s'agit en fin de compte d'une bonne opération de communication politique est par ailleurs un sujet totalement différent et parfaitement secondaire.

la-france-de-2025_4007987.jpgÀ la veille de l'élection présidentielle, François Hollande avait publié un petit livre de dialogue avec Edgar Morin. Ce dernier disait : « On ne peut rétablir confiance et espérance que si l'on indique une voie nouvelle. Pas seulement la promesse de sortir de la crise mais aussi de changer la logique dominante. » Et celui qui allait devenir Président de la République lui répondait : « La politique ne se réduit pas à la bonne intendance de l'économie. On semble avoir oublié, pendant les dernières décennies, la politique a trop abdiqué devant l'économique. » Nous pouvons donc constater que le président de la République revient donc à une intuition plutôt juste en proposant de travailler à l'état de la France pour 2025.

Cela implique cependant de savoir penser les ruptures nécessaires pour imprimer une logique différente de celle qui nous conduit actuellement à accélérer la diminution des dépenses publiques sans parvenir pour autant à résorber nos déficits, et du même coup à mettre à mal les services publics et donc la cohésion sociale (pourtant l'un et l'autre facteurs de croissance économique). L'exercice mis en musique hier à l’Élysée par le gouvernement touche évidemment sa limite lorsque l'on sait que l'essentiel du travail sera fourni par la commission de prospective, dirigée par M. Pisani Ferry. valls_19-08-2013.jpgOr la prospective est un exercice faussé qui oublie l'improbable, l'inattendu et l'imprévu et qui amène une autorité à se croire exonérer d'élaborer et de porter un projet politique (les sorties de Manuel Valls sur la justice puis sur l'immigration posent d'ailleurs question sur le niveau du partage d'un même projet entre certains membres du gouvernement). C'est l'aveu que le nouveau pouvoir avait oublié l'avertissement d'Edgar Morin. Qu'il manquait de vision, d'ambition, d'audace.... Bref, qu'il gouvernait au jour le jour. En somme, qu'il était tombé exactement dans ce piège qui menace toujours ceux qui sont passés aux affaires.

Rien n'est perdu pour autant et c'est pour cela qu'il faut impérativement analyser ce qui manque dans le travail actuel pour permettre à la gauche au pouvoir de donner suffisamment de perspectives aux attentes du pays et du peuple de gauche, pour l'emporter à nouveau en 2017.

Résoudre le manque de cohérence financière

Malgré le plan d'investissements d'avenir, il paraît aujourd'hui évident que l'investissement public est appelé dans les circonstances actuelles à diminuer. En effet, les baisses annoncées des dotations aux collectivités territoriales impliquent que celles-ci auront à la fois moins de marges de manœuvre pour assurer leur rôle de bouclier social essentiel en période de crise économique mais aussi moins de capacité à jouer leur rôle d'acteur économique (alors qu'elles assurent 60 à 70 % des investissement publics dans le pays).

Résoudre le manque de cohérence territoriale :
projets-prioritaires-et-projets-reportes-selon-les-preconis.jpgIl n'est pas pertinent de se limiter à additionner les projets engagés en divers points du territoire national (le renforcement de la municipalisation du PS a amené certains de ses élus à croire qu'on disposait d'un projet pour le pays quand on consolidait les projets locaux ou qu'on tentait de les généraliser à l'échelle nationale, alors que les deux natures sont foncièrement différentes). Il est plus que jamais nécessaire d'interroger leur opportunité et surtout leur capacité à faire système, donc à créer un dynamique.

Si le rapport de Philippe Duron (Maire de Caen, président de l'agglomération Caen-la-Mer et député, spécialiste de longue date des questions de transports) propose de mettre enfin terme à une logique du tout TGV pour se réorienter vers la réponse aux besoins de transport quotidiens des habitants et de maillage du territoire, le cas problématique du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes démontre par exemple qu'on interroge insuffisamment la pertinence des fonds engagés dans cette infrastructure, dont on peut raisonnablement douter de l'utilité au regard des infrastructures existantes dans l'Ouest français et leur capacité à monter en charge.

Fessenheim.jpgDe même, comment peut-on sérieusement engager la transition énergétique avec pour seul discours/symbole la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2016, tout en continuant d'investir massivement dans l'entretien du parc nucléaire et la recherche pro-nucléaire ? Et ceci, sans jamais réfléchir aux nécessaires démantèlement à venir, sans jamais renforcer de manière conséquente l'investissement dans la recherche et l'industrialisation des énergies renouvelables…

Résoudre le manque de cohérence européenne

Comment engager la transition écologique sans remettre en cause le modèle actuel de la PAC ? Celui-ci oscille sur un postulat pernicieux de productivisme agricole mâtiné de préservation des paysages. Elle pèse par ailleurs toujours plus lourdement en pourcentage sur un budget européen qui – déjà malthusien – vient d'entrer avec notre accord dans une logique austéritaire. Cette logique nous aliène ainsi une bonne part de nos partenaires européens et nous rend inaudibles sur d'autres sujets.

Comment engager la transition énergétique sans le faire de manière coordonnée à l'échelle continentale ? Tout en risquant en parallèle d'amoindrir encore la protection de nos industries, en s'engageant de la pire des manières dans la négociation d'un traité de libre-échange transatlantique.

Comment engager la réflexion à 10-15 ans sur l'avenir du pays sans commencement d'harmonisation fiscale et sociale des différents États de l'Union Européenne ?

Enfin, comment mener à bien les différents projets d'innovation et de transition indispensables à la cohésion et à la compétitivité européennes en maintenant en l'état les statuts de la Banque centrale européenne (BCE), qui l'empêchent de financer directement les investissements nécessaires ?

Réviser la relation des socialistes et de la gauche à l'exercice de l’État et du pouvoir

Ayrault_19-08-2013.jpgL'été 2013 a été marqué par un Président de la République omniprésent sur terrain, auprès des Français. François Hollande a souhaité donner l'image d'un président de la République qui s'occupe du quotidien mais il a curieusement laissé le Premier Ministre mettre en musique un séminaire gouvernemental sur l'avenir du pays à 10 ans.

Cette pseudo-inversion des rôles démontre la confusion qui existe à gauche sur le fonctionnement de nos institutions. Elle rappelle au demeurant que leur logique n'est pas non plus interrogées : plus personne ne parle de VIème République. Le "Président normal" était de toute évidence une stratégie de communication de campagne, elle permettait par ailleurs d'éviter le débat de fond sur nos institutions et l'état de notre démocratie ; le sujet est d'autant plus criant qu'on est désormais revenu à l'hyper-présidence induite par la Vème République réduite au quinquennat.

Enfin, la logique voudrait que ce soit le rôle du parti majoritaire, en l'occurrence le Parti Socialiste, de conduire l'exploration de l'avenir et de penser aux manières de transformer la société française, quand le gouvernement devrait être chargé de mettre en œuvre les engagements du candidat élu. Mais, ce dernier s'était déjà largement exonéré du projet socialiste patiemment élaboré de 2009 à 2011 ; il ne laisse aujourd'hui au Parti aucune marge de travail et de débat. La direction du PS est donc essentiellement chargée de l'anesthésie des militants (comme ce fut le cas de 1998 à 2001 avec un autre Premier secrétaire), la pâleur des intitulés des tables-rondes et ateliers prévus pour les universités d'été du PS en 2013 en témoigne.

Harlem_Desir_France_Info.jpgLa direction du Parti est aujourd'hui réduite à un rôle de porte-parole du gouvernement français ; elle n'est pas toujours bien inspirée, comme le prouve les sorties d'Harlem Désir qui apportent résonance à chaque provocation stériles de Jean-Luc Mélenchon et mettent maladroitement le PCF en demeure de rompre avec lui (alors que les municipales s'annoncent déjà complexes).

Il est grand temps que chacun reprenne son rôle et assume le débat et la nécessaire confrontation avec les logiques libérales et conservatrices qui se sont imposées depuis 20 ans en Europe. La Gauche ne saurait se contenter en France comme ailleurs d'être un moindre mal comparé à la violence prévisible des éventuelles réformes de la droite. Pour vaincre les populismes, les communautarismes et sauver la construction européenne de ses propres dirigeants, nous avons besoin de véritables ruptures.

Frédéric FARAVEL

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