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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 18:21

Je publie ici un article rédigé à 4 mains avec Augustin Belloc, jeune camarade valdoisien, pour la Gauche Républicaine et Socialiste, sur les résultats des élections américaines du 3 novembre 2020 qui ont vu la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Frédéric Faravel

la foule démocrate de New York et le dépit de quelques supporters de Donald Trump

la foule démocrate de New York et le dépit de quelques supporters de Donald Trump

Il aura fallu quatre jours pour que le monde connaisse le résultat du vote des électeurs américains du mardi 3 novembre dernier. Ils étaient appelés à se prononcer sur la présidence des États-Unis, les membres de la Chambre des Représentants (chambre basse), les deux tiers du Sénat, et sur toute une série de référendums locaux… La complexité de ce système électoral, l’importance prise cette année par le vote par correspondance à cause de la pandémie (plus de 100 millions d’électeurs), et la tension politique de cette campagne expliquent les délais et le suspense dans la récolte des résultats.

C’est aussi une élection hors norme du point de vue américain lui-même, puisque le taux de participation a atteint quelques 66%, 10 points de plus qu’en 2016, niveau jamais atteint depuis 120 ans. Cette participation en forte hausse s’est portée sur chacun des camps en présence. Joe Biden, avec 76,3 millions de voix, engrange plus de suffrages qu’aucun candidat à la présidence des États-Unis avant lui, soit 10 millions de plus qu’Hillary Clinton en 2016 ou Barack Obama en 2012, et 7 millions de plus que celui-ci en 2008.

Mais la surprise vient d’abord de Donald Trump, qui avec plus de 71 millions de suffrages franchit également ce record en gagnant plus de 8 millions de voix supplémentaires par rapport à son score de 2016, progressant dans de nombreux secteurs de l’électorat. Il n’y a pas eu de vague démocrate, le président sortant et les candidats républicains à la Chambre et au Sénat font mieux que résister. Si les Démocrates conservent leur avance en nombre de Représentants, ils voient leur majorité se réduire d’une dizaine de sièges ; les résultats au Sénat sont plus ambivalents, car pour le moment les Démocrates et leurs alliés « indépendants » font jeu égal avec les Républicains avec 48 sièges, la majorité dépendant des résultats pour le moment des deux sièges de la Géorgie, qui se joueront le 5 janvier 2021 dans des seconds tours (La Géorgie et la Louisiane ont choisi le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour le Sénat, contrairement au restes du pays).

Raccommoder une Amérique déchirée

La victoire de Joe Biden ne fait cependant aucun doute, quoi qu’en dise le président sortant et une large partie de ses supporters : on voit difficilement comment défendre l’idée qu’il y aurait eu une fraude massive et concertée en faveur du candidat démocrate quand sur les mêmes bulletins les électeurs américains ont pu choisir de voter pour des Représentants républicains, dont les résultats étaient salués par la Maison Blanche. La Pennsylvanie, le Wisconsin, le Michigan, l’Arizona et peut-être même la Géorgie (où Biden aurait quelques 12.000 voix d’avance, qui font l’objet d’un recomptage) ont basculé vers le candidat démocrate, lui donnant une avance indéniable en termes de délégués (290 à 306, 270 étant nécessaires pour être élu) qui viennent s’ajouter à la majorité populaire.

Dans un pays structurellement marqué par l’importance des communautés, la stratégie d’Hillary Clinton de miser en 2016 sur une coalition d’afro-américains, de latino-américains, de personnes LGBT et de citadins avait relativement échoué : si elle avait recueilli plus de suffrages que son adversaire, sa campagne segmentée et communautaire n’avait pas eu d’échos dans les catégories populaires précarisées de la Rust Belt, ce qui lui avait coûté plusieurs États-clefs et donc leurs délégués. L’ancien ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, avait expliqué a contrario comment le slogan de Donald Trump, Make America Great Again, portait une dimension universelle à laquelle n’importe quel Américain pouvait se référer. Cette stratégie des libéraux américains, relayée en France par Terra Nova et encore prisée par certains social-démocrates européens et progressistes autoproclamés, visant à remplacer une base électorale populaire défaillante par les milieux urbains éduqués et les minorités, avait plus que démontré ses limites, voire ses effets néfastes. Pour sortir de cette ornière, les Démocrates avaient misé, aux élections de mi-mandat de 2018, sur les banlieues aisées délaissant Donald Trump et le parti républicain. Ils avaient ainsi pu mettre fin à près d’une dizaine d’années de contrôle républicain de la chambre basse, en faisant basculer un certain nombre de circonscriptions-clefs.

Les primaires démocrates de 2020 avaient souligné la profonde division du parti : l’aile gauche en progression et déterminée à reconquérir les classes populaires était portée par les candidatures d’Elizabeth Warren et Bernie Sanders ; l’aile droite misait avant tout sur le rejet de Donald Trump chez les modérés et d’anciens républicains, et était représentée par Pete Buttigieg et l’ancien maire républicain de New York, Michael Bloomberg. Joe Biden, situé à l’aile droite mais dont la popularité chez les afro-américains et dans une partie de la classe ouvrière syndiquée est indéniable, avait finalement remporté ces primaires.

La gauche socialiste du parti démocrate, un atout majeur dans la victoire de Joe Biden
La gauche socialiste du parti démocrate, un atout majeur dans la victoire de Joe Biden

Contrairement à Hillary Clinton en 2016, il a pris en compte la force croissante des démocrates-socialistes dans la conception de son programme et dans sa stratégie de communication. S’il a continué de miser sur le basculement des banlieues aisées des États du sud, il a toutefois mené campagne pour reconquérir la Rust Belt avec un programme de sécurité sociale conséquent, même s’il n’est pas encore à la hauteur des espérances de l’aile gauche du parti démocrate.

Pour contrebalancer le risque de basculement de certains États du sud, Donald Trump avait adopté une stratégie originale : conquérir tout ou partie de l’électorat latino. La multiplication de clips de campagne en espagnol dans les dernières semaines avant l’élection ainsi que son raidissement sur la question de l’avortement avaient pour but d’attirer un électorat perçu comme plus religieux que la moyenne. Cette stratégie était osée, car c’est sur la critique radicale de l’immigration mexicaine que Donald Trump avait fondé sa popularité lors des primaires républicaines de 2016. Pendant les élections présidentielles, Hillary Clinton avait obtenu un score très important dans cette partie de la population. En parallèle, Donald Trump a tenté de consolider ses gains dans la classe ouvrière, en martelant que son bilan en termes d’emploi et de politique commerciale était le meilleur depuis Ronald Reagan.

Raccommoder une Amérique déchirée

Ces élections présidentielles et au congrès nous semblent contenir quatre principaux enseignements :

1) La décision démocrate de miser d’abord sur les banlieues aisées était une erreur stratégique que Joe Biden a eu raison de contrebalancer ;
2) La popularité de celui-ci dans les syndicats et son programme reprenant des éléments de la campagne de Bernie Sanders ont permis aux démocrates de reconquérir une partie de la classe ouvrière ;
3) Si Joe Biden a fait quelques progrès dans la Rust Belt, les Républicains et Donald Trump y ont fortement résisté comme le démontrent les résultats à la Chambre des Représentants et la conservation de l’Ohio par le président sortant ;
4) Ce dernier a réussi à attirer de nombreux électeurs latino lui permettant de se maintenir ou de limiter les dégâts dans un certain nombre d’États du sud et du sud-ouest.

Les banlieues aisées n’ont pas basculé comme l’espéraient les Démocrates. Si les banlieues des métropoles de Phoenix et d’Atlanta, en Arizona et en Géorgie, les ont suffisamment favorisés pour retourner ces deux États (ce n’est pas encore confirmé pour la Géorgie) systématiquement républicains depuis 1996, cela n’est pas généralisable à tout le pays. Les résultats à la Chambre des représentants démontrent que les gains démocrates de 2018 n’étaient pas durables, et que si le rejet de Donald Trump a pu faire voter Biden, il n’a pas été suffisant pour conserver ces circonscriptions. Ainsi, les banlieues aisées de Los Angeles, de Miami, de New York (dont la très symbolique circonscription de Staten Island), la circonscription d’Oklahoma City ou encore celle de Charleston sont redevenues républicaines après un bref passage démocrate de deux ans, tandis que l’avenir de celles des banlieues de Salt Lake City est encore incertain. Les élus démocrates de ces circonscriptions, souvent des hommes d’affaire ou des vétérans, situés très à droite du parti démocrate sur les sujets économiques, n’ont pas réussi à se faire réélire.

En revanche, en faisant campagne auprès de la classe ouvrière et en promettant une extension de la sécurité sociale, Biden a pu enrayer le recul des Démocrates auprès des Américains blancs de la classe ouvrière, et a pu refaire basculer les États ouvriers du Michigan, du Wisconsin et de Pennsylvanie. Toutefois, l’Iowa et l’Ohio ont tous les deux voté pour Donald Trump : les Républicains retrouvent au moins une des deux circonscriptions perdues en 2018 dans l’Iowa et parviennent à en conquérir une dans le Minnesota. Les résultats y ont été très serrés, et les démocrates vont devoir démontrer aux électeurs indécis de la classe ouvrière qu’ils peuvent répondre à leur insécurité économique.

supporters latino de Trump lors d'un meeting en 2020

Donald Trump, qui a bénéficié d’un soutien plus large que prévu dans les banlieues huppées, a réussi son pari de miser sur l’électorat latino. La Floride et le Texas ont voté pour lui avec des marges plus élevées que prévu, et Joe Biden recule drastiquement dans les comtés à forte proportion hispanophone. Dans les comtés frontaliers du Mexique au Texas, majoritairement latino, Hillary Clinton avait battu Donald Trump avec environ 75% des suffrages. Joe Biden s’y effondre, et n’obtient qu’à peine plus de 50% des voix. Des circonscriptions à majorité latino du Texas, censées être sûres pour les Démocrates, ont été remportées avec une marge très faible, et ils perdent une circonscription au Nouveau-Mexique et deux en Floride dans des zones fortement hispanophones. Donald Trump a semble-t-il mobilisé un électorat hispanique conservateur qui jusque-là s’abstenait. Il ne faut pas oublier que jusqu’aux polémiques contre l’immigration mexicaine dans les années 2010, l’électorat hispanophone était très partagé. Toute la question est de savoir si les Républicains vont parvenir à fidéliser cet électorat.

Raccommoder une Amérique déchirée

Joe Biden a sans doute remporté l’élection car ses équipes ont compris qu’il fallait nuancer la stratégie communautariste et de séduction des banlieues aisées pour reconquérir une partie de la classe ouvrière. La communautarisation du débat politique n’a pas empêché la volatilité du vote des minorités et les riches américains sont restés fidèles au parti républicain ; les Démocrates vont être contraints de questionner leur ligne stratégique depuis la présidence Clinton jusqu’aux élections de mi-mandat 2018. Il semble clair que le parti démocrate doive chercher à redevenir le parti du peuple (Party of the People) qu’il a été des années 1930 aux années 1970. Il y a encore un long chemin pour y parvenir : les résultats en Floride semblent indiquer qu’un nombre important d’électeurs votant en faveur du salaire minimum à 15$ (scrutin référendaire) ont porté leurs suffrages dans le même temps sur Donald Trump… la crédibilité des Démocrates reste à construire sur ce qui est pourtant l’une des principales revendications de leur aile gauche, inscrite dans le programme de Biden.

Si Donald Trump a été battu, le trumpisme n’est pas mort. Le président sortant a élargi de manière impressionnante sa base électorale. Sa communication outrancière, sa remise en cause de l’État de droit, ses invectives contre les médias, son refus de reconnaître la défaite et ses cris dénonçant une indémontrable fraude massive ont toujours un écho puissant dans la société américaine. Ce comportement hasardeux plonge la démocratie américaine dans une crise politique jamais vue depuis le scandale du Watergate. La transition n’a pas encore pu commencer, elle se fera vraisemblablement dans le conflit et l’amertume : les partisans de Donald Trump resteront persuadés qu’on leur a volé cette élection. Les Démocrates vont devoir gouverner avec une grande partie de la population persuadée que l’élection a été truquée. Donald Trump n’ayant effectué qu’un mandat, il aura droit de se représenter en 2024 et pourrait compter sur ce ressentiment comme moteur politique. S’il n’est pas candidat, nul doute qu’il trouvera des successeurs « dignes de lui ».

Le Squad de la Chambre des Représentants autour d'AOC
Le Squad de la Chambre des Représentants autour d'AOC

Joe Biden a su mener campagne sans jouer au centriste modéré, ce que dément pourtant toute sa vie parlementaire. Toujours placé à la droite du parti démocrate, il était connu pour concevoir ses projets de lois avec les républicains et avait plaidé en 2004 pour que John McCain, sénateur républicain, soit le colistier de John Kerry, le candidat démocrate contre George W. Bush. Si son programme comporte des avancées sociales certaines, le possible maintien des Républicains au Sénat pourrait handicaper sa réalisation, d’autant que les Représentant démocrates n’ont pas grand chose à voir avec le Squad autour d’Alexandria Ocasio Cortez. Enfin les inclinaisons naturelles du futur président ont de quoi inquiéter les démocrates-socialistes, qui vont poursuivre leur combat politique pour un parti démocrate proche du peuple et de ses aspirations.

Raccommoder une Amérique déchirée

Kamala Harris, sénatrice de Californie, va devenir la première femme à atteindre l’exécutif américain. Le symbole qu’elle représente, après deux ans de lutte féministe intense aux États-Unis contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement, est important. Mais il ne faut pas oublier que Kamala Harris a mené comme procureure générale de Californie une politique très décriée, que de graves accusations de dissimulation de preuves ayant conduit au maintien en détention de personnes innocentes ont été portées contre elle, et que ces accusations avaient conduit à son retrait des élections primaires fin 2019. Sous son mandat, le taux de condamnation était passé de quelques 50% à plus des deux tiers, alors que la question afro-américaine, et notamment l’incarcération de masse des afro-américains (phénomène devenu massif sous la présidence Clinton), sera un des sujets majeurs de la présidence Biden. Kamala Harris n’en paraît pas moins dans une position avantageuse pour la présidentielle de 2024, à condition qu’elle soit habile. Dans tous les cas, si le Sénat n’avait pas de majorité son rôle serait décisif.

La défaite de Donald Trump est évidemment en soi un motif de réjouissance, tant il a aggravé les divisions et attisé la haine dans son pays, tout en contournant à bien des égards l’État de droit. Mais cette défaite ne fait pas tout et nous ne pensons pas que les choix stratégiques des États-Unis d’Amérique seront profondément bouleversés. Certaines orientations de Donald Trump, notamment en matière de commerce international, vont vraisemblablement perdurer et devraient d’ailleurs être méditées en Europe. Il faut cependant espérer que le futur président Biden mènera une politique sociale à la hauteur du programme qu’il a annoncé, ce qui pourrait aider à panser les plaies des Américains. Espérons également qu’à l’inverse de Donald Trump et des présidents précédents il sera plus respectueux de ses alliés et de la France en matière diplomatique et militaire, plus respectueux des libertés des citoyens européens qui avaient été massivement espionnés, et que nos relations industrielles cesseront d’être fondées sur la prédation.

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 15:34
https://www.facebook.com/events/376202470249607/

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Toute la gauche se donne rendez-vous les 21 et 22 novembre en live pour les Universités de la Gauche Républicaine ! Inscrivez-vous ici : https://www.facebook.com/events/376202470249607/

 

Les Universités de la Gauche Républicaine - samedi 21 et dimanche 22 novembre 2020

Le programme

SAMEDI

10h à 12h

Qu'en est-il aujourd'hui de la promesse républicaine ?

 

La République est un idéal et une promesse adressée à tous. L’émancipation individuelle et collective est-elle en panne ? La résurgence d’exigences identitaires et le retour en fanfare du cléricalisme sont-ils inévitables ? Que peut offrir la République à ceux que la naissance n’a pas placé du côté de la possession des richesses et des savoirs? La République peut elle être convaincante si dans la réalité, l’égalité, la liberté et la fraternité ne progressent pas et si les politiques menées vont à rebours de ses principes?

SAMEDI

12h30 à 14h

L’hôpital en danger

 

Depuis bientôt un an, nous vivons une crise sanitaire inédite par son étendue et ses conséquences. Nous payons le prix de décennies de coupes budgétaires et de marchandisation de la santé public. Quel regard les soignants ont-ils sur cette crise ? Quelles ont été les succès de la mobilisation pour l’hôpital public débutée avant la crise ? Comment reconstruire une politique de la santé qui protège la population et les soignants ?

SAMEDI

15h à 16h30

Science, expertise et démocratie

 

Que ce soit pour traiter des « fake news », de la crise sanitaire ou de l’économie, les médias font plus que jamais appel à des scientifiques et des experts, parfois autoproclamés. Quelle est la réalité de cette expertise et de son indépendance ? Quelle place la méthode scientifique doit-elle occuper dans le débat public ? Comment en France, restaurer un haut niveau de recherche au service du progrès humain ? Comment diffuser des informations vérifiées sans créer de dogme indiscutable ? Comment concilier rigueur de l’analyse scientifique et pluralité des opinions

SAMEDI

17h à 19h

À la conquête du plein emploi

 

Le chômage de masse s’est établi de manière durable en même temps que la France se désindustrialisait. Comment garantir à chacun le droit de vivre de son travail ? Sommes-nous condamnés à généraliser la précarité et la remise en cause du droit du travail pour que chacun ait un emploi ? Reindustrialisation, emplois répondant aux besoins éducatifs et Sociaux, à la transition écologique , évolutions technologiques et réduction du temps de travail permettent ils de réinventer le plein emploi?

DIMANCHE

10h à 11h30

La fracture territoriale

 

Des bonnets rouges aux gilets jaunes, les luttes sociales récentes ont révélé l’ampleur de la fracture territoriale et la gravité du repli des services publics. Métropoles connectées à la mondialisation contre campagnes abandonnées et villes moyennes délaissées. centres-villes gentrifiés contre banlieue précarisée quel est l’état des lieux de ces inégalités de plus en plus visibles ? Face à l’archipellisation de la société, la décentralisation et la différenciation promues par Jean Castex est-elle la solution ? Comment rendre la République, une indivisible et garante de l’égalité ?

DIMANCHE

12h à 13h30

Atelier « Résilience commune » organisé par le pôle jeunesse

 

DIMANCHE

14h à 16h

Reprendre notre destin en main : une grande bifurcation pour la France et l’Europe

 

La mondialisation, la mise en concurrence généralisée et la résignation politique ont privé les Français de choix sur les chemins que prend notre pays, tandis que les libéraux se sont assis sur le référendum de 2005. La logique européenne à l’œuvre depuis Maastricht est de faire l’UE en défaisant la France et les autres Etats-Nations. Comment redonner à la France le contrôle de son destin ? Comment faire vivre la souveraineté du peuple français ? Que faire pour éviter la marginalité et décider nous-mêmes de notre avenir ?

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 10:58

Il n’est plus tolérable que nos enseignants soient menacés pour le travail qui est le leur, plus tolérable qu’ils soient menacés tout court. Nous devons reprendre en main notre destin collectif pour repousser les idéologies de haine et de mort qui s’infiltrent parmi nous pour nous diviser et nous détruire. Marjorie Noël comme tout enseignant de l’école républicaine dans ces moments sombres a toute ma solidarité. Plus largement il est indispensable que chaque citoyen français soit vigilant et ne reste pas indifférent aux signes qui permettent de déceler la diffusion dans nos villes, dans nos communes, de foyers politico-religieux anti-républicains.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué posté hier soir par le groupe municipal "Vivons Bezons" après que nous avons appris les menaces publiques à l'encontre de Marjorie Noël, nos désaccord politiques ne peuvent que momentanément s'effacer face à l'ignominie dont elle est la victime.

Frédéric Faravel
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine & Socialiste de Bezons

"Alors qu’en cette journée un hommage solennel était rendu dans toutes les écoles de France au Professeur Samuel Paty, assassiné voici deux semaines par un fanatique, des menaces publiques de décapitation ont été adressées à Marjorie Noël, enseignante et conseillère municipale d’opposition à Bezons, sous une publication relative à la rentrée scolaire. Nous condamnons avec la plus grande énergie ces propos infâmes et ces menaces inacceptables. Mme Noël doit être assurée de la protection de la République. Nous l’assurons de notre soutien, plein et entier, dans cette épreuve.
Nous ne devons plus laisser nos enseignants être menacés.
"

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 15:00

Dimanche 1er novembre 2020, j'avais écrit aujourd'hui au nom du groupe municipal "Vivons Bezons" à la Maire, Nessrine Menhaouara, pour nous étonner de l'absence de mesures adéquates pour que le marché "Le temps des cerises" de Bezons puissent être ouvert dans de bonnes conditions sanitaires, comme cela avait pu être rétabli au printemps 2020.

J'ai écrit aujourd'hui au nom du groupe municipal "Vivons Bezons" à la Maire pour réclamer que des mesures adéquates soient prises afin de protéger les agents communaux, de permettre la mise en place du télétravail (comme au printemps dernier) et les conditions permettant la continuité du service public. Face au COVID-19, il faut être solidaire et prendre toutes les mesures utiles et efficaces.

Vous trouverez ci-dessous les courriers en images et au format PDF.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine & Socialiste de Bezons
Responsable du groupe municipal "Vivons Bezons"

Courrier de "Vivons Bezons" à Mme la Maire de Bezons adressé le lundi 2 novembre 2020

courriers sur le marché puis sur la protection des agents communaux et la continuité du service public local (2/11/2020)courriers sur le marché puis sur la protection des agents communaux et la continuité du service public local (2/11/2020)courriers sur le marché puis sur la protection des agents communaux et la continuité du service public local (2/11/2020)

courriers sur le marché puis sur la protection des agents communaux et la continuité du service public local (2/11/2020)

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 14:41

Ce soir, le Prince Président Emmanuel Macron va nous annoncer un nouveau confinement... Peu importe la forme qu'il prendra : il signe l'échec de la politique du Gouvernement et du locataire de l'Elysée face à l'épidémie. J'avais déjà expliqué ici voici 12 jours en quoi le Couvre Feu ne servirait à rien : https://bit.ly/3kEWA3K. J'avais évoqué un certain nombre de pistes alternatives.

Depuis plusieurs jours, on nous prépare psychologiquement dans les médias à "l'inéluctable", alors qu'on savait très bien dès la précédente allocution présidentielle qu'on courrait tout droit vers le reconfinement vue la stratégie empruntée...

Mais tout cela s'est fait sans interroger les choix et l'action de l'exécutif : rien n'a été fait pendant l'été pour prévenir la catastrophe ; depuis des mois, ceux qui comme moi réclament la gratuité des masques crient dans le désert (c'est le sujet de l'intervention vidéo que je partage à nouveau ci-dessous) ; depuis des mois, on continue de fermer des lits et on accule les soignants au désespoir et à la démission, on n'a pas changé grand chose pour les rémunérations ce qui rend impossible de remplacer le personnel manquant ; aujourd'hui l'hôpital public est dans un état pire qu'il ne l'était en mars dernier et les soignants sont plus épuisés que jamais !

Tout cela est de la responsabilité d'Emmanuel Macron et de ses gouvernements, trop occupés à se regarder le nombril et à célébrer ce qu'ils croyaient être leur réussite au début de l'été et qui n'était qu'un mirage. Ils auront les morts sur la conscience, j'espère qu'on pourra le faire compter devant la Justice un jour ; ils auront aussi la mort de l'économie française sur les bras avec ses conséquences dramatiques - pauvreté, chômage, perte de souveraineté - ; ils auront enfin les rêves brisés des lycéens et des étudiants sur le dos à qui on aura fait rater de (trop) longs mois d'études. Les comparaisons européennes n'y changent rien : nous sommes dans cette situation parce que Nicolas Sarkozy, François Fillon, Roselyne Bachelot, François Hollande, Manuel Valls, Marisol Touraine, Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean Castex, Agnès Buzyn et Olivier Véran ont passé des années à détruire l'hôpital !

Le projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire marque cette incapacité à retenir les leçons du passé - je vous invite à lire l'excellente analyse publiée sur le site de la Gauche République et Socialiste : https://bit.ly/35G7UXl) et d'apprendre de ses erreurs.
Le Prince Président veut décider seul, c'est une méthode qui n'a jamais été efficace, et c'est une façon de programmer la mort de notre démocratie et de nos libertés.
 
Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 14:29

Samedi 24 octobre 2020 à 10h était convoqué le quatrième conseil municipal depuis le second tour de l'élection municipale, après deux reports sans concertation.

Rien dans ce conseil ne laissait présager que les choses se passent mal ; il se serait d'ailleurs bien passé partout ailleurs qu'à Bezons. Ce conseil s'est d'ailleurs ouvert par un moment de communion républicaine en hommage à Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie lâchement assassiné puis décapité en pleine rue par un fanatique islamiste qui lui reprochait d'avoir fait son devoir, d'avoir donné à ses élèves comme chaque année un cours sur la liberté d'expression. Vous retrouverez en fin d'article la vidéo de l'intervention au nom du groupe municipal "Vivons Bezons" prononcé par mon collègue Arnaud Gibert.

Je ne doute pas un seul instant que chaque conseiller municipal de Bezons est convaincu qu'il est nécessaire d'assurer la protection de tous ceux (agents publics communaux, policiers, soignants, enseignants, etc.) qui font vivre concrètement la République au quotidien, qu'il faut faire en sorte que la promesse républicaine devienne (enfin !) une réalité pour toutes et tous afin de ne pas offrir de terreau fertile au radicalisme religieux et qu'il ne faut plus céder un pouce de terrain à tous les fanatiques religieux qui tentent de détruire à bas bruits ou par des coups d'éclats notre communauté. J'ajouterai pour ma part que cela ne peut être réalisé qu'à la condition que l'égalité républicaine devienne concrète partout sur notre territoire ; contrairement à ceux qui à droite et au gouvernement semblent penser que la République implique "des droits et des devoirs", j'affirme que la République établit d'abord des droits, l'égalité de ses citoyens et l'obligation faites à tous (et à l'Etat en premier lieu) de les respecter. Jean Jaurès avait dit au lendemain de l'adoption de la loi de 1905 qui faisait de notre République un Etat laïque : "La République est devenue laïque, elle doit désormais devenir sociale. La République restera laïque parce qu'elle sera devenue sociale !" Ce message est plus que jamais d'actualité.

Il en fut malheureusement autrement comme en a témoigne le débat sur le budget supplémentaire dont vous trouverez la vidéo ci-dessous (vous trouverez les autres à la fin de l'article).

Ainsi, Arnaud Gibert et moi-même avons interrogé la nouvelle majorité municipale sur le budget supplémentaire (dénommé "décision modificative") qui nous était soumis ce matin là. Nos questions étaient précises : sur la chute de l'autofinancement, sur les changements opérés en matière d'enfouissement des réseaux et de travaux de voirie, sur les projets qui étaient portés par la nouvelle municipalité concernant le square de la République, la vidéosurveillance... Nous avons également interrogé Mme Menhaouara et son équipe sur l'absence de réalisation de l'armurerie de la police municipale et sur la sincérité des sommes affichées dans ce budget supplémentaire.

Pour éviter de nous répondre, Mme Menhaouara a fait une opération de diversion pour changer l'orientation des projecteurs et ne plus parler du budget et s'ériger en victime (un moment informel avec ses enfants en marge d'une action municipale peut arriver) sur un fait que personne ne lui avait reproché (M. Lesparre avait dénoncé des rencontres de travail avec des partenaires économiques et institutionnels avec en première ligne des personnes qui n'avaient pas de lien direct avec l'institution municipale)... Il est vrai qu'aucun élu de l'opposition n'avait été averti (nous l'avons découvert pendant le conseil) qu'une réception se tiendrait à l'Hôtel de Ville en présence d'un sénateur du Val-d'Oise et d'un représentant du consulat d'Algérie le 17 octobre dernier. A partir de ce moment là, non seulement nous avons eu droit à un numéro indécent avec trémolos dans la voix qui n'avait pas sa place en conseil municipal, mais toutes questions et toutes interventions de l'opposition ont été dénoncées par principes comme des insultes et des agressions. J'ai donc demandé et exigé le retour au calme et qu'on sorte du ridicule absolu...

Nos questions n'ont pas plus reçu de réponse, Mme Menhaouara confondant démocratie et autoritarisme du Maire, menaçant l'opposition de lui couper le robinet : nous n'avions pas remarqué qu'il était ouvert. Le pire enfin c'est qu'une partie des réponses à nos questions se retrouvent dans la presse, après un entretien accordé au Parisien Val-d'Oise suite au conseil municipal, alors qu'on nous (nous, les représentants des Bezonnais.es) avait refusé par principe ces mêmes réponses en conseil municipal... c'est proprement scandaleux ! En réalité, Mme Menhaouara semble considérer chaque question comme un offense et chaque intervention de l'opposition comme une insulte, et menace de réduire l'expression démocratique des oppositions...

Ce fut un moment pénible pour tous et pour les Bezonnais.es plus encore. N'ayant pu obtenir des éclaircissements sur ces dossiers, ne justifiant l'engagement que plusieurs centaines de milliers d'euros que par l'existence de plusieurs "groupes de travail" ouverts aux seuls conseillers municipaux de la majorité "divers droite" de Mme Menhaouara, nous avons voté contre le budget supplémentaire.

Nous étions aussi amenés à nous prononcer sur une demande de subvention à l'Etat pour les masques de fabrication française achetés lors du confinement par l'ancienne municipalité et distribués à la population de Bezons. Cette demande de subvention avait été également initiée par l'ancienne municipalité. L'occasion pour moi de redire qu'il faut prendre des mesures de solidarité et économiques pourtant évidentes que se refuse à faire encore le gouvernement d'Emmanuel Macron (vidéo ci-dessus).

Je suis également revenu sur le désengagement progressif et continu depuis 2014 de l'Etat dans tous les dispositifs de "politique de la Ville". La solidarité territoriale est devenue la cinquième roue du carosse de l'action publique des gouvernements. Le fait que les groupes scolaires Louise-Michel et Karl-Marx ne soient pas en zone prioritaire et que les CP et CE1 ne puissent y être dédoublés est particulièrement scandaleux... Depuis des années, la précédente municipalité a demandé le changement. La nouvelle maire émet des considérations très défaitistes en la matière - il est vrai qu'une partie de sa majorité municipale est complice de la politique du gouvernement -, pour notre part nous continuerons à pousser à un changement nécessaire pour nos enfants. (vidéo ci-dessous)

Le conseil municipal examinait aussi une demande de subvention pour le Centre Municipal de Santé (CMS) au Fonds d'intervention régional : cette demande avait été initiée par Florelle Prio dès le confinement au printemps dernier, lorsque le CMS s'était sous impulsion réorganisé pour faire face à la Crise Sanitaire et à la pandémie de COVID-19. Notons également que l'Agence Régionale de Santé s'est engagée à compenser les pertes financières des centres de santé dûes au COVID, nous l'avons souligné et la municipalité ne nous a pas répondu sur le sujet. (vidéo ci-dessus)

J'ai également l'inquiétude des Bezonnais.es face aux difficultés que traversent aujourd'hui le CMS, avec de nombreux départs et arrêts maladies non compensés, ce qui impacte évidemment son activité et la qualité du service. Nous considérons que le CMS doit être au cœur de l'offre de soin à Bezons. Monsieur Cuvillier a annoncé le recrutement prochain du directeur de la structure, du personnel d'accueil et le passage d'un infirmier de 50 à 75% : nous nous en félicitons, nous espérons que les améliorations vont se poursuivre, et nous remercier Monsieur Cuvillier de sa réponse. Mme Menhaouara s'est contentée d'attaquer la gestion des ressources humaines de l'ancienne municipalité : difficile à entendre quand on sait qu'elle appartenait à l'ancienne municipalité, que les mêmes agents gèrent les RH jusqu'à cette semaine et quand on connaît les efforts déployés par Mme Prio pour résoudre des situations difficiles qu'avait rencontrées le CMS.

La création de poste du Directeur de la tranquillité publique déjà soumise au conseil du 2 septembre revenait de manière inhabituelle à ce conseil. Lors du précédent conseil municipal, mes questions avaient été balayées d'un revers de la main par Mme Menhaouara. Cette fois-ci, contraint par une sorte de ridicule de repasser au vote du conseil un poste précédemment voté, la Maire et M. Kevin Cuvillier, premier adjoint au Maire en charge de l'administration et des ressources humaines, ont du rentrer dans les détails.
Qui a dit que les questions de l'opposition étaient insultantes et ne servaient à rien ? (vidéo ci-dessous)

J'ai par ailleurs salué l'initiative bien venue de créer des postes d'apprentis surtout la période économique difficile que nous traversons.

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

Hommage à Samuel Paty

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 07:00

Hier soir, mardi 20 octobre 2020 à 18h30, nous étions quelques dizaines à rendre hommage à Samuel Paty sur le parvis de l’hôtel de ville de #Bezons. Avant l’intervention de Christian Leduey, secrétaire de la section PCF Bezons Jacky Leser et la minute de silence, j’ai pris la parole pour la Gauche Républicaine & Socialiste :

« Samuel Paty, professeur d’histoire, a été assassiné puis décapité en pleine rue vendredi par un fanatique qui lui reprochait d’avoir montré en classe des caricatures de Mahomet à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression. Nous n’avons pas de mots assez forts pour exprimer l’horreur que nous inspire cet acte ignoble. Nos premières pensées vont à sa famille, à ses proches, ses élèves et ses collègues, plongés dans la douleur.
À travers lui, c’est l’école républicaine, son rôle d’éveil des consciences, l’apprentissage de l’esprit critique, la laïcité et la liberté d’expression qui sont visés. C’est une volonté de nous terroriser, pour qu’aucun citoyen n’ose plus réagir devant l’inacceptable. Ils veulent ainsi orienter les programmes scolaires pour faire triompher l’obscurantisme.
Nous ne pouvons cependant en rester là : la République doit être forte et rassembler tous les Français dans ce moment d’intense émotion et tristesse, et surtout au-delà.
Un deuil national doit rendre hommage à Samuel Paty et à l’ensemble des enseignants qui ont la charge de transmettre les principes républicains à notre jeunesse.
Des débats doivent être organisés dans tous les établissements scolaires pour qu’au-delà de l’émotion la Raison reprenne ses droits. L’institution Éducation Nationale doit faire preuve d’une vigilance sans faille pour soutenir et accompagner les enseignants, mis en cause, menacés, mis sous pression pour n’avoir fait que leur devoir !
Plus que jamais nous ne devons rien céder aux fanatismes religieux et au terrorisme islamiste. »
Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Hommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcité
Hommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcitéHommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcitéHommage à Samuel Paty à Bezons le 20 octobre 2020 : Ensemble pour l'égalité, la liberté d'expression et la laïcité
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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 13:22
Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Emmanuel Macron lors de son entretien complaisant accordé à TF1 et France 2 mercredi soir

Mercredi soir, le Président de la République nous a nouveau convoqué devant nos postes de télévisions pour nous faire part de ses décisions dans la conduite – défaillante – de la lutte contre l'épidémie.

L'ensemble des mesures annoncées marque avant tout un échec de la politique de l'exécutif (oui de l'exécutif qui a soigneusement, avec la complicité de la majorité LREM et finalement aussi de la droite sénatoriale, écarté le parlement de tout contrôle réel) dans la crise sanitaire. Dans n'importe quelle autre démocratie, au regard du constat d'échec renouvelé des dispositifs mis en place, le Premier Ministre – qui était aussi le « Monsieur Déconfinement » lorsqu'Édouard Philippe était à Matignon – aurait dû dans la foulée présenter la démission de son gouvernement.

Cependant malgré un constat d'échec évident, Emmanuel Macron ne semble pas même imaginer un seul instant qu'il porte avec ses deux premiers ministres une quelconque responsabilité dans la situation. Les mensonges sur les masques, l'absence de mesures sérieuses pour protéger les salariés sur leur lieu de travail (puisque le code du travail lui-même, alors qu'il était pourtant déjà bien endommagé grâce à lui, a été à nouveau « allégé » au prétexte de la crise sanitaire), le fiasco de la politique de test, le fiasco sur le traçage des contaminations, l'épuisement des soignants (faute d'effectifs suffisants et de coopération correctement organisée entre les différents acteurs de la santé publique), le scandale des fermetures de lits qui se poursuivent à l'hôpital public … tout cela était hors du champ du Prince Président, servilement secondé par des présentateurs TV qui n'ont de journaliste que la carte de visite.

Le Résident de l'Élysée a donc emprunté en ce début de soirée de mercredi la seule voie qui lui restait : la culpabilisation et l'infantilisation des Français. Sur un ton faussement compassionnel mais ouvertement paternaliste, nous avons donc appris qu'une fois de plus la reprise forte des contaminations et des hospitalisations était de notre faute, que nous n'avions pas su nous comporter de manière responsable et que face à notre légèreté il fallait sévir. C'est la justification du couvre-feu qui débutera samedi 17 octobre 2020 à 00h00 et qui a été la seule véritable annonce concrète de la soirée.

Ainsi les mauvais citoyens que nous sommes devront s'enfermer chez eux de 21h00 à 6h00, les bars, les restaurants, les cinémas et les théâtres, déjà au bord de la faillite, seront ainsi les victimes de notre égoïsme forcené. Car c'est bien connu, quand vous êtes salarié, parents ou chômeur, quand vous rentrez tard du boulot ou de vos recherche d'emploi, que vous êtes allés chercher vos enfants après l'étude, l'accueil de loisirs ou la garderie, que vous les avez nourris, lavés, et couchés, il est de coutume que vous vous précipitiez dans les bars pour avaler trois bières et vous frotter à tous les clients présents… La présentation imaginée de cette scénette démontre en soi le ridicule de l'idée. Au-delà de Paris intra muros et des centre-villes de quelques grandes métropoles en région, il n'existe pas de vie nocturne justifiant qu'on s'inquiète de la multiplication des contacts la nuit entre supposés fêtards avinés sortant de bars... il suffit de marcher au cœur de l'automne en banlieue parisienne ou lyonnaise ou même sur les quais du canal Saint-Martin vers 22h00 pour voir que l'espace entre individus est important. Que la fermeture des bars et des restaurants soit avancée dans ces zones pourquoi pas, mais pour les reste nos concitoyens ne se précipitent plus depuis longtemps dans les cinémas, théâtres et autres salles de spectacles (pour ceux qui en ont les moyens), et à notre connaissance il n'existe pas de tripots clandestins qui se seraient créés en masse au-delà de la première couronne pour accueillir une population en mal de soirée festive. Que le Président de la République ait pu se convaincre d'une telle fable laisse à penser qu'il préfère lire de mauvais romans de gare sur la prohibition dans les années 1920 que les rapports de ses administrations ! Qu'il se soit permis de saluer ceux qui sont partis dans leurs résidences secondaires (les riches) lors du confinement car ils auraient desserré l'étau en région parisienne sans diffuser le virus pour autant est un autre passage ahurissant de cet entretien, marquant l'habitus bourgeois d'Emmanuel Macron !

Par contre, prenez le bus, le tram, le métro ou le RER dans la journée et plus encore aux heures de pointes : vous aurez sans doute de quoi occuper votre temps de trajet pour recueillir les noms, adresses électroniques et numéros de téléphone (s'ils acceptent de vous les donner… est-ce l'expérimentation sociologique d'une nouvelle technique de drague ?) de la vingtaine de passagers collée contre vous (sans parler de la centaine juste un peu plus loin) sur le quai ou dans le wagon pour qu'ils puissent contacter comme « cas contact » si jamais vous étiez testés positifs au COVID. Ah mais non en fait, quand vous allez travailler visiblement, vous ne pouvez pas être contaminé ; la chanson le dit si bien « Le travail c'est la santé »…

Nous sommes entrés dans une situation absurde, qu'aucun maire de grande ville n'a songé à contester dans un unanimisme pleutre et angoissant. Le couvre-feu imposé dès cette nuit est strictement vexatoire, disproportionné, liberticide, en plus de n'avoir aucune efficacité sanitaire. Il pourrait même être source d'incidents. Il doit être retiré immédiatement !

Pourtant il faut bien prendre des mesures puisque les contaminations augmentent, que les hospitalisations croissent à nouveau (plus faiblement qu'au printemps mais tout de même), et que nous ne pouvons nous permettre de saturer à nouveau l'hôpital, de reporter à nouveau toutes les interventions qui l'avaient été durant le confinement, et d'épuiser au-delà de ce qui est humainement supportable tous nos soignants. Mais s'il faut prendre des mesures, il faut qu'elles soient concrètes, efficaces et non point tournées vers la satisfaction des besoins de communication politique présidentiels.

Voici celles que nous proposons et qui ne sont pas exhaustives :

  • Rendre les masques gratuits : de nombreuses entreprises françaises se sont engagées dans la fabrication de masques quand nous étions en pénurie ; les stocks leur restent sur les bras car distributeurs et puissance publique préfèrent faire circuler ceux qu'ils ont acheté en Asie (et qui parfois comme dans l’Éducation nationale semble nocifs). Que l’État rachète ces stocks et qu'il les distribue massivement aux Français !

  • Autoriser le télétravail massivement pour désengorger les transports en commun. Aujourd’hui dans de nombreuses administrations et entreprises, les consignes ne sont pas claires, et le message envoyé par le Président mercredi soir a été totalement contre-productif, voire même dangereux si on considère que les occasions de faire circuler le virus sont évidemment plus importantes dans les transports en commun et dans les bureaux. Si les crèches et les établissements scolaires continuent d'accueillir les enfants, élèves et étudiants avec un protocole sanitaire adapté, l'argument faussement compassionnel d'Emmanuel Macron s'effondre.

  • Protéger tous celles et ceux qui ne peuvent pas télétravailler et qui devront continuer d'assurer les livraisons, le transports, la fabrication, la distribution, le nettoyage, etc. et pour cela il convient de renforcer les protocoles sanitaires dans les entreprises (cela a été souvent fait de l'initiative des entreprises et salariés eux-mêmes), mais surtout retirer l'ordonnance qui suspend de nombreux points du code du travail jusqu'au 31 décembre prochain et abroger les ordonnances Macron-Pénicaud qui ont mis à mal dès 2017 les protections des salariés. C'est aujourd'hui une mesure réclamée par toutes les confédérations syndicales !

  • Rappeler tous les médecins et infirmiers à la retraite, même par voie de réquisition en échange d'une indemnisation conséquente.

  • Retirer les coupes à hauteur de 4 milliards d'euros prévues sur l'hôpital public du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 débattu en ce moment à l'Assemblée nationale.

  • Abroger la réforme de l’assurance chômage, alors que le chômage explose, que la pauvreté explose. Nous ne pouvons pas nous permettre que la crise qui s'aggrave débouche sur des millions de pauvres supplémentaires, parce que le gouvernement aurait maintenu des mesures ultra-libérales qu'ils considéraient possibles en période de ce qu'il considérait être un « retour progressif au plein emploi ».

  • Prendre immédiatement des mesures de solidarité pour les plus démunis. Nous avons appris ce matin que la prime de 150€ pour les bénéficiaires des APL avait été annoncée par Emmanuel Macron par erreur et ne serait pas versée. Se rendent-ils seulement compte de ce que représente une telle bévue ? Pour autant, il est un public plus à plaindre encore et qui n'est concerné par rien du tout : les jeunes salariés qui ne trouvent plus ni CDD, ni intérim, qui ont épuisé leurs droits au chômage et non pas droit au RSA : cela doit cesser. Une situation comparable existe pour ceux qu'on appelle les intermittents de l'emploi (saisonniers, extra, etc.) qui tombent aujourd'hui dans la misère ; si les intermittents du spectacle ont vu quelques mesures les concernant, « l'année blanche » qui leur était promise devrait concernée d'autres types d'intermittence.

Frédéric FARAVEL

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 16:36

Je participerai samedi à la commémoration annuelle qui se tiendra au pont de Bezons. En tant que Républicain et Socialiste, il me paraît indispensable de rendre hommage aux victimes d’une répression violente et illégitime. Mes camarades de la Gauche Républicaine & Socialiste s’associent évidemment à cette démarche. Vous trouverez ci-dessous l'appel à participation que j'ai rédigé pour le groupe municipal "Vivons Bezons".

"Samedi 17 octobre à 11h30, "Vivons Bezons" encourage les Bezonnais.es à participer à la commémoration qui se déroulera au Pont de Bezons devant la plaque d'hommage aux victimes du massacre perpétré voici 59 ans.
Le 17 octobre 1961, le Préfet de Police Maurice Papon organisait et ordonnait la répression sanglante contre des dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui défendaient l'indépendance de l'Algérie.
Des centaines d'Algériens de toute la région parisienne furent ainsi tués, sous les coups de la police, noyés dans la Seine, à Paris, en banlieue, à Bezons même.
Maurice Papon ne fut pas seulement leur assassin, il abimait durablement la République au nom de laquelle il agissait en commettant ce crime irréparable.
Depuis de nombreuses années, Bezons rend hommage aux victimes algériennes qui subirent cette violence intolérable et pour certains y laissèrent la vie. C'est un devoir pour nous de participer chaque année à cette commémoration et de réaffirmer ainsi qu'il n'est plus possible de commettre au nom de la République qui nous rassemble des actes aussi contraires à ses principes, que plus jamais la France ne tombera dans la faute de la colonisation.
Ensemble portons haut les valeurs d'humanité et de fraternité entre les Peuples."

Frédéric Faravel
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

Bezons rend hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 21:19

Je peux évidemment encore me tromper mais il semble que le sketch sur la conduite des affaires municipales par Mme Menhaouara continue.
Elle avait annoncé le 2 septembre dernier que le prochain #conseilmunicipal aurait lieu le jeudi 15 octobre. Or sauf erreur de ma part nous n’avons reçu aucune convocation : soit la convocation si elle n’est pas reçue avant minuit (ce vendredi 9 octobre 2020) sera invalide ; soit il n’y aura pas de conseil à la date prévue. Or depuis 3 jours les rumeurs courent la ville et des habitants nous disent « ah ben non le conseil sera le 30 » d’autres disent le 29, d’autres encore le 22. Ils semblent être mieux informés que les conseillers d’opposition que nous sommes et qui donc ne méritent pas d’être informés par la mairie.
Peut-être Mme Menhaouara a du mal à boucler ses dossiers à temps, il est vrai qu’occupée avant tout à communiquer, quand il faut vraiment travailler c’est plus dur.
Les pronostics sont donc ouverts.
Avec un peu de chance le conseil municipal suivant, prévu le 10 décembre, sera aussi repoussé ... pour la veille de Noël ?

Pauvre Bezons...

Frédéric FARAVEL

Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du groupe municipal "Vivons Bezons"

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