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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 08:16
 
Point de vue
Le nouvel âge du Parti socialiste, par Henri Weber
LE MONDE | 05.07.07 | 14h48  •  Mis à jour le 05.07.07 | 14h48

henriweber.jpga refondation n'a que des amis au Parti socialiste, tout le monde s'en réclame et chacun en redemande. Mais que faut-il précisément entendre par là ? La refondation que nous appelons de nos voeux porte à la fois sur les idées, le programme, l'organisation, les pratiques militantes.

S'agissant des idées, le problème n'est pas de savoir si "le PS veut améliorer la société ou renverser la société", "s'il accepte le marché ou s'il le rejette", comme feint de le croire Alain Duhamel.

Le PS s'est prononcé, il y a longtemps déjà, pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et les partenaires sociaux. Il a fait sien le credo d'Helmut Schmidt : "Le marché autant que possible, l'action de la puissance publique autant que nécessaire." La question à laquelle il se trouve confronté n'est pas "Réforme ou Révolution", mais comment maîtriser et civiliser le nouveau capitalisme.

La question se pose à toute la gauche socialiste européenne. Elle a appris au XXe siècle à maîtriser et à humaniser un capitalisme national et industriel. Elle est confrontée désormais à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance, à une société de plus en plus fragmentée et travaillée par un individualisme désagrégateur. Les valeurs de la gauche réformiste - égalité, solidarité, justice sociale, liberté, laïcité, internationalisme - conservent toute leur acuité. Il en va de même pour les grands objectifs qui incarnent ces valeurs : une démocratie accomplie, une économie maîtrisée, une société plus humaine ; le socialisme, c'est d'abord et avant tout un idéal de civilisation. Mais les moyens et les politiques permettant de réaliser ces grands objectifs sont à réinventer, aux niveaux national, européen, international. Les idées ne manquent pas, mais elles sont plus faciles à énoncer qu'à réaliser. On le voit avec l'idée d'une Europe-puissance, creuset d'une nouvelle renaissance et levier d'une autre mondialisation, maîtrisée et solidaire.

S'agissant du programme, le PS doit tenir davantage compte des nouvelles conditions historiques de son action : la nouvelle division internationale du travail, le vieillissement de la population, les mouvements migratoires, le réchauffement de la planète, les effets de l'individualisation sur nos sociétés. On ne peut se contenter de conserver les politiques des années 1980, en augmentant simplement les moyens qui leur sont allouées.

Nous savons que pour reconquérir le plein-emploi, il vaut mieux spécialiser notre économie, la redéployer vers les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée ; l'orienter vers les grands marchés de l'Asie, en croissance rapide ; mieux former notre jeunesse et notre force de travail.

Cette modernisation implique, certes, la mobilisation des entrepreneurs, des actionnaires et des managers, mais elle exige aussi celle des salariés. Ceux-ci ne doivent pas être les seuls à payer le coût des adaptations nécessaires. C'est à la collectivité nationale et européenne qu'il appartient d'en mutualiser la charge. Nous devons inventer de nouvelles formes de sécurité sociale, de redistribution des richesses, de services publics. Nous devons promouvoir un nouveau pacte social pour le progrès économique, social, culturel, démocratique de nos pays.

S'agissant de l'organisation, le PS doit se fixer pour objectif la construction du grand parti réformiste moderne dont la gauche et la France ont besoin : un parti qui rassemblerait à lui seul au moins 35 % des électeurs, comme le font la plupart des partis socialistes européens, et qui assumerait toutes les grandes fonctions du parti leader de la gauche : la défense et la popularisation des valeurs, des représentations, des idéaux de la gauche, car c'est d'abord dans les têtes que se gagnent ou que se perdent les batailles politiques. L'association des citoyens à l'élaboration des décisions qui les concernent, ainsi qu'à leur application et à leur évaluation. La sélection démocratique des candidats à tous les mandats et leur formation. Un tel objectif implique de reconstruire le PS de fond en comble.

Le PS doit augmenter, féminiser, rajeunir, diversifier son corps militant, resserrer ses liens avec les syndicats, les associations, les intellectuels ; impliquer ses sympathisants dans ses débats et son action au moyen notamment des conventions thématiques et de l'Internet.

Il doit se donner les moyens d'agir sur la formation de l'opinion publique au lieu de la subir, être un "parti-acteur" et non un "parti-reflet". Dans le nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés, les partis ne sont pas superflus, ils sont, au contraire, plus nécessaires que jamais, comme vient de l'illustrer la dernière séquence électorale. Mais ils doivent profondément rénover leur mode de fonctionnement et leur façon de faire de la politique. Tous les partis socialistes, en Europe, réfléchissent à ces questions. Leurs réponses diffèrent selon leurs spécificités nationales, leur culture historique, leurs tropismes idéologiques.

La refondation du PS se fera aussi à la lumière de leurs expériences et de leurs innovations.


Henri Weber, député européen, secrétaire national du Parti socialiste

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 11:10
Malgré le projet de ménage du Parti québécois de la part de la nouvelle leader, Pauline Marois, son aile plus radicale, le SPQ libre, n'entend pas se laisser enterrer facilement.

En entrevue au journal Le Devoir, le président de ce club politique de quelque 200 membres, Marc Laviolette, rappelle que divers courants forment le PQ et que le sien a le droit d'exister, au même titre que les autres.
La toute récente tournée régionale de Mme Marois lui aurait fait réaliser que certains péquistes de diverses circonscriptions auraient critiqué le fait qu'il y a deux catégories de membres au PQ : ceux du SPQ libre, et les autres.

Les membres du SPQ libre ont participé à la saison des idées lancée par l'ancien chef, Bernard Landry, et l'impulsion à gauche donnée au programme du Parti québécois leur est attribuée. Compte tenu des résultats électoraux du 26 mars, qui ont relégué le PQ au troisième rang, cela soulève maintenant des critiques.

Toutefois, Marc Laviolette, un ancien président de la Confédéation Syndicale Nationale (CSN), estime que le pouvoir du SPQ libre n'est pas aussi considérable qu'on le dit, même si ce club politique a droit à deux délégués lors des réunions du conseil national et à un représentant au sein de la conférence régionale des présidents.
M. Laviolette estime que l'État plus efficace que propose Mme Marois n'est pas défini et que le PQ est au centre-gauche, ce qui est très bien comme ça, à son avis.

Il ajoute, cependant, qu'un changement de position du PQ en ce qui a trait au dégel des droits de scolarité ne passera pas comme une lettre à la poste et qu'un débat est à prévoir.

Lire les deux articles du Devoir : ici.




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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 09:42
logopsquadri-1.jpgREFONDER LA GAUCHE


Chers amis,
Chers Camarades,



Nous vous proposons de nous retrouver pour débattre ensemble et analyser plus en profondeur les raisons des deux défaites que la gauche vient de subir au printemps 2007 et pour réfléchir à la dynamique qu'il faut recréer pour préparer l'avenir.


JEUDI 5 JUILLET 2007
à 20h30

Maison des associations
Rue du four Gaudon à Ecouen
(plan ci-dessous)

La Vague bleue annoncée par les instituts de sondage n'a pas eu lieu. La gauche socialiste et écologiste a fait mieux que résister lors des législatives. Les résultats qui sont tombé le dimanche 17 juin au soir en ont surpris plus d'un car la gauche fait un bien meilleur score aujourd'hui qu'en 2002 et surtout après un premier tour extrêmement défavorable.
L'électorat de gauche s'est plus fortement mobilisé au 2nd tour, motivé par le rejet de la TVA sociale et d'un assemblée promise "bleu horizon".
La gauche se trouve en position de s'opposer convenablement à la politique réactionnaire annoncée par le président de la République, elle a aujourd'hui le socle solide qui l'oblige et lui permet de se refonder et de tirer les leçons qu'elle n'a pas tirées en 5 ans du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et dernièrement du 6 mai 2007.

Il est important de ne pas se tromper sur la signification des scrutins du printemps. Lors des élections présidentielles, Ségolène Royal a été portée au 1er comme au 2nd tour de scrutin essentiellement par une logique défensive, l'adhésion n'a pas été le moteur principal de sa candidature et de son "pacte présidentiel".
Le dimanche 17 juin 2007, une fois de plus, le peuple de gauche se sera mobilisé de manière défensive : ne pouvant sérieusement  prétendre faire adhérer les électeurs à un programme qu'ils jugeaient avoir été battus le 6 mai (pourtant différent de celui de Ségolène Royal), les leaders socialistes ont martelé le danger que représentait la TVA sociale : preuve qu'on peut mobiliser son électorat quand on a un discours clair et - bien que défensif - ancré clairement  à gauche.
Dans le Val d'Oise, cela n'a pas suffit, nous sommes l'un des rares départements où le PS sort affaibli du scrutin ; il y a là-aussi un devoir d'inventaire.

Tout déni de ralité prolongé sur la défaite et ses causes plongerait la gauche et notre capacité à transformer la société en France, en Europe et dans le monde, dans une nouvelle impasse.

Il est temps de reconstruire la Gauche en parallèle au devoir d'opposition qui nous incombe.
  • Reconstruire dans le dialogue avec toute la gauche démocratique, sociale-démocrate, écologiste, altermondialiste, républicaine et antilibérale ;
  • Reconstruire dans la clarté car on ne peut accepter des divergences avec ses camarades qu'à la condition que celles-ci soietn clairement et sereinement mises sur la table ;
  • Reconstruire en faisant face à la réalité du monde tel qu'il est, en exigeant des conquêtes à réaliser dans notre temps, en faisant face aux erreurs qui nous ont conduits à perdre en 2002 et en 2007.
La campagne électorale nous ayant tous accaparés, cela fait un moment que nous ne nous sommes pas retrouvés ensemble, nous serons donc heureux de vous voir. La soirée se terminera par le verre de l'amitié.

Amitiés socialistes,

Charlotte Brun, Frédéric Faravel, Xavier Morin, Adélaïde Piazzi,
membres du bureau fédéral du Parti socialiste du Val d'Oise pour la motion 5

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 08:29
Point de vue
Repensons, rassemblons, renouvelons la gauche !, par des membres du Parti socialiste
LE MONDE | 04.07.07 | 14h33  •  Mis à jour le 04.07.07 | 14h33

gauche, le temps de la refondation est venu. Le combat électoral vient de s'achever sur une défaite qui nous commande de repenser, de rassembler et de renouveler la gauche. Cette profonde rénovation doit être un processus maîtrisé, une oeuvre collective, un débat libre, qui ne doit pas s'abîmer dans les divisions et les querelles d'ambitions. La rénovation n'est le monopole d'aucune sensibilité, d'aucun parti, elle est un devoir pour l'ensemble des forces de progrès dans notre pays. Dans l'unité et la liberté, nous avons l'ardente responsabilité de réinventer la gauche.

La crise est, selon Gramsci, le moment auquel le monde ancien disparaît tandis que le monde nouveau peine à naître. C'est ce moment politique que connaissent actuellement le Parti socialiste et la gauche. L'élection présidentielle a été un échec, principalement en raison de notre incapacité à incarner, aux yeux des Français, l'espérance d'un avenir meilleur. Pourtant, malgré la logique du quinquennat et l'hyperprésidentialisme de Nicolas Sarkozy, la déroute annoncée aux élections législatives n'a pas eu lieu. Les Français ont fait le choix d'une opposition efficace, avec à sa tête le Parti socialiste. Nous devons aujourd'hui faire émerger un monde nouveau à gauche, fondé sur de nouvelles idées, de nouvelles pratiques et de nouveaux visages. 

Le premier pilier de la refondation sera de repenser la gauche. 

La droite a, avant tout, remporté la bataille des idées. Face aux nouveaux habits conservateurs de la droite française, la gauche doit proposer un discours cohérent et inédit sur les grands enjeux de notre temps, comme la régulation de la mondialisation, l'efficacité de nos systèmes de protection sociale, le partage du progrès technique ou la réforme de nos institutions. 

Comprendre les difficultés concrètes et les préoccupations quotidiennes des citoyens est une condition nécessaire mais pas suffisante de l'action politique. La politique ne peut se résumer à l'écoute et à la gestion des intérêts particuliers et doit permettre aux individus de mieux vivre ensemble dans la société française. La gauche doit être fière de son identité et de ses valeurs. 

Face à une droite décomplexée, la gauche ne doit pas s'excuser d'être la gauche et doit proposer un projet de société alternatif, crédible et ambitieux. Pour bâtir ce projet, toutes les gauches - intellectuelle, associative et politique - doivent se rencontrer pour échanger, mutualiser leurs idées et leurs expériences. 

Le deuxième pilier de la refondation sera donc de rassembler la gauche. 

En premier lieu, il faudra rassembler le Parti socialiste autour d'un réformisme assumé et résolument ancré à gauche. Il est temps de dépasser les affrontements stériles sur cette question. Depuis longtemps, les socialistes ont accepté le cadre de l'économie de marché. La question est : comment mettre les performances économiques au service des conquêtes sociales, de l'emploi de qualité pour tous et du partage des fruits de la croissance ? 

Le dernier gouvernement socialiste, celui de Lionel Jospin, a concilié, dans son pacte de développement et de solidarité, croissance économique et avancées sociales : création d'un million d'emplois, de la CMU, des 35 heures... Dès lors, la concurrence entre la social-démocratie et le socialisme intransigeant semble anachronique, et ne correspondre ni aux réalités ni aux besoins de notre pays. 

En second lieu, il faudra rassembler la gauche. Nous devons construire l'union autour du Parti socialiste, qui doit être la poutre maîtresse de la maison commune. Nos stratégies d'alliance doivent être actualisées à la lumière des résultats de la gauche à l'élection présidentielle, les plus faibles depuis plus de trente ans. L'union de la gauche, dans toute sa diversité, n'est pas un théorème caduc. 

Néanmoins, comme les élections législatives l'ont démontré, il est indispensable de convaincre les électeurs progressistes du centre de nous rejoindre, en s'adressant directement à eux plutôt qu'aux états-majors du MoDem ou, encore moins, du Nouveau Centre. Ces alliances doivent donner naissance à une nouvelle coalition, dont le coeur doit être un grand Parti socialiste rénové, à même de mener la confrontation avec la droite fédérée dans l'UMP. Dans les mois à venir, nous devrons déployer toutes nos forces, toute notre imagination dans la préparation des assises de la gauche, pour construire cette nouvelle union. 

Le troisième pilier de la refondation sera de renouveler la gauche. 

Si nous voulons créer un grand parti populaire et progressiste, capable de réaliser le rassemblement le plus large, nous devons créer une gauche plus à l'image de la France d'aujourd'hui. Un effort sans précédent devra être réalisé pour reconquérir les milieux populaires. De même, trop peu de jeunes, de femmes siègent à l'Assemblée nationale, et aucun élu issu de l'immigration. La représentation politique est un droit et une nécessité pour la pleine citoyenneté de tous les Français. Le renouvellement et la diversité de nos cadres ne peuvent donc pas être des objectifs incantatoires. En particulier, la nouvelle génération du PS doit accéder aux responsabilités publiques pour préparer l'avenir de la gauche et du pays. La gauche de demain devra s'adresser à toutes les générations, ses responsables doivent donc allier dès aujourd'hui le renouvellement et l'expérience dans leur entreprise de reconstruction. 

En adoptant la démarche proposée par François Hollande, les socialistes viennent d'ouvrir un nouveau cycle politique, celui de la rénovation avant la reconquête. Cette démarche lucide de refondation collective représente une chance historique pour la gauche, celle d'un nouvel Epinay. Pour exercer une opposition active, pour que les Français retrouvent confiance en sa capacité à changer la vie, la gauche doit se remettre en mouvement. Davantage qu'un droit d'inventaire, elle a désormais un devoir d'invention. Repenser, rassembler, renouveler : tels sont nos défis pour inventer le socialisme du XXIe siècle. 


 

Kader Arif, député européen PS ; Harlem Désir, député européen PS ; Jean Glavany, député PS ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS ; Annick Lepetit, députée PS ; Stéphane Le Foll, député européen PS ; Mehdi Ouraoui, délégué national du PS.

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 08:24
Henri Emmanuelli invité de Question d’Info
France Info - émission présentée par Olivier de Lagarde | 4 juillet 2007

ligne
Ecoutez l’émission. Extrait (à propos de la déclaration de politique générale du gouvernement à l’Assemblée Nationale par F. Fillon) : "Hier nous n’avons rien appris que nous ne sachions déjà. C’était la répétition de ce qui nous avait été dit pendant la campagne des présidentielles et des annonces faites par le Président de la République depuis qu’il est en place. Ce qui était intéressant, hier, ce n’est pas ce qu’a dit M. Fillon, c’est plutôt ce qu’il n’a pas dit, c’est ce qu’il n’a pas dit sur l’aggravation du déficit des finances publiques..."

Ecoutez l’émission en utilisant le lecteur ou téléchargez là ci-dessous.

rond Question d’Info - Henri Emmanuelli sur France Info - (MP3- 2 Mo)

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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 10:21
Après sa deuxième défaite électorale consécutive (ce qui dans l'histoire politique des 30 dernières années au Québec reste relativement normal), le Parti Québécois traverse une crise profonde. Celle-ci est avant tout dû au fait d'avoir été devancé par un petit parti néo-libéral et populiste emmené par un certain Mario Dumont - l'Action Démocratique du Québec -, chez qui certains de nos compatriotes ne manqueraient pas de reconnaître Nicolas Sarkozy (en moins petit).
Le gouvernement sortant mené par le libéral québécois Jean Charest - mais conservateur canadien (oui je sais c'est compliqué) et au demeurant le plus mauvais premier ministre que la province ait connu - s'est amintenu de justesse, constituant un gouvernement minoritaire qui n'a dû sa survie qu'à l'abstention du PQ sur le budget provincial après que ce dernier eût fait monter les enchères. Le Parti Libéral Québécois s'interroge lui-même sur les erreurs qu'il a commises alors que la conjoncture économique le portait tout seul. Et il est sûr que le défi lancé par l'ADQ ne concerne pas seulement le traditionnel parti de la gauche francophone, mais le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour et le découpage des comtés assurent au PLQ grâce au vote des anglophones d'une trentaine de circonscriptions de Montréal et de l'Ouest du Québec une assurance-électorale et lui évitent des interrogations trop criantes.

Le PQ a pour la première fois depuis longtemps subi une légère concurrence sur sa gauche : devant l'affadissement de son projet économique et social - du moins celui présenté dans la campagne électorale menée par André Boisclair - il a aidé à l'émergence du groupuscule Québec Solidaire et du parti des Verts, permettant également au Nouveau Parti Démocrate - aile canadienne et plutôt anglophone de l'internationale socialiste - de se faire un peu entendre au Québec. Cette concurrence dans un système électoral conçu pour favoriser et aggraver le bipartisme était fatale - puisque les 5 points qui manquaient aux candidats du PQ face à l'ADQ et au PLQ dès le 1er tour n'étaient plus rattrapables ensuite ; mais comme en France en 2002, il n'est pas ici question d'expliquer que la faute réside dans l'existence de la concurrence, car si la concurrence a eu une audience qu'elle n'avait pas auparavant c'est le parti dominant n'a pas su se faire entendre de son électorat traditionnel ou qu'il a abandonné pour de nouvelles lunes des priorités désormais prises en charge par de nouveaux éléments.
Ainsi donc le Parti Québécois vient de découvrir qu'il n'est plus le seul parti de la gauche québécoise et francophone, mais qu'il n'est plus non plus le seul parti des autonomistes et des indépendantistes, car en atténuant son discours sur l'indépendance du Québec il a crédibilisé la nouvelle option autonomiste, défendue sans beaucoup de convictions pourtant par l'ADQ. Autant en 2003, les péquistes pouvaient croire que l'alternance après 8 ans et demi de gouvernement avait logiquement porté les libéraux au pouvoir ; ils pouvaient croire aussi que l'antifiscalisme portait l'ADQ dans une population francophone qui s'en retournerait au PQ après quelques années de gouvernement libéral - qui se serait chargé au passage de baisser les impôts - , ainsi l'ADQ sans s'ancrer durablement dans le paysage politique (5 députés seulement en 2003) avait pour principale conséquence  d'amplifier la victoire libérale en permettant aux libéraux de passer devant des péquistes dont ils avaient subtilisé une partie de l'électorat.
Voilà ce que pouvait se dire encore en 2003 un PQ soucieux avant tout de ne pas se poser trop de questions douloureuses et de porter trop loin l'inventaire des trois gouvernements péquistes entre 1994 et 2003. Mais voilà ce qu'aujourd'hui il ne peut plus se dire à moins de renouveller l'erreur d'analyse qui l'a  conduit à devenir le troisième parti de l'Assemblée nationale à Québec en 2007. Et il ne faudra pas qu'il se réjouisse trop vite des erreurs commises dans l'épisode du budget libéral 2007 par Mario Dumont - le statut minoritaire du deuxième gouvernement Charest, la bêtise de celui-ci et l'exaspération des québécois vis-à-vis de ce gouvernement pourraient bien conduire à des élections anticipées à court terme (à moins que le PQ ne se sacrifie dans le silence pour maintenir ce gouvernement quitte à brouiller un peu plus son image), et l'ADQ bénéficiant de l'aura de la nouveauté puisqu'elle n'a jamais exercé les responsabilités pourraient sortir vainqueur d'un prochain round anticipé.
La Parti Québécois s'est cherché des hommes providentiels pour gagner les élections. L'environnement anglo-saxon joue par ailleurs à plein dans la Belle Province sur le mimétisme dans les comportements politiques, car désormais comme dans le Parti démocrate américain c'est le chef ou le candidat qui fait le programme plutôt que le Parti et les militants qui choisissent le candidat en cohérence avec le projet qu'ils ont bâti. Le Parti Québécois ne semble jamais ne s'être remis du décès de René Lévesque (comme le PS de Mitterrand), son fondateur et son premier Premier Ministre. Après l'élection d'une nouvelle majorité péquiste sur son projet défendu par Jacques Parizeau, l'échec serré du 2nd référendum sur l'indépendance a conduit ce dernier à quitter le pouvoir, le péquistes appelant à la rescousse Lucien Bouchard, chef du Bloc Québécois à Ottawa, mais introduisant une incohérence grave entre le projet social-démocrate porté par le parti et les sensibilités conservatrices du chef. L'air du temps et cette incohérence ont sérieusement attaqué la lisibilité du programme économique péquiste, même si Bernard Landry, successeur de Bouchard en 2000, a redonné quelques feus à un néo-keynésianisme nord-américain. Soumis à de fortes pressions, la doctrine économique du parti s'est évanoui pour sombrer dans un libéralisme matiné de solidarité. Et quand il s'est agi de désigner le chef, André Boisclair semble avant tout avoir gagné sur sa jeunesse, sa "branchitude" et sa modernité que sur l'examen raisonnable de ses propositions : résultats le programme du PQ déjà bien affadi a été rangé dans un placard et il ne fut plus question de durant la campagne. La sociale-démocratie était atone et l'indépendance nationale fort peu revendiquée : les deux fondammentaux du PQ disparaissaient du paysage.

Nos camarades du SPQ libre ont publier un note détaillée dans l'édition du 19 mai du Devoir (cliquer ici) sur ce qui a mené selon eux à l'échec et c'est assez intéressant à lire. Mais avec la désignation de Pauline Marois comme chef du PQ par défaut (personne d'autre ne s'est présenté), ce n'est pas simplement la récompense de la persévérence d'une femme à conquérir le parti de René Lévesque ("la troisième fois c'est la bonne" lisait-on), mais c'est surtout la confirmation d'une erreur politique ici commise par tout le parti, puisque personne ne s'est levé pour s'opposer : Mme Marois appelle en effet à mettre en veilleuse le discours indépendantiste du Parti Québécois et demande à revisiter la conception social-démocrate du parti dans un sens plus moderne et donc plus libéral (relire le dossier de presse ad hoc en cliquant ici)... En France, Dominique Strauss-Khan devrait méditer cela lui qui appelle à une rénovation social-démocrate du PS pour y imposer le social-libéralisme, il a un train de retard sur le vocabulaire.
Je rappelerai tout de même à nos camarades québécois que les erreurs de leurs cousins français pourraient peut-être les aider à repérer les leurs : nous avons désigné sur des critères de renouvellement et de comportement supposé face à la société une candidate prometteuse dans les sondages, nous avons mis de côté notre programme (peut-être un peu bancal mais toujours social-démocrate) pour nous faire imposer un pacte présidentiel dont les fondammentaux du socialisme étaient toujours plus édulcorer au fur et à mesure qu'avançait la campagne, nous avons fait le plus mauvais score du PS au second tour de la présidentielle. Nous ramons depuis 2002 pour rattraper les morceaux de notre électorat et nous devons absolument aujourd'hui rassembler notre camp : la gauche. Nous n'y réussirons pas en cédant au présidentialisme, au culte de l'image et au libéralisme compassionnel. Le Québec comporte en plus la difficulté de la question nationale ; doit-il donc mettre à la corbeille tous les éléments de son identité ?

Frédéric FARAVEL

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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 09:42

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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 09:34
Une étude interne du PCF confirme le déclin électoral du parti
LE MONDE | 03.07.07 | 14h44  •  Mis à jour le 03.07.07 | 14h44


e Parti communiste serait-il en train de devenir un parti de militants sans électeurs ? A la lecture des résultats obtenus par les candidats communistes aux législatives, le constat ne paraît plus si absurde. Selon une étude interne de l'historien Roger Martelli, les dernières élections - tant présidentielle que législatives - confirment une baisse quasi généralisée des scores du PCF. Et une "dénationalisation du vote communiste", soit une perte d'influence nationale, comme l'explique l'historien communiste dans une synthèse à paraître dans le numéro de juillet-août du magazine Regards.

Alors qu'au lendemain des législatives, la direction du parti avait poussé un soupir de soulagement au regard du nombre de députés PCF qui avaient réussi à sauver leur siège, la note que M. Martelli a fait circuler dans les instances montre que la tendance à la baisse, déjà relevée en 2002, continue. En comparant avec les élections de 2002, sur les 552 circonscriptions où le parti présentait des candidats en 2007, le déclin apparaît clairement.

Ainsi, les circonscriptions où les communistes sont en voie de marginalisation politique n'ont cessé de s'étendre. En 2007, le PCF obtient moins de 2% dans 120 circonscriptions contre 99 en 2002 (et seulement 7 circonscriptions en 1997 !). Inversement, le nombre d'endroits où il est au-dessus des 5% a dégringolé de 473 en 1997 à 144 en 2007. Et les circonscriptions où le parti obtient plus de 20 % (pouvant ainsi se maintenir au second tour) passe de 60 à 23 dix ans plus tard. Les chiffres révèlent très nettement une chute d'influence communiste sur l'ensemble du territoire. "En 1978, il n'y avait pas un seul département où le parti était en dessous de 5%. On assiste à un véritable affaiblissement de l'implantation traditionnelle", souligne M. Martelli.

L'analyse plus fine des scores montre que le parti a perdu la moitié de son potentiel électoral dans 400 circonscriptions. Dans 12 d'entre elles, le candidat communiste recule de plus de 10%. C'est le cas notamment d'Argenteuil (Val-d'Oise), Echirolles (Isère), Nîmes (Gard) ou Amiens (Somme). Dans 25 autres localités, le PCF perd plus de 5%. Le gain de plus de 20 points à Ambert-Thiers (Puy-de-Dôme) n'est plus qu'une exception.

INTERROGATIONS DES AMIS DE M. HUE
Le recul touche aussi des lieux d'implantation traditionnelle, comme Vénissieux (Rhône), Marseille, Martigues et Aubagne (Bouches-du-Rhône), certaines communes du Nord, voire même la banlieue rouge avec Pierrefitte, Sevran, Pantin ou Villejuif. Des résultats utilisés par certains opposants pour s'interroger sur l'utilité du parti. "On baisse partout. On peut durer encore longtemps à ce niveau mais est-ce qu'on a alors encore une influence dans la société", s'interroge Lucien Asensia, un proche de Robert Hue.

Roger Martelli, lui, reste prudent et se refuse à toute projection pour les municipales. "Les indications sur notre évolution sont inquiétantes mais il faut se garder de toute simplification", prévient le refondateur. Pour lui, malgré la présence maintenue à l'Assemblée, le parti "ne doit pas se sentir tranquille" mais réfléchir à son attitude politique et enfin "s'ouvrir". C'est tout l'enjeu des débats pour le congrès extraordinaire, rappelle-t-il.

Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 04.07.07

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 21:11

Michel Rocard : "J'ai eu beaucoup de chance"
NOUVELOBS.COM | 03.07.2007 | 19:14

L'ancien Premier ministre socialiste, âgé de 76 ans, s'est lui-même exprimé depuis l'hôpital de Calcutta, où il "coule des jours de reconstitution".

Michel Rocard (AFP)

Michel Rocard (AFP)

Michel Rocard va mieux et "coule des jours de reconstitution après une opération cérébrale. Ça se passe pas mal", a-t-il lui-même souligné mardi 3 juillet après avoir quitté l'unité de soins intensifs de l'hôpital de Calcutta où il avait été opéré d'urgence.

 

"Je viens d'avoir un accident tout à fait grave, qui aurait pu être terrible, mais j'ai eu beaucoup de chance. J'ai été superbement bien opéré", a expliqué l'ancien Premier ministre interrogé par RTL. "Le personnel est hautement compétent et j'ai été très bien pris en charge (...) J'en ai réchappé et je le dois au talent de beaucoup de gens".

 

"Je coule des jours de reconstitution après une opération cérébrale. Ça se passe pas mal", a-t-il précisé. Très occupé, Michel Rocard a souligné qu'il prenait le temps de dormir, de lire, "sur l'Inde notamment". Il espère pouvoir quitter rapidement le pays "dans 10, 12 jours peut être. Pour tout vous dire, j'espère un peu moins, mais enfin il ne faut pas rêver".

 

Lecture de journaux et de livres

 

L'état de santé de l'ancien Premier ministre français âgé de 76 ans, victime d'une hémorragie cérébrale ce week-end lors d'un séjour en Inde, s'améliore rapidement et son cerveau fonctionne normalement, après son opération d'urgence, samedi.

 

"Ce (mardi) matin, il se repose dans sa chambre, rattrapant le retard qu'il a pris dans la lecture des journaux et de livres", a dit le Dr Nevidita Ghosh, le médecin qui suit Michel Rocard à l'Institut de recherche médicale de Calcutta.

 

Lundi, un bulletin de cet établissement faisait état de "progrès satisfaisants" et précisait que l'ancien Premier ministre français pourrait sortir de l'hôpital dans 2 jours, c'est-à-dire à partir de mercredi. Michel Rocard, député socialiste européen, devait participer samedi matin à une réunion de la Fédération indienne des associations des Nations unies quand il s'est plaint d'un "malaise", avant d'être aussitôt hospitalisé et opéré d'urgence. (AP)

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 09:26
Point presse du PS par Benoît Hamon | 2 juillet 2007
Le point presse hebdomadaire du Parti socialiste était animé le 2 juillet par Benoît Hamon. Le député européen est revenu sur le discours de politique général de François Fillon du 3 juillet après avoir souligné l'inégalité des Français devant les vacances en ce début de période estivale. Il a enfin exprimé toute la solidarité du PS au nouveau Premier ministre Britanique, Gordon Brown, après les attaques terroristes du week-end dernier.


Benoît Hamon invite DSK à "faire la rénovation" du PS plutôt qu’"en parler" | 2 juillet 2007

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Le député européen socialiste Benoît Hamon a invité lundi Dominique Strauss-Kahn à "faire la rénovation" dans le cadre du PS et "pas seulement en parler", alors que l’ancien ministre avait accusé le parti d’avoir recours à de "vieilles méthodes".
"On a besoin de Dominique Strauss-Kahn dans la rénovation du Parti socialiste, comme on a besoin de tous les socialistes, on a besoin qu’ils soient à l’intérieur du PS et qu’ils consacrent leur énergie à faire cette rénovation plutôt qu’à en parler, et seulement en parler", a dit M. Hamon au nom du PS, lors du point de presse hebdomadaire du parti.

 

Benoît Hamon a ajouté que le 23 juin, lors du vote du calendrier de rénovation, fixant le congrès en 2008, il "n’avait pas entendu ces critiques dans la bouche de Dominique Strauss-Kahn". "Je ne crois pas qu’il ait voté contre", a-t-il dit.

 

Selon lui, "la rénovation est pour l’instant une feuille de papier" et "tout est à faire, il faut être ambitieux dans ce domaine".

 
"La question du renouvellement des générations est une question importante mais ne suffit pas à faire la rénovation du PS", a encore souligné M. Hamon en réponse à DSK qui avait invité les caciques du PS à "céder leur place aux plus jeunes".

 

Rappelant qu’il appartient lui-même "aux nouvelles générations", M. Hamon a souligné qu’il peut "présenter un bon paquet de mecs de 30 ans qui sont des vieillards dans leur tête".

 
"Le fait d’installer" des personnes de 30 à 40 ans au PS ne suffit pas pour "la clarification du projet politique du PS", selon lui. Mais, le parti, a-t-il ajouté, "doit être plus représentatif de son électorat" qui est "une mosaïque", dont "les origines sociales, territoriales et culturelles sont plus nombreuses" qu’à l’UMP.

 

AFP | 02.07.2007 | 14:15

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