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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 13:16
Etats-Unis : Barack Obama remporte la primaire de Caroline du Sud
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.01.08 | 07h27  •  Mis à jour le 27.01.08 | 07h47

e sénateur de l'Illinois Barack Obama a remporté largement, samedi 26 janvier, la primaire démocrate de Caroline du Sud.  Il s'est imposé avec 55% des suffrages, devant Hillary Clinton (27%) et John Edwards, natif de Caroline du Sud (18%), un résultat qui dépasse largement les prévisions.

Barack Obama remporte sa deuxième victoire après l'Iowa le 3 janvier, devant Mme Clinton, qui a obtenu le New Hampshire et le Nevada. Cette victoire donne un nouvel élan à la campagne d'Obama en vue du "Super Tuesday" le 5 février, où 22 Etats, dont la Californie, le New Jersey et New York,
sont appelés à se prononcer.

Le jeune élu a balayé samedi les critiques "des cyniques qui croient que ce qui a commencé dans les neiges de l'Iowa était juste une illusion". "Nous formons la coalition d'Américains la plus diversifiée que nous ayons vue depuis longtemps", a déclaré M. Obama ovationné par plus d'un millier de partisans rassemblés samedi soir dans le Centre de convention à Columbia, la capitale de l'Etat.

"VOTE NOIR" DÉTERMINANT
Hillary Clinton a appelé Obama pour le féliciter et a quitté la Caroline du Sud pour se rendre dans le Tennessee, un des 22 Etats qui voteront le 5 février."Désormais les yeux du pays sont tournés vers le Tennessee et les autres Etats qui voteront le 5 février", a-t-elle déclaré à Nashville. "Des millions et des millions d'Américains vont avoir la chance de faire entendre leur voix (...)".

D'après des sondages de sortie des urnes, Obama a été plébiscité par quatre électeurs noirs sur cinq, dans un Etat où ils représentent la moitié des électeurs démocrates. Il a également été choisi par un quart des électeurs blancs, un score plus élevé que prévu.

Edwards qui avait accusé ses deux concurrents d'immaturité et avait fait diffuser des publicités qui le présentaient comme le seul adulte à briguer l'investiture démocrate, a été sévèrement battu dans l'Etat où il est né. Ancien sénateur de Caroline du Nord, il avait décroché la victoire dans cet Etat en 2004.

Le taux de participation a atteint un record : plus de 500 000 personnes ont pris part à ce scrutin.

Des partisans de Barack Obama, le 26 janvier en Caroline du Sud.
REUTERS/JONATHAN ERNST
Des partisans de Barack Obama, le 26 janvier en Caroline du Sud.

En Caroline du Sud, Barack Obama a réussi à capter le "vote noir"
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.01.08 | 11h38  •  Mis à jour le 27.01.08 | 11h39

our remporter largement la primaire de Caroline du Sud, le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama a su mobiliser l'électorat noir sur son programme et sur sa personnalité.

Alors que Hillary Clinton, et surtout son mari Bill, se targuent d'une popularité importante ches les Africains-Américains, Obama a récolté les suffrages de 81% des électeurs noirs, selon les sondages sortie des urnes, dans un Etat où ils représentent la moitié des électeurs démocrates. Seuls 17% d'entre eux se sont portés sur Mme Clinton. Même si Barack Obama a pu capter une partie non négligeable de l'électorat blanc de Caroline du Sud (24%), il reste loin derrière John Edwards, natif de l'Etat (39%) et Hillary Clinton (36%).

DOUBLE TRANCHANT
Mais, dans une société où la couleur de la peau occupe une place déterminante, ces chiffres pourraient être à double tranchant pour Obama. S'il veut remporter la nomination démocrate et l'élection présidentielle de novembre, M. Obama n'a pas intérêt à être catalogué comme le "candidat noir".  D'autant plus que, comme prévient le Washington Post , de nombreux Etats appelés aux urnes le 5 février pour le "Super tuesday" n'ont pas un électorat noir aussi important.

Le New York Times note ainsi que les profils des 22 Etats qui participent au vote du 5 février sont assez différents : "certains sont de tradition démocrate, comme New York ou la Californie, d'autres sont plus modérés, comme le Kansas, certains ont une population multiraciale, d'autre sont majoritairement blancs".

M. Obama semble hésiter sur sa stratégie, pour capitaliser le vote noir durablement tout en n'apparaissant pas comme un candidat communautaire. Ainsi, il a prévu de faire campagne dimanche dans deux autres Etats du Sud comptant une forte communauté noire : la Géorgie et l'Alabama.

Mais, à l'issue du scrutin de Caroline du Sud, il s'est bien gardé de revendiquer le vote des Africains-Américains : "Nous formons la coalition d'Américains la plus diversifiée que nous ayons vue depuis longtemps. Il y a des jeunes et des anciens, des riches et des pauvres. Il y a des Noirs et des Blancs, des Latinos, des Asiatiques et des Indiens", a-t-il lancé.

 
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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 21:50
Si vous voulez signer cette pétition, envoyez votre prénom, nom et profession en cliquant ici : je signe ou en envoyant un courriel à info@paroledonnee.info


Dès 1981, tout juste après sa victoire aux élections présidentielles, le nouveau Président de la République François MITTERRAND affirme sa volonté d'accorder asile aux italiens engagés dans la lutte armée pour autant qu'ils renoncent à toute forme de violence.

Faisant foi à cette promesse, quelques centaines de militants italiens traqués par les autorités de leur pays s’exilent dans l’Hexagone. Ce sont des gens ayant pratiqué ou côtoyé la lutte armée ; il s’agit de vaincus inculpés, puis lourdement condamnés, dans le cadre d’atteinte à la personnalité et sûreté de l’Etat. Pour le code pénal italien, les faits poursuivis sont donc politiquement qualifiés.

Le 20 avril 1985, en réponse aux insistantes pressions italiennes, le chef de l’Etat, lors du 65e congrès de la Ligue des droits de l'homme, prononce ces paroles : « J'ai dit au gouvernement italien que ces trois cents Italiens…qui ont participé à l'action terroriste en Italie depuis de nombreuses années…ont rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s'étaient engagés…étaient à l'abri de toute sanction par voie d'extradition... ».

On peut être d’accord ou pas, mais ces mots qui engagent la République Française sont non-équivoques : il y a bien assurance d’asile en pleine connaissance de la gravité de faits couverts ; ces faits graves sont bien de nature politique ; cet asile est un et indivisible, erga omnes, sans dérogation ; il ne peut y avoir extradition que s'il y a reprise de l'action terroriste. Treize ans plus tard, le 4 mars 1998, le Premier Ministre Lionel Jospin reprend cette position, dans une lettre adressée aux Avocats des réfugiés rendue publique, en ces termes : « …mon gouvernement n'a pas l'intention de modifier l'attitude qui a été celle de la France jusqu'à présent. C’est pourquoi il n’a fait et ne fera droit à aucune demande d’extradition d’un des ressortissants italiens qui sont venus chez nous dans les conditions que j’ai précédemment rappelées… »

Ces décisions politiques, médiatisées sous l’étiquette de doctrine Mitterrand, comportent les effets que tout le monde connaît : régularisation administrative de tous ces italiens, formation de familles, naissance d’enfants, intégration au grand jour dans la société française. Des effets qui, selon nous, tout en n’étant pas des droits formels, renvoient cependant au concept de droits acquis du fait de leur source politique et de leur maintien, toute couleur politique confondue, dans le temps. C'est-à-dire qu’ils ne peuvent être piétinés sans fautes vérifiées de la part des bénéficiaires.

Pourtant c’est ce qui arrive brutalement en août 2002 avec l’extradition de Paolo Persichetti et en 2004 avec l’affaire Battisti, quand le Gouvernement utilise hypocritement l’émotion suscitée par l’attaque des Twin Towers pour renier la parole de la France. Les arguments sécuritaires allégués sont faux (depuis un quart de siècle, les réfugiés italiens vivent paisiblement sur le territoire français et ne représentent aucun danger), anachroniques (on apprécie soudainement les agissements d’une époque révolue, et par là figée dans son passée, avec le regard et les craintes du contexte actuel) ou affectifs (la légitime douleur des victimes et de leurs familles instrumentalisée pour réclamer une punition sans fin), mais que veut-on ? L’« air du temps » est ainsi fait, n’en déplaise à la raison et aux contraintes morales. Aujourd’hui c’est au tour de Marina PETRELLA d’en faire les frais.

Cependant, nous ne voulons plus de cette logique perverse qui poursuit toute violence politique, même vieille de trente ans, comme impardonnable mal absolu, de ce choix des gouvernements français et italien qui, l’un méprisant les engagements pris par son Pays et l’autre la nécessité de dépasser ses malheurs d’antan par voie d’amnistie, traquent Marina PETRELLA comme une coupable de crime imprescriptible contre l’humanité.

C’est pourquoi nous demandons aux autorités françaises de respecter la parole donnée par la France, aux autorités italiennes de clore par une mesure politique adéquate ses « années de plomb », aux juges désormais chargés d'émettre un avis sur l’extradition de Marina PETRELLA d’intégrer dans leur appréciation tous les éléments politiques et humains qui justifient incontestablement son maintien en France.

Comité de soutien à Marina Petrella, menacée d'extradition
présidé par Jacques Maury, ancien Président de la Fédération Protestante et de la Cimade
Ligue des droits de l’Homme -138 rue Marcadet 75018 Paris 6 - Tel : 01 56 55 51 00

http://www.paroledonnee.info/


PREMIERS SIGNATAIRES :

Stéphane HESSEL, ancien Ambassadeur
Jean-Pierre DUBOIS, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH)
Albert JACQUARD, Professeur émérite aux Universités
Chahla CHAFIQ, écrivaine, militante féministe
Michel TUBIANA, Président d’honneur de la LDH
Nicole BORVO COHEN-SEAT, sénatrice de Paris (PCF)
Danielle MITTERRAND, Présidente de la Fondation France Libertés
Benoît HAMON, Député européen (PS)
Régis JUANICO, Député de La Loire et Conseiller général (PS)
Cécile DUFFLOT, Secrétaire nationale (Verts)
Jean Vincent PLACE, Conseiller régional Ile-de-France (Verts)
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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:29
Selon un sondage CSA paru vendredi 25 janvier dans Le Parisien/ Aujourd'hui en France, les listes de gauche remporteraient, au niveau national, 46% des voix au premier tour des élections municipales, devant les listes de droite, à 40% d'intentions de vote. Les listes centristes du MoDem remporteraient 7% des voix, les listes du Front national 2%, et les listes d'extrême-gauche 2%.
À l'occasion de la sortie d'état de grâce du président de la République, la Gauche et plus exactement le Parti socialiste se prend à rêver de surfer sur le mécontentement légitimes des Français pour emporter les élections municipales et cantonales de mars 2008. D'ailleurs, cette équation est défendue dans le Val d'Oise comme dans d'autres départements.
Mars 2001 avait marqué une défaite certaine de la gauche après presque quatre années de pouvoir, et des résultats macro-économiques extrêmement positif... Si les élections intermédiaires et locales sont toujours plus difficiles pour le Parti au pouvoir, 2001 avaient démontré une véritable déculottée mais la victoire à Paris et à Lyon avait servi de paravent. Lionel Jospin, le Parti socialiste et la Gauche plurielle n'avaient pas pris la mesure de ce qui s'était passé alors ; la gauche avait abandonné le terrain de la réflexion et de la préparation de l'avenir, Lionel Jospin a fait campagne sur son bilan - légitimement bon, mais masqué par une année politique en demi-teinte - et sur la détestation pour le comportement de Jacques Chirac. On connaît le résultat.
2008 pouvait difficilement être pire que 2001, la gauche pouvait légitimement prétendre récupérer quelques villes moyennes ou majeures qui avaient subi le hold-up de la droite en 2001. Mais aujourd'hui elle se plaît à rêver un effet avalanche, alors même qu'elle n'a pas remis au jour son discours, ses propositions et son organisation. Dans la foulée de ces municipales et cantonales prometteuses, elles pourraient mécaniquement accroître ses positions au Sénat en septembre 2008 puis en septembre 2010. L'euphorie la guette, mais une euphorie non naturelle, une euphorie sous stupéfiants sondagiers...

Car il faut savoir tirer des leçons du passé, après 6 ans dans l'opposition, il serait temps que le Parti socialiste notamment commence à réfléchir et ne retombe pas dans les pièges qu'il se tend à lui-même. En 2004, la gauche a connu une série exceptionnelle d'élections intermédiaires sanctionnant le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy, après la canicule. Pourtant quelques semaines encore avant les cantonales et les régionales de mars 2004, personne ne sentait la campagne à gauche, personne n'était à même de dire comment elle sortirait de ces élections : l'Île-de-France paraissait menacée et dans les autres régions tenues à la majorité relative par la gauche depuis 1998 on espérait seulement que le changement de mode de scrutin permettrait d'obtenir des majorités stables qui avaient manqué jusqu'ici. Personne n'envisageait que 20 régions métropolitaines sur 22 tombent à gauche, plus les trois quarts des régions d'outre mer et la majorité des départements français.
Un enthousiasme nouveau s'empara ensuite du PS pour l'élection européenne, un discours équilibré et offensif avait été choisi, et le Parti socialiste atteint 30%. Ce fut la seule campagne qu'il avait un peu préparé avec "Et maintenant, l'Europe sociale...".
Pourtant cette série de victoires qui devaient plus à la déchéance de l'UMP et de l'UDF donna l'effet inverse : le Parti socialiste n'en profita pas pour accroître ses efforts. La direction du Parti socialiste y vit l'occasion d'écraser son opposition lors d'un référendum interne sur l'Europe, plutôt que d'ouvrir les débats de fond nécessaire. Nous en soldons toujours les comptes.
2008 ne doit pas avoir les mêmes conséquences que 2004, le socialistes ne doivent pas répéter leurs erreurs.

FRED
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 12:32
un pote a décidé de monter son blog de Haïku... Je lui apporte mon soutien en lui faisant un peu de pub'...
Vas y Patrick !
haikudepat.iciblog.com
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 09:15
rapportAttali.pngVoila, Ségolène a encore frappé. Ce matin, sur les radios, elle rendait hommage au mec qui l'avait embauché à l'Elysée en 1981... Comme quoi pour certains on n'est pas dans la politique, mais dans la gestion de réseaux sociaux et professionnels...
Donc pour Ségolène, le Grand Homme nous offre ses propositions pour le bonheur des Français, qu'il faut regarder dans leur globalité car il a un monumental talent et une intelligence hors du commun.

Que les propositions Attali sauf quelques unes sur 313 défendent une vision libérale et mercantile de la société, voilà qui ne pose aucun problème à l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, dont on se demande de plus en plus ce qui la rattache au socialisme, en dehors du fait qu'elle veut prendre la tête du Parti socialiste pour mieux gérer sa carrière.
Je vous renvoie à l'article de Libé de ce matin qui présente la France version Attali, à titre de contre poison.
Sinon il paraît que Michel Sapin - secrétaire national du PS à l'économie - ne veut pas s'exprimer sur le sujet parce qu'il est d'accord avec Attali, et que François Hollande - vous savez le mec qui est premier secrétaire du PS - ne sait pas s'il faut qu'il s'exprime.

Fred
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 16:11
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:59
ForumrenovationlogoJ’ai choisi d’évoquer la question du rapport des socialistes à l’individu en restant dans l’actualité des déclarations récentes du chef de l’Etat sur sa vision du partage des rôles entre le curé et l’instituteur.
 

Dans cette déclaration de Nicolas Sarkozy au Vatican, se noue la conviction intime du chef de l’Etat sur les rôles respectifs de la République et de la religion, plus précisément sur le champ que la République doit céder aux Eglises. Je vous la remémore : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance».

 

Nicolas Sarkozy affirme dans cette phrase deux hiérarchies. La première explicite, dit la supériorité du spirituel sur le temporel, la supériorité du représentant de Dieu sur celui des hommes et de leurs préférences collectives, l‘instituteur.

 

La seconde est plus implicite. Elle affirme une hiérarchie entre les religions monothéistes et le primat de la chrétienté sinon pourquoi ne pas avoir cité l’imam ou le rabbin après le curé et le pasteur.

 

Dans une époque où les repères manquent, où il apparait plus difficile qu’hier de hiérarchiser et de départager l’essentiel et le secondaire, en cet instant où nous remettons ensemble l’ouvrage sur le métier, les socialistes doivent affirmer avec force et résolution, sans timidité ni frilosité, leur vision de l’homme - plutôt que de l’individu - et des moyens qu’ils envisagent pour participer et permettre son épanouissement et son émancipation.

 

Il y a fondamentalement deux façons d’envisager la question des rapports qu’entretiennent les hommes les uns avec les autres et des principes et valeurs qui les sous-tendent.

 

Seule l’une d’entre elles relève du politique.

 

Une première approche est totalisante. Cette approche ne départage pas forcément le croyant du non croyant. Elle procède simplement d’une vision figée et absolue du monde, et veut que toutes les questions, et en particulier la question du bien et du mal, doivent nécessairement avoir une réponse et une seule (les autres étant forcément fausses), et que l’ensemble de des réponses aux questions sont compatibles, nous éclairant par là sur « la vérité » ultime. Ces réponses procèdent d’une forme de transcendance. Comme personne n’a en fait jamais eu la chance de faire l’expérience d’une telle perfection systémique, il ne reste à ses thuriféraires que l’espérance qu’elle existe bel et bien au-delà du voile des apparences. Et que survienne une contestation, leur reste alors la radicalité (et la violence ?) du sacrifice pour forcer la croyance en sa réalité et son avènement futur : on est prêt à tout et plus rien n’a de coût quand on est sûr de contribuer à réaliser la vérité.

 

Une seconde approche admet qu’à la plupart des questions, en particulier éthiques, on peut apporter des réponses différentes, et qu’elles ne sont pas forcément compatibles entre elles. Les socialistes s’inscrivent dans cette tradition philosophique, morale, éthique. Deux morales peuvent être incompatibles et la vie est ainsi faite qu’il n’existe aucun critère supérieur qui permette de les départager. Cette approche ne débouche pas pour autant sur un relativisme absolu ou le conflit, mais envisage plutôt un monde pluriel, un monde fait de « diversité » pour reprendre un terme cher au Président. Tout en restant rationnels et capables de se comprendre les uns les autres, les hommes peuvent avoir développé des systèmes de valeurs différents puisque les mêmes questions peuvent appeler des réponses différentes et non moins valables. Ce qui caractérise l’homme est alors l’obligation de choisir. C’est vrai au niveau individuel (Camus affirmait qu’entre « la justice ou ma mère,  je choisis ma mère », En effet que choisir et existe-t-il une réponse qui relève davantage du bien qu’une autre ?) l’obligation de choisir est aussi indispensable au niveau collectif (arbitrage égalité/liberté par exemple).

 

Nous sommes donc condamnés à choisir en définissant et en réorientant continuellement des priorités, qui ne seront jamais définitives ni absolues. Là réside la nécessité de la politique. Et comment choisit-on ? Sur la base d’intimes convictions et de valeurs qui peuvent certes avoir été transmises via un système de croyances, mais avant tout sur la base d’un ’échange, d’un dialogue raisonné, pour arriver à déterminer au mieux les modalités du vivre ensemble.

 

Cette pratique exige qu’on se donne les outils de l’échange. Et c’est là que nous retrouvons l’instituteur. L’instituteur est un des maillons de la chaîne de fabrique et de transmission de ces outils. (Tout comme la presse, la culture, etc.).

 

Et c’est précisément ce que le Président de la République remet de facto en cause. L’instituteur n’apprend pas bien vs. mal « dans l’absolu », mais donne à ses élèves des outils pour qu’ils apprennent, en situation et non de façon définitive et abstraite, à concilier des aspirations, des principes … qui peuvent entrer en contradiction. Et s’il enseigne ce qui est bien ou mal, c’est par rapport aux valeurs centrales du système républicain qui sont les valeurs de liberté – de penser et d’agir ; d’égalité ; de respect, de laïcité, etc.

 

Nicolas Sarkozy en affirmant la supériorité de l’engagement du prêtre, « par la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance », outre qu’il fait l’éloge du kamikaze, outre qu’il ignore l’engagement et l’espérance que les enseignants sont souvent seuls à incarner et entretenir dans les quartiers les plus difficiles, il dilapide l’héritage des Lumières et escamote l’aspiration de la République à présider l’émancipation et la destinée des hommes.

 

A cet instant, notre rassemblement doit affirmer que la place des socialistes est aux côtés de ceux qui dans le respect des croyances et des préférences spirituelles, enseignent le libre arbitre et bâtissent ainsi tous les jours, les conditions du vivre ensemble.

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:58
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 00:00
Les Cafés politiques de Réinventer la Gauche - Val d'Oise

Pour inaugurer notre travail de réflexion et de débats, nous vous invitons à venir participer avec nous à une rencontre militante autour du thème
Liem.jpg
«Les véritables freins à la croissance»
Mercredi 23 janvier 2008 à 20h30
en présence de
Liêm Hoang-Ngoc
économiste au CNRS & délégué national du PS à la fiscalité

au café Le Must
64, bd Charles-de-Gaulle à Sannois
undefined(à 100m de la mairie et 600m de la gare - plan ci-dessous)
plus d'information sur le site de Réinventer la Gauche Val d'Oise

Télécharger ici le flyer du premier café politique de Réinventer la Gauche - Val d'Oise pour l'envoyer à vos camarades et sympathisants.
Télécharger ici la contribution de Liêm Hoang-Ngoc sur "les socialistes et le marché"

LeMustSannois.gif
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:26
 
Krzysztof Pomian, historien, conseiller scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles
En Belgique, c'est l'Europe qui se joue
 
LE MONDE | 19.01.08 | 12h19  •  Mis à jour le 19.01.08 | 14h24

a Belgique va rouvrir un débat sur son fédéralisme et ses institutions. Comment analysez-vous la longue crise qu'a connue ce pays ? La mésentente entre Flamands et francophones a-t-elle des implications pour l'Europe ?

Par les problèmes qui y sont posés, ce pays apparaît comme une Union européenne en miniature. D'abord, je suis pantois d'entendre qu'il s'agirait d'un Etat "récent et artificiel". A 177 ans, il n'est certes pas très ancien, mais les provinces qui composent la Belgique d'aujourd'hui forment un ensemble depuis le XIVe siècle, et ses frontières ont été dessinées au XVIIe. Ce pays a acquis son intégralité, en tant que Pays-Bas espagnols d'abord, Pays-Bas autrichiens ensuite. Il a donc un enracinement historique profond. L'Union européenne aussi est "jeune" : officiellement, elle n'a que 50 ans, mais ses racines sont, elles aussi, profondes et très anciennes.

Deuxième dimension : la question des langues et du multilinguisme, hélas essentielle dans la vie belge, est tout aussi centrale dans la vie européenne. Nous assistons partout à un conflit entre une langue mondiale, l'anglais comme langue de services, et une langue régionale, ou nationale, à l'échelle d'une petite nation. En ce sens, les déboires linguistiques de la Belgique ne sont pas séparables du contexte européen, et peuvent même être interprétés comme une mise en garde à l'Union : ne pas tenir compte de la question linguistique, privilégier partout l'anglais comme elle le fait, pour des raisons de rationalité, est idiot et peut avoir des conséquences politiques majeures. Je compare cela à l'attitude de la bourgeoisie francophone belge au début de l'existence du pays : convaincue de parler une langue mondiale à l'époque, elle a méprisé le néerlandais. On en voit aujourd'hui les conséquences.

La troisième dimension du caractère européen que revêt le problème belge, c'est simplement la position géographique de cet Etat. Il est au coeur de la ceinture urbaine européenne, vaste ensemble dont les racines remontent au Moyen Age, épine dorsale du continent. Une séparation comme celle de la République tchèque et de la Slovaquie a été douloureuse mais acceptable. Une fracture de la Belgique rendrait l'Europe tétraplégique : ce pays est l'un des éléments par lesquels "tient" l'ensemble européen. Rappelons aussi que la reconnaissance de l'indépendance de la Belgique, en 1830, a découlé d'un engagement fort de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre, cette dernière y voyant une protection contre les menaces des deux autres. Aujourd'hui encore, la centralité belge est un fait majeur, dont le symbole est que Bruxelles est devenue la capitale de l'Europe.

Que la Belgique soit le point de croisement des cultures romane et germanique vous semble-t-il déterminant ?

Bien sûr. La Belgique a rayonné sur l'Europe et a été au coeur de l'histoire artistique du continent. Au XVIIe siècle, avec Rubens et son entourage, du XIXe siècle à aujourd'hui avec son courant symboliste, James Ensor, puis René Magritte ou Marcel Broodthaers, les architectes Van de Velde et Horta, les poètes Verhaeren et Rodenbach, etc. Bruxelles fut un lieu d'enseignement et d'accueil pour de nombreux jeunes d'Europe centrale avant la première guerre mondiale. La Belgique, dans ce qu'elle avait de meilleur, était bien un pays multiculturel, et la richesse de sa culture vient du fait qu'elle est un lieu de rencontre.

Diriez-vous qu'il existe une "identité belge", ce dont doutent beaucoup d'habitants de ce pays ?

J'ai vécu des années dans ce pays où je suis arrivé à 14 ans, en 1948. J'y ai appris le français et la grammaire de Grevisse, visité les musées, fréquenté les bouquinistes. Le jeune Polonais que j'étais en a tiré la conclusion que l'identité belge existait. Cette conviction s'est raffermie quand j'ai lu l'Histoire de Belgique, d'Henri Pirenne, dont il fut de bon ton d'affirmer, dans certains cercles belges, qu'elle était une "foutaise" et que, non, l'Etat et l'identité n'avaient pas de réalité. Cela dit, l'identité belge est difficile à définir. Elle relève de diverses caractéristiques, dont l'aptitude au compromis est l'une des principales.

Je connais la force du sentiment flamand, je suis en contact avec de nombreux francophones, qui clament désormais qu'ils en ont "marre" de leurs voisins du Nord, mais je pense, ou j'ose espérer, qu'il existe encore des éléments communs à ces communautés, qu'on ne vit pas impunément pendant des siècles dans la même entité territoriale, puis au sein d'un Etat, en ayant partagé la même histoire, celle du duché de Bourgogne, de la domination espagnole, de la révolution brabançonne contre les Français, de la Révolution française. Je n'imagine pas que cette histoire n'ait pas laissé de traces.

Autre interrogation à portée européenne, le fédéralisme : il semble, à première vue, avoir davantage éloigné que rapproché les communautés belges...

La Belgique, rappelons-le, fut au départ une monarchie centralisée à la française, dominée par des francophones qui ne reconnurent officiellement la langue néerlandaise que six décennies après l'indépendance du pays. Le démontage du centralisme initial et le recours à la formule fédérale ont permis que certains problèmes ne se posent pas plus tôt. C'est aux Belges de définir vers quoi ils veulent désormais aller. Je note simplement que le confédéralisme à la suisse a lui aussi ses limites : désormais, les francophones et les germanophones ne connaissent presque plus la langue de l'autre. D'où, encore une fois, l'urgence d'une réflexion européenne sur le problème linguistique.

La montée du régionalisme flamand n'a-t-elle pas, comme d'autres, été encouragée par une Europe communautaire, soucieuse d'affaiblir les Etats- nations ?

La question des régions et des moyens d'endiguer un centralisme excessif s'est en fait posée dès la fin du XIXe siècle. Elle n'a rejoint celle de la question européenne qu'un siècle plus tard, mais, entre-temps, les problèmes avaient crû en Belgique, en Ecosse, en Catalogne, au Pays basque, etc. L'Autriche avait procédé à des réformes dans les années 1920. Réorganisée après Hitler, l'Allemagne a résolu ses difficultés en 1949, en procédant à une large dévolution des pouvoirs aux Länder. L'Italie est lentement sortie du centralisme à partir des années 1970. C'est ensuite que l'Union européenne a tenté de rééquilibrer certaines situations. Son intérêt, comme celui de la démocratie, était de promouvoir les régions. Le reproche à lui faire est d'avoir, au cours des quinze dernières années, non pas attisé les revendications, mais évité de prendre une position nette sur ces sujets.

Il fallait, selon vous, condamner explicitement certaines dérives égoïstes ?

Quand des Tchèques n'ont plus voulu payer pour les Slovaques, les Slovènes pour les Macédoniens au moment de la dissolution de l'ex-Yougoslavie, les Italiens du Nord pour les "nègres du Sud", on attendait des plus hautes instances européennes, le Conseil et la Commission, qu'ils condamnent explicitement des argumentations qui sont, d'abord, anti-européennes ! Dans les années 1990, j'ai écrit que le virus nationaliste européen restait tapi dans l'ombre. Je me demande s'il ne prend pas désormais la forme du régionalisme poussé jusqu'à l'indépendance. Il faut condamner l'égoïsme des riches, inconciliable avec une construction qui organise la péréquation et réduit les écarts de richesse. Si les Flamands voulaient se détacher de la Belgique, ils ne pourraient plus faire partie de l'Union. On ne peut prôner un nationalisme extrémiste et espérer bénéficier des avantages d'une appartenance à une instance supranationale, aux plans monétaire, douanier, frontalier, etc.

L'Union n'a aucun intérêt à ce que la Flandre ou la Catalogne deviennent indépendantes demain. Il n'y a aucune raison de penser qu'une Europe à 40 ou 50 sera plus efficace qu'à 27. Où veulent nous mener certains ? Au XIIIee, on a tenté de remettre de l'ordre dans les affaires du continent... Il est grand temps de briser le silence officiel qui encourage les mouvements actuels. siècle ? Car dès le XIV

Les citoyens belges méconnaissent en général le fonctionnement de leurs institutions. Le citoyen européen comprend mal comment est gouvernée l'Europe. C'est un autre parallèle à établir ?

La Belgique et l'Europe se sont construites à partir de systèmes centralisés très clairs et ont évolué vers des architectures au sein desquelles personne ne se retrouve. La Belgique est gouvernée au niveau fédéral, à l'issue d'élections libres et démocratiques, mais sa structure constitutionnelle est illisible. La démocratie européenne s'exerce de manière indirecte, le Parlement n'est pas encore un vrai Parlement, la Commission n'est pas un vrai gouvernement. Des deux côtés, il faudrait donc une simplification...

Si Bruxelles n'était pas capitale européenne, le pays éclaterait-il plus vite ?

Bruxelles resterait de toute façon une pomme de discorde en raison de ses caractéristiques : une ville très majoritairement francophone en territoire flamand. Mon seul voeu est que la Commission, représentante de l'intérêt général européen, et le Parlement puissent émettre des avis si la crise belge perdurait. Il faudrait qu'ils énoncent des vérités européennes...

Peut-on imaginer un remembrement au coeur de l'Europe avec un rattachement de la Wallonie à la France ?

Oui, en théorie pure, si une majorité écrasante de Wallons votaient une demande de ce type et si l'Assemblée nationale l'admettait. Mais je ne crois ni à la force du rattachisme ni à l'enthousiasme de l'opinion française face à ce scénario...



Propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants
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