Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
en savoir plus

 

Trouve

Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 12:34

Les socialistes espagnols ont subi, dimanche 22 mai, une très lourde défaite aux élections municipales. Le Parti socialiste ouvrier espagnol - PSOE -, avec 27,81 % des voix, arrive très loin derrière les conservateurs du Parti populaire (PP, avec 37,58 %), selon des résultats quasi définitifs. Cet écart de presque dix points vient sanctionner, de manière inédite à ce niveau, les socialistes, au pouvoir depuis 2004, à dix mois des législatives de mars 2012 et au moment où le pays est en proie à une vague de contestation menée par les jeunes.

Ce n'est pas la première fois depuis 2008 que les socialistes européens enregistrent de cuisants revers électoraux ou se préparent à les essuyer. Confrontés à la crise financière, économique et sociale, les derniers gouvernements sociaux-démocrates au pouvoir en Europe Centrale et en Grande-Bretagne ont été balayés par leurs adversaires conservateurs et populistes :

  • les travaillistes britanniques de Gordon Brown ont surtout été frappés par la crise sociale qui faisait suite à l'effondrement du modèle financier de développement ;

  • les sociaux-démocrates hongrois, qui s'étaient convertis à un libéralisme forcenés, durent mettre en œuvre une politique d'austérité extrêmement drastique pour éviter l'effondrement de l'économie de la monnaie, mais les élections qui suivirent les virent écraser par les néo-conservateurs du Fidesz et leur alliés national-populistes du Jobbik.

Dans la plupart des pays européens où se sont déroulés des élections générales ou intermédiaires, les sociaux-démocrates n'ont pas réussi à faire la différence, alors que la volonté de revenir à des politiques régulatrices auraient pu leur profiter. Las, les peuples européens n'ont pas cru jusqu'ici que ceux qui s'étaient convertis au néo-libéralisme seraient plus crédibles que les gouvernements conservateurs sortants qui avaient adapté quelque peu leur politique face à la crise internationale. Bien que débarrassés des derniers oripeaux schröderiens, le SPD est aujourd'hui distancé dans les sondages par les Verts allemands, alors que les Conservateurs semblent pourtant avoir perdu la confiance des Allemands.

En Grèce, le PASOK de Georges Papandréou a renversé les conservateurs auxquels les Grecs reprochaient leurs mensonges, incompétences et corruptions. Mais contraint par les recettes toujours quelques peu austères du FMI, même si ce dernier était dirigé par Dominique Strauss-Kahn. La réputation keynésienne et régulatrice de l'ex-directeur général du FMI n'a pas été particulièrement vérifiée en l'occurrence. Notons par ailleurs que quelques mois plus tard lors des élections municipales le PASOK perdait 10 points par rapport aux élections législatives, son salut venant du discrédit total de la droite conservatrice de Nouvelle Démocratie.

De même, le gouvernement socialiste portugais a été mis en minorité, alors qu'il avait déjà engagé de sévère restriction budgétaire, dès le moment où il s'est vu contraint par sa situation et sous pression de la Commission et du Conseil européens de faire appel à « l'aide » et aux « solutions » du FMI. Il faut remarquer que le gouvernement de José Socrates était déjà minoritaire et ne tenait que par la neutralité « bienveillante » des communistes et du « Bloc de Gauche » : ces derniers ont sans doute tiré une balle dans le pied des Portugais, car la victoire semblant promise, selon les derniers sondages, au Parti Social-Démocrate (centre-droit), dont est issu José Manuel Barroso, le remède qui serait mis en œuvre par ce dernier risque d'être encore plus douloureux que celui que Socrates se croyait obliger d'administrer au Portugal.

De fait, les recettes du FMI ont prouvé leur échec car les économies où elles ont été mise en œuvre ont vu leur situation s'aggraver (Irlande et Grèce) ; elles ont été asphyxiées par l'austérité qui leur a été imposées, cette dernière asséchant la consommation populaire et paupérisant les classes moyennes.

Les Espagnols cherchaient à échapper au recours au FMI, le PSOE de Zapatero avait donc devancé les directives probables du FMI et de DSK. La réponse est aujourd'hui claire : la jeunesse est dans la rue, en déshérence sociale et idéologique, avec des réflexes que quelques commentateurs apparentent aux révolutions arabes. Le PSOE est désormais et pour longtemps totalement décrédibilisé.

Sous la direction de Poul Nyrup Rassmussen, le Parti Socialiste Européen entame une révision politique salutaire. Le premier jalon concret est la position commune des socialistes européens pour une alternative progressiste au Pacte de Compétitivité inventé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

En France, nous devons être cohérent. Si nous voulons sauver notre économie de la déroute et notre peuple de la faillite populiste qui pourrait s'emparer d'elle si nous prenions de mauvaise décision, il est désormais urgent de ne pas nous tromper. La confusion entre la soumission au néo-libéralisme et sociale-démocratie s'éloigne même si certains candidats nous promettent encore comme « horizon radieux » une « rigueur de gauche » dont on distingue mal les différences avec la rigueur de droite. Nous devons également réaliser le rassemblement de la gauche pour éviter les dérives délétères comme celle à laquelle nous assistons au Portugal.

Le projet que nous portons avec Martine Aubry peut permettre cette dynamique politique et sociale et ce rassemblement à gauche. Sachons faire le bon choix.

Frédéric Faravel

Partager cet article

Repost 0

commentaires