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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:15

Sapin_Schaubel_Macron_Gabriel_der_Spiegel.jpgLe magazine allemand Der Spiegel aurait eu connaissance de l’existence d’un (pré)-rapport de deux économistes mandatés par la France et l’Allemagne pour réfléchir à une accélération de la sortie de crise.

En quoi consisterait le deal dont Der Spiegel se fait l’écho ? Les Français accepteraient d’assouplir les 35 heures et de geler tous les salaires pendant trois ans, tandis que les Allemands augmenteraient leur effort d’investissement pour la rénovation de leurs infrastructures (extrêmement dégradées, du fait de la « règle d’or budgétaire » que le Gouvernement Merkel s’est infligée il y a quatre ans).

Si ces informations s’avéraient exactes, elles sont très graves, pour plusieurs raisons.

La première tient évidemment au déséquilibre énorme d’un tel accord. Passer le programme d’investissements allemands de 10 à 20 milliards d’euros (soit… +0,35% de son PIB), sous condition pour la France de comprimer violemment le pouvoir d’achat de 22 millions de salariés et d’abandonner la plus grande réforme sociale du gouvernement de Lionel Jospin, fait terriblement penser à la boutade : « si tu me donnes ta montre, je te donnerai l’heure ».

La deuxième raison tient à la cohérence même du discours du Gouvernement Valls. En délicatesse avec sa majorité parlementaire et son propre Parti, celui-ci n’a eu de cesse de répéter, depuis des mois, qu’il ne menait pas une politique d’austérité et que contrairement à ce qu’avaient subi Irlandais, Portugais, Espagnols, Britanniques et Grecs, ses décisions préservaient intact le modèle social. Si nous laissons détricoter les 35 heures et baisser les salaires (car concrètement, « gel » veut dire « baisse », au regard de l’évolution réelle du coût de la vie), comment pourrons-nous continuer de tenir cette ligne, qui ne convainc déjà plus grand monde ?

Troisièmement, sur le fond, prendre de telles mesures serait une folie. Assouplir les 35 heures, alors qu’elles sont déjà très souples (les 35 heures sont en effet annualisables et le quota annuel d’heures supplémentaires peut être étendu jusqu’à 180 heures, soit plus d’un mois de travail), cela ne peut avoir pour but que diminuer, voire supprimer totalement la majoration des heures supplémentaires. Autrement dit, on ferait travailler les salariés davantage, à salaire gelé, et sans majoration d’heures supplémentaires. Rappelons que la réalité du temps de travail dans nos deux pays est extrêmement différentes : les salariés français travaillent en moyenne 38 heures par semaine, quand les salariés allemands s’approchent des 32 heures, souvent dans des conditions de travail ou de sous emploi dégradées (mini jobs, temps partiels subis, recours fréquent au chômage partiel…).

Geler les salaires, alors que l’économie française demeure en quasi-stagnation, provoquerait l’extinction du seul moteur de croissance qui reste encore un peu allumé dans notre pays : la consommation intérieure des ménages (celle de l’État étant soumise à… l’austérité et celles des entreprises étant contraintes par le niveau invraisemblable des dividendes et les mauvaises prévisions économiques). En termes économiques et sociaux, de telles mesures rajouteraient de l’injustice sociale et de l’inefficacité économique aux conséquences actuelles des politiques conduites par le gouvernement Valls, accroissant les risques déflationnistes qui planent sur notre pays en étant déjà réels à l’échelle européenne… bref de la crise à la crise.

Pour toutes ces raisons, Maintenant la Gauche souhaite que le Parti socialiste s’exprime fortement pour s’opposer à de telles suggestions. Nous demandons au Premier ministre de démentir les intentions prêtées par Der Spiegel au Gouvernement français.

Enfin, nous réaffirmons que la solution à la crise se trouve ailleurs : dans une relance de l’investissement – qui permettrait de remplir les carnets de commande des entreprises et de moderniser notre outil industriel – et dans le soutien à la consommation des ménages, qui passe forcément par le dégel du point d’indice des fonctionnaires et une négociation tripartite sur les salaires.

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