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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 15:56

Bartolone_perchoir.jpgVoici quelques jours, le Président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone exprimait un point de vue quelque peu jésuitique sur la manière d'aboutir au rassemblement de la gauche pour les prochaines élections locales : "C'est au PCF de choisir : on ne pourra pas venir demander les voix des socialistes pour maintenir des municipalités communistes tout en ayant comme seul objectif d'affaiblir le président de la République et le gouvernement".

C'est effectivement moins agressif que les déclarations de Luc Carvounas, secrétaire national aux relations extérieures - proche de Manuel Valls - qui donnait un ultimatum au Front de Gauche le sommant de soutenir la politique du gouvernement sous peine de mesures de rétorsion électorale. Ce dernier devra prendre sans doute un peu de temps pour apprendre que lorsqu'on est en charge des relations avec les partenaires, on essaie - sans naïveté - de trouver des éléments qui rapprochent les partenaires et non l'inverse.

C'en est pourtant pas moins faux et inopérant.

En effet, Claude Bartolone se trompe profondément s'il croit que le PS est propriétaire des électeurs du 22 avril dernier, au tout du moins des 15 à 20% qui représentent le noyau incompressible des électeurs socialistes. Il se trompe aussi sans doute dans l'analyse électorale de la situation qu'il connaît le mieux - celle de la Seine-Saint-Denis - où une partie de l'électorat du centre et du centre-droit s'est habitué à voter PS pour renverser les municipalités PCF, quand il lui en donnait l'occasion. Ce modèle électoral est limité dans le temps, car le nombre de municipalités communistes archaïques est aujourd'hui quasiment inexistant ; et surtout, il n'est sans doute pas transposable géographiquement au-delà de la Seine-Saint-Denis.

"[...] Pour qu'il y ait accord électoral dans une ville, il faut que les partis qui le signent partagent l'essentiel du projet de société", c'est donc là, derrière cette juste affirmation, que se cache la deuxième erreur du Président de l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas aujourd'hui entre la plupart des élus socialistes, communistes ou écologistes, et sans doute encore moins entre leurs électeurs, de divergences de fond sur le projet de société que la gauche devrait mettre en oeuvre.

Les uns comme les autres sont d'ailleurs parfois décontenancés par certaines mesures prises par le gouvernement : les collectivités notamment s'inquiètent de se voir imposer une austérité budgétaire, qu'elles n'ont pas choisi, qu'elles n'ont pas demandé, et dont elles ne se jugent pas responsables ; une bonne partie des électeurs de François Hollande lors des premier et second tours sont tout simplement déçus de certains choix (Pacte de compétitivité, adoption du traité Merkozy, volonté d'alignement absolu sur l'accord MEDEF-CFDT, etc.) ou du rythme des réformes proposées (c'est bien de miser toute sa mobilisation sur le Mariage pour tous, mais il faudrait doter la BPI d'un vrai capital (200 milliards nécessaires contre les piètres 40 milliards accordés), adopter enfin une loi sur les licenciements, consolider la refondation de l'école...).

logos GAUCHEAinsi, il n'est pas dit que tous les dirigeants locaux socialistes souhaitent rentrer dans une logique d'ostracisme à l'égard de leurs partenaires communistes, lorsque le projet local est bien tenu, malgré leurs critiques contre le gouvernement, d'autant qu'ils en partagent souvent silencieusement une partie. Il n'est pas dit non plus que les électeurs que Claude Bartolone détermine comme "socialistes" décident de voter contre des maires PCF, si les perspectives offertes par ses municipalités tiennent la route et si jusqu'ici les élus PS n'avaient jamais rien dit contre la politique municipale menée ; c'est d'autant plus improbable qu'une partie des électeurs socialistes partagent une bonne partie des critiques du PCF contre certaines orientations gouvernementales.

Et puisqu'il faut parler de l'électorat socialiste, nous devrions être vigilants quant à la montée en puissance de la grogne des enseignants. Le projet de refondation de l'école, la nécessité de changer les rythmes scolaires, ne font pas de doute pour moi, et l'action de Vincent Peillon, comme ministre de l'Education Nationale, va dans le bon sens. Cependant, alors que la concertation sur la refondation de l'école a duré en tout en pour tout un peu moins de deux mois l'été dernier, il conviendrait d'agir plus fortement pour réussir ces transformations nécessaires : donner aux collectivités les moyens d'accompagner le changement de rythmes, d'alléger les programmes, d'améliorer la formation professsionnelle continue, de reconstruire les dispositifs d'aide aux enfants en difficultés scolaires, etc.

Sans cela, alors que les enseignants sont comme tous les Français dans un rapport de défiance avec la politique, il est évident que nous donnerons toujours plus de champ pour la contestation et les réflexes corporatistes (car oui il y en a et ils "réchauffent" quand on n'a plus confiance en rien).

Le rassemblement de la gauche est nécessaire pour affronter un contexte qui sera plus complexe pour la gauche lors des élections de 2014, que ce ne fut le cas lors des élections intermédaires précédentes. Mais il ne pourra pas se faire dans une ambiance de chantage ou de menaces (voilées ou pas) ; il se fera uniquement sur la base de la pertinence des projets municipaux locaux, qui devront répondre aux besoins des habitants d'avoir encore un bouclier social et des services publics locaux forts pour faire face à une crise qui dure.

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 du PS Val-d'Oise

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Published by FARAVEL - dans à Gauche...
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