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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 11:55

La victoire du FN dans un canton du Var en octobre 2013 est-il emblématique d'une dérive de l'électorat vers l'extrême droite ou faut-il relativiser au regard du contexte local ? La complexité de la situation ne peut pas être traité à la légère. Cette élection partielle interroge encore l'état de notre démocratie.

Encore un cas particulier ?

n-BRIGNOLES-FN-large570.jpgCertains pouvaient encore trouver des arguments pour se rassurer au soir du 1er tour des élections cantonales partielles de Brignoles, le dimanche 6 octobre 2013. Laurent Lopez, candidat du Front national, avait rassemblé sur son nom 40,4 % des suffrages exprimés, mais ses 2 718 voix étaient en légère baisse après les scrutins précédents. Le FN avait obtenu 32,97 % des suffrages au 1er tour en 2011 (2 757 voix), 34,9 % en 2012 (2 734 voix).

Selon cette analyse, il n'y aurait pas une aggravation particulière du risque FN, l'abstention était élevée comme c'est le cas pour les partielles, encore plus dans un contexte de deux annulations de scrutin. Au 1er tour le 6 octobre, seulement 33,40 % des électeurs du canton s'étaient rendus aux urnes. Il eut été dans ces conditions assez intriguant que le FN ne perde pas quelques voix ; au regard de ce niveau d'abstention le score du FN démontre au contraire une remarquable constance mais qui n'avait rien à voir avec un renversement politique irrémédiable. Et puis on est dans le Var et le FN avait déjà emporté de quelques voix le canton en mars 2011, face à un PCF vieillissant («Hanotin style») qui n'a pas su passer le relais. Tout cela finalement ne serait encore une situation particulière dont il ne faudrait pas tirer d'enseignements nationaux.

Sauf que Laurent Lopez a remporté dimanche 13 octobre ce scrutin avec 53,9 % des voix, selon les chiffres définitifs communiqués par la préfecture du Var. Laurent Lopez a recueilli 5 031 voix, contre 4 301 pour son adversaire UMP Catherine Delzers (46,1 %). Le taux de participation était de 45,26 % ce dimanche, en hausse de près de 12 points par rapport au 1er tour, a indiqué la préfecture du Var.

1489157 3 0fb0 marine-le-pen-a-lille-le-5-mars-2011Le FN a donc pour la première fois sérieusement profité de la progression de la participation qui entre les deux tours bénéficiait jusqu'ici au Front Républicain. Il gagne près de 2 300 voix. Laurent Lopez, missionné par Marine Le Pen, pour représenter sur ce territoire le visage supposément «dédiabolisé» du FN et du «Rassemblement Bleu Marine», a donc emporté un très grande partie de l'afflux des abstentionnistes du 1er tour et sans doute (comme à Villeneuve-sur-Lot) 15 à 20 % des électeurs de gauche qui refusent désormais de voter pour une pâle copie UMP alors qu'ils ont l'original FN sous les yeux - que les médias s'échinent à présenter comme ayant évolué.

Dans ces conditions, les résultats du canton de Brignoles marquent une défaite pour l'ensemble des forces républicaines à droite évidemment, mais d'abord à gauche, qui va devoir trouver d'urgence les éléments du sursaut.

Une défaite de la droite

Jusqu'ici, la droite et l'UMP avaient à peu près beau jeu d'expliquer que – malgré les discours ambigus de ses responsables – ils étaient le rempart républicain contre la montée de l'extrême droite. Mais les élections partielles précédentes qui ont opposé au 2nd tour l'UMP au FN ont toujours été emportées de manière serrée, avec la discipline d'une partie majoritaire de l'électorat de gauche, alors que l'UMP a toujours refusé de se prononcer pour la défense républicaine en cas de duel gauche-FN.

Il est d'ailleurs probable que si le candidat communiste soutenu par le PS s'était retrouvé en duel contre le FN, l'UMP aurait ouvertement refusé de donner une consigne de vote «Front Républicain» que la plupart des dirigeants de l'UMP ont déjà du mal à prononcer lorsque le candidat est socialiste.

Mais les précédentes élections partielles avaient placé l'UMP en tête ; le FN n'était que le challenger. À Brignoles, dans un territoire où le FN a le vent en poupe comme dans tout le sud-est de la France, c'est le FN qui est arrivé en tête et l'UMP qui était challenger. Pour une partie grandissante de l'électorat, l'UMP a échoué à représenter une opposition au gouvernement de gauche, et ce pour deux raisons :

  • jfcope-ce3de.jpgl'incapacité à s'organiser démocratiquement et à élaborer des propositions alternatives à celle du gouvernement Hollande-Ayrault ;
    la légitimité que les positions ambiguës de l'UMP offre de fait au FN (il serait un parti républicain puisqu'il n'est pas interdit, le seul problème avec le FN serait sa politique européenne et la volonté de sortir de l'euro…).

Ainsi, l'UMP a convaincu une partie de l'électorat de droite comme de gauche que le FN était désormais l'alternative ; c'est la marque du sondage sur les intentions de vote aux Européennes de mai prochain, qui place l'UMP derrière le FN. En ne se déplaçant pas pour soutenir leur candidate de 2nd tour (alors que le candidat communiste et le PS avaient immédiatement appelé à faire barrage au FN en votant pour elle), les dirigeants de l'UMP ont clairement avoué leur échec et abandonné leurs responsabilités.

On voit mal de quelle autorité ils pourront se prévaloir pour s'opposer en mars prochain aux tentations d'alliance entre la droite et l'extrême droite.

Une défaite de toute la gauche

Mais avant tout, le scrutin de Brignoles marque au premier comme au second tour une brutale sanction de l'électorat de gauche en direction des partis qui s'en réclament.

Au premier chef, c'est une sanction pour la gauche gouvernementale (PS-EELV).

cahuzac referenceToutes les élections partielles depuis juin 2012 ont été perdues par les candidats PS. Avant Brignoles, dans deux scrutins, législatives partielles de l'Oise et du Lot-et-Garonne, le PS a été éliminé, incapable de se maintenir au 2nd tour, condamné à appeler au "Front Républicain" et à voter UMP. À chaque fois, une partie (encore majoritaire mais pour combien de temps) des dirigeants socialistes expliquent que ces élections partielles sont des cas particuliers ; a fortiori, les deux législatives métropolitaines : il est vrai que succéder à Jérôme Cahuzac après le scandale qu'il a provoqué était difficile, mais cela marque l'échec du Parti et du gouvernement à convaincre qu'ils avaient tiré les leçons de «l'affaire Cahuzac». Dans l'Oise, face au candidat UMP ressuscité mais corrompu, Jean-François Mancel, il eut été pourtant plus aisé de faire la différence avec l'adversaire.

La raison est évidemment plus profonde que celle d'une malheureuse séquence de cas particuliers dans des circonscriptions difficiles : à chaque fois, l'abstention dans l'électorat de gauche dès le 1er tour est massive et ces électeurs ne sont plus sensibles aux arguments visant à mettre en avant le risque FN.

discours Maurel samediÀ ce titre, en dehors de l'intervention d'Emmanuel Maurel, la table ronde des universités d'été de La Rochelle consacrée à la lutte contre l'extrême droite, est particulièrement éclairante sur l'erreur politique et stratégique de la direction du PS. Les interventions convergeaient vers une logique fausse :

  • - mettre en avant le danger électoral du FN,
  • - dénoncer moralement ce parti,
  • - tout cela étant jugé suffisant pour que l'électorat de gauche se rassemble derrière le PS aux municipales et aux européennes et fasse ainsi barrage à l'extrême droite.

 

Sauf que le peuple de gauche n'écoute plus de tels discours qui, s'ils portent une partie nécessaire – oui il existe un danger électoral FN, oui il faut dénoncer le hiatus du FN avec les valeurs républicaines –, sont parfaitement biaisés et insuffisants. Répondant à Malek Boutih, Emanuel Maurel a heureusement rappelé que l'extrême droite se nourrissait évidemment de la misère sociale. Il se nourrit également des renoncements de la gauche au gouvernement, jugés comme tels par nos électeurs :

  • - il n'y a pas en France de majorité politique en faveur d'une politique d'austérité à l'échelle européenne et nationale,
  • - il n'y a pas plus de majorité en faveur d'une politique économique de l'offre et de réduction du coût du travail,
  • - il n'y a pas de majorité non plus pour la flexibilité du marché du travail qui a été imposée au travers de l'ANI,
  • - enfin, il n'y a pas de majorité en faveur d'une régression des droits sociaux en matière de retraite.

Il n'y a pas de majorité politique sur tous ces sujets, car les Français n'ont pas voté pour en mai et juin 2012 ! Ce n'était pas les engagements qu'on leur avait soumis et sur lesquels ils se sont prononcés.

Depuis un an et demi, l'électorat de gauche a l'impression que le gouvernement mène une politique économique et sociale qui contredit le programme que le PS avait adopté en juin 2011 et qui contredit les 60 engagements déjà très prudents de François Hollande durant la campagne des élections présidentielles.

Alors ils votent avec leurs pieds au 1er tour, ils votent avec leurs pieds au 2nd tour quand le PS y est encore présent. Et certains font plus grave : ils préfèrent parfois voter au 2nd tour pour le candidat de l'extrême droite car «on ne l'a pas encore essayé». Cela démontre le niveau de défiance qui les animent désormais vis-à-vis de la gauche qu'ils ont porté au pouvoir au printemps 2012.

553049-manuel-valls-cecile-duflotIl est vrai que cette situation ne peut être que renforcée par l'incapacité des deux partis principaux – PS et EELV – du gouvernement à avoir une stratégie commune lors des élections partielles. Ne nous y trompons pas, la décision du parti écologiste dans le Var de présenter un candidat autonome au premier tour de la cantonale partielle n'a rien à voir avec le malaise que peuvent ressentir les militants écologistes, leurs responsables, et au-delà bon nombre de militants socialistes, face à la politique du gouvernement (hors logement et éducation) et plus encore lorsque le ministre de l'intérieur déclenche des polémiques qui contraignent Jean-Marc Ayrault tout autant que Cécile Duflot à le recadrer. Non, la décision de ne pas soutenir le candidat communiste au 1er tour était une erreur. Mais, à l'inverse ne nous trompons pas non plus sur les causes profondes de la défaite de Brignoles : si tous les électeurs de gauche du 6 octobre avaient voté pour un seul candidat (1 579 voix cumulées – 23,47 % des suffrages exprimés), cela aurait sans doute évité l'élimination de la gauche, mais fondamentalement c'est un score historiquement bas et cela n'aurait en rien empêché le FN d'emporter le canton au 2nd tour, les résultats du 13 octobre ayant depuis démontré la dynamique à l’œuvre.

melucheCette défaite n'est cependant pas la défaite de la seule gauche gouvernementale.

Il n'aura échappé à personne que le principal candidat de gauche lors du 1er tour de Brignoles était un élu du PCF. Peut-être y existe-t-il des raisons internes et locales au parti communiste qui expliquent une difficulté à succéder à un conseiller général communiste reconnu ? Mais avant tout, les électeurs de gauche en s'abstenant massivement le dimanche 6 octobre ont fait la démonstration imparable qu'ils ne faisaient pas la distinction entre deux gauches qui seraient aujourd'hui irréconciliables ; l'idée que le Front de Gauche représenterait une alternative au PS ou à l'attelage PS-EELV est parfaitement incompréhensible pour l'électorat de gauche.

Cela marque trois enseignements :

  • - la stratégie de Jean-Luc Mélenchon est condamnée à l'échec ;
  • - les municipalités d'union de la gauche conduites par le PCF souffriront aussi des mauvais choix du gouvernement lors des élections municipales de mars 2014 ;
  • - il n'y a pas en France de communes où le risque de la droite et/ou de l'extrême droite soit suffisamment faible pour donner libre cours aux affrontements internes à la gauche (encore plus quand on a géré une commune ensemble).

Ces enseignements devraient inciter plus encore le Parti Communiste Français à privilégier le rassemblement contre la stratégie agressive du Parti de Gauche ; ils devraient également inciter le Parti socialiste à ne pas dresser artificiellement des listes autonomes contre les dernières municipalités communistes où il était associé.

Mais ces considérations stratégiques sont peu de choses face au problème de fond que toute la gauche doit impérativement résoudre si elle veut réellement transformer la société dans la durée et donc éviter que l'extrême droite ou une droite extrêmisée et radicalisée accède au pouvoir en 2017.

L'urgence du sursaut à gauche

Face aux renoncements de la gauche au pouvoir, qui comme nous l'avons vu impacte électoralement toute la gauche, ce sont d'abord et avant tout les catégories populaires, qui avaient voté Hollande à la Présidentielle et socialiste aux Législatives de 2012, pour sanctionner la politique économique et la violence sociale de Nicolas Sarkozy, qui nous font défaut aujourd'hui… soit en s'abstenant, soit en sautant le pas du vote FN. Notre feuille de route stratégique et politique doit donc impérativement de repartir à la conquête de l'électorat populaire, comme l'indiquer Emmanuel Maurel à La Rochelle le 24 août dernier.

Dans l'électorat FN, on aura noté depuis plusieurs années la distinction qui est possible entre une partie de l’électorat populaire et ouvrier du nord et de l'est de la France, et l'électorat traditionnel de la droite mais radicalisé du midi provençal et languedocien (commerçants, petits artisans, etc.). C'est évidemment l'électorat populaire et ouvrier, qui existe aussi dans le sud-est, qu'il est possible de reconquérir, et qu'il nous faut reconquérir, en menant une politique qui répond à sa détresse et ses préoccupations économiques et sociales.

Cependant, cet électorat populaire et ouvrier souffre de la part d'un certain nombre d'élus socialistes (et leurs conseillers) d'un double mépris.

  • - Le mépris «Terra Nova» : on se souvient de la note publiée par ce think-tank du vivant d'Olivier Ferrand, qui concluait de manière définitive au conservatisme des catégories populaires, proposant au Parti Socialiste d'abandonner son discours habituel fondé sur l'alliance entre classes moyennes et classes populaires, pour s'adresser à l'addition des minorités ethniques et sexuelles et des classes moyennes supérieures éduquées… avec le programme économique social-libéral qui va avec ;
    - Le mépris «Gauche populaire» : un collectif d'intellectuel s'était constitué dans la foulée de cette note pour en dénoncer le grave mépris qui la sous-tendait et la rupture qu'elle impliquait avec la mission émancipatrice historique de la gauche. Mais, ce collectif s'est depuis fait voler son bébé par un certain nombre de députés opportunistes qui ont préempté dans les médias le label «gauche populaire». Ainsi, émerge depuis un nouveau type de mépris : si cette sensibilité propose une réorientation de la politique économique gouvernementale au service des intérêts des catégories populaires, elle rejette plus ou moins toute avancée sérieuse dans les domaines qui lui paraissent au mieux accessoires, au prétexte que les classes populaires rejetteraient par principe celles-ci : donc elles seraient incapables d'entendre ou de comprendre les débats sociétaux (mariage pour tous, PMA, politique migratoire, Rroms) ou européens. C'est là une nouvelle forme de mépris à l'égard de ces catégories sociales, c'est aussi un abandon idéologique en termes d'éducation populaire et d'humanisme qui font toutes deux partie des fondamentaux de la gauche.

D'une certaine manière, la stratégie personnelle d'affirmation de l'ordre et de l'autorité (sans la justice) et de triangulation, portée par Manuel Valls, participe de cette vision méprisante pour les catégories populaires. Plutôt que de faire de la pédagogie sur la nécessité de changer de politique migratoire vers plus d'humanisme, il dénonce les Rroms en tant qu'ethnie, il justifie l'expulsion d'une enfant kosovare de 15 ans scolarisée au sein de l'école républicaine … parce qu'il considère sans se poser de questions éthiques que l'opinion française le soutiendra et servira sa carrière politique. C'est là une des nombreuses illustrations du populisme qui gangrène désormais tout le panel de la vie politique française.

C'est aussi une aubaine pour des postures clientélistes : le clientélisme tel qu’on l’entend d’habitude consiste à établir une relation d’intérêt personnel ou collectif entre un élu et les citoyens. Les suffrages se monnayant contre des services. L’idéologie est bien loin, les considérations politiques inopérantes, seule compte la capacité de l’élu d’actionner les bons leviers du pouvoir afin de régler quelques problèmes concrets et obtenir des avantages pour le plus d’électeurs possibles. Dans l’esprit de bien des élus qui fonctionnent au clientélisme (mais aussi des citoyens, parce que les citoyens sont les premiers soutiens du clientélisme), il n’y rien de répréhensible. Pour eux l’intérêt général n’est que la somme des intérêts particuliers des électeurs clients. La mort des grands modèles, des schémas politiques simples, des structures partisanes tentaculaires qui encadraient et organisaient les luttes, la vie sociale et culturelles des quartiers populaires, a ainsi laissé place à des icônes populistes. Au-delà du clientélisme, du populisme et de la maîtrise parfaite du covoiturage et de la location de mini-bus, l’engouement que suscite Samia Ghali dans les quartiers nord, a de quoi ébranler les derniers rénovateurs de Solférino.

Le Parti Socialiste doit donc revenir aux fondements de sa mission historique transformatrice et émancipatrice. Il doit assumer totalement son «autonomie solidaire», expression inventée par Harlem Désir où on a bien vu la solidarité automatique et irréfléchie mais en rien l'autonomie, vis-à-vis du gouvernement, pour pousser à la réorientation de sa politique.

Maurel AG Motion 3L'émancipation économique et sociale doit de nouveau être au cœur de sa politique, tout en assumant son humanisme et sa mission d'éducation populaire. Il y a urgence à rompre avec les dérives de l'année écoulée :

  • - ce «socialisme de l'offre» où l'on voit bien "l'offre" en réponse aux exigences du patronat, mais en rien le "socialisme" et encore moins les résultats pour l'emploi et les droits des chômeurs et des travailleurs ;
  • - cette abdication devant les logiques austéritaires et libérales européennes qui conduit le gouvernement à tenter de réduire la dette par l'impôt (jusqu'à saturation pour les classes moyennes) alors qu'il aurait fallu la réduire grâce à une politique de croissance (aujourd'hui on ne réduit ni la dette ni les déficits).

Si le Parti Socialiste ne mène pas une campagne sur la réorientation des politiques économiques européennes, sur la révision du traité budgétaire et l'augmentation du budget communautaire, alors il sera durement sanctionné (et dans tous les cas ce sera dur car François Hollande a finalement plié devant les conservateurs européens : pacte de croissance vidé de son sens mais ratification du traité budgétaire ; acceptation sans conditions sérieuses d'un budget européen en recul) ; les électeurs ne nous suivront pas sur un discours moral limité à «il faut sauver la construction et l'idée européennes» ; ils suivront pas le PSE si celui-ci se donne comme candidat à la présidence de la Commission européenne un membre d'un SPD (Martin Schulz) prêts à faire une grande coalition avec Angela Merkel… tout simplement parce que c'est le choix d'abdiquer devant les théories libérales et les partis conservateurs qui est en train de tuer l'idée européenne partout dans le cœur des Européens.

 

Ce tournant doit impérativement être opéré avant les municipales et les européennes, sauf à laisser une nouvelle fois quelques charlatans autoproclamés "docteurs en opinion publique", nous expliquer que décidément les Français seraient de droite et qu'il n'est pas possible de mener une politique de gauche… en oubliant que c'est à gauche que les Français avaient voté au printemps 2012, dans la dynamique du discours du Bourget dont il reste peu de défenseurs aujourd'hui.

Frédéric FARAVEL

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