Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 15:03
EURO ET GRÈCE : COMMENT SORTIR DE LA CRISE ?
Instaurer un mécanisme de stabilité financière est indispensable, par Pervenche Berès et Poul Nyrup Rasmussen

LE MONDE | 05.03.10 | 13h15

Le débat autour de la dette grecque doit marquer une étape critique dans les annales de la gouvernance économique européenne. Au rythme où vont les choses, il pourrait s'agir d'une occasion manquée : au lieu de considérer que nécessité fait loi pour exercer la solidarité européenne et créer enfin une forme de gouvernement économique, le Conseil et la Commission acculent le gouvernement et le peuple grecs au mur. Certains propos sur le laxisme grec opposé à la rigueur allemande laisseront des traces...

Les tergiversations autour de la mise en place d'une forme d'emprunt européen ont déjà fait apparaître pour certains le Fonds monétaire international (FMI) comme prêteur de dernier ressort, ébranlant ainsi les fondements mêmes de l'Union économique et monétaire (UEM).

Et lorsque l'on se retourne vers l'Union européenne, c'est la Banque centrale européenne (BCE) qui semble s'imposer comme l'institution crédible. Aujourd'hui, si l'ensemble des gouvernements ne prennent pas leurs responsabilités, le déséquilibre que nous constatons entre le pilier économique et monétaire de l'UEM pourrait être encore aggravé au profit de l'union monétaire.

La question grecque est européenne puisqu'elle signe l'échec du pacte de stabilité et de croissance comme outil de gouvernance de la zone euro. Il a laissé les divergences de productivité croître entre Etats membres, n'a pas permis à la zone euro d'atteindre sa croissance potentielle, n'a pas protégé les économies qui l'ont appliqué à la lettre (l'Espagne), n'a en rien évité la situation grecque et a permis d'éluder un débat sur les stratégies non coopératives de certains membres de la zone euro. Sa version révisée en 2005 devait renforcer son caractère préventif et mettre l'accent sur le critère de la dette...

La question de la soutenabilité des finances publiques est essentielle et les Grecs doivent mettre de l'ordre dans ce domaine, faire preuve de responsabilité. Mais ce qui se passe aujourd'hui en Grèce est une véritable attaque spéculative qui concerne toute l'Europe. Nous assistons à la troisième phase du grand krach : après le déclenchement d'une crise de liquidités le 9 août 2007, la chute de Lehman Brothers et une crise de solvabilité du système bancaire le 15 septembre 2008, le 5 février marque l'apparition d'une crise de solvabilité d'Etat. C'est parce que nous n'avons toujours pas remis les marchés financiers à leur place que les spéculateurs peuvent aujourd'hui attaquer la Grèce.

Pour les dirigeants européens qui n'ont eu de cesse de clamer leur volontarisme à moraliser les marchés, c'est le moment d'agir.

Les ministres des finances de la zone euro ne peuvent pas contraindre la Grèce sans l'aider. Ce qui a été fait pour des Etats en dehors de la zone doit être possible en son sein. L'idée qu'un pays de la zone euro ne puisse bénéficier du même type d'aide repose sur l'idée qu'un Etat appartenant à la zone euro n'a plus à être protégé de la pression des marchés sur sa balance des paiements. Mais l'attaque dont la Grèce est victime à travers l'intervention des agences de notation de crédit et des marchés rétablit cette exposition spéculative.

Nous proposons, sur la base de l'article 122 du traité de Lisbonne, la mise en place d'un mécanisme de stabilité financière géré par la Banque européenne d'investissement (BEI) afin de venir en aide aux Etats membres de la zone victimes d'attaques spéculatives. Ce serait la première étape vers la construction d'un marché européen de la dette souveraine qui permettrait à la zone euro d'être un espace aussi attractif pour les capitaux étrangers en quête d'investissements que le marché américain.

Ensuite, le peuple grec ne peut pas être appelé à faire des efforts considérables, pendant que Goldman Sachs continue à vendre tranquillement des CDS (credit default swaps) en Europe, où aucune transparence n'existe puisqu'il s'agit d'acteurs uniquement sous l'autorité des Etats-Unis.

La situation actuelle appelle à des actions immédiates : l'interdiction des ventes à découvert, en particulier des CDS, et la possibilité pour la future autorité européenne de supervision des marchés financiers de prendre ce type de décision. Cette interdiction doit s'accompagner de l'ouverture d'une enquête sur les conflits d'intérêt de la banque d'investissement Goldman Sachs. En tant qu'autorité de la concurrence, la Commission a les pouvoirs en main pour agir. Aujourd'hui, seule la Réserve fédérale américaine (FED) a annoncé devant le Congrès américain vouloir se pencher sur cette question.

La France est coupable de l'état de ses finances publiques, largement lié à des cadeaux fiscaux faits de manière inconsidérée par l'actuel gouvernement.

La coalition au pouvoir en Allemagne est coupable de penser qu'elle pourrait prospérer seule avec une stratégie d'exportation alors que ses partenaires seraient malades. L'Union économique et monétaire ne survivra pas à de tels égoïsmes.

Pervenche Berès est présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen ;
Poul Nyrup Rasmussen est président du Parti socialiste européen, ex-premier ministre du Danemark (1993-2001).
Article paru dans l'édition du 06.03.10

Partager cet article

Repost0

commentaires

Julia 11/05/2010 10:08



Bonjour Frédéric,


          je te remercie pour tes réponses, et pour ton invitation à rejoindre le parti socialiste, j'y songe; quel soulagement que d'avoir enfin un
écho , et une motion C qui veut récupérer notre création monétaire (car cette perte nous prive de...95 millirads d'euros ,chiffre 2009, soit la bagatelle de 40% du budget de l'état ); mince alors
! Toute politique qui fait l'impasse là-dessus est à mes yeux une politique de droite, qui laisse faire ce pillage de la moitié du budget de l'état ! Je vais voir sur le site que tu indiques,
pour être sûre que Benoît Hamon est très clair et tranchant sur cette question. Le nombre de commentaires qui tournent autour du pot dans la vague imprécision de bonnes intentions ,ras-le-bol !
du style "régulons la finance"....ce qui ne veut rien dire de précis. Je me sens beaucoup plus à gauche que le PS, mais parfois non.


Il y a une non-prise de position du PS qui m'exaspère, c'est la forte indulgence du PS vis à vis du fascisme politique des mollahs (Tariq Ramadan et Cie), et  que la Laïcité et les droits
des femmes soient bafoués sans que le PS ne dise mot; c'est se faire complice de l'intégrisme exporté en occident, dont le but est d'abolir la République pour instaurer la charia; il y a juste
Benoît Hamon qui a fait une petite déclaration discrète et sensée à ce sujet...j'hallucine sur ce presque silence, et surtout sur la position initiale du PS qui était d'être contre une loi; les
femmes représentent la moitié de l'électorat , et nous, que soit la burqa, les lapidations ou les mollahs, on n'en veut pas (pour TOUTES les femmes).


          Amicalement,


                     Julia.



Julia 10/05/2010 21:26



Bonjour, étant sympathisante, et abordant le PS par la Coopol, j'ai rencontré un seul programme prévoyant le création monétaire à zéro pourcent de la part de la BCE, c'est le programme GPS (le
seul que je trouve intéressant, clair, et bien foutu !)


Je ne savais pas que cela correspond à la "motion C" ,je n'y connais rien en motions; en revanche, je m'y connais en création monétaire ! (Enfin, un peu !)


Je vous invite à venir participer à mon groupe sur la Coopol intitulé "Quand l'Europe dévore ses enfants"; c'est grandiloquent, mais nécessaire pour réveiller les endormis.


              Amitiés d'une sympathisante, très contente d'avoir ENFIN un écho au sujet de la création monétaire. Merci !


                                   
Julia.



Frédéric FARAVEL 11/05/2010 09:19



Julia,


tu remarqueras que j'ai adhéré à ton groupe sur la Coopol ; je ne peux que t'inciter à adhérer au Parti socialiste pour y défendre formellement et fortement ton point de vue.


Tu peux retrouver les positions de la motion C, celle menée par Benoît Hamon, sur le site http://www.unmondedavance.eu/ avec notamment les analyses de Liem Hoang Ngoc, député européen, économiste
à Paris I et au CNRS.


Amitiés socialistes,
Frédéric Faravel



Julia 09/05/2010 13:08



Vous faites l'impasse totale sur la création monétaire. L'usurpation de notre création monétaire nous coûte 150 millions d'euros par jour; et bien sûr, vous n'en parlez pas; le pillage des Etats
Européens est programmé via l'article 123 du traité de Lisbonne ,(article 104 du traité de Maastricht); cette disposition a créé de toutes pièces en France une dette de 1489 milliards
d'euros(chiffre fin 2009) , qui n'existerait pas si nous avions gardé notre création monétaire. Vous ne le dites pas.


Vous vous appliquez à gérer des symptômes de cet interdiction de création monétaire : le chômage, la sécu, les salaires, la misère sociale....


Quand on autorise le pillage massif des pays par milliards, oui, il est normal que le résultat soit une Europe déliquescente. Alors, ne faites pas semblant de vous pencher sur le malade;
guérissez la cause, et imposez à la BCE une création monétaire à ZERO pour cent. Seulement cela , au PS, personne ne veut en entendre parler ! Les pauvres ,ça fait un fond de commerce ?



Frédéric Faravel 10/05/2010 09:18



Je suis assez d'accord avec toi Julia...


Le PSE reprend lentement contact avec les réalités économiques débarassées des illusions sociales-libérales. Il faut le temps que cela fasse son chemin. Ce que tu décris est la position défendue
par les camarades de la motion C du Parti socialiste.