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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 06:53

Tous les matins entre 6h45 et 9h, j'écoute avec attention France Inter... La qualité des émissions de la station publique n'est pas contestable, malgré la dérive autoritaire qui avait marqué l'arrivée de Jean-Luc Hess et de Philippe Val à la tête de Radio France et de la principale antenne de celle-ci.

Cependant, je ne peux que constater avec déplaisir que mon agacement s'accroît à mesure que nous nous entrons dans la période de la campagne présidentielle. Toutes les chroniques, tous les commentaires de journalistes parfois chevronnés (ce qui porte à se demander sur la qualité du chevronnage de nos écoles de journalisme) tendent à avancer dans le même sens, celui d'une ambiance sociale-libérale, si tant est que l'on puisse encore dire qu'il y a quelque chose de social dans l'affaire... ah si je suis mauvaise langue : nous avons eu tout de même droit à un traitement "compassionnel" des débats en cours entre la commission européenne et et le conseil des ministres sur la question de l'abondement de l'aide alimentaire dans l'Union.

En fait, mon agacement m'a donné l'idée de ce petit article en entendant hier matin la chronique "politique" de Piotr Smolar, journaliste au Monde, régulièrement invité par Audrey Pulvar. Notre chroniqueur dénonçait une "gauche conservatrice" qui se serait donnée en spectacle lors du premier débat télévisé des Primaires Citoyennes, car jouant selon lui sur les recettes et solutions habituelles des socialistes pour "séduire" l'électorat traditionnel du Parti Socialiste - les enseignants notamment. Piotr Smolar attend donc des socialistes des propositions iconoclastes, non au regard du mainstream politique et du cours du monde tel qu'il va actuellement, mais au regard de la pensée socialiste. Bref Piotr Smolar demande aux socialistes de ne pas être socialiste. Selon ce critère, il y a fort à parier que bientôt seul Manuel Vals puisse trouver grâce aux yeux de tels commentateurs, puisqu'il est le seul à s'éloigner des principes traditionnels de la gauche républicaine. Et Audrey Pulvar d'ironiser sur le courage en politique: "Oh là, vous en demandez trop, Piotr...", bel exemple de message discréditant l'ensemble des responsables politiques sans distinction, c'est dommage de la part d'une journaliste qui recevait jusqu'ici tous les compliments possibles et qui avait reçu le "soutien" unanime de tous les responsables politiques pour son éviction de l'antenne d'I-télé et son éloignement sur France Inter, lorsqu'Arnaud Montebourg avait déclaré sa candidature à la primaire.

Donc selon Piotr Smolar et Audrey Pulvar, il n'y aurait eu aucune proposition en rupture lors de ce débat, c'est faire peu de cas des propositions suivantes :

  • la légalisation du cannabis par Jean-Michel Baylet, même si certains peuvent considérer qu'il s'agit d'une proposition accessoire ;
  • les propositions finalement assez précises de Montebourg sur la démondialisation ;
  • les propositions très claires et courageuses de Martine Aubry sur la sortie du nucléaire, la fin du cumul des mandats pour les parlementaires (bien qu'Audrey Pulvar et Piotr Smolar nous expliquent après avoir dit que c'était important, que la résolution du PS et d'Aubry sur ce sujet serait insignifiante et n'engagerait que ceux qui y croirait, alors même qu'on a vu les handicaps qu'Aubry rencontrent avec les élus locaux pour assumer courageusement cette proposition), une ligne claire sur la politique économique et budgétaire pour la croissance...

Ajoutons à cela que sans parler du débat des primaires d'autres propositions existent et sont suffisamment fortes pour animer le débat politiques chez au moins chacun des 3 candidats que j'ai cité plus haut : la réforme de l'éducation nationale selon Martine Aubry (cliquez ici) ou Arnaud Montebourg, les propositions de Montebourg, Baylet et Aubry sur l'Europe devraient être portées à la connaissance de Piotr Smolar.

Enfin, en quoi cela serait-il conservateur de rompre avec une politique qui a préparé pendant 35 ans (depuis les USA et la Grande-Bretagne) la catastrophe économique et financière que nous subissons depuis 2008, politique qui s'est amorcée en France à compter de 1986 et qui connaît depuis 2000 une montée en puissance néfaste pour l'Europe, la France et le Monde. Peut-être que s'il faut saluer uniquement la rupture avec une pensée économique sociale-démocrate alors Piotr Smolar nous fera bientôt une ode à François Holande et Manuel Vals, qui propose de rester dans les clous de l'austérité qui mène l'Europe à l'abîme.

Dimanche soir, à la fin de son interview très polissée sur TF1, Dominique Strauss-Kahn faisait la leçon aux gouvernements européens, coupables de créer plus de dégâts encore avec les remèdes qu'ils imposent à la Grèce et à la Zone Euro. Cette proposition était sonnée au coin du bon sens... Enfin ! l'institution qu'il dirigeait encore le 14 mai dernier n'a-t-elle pourtant participé à la mise en place des politiques d'austérité imposées à la Grèce et qui enfoncent plus encore ce pays dans la crise ! Mais qui sur France Inter pour le souligner ? Non lundi matin, France Inter parlait "chambre 2806" et "pacte"...

Le lundi soir, lors d'un meeting en Charente-Maritime, François Fillon dénonce la proposition de DSK pour que les membres de l'Union Européenne prennent leurs pertes dans l'affaire grecque. On entend donc le discours du Premier Ministre ce mardi matin à la radio, mais quelle analyse ? Qui explique que peut-être les politiques imposées par le couple Franco-Allemand - qui paraît pourtant le plus doux envers Georges Papaandréou - à la Grèce ne lui donne pas le temps de transformer son Etat et son économie, et achèvent au contraire de le détruire ? Non à part Bernard Maris, la station publique préfère débiter l'antienne des grecs tricheurs, jouisseurs et voleurs, jusqu'à la nausée...

Barack Obama présente un nouveau plan de relance de l'économie américaine dont une partie des recettes doit être prélevés sur les plus riches et les entreprises. Quelle est la chronique de Dominique Seu ? L'analyse de ce plan ? L'analyse des divergences entre Fillon et DSK sur la Grèce ? Non ! Il relaie la nouvelle campagne du gouvernement expliquant que les riches français n'échappent pas tant que ça à leur devoir fiscal...

Il ne faudrait pas que France Inter n'ait pas retenu la leçon du débat sur le référendum sur le projet de Traité Constitutionnel Européen, qui l'avait faire une campagne affirmée pour le "Oui" jusqu'à l'absurde et lui avait fait perdre (temporairement une partie de son auditoire). Pour l'instant, seul Bernard Maris et Bernard Guetta semble l'avoir compris.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du Parti socialiste du Val-d'Oise
en charge des relations extérieures

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commentaires

Audrey PULVAR 20/09/2011 23:42


Cher-e auteur-e de ce texte, vous devriez régler votre réveil plus tôt et écouter Inter, par exemple, dès six heures. Vous découvririez alors une parole et un ton très divers desquels vous
trouveriez peut-être à tirer motif de satisfaction. Quant à la question de la pensée unique et d'un système que nous voudrions immuables, si vous aviez déjà l'habitude l'an dernier d'ecouter France
Inter dès 6.45, je suis sure que vous avez encore en mémoire les nombreux auteurs que j'ai reçus pour "l'entretien de 6h50", qui justement remettaient en cause ce système (Mordillat, J. Cottat,
Duval, Larrouturou... J'en passe et des meilleurs). Et je ne parle pas des nombreuses chroniques que j'ai faites à 8h40 l'an dernier dans ma rubrique "sans préjugés", portant sur des articles de
Politis, d'Alternatives Eco., de Frederic Lordon etc... qui donnaient une grande visibilité à ces empêcheurs de libéraliser en rond ! Malheureusement ma chronique a disparu de l'antenne cette
année... J'ajoute que vous conviendrez qu'il m'aurait été difficile de contredire mon ami Piotr en défendant à l'antenne les propositions des différents candidats socialistes... Et d'Arnaud
Montebourg en particulier ! Par ailleurs, un peu d'esprit critique n'a jamais nui, me semble-t-il. Vous en connaissez beaucoup, vous, des politiques courageux ? Bien cordialement. Audrey PULVAR.


Frédéric FARAVEL 21/09/2011 08:42



Chère Madame Pulvar,


Je suis encore tout étonné d'avoir droit à une réponse directe, mais cela implique de ma part un retour sincère.


Vous conviendrez que j'ai bien précisé que mon écoute était concentrée sur la plage horaire allant de 6h45 à 9h (même si depuis hier midi je n'arrive plus à accéder aux programmes de la station
depuis i phone et internet, bug à Radio France ou chez moi je ne sais...). Je n'ai donc pas la prétention d'émettre une appréciation ou un jugement sur votre antenne entre 6h et 6h45. J'espère
que vous ne me tiendrez pas rigueur de me lever tranquillement le matin et de n'allumer ma radio qu'après avoir pris ma douche et mon petit-déj... Ne m'accusez pas, s'il vous plaît, de ne pas
appartenir à "la France qui se lève tôt" pour paraphraser un personnage malheureusement célèbre... mais je prends déjà mon poste avant 8h pour finir régulièrement à 20h... je ne me léverai donc
pas forcément plus tôt pour le seul plaisir (réel) de vous entendre.


Je suis parfaitement d'accord avec vous sur la qualité des entretiens que vous meniez l'année dernière tant à 6h50 qu'à 8h40 : ils étaient une vraie bouffée d'air frai ! Hélas ! Vous le notez
vous-même, vous avez l'objet d'une "sanction" (il n'y a pas d'autres mots) injuste - car elle se fondait sur un soupçon a priori d'une incapacité à faire la part des choses entre votre
métier de journaliste et votre attachement personnel. Soupçon d'autant plus infondé que nous connaissons bien d'autres de vos collègues qui ne savent pas faire autre chose dans leurs
interventions que de développer leurs idées propres, ou défendre leurs proches, plutôt que de s'essayer au délicat équilibrisme de l'analyse journalistique.


Personnellement je n'ai pas le goût de cet équilibrisme, je ne suis journaliste, et si je suis parfois contraint par mes fonctions de mettre les formes, j'ai le plus souvent l'occasion de
m'exprimer sans détour... ce qui soulage.


Je dois donc conclure que vous devez souffrir le martyr de ne pouvoir vous lancer dans une partie de ping-pong avec votre chroniqueur Piotr Smolar et que votre ironie mordante de lundi matin a
dérapé du fait de cette souffrance... Comprenez que j'ai pu être choqué cependant... et je reviendrez sur le courage en politique...


Je veux d'abord en finir avec ce que je note de la "politique" de la station. Convenez tout de même que la partie 7-9 de la matinale de France Inter doit avoir une plus grande écoute que celle du
6-7. Si j'en juge du monde qui comme moi subit les embouteillages du périph dès 7h (c'est tout de même plus fluide avant), vous avez là un auditoire potentiel largement plus important, accroché à
son volant et l'autoradio allumé. Pour ce que j'ai pu connaître de la province c'est relativement comparable.


Donc je veux bien croire que j'ai forci le trait en vous rapprochant trop de Piotr Smolar, mais mon développement sur le côté social-libéral de la station s'attaquait essentiellement au 7-9. Je
ne rependrai pas ici tous les arguments déjà développés, mais j'en rajouterai.


Pourquoi le débat éco n'est-il programmé entre Dominique Seu et Bernard Maris que le vendredi, alors que Dominique Seu occupe les 4 autres chroniques économiques de la semaine ?

N'avez-vous pas noté qu'hier lorsqu'il s'est agi de commenter la dégradation de la note de dette souveraine de l'Italie par Moody's, personne n'a glissé l'analyse que peut-être pointer du
doigt la division du parlement italien entre droite et gauche était attentatoire à la démocratie ? Il faudrait pour complaire aux agences faire tous les mêmes propositions ? Et des propositions
avalisées par les agences ? Mais si la division parlementaire est une cause de dégradation, alors quel que soit le résultat de l'élection présidentielle, alors la France sera dégradée car je ne
vois UMP et PS (malgré tout le mal qu'on peut dire du PS) se mettre d'accord sur une politique commune (à moins que Valls ne gagne et la primaire et la présidentielle...)...

J'aimerais aussi que Thomas Legrand, qui est un homme intelligent, nous fasse la démonstration argumentée que son assertion d'autorité habituelle comme quoi Hollande et Aubry se serait bonnet
blanc et blanc bonnet, notamment d'un point de vue économique et financier. Je pense que cela pourrait être assez cocasse.



Je me souviens d'auditeurs qui avaient ironisé lorsque "Là bas, si j'y suis" était passée de 17h à 15h dans la grille de France inter ; ils demandaient que par équivalence des formes Jean-Marc
Sylvestre passe de 7h25 à 5h25...


Alors que dire du courage en politique ?


Il se trouve que - pour vous répondre - je connais pas mal de femmes et d'hommes politiques courageux, j'en connais pas mal de prudents (ce qui n'est pas antinomique avec le premier terme), j'en
connais pas mal d'opportunistes, j'en connais pas mal de lâches.


Faut-il pour dénoncer les deux dernières catégories mettre les deux premières dans le même panier ?


Je connais beaucoup de femmes et d'hommes politiques qui préfèrent encore assumer leurs convictions plutôt que plaire à tout prix. Ces élus- souvent locaux (désolé, du fait des erreurs
stratégiques et politiques de 11 ans de premier secrétariat Hollande, le PS s'est contenté d'une cohabitation territoriale, que d'aucuns considéraient parfois comme confortables) - refusent de
céder à l'idée générale qui ferait de la vidéosurveillance rebaptisée gentimment vidéoprotection la panacée en matière de sécurité publique. Ces élus sont capables d'assumer la construction
d'Aires d'accueil des gens du voyage de grande qualité, quand leurs habitants et leurs voisins les refusent. Ces élus ont été capables d'expliquer que la scolarisation des enfants du voyage dans
les écoles de la commune était un plus et non un handicap. Ces élus sont capables d'affirmer et d'agir et parfois de convaincre leurs administrés (vraie "bataille culturelle") qu'avoir 50% de
logements sociaux dans une commune n'était pas un handicap mais si on tout cela était géré avec équilibre, on pouvait ainsi réaliser mixité et cohésion sociale, et parcours résidentiel pour les
habitants.


Parmi ces élus locaux qui sont aussi des voix nationales, je reconnais effectivement celles de Martine Aubry, et de quelques uns de ces soutiens, et d'Arnaud Montebourg. Le verbe haut de ce
dernier n'est plus à démontrer. Je ne m'apesantirai pas sur ce sujet que vous connaissais suffisamment.


Mais sincèrement, Mme Pulvar, pour revenir sur ce qui ne trouvait pas grâce aux yeux de Piotr Smolar, croyez-vous que Martine Aubry ne fasse pas preuve de courage quand elle maintient haut contre
vents et marées la résolution qu'elle a fait adopter par les militants socialistes du non-cumul des mandats pour les Parlementaires. Voyez ce que lui coûte - en termes "politiciens" - cette
revendication : voyez les ralliements des sénateurs socialistes à François Hollande qui leur promet que tout continuera comme avant, voyez le ralliement de beaucoup d'autres sur le seul espoire
qu'avec le président du Conseil général de Corrèze ils pourront continuer à cumuler honneurs et mandats. Vous pourriez constater comme moi dans les réunions de soutien à Martine Aubry, combien
certains élus font la gueule quand les militants et les sympathisants se lèvent pour dire que cette mesure affirmée est une des raisons parmi d'autres qui leur font soutenir la Maire de Lille.


N'est-ce pas courageux, même à gauche, même avec le poids grandissant des écologistes, de proposer la perspective de la "sortie du nucléaire"... dès aujourd'hui parce que cela prend du temps à
préparer et à mettre en oeuvre ? C'est là peut-être la divergence essentielle qui sépare Aubry de Montebourg (et là j'avoue ne pas comprendre la ligne d'Arnaud qui sinon est exemplaire sur
l'écologie).


Enfin, je sais gré à Martine Aubry, sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur, d'avoir avoué une évolution importante depuis 2004. Je suis un farouche partisant de la construction
européenne, d'une Europe fédérale, démocratique et sociale. J'ai voté "non" au TCE, j'aurais voté "non" au traité de Lisbonne... On se souvient que Martine Aubry avait farouchement fait campagne
pour le "oui"... Et bien je trouve courageux de sa part d'avoir comme Première secrétaire du Parti, puis comme candidate, non pas fait comme beaucoup de mes camarades engagés pour le "oui" ou le
"non" - c'est-à-dire expliquer que ces débats étaient derrière nous et que les Français ne s'intéressaient pas aux questions institutionnelles européennes -, mais concédé qu'au regard des
résultats et d'évènements qui se sont enchaînés depuis 2005/2007 elle voterait aujourd'hui différemment. Plus que cela, elle s'est démarquée d'une construction européenne qui ne verse aujourd'hui
que dans le libéralisme et elle a fait des propositions pour que nous ouvrions une nouvelle marche pour la construction européenne.


Nous divergeons peut-être sur l'analyse. Accordez moi seulement d'être sincère et de vous avoir dit ce que je crois et ce que je pense sans dissimulation.


Si vous avez encore à m'en redire : mwen là !


Frédéric Faravel