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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 09:52
Depuis deux jours, la presse française, les commentateurs, les hommes politiques de droite et - plus bêtement - certains de gauche devisent sur le repli interne du Parti socialiste, sur son opposition stérile, sur son refus suicidaire de l'ouverture.
dsk.jpgLe comble a été atteint lorsque l'on nous a expliqué que Dominique Strauss-Kahn voyait sa candidature à la direction du FMI proposée par Nicolas Sarkozy alors que cette proposition est originaire des pays européens et datent de quelques semaines et même mois maintenant. Tout le monde glose sur le coup que Nicolas Sarkozy aurait ainsi porté au Parti socialiste, lui otant l'un de ses principaux dirigeants, gonflant au passage son score lors de l'investiture interne (il a fait 20% j'entendais ce matin que nous discuterions au PS sur la manière de se partager ses 22% - à ce rythme Laurent Fabius aura bientôt fait 5% le 16 novembre 2006).
La deuxième face de la pièce de monnaie sarko-commentatrice est la mise en scène du départ de Jack Lang des instances nationales du Parti socialiste et son appel ce matin sur RTL à la démission collective des membres du bureau national ? Le PS serait sectaire ? Jack Lang défendrait ses convictions humanistes, socialistes de toujours, et continuerait une stratégie d'opposition : mais qui parlait d'autoritarisme sarkozien le soir du premier tour des présidentielles ? et qui depuis quelques semaines expliquent que Sarkozy est un gars formidable et que le régime présidentiel c'est le fin du fin ?
jacklang-copie-1.jpgQui a défendu le principe d'une VIème République plus parlementaire durant la campagne derrière Ségolène Royal, comme conseiller spécial de la candidate, qui sans doute n'avait relayé cette revendication de la gauche du Parti que pour essayer de se refaire dans les sondages ? Aujourd'hui Monsieur Jack Lang part servir la soupe dans une commission ad hoc commanditée par le Président de la République dans le dos du parlement (c'est quand même dingue que tout le monde trouve normal de tenir à l'écart le législatif) et servir des objectifs institutionnels à l'opposé des propositions du Parti socialiste, alors comment croire à la sincérité et la continuité de son engagement...
Je ne désespère pas : que la vieille garde du PS revenue de tout, rompue au cynisme électoral et politique, décide de passer de l'autre côté, se mette en vacances ou parte outre-Atlantique, la nature ayant horreur du vide nous nous efforcerons de  le combler sur d'autres bases que les précédentes, tout en tentant de contenir l'offensive ségoléno-pentecôtiste (les commentaires sur le blog de Ségolène Royal sont terriblement affligeants d'un point de vue politique...).
FRED

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 14:38
Jack Lang démissionne des instances dirigeantes du Parti socialiste
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 11.07.07 | 12h25  •  Mis à jour le 11.07.07 | 13h36

jacklang.jpg'ancien ministre socialiste Jack Lang a adressé une lettre à François Hollande, mercredi 11 juillet, pour lui faire part de sa démission de son mandat de secrétaire national du Parti socialiste et de son départ du bureau national.

"Aujourd'hui, je ne me reconnais plus à travers les méthodes de direction qui sont les tiennes", écrit Jack Lang dans cette lettre qu'il rend publique. "En conséquence, je te présente ma démission de secrétaire national et je suspends ma participation aux travaux du bureau national", ajoute le député du Pas-de-Calais.

M. LANG DANS UNE COMMISSION DE RÉFORME DES INSTITUTIONS

Le bureau national, organe dirigeant du PS, avait annoncé, mardi, qu'il suspendrait des instances dirigeantes du parti tout responsable qui participerait "à titre personnel" à une commission mise en place par le gouvernement.

Dimanche, Nicolas Sarkozy a sollicité Jack Lang, parmi d'autres personnalités, pour siéger dans une commission de réforme des institutions. Tout en se déclarant "honoré" de la proposition présidentielle, M. Lang avait réservé sa réponse, disant attendre le discours que M. Sarkozy doit prononcer jeudi sur les institutions.

Dans sa lettre à François Hollande, il se contente d'affirmer : "Citoyen libre, je servirai mon pays selon les règles de conduite que seule ma conscience me dictera et fort de la confiance populaire qui m'est accordée." Et de conclure : "Militant socialiste je suis, militant socialiste je reste, fidèle à mon idéal de toujours. En particulier, je continuerai à combattre vigoureusement la politique économique et sociale de la droite."

M. Lang avait été désigné après le congrès du Mans de novembre 2005 secrétaire national au développement et avait notamment piloté à ce titre la campagne d'adhésion au PS par Internet.

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 09:21
emmanuelli.jpgHenri Emmannuelli est bien trop humaniste ; dans les couloirs de l'Assemblée nationale, il s'inquiétait des difficultés personnelles que DSK pourrait rencontrer une fois directeur du FMI : "Je m’interroge sur la possibilité pour un socialiste, compte tenu de ce qu’est le FMI, de ce qu’est sa politique, de s’épanouir à la tête de cette institution qui, aujourd’hui est quand même un petit peu à la marge, après quelques exploits, en Amérique du Sud et en Asie"...
dsk.jpgSi je conçois aisément que l'on s'interroge sur l'opportunité pour un socialiste de se commettre dans une telle institution, ce n'est pas à mon sens pour savoir si le prochain locataire sera pris dans des contradiction intimes, mais plutôt de savoir si le fait de mettre un social-démocrate à la tête du Fonds Monétaire International changera quelque chose aux politiques menées à travers le monde par le FMI et si l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn à sa tête permettra de corriger des erreurs flagrantes, ouvrira une fenêtre pour une vision plus humaniste de la mondialisation...

J'en doute...
Par contre je vois bien le bordel politique s'annoncer dans la 8ème circonscription du Val d'Oise, la communauté d'agglomération Val de France et la Ville de Sarcelles...
FRED

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 22:31

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h
8h
  Du grain à moudre


Ecoutez

Podcast
    émission du mardi 10 juillet 2007
L'indépendance de la presse : un idéal inaccessible en France ?
 

  Achéteriez-vous un journal appartenant à votre principal concurrent ?

Bernard Arnault voudrait se débarrasser de La Tribune – qui perd de l’argent – pour s’acheter Les Echos – qui en gagnent. Pourquoi pas ? Sauf que Bernard Arnault est aussi le patron d’un groupe de presse spécialisé dans le luxe et la distribution, LVMH. Dans la mesure où Les Echos sont devenus le quotidien économique français de référence, quelle garantie ont ses lecteurs que le journal qu’ils continueront à acheter sera rédigé dans un esprit de totale indépendance envers les entreprises et marques possédés par leur patron ? Pourront-ils résister aux appels à la « synergie au sein du groupe » qui sont autrement plus fréquents, croyez-en ma propre expérience de rédacteur en chef, que les pressions politiques ? Les « conflits d’intérêt » deviennent difficilement évitables lorsque vous travaillez pour un journal qui appartient à un groupe qui a des investissements ailleurs.
Le vrai problème de la presse française, nous répètent les spécialistes, c’est qu’elle manque de groupes spécialisés dans ce « métier » particulier. Du coup, un Serge Dassault a pu se payer Le Figaro - ainsi que ce qui restait de l’empire Hersant - et y faire l’article pour ses avions de combat en débinant la concurrence. Du coup, Libération, héritier héroïque et fourbu de la contre-information gauchiste, a été sauvé de la faillite par un Edouard de Rothschild. Et François Pinault, propriétaires de plusieurs chaînes de distribution a pu s’offrir Le Point.
Etrange pays tout de même, où la première chaîne de télévision en audience et en ancienneté appartient à un groupe spécialisé dans la construction et les télécoms, Bouygues. Etrange pays, où le seul groupe de média de dimension internationale, Hachette Filipacchi, fait partie d’un ensemble spécialisé, par ailleurs, dans l’aéronautique (EADS).
La démocratie est-elle compatible avec un « business model national » où les capitaines d’industrie se payer des média ? La presse est-elle une activité commerciale comme les autres ? Les titres de presse sont-ils des marques qu’on pourrait s’offrir sans en dégrader derechef l’image et la valeur ?
Voici quelques unes des questions que nous aborderons ce soir avec nos invités.
  Invités

 
Jean-Marc Vittori.  Editorialiste aux Echos

 
Massimo Nava.  Correspondant à Paris pour le Corriere della Sera.

 
Sylvain Bourmeau.  Rédacteur en chef des Inrockuptibles.

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 11:00
Ce matin je suis exceptionnellement parti plus tard de mon domicile. Benoît Hamon passait pour la première fois dans les Quatre Vérités de Télématin sur France 2, et je me suis dit qu'il fallait regarder, vérifier comment il s'en tirait. J'estime que c'est l'un des rares  "nouveaux responsables" du Parti socialiste qui sorte un peu du lot et j'aurais été assez déçu qu'il se prenne les pieds dans le tapis face aux journaliste de France 2.
J'avoue avoir été rassuré vous pouvez vous même aller visionner l'interview (pour cela il vous suffit de
cliquer  ici). Benoît s'est efforcé de ramener le niveau de la discussion politique là où elle le mérite : sur le fond de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy afin de dissiper les illusions tant européennes que nationales que notre président-prestidigitateur déploient avec talent dans des médias serviles. 11 à 15 milliards de déficit supplémentaires du fait des cadeaux fiscaux que Nicolas Sarkozy va faire aux plus aisés des Français, cela inquiète légitimement nos partenaires au regard des engagements que nous avons vis-à-vis d'eux (quelque soit l'avis que l'on porte sur le fond de ces engagements) et Sarkozy serait sorti du conseil des ministres des finances en ayant convaincu les grands argentiers européens de sa capacité à atteindre le déficit zéro d'ici 2010 ou plutôt 2012 : Christine Lagarde dans l'entretien qu'elle honorait sur France Inter ce matin à 8h20 nous a assurés de la magnifique prestation du président et de sa fierté "en tant que simple Française" d'être aux côtés d'un président si convaincant (avait-elle  elle-aussi besoin d'être convaincue de la politique qu'elle est censée exécuter ?), mais surtout elle a indiqué que ce sont les réformes structurelles promises par le Président de la République aux ministres européens qui avaient rassuré ses homologues... quelles réformes structurelles précisément ? on ne l'a pas su, le journaliste de France Inter (Nicolas Demorand est en vacances et la qualité des interviews s'en ressent) n'a pas considéré que cela valait la peine d'aller plus loin. Il n'y a pas d'autres solutions pour rassurer les ministres européens que celles qu'évoquaient Benoît Hamon ce matin : coupes drastiques dans les comptes sociaux et le fonctionnement de l'Etat, réduction du périmètre et de la qualité des services publics dans de futurs budgets de rigueur car personne ne croit sérieusement que c'est en offrant des cadeaux fiscaux aux riches que l'on relancera l'économie française "quand vous donnez 100 €  à quelqu'un qui est riche, ces 100 € il les épargne, quand vous donnez 100 € à quelqu'un qui est modeste, en général il les consomme et cet argent est utile parce qu'il rentre dans l'économie...". Une fois de plus ce sont les Français moyens et modestes qui paieront les mesures idéologiques de la droite.
Il faut dire que la télévision et la radio publique s'en donne à coeur joie depuis quelques temps pour présenter sous son meilleur jour la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy :
  • - quand Christine Lagarde explique que les exonérations des droits de succession vont toucher désormais grâce à elle 95% des contribuables, les journalistes oublient de rappeler qu'il y a plusieurs années que ces exonérations concernent déjà 80% des Français, donc on va juste faciliter la vie à 15% des Français parmi les plus aisés (seuls les 5% les plus riches devront encore verser une obole) ;

  • - quand elle dit ce matin encore que les principales mesures fiscales en coût du gouvernement vont toucher le plus grand nombre, elle prend l'exemple des droits de succession (CQFD plus haut) et des heures supplémentaires défiscalisées, dont on ne sait pas aujourd'hui ce qu'elles coûteront réellement ni combien de personnes elles toucheront puisque ce n'est pas en les défiscalisant qu'on créera par génération spontanée des plans de charges nécessitant des heures supplémentaires ;

  • - enfin quand le journal de 7h30 de Télématin présentait le dossier sur le "paquet fiscal" mis en débat à l'Assemblée nationale, quelles étaient les images pour illustrer le bouclier fiscal fixant à 50% maximum (y compris CSG et CRDS) ce que les contribuables doivent verser à l'Etat ? un déclaration d'impôt d'un foyer déclarant 18 000 et 20 000 € de revenus annuels (soit 38 000 €) : vous en connaissez beaucoup vous des foyers qui déclarent 38 000 € de revenus annuels et qui peuvent être concernés par le bouclier fiscal ?

Fred

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 10:21
Benoît Hamon invité des 4 vérités
France 2 le 11 juillet 2007 | 10 juillet 2007

ligne
Projet de loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, dit "paquet fiscal" : Benoît Hamon a déclaré mardi matin sur France 2 n’avoir "aucune indulgence" vis-à-vis de cette politique. Nicolas Sarkozy "va donner 14 milliards de cadeaux fiscaux notamment aux plus aisés. Il ne revalorise pas en contrepartie l’allocation de rentrée scolaire. Il aurait pu financer le doublement du budget de la justice, financer 120.000 logements sociaux, il ne le fait pas et ne revalorise pas le SMIC", a-t-il affirmé.

La candidature de DSK au FMI :
Benoît Hamon, député européen socialiste, a reproché, mardi, à Nicolas Sarkozy, de vouloir "tirer un profit" politique de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, alors que l’idée ne vient pas de lui mais du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. La candidature de l’ancien ministre de l’Economie n’a "rien à voir avec les ralliements au gouvernement" de personnalités issues de la gauche et le président n’est pas à l’initiative de cette candidature, contrairement à "ce qu’il dit".
 

"L’ouverture" sarkozyste :
Les personnalités socialistes qui acceptent de travailler avec Nicolas Sarkozy se mettent naturellement en congé du parti, a estimé mardi le député européen Benoît Hamon. "Le parti socialiste n’est pas dans l’ouverture", a déclaré sur France 2 le parlementaire, qui fait figure de porte-parole de fait du PS depuis les élections législatives. "Un certain nombre de personnalités ont accepté d’aller remettre en cause leurs engagements de campagne pour aller travailler avec Nicolas Sarkozy. Je suis pour qu’on ait la plus grande fermeté vis-à-vis de ce type comportement", a-t-il ajouté.

A voir aussi : Le blog de Benoît Hamon

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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 09:17
De quoi avons-nous parlé ce week-end ?

De l'augmentation d'un euro du tarif de la consultation médicale : 400 millions d'euros, alors que tout le monde sait très bien que la supercherie d'une médecine libérale payée par la collectivité ne permettra pas de soutenir une maîtrise médicalisée des dépenses de santé ?
Du paquet fiscal
(plusieurs milliards d'euros) dans lequel le bouclier fiscal va passer de 60 à 50% alors que l'année dernière pour sa mise en oeuvre seuls 2 000 foyers fiscaux sont venus le réclamer, preuve s'il en était que la stratégie fiscale du gouvernement ne vise que les foyers les plus aisés de France, en maquillant tout cela d'une libération fiscale qui concernerait tout le monde ?
Du non remplacement de 17 000 fonctionnaires de l'éducation nationale à la rentrée, au lieu des 5 000 puis des 10 000 annoncés précédemment ?
Du projet de loi sur la récidive présenté par Rachida Dati, dont les seuls commentaires visent son apparence physique, alors que nous avons une situation carcérale délirante qui favorise la récidive, une politique de sécurité publique en échec ?

Non une fois de plus c'est l'omniprésence du président de la République qui monopolise l'attention des médias et des commentateurs, sa rupture en forme d'ouverture-débauchage avec l'épisode croisé de la direction générale du FMI (DSK ou Fabius) et la continuation d'une éventuelle commission institutionnelle présidée par Jack Lang. De quoi parlera le bureau national du Parti socialiste demain après-midi ? de ces questions justement... c'est à pleurer ! alors qu'ils auraient loisir de démonter la politique du gouvernement comme l'avait commencé à le faire François Hollande à la tribune de l'Assemblée nationale, nous confondons aujourd'hui la candidature putative à un poste international qui ne devrait pas faire l'objet d'un débat droite-gauche avec le fond politique du gouvernement Sarkozy-Fillon et nous nous payons le luxe au passage d'être traité de sectaires sur le cas Lang (pourtant indéfendable puisqu'hors des cadres parlementaires) alors qu'il eut suffi de réclamer une commission parlementaire. Désolant...
Frédéric

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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 11:03
Chronique de la médiatrice
Cergy en différé, par Véronique Maurus
LE MONDE | 07.07.07 | 13h42  •  Mis à jour le 07.07.07 | 13h42

llô, Le Monde ? Ici la banlieue..." Ainsi est titrée la page, fort désagréable, que nous consacre l'hebdomadaire du Val-d'Oise, L'Echo-Le Régional dans son édition du 27 juin. "En réaction, précise-t-il, à un article du Monde paru le samedi 23 juin insinuant que les émeutes de Cergy, le dimanche 17 juin avaient été dissimulées, les journalistes de L'Echo tiennent juste à rappeler que la presse locale, elle, a fait son travail, en temps et en heure." Suit un étrillage en bonne et due forme des journalistes "bobos parisiens", assaisonné d'une question aigre-douce : "Parce que la presse nationale a fait un loupé, peut-on considérer que l'événement est passé inaperçu ?"

L'Echo-Le Régional n'a pas été le seul à brocarder notre "arrogance". Le Monde a été violemment pris à partie sur le même thème par le journal virtuel Rue 89. Puis le maire de Cergy, Dominique Lefebvre, a écrit une réponse, publiée le 28 juin dans nos colonnes sous le titre : "Il n'y a pas eu d'émeutes urbaines à Cergy". Celle-ci a suscité en retour une lettre de la préfecture du Val-d'Oise, publiée le 30 juin, visant à dédouaner les forces de l'ordre de toute responsabilité. Nos lecteurs s'en sont étonnés, et ont réagi de leur côté, critiquant, comme Franck Schokyy (courriel) "la stigmatisation de la population des quartiers" qui découlait de cet article.

Le Monde, pourtant, se gardait bien de vouloir donner des leçons. A l'origine de cette affaire, nulle arrogance, mais un bon réflexe de la rédaction.

Lorsqu'il découvre, le mercredi 20 juin, en lisant l'édition "Val-d'Oise" du Parisien, l'ampleur des événements qui ont dévasté un quartier de Cergy-Saint-Christophe trois jours plus tôt, Luc Bronner est stupéfait. Ni l'AFP ni les radios, relais habituels de ce genre d'incidents, n'ont joué, cette fois, leur rôle d'alerte, et hormis la presse locale, aucun média n'a réagi.

Reporter spécialiste des banlieues, Luc Bronner est doublement intéressé. D'une part, dit-il, "l'épisode témoigne de la persistance de violences urbaines graves en banlieue parisienne" ; d'autre part, "il montre les limites du traitement des banlieues par les médias, qui couvrent énormément certains événements comme ceux de la gare du Nord, des Tarterêts, des Mureaux, et pas d'autres".

Le lendemain, il enquête à Cergy, par téléphone. La municipalité, la SNCF, le pharmacien victime des vandales, la préfecture, les syndicats de policiers et des responsables d'associations témoins des faits, douze sources différentes lui répondent. Toutes confirment la gravité des heurts qui ont mobilisé cent vingt policiers, armés de grenades lacrymogènes et de Flash-Ball. Deux vidéos filmées pendant la nuit de dimanche par des témoins directs - que le reporter identifie - montrent qu'il ne s'agit pas de simples rixes, mais de violences opposant des dizaines de jeunes en cagoule aux forces de l'ordre. La condamnation en comparution immédiate de deux émeutiers - dont un à deux ans de prison ferme - prouve l'importance des déprédations commises.

A-t-on frôlé, ce dimanche soir à Cergy, une émeute urbaine égale à celles vécues en novembre 2005 ? Luc Bronner préfère, par prudence, parler de "violences urbaines". Pour aller au-delà, il aurait fallu faire une enquête de terrain minutieuse à Cergy, retrouver tous les témoins, faire parler l'émotion. Or, poussé à fournir un article dès le lendemain, le journaliste n'en a pas eu le temps. "C'est mon seul regret", déplore-t-il.

La pression de l'actualité était forte : déterrer un tel scoop trois jours après les faits tenait déjà du miracle, le garder plus longtemps relevait pratiquement de l'impossible. Avec le recul, mieux aurait valu pourtant prendre le risque de perdre un jour pour aller sur place. Tout reporter vous le dira : les facilités d'Internet ou du téléphone mobile ne remplaceront jamais le contact direct. En l'occurrence, on aurait appris l'existence de L'Echo-Le Régional et la présence de son envoyé spécial sur le lieu des violences.

L'article que Luc Bronner livre le jeudi 21 juin au soir pour l'édition du lendemain est pourtant impeccable : aucun des faits rapportés ne sera démenti ultérieurement. On ne peut donc critiquer le réflexe également louable de la rédaction en chef, qui faute de "grande actualité" évidente, décide de monter le sujet à la "une" le lendemain. "Cette décision est complètement dans l'esprit de ce que doit être notre nouvelle formule, explique Laurent Greilsamer, rédacteur en chef en charge de l'édition ce jour-là. Ne pas se contenter de rapporter l'actualité évidente de la veille, mais mettre en valeur une information originale qui constitue notre plus-value."

Prévenu, l'auteur de l'article proteste : il estime que c'est donner trop d'importance à cet événement et il souligne la difficulté de faire un titre d'actualité sur un sujet datant de cinq jours. Luc Bronner est connu dans la rédaction pour sa rare discrétion. Prenant - à tort - sa prudence pour un excès de modestie, la rédaction en chef passe outre. Le vendredi matin, elle lui demande une synthèse de l'article qui occupe le haut de la première page. A l'heure de titrer, elle mesure la difficulté de l'exercice. Comment, en quelques mots et sans pontifier, souligner l'importance de faits déjà vieux dont nul (et nous les premiers) n'a parlé au niveau national ? L'article ne porte pas sur les carences des médias. Il raconte, en différé, une actualité passée mais présente.

Dans les pages intérieures, pour ne pas sembler donner des leçons, on écarte toute référence à l'indifférence des médias : "Des bandes rivales et la police se sont affrontées à Cergy sans faire événement", dit-on simplement. A la "une", l'exercice est plus délicat, un titre ne pouvant dépasser dix mots au maximum. On titre finalement : "Des émeutes urbaines à Cergy sont passées inaperçues". C'est vrai. Mais maladroit. Le mot "émeutes", surtout employé au pluriel, est excessif, et la formulation laisse entendre un jugement sur les médias qui ne figure pas dans l'article. D'où le malentendu qui s'ensuit.

"Nous ne contestons pas les informations, précise Jean-François Dupaquier, directeur de L'Echo-Le Régional, dans une lettre, mais la théâtralisation, la mise en scène, la titraille qui (...) n'ont servi qu'à faire "monter la mayonnaise" sur le thème "On nous cache des choses"." Telle n'était pas notre intention.

La question demeure pourtant : pourquoi les relais normaux d'information n'ont-ils pas fonctionné ? Et pourquoi Le Monde a-t-il été le seul à le dire ?


Véronique Maurus
Article paru dans l'édition du 08.07.07

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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 16:37
La formation du gouvernement belge se heurte aux exigences des séparatistes flamands
LE MONDE | 06.07.07 | 12h20 • Mis à jour le 06.07.07 | 16h43
BRUXELLES CORRESPONDANT

'ancien premier ministre belge Jean-Luc Dehaene, démocrate-chrétien flamand, a été chargé, jeudi 5 juillet, par le roi Albert II, de conduire "une mission de médiation et de négociation" pour tenter de déminer la question institutionnelle qui oppose les communautés néerlandophone et francophone du royaume et complique la formation du nouveau gouvernement belge. Son rôle est de faciliter la tâche du président du Parti démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, vainqueur des élections législatives du 10 juin, auquel devrait être confiée la direction du nouveau gouvernement.

L'ancien premier ministre succède à Didier Reynders, chef du mouvement réformateur (libéral) et ministre des finances sortant, vainqueur des élections en Wallonie, qui avait été nommé "informateur" au lendemain des élections pour faire rapport au roi sur la situation politique du pays. Ses conclusions, remises mercredi, confirment que la constitution d'une coalition dépend d'un accord sur la question institutionnelle. Le roi a demandé à M. Dehaene de lui présenter des solutions dès le 10 juillet.

La crise politique ne paraît pas pour autant devoir être rapidement résolue. Les exigences flamandes en matière d'autonomie sont très fortes alors que les francophones plaident pour le statu quo. La mission de M. Reynders n'a abouti qu'à une énumération des désaccords, même si elle a dessiné les contours de ce qui est sans la seule majorité fédérale possible : une coalition "orange bleue", addition des couleurs des chrétiens-démocrates et des libéraux, flamands et francophones.

Yves Leterme, qui piaffe d'impatience, a démissionné, dès le 27 juin, de son poste de ministre-président de la région flamande. Une manière de tenter de peser sur le choix du roi Albert II. Le leader flamand entend imposer son programme de réformes institutionnelles aux francophones, ce à quoi M. Reynders s'oppose. Il souligne, sans convaincre ses probables futurs partenaires de Flandre, que cela ne fera que renforcer le PS, le parti le plus hostile à leurs revendications, notamment à une régionalisation de la politique de l'emploi et de certains pans de la sécurité sociale. Les francophones ne se disent intéressés que par un éventuel refinancement et une extension territoriale de la région de Bruxelles.

Plusieurs observateurs soulignent la difficulté et les risques inhérents à la situation politique actuelle. La poussée du mouvement nationaliste flamand lors des élections, l'ampleur des nouvelles revendications du Parti chrétien-démocrate flamand (CD&V) et de son allié, la Nouvelle Alliance flamande (NVA), séparatiste, enfin la capacité de blocage de l'extrême droite - elle aussi séparatiste - et des populistes flamands, nouveaux venus sur l'échiquier : tous ces éléments font resurgir le spectre de fortes tensions, voire de l'éclatement du pays, devenu peut-être définitivement ingouvernable.

Or "le cartel CD&V-NVA s'est mis dans l'obligation d'obtenir une réforme de l'Etat, a expliqué au magazine Le Vif le politologue Vincent De Coorebyter. Il aura beaucoup de monde contre lui, en Flandre, s'il n'obtient pas une réforme ambitieuse et aura peur de payer la note au prochain scrutin". Le blocage francophone pourrait toutefois contre-carrer le projet de M. Leterme et, par conséquent, la naissance d'une majorité fédérale.

QUELQUES CONVERGENCES
L'hypothèse d'un scénario "tchécoslovaque" ? "Pour la première fois, la situation arithmétique post-électorale peut mener à la fin de la Belgique", analyse M. De Coorebyter. D'autres, comme le constitutionnaliste Marc Uyttendaele, semblent encore croire à la possibilité d'un autre "compromis des Belges", mais ne peuvent nier que l'attachement d'une majorité de partis flamands à leur pays a beaucoup faibli au cours de la dernière décennie. A l'inverse, tous les partis francophones veulent maintenir l'Etat fédéral.

Quelques convergences sont possibles entre la Flandre et la Wallonie. Sur la limitation des pouvoirs royaux, une politique plus active de mise au travail des chômeurs, une réorganisation du commerce extérieur, voire la scission de l'arrondissement électoral bilingue s'il préservait le système des "facilités" pour les francophones vivant sur le sol flamand.

Mais les partis flamands veulent aussi régionaliser les impôts, la santé, les allocations familiales, la recherche, les tarifs de l'énergie, une partie de la justice et des chemins de fer, etc. Ces exigences du Parlement flamand pourraient, si elles étaient confirmées, précipiter un scénario auquel les Belges ont cru, en décembre 2006, lors d'une émission célèbre de la RTBF : la fin de leur Etat.


Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 07.07.07

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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 16:30
L’Elysée évoque Fabius et Strauss-Kahn pour le FMI
La France souhaite proposer un candidat à la tête du FMI, la place étant vacante • L’Elysée évoque Fabius et Strauss-Kahn, une proposition qui risque de détériorer encore le climat au sein du PS •
Par Libération.fr/ AFP
LIBERATION.FR : vendredi 6 juillet 2007
Encore une mauvaise nouvelle pour le PS. Sarkozy pourrait soutenir une candidature de Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn pour la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), a affirmé vendredi le porte-parole de l'Elysée. Paris souhaite en effet récupérer le poste qui revient traditionnellement à un Européen pour diriger le FMI. Et évoque les noms des deux prétendants malheureux à la dernière présidentielle. Le président de la République confirmera, ou non, cette information «dans les jours qui viennent», a déclaré l'Elysée.
 
L’ancien ministre espagnol des Finances Rodrigo Rato a annoncé la semaine dernière qu’il souhaitait, pour des raisons personnelles, quitter son poste de directeur général du Fonds monétaire international. «Ce serait bien qu’on récupère le poste pour la France», a déclaré au quotidien Le Monde le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Il souligne cependant qu’un travail diplomatique préalable reste à faire. «Il faut que nos partenaires européens et américains soient approchés, alors que les Italiens ont des candidats», explique-t-il. «Ces noms sont intéressants. Un bon ministre des Finances, c’est bien. A ma connaissance, ils ne sont pas indifférents», indique en effet Claude Guéant. Il estime que «ce sont deux hommes de qualité». «Le président répondra à cette question dans les jours qui viennent», a ajouté David Martinon.
Laurent Fabius, qui devait être reçu vendredi par le président Nicolas Sarkozy, aurait cependant déclaré: «Le sujet n’a jamais été abordé et aucune proposition ne m’a été faite.»

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