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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 19:44

Hollande_ile_de_sein.jpgFrançois Hollande et Manuel Valls viennent de nous offrir un spectacle politique violent comme la Vème République nous y avait rarement habitué. Alors qu'ils sont confrontés à l'échec de l'orientation libérale que le Président de la République a impulsé depuis l'automne 2012 et qu'il a décidé de renforcer depuis janvier dernier et la nomination de Manuel Valls comme premier ministre en avril ; alors que la contestation s’accroît progressivement au sein de la gauche et surtout du Parti Socialiste face à l'échec économique et social de ces choix pris en contradiction flagrante avec nos engagements et les orientations du PS (y compris le texte majoritaire lors du dernier congrès du PS en 2012 ; alors que la gauche dans son ensemble a essuyé à deux reprises, lors des élections municipales et de l'élection européenne, des sanctions sévères et que le couple exécutif ne cesse de perdre le soutien de l'opinion publique ; alors que la menace à venir du Front National, prospérant sur leurs erreurs politiques et la désespérance sociale, n'a jamais été aussi forte, le Président et son Premier ministre ont décidé de provoquer une crise politique supplémentaire en dissolvant le gouvernement Valls pour sanctionner plusieurs ministres éminents.

Le prétexte leur en a été « offert » par la timide offensive médiatique opérée conjointement par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, désormais ex ministres de l'économie et de l'éducation nationale, à l'occasion de la traditionnelle fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, dans le « fief » de l'ancien chantre de la « démondialisation ».

Ce rendez-vous initié voici près de quarante ans par Pierre Joxe, ancien élu du territoire, avait été précédé de deux entretiens avec la presse, qui portaient en creux une critique des orientations politique du Président de la République et de son zélé Premier ministre. L'ex ministre de l'économie avait confié dès le 23 août dans un entretien au Monde,titré « les choix politiques ne sont pas figés », sa volonté faire bouger les lignes à l'échelle européenne et donc nationale, l'ex ministre de l'éducation nationale lui emboîtant le pas le soir même dans les colonnes du Parisienqui le citait ainsi en titre « on n'est pas loin des frondeurs ». Les discours de Frangyfurent cependant plus policés et normalement tout aurait dû en rester là. Cependant, la réaction de l'exécutif a été cinglante et brutale ; elle ouvre nécessairement une période nouvelle pleine d'incertitudes et de dangers pour le pays et la gauche.

Des expressions pourtant prudentes et répétées

Ce qui contraste avec la réaction brutale de l'exécutif, c'est la prudence renouvelée des prises de position d'Arnaud Montebourg, prises de position qui avaient déjà été formulées voici quelques semaines à peine, dans l'exercice de ses fonctions dans le même gouvernement. En effet, dans Le Mondeet ce dimanche à Frangy, l'ancien candidat aux primaires citoyennes n'a pas dit autre chose que ce qu'il avait affirmé depuis Bercy le 10 juillet dernier en présentant « [sa] feuille de route pour le redressement économique de la France ».

Depuis son entrée dans les gouvernements Ayrault et sa promotion dans le gouvernement Valls I, il n'a jamais cessé de dénoncer les dégâts et l'inefficacité des politiques d'austérité imposées aux États européens et prônées par la Commission européenne et les gouvernements d'Angela Merkel ; mais il a toujours pris garde (y compris jusqu'au 24 août 2014) de situer le débat à l'échelle européenne et de présenter la France comme une victime un peu contrainte de cette orientation politique. Pourtant, tout au long des deux années de ce quinquennat, l'exécutif français n'a cessé de protester de sa volonté de respecter les contraintes libérales européennes, se défendant même qu'elles soient imposées de l'extérieur et qu'elles avaient été décidées librement car c'était la seule voie possible pour la France. Qu'à cela ne tienne, Montebourg a choisi de maintenir un affichage, une fiction politique, selon laquelle la France poussait à la réorientation des politiques européennes, ce qui justifiait à la fois sa position de ministre et son discours politique.

Pourtant, que le ministre autoproclamé du « made in France » se soit bercé d'illusions ou que cela soit encore l'effet d'une auto-construction mentale et politique, cette brèche européenne était inexistante.

On sait en effet depuis plusieurs mois, les langues s'étant déliées, que François Hollande n'a jamais cherché à obtenir une réorientation des politiques européennes et encore moins de la construction européenne. Alors qu'il aurait pu construire un réel rapport de force, face à une Angela Merkel en pleine campagne électorale, assis sur la légitimité toute neuve de sa récente élection, le Président de la République n'a pas demandé la renégociation du traité Merkozy à ses partenaires européens, comme il s'y était pourtant engagé durant la campagne de l'élection présidentielle, mais a simplement réclamé un délai supplémentaire pour atteindre les 3 % de déficit public. L'habillage de cette abdication d'entrée de jeu a été le fameux « pacte de croissance », qu'il aurait arraché et qui justifiait après coup que l'on ratifia le traité Merkozy pourtant vierge de toute correction ; « pacte de croissance » de 200 milliards d'euros dont on a depuis pas vu l'ombre d'un centime, le Président Hollande ayant également cédé devant l'offensive des britanniques et des néerlandais sur la réduction du budget européen. Autant dire que dès ce jour, la France a déçu nombre de ses partenaires européens, qui ont choisi de ne plus placer leur confiance dans le Président Hollande. L'Espagne conservatrice mais durement frappée par l'austérité s'est finalement ralliée à Angela Merkel, espérant plus de la négociation avec la Chancelière, désormais en coalition avec les sociaux-démocrates, que d'un rapport de force construit avec un allié aussi pusillanime ; l'Italie centriste a décidé de mener et d'organiser son offensive sans la France, au point que Matteo Renzi, tombeur d'Enrico Letta, fait aujourd'hui figure de leader de la contestation économique et sociale au sein du concert des chefs de gouvernement.

La nouveauté du week-end était peut-être plus à rechercher auprès des nuances pourtant elles-aussi timides que Benoît Hamon a émises les 23 et 24 août. Tant à Bercy qu'à Grenelle, le grand écart a été un exercice finalement réussi jusqu'ici par l'ancien ministre, puisqu'il a fait preuve d'une loyauté sans faille dans ses fonctions gouvernementales tout en durcissant le ton à l'occasion de la réunion de ses amis d'Un Monde d'Avancedébut à la mi-septembre 2013 au Vieux-Boucault, les députés de sa sensibilité prenant une part importante à l'opération des « frondeurs ». Le fait que l'économie sociale & solidaire ait été méprisée jusqu'ici par l'exécutif et les défenseurs du social-libéralisme lui a sans doute apporté un peu plus de liberté et a permis sa promotion à l’Éducation nationale en avril dernier, pour récompenser l'habileté d'un responsable politique qui arrivait tout à la fois à tenir une partie de la gauche du PS tout en étant un bon petit soldat gouvernemental.

Le titre du Parisienronflait bien : « on n'est pas loin des frondeurs », ça en jette pour une rentrée politique d'un ministre clef du gouvernement. Mais si on regarde de plus près, tout reste dans la nuance au point de proférer de terribles oxymores : « La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l'offre qui a été faite depuis deux ans []. » Voilà une assertion difficilement tenable, car dans les circonstances actuelles de panne de la croissance et de menace de déflation, c'est la politique de l'offre du gouvernement qui entretient les échecs et la relance de la demande etde l'investissement qui est l'alternative politique urgente et indispensable à mettre en œuvre pour faire repartir l'activité économique, notamment en remplissant à nouveau les carnets de commandes désespérément vide des entreprises hexagonales.

En visant l'Allemagne de la Chancelière Merkel, en ciblant la hausse du pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes inférieures (objectif affiché des baisses d'impôts supplémentaires envisagées par Manuel Valls) et en critiquant sans nuance le livre de Cécile Duflot, l'ex ministre de l'éducation nationale pensait comme son comparse de Frangy rester dans une zone de discussion compatible avec le Premier Ministre, qu'ils avaient largement contribué à placer à Matignon sur les cendres de Jean-Marc Ayrault, victime expiatoire des défaites municipales provoquées par la politique décidée par François Hollande.

Il est certain que ni Arnaud Montebourg – dont il est évident qu'il avait cependant programmé un départ prochain et sans doute théâtral du gouvernement (en partie pour éviter qu'on ne lui reprocha à l'avenir l'inefficacité concrète de ses propres grands écarts) – ni Benoît Hamon n'avaient envisagé être limogés au lendemain de la fête de Frangy. Peu de monde d'ailleurs attendait des faits politiques fracassant à l'occasion de cette fête de la Rose, Emmanuel Maurel expliquant rationnellement son absence à cette sauterie «Sauf à ce qu'il annonce qu'il démissionne du gouvernement, je ne vois pas ce que l'on peut attendre de cette journée. Montebourg restera forcément solidaire !» en pleine cohérence avec son ami Paul Quilès qui interpellait avec force le ministre de l'économiepour qu'il mette un terme à son petit jeu fictionnel de chat et de souris avec François Hollande et Manuel Valls.

La brutalité Vallsiste, soutenue par François Hollande, ouvre une période dangereuse

Rien de neuf n'a effectivement émergé de Frangy. Les discours des ministres restant même en deçà de leurs confidences à la presse nationale les jours précédents. Le choix de limoger avec énergie, c'est-à-dire en faisant démissionner l'ensemble du gouvernement, a été fait plus tôt. Sinon comment expliquer, que dès la fin des festivités à Frangy, Matignon ait fait savoir que « la ligne jaune [avait] été franchie » par Arnaud Montebourg, alors que rien nouveau n'avait été prononcé depuis les entretiens et que les discours n'avaient pas encore reçu de retour presse importants. Il est probable donc que Manuel Valls ait pris la décision de se séparer au moins d'Arnaud Montebourg et d'Aurélie Filipetti (on y reviendra plus tard) dès la publication des entretiens des deux ministres ; le discussion avec François Hollande n'a dû porter que sur le timinget la procédure de la sanction et il semble que la solution la plus radicale, vraisemblablement prônée par le Premier ministre – Hollande ayant souvent privilégié dans le Parti et dans le gouvernement des méthodes plus rondes mais pas moins pernicieuses – l'ait emportée dans la journée de dimanche, Manuel Valls décidant alors de communiquer sur l'imminence du couperet.

Mais pourquoi choisir de sanctionner à ce point les deux ministres alors que leur expression – on l'a rappelée plus haut – n'est pas une réelle innovation ?

Parce qu'il a voulu couper l'herbe sous le pied de deux rivaux potentiels – rivaux avec qui il s'était précédemment entendu pour obtenir à son profit la tête de Jean-Marc Ayrault – pour la plus haute fonction dans l'avenir en réaffirmant son autorité, qualité pour laquelle il pense avoir été mis là où il est ? Sans douteIl pensait peut-être ainsi déstabiliser le calendrier politique du ministre de l'économie, en effrayant Benoît Hamon suffisamment pour le récupérer plus docile ensuite (la tentative semble avoir été faite de ce côté là, mais peut-être que ce dernier a enfin compris que le numéro d'équilibriste n'était plus tenable et que la violence et la brutalité politique de Manuel Valls étaient trop fortes pour chercher à maintenir un accord politique en position de faiblesse).

Parce qu'il a considéré que la violence de la décision assurerait la loyauté des autres ministres, qui ne seraient ainsi plus tentés – si jamais ils l'avaient été, ce qui est assez improbable – de critiquer sa ligne ? Probablement

Mais surtout, une raison politique profonde a créé une tension telle pour ce dirigeant qu'elle l'a acculée à procéder d'une manière qui laisser durablement des traces et à montrer une facette de lui qu'il aurait sans doute préféré garder en arrière-plan. Les mois passant l'augmentation constante du nombre des chômeurs et l'absence obstinée de la croissance vient marquer l'échec de la politique de l'offre décidée non pas en janvier dernier par le Président de la République ou en avril avec le discours de politique générale de Manuel Valls, mais en octobre 2012 avec le lancement du pacte de compétitivité. Le Pacte de responsabilité dont on nous répète à l'envie qu'il n'est pas encore entré en vigueur n'est que l'aggravation du sillon que Montebourg, Hamon ou Filipetti avaient avalisé dès les prolégomènes du congrès de Toulouse. Comme le disait Laurent Joffrin à ses confrères éditorialistes hier soir sur France Info [oui je cite positivement LJ et c'est bien la première fois], l'échec patent des choix politiques de François Hollande et Manuel Valls (politique de l'offre, austérité, soumission aux exigences de la commission européenne et d'Angela Merkel) « agit comme un acide » qui effrite chaque jour qui passe un peu plus la solidité des attelages politiques et la confiance des dirigeants dans la politique conduite, sans parler de la confiance de l'opinion. Ainsi, les critiques d'avant-hier qui paraissaient supportables et admises dans la triade Valls-Montebourg-Hamon n'étaient plus tolérables hier pour le Premier Ministre dont la légitimité est désormais atteinte par l'inefficacité et l'injustice de sa politique.

L'acide amène aussi certains ministres que l'on croyait à jamais muets à contester, en interne – mais ce n'était jamais arrivé –, la pertinence des mesures défendues. Ainsi, Aurélie Filipetti aurait déclaré jeudi durant la réunion du gouvernement « puisque le gouvernement en arrivait à ce point, s’il ne fallait pas mieux renoncer tout de suite à faire une politique de gauche, s’il ne fallait pas s’excuser d’être de gauche pour plaire au patronat. » (Mediapart23/08/2014). On imagine la rage du Premier Ministre de voir une personnalité aussi effacée, qui n'avait pas osé soutenir ouvertement les intermittents et les institutions culturelles pour ne pas contredire Hollande et Valls qui voulaient la mise en œuvre l'accord du 22 mars, émettre une telle défiance, et surtout qu'elle soit relayée dans la presse quelques jours plus tard. Depuis des mois, l'exécutif et ses relais parlementaires (Jean-Marie Le Guen, Thierry Mandon, Bruno Le Roux, Christophe Caresche) expliquent que l'initiative des « frondeurs » est non seulement vouée à l'échec mais qu'elle ne rencontre qu'hostilité parmi les députés socialistes simples, et voilà que le débat qu'ils portent avec arguments et contre-propositions solides surgit dans le gouvernement par la voix du pendant ministériels des députés silencieux de la base… Qu'Aurélie Filipettit cherchât depuis à se réécrire une conscience après toutes ses absences (et l'histoire) n'ôte en rien la qualité intrinsèque de son irréfutable réquisitoirecontre la conduite des affaires politiques au moment du départ.

Le durcissement de Manuel Valls rappelle la folie de Lénine expliquant que le Parti se renforçait en s'épurant. Désormais, son gouvernement devra consacrer la soumission absolue à la ligne libérale et autoritaire qu'il représente, mais au prix de l'assise politique de celui-ci. Le gouvernement Valls II pourra bien s’afficher comme encore plus resserré et encore plus combatif, il ne pourra s’appuyer que sur un noyau de hollandais historiques, agrémenté de quelques représentants de courants minoritaires voire groupusculaires. Exitle Front de gauche depuis juin 2012, exitles écologistes depuis avril dernier (sauf éventuellement quelques débauchages qui seront immédiatement désavoués), exitdes figures socialistes marquantes qui se découvrent subitement contestataires alors que le Parti et le groupe parlementaire sont déjà en proie au doute.

Que reste-t-il de la majorité présidentielle de François Hollande ? Le PRG qui voudra obtenir des gages sur la réforme territoriale pour soutenir la politique social-libérale de Manuel Valls ? Le MUP de Robert Hue qui ne représente que lui-même et qui ne conserverait plus qu'un seul parlementaire si l'ancien Président du PCF entrait au gouvernement ? Le duo des groupuscules écolo-centristes de Corinne Lepage et Jean-Luc Benhamias qui ne représentent personne ?

Quand on sait que Michel Barnier (ancien commissaire européen UMP) a été consulté hier et que Jean-Louis Borloo aurait été approché pour entrer au gouvernement, il faut commencer à se préparer à ne plus rien attendre de ce gouvernement.

Montebourg et Hamon viennent de comprendre que le débat gouvernemental tel qu'il avait été théorisé par le mandat de Lionel Jospin n'a pas sa place sous Hollande et encore moins avec Manuel Valls. On ne peut pas compter sur l'exercice des responsabilités gouvernementales pour peser sur les choix de celui-ci. Il est probable que, pour un temps, le débarquement des trois ministres, dont deux vont retrouver leur place sur les bancs de l'Assemblée Nationale, donne un coup de fouet et une vitalité supplémentaire à la fronde des parlementaires de Vive la Gauche ! qui se réunira ce week-end à La Rochelle, mais je n'irai pas jusqu'à dire comme Régis Juanico « Chaque vote au Parlement va se faire à la roulette russe »; l'efficacité parlementaire des contestataires s'en trouvera renforcer mais il ne me paraît pas sérieux de penser – sauf à ce que Manuel Valls franchisse d'autres lignes jaunes, notamment du point de vue du comportement politique – que des députés PS prennent le risque de mettre en minorité le gouvernement sur des textes importants. Paul Quilès nous a dernièrement largement alerté sur les « conséquences des institutions de la Vème République (système de monarchie républicaine) qui renvoient toute décision au sommet de la pyramide, avec un Premier ministre qui « exécute » la politique définie par le Président, une majorité parlementaire contrainte, [] » (et qu'importe si le Premier Ministre actuel a décidé de donner au verbe « exécuter » son sens primal). Manuel Valls version Rambo va confronter les parlementaires socialistes à une nouvelle déclaration de politique générale et à un nouveau vote de confiance, il leur rappellera également également que leur soutien contraint sera mesuré lors du vote des PLF et PLFSS 2015. Même si le débat sera plus tendu, même si des amendements seront arrachés, le gouvernement refusera de modifier en profondeur sa feuille de route et menacera la majorité des députés socialistes d'une dissolution en cas de mise en minorité sur ces deux textes. La dissolution serait un suicide politique pour chaque député socialiste et il n'est pas dit qu'elle soit dans l'intérêt à ce stade de quelque formation que ce soit à gauche. L'énergie des parlementaires de Vive la Gauche ! s'emploiera donc sans doute avec efficacité sur d'autres textes, réforme territoriale par exemple ou sur les projets de loi qui seront présentés par Christiane Taubira qu'on annonce maintenue dans le gouvernement Valls II. Ce n'est donc pas à l'Assemblée Nationale que commencera la nécessaire alternative.

Le congrès du PS est devenu plus vital que jamais !

Jean-Christophe Cambadélis, qui s'est fendu d'un communiqué de presse lunairepour commenter l'annonce d'hier, ne sait toujours pas nous dire quand aura lieu le congrès du Parti Socialiste. Il aurait dû selon nos propres statuts se dérouler en novembre et décembre prochain, mais le Premier secrétaire a décidé, pour noyer le poisson et se trouver un succédané de légitimité politique en l'absence de vote des militants sur son nom, de convoquer des états-généraux du PS à cette date qu'il doit lancer (enfin peut-être) ce week-end à La Rochelle.

C'est pourquoi avec quelques camarades rassemblés dans le collectif des « Socialistes contre l'Austérité » nous avons lancéun nouvel appel pour exiger un congrès du PSau plus vite. En effet, l'impasse institutionnelle est totale, ce n'est ni de l'exécutif ni du législatif que nous pourrons espérer le sursaut nécessaire, les députés socialistes étant dans leur grande majorité encore tétanisés par les menaces de l'exécutif. J'aimerais donner tort, ce qui l'enchantera j'en suis persuadé, aux derniers piliers du pentagone des conséquences de la VèmeRépublique décrites par Paul Quilès « un parti majoritaire sans grande marge d’initiative et dont les militants s’interrogent sur leur utilité. » Les militants socialistes et leur parti s'ils s'en donnent les moyens peuvent être la solution à la crise qui couvent depuis octobre 2012 et que Manuel Valls vient de rendre béante.

Jamais les militants socialistes n'ont été amenés à se prononcer sur les choix de politiques économiques de l'exécutif ; ceux-ci sont en totale contradiction avec les engagements de campagne, avec le projet socialiste adopté en juillet 2011 et avec le texte de la motion majoritaire au congrès de Toulouse (octobre 2012). Non seulement, nous sommes arrivés au terme statutaire qui exigerait la convocation d'un nouveau congrès du PS mais sa direction en soutenant sans discuter les choix économiques du gouvernement n'a donc plus la légitimité de l'orientation politique choisie alors par les socialistes, sans parler de l'onction de son premier secrétaire actuel.

AG motion 3 ToulouseCe sont donc les militants socialistes dans un congrès le plus proche possible qui peuvent enfin décider de s'exprimer sur la politique menée et réaffirmer ainsi la cohérence des convictions socialistes et démocratiques de notre parti. Sur ces bases une nouvelle direction du PS peut être installées, à condition que tous ceux qui ont à cœur ce que nous devons à notre camp social et politique sachent se rassembler intelligemment pour mettre un terme rapidement à la spirale que nous subissons. Cela suppose que les nouveau Christophe Colomb ministériel qui viennent de redécouvrir que la politique de l'offre mène à l'échec ne cherchent pas à s'imposer comme les leaders obligés du renouveau du PS, mais facilitent au contraire le rassemblement des nombreuses sensibilités qui proposent depuis longtemps une politique alternative : parmi celles-ci Maintenant la Gaucheavec Emmanuel Maurel ont apporté depuis deux ans une large palette de propositions étayées y compris quand ils étaient snobés par leurs nouveaux amis ; une partie de la motion 4 semble également disponible ainsi que toute la palette des sensibilités de l'ancienne motion 1 réunies dans Vive la Gauche !avec la motion 3 : Un Monde d'Avance, la Gauche durable, la Gauche populaireou encore les amis d'Arnaud Montebourg. La feuille de route est simple et elle est rappelée dans la tribune publiée par Emmanuel Maurel aujourd'hui dans Le Monde : « L'heure est venue d'élaborer un nouveau pacte majoritaire avec les forces de gauche qui ont permis la victoire de François Hollande le 6 mai 2012. Une politique nouvelle, fondée sur la réorientation de la construction européenne, la relance du pouvoird'achat et de l'investissement : voilà ce qu'il faut pour redonner a notre pays son dynamisme économique et son rayonnement. Voilà ce qui permettrait à nouveau de fédérer une majorité politique et sociale qui souhaite le changement. » Sur ces bases, un rassemblement efficace et intelligent peut emporter la majorité des suffrages des militants socialistes.

Ensuite, le PS pourra redonner leur liberté de ton aux parlementaires socialistes qui n'osent pas aujourd'hui exprimer leurs convictions, leurs craintes et leur colères. Il pourra retrouver la voie du rassemblement à gauche, ce qui suppose que les ministres récemment démissionnés ne viennent pas donner de leçons de choses à nos partenaires d'EELV et du PCF. Il pourra enfin établir un rapport de force avec François Hollande à la hauteur de la brutalité politique que Manuel Valls fait subir à la gauche depuis plusieurs mois, en s'appuyant sur une majorité parlementaire rose-rouge-verte qui existe à l'Assemblée Nationale et qu'il ne faut pas massacrer dans une dissolution suicidaire. Dans ce dispositif, François Hollande ne peut évidemment plus avoir la garantie qu'il sera le candidat des socialistes et de la gauche à l'élection de 2017, mais c'est la condition pour sauver ce qu'il reste du quinquennat et surtout améliorer la situation économique du pays et de nos concitoyens.

Frédéric FARAVEL

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