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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 17:04

C'est une sorte de croisement improbable qui se produit devant les yeux des militants socialistes. Alors que le Gouvernement de Nicolas Sarkozy et François Fillon présente aux Français la réforme des retraites la plus injuste et la plus inefficace jamais imaginée, les socialistes français sont amenés dans le même à se prononcer sur un texte qui vise à transformer l'exercice de la démocratie en son sein. Les militans socialistes voteront même le jeudi 24 juin 2010 de 17h à 22h jour de la grande manifestation interprofessionnelle contre le projet réactionnaire gouvernemental à l'appel des 6 grandes centrales syndicales.

Loin de moi, l'idée de proclamer que le Parti socialiste serait en décalage avec les attentes réelles de l'opinon, et ce pour deux raisons :

  • la première est que le Parti socialiste a publié dès le 18 mai 2010 un contre projet détaillé et argumenté pour la réforme du système de retraites par répartition, dans une optique d'efficacité, de solidarité et de justice sociale. Rien que sur le Val-d'Oise, ce sont près de 250.000 journaux qui sont en train d'être diffusés dans la population pour promouvoir ces propositions, qui rencontrent l'attention bienveillante des principaux syndicats CGT, CFDT, FSU et UNSA, et des salariés mobilisés ;
  • la deuxième est que la question de la rénovation du Parti Socialiste nʼest pas quʼun simple ripolinage ou habillage de façade. Cʼest un débat politique sur le rapport du parti socialiste à la société et au mouvement social. Ce nʼest pas quʼun débat interne de plus entre socialistes. Car le PS étant le pivot de lʼalternative à gauche, il structure pour les années à venir le rapport des gens que nous voulons représenter au PS, le rapport des partenaires de gauche au PS, et plus largement le rapport des citoyens à la politique.

Tout cela est bien lié au contraire de ce que des observateurs peu scrupuleux vont sans doute dire. D'autant que la rénovation démocratique du Parti Socialiste (sans doute d'ailleurs le parti, où - malgré quelques pratiques douteuses de certaines fédérations, ou dans certaines sections dominées par des élus peu appréciables - dont les règles de fonctionnement étaient déjà les plus démocratiques du pays) n'a de sens que dans lʼaffirmation d'un projet dʼorientation politique, véritable alternative socialiste globale à la mondialisation et à la financiarisation du capitalisme et dans lʼaffirmation dʼun cadre programmatique concret immédiat pour les Français, mais aussi pour les partenaires de gauche.

Le choix d'externaliser la sélection du candidat de gauche peut se comprendre, dans le cadre contraint de la Vème République, dans un objectif de conquête du pouvoir. Il ne sʼagit pas pour autant de présidentialiser le Parti Socialiste. C'est pourquoi la motion C a milité pour une Convention extraordinaire du projet avant les primaires, dégagée des enjeux de pouvoir. Cette convention du projet engagera nos candidats à l'investiture et préfigurera un contrat de législature avec nos partenaires de gauche.
Nous ne pouvons pas laisser à la simple équation personnelle du candidat ou de la candidate le choix de rendre optionnel tel ou tel aspect du projet socialiste : La retraite à 60 ans sera t-elle optionnelle ? La mise en place dʼun pôle financier public sera-il optionnel ? Le juste échange également ? Et qu'en sera-t-il de l'impôt universel issu de la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu ?

On voit à quel point la prise de position ferme et ambitieuse des socialistes sur les Retraites, malgré les fausses notes de quelques élus isolés, loin du mainstream libéral et technocratique dans lequel le Parti socialiste s'était trop souvent complu, participe aujourd'hui de leur rétablissement dans l'opinion publique. On peut commencer à ressentir les effets sur le peuple de gauche de la démonstration que le Parti socialiste s'est remis au travail autour d'une volonté de transformation de la société.

Mais comme le démontre le sondage publié ce jeudi 17 juin 2010 dans les colonnes du Parisien, les Français ne sont pas encore convaincus que les socialistes s'ils revenaient au pouvoir reviendraient sur les régressions proposées aujourd'hui par la droite, si jamais elles étaient adoptées par le parlement. En effet, il existe encore une incertitude dans l'esprit des Français sur la détermination des socialistes à aller jusqu'au bout de la logique dans laquelle ils se sont engagés, d'autant que depuis Washington, le Directeur général du FMI a indiqué que contrairement au Parti socialiste, aux confédérations syndicales et aux autres partis de gauche, il ne faisait pas de la retraite à 60 ans une ligne rouge à ne pas dépasser. On peut penser dans ces conditions que bien d'autres préconisations et orientations qu'élaborera le Parti socialiste ne représenteront donc pas pour Dominique Strauss-Kahn des impératifs tellement catégoriques, d'autant que ce dernier s'il dispose de relais réels dans le Parti socialiste ne participe pas lui-même à l'élaboration du projet socialiste.

Les socialistes et la gauche doivent préparer avec soin les conditions du choix et le choix de leur leader, tout autant qu'améliorer leur relation à la société et au mouvement social et approfondir leur travail de fabrication d'un projet de transformation sociale.

Plusieurs jalons sont donc nécessaires :

  • le Parti socialiste doit s'engager clairement et dès le 24 juin 2010 aux côtés du mouvement social et des principaux syndicats de salariés. Le rendez de la manifestation de jeudi sera déterminant, ceux qui suivront ne le seront pas moins, et les parlementaires socialistes devront mener une bataille terrible pour relayer les aspirations du mouvement social dans les deux Chambres ;
  • les deux dernières conventions "international" et "égalité réelle" du Parti socialiste doivent mobiliser plus encore ses adhérents et être préparées en lien avec le mouvement social, les chercheurs et nos partenaires, car le PS ne doit surtout pas se replier sur lui-même. Au-delà des rendez-vous politiques de l'automne 2010, la convention extraordinaire du projet, qui doit être organisée au printemps 2011 et devenir un cadre imposé aux différents candidats socialistes aux primaires ouvertes, ne peut être une coquille floue : il est déterminant que les propositions soient suffisamment précises pour que les engagements des socialistes pris devant les Français ne soient pas un chiffon de papier, que n'importe quel candidat pourrait interpréter de manière dillettante au gré de leur préférence personnelle ;
  • les procédures de dépôts de candidatures aux primaires ne peuvent se prolonger indéfiniment au gré de l'indécision ou du trac de tel ou tel candidat. Il ne serait pas compréhensible que les socialistes, la gauche et les Français ne soient pas fixés à la fin du mois de juin 2011 sur les personnalités qui solliciteront leurs suffrages pour mener la bataille de l'élection présidentielle. Parmi tous ceux qui se posent aujourd'hui la question, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry doivent l'un et l'autre au parti comme au pays de se prononcer le plus rapidement possible...

Dans l'état actuel des choses, je ne peux pour ma part rester muet sur la façon dont j'envisage les mois qui nous conduisent à la bataille électorale du printemps 2012. Le Parti socialiste se reconstruit, le Parti socialiste retisse - difficilement, inégalement - des liens qui s'étaient distendus avec le mouvement social et les autres partis de gauche, le Parti socialiste s'est remis à produire des idées, ancrées à gauche... Le candidat socialiste, s'il veut devenir le candidat de la gauche, et surtout s'il veut emporter l'élection présidentielle et gouverner le pays, devra être en mesure de rassembler le peuple de gauche et de recevoir le soutien des organisations syndicales et politiques de gauche. Ce que certains espèrent emporter au centre, ils le perdront à gauche et il n'est pas dit qu'après 5 ans de Sarkozisme et 10 ans de casse sociale, le gain du premier compense la perte du second.

Tout cela plaide selon moi pour la candidature raisonnée de la Première secrétaire du Parti socialiste à qui l'on peut largement faire crédit des progrès réalisés par le PS en interne, des progrès réalisés par le PS dans l'opinion et auprès de ses partenaires. Martine Aubry devrait logiquement prendre en charge la mission de reconquérir l'exécutif national ; si elle ne s'attelait pas à cette tâche je ne donne pas cher de l'avenir de la gauche en 2012 et encore moins de l'avenir de la société française.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise
aux relations extérieures

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commentaires

Fredéric Faravel 18/06/2010 12:34



Pour rassurer certains de mes lecteurs assidus, je ne dis pas que la question de la candidature de Benoît ne peut pas se poser, mais qu'elle ne se pose que dans le cas où la Première secrétaire,
qui avec notre soutien fait bouger les lignes dans ce parti, ne présenterait pas.


Dans ce cas, la candidature Hamon doit faire partie de l'arsenal politique à mettre en oeuvre en plus d'autres actions à définir pour ne pas laisser faire les choses sans réagir et sans préparer
l'avenir.


FF