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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Maintenant la Gauche !

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 07:47

Leo_Moreau_CF_PS_95_17-06-2013.jpgLe conseil fédéral du PS Val-d'Oise se tenait lundi 17 juin 2013 à Cergy à partir de 21h. Son ordre du jour débutait logiquement par un débat politique général, qui ne pouvait évidemment faire l'impasse sur les deux évènements du week-end : la convention nationale "Notre Europe" du PS et l'élimination du candidat socialiste dès le 1er tour de l'élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, ancienne circonscription de Jérôme Cahuzac.

De longs débats de qualité,
graves et respectueux

La convention du PS a fait l'objet d'une analyse plutôt consensuelle. Il a fallu cependant rappeler que si notre Parti avait finalement trouvé une "sortie par le haut" selon l'expression d'Emmanuel Maurel, celle-ci avait débuté sous des auspices peu favorables : refus du premier secrétaire sur commande du premier ministre de laisser déposer un texte concurrent à celui de la direction, volonté d'éparpiller les amendements pour essayer d'éparpiller les voix, tentatives répétées de maquiller la réalité des résultats, qui avaient offert une très large majorité aux amendements présentés par Maintenant la Gauche, avec pour deux d'entre eux le soutien d'Un Monde d'Avance. Mais on peut se réjouir de la tonalité finale du texte qui assume la nécessité d'une relance européenne, la confrontation politique avec les conservateurs européens (même s'il eût fallu caractériser plus nettement nos adversaires), et propose dans une résolution finale 14 propositions précises qui reprennent notamment les propositions de Maintenant la Gauche soutenues par les militants socialistes.

logo_convention_Europe_PS.jpgMais le travail n'est pas achevé et cela a été rappelé dans le débat : si le PS est désormais pourvu d'une orientation ambitieuse à un an d'élections européennes qui s'annoncent sous la pression des national-populistes et des anti-européens (partout sur le continent), nous serons nombreux à être vigilants et à exiger des garanties qu'elle sera défendue de manière sincère et convaincante auprès des autres membres du Parti Socialiste Européen (qui ont heureusement pour la plupart perdu leur boussole blairiste ou schröderienne). En effet, le PSE doit impérativement se doter d'un programme offensif qui porte réellement la réorientation de la construction européenne avec un candidat à Présidence de la Commission qui soit en cohérence avec cette volonté.

Sur les causes et les conséquences de la défaite à Villeneuve-sur-Lot, comme d'habitude, deux grandes tendances se sont exprimées dans les échanges.

D'un côté, ceux, finalement peu nombreux, qui ont tenté d'expliquer que l'effet Cahuzac était indépassable sur cette circonscription, un cas particulier entretenu jusqu'à l'absurde par l'interrogation publique de l'ex-ministre sur l'éventualité d'une nouvelle candidature. La faute également aux grands élus socialistes qui auraient refusé la publicité sur leurs revenus et leurs patrimoines, dans le cadre de la loi sur la transparence de la vie politique. La faute enfin à l'insuffisance de travail pédagogique de la part du PS et du gouvernement pour expliquer aux Français les réformes engagées et le travail de longue haleine sur le mandat qui portera un jour ses fruits. Le comble fut l'explication qu'il était logique, naturel, et donc irrésistible qu'un parti au pouvoir perde les partielles. Un responsable fédéral de la motion 1 finissait cependant par concéder qu'il y avait dans le pays une détresse sociale à laquelle il convenait de répondre de manière urgente (sic).

De l'autre côté, et à des degrés divers, les intervenants du conseil fédéral ont rappelé qu'on ne pouvait constamment argué du caractère exceptionnel de chaque législatives partielles, notamment quand il s'agit de la 8e que la gauche perd sur 8 engagées depuis juin 2012, dont deux offrant aux électeurs et au pays le spectacle d'un nouveau 21-Avril. Si des mesures positives ont pu être engagées - Mariage pour tous, allocation de rentrée scolaire, âge légal de départ en retraite à 60 ans, politique du logement, refondation de l'école -, les Français ne sont pas ignorants et sourds à tous les exercices pédagogiques : dans les 8 partielles perdues, y compris dans celle de Villeneuve, il convient de mesurer leur jugement sur l'affaire Cahuzac bien sûr mais aussi sur l'orientation de politique gouvernementale. Dans le premier cas, rappelons que notre camarade Barral a été soutenu sur place par Manuel Valls (le plus populaire de nos ministres paraît-il), Stéphane Le Foll et Harlem Désir ; il n'a donc pas manqué de l'engagement du parti derrière lui, et les électeurs n'ont pas validé l'idée selon laquelle l'affaire Cahuzac ne serait que "la faute d'un homme" seul. Les électeurs de la gauche ont toujours été exigeants avec nous : ils n'acceptent pas que l'on ait pu nourrir en notre sein un tel personnage, lui faisant gravir un à un les échelons du pouvoir, sans jamais s'interroger sur les choix qu'il avait fait dans sa carrière, qui étaient connus et qui sont tellement parlant. Cet aveuglement plus ou moins volontaire de nos responsables politiques est perçu le symbole d'une perte du sens des valeurs de gauche, qui peut nous être reproché par une partie croissante de notre électorat. Celui-ci nous juge et nous jugera à l'aune de nos engagements mais aussi de ce qu'ils attendent de la gauche. Or, la montée du FN ne s'explique pas uniquement par la "crise morale" qui atteindrait la "classe politique" ; la réalité est plus cruelle. logos GAUCHEPartout et à chaque fois que nous avons donné ou que nous donnerons l'impression, que les politiques mises en oeuvre par un gouvernement de gauche peuvent être interprétées comme un recul de la solidarité nationale, un recul du service public, et donc in fine de la République telle que nous la concevons, les communautarismes et les fascismes ont progressé et progresseront. Cette menace est à souligner dans le contexte où des militants d'extrême droite se sont sentis suffisamment libres pour assassiner en pleine rue un jeune militant de gauche. Ce sera valable si nous faisons les mauvais choix sur les retraites, c'est aussi le risque si dans le débat sur le "projet de loi d'affirmation des métropoles et de modernisation de l'action publique" nous donnons l'impression d'abandonner 3 à 4 millions de franciliens des territoires périphériques de la région. Ces territoires péri-urbains et rurbains dont nous avons identifiés depuis plusieurs années le sentiment de déclassement et de délaissement qui nourrit en partie le vote FN. Enfin, il a été pointé qu'il n'était pas très pertinent d'agresser nos partenaires politiques - EELV ou PCF - a l'issue de cette partielle - en répétant l'erreur d'analyse des lendemains 21-avril, où certains avaient rejeté LA responsabilité de NOTRE échec sur Chevènement, Taubira ou Mamère, sans jamais vouloir se remettre en cause - alors que les scrutins locaux à venir (municipales et départementales) s'annoncent délicats à négocier pour le parti au pouvoir, qui aura besoin du soutien de ceux-ci et de leurs électeurs.

Le Premier Secrétaire fédéral a tenu à conclure ce débat sur trois points avec des arguments qui méritent corrections.

Mauroy_Aubry.jpg1- Faisant une ode à la réfome, en s'appuyant sur le discours d'hommage du Président de la République à Pierre Mauroy, il a affirmé sans ironie que toutes les réformes mises en oeuvre depuis un an avaient été annoncées pendant la campagne par le candidat Hollande. Je me permettrai donc ici de rappeler quelques faits irréfutables :

Pierre Mauroy et Martine Aubry, une certaine idée du socialisme démocratique

  • - je cherche désespéremment les militants révolutionnaires bolchéviques putschistes qui rejetteraient dans le Parti Socialiste l'action de transformation sociale par la réforme pour lui préférer la violence politique. Je ne crois pas non plus qu'on en trouve au PCF, à EELV, au PRG, au MRC ou même au PG ;
  • - plus sérieusement, je ne me souviens pas que le candidat Hollande ait plaidé pendant la campagne pour la ratification du traité Merkozy, au contraire. L'argument du Pacte de croissance de 120 milliards que le président aurait obtenu en échange de cette ratification tombe de lui-même avec leur disparition. Même Jacques Delors appelait samedi 15 juin lors du forum des progressistes à les retrouver ;
  • - si la méthode de la négociation sociale avait bel et bien été annoncé pour toutes réformes sociales, l'accord national interprofessionnel (ANI) sur la flexibilisation de l'emploi contient des mesures comme les accords compétitivité emploi plaidés par Nicolas Sarkozy que le candidat Hollande avait expressément combattus. La méthode reste valable pour la question des retraites, et favoriser le dialogue avec les partenaires sociaux est évidemment préférable à l'humiliation récurrente qu'il subissait du pouvoir précédent, mais les axes mis en débat pour la réforme des retraites, notamment l'allongement de la durée de cotisation, sont bien éloignés de la réforme préparée par le PS en 2010 et ne sont pas ceux annoncés dans les engagements du candidat Hollande ,
  • - enfin, le Pacte de compétitivité et le CICE sont contraires au discours sur le coût du travail que portait le candidat et leur principe (alléger le coût du travail qui serait un frein à la compétitivité) était dénoncé à la tribune du congrès de Toulouse par les orateurs de toutes les motions du parti ... quelques jours avant que le Premier Ministre n'annonce leur mise en oeuvre.

foule_Meric_Argenteuil_12-06-2013.jpg2- Selon lui, même s'il faut dénoncer les groupuscules qui sont responsables directement ou indirectement de l'assassinat du jeune Clément Méric (le PS95 a d'ailleurs participé à l'hommage rendu à ce jeune homme par toutes les organisations de gauche du département devant la stèle Gabriel-Péri à Argenteuil et, dans ce cadre, l'agressivité à son égard de certains groupuscules présents n'est effectivement pas supportable), il conviendrait également de rappeler qu'une partie des groupes de la gauche radicale aurait choisi les combats de rue et la violence et qu'il était nécessaire d'y mettre terme. Cette manière de présenter les choses me paraît particulièrement spécieuse. Elle introduit un rapprochement inapproprié entre les agresseurs et les agressés, d'une part, démontre que l'orateur est enfermé dans une mythologie remontant aux années 1970 impliquant que la rue soit tenue par une extrême gauche prompte à combattre violemment des groupuscules fachoïdes, d'autre part. Par ailleurs, il n'est pas possible sur le fond comme sur la forme de rapprocher extrême droite et extrême gauche, tant leurs projets et leurs valeurs sont éloignés, anti-républicains pour les uns, anti-privilèges pour les autres. Enfin, c'est Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls qui apportent la contradiction à notre premier secrétaire fédéral. Répondant aux amalgames odieux et répétés de Jean-François Copé et du FN qui exigeaient la dissolution des groupes de la gauche radicale, le gouvernement a rappelé les termes qui permettent la dissolution des ligues factieuses... si les groupuscules d'extrême gauche ou de gauche radicale avaient pu tomber sur le coup d'une accusation pour violence organisée, ni le Ministre de l'Intérieur ni le Premier Ministre ne se seraient risqués à le réfuter avec plus complète fermeté devant la représentation nationale. Ne nous trompons pas : ici, la violence organisée et morale est bien celle de l'extrême droite radicale, complice quoi qu'elle en dise du FN, lui-même accomodant avec elle.

mnl-bfm-332x205.png3- La stratégie de réduction du déficit mise en oeuvre serait la seule possible, elle donnera ses fruits dans 1 an pour ouvrir une nouvelle période qui permettra alors d'en redistribuer les fruits.. ou la rigueur racontée aux enfants. Avec comme codicile, le fait que personne ne proposerait à gauche d'alternative à cette politique. Sur ce dernier point, je rappelerai que Maintenant la Gauche a présenté le 22 avril dernier un plan détaillé pour la relance en France et en Europe, et je propose à notre camarade Rachid Temal de se plonger un peu dedans, ça lui fera le plus grand bien : télécharger le plan de relance écologique et social. Enfin, il convient de regarder la stratégie pour la réduction des déficits et de la dette telle qu'elle est mise en oeuvre.
logo_MLG_2-copie-1.jpgLa réduction drastique des dépenses publiques appliquée à tous les ministères (sauf ceux de l'éducation nationale et de la justice) donne-t-elle les résultats escomptés ? Non. L'objectif était d'atteindre les 3% de déficit en 2013, on sera à 3,7% de l'aveu même de Bercy et sans doute au-dessus. La dette elle-même s'est accrue de quelques milliards d'euros. En effet, la manière drastique de la mise en oeuvre d'une politique de rigueur que l'on conteste par ailleurs au niveau européen aboutit à empêcher la reprise économique. Personne ne conteste qu'il faille diminuer à long terme le poids de la dette, mais si un euro pour la dette serait effectivement un euro en moins pour l'éducation, selon l'expression consacrée, la logique devient difficile à tenir quand on perd encore des euros dans l'affaire. Une illustration ubuesque : la baisse de la dotation globale de fonctionnement pour les collectivités locales à hauteur de 4,5 milliards d'euros en 3 ans, alors que ces collectivités financent plus de 60% de l'investissement public, ne peut avoir que des effets négatifs sur l'activité économique et donc sur les recettes de l'Etat.

Frederic Faravel 14-07-20122014, 2015 et 2017 viendront plus vite que certains de nos camarades ne le pensent. Ils veulent inscrire l'action des socialistes dans la durée... nous aussi. Ils considèrent que nous sommes tous dans le même bateau et que si le gouvernement échoue nous plongerons avec lui... nous aussi. Raison de plus pour revenir à la raison et ne pas être renvoyés dans l'opposition en 2017 : pour cela il faut retrouver le sens de la gauche qu'attend l'électorat qui nous fait défaut aujourd'hui et opérer le tournant de la relance dont nos économies française et européenne ont besoin.

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3

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Published by FARAVEL - dans Parti Socialiste
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