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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 08:52
Obama prêt à frapper Al-Qaeda au Pakistan
Barack Obama, à Saint-Louis, le 27 juillet. Reuters.
Le sénateur, candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle, a affirmé qu'il utiliserait la force contre les cellules terroristes au Pakistan, s'il est élu. Cette déclaration intervient alors que sa concurrente Hillary Clinton creuse l'écart dans les sondages.
Par Arnaud Vaulerin et AFP LIBERATION.FR : mercredi 1er août 2007

C’est le genre de déclaration qui peut faire des dégâts. Et révéler des faiblesses. Le candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2008, le sénateur Barack Obama, a déclaré mercredi que s’il était élu en 2008, il serait prêt à utiliser la force militaire contre des cellules d’Al-Qaeda au Pakistan.

 
«Je sais que le président (pakistanais, ndlr) Musharraf a ses propres défis» à affronter, a dit le sénateur de l’Illinois dans des extraits d’un discours sur sa vision de la lutte antiterroriste, rendus publics par son équipe de campagne. «Mais soyons clairs. Il y a des terroristes terrés dans des montagnes qui ont tué 3 000 américains […] si nous avons des renseignements utilisables sur des cibles terroristes de grande importance et que le président Musharraf n’agit pas, nous le ferons.».

Barack Obama propose également une aide non-militaire d’un milliard de dollars pour l’Afghanistan et accuse le président George W. Bush de saboter la guerre contre le terrorisme. Un récent rapport des services de renseignement américain a indiqué qu’Al-Qaeda s’était reconstitué dans une «zone sanctuaire» au Pakistan et était déterminé à infliger des pertes massives par de nouvelles attaques aux Etats-Unis. L’administration Bush a ensuite tenté de rassurer les autorités pakistanaises qui avaient par le passé déjà réagi très vivement à des menaces d’action militaire contre des cibles situées sur leur territoire.

Lors d'une audition au Sénat, le n°3 du département d’Etat Nicholas Burns a notamment déclaré que le gouvernement retenait toujours l’option de s’attaquer au groupe terroriste dans la région mais aussi qu’il était très attentif au respect de la souveraineté du Pakistan.

Cette déclaration intervient au moment Hillary Clinton, également candidate à l’investiture pour la présidentielle de 2008, creuse l’écart chez les démocrates. Et montre une plus grande expérience que ses rivaux.

Selon un sondage Wall Street Journal/NBC news publié mercredi1, Hillary Clinton a creusé un écart de 21 points avec Barack Obama et réuni 43% des soutiens démocrates contre 22% en faveur du sénateur noir de l’Illinois. L’ancien sénateur John Edwards arrive 3ème position avec 13%. Un précédent sondage en juin attribuait à la sénatrice une avance de 14 points sur ses adversaires démocrates.

1 Ce sondage a été réalisé fin juillet par téléphone auprès de 481 démocrates. La marge d’erreur est de plus ou moins 4,47 points

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 17:40
Le fils du colonel Kadhafi détaille un contrat d'armement entre Paris et Tripoli
LE MONDE | 01.08.07 | 11h17


ne semaine après la libération des infirmières et du médecin bulgares retenus en Libye depuis 1999, l'un des acteurs-clefs de ce dénouement, le fils du numéro un libyen, Saïf Al-Islam Kadhafi, évoque, dans un entretien au Monde, certains dessous de cette affaire.

Ces éléments recouvrent deux aspects que les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli : d'une part, les détails d'un accord prévoyant d'importantes fournitures d'armements par la France à la Libye ; d'autre part, le rôle joué, dans la résolution du cas des infirmières, par une décision de justice au Royaume-Uni concernant le sort d'un ancien agent libyen emprisonné depuis 2001 à Glasgow, en Ecosse, pour sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts).

Ce Libyen, Abdel Basset Ali Al-Megrahi, a été autorisé par une commission judiciaire écossaise, le 28 juin, à faire appel, pour la deuxième fois, de sa condamnation à la prison à vie. La décision a pesé pour beaucoup dans l'issue du drame des infirmières. Elle est intervenue moins d'un mois après une visite à Tripoli de Tony Blair, qui effectuait là l'un de ses derniers voyages à l'étranger avant de quitter le 10-Downing Street.

Le fils du colonel Kadhafi affirme qu'il a bon espoir qu'Ali Al-Megrahi sera renvoyé prochainement en Libye. "Nous allons bientôt avoir un accord d'extradition avec le Royaume-Uni", dit-il "Nos gens, ajoute-t-il, en parlant d'officiels libyens, étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter.

"Oui", répond-il lorsqu'on l'interroge sur les rapports existant entre l'affaire Al-Megrahi et celle des infirmières, "nous avons établi un lien. Nous avons aussi accepté que le dossier soit traité au niveau bilatéral, entre la Libye et le Royaume-Uni, alors qu'on demandait auparavant que cela fasse partie des discussions au niveau européen".

Quant aux accords d'armement et de défense qui ont fait l'objet de discussions entre Paris et Tripoli, il semble y accorder un intérêt beaucoup plus vif qu'à la question de la fourniture par la France d'une centrale nucléaire à la Libye. Pareille centrale "n'est pas essentielle pour la Libye", glisse Saïf Al-Islam Kadhafi d'un air détaché. "Nous avons des hydrocarbures… La décision de se doter d'une centrale nucléaire nous permettrait d'exporter de l'électricité… vers l'Italie notamment" ajoute-t-il, sans s'attarder sur les possibilités de déssalinisation d'eau de mer, pourtant beaucoup évoquées à Paris.

Le cœur du sujet, entre Paris et Tripoli, est donc l'affaire militaire. En quoi consiste-t-elle? "D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d'euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires. Vous savez que c'est le premier accord de fournitures d'armes par un pays occidental à la Libye ?", se réjouit-il.

En 2004, l'embargo européen sur les ventes d'armements à la Libye a été levé, après les règlements intervenus avec Tripoli à propos des dédommagements des victimes des attentats de Lockerbie et de l'avion d'UTA (1989, 170 morts). La Libye avait aussi renoncé à son programme d'armes de destruction massive, à la suite de longues tractations avec Londres et Washington. "Malheureusement, depuis 2004, un embargo non dit persistait contre mon pays", commente Saïf Al-Islam. "Les Allemands, surtout, étaient réticents pour des ventes d'armes. Mais avec les Français, nous avons été en négociations depuis longtemps. Nous avons demandé à Sarkozy d'accélérer les choses. Maintenant que le cas des infirmières est réglé, c'est une occasion en or qui survient." Il ajoute avec une visible satisfaction : "des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même". Le fils du colonel Kadhafi indique que son père devrait se rendre en France pour signer les contrats en question. Il précise en outre que des garanties de défense ont été évoquées, selon lesquelles la France se porterait au secours de la Libye au cas où sa sécurité nationale serait menacée. Les Libyens en ont en tout cas demandé autant. "Mais je ne sais pas si cet article a été maintenu dans le document" par les négociateurs, dit-il encore.

Le fils du "Guide" s'exprime ainsi, en ce mardi 31 juillet, assis dans un hôtel de luxe de Nice, entouré d'une escouade de gardes du corps et de conseillers en relations publiques. Agé de 35 ans, crâne rasé et sourire charmeur, il est vêtu d'une veste noire sur un pantalon blanc étincelant, assortis de tennis tout aussi blanches. L'entretien, en anglais, s'est déroulé à sa demande, car il souhaite "clarifier quelques points". Au titre de dirigeant de la Fondation Kadhafi qui a négocié les dédommagements aux familles d'enfants libyens malades du sida, Saïf Al-Islam veut en effet déclarer formellement qu'"aucun argent libyen" n'a été versé à ces familles.

D'où viennent donc les plus de 400 millions de dollars? "Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé". Par le Qatar? "Nous n'avons pas posé de questions. Nous ne voulons pas embarrasser nos amis." Pour Saïf Al-Islam, qui dit avec une grande tranquillité qu'il n'a pas cru en la culpabilité des infirmières bulgares ("elles ont malheureusement servi de boucs émissaires"), et que par ailleurs les récits de tortures qu'elles ont subies en prison sont "exagérés, de la fiction, à 100%", la Libye a obtenu dans cette affaire "un bon deal". "C'était une histoire compliquée. Une grande pagaille. Avec beaucoup de joueurs. Il a fallu satisfaire tous les joueurs."

Natalie Nougayrède 

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 09:09
En plein été, on fait passer un projet de loi pour limiter le droit de grève : 30 et 31 juillet, 1er août. Le 31 juillet le chef de l'Etat annonce une nouvelle franchise médicale, sous couvert de traiter enfin des sujets compassionnels et consensuels - dépendance, cancer, Alzheimer - qui ne rapporteront que 800 millions d'euros maximum quant le déficit de l'assurance maladie est de 6 milliards mais qui pèseront encore sur les revenus inférieurs et moyens, quand la majorité parlementaire vient de voter 13 milliards d'euros de cadeaux fiscaux pour les plus aisés. Tout cela est finalement peu relayé.
Mais que Bernard Thibault réponde à une question posée à l'initiative du Parisien sur d'éventuelles perturbations de la coupe du monde de Rugby : "Si on pense vouloir profiter de la Coupe du monde (de rugby) pour vouloir nous imposer de mauvaises décisions, la CGT ne laisser pas faire"... Voila désormais que Télévisions et Radios annoncent en boucle que la CGT menace ouvertement la coupe du monde de Rugby... bel exemple de désinformation.
FRED

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 09:33
 
Portraits
Le jeune pousse
Benoît Hamon, 40 ans, nouveau porte-parole du PS. Noniste lors du référendum européen, réservé envers Royal, il incarne la relève d’un parti d’éléphants déboussolés.
Par VAILLANT - Libération : mardi 31 juillet 2007

benoithamonenpied.jpgSeul Solferino connaissait son prénom. On parle aujourd’hui de lui pour diriger un parti qu’Hollande aimerait laisser en location-gérance, d’ici un an. Benoît, qui? Benoît Hamon, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), député européen, et récent porte parole d’un PS contraint de faire donner la jeune garde, pour faire pièce à un Sarko sortant de son chapeau Rama, Fadela, et caetera.
 
L’intéressant est qu’Hamon est un hybride au parcours peu dans l’air du temps droitisé et aux idées en rupture avec celle de l’ex-candidate maison. Il a débarqué via la rocardie, a travaillé avec Jospin et Aubry. Puis a tenté l’aventure de l’aile gauche avec Montebourg et Peillon. Il a voté non au référendum sur l’Europe, mais ne s’est pas converti à l’ «ordre juste» à l’inverse de ses deux camarades. Il dénonce la tentation sécuritaire des ségolistes, s’interloque de leurs dénonciations de l’assistanat, défend les 35 heures qu’il mit en musique chez Aubry. Et s’étonne que la gauche, après avoir dégluti la couleuvre du libéralisme économique, semble prête à s’enrouler autour du cou le boa constrictor du conservatisme sociétal.
 
L’homme est mince et fibreux. On sent qu’il a du jarret, du nerf, et les muscles comme des dagues affûtées. Il a le ventre plat et l’élégance contrôlée. On ne lui verra pas la liquette qui dépasse et la cravate tire-bouchonnée. Il est en chemise blanche et en pantalon marron glacé qui casse parfaitement sur le soulier. Ni la perfection british d’un Moscovici, ni l’éternel velours noir de Hollande. Une apparence sans chichis, mais sans laisser-aller.
 
Cette allure entre petit marquis et hidalgo cambré, ce cheveu court, ce regard clair, ce goût de la formule et de la joute, feront vibrer le cœur de ces midinettes que sont les télés. Sitôt coincé dans la petite lucarne, Hollande, excellent tribun de salles polyvalentes, voit sa drôlerie se diluer, et le fantôme du radicalisme cassoulet revenir le hanter. Parions qu’Hamon y gardera sa vivacité, son mordant, sa rapidité. Qu’il saura faire oublier l’agressivité de ses harangues qui impressionnent le militant ou le hiérarque mais perturbent le spectateur. Et qu’il prouvera qu’on peut rester maigre sans devenir aigre.
 
De lui, Razzye Hamadi, l’actuel président du MJS et l’un de ses fidèles, dit qu’il est «pugnace». Et que quand il joue au foot, il est capable de «tacler les deux pieds en avant». Dans l’entourage de Hollande, on nuance : «Il pouvait être vachard. Il se patine.» Et on ajoute : «Il est bien assis sur ses convictions. Il est carré et habile, autonome et réglo. Il sent les choses et il bosse, il consulte et il décide.» Ses ennemis se contentent de lever les yeux au ciel, de le renvoyer dans les limbes de son inexistence ou de le pousser en avant pour qu’il se grille aux feux de la rampe.
 
Chez les turfistes roses, à l’heure de la grande déboussolade, on parie sur deux yearlings pour la prise d’un parti de seniors qui peut très bien se cabrer et envoyer valser tout ce jeunisme. Manuel Valls, 44 ans, versus Benoît Hamon, 40 ans. Le maire de Créteil [Évry, correction du blogue], blairiste assumé, contre le noniste de Bruxelles, qui soutient que : «Lorsque la gauche cesse d’être la gauche, la gauche perd.» L’amusant est que ces deux challengers poids mouche ont grandi en Rocardie, province girondine et rétive du PS.
 
Hamon y est venu via la Bretagne et les bonnes sœurs, ce qui va de pair. Sans oublier SOS Racisme qui était une façon comme une autre d’être boy-scout et bon cœur. Cela dit, l’histoire est un peu moins limpide. S’il est breton, Hamon est d’abord brestois, c’est-à-dire frondeur et fonction publique dans des terres longtemps agenouillées devant leurs bons maîtres. S’il a fait ses classes dans le privé, il est fils d’un ouvrier de l’arsenal, pas d’un officier de marine. Et s’il était fier de porter la petite main jaune dans des bahuts où fleurissait les «Touche pas à mon pays», il tenait aussi à remplacer les crucifix par des photos du groupe Baader-Meinhoff.
 
Côté religion aujourd’hui, il explique «C’est peut-être grâce aux sœurs que j’ai appris à ne pas croire en Dieu. C’est peut-être d’elles que me vient mon libre arbitre.» En ces années de formation, il se revoit «peu structuré, fonctionnant à l’énergie, à l’ émotion». Et aussi «pas très porté au respect des institutions en général», assez rétif «aux notions d’ordre». On suspecte quelques remontées de ces irritations à l’énoncé des projets «jupe plissée bleu marine» de Ségolène. Il se souvient aussi du choc culturel ressenti quand il débarque à Paris et qu’il côtoie la jeune rocardie propre sur elle. Il vit ça comme quand il se glissait en douce dans les boîtes de nuit réservée à la gentry brestoise pour draguer les filles des galonnés.
 
Les origines sont à chercher tout à côté, le Breton ayant le voyage en éternel retour. Des paysans de Plougastel-Daoulas, des mécanos et commerçants de Portsall. Cela dit, ça bouge quand même. Une expatriation familiale à Dakar, un collège de frères maristes locaux, pas le lycée français des coopérants. Et, ensuite un divorce qui le voit, aîné, demeurer à Brest auprès de son père quand frère et sœur accompagnent leur mère à Dakar et à Toulon. De 13 à 18 ans, il apprend l’autonomie, l’indépendance. Il évoque cela comme une expérience positive, légère.
 
Jeune, il n’est pas très lecture. Cela lui viendra plus tard: Primo Lévi, Gide, Gary, Cocteau, Gramsci. Il préfère la musique. Exhume trois strates datables au carbone 14. 1) Du hard rock (AC/DC, Trust). 2) De la new wave (Cure, Sisters of Mercy, encore les sœurs.) 3) Du rap. «J’écoute NTM, quand ma nana n’est pas là.»
 
Assez dans le masculin classique, il est aussi très sport. Actif et passif. Ailier de l’équipe de rugby du Parlement et lecteur de l’Equipe. Et regardeur acharné du XV dirigé par le nouveau secrétaire d’Etat, sur un magnifique écran plat, offert pour ses quarante ans. Plasma dans lequel il se noie, au cœur d’un tranquille trois pièces du XIVarrondissement et au grand dam de sa compagne qui s’occupe de cinéma, à la Commission européenne.
 
Au milieu de sa vie, après 20 ans en politique, Hamon reste strictement estampillé «jeune» dans ce vieux monde apeuré et immature. Et l’étiquette le colle d’autant plus en sparadrap qu’il fut chef de jeunes, en un temps où les Alexandre ou les Saint-Just en sont réduits à faire «areuh», consignés dans leur youpala.
 
Avant Hamon qui fit grandir son MJS et plaça ses hommes chez les lycéens de l’UNL et les étudiants de l’Unef, Cambadélis entraîna vers la social-démocratie ses trotskos de l’OCI et Julien Dray pilota la galaxie SOS Racisme et ses satellites («Ni putes ni soumises», la FIDL). Mais c’est comme si «Camba» et «Juju» payaient cette connexion avec les générations montantes d’une infantilisation récurrente, d’un permanent «Mais vous avez bien le temps, votre tour viendra».
 
La tâche de Hamon n’est pas simple s’il veut échapper à cette drôle de malédiction. Jusqu’à présent, il a campé sur ses convictions, sans craindre d’être «mino» (minoritaire) quand d’autres ne pensaient qu’à ne pas manquer le train «majo». Paradoxe, c’est ce qui fait sa force et facilite son ascension.
 
Et dans 10 ans, qu’en sera-t-il ? Seules les bouches d’ombre des poissons qu’il est parti alpaguer en mer d’Iroise, ravi de sa nouvelle canne à pêche, connaissent la réponse.

 
Benoît Hamon en 5 dates
 
26 juin 1967
 
Naissance à Saint-Renan (Finistère).
 
1993-1995
 
Président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
 
1997-2000
 
Conseiller de Martine Aubry.
 
2004
 
Député européen.
 
Juin  2007
 
Porte-parole du PS.
 

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 08:56
 
Jaurès contre Sarkozy
La politique gouvernementale à la lumière des écrits de cette figure historique de la gauche.
 
Par Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel Gauche Avenir
Libération : mardi 31 juillet 2007

La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.
 
Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.
 
Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.
 
Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».
 
Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ? L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.
 
La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).
 
Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, «ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo ( «construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?
 
Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer.

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 08:16
Service minimum : le 31 juillet, réagissons !

La CGTappelle les salariés à des rassemblements à Paris, devant l'Assemblée nationale, et devant les préfectures des principales villes de province, le mardi 31 juillet à 14h30.
Le projet de loi sur le service minimum dans les transports sera alors examiné par les députés. Comme en témoignent les derniers amendements déposés par la commission du Sénat en charge du dossier, les transports terrestres sont les cobayes d'une offensive visant à une restrictions généralisée du droit de grève dans notre pays (lire le tract).
 
Service minimum : les députés PS vont saisir le Conseil constitutionnel
 
LEMONDE.FR avec AFP | 30.07.07 | 19h26


e groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) à l'Assemblée nationale a annoncé, lundi 30 juillet, sa décision de saisir le Conseil constitutionnel dès le vote du texte sur le service minimum dans les transports publics terrestres, dont les députés commençaient l'examen.

Deux dispositions suscitant aussi la vive opposition des syndicats seront soumises à l'examen du Conseil constitutionnel : l'obligation pour le salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant le conflit et l'organisation, au-delà de huit jours de grève, d'une consultation du personnel à l'initiative de l'employeur. Selon le député Alain Vidalies, il s'agit d'"une rupture juridique qui bafoue les principes constitutionnels régissant le droit de grève" .

Lors de l'examen du texte de loi à l'Assemblée nationale, le ministre du travail et des relations sociales, Xavier Bertrand, a expliqué qu'il s'agissait d'"un engagement fort pris par le président de la République lors de la campagne électorale".  Estimant que"le service minimum, ce n'est pas une question de droite ou de gauche, c'est tout simplement une question de service public", il a assuré qu'il n'était pas question "de remettre en cause le droit de grève". Il souhaite avec cette nouvelle loi "éviter au maximum le recours à la grève, éviter la paralysie en cas de grève et éviter aussi l'absence d'informations aux usagers".

Le 19 juillet, après l'adoption du projet de loi par le Sénat, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault avait annoncé des "recours juridiques" et appelé les parlementaires à saisir le Conseil constitutionnel. La journée d'action nationale des syndicats, prévue mardi 31 juillet, ne sera"qu'une étape"  dans la mobilisation contre le texte sur le service minimum, avait alors prévenu M. Thibault.

 

Xavier Bertrand : "La concertation est indispensable" avant l'extension à d'autres transports
Xavier Bertrand s'est dit conscient que "certains auraient souhaité l'extension de ce texte à d'autres modes de transports". Si pour le ministre, "il n'y a aucun tabou", il a souhaité "indiquer que ce texte était prévu pour les seuls transports terrestres". Il a précisé que "la concertation étroite qui a été menée l'a été avec les représentants des transports terrestres". Si le service minimum devait s'étendre aux secteurs aériens et maritimes, "le préalable indispensable est la concertation". - (Avec AFP.)
 

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 09:02
 
liemhoangngoc.jpgTaxe antisociale
Le gouvernement étudie une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale.
 
Par Liêm Hoang-Ngoc, délégué national à l’économie du Parti socialiste.
Libération : lundi 30 juillet 2007

Eric Besson a été chargé par Nicolas Sarkozy d’évaluer les effets du basculement vers l’impôt du financement de la sécurité sociale. Une telle réflexion n’est pas hors de propos car la santé appartient au champ de la solidarité nationale et des dépenses universelles (elles bénéficient à chaque citoyen et pas seulement au salarié). Celles-ci, en tant que telles, doivent donc être financées par l’impôt et non par la cotisation sociale. Cette réflexion s’impose a fortiori car l’actuel système de financement des dépenses sociales est injuste et pénalisant pour l’emploi.
 
A cet égard, l’ex-secrétaire national en charge de l’économie du Parti socialiste n’a pas pu oublier que le chantier d’un financement «moderne» de la protection sociale est un de ceux où la gauche est particulièrement en avance. La création d’un grand impôt citoyen progressif sur le revenu (à partir de la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu), proposée par les socialistes, est le moyen le plus juste de faire participer chaque citoyen à la solidarité nationale selon sa faculté contributive.
 
Cette solution évite d’augmenter la TVA ou de multiplier franchises et déremboursements. Le PS propose d’autre part de remplacer les cotisations patronales par une sorte de CSG entreprise, assise sur la valeur ajoutée (plus favorable aux petites entreprises de main-d’œuvre). Cette contribution sur la valeur ajoutée, mettant à contribution les profits, n’a rien à voir avec la TVA, qui taxe le consommateur au premier centime d’euro. Ces propositions sont malheureusement exclues du champ de l’évaluation du gouvernement, qui envisage un seul scénario de fiscalisation : le remplacement des cotisations par une hausse de la TVA dont le taux serait majoré de 3 à 5 points. Eric Besson a bien pris soin, comme il le faisait jadis, de ne pas trop se mouiller en attendant les «arbitrages», en désignant trois «experts» : un «pour» (Michel Didier de Rexecode, institut de recherche du MEDEF), un présumé «contre» (Jean-Paul Fitoussi de L’Observatoire français des conjonctures économiques) et un «dans le vent», Gilbert Cette de la Banque de France.
 
Défendue par le sénateur Jean Arthuis, proche de François Bayrou, cette mesure s’inscrit dans la compétition fiscale, lancée par la «grande coalition» allemande, qui a récemment augmenté de 3 points la TVA, réduit l’impôt sur les sociétés et abaissé les cotisations sociales. La réduction des coûts de production permettrait aux entreprises de baisser leurs prix sans entamer leurs marges.
 
La hausse de la TVA renchérirait quant à elle les importations et freinerait l’intérêt à délocaliser. Cette TVA serait «sociale» parce que les travailleurs sont présumés doublement gagnants, premièrement sur le terrain du pouvoir d’achat (grâce à la baisse des prix), deuxièmement sur celui de l’emploi (grâce aux délocalisations évitées). Malheureusement, la TVA est la solution la plus injuste socialement et la plus discutable quant à ses effets macroéconomiques. Le système fiscal français est déjà faiblement redistributif, en raison du poids des impôts non progressifs (TVA, CSG.). La part de l’impôt progressif sur le revenu dans les recettes fiscales n’est que de 17% alors que le poids de la TVA est de 51% ! Les pauvres la paient au premier centime d’euro dépensé.
 
Les 10% des ménages les plus pauvres consacrent 8 % de leur revenu au paiement de la TVA. Les 10% des ménages les plus riches ne lui concèdent que 3 % de leur revenu. La hausse de la TVA rendra l’impôt encore plus injuste en reportant sur les ménages modestes une part croissante du financement du budget social. Les effets pervers d’une hausse de la TVA sont évidents. Malgré la «baisse des charges», personne ne baissera les prix, ni les grandes entreprises monopolistiques, sommées par leurs actionnaires de maximiser leurs marges, ni les PME, étranglées par leurs donneuses d’ordre. Les baisses de cotisations sociales qui se sont déployées depuis 1993 n’ont aucunement enrayé la «vie chère» et ont occasionné de faibles créations nettes d’emplois.
 
La hausse de la TVA sera donc répercutée sur les prix, tout comme lors de la précédente augmentation de deux points, opérée par Alain Juppé en 1995. Elle déprimera à nouveau le pouvoir d’achat et cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance. Si les salaires s’indexaient sur l’inflation, l’effet recherché sur la compétitivité serait nul. La Banque centrale européenne (BCE), dont l’œil est rivé sur l’indice des prix, relèvera une fois de plus ses taux d’intérêt. La croissance ralentie amenuisera les recettes fiscales, de surcroît entamées par les baisses d’impôts directs. Les déficits se creuseront et seront prétextes à de nouvelles restrictions budgétaires en matière de redistribution. Il en résultera une aggravation du chômage et une montée des inégalités.
 
La hausse de la TVA allemande a relancé en un trimestre l’inflation de 0,5 point et freiné la consommation intérieure. La stratégie allemande est en apparence gagnante sur le terrain commercial parce que les industries d’outre-Rhin sont spécialisées sur des créneaux «hors coût» qui leur garantissaient déjà des débouchés mondiaux. La réforme fiscale permet surtout aux actionnaires allemands de bénéficier de dividendes en hausse. Si tous les pays européens s’engageaient dans cette stratégie de «désinflation compétitive», le jeu serait à somme nulle. Aucun gain de part de marché de part et d’autre, mais un marasme économique généralisé qui condamnerait une fois de plus le projet européen auprès des peuples.
 
Enfin, il est tout aussi illusoire de penser qu’une hausse de la TVA permettrait de lutter contre les délocalisations. Pour cela, l’Europe doit utiliser le tarif extérieur commun et réorienter la politique menée par la BCE, défavorable aux industries européennes. Pour lutter contre le dumping social, source de délocalisations intra-européennes, l’Europe doit accroître ses fonds structurels et favoriser l’harmonisation des normes fiscales et sociales. Ces choix seraient sérieusement compromis par la ratification d’un minitraité, consacrant un super marché européen à 27 et sonnant le glas d’une Europe politique à même de maîtriser les effets pervers du libre-échange.
 

Auteur de Vive l’impôt!, Ed. Grasset.

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 08:57
Michel Serrault est mort
LE MONDE | 30.07.07 | 09h24  •  Mis à jour le 30.07.07 | 09h25


michelserrault.jpgne dame vient le voir un soir, dans la loge du théâtre où il jouait Knock de Jules Romains. "Excusez-moi de vous dire ça, mais vous m'avez tellement fait rire !"   Le comédien répond par une génuflexion : "Ne vous excusez pas, madame, je l'ai fait exprès. C'est là toute ma philosophie. Et la manière dont j'ai conçu mon métier." Tous les clowns sont menacés, un jour ou l'autre, de ne plus faire rire. Michel Serrault, un des comédiens les plus populaires de l'Hexagone, est mort le dimanche 29 juillet.

Né le 25 juillet 1928 à Brunoy (Essonne), élevé dans une famille modeste mais joyeuse, cet incontrôlable excentrique se découvrira de concert deux vocations : celle du cirque, cultivée à Medrano et dans l'adulation des Fratellini, et celle de prêtre, épanouie depuis qu'il était enfant de chœur, au fil de sa fréquentation du patronage et de l'enseignement d'un jeune diacre qui devient son mentor spirituel.

Entré au petit séminaire, il se rend compte qu'il est "peu doué pour la chasteté" quand il est bouleversé par le sourire d'une jeune fille croisée dans le métro. Encouragé par le clergé à s'engager sur une voie où les messes ne sont pas incompatibles avec les pitreries, il va apaiser ses pulsions de voyou de quartier au Centre d'art dramatique de la rue Blanche, à Paris, à l'école de mime d'Etienne Ducroux, au Conservatoire Maubel, tout en faisant de la figuration à la Comédie-Française.

Plus à l'aise dans les Fables de La Fontaine ou Les Fourberies de Scapin, de Molière, que chez Paul Claudel, il déploie son goût des singeries, se fait recaler au Conservatoire, joue chez Charles Dullin, chez Jean-Marie Serreau. Le farceur fait ses classes.

Mais toute sa vie restera marquée par la religion. La foi lui sera d'un réconfort profond quand il perdra une fille dans un accident automobile, au début des années 1970. Tous ceux qui l'ont bien connu témoignent de la coexistence pacifique, chez lui, entre la drôlerie et l'inquiétude. "On ne saurait sous-estimer l'importance de Dieu dans l'extravagance de ce comédien délirant, dit Pierre Tchernia. Il possède en lui-même la possibilité de jouer à la fois Jésus et le pécheur."  Serrault confirme : "Je suis préoccupé par le don de soi aux autres. Le reste est bagatelle." Il n'aura de cesse de troubler les donneurs de leçons : "J'aime laisser supposer par mon jeu que nous sommes tous de pauvres êtres capables de choses pas très belles. Devenir héros ou salaud, c'est parfois juste une affaire de courant d'air. Je suis une espèce de terrain vague d'où jaillit je ne sais quel mystère. Dans les pires personnages, je cherche à montrer ce moment de détresse absolue qui efface l'horreur, et où, l'espace d'une seconde, peut naître la grâce qui change tout. J'ai besoin de semer le doute et de racheter même les âmes perdues." Au cinéma, il est apparu dans pas moins de 150 films. Mais il lui faudra attendre cinquante ans pour jouer les têtes d'affiche. Il joue un banquier troublant (L'Argent des autres, de Christian de Chalonge, 1978), un notable de province en smoking, accusé de pédophilie (Garde à vue, de Claude Miller, 1981), un détective obsessionnel (Mortelle randonnée, de Claude Miller, 1983), un ministre de l'intérieur (Le Bon Plaisir, de Francis Girod, 1984), un rentier ayant raté sa vie (Nelly et monsieur Arnaud, de Claude Sautet, 1995).

Au début des années 1950, il fait le pion dans Les Diaboliques, d'Henri-Georges Clouzot (1955). Mais surtout, Michel Serrault est intronisé dans les branquignolades de Robert Dhéry (qui lui fait jouer un trompettiste catastrophe dans Ah! Les Belles Bacchantes), et rencontre celui qui sera son complice : Jean Poiret. Ce dernier, élégant fantaisiste, a fait sienne une devise de La Bruyère : "Il faut rire avant d'être heureux de peur de mourir sans avoir ri." Ensemble, ils vont créer au cabaret un duo comique en tournant les interviews télévisées en dérision, Poiret dans le rôle du clown blanc emphatique et Serrault dans celui de l'auguste ahuri, avec sa bouille ronde et ses yeux en billes de loto, incarnant tour à tour Jerry Scott, Clément Laprade explorateur, Stéphane Brinville écrivain, Albert Petit-Lagrelèche chef d'orchestre.

"UN ŒIL ASSASSIN ET UN CÔTÉ TIMBRÉ"
Au cinéma, son sort est également lié à celui de Poiret. Ils sont deux inspecteurs de police dans Cette sacrée gamine, de Michel Boisrond, deux détectives dans Adorables démons, de Maurice Cloche, un aristo assassin et un cambrioleur trucidé dans Assassins et Voleurs de Sacha Guitry, puis deux avocats dans un sketch de La Française et l'Amour de Christian Jaque, encore deux flics dans Candide de Norbert Carbonnaux.

En solo, Michel Serrault est remarqué au théâtre, dans Pour avoir Adrienne avec Micheline Presle, Gugusse de Marcel Achard, ou L'Ami de la famille, qui lui vaut l'hommage de Robert Kemp pour ses "gloussements de désespoir, ses colères brusques mais sans spasmes".

Mais c'est La Cage aux folles, de et avec Jean Poiret, joué sept ans à Paris, qui lui apporte la consécration en 1973. L'adaptation au cinéma de ce triomphe par Edouard Molinaro lui vaut un César, trois nominations aux Oscars et par deux fois le titre du meilleur film étranger. Il aura deux autres César, pour Garde à vue et pour Nelly et monsieur Arnaud. Justes récompenses après tant de gaudrioles assumées : "J'ai toujours préféré cinq minutes sublimes dans un prétendu navet à quatre-vingt-dix minutes banales dans un film bien." Rayon navet et autres légumes bouillis, il y en eut certes, ô combien, du Grand Bidule à Du mou dans la gâchette, mais Serrault fut aussi époustouflant cinq minutes dans un film bien, comme dans Préparez vos mouchoirs (le voisin qui déteste la musique) ou Buffet froid (le quidam avec un couteau dans le bide) de Bertrand Blier. Il y eut les rencontres avec Michel Audiard, qui le comparait à l'acteur Robert Le Vigan, le compagnon de Céline ("il a un œil assassin et en même temps un côté timbré : j'aime les acteurs drôles et méchants"), et avec Jean-Pierre Mocky, qui attisa sa démesure en troquant sa tête d'anonyme contre celle d'un politicien corrompu, d'un convoyeur à bec-de-lièvre, d'un SDF pique-assiette, d'un supporter de foot fanatique ou d'un faux paralytique escroc à l'assurance… Coiffeur efféminé dans Le Roi de cœur de Philippe de Broca (1966), vieillard inoxydablement pimpant dans Le Viager, de Pierre Tchernia (1971), histrion chez Jean Yanne et tueur à gages chez Mathieu Kassovitz (Assassins, 1997), Serrault donne le meilleur de lui-même dans un film méconnu de Claude Chabrol où il fait couple d'escrocs avec Isabelle Huppert (Rien ne va plus, 1997).

Inspecteur psychopathe se mettant dans la peau de la victime dans On ne meurt que deux fois, de Jacques Deray (1985), suspecté d'avoir tué sa femme par le flic Noiret dans Pile ou face de Robert Enrico (1980), touchant paysan dans Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (2000), il reste inoubliable dans Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol (1982), monstre qu'il gratifie de sautes de voix et sautillements de jambes pour souligner son dérangement mental, et dans Docteur Petiot de Christian de Chalonge (1990), tueur en série qu'il interprète à la Mabuse, vampire au regard halluciné, maquillage expressionniste, mouvements saccadés de la tête et du buste.

Tordus, détraqués, déments : le caméléon Serrault adorait ces prototypes du mal, comme il adorait se déguiser pour exister, "sinon on ne me voit pas". Imprévisible, coléreux (il s'empoigna avec Roger Planchon quand il joua L'Avare au TNP de Lyon, en inventant des répliques), adepte des exclamations tonitruantes, de la feinte et du double jeu, prêt à se renverser un plat de spaghettis sur la tête à une cérémonie des Césars ou à terminer une interview à la télé en caleçon, Serrault trouvait la discrétion suspecte et plaidait la sublimation par l'excès. Revenant toujours à ce credo : "S'amuser et amuser les autres, sans jamais se prendre la tête entre les mains." Sauf pour prier.

Jean-Luc Douin
CHRONOLOGIE

1928. Naissance le 27 juillet à Brunoy (Essonne)

1973. César et trois nominations aux Oscars pour "La Cage aux folles", d'Edouard Molinaro

1981. "Garde à vue", de Gérard Miller

2007. Mort le 29 juillet.


LEGENDAIRE "CAGE AUX FOLLES"

IL EST DIFFICILE d'imaginer le triomphe que fut La Cage aux folles, à partir de 1973. La pièce sera donnée pendant cinq ans au Théâtre du Palais-Royal, à Paris, puis deux ans au Théâtre des Variétés, attirant près de 2 millions de spectateurs. Trois films suivront, en 1978, 1980 et 1985, toujours avec Serrault, et avec Ugo Tognazzi et Michel Galabru.  La Cage aux folles repose en grande partie sur le jeu fou de Michel Serrault, alias Zaza Napoli, travesti vieillissant, capricieux et jaloux, qui peaufine ses fameuses brusques envolées dans l'aigu, improvise à qui mieux mieux. Certains soirs, la durée de la pièce débordait de quarante minutes et plus, à force d'improvisations, le tandem Serrault-Poiret se lançant dans des dialogues qui ont fait la légende de la pièce. La scène, ressassée, où Poiret apprend à Serrault à tenir une cuillère à café de façon virile fait toujours le bonheur des animateurs de télévision en mal d'audience.

Jean Poiret avait trouvé en Michel Serrault et dans ses outrances, dans sa capacité à transformer son visage et son allure, le comédien parfait pour le rôle. Dans un entretien au Journal du dimanche de février 1973, quelques jours seulement après le lancement de la pièce, Jean Poiret donnait sa lecture de La Cage aux folles et toute l'importance de Serrault dans le rôle principal : "Seuls les pédérastes coincés, c'est-à-dire les refoulés, sont choqués par notre spectacle. Le grand public, lui, rit de bon cœur, parce que dans le fond, les personnages que j'ai mis en scène n'ont, malgré les apparences, rien à voir avec un sexe déterminé. Par exemple, Michel, qui joue les hommes-enfants de 55 ans, est la réplique exacte des femmes-enfants du même âge qui minaudent ridiculement."

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 23:47
Le texte suivant appartient à un travail plus important que je mène depuis plusieurs semaines et que j'ai soumis avec quelques camarades. Il est par ailleurs publié sous mon nom sur le site de Gauche Avenir dans la rubrique " La bataille des idées, «l’hégémonie» culturelle" des contributions des signataires de l'appel de Gauche Avenir.
bonne lecture
Frédéric FARAVEL
La Bataille Culturelle doit revenir au cœur du logiciel de la gauche si elle veut non seulement revenir au pouvoir mais également transformer la société.

Nous n'avons pas subi en 2007 la même indifférence que nous rencontrions en 2002. Mais le malentendu constaté alors n'a pas disparu : des candidats et des militants de gauche s'efforçant de convaincre ; des électeurs ne s'intéressant le plus souvent qu'à ce que leur vote pourrait leur rapporter à eux. Plus personne pour restituer ses difficultés dans un contexte global, pour se revendiquer d'un camp ou d'une classe. Nous avons récolté, sans doute, ce que nous avons nous-même semé : individualisme et scepticisme. Si bien que le bilan de la gauche n'a été lu qu'à l'aune des profits individuels qu'il a pu dégager pour chacun. Cet éclatement de la demande sociale auquel nous avons voulu prêter les vertus d'une autonomie synonyme d'émancipation individuelle, est en fait le produit venimeux de la libéralisation culturelle de la société. Elle s'accompagne d'une culture délétère du non-conflit, du «zéro risque» ; d'accord pour le progrès collectif, tant qu'il ne me nuit pas, et surtout qu'on ne me demande pas de me battre pour le faire avancer, tel est le nouveau mot d'ordre de ceux qui ne pensent leur rapport à la société que sur le mode de la consommation… Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Nicolas Sarkozy en dressant une partie de la population contre l'autre, et faisant croire aux membres de son auditoires ou à ses téléspectateurs, qu'ils ne seront justement jamais ces «autres» (immigrés, chômeurs, oisifs, jeunes donc délinquants, fonctionnaires nantis que l'on remettra au pas…), a pu duper son monde et donner à penser que l'on sortait du non-conflit et du «zéro risque».
[...]
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 23:34
Le texte suivant appartient à un travail plus important que je mène depuis plusieurs semaines et que j'ai soumis avec quelques camarades. Il est par ailleurs publié sous mon nom sur le site de Gauche Avenir dans la rubrique "Les causes profondes de l’échec de la gauche le 6 mai 2007" des contributions des signataires de l'appel de Gauche Avenir.
bonne lecture
Frédéric FARAVEL
1-    Le résultat électoral d'une nouvelle synthèse de la Droite  :

Lors de la campagne de l'élection présidentielle, nous avons assisté - malgré un traitement médiatique moins caricatural (sans être suffisamment impartial) - à un véritable zapping politique dans lequel la Gauche n'a pas su développer un véritable projet de société face à deux dangers majeurs :
➔    les projets ouvertement nationalistes, xénophobes et réactionnaires de Le Pen et Villiers ;
➔    le développement insidieux mais profond et réfléchi d'un projet réactionnaire et ultra-libéral du candidat Sarkozy qu'il n'est plus possible de qualifier de républicain tant il a déconstruit les valeurs républicaines de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.

À titre d'exemple, la proposition de M. Sarkozy d'instaurer un «ministère de l'immigration et de l'identité nationale» renoue avec une tentation politique plus contemporaine, qui avait saisi la droite dès 1984. Le Front national, inspiré par les penseurs de la Nouvelle Droite, venait alors d'ériger la défense de l'identité française menacée, en cheval de bataille. Le RPR et Valéry Giscard-d'Estaing lui emboîtèrent le pas en prônant une réforme du code de la nationalité directement inspirée par Jean-Marie Le Pen. 20 ans après, Nicolas Sarkozy a repris le flambeau, non sans avoir imperceptiblement franchi un cap. Cette fois, il brandit la menace sur l'identité nationale non pour barrer l'accès à la nationalité française, mais pour empêcher l'entrée de certains étrangers sur le territoire. Outre que la volonté de concevoir une politique migratoire n'a de pertinence qu'à l'échelle européenne et certainement pas au niveau national, le nouveau président de la République oubliait au passage que les valeurs républicaines dont il fait mine de se réclamer - égalité homme-femme, laïcité -, déjà fermement protégées par la législation, sont loin de ne concerner que les étrangers. L'obligation de parler français et de suivre une formation civique, elle, est déjà obligatoire pour l'obtention d'une carte de résident. La nouvelle antienne du candidat qu'était alors Sarkozy fut pourtant habilement choisie : elle pointe les divisions de la gauche sur la question de l'assimilation, l'approbation, par une large partie de l'opinion publique, du lien entre immigration et identité nationale inclut probablement des électeurs issus de l'immigration, soucieux de refermer la porte derrière eux. Les enfants de ceux-là mêmes qui, récemment encore, étaient déclarés "inassimilables".
[...]
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