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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 17:31

Face à l’hégémonie intellectuelle de la droite
An 01 de la gauche, on arrête tout, on réfléchit

 
La défaite subie par la gauche française lors de l’élection présidentielle et, à un moindre degré, lors des élections législatives du printemps 2007 a sanctionné son absence de vision, de projet et de programme. Et pour cause : le modèle keynésien, dont la social-démocratie s’inspire encore, reposait sur l’exploitation du tiers-monde. La décolonisation ayant rendu ce mode de développement obsolète, l’Europe doit modifier de fond en comble ses rapports avec le Sud.
 

La catastrophe des élections de 2007 a dissipé les illusions engendrées par la victoire du « non » au référendum de 2005 et a dévoilé la profondeur de la crise de la gauche française, qui trouve sa source dans l’échec de ses propositions consécutif à la victoire de 1981. Ayant dû tourner le dos à son programme, après deux ans de gouvernement, la gauche n’a plus rien eu à proposer en matière de politiques socio-économiques. Elle a fait, au mieux, du néolibéralisme sans enthousiasme, et son discours est devenu purement moralisateur, mettant en avant des « valeurs » antiracistes, féministes, antifascistes, etc., qui sont supposées la distinguer de la droite.

Sur le plan pratique, la principale initiative de la gauche a été de se lancer dans la « construction européenne ». Laquelle a eu pour principal effet de rendre impossible toute alternative au néolibéralisme. Les socialistes et les Verts, en encourageant cette construction au nom de leurs « valeurs », principalement l’antinationalisme, ont mis en place un dispositif institutionnel visant à les prémunir contre leurs propres audaces, ou plutôt contre celles de leur base. L’idée étant d’isoler le processus politique de l’influence des citoyens, en confiant un maximum de décisions à une bureaucratie non élue et ouverte à l’influence de tous les groupes de pression privés. Les élections peuvent continuer à avoir lieu, elles n’ont que peu d’importance : aucune alternative politique sérieuse ne peut être proposée, aucun « New Deal », aucune « réforme de structure », aucun « programme commun de la gauche », aucune « voie italienne vers le socialisme ».

Il n’est pas étonnant qu’à ce jeu-là la droite la plus dure l’emporte. Elle possède son propre discours sur les « valeurs », la discipline, l’ordre, la nation, etc., qui est bien plus populaire que celui de la gauche sur les minorités. Après tout, les discours sur les valeurs ont le plus souvent pour fonction de permettre à ceux qui les tiennent de se donner bonne conscience à bon marché, sans se poser trop de questions sur la nature réelle des rapports de forces dans le monde. Et, pour la plupart des gens, il est plus facile de se dire qu’on est un « bon Français » plutôt qu’un « bon antiraciste ». Au demeurant, la politique économique de la droite est en parfait accord avec celle des structures européennes mises en place par la gauche et les Verts. Sur les deux plans – l’Europe et les valeurs –, c’est la droite qui gagne, mais c’est en grande partie la gauche qui a choisi ces terrains de bataille, sur lesquels elle ne pouvait que perdre.

Tous les mouvements politiques couronnés de succès sont ceux qui croient à ce qu’ils disent. A droite, ce ne sont pas les conservateurs « mouillés », comme les appelait Mme Margaret Thatcher, ceux qui étaient plus ou moins keynésiens, qui ont gagné, mais bien les avocats d’une droite pure et dure. Dans la mesure où la gauche ne fait que plaider pour une politique de droite modérée, elle n’a aucune chance de l’emporter. Pour changer cela, il faut commencer par revenir à ce qui est la racine du conflit entre la gauche et la droite – et qui ne porte pas sur les « valeurs », et surtout pas sur le féminisme ou l’antiracisme, que la droite moderne est parfaitement prête à accepter –, la question fondamentale du contrôle de l’économie.

Les penseurs libéraux du XVIIIe siècle envisageaient une société de petits producteurs indépendants et, dans ce contexte, la notion de « marché libre », ainsi que l’hostilité au pouvoir de l’Etat féodal et de l’Eglise, avait parfaitement un sens. Mais, avec le développement de la grande entreprise, la production est devenue de plus en plus socialisée, ce qui a rendu caduque la justification du caractère privé de la propriété des moyens de cette production. L’idée fondamentale du socialisme est qu’à partir du moment où le processus de production est de fait socialisé, son contrôle doit l’être aussi, si du moins on veut réaliser les espoirs d’émancipation exprimés par le libéralisme classique.

Si les moyens de production et, comme cela s’est produit au XXe siècle, les moyens d’information sont entre les mains de quelques-uns, ceux-ci possèdent alors un pouvoir énorme sur le reste de la population, qui n’est pas très différent du pouvoir de la féodalité. Les véritables successeurs actuels des libéraux classiques sont en fait les partisans du socialisme, et ceux qui se disent « libéraux » en France aujourd’hui sont simplement les adeptes d’une forme particulière de tyrannie, celle des patrons, et, en plus, très souvent, d’une forme violente d’étatisme, à savoir la domination militaire américaine sur le reste du monde.

Le socialisme, au sens utilisé ici, est une réponse tellement naturelle aux problèmes liés au développement du capitalisme que le fait qu’il ne soit pratiquement plus discuté explicitement témoigne de l’efficacité du système spécifique d’endoctrinement appelé dans nos sociétés « éducation » et « information ».

La question du socialisme n’a rien à voir avec celle des crises du capitalisme ou de la destruction (réelle ou supposée) de la nature, ou de l’embourgeoisement (réel ou supposé) de la classe ouvrière. Au contraire, précisément parce que le contrôle sur sa propre existence est une aspiration fondamentale de l’être humain, cette question ne disparaît pas avec l’élévation du niveau de vie et ne nécessite aucune catastrophe (comme les deux guerres mondiales) pour être soulevée. En fait, plus nos besoins biologiques, de survie, sont satisfaits, plus nos besoins proprement humains, d’autonomie et de liberté, exigent de l’être.

Par ailleurs, c’est une erreur de croire que le socialisme n’intéresse plus personne. Au contraire, s’il y a une position de gauche qui reste populaire, c’est bien la défense des services publics et des droits des travailleurs, qui sont les principaux moyens de lutte existants aujourd’hui contre le pouvoir des détenteurs du capital. En fait, tout le programme implicite de la construction européenne est d’arriver à détruire, en sauvant les apparences démocratiques, le « paradis social-démocrate » fait de sécurité sociale, d’enseignement généralisé, de soins de santé publics, qui est une forme embryonnaire de socialisme et qui demeure extrêmement populaire.

Que la perspective du socialisme ait pratiquement disparu du discours politique change malheureusement beaucoup de choses dans les luttes concrètes : il y a une grande différence entre protester contre les « abus » d’un pouvoir dont on accepte la légitimité et lutter, pour des objectifs « à court terme », contre un pouvoir patronal considéré comme fondamentalement illégitime. C’est toute la différence qui a existé dans le passé entre la réforme de l’esclavage et son abolition, entre la monarchie éclairée et la république, entre la gestion des colonies par des collaborateurs autochtones et l’indépendance nationale.

La décolonisation, transformation majeure

En faisant remarquer que la transition vers le socialisme ne s’est pas produite comme prévu dans les pays capitalistes développés, les penseurs « libéraux » ne se privent pas de critiquer Karl Marx. Un élément de réponse, c’est que notre système n’est pas seulement capitaliste, mais aussi impérialiste. L’Europe ne s’est développée que grâce à un immense hinterland. Pour le comprendre, imaginons un instant que l’Europe soit la seule terre émergée du monde, et que tout le reste, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique, soit remplacé par des océans. Il n’y aurait alors pas eu de traite des Noirs, pas d’or d’Amérique latine, pas d’émigration en Amérique du Nord. Et que seraient nos sociétés sans un flux constant de matières premières, de travail bon marché, sous forme d’immigration ou d’importations venant de pays à bas salaires, sans une fuite des cerveaux du Sud vers le Nord, suppléant à l’effondrement croissant de nos systèmes d’enseignement ? Sans tout cela, nous devrions économiser drastiquement l’énergie, le rapport de forces entre les travailleurs et le patronat serait radicalement différent, et la « société de loisirs » serait impossible.

Si le socialisme ne s’est pas réalisé au XXe siècle, c’est en grande partie parce que les pays où le capitalisme avait engendré un certain développement culturel et économique, où existaient des éléments de démocratie et où, par conséquent, le dépassement du capitalisme était à la fois possible et nécessaire, étaient aussi les pays dominateurs dans le système impérialiste. Or l’impérialisme a un double effet : économique d’une part, parce qu’il permet aux pays dominants de transférer sur la « périphérie » une partie des difficultés qui surgiraient si celle-ci n’existait pas ; un effet de division des travailleurs au niveau mondial d’autre part, parce que les travailleurs occidentaux, ayant toujours eu des conditions d’existence bien meilleures que celles qui règnent dans les pays du Sud, acquièrent ainsi un sentiment de supériorité qui tend à stabiliser le système.

C’est pourquoi la transformation majeure du XXe siècle a été la décolonisation. Elle a tout d’abord permis à des centaines de millions de personnes en Asie et en Afrique d’échapper à une forme particulièrement raciste de domination. De plus, cette transformation prolongera sans doute ses effets au XXIe siècle, et mettra définitivement fin à l’époque historique commencée lors de la « découverte » de l’Amérique. Cette fin aura des répercussions importantes pour nos sociétés, qui devront revoir leur fonctionnement lorsqu’elles seront sevrées des bénéfices liés à leur position privilégiée dans le système impérial. Pour le dire brutalement, aujourd’hui les Chinois doivent vendre des millions de chemises pour acheter un Airbus. Mais quand ils construiront des Airbus, qui fabriquera nos chemises ?

De nouvelles révisions déchirantes

On peut par conséquent s’attendre à une aggravation du conflit entre ceux qui, grâce à leur contrôle sur le capital, ont la possibilité d’exploiter la force de travail en Asie et qui sont les « gagnants » de la mondialisation, et l’immense majorité de la population occidentale qui n’a pas cette possibilité. Vivant ici, elle est obligée de vendre sa force de travail à un prix qui n’est plus compétitif sur le marché mondial. Ce qui implique plus d’« exclusions », une crise croissante de l’Etat-providence, mais aussi un retour, sous une forme très nouvelle, de la lutte des classes.

L’autonomisation du Sud continue aussi sur d’autres plans : les Etats-Unis sont embourbés en Irak dans une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner, mais dont ils ne peuvent pas non plus sortir aisément, à moins de renoncer à leurs ambitions impériales. Sur le dossier du nucléaire iranien, les pays occidentaux devront en rabattre ou se lancer dans une guerre catastrophique. Sur un plan plus symbolique, mais important, Israël a été vaincu militairement en 2006, pour la seconde fois, par le Hezbollah. Les victoires politiques et militaires du Hamas indiquent que la voie de la collaboration de certaines élites palestiniennes avec Israël, instituée lors des accords d’Oslo, a échoué. Tous ces événements imprévus provoquent une crise de confiance grave dans les milieux dirigeants à l’échelle mondiale.

Le problème principal de notre temps, en Europe, est de nous adapter à notre déclin, non pas à celui, imaginaire, par rapport aux Etats-Unis, mais à celui, bien réel, par rapport aux pays du Sud. La classe dirigeante américaine essaie de maintenir l’hégémonie par la force, mais son échec ne fait qu’accentuer la crise de l’Empire, tandis que la droite européenne imagine encore qu’imiter les Etats-Unis serait la solution à nos problèmes. La gauche « radicale » ignore en général la question du déclin et défend en fait, au-delà de sa rhétorique, une politique sociale-démocrate et keynésienne classique, que la mondialisation a rendue difficilement applicable.

Dans l’immédiat, il faut éviter à tout prix que les populations occidentales ne versent dans les fantasmes américano-israéliens de guerre « à la terreur » ou à l’« islamo-fascisme », et auxquels succombe déjà, en France, une bien trop grande partie de la gauche féministe, républicaine ou laïque, qui s’inscrit ainsi dans une longue tradition d’incompréhension de la gauche occidentale par rapport aux luttes de la périphérie.

Pourtant, c’est souvent de là que proviennent les changements. La révolution d’octobre 1917 ainsi que la part prise par l’URSS dans la victoire sur les puissances de l’Axe ont eu un énorme impact sur la décolonisation et sur la possibilité de créer ici le « paradis social-démocrate ». La victoire des peuples colonisés a favorisé nombre de transformations progressistes des années 1960 en Europe. A condition de la comprendre et d’en tenir compte, la révolte actuelle en Amérique latine et au Proche-Orient fournira peut-être aux dominants l’occasion de nouvelles révisions déchirantes. Et aux autres, des lendemains qui pleurent un peu moins ?

 
Jean Bricmont

Professeur de physique théorique à l’université de Louvain (Belgique). Il a publié Impérialisme humanitaire, Aden, Bruxelles, 2005, et a coordonné, avec Julie Franck, un Cahier de l’Herne sur Noam Chomsky. Il prépare un livre sur la critique de la gauche morale.

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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 08:34
petit cours d'autodérision de Benoît Hamon sur son site internet :
 
Le jeu de l'ego
 

Rénovation oblige, l'été fut fécond en focus sur la "génération montante socialiste". Je n'ai jusqu'ici pas souhaité publier ces portraits. Mais là, je ne résiste pas à diffuser le papier du Canard Enchainé de ce jour. Ce remarquable "exercice croisé" qui m'unit à Manuel Valls, nous livre à l'indignation vertueuse d'un journaliste. Remarquablement sourcé, drôle, sans méchanceté gratuite et surtout subtil et précis, j'y apparais dans la nudité de mes ambitions et de mes convictions (pour le peu qu'il me reste)... Pour ceux que cette lecture ravira, qu'ils le sachent quand même : pour Manuel je ne sais pas, mais moi en vrai, je suis bien pire.

 

Téléchargement canard.pdf

 


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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 13:28
J'avoue avoir un peu de mal à rentrer cette année.

J'ai pris trois semaines de congés, me suis coupé de ce qui fait habituellement mon quotidien, le boulot et la politique , pour me consacrer exclusivement à ma famille et prendre le repos mérité après une année où l'activité normale a été doublée par deux campagnes électorales nationales, dont les résultats me laissent toujours plus de questions (tant au regard des chiffres, qu'au regard du comportement de ses acteurs) que de certitudes.
Je dois convenir que je reste encore perplexe de la manière dont le parti socialiste entame cette rentrée politique... Je ne vais pas parler longuement d'un conseil fédéral dont le vide politique - lundi 3 septembre - m'a confirmé l'atonie de la vie interne du Parti socialiste dans le Val d'Oise ; juste dire que le fond fut comme habituellement absent de cette réunion, les intervenants se concentrant sur ce qui leur paraissait non pas important mais essentiel : la préparation d'élection et la désignation des candidats. On pourra dire à leur/notre décharge que c'est encore ce que nous savons faire de mieux, quoique lorsque l'on regarde l'état du Parti dans certains territoires comme Argenteuil, pour ne pas reparler de la désignation pour la présidentielle, l'on puisse mettre en doute cette même assertion.

Non... L'université de La Rochelle, elle-même, alors qu'elle fut saluée par une relative unanimité de bons commentaires internes - on craignait tant la foire d'empoigne - me laisse profondément perplexe. Qu'est-il ressorti médiatiquement de ces débats ? la phrase de Hollande devant les jeunes socialistes assénant que le Grand Soir c'était fini.
Et nous retrouvons encore toute la confusion qui règne dans le parti.  Quand nous sommes confrontés à l'échec, les rares personnes qui souhaitent avancer les yeux ouverts sont noyés sous les grandes phrases creuses des "plus modernisateurs que moi tu meurs". Donc le Parti socialiste selon les rénovateurs généralisés serait victime de l'influence du "ça" communiste, du vieux rêve du "Grand Soir" et d'une non acceptation inconsciente de l'économie de marché.
Je trouve ce camouflage des vraies questions du Parti socialiste consternant.

Je cherche encore le camarade - même Gérard Filoche et Jean-Luc Mélenchon - qui s'attend ou théorise des lendemaines qui chantent définitifs, une société transformée à jamais en un coup de baguette magique, après le soir d'une prise de pouvoir, même démocratique.
Pour les socialistes, cette fiction n'existe plus depuis le 27 décembe 1920. Nous savons depuis longtemps que notre combat pour la justice sociale et pour l'égalité ne connaîtra pas de termes, nous avons abandonné la vision eschatologique qui était contenue dans la pensée marxienne et surtout marxiste, dans la foulée du "sens de l'histoire" hegellien... Mais abandonner l'eschatologie ne veut pas dire renier le sens du combat et son propos.

Je ne vais pas parler du "ça" communiste au point où il en est, ni même de sa résurgence au sein de la LCR supposée triomphante à l'extrême gauche, quand on sait combien cette extrême gauche au sein même de la LCR est divisée sur sa stratégie, sa finalité et ses outils. Non vraiment je ne connais pas de socialiste pour qui les idées de la LCR recellent encore d'une source d'inspiration profonde.

L'économie de marché qui ne serait pas acceptée par les socialistes, c'est franchement une blague. Henri Emmanuelli l'a justement rappelé vendredi 31 août - et ce n'est pas une nouveauté dans sa bouche :
"En toute hypothèse, parvenus au pouvoir, les socialistes ont bel et bien accepté l’économie de Marché. Ils l’ont fait très précisément - que nos contempteurs prennent note - le vendredi 23 mars 1983 à 11 heures du matin - en acceptant, après un vif débat au plus haut niveau, en choisissant de rester dans le Système Monétaire Européen, matrice du futur Euro, et en mettant en oeuvre un plan d’austérité sévère destiné à prendre en compte, justement, les contraintes monétaires et européennes de l’Economie de Marché. Je le dis et je le répète depuis longtemps mais apparemment sans succès. Il est vrai qu’à l’époque le Premier Secrétaire du PS a dit qu’il s’agissait d’une parenthèse. Mais comme il ne l’a pas refermée en arrivant lui même au pouvoir en 1997, les experts devraient être rassurés depuis longtemps et trouver d’autres arguments pour instruire leur procès permanent contre le PS."
Alors il serait bien temps d'arrêter de chercher dans le Parti socialiste le moment où celui-ci fait preuve d'irréalisme, de manque de modernité ou justement d'une soudaine conversion à la réalité du monde à l'occasion d'une université d'été comme ont tenté de le faire dire Pierre Moscovici ou Ségolène Royal.
Le problème du Parti socialiste ne réside pas dans un supposé refus de  l'économie de marché mais dans l'obsolescence d'un certain nombre d'outils keynésiens pour répondre aux défis posés par la mondialisation dans sa version ultra-financière. Oui la doctrine économique du PS français, tant du point de vue de la demande que de l'offre (la France a des problèmes sur ces deux terrains), est à refaire comme pour tous les partis sociaux-démocrates européens, dont les résultats électoraux nous démontrent qu'ils ne vont pas si bien que cela.

N'abandonnons pas notre exigence et notre volonté de bâtir des outils de redistribution, car sous le prétexte de nous faire accepter une économie de marché que nous prenons d'ores et déjà en compte, c'est bien la redistribution que les rénovateurs de tout poil veulent nous faire abdiquer. Il faut éviter que modernisation de la doctrine rime avec droitisation comme disent les fabuisiens mais surtout rime avec résignation. Car une partie des clés de nos défaites est bien là dans cette résignation de la pensée des socialistes, résignation qui les a poussés à considérer comme pertinents et incontournables les axiomes de l'adversaire pour en conséquence mieux justifier son discours et ses propositions, et finalement lui servir de marche pied électoral.
La nouveauté politique et économique (une nouveauté vieille de 30 ans tout de même) c'est que nous pouvions autrefois passer des compromis avec le marché, mais il est vrai dans un monde qui sortait à peine de la décolonisation ; aujourd'hui le marché refuse tout compromis et cherche à s'étendre à tous les domaines de la vie humaine. Là où cette extension ultime a été obtenue elle commence à être sérieusement remise en cause : et nous choisirions ce moment pour tenter l'aventure ! allons ce n'est pas sérieux ! Cessons de confondre liberté politique, libertés inviduelles, libertés collectives, d'un côté, et liberté d'exploiter et de dominer de l'autre, et notre débat sur les définitions et les finalités du libéralisme se portera mieux.

Frédéric FARAVEL
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 13:36

BENOIT HAMON, LE QUADRA QUI POUSSE

BENOIT_HAMONLe député européen fait partie de la nouvelle génération qui ambitionne de prendre le contrôle du PS. Gardien du temple, il ne veut pas d'une rénovation qui ne se ferait pas à gauche.

Le compte est bon. Avoir 40 ans aujourd'hui au PS, et des responsabilités, cela vous classe assurément dans la catégorie des chasseurs d'éléphants et fait de vous un membre à part entière de la relève. Surtout lorsque vous avez, comme beaucoup de vos pairs, déjà guerroyé depuis vingt ans et survécu aux courants. Dans un parti en proie au doute, traumatisé par ses défaites, tyrannisé par un adversaire politique qui a su mettre en avant des visages nouveaux, Benoît Hamon fait partie de ceux, épiés, qui passent enfin de l'ombre à la lumière. Dans cette génération-là, il y a forcément le leader de demain.

Benoît Hamon, député européen et membre de la direction du PS, possède cependant une particularité. Quand ses pairs n'ont plus que le mot refondation à la bouche, allant, comme Manuel Valls, le maire d'Evry, jusqu'à suggérer de rebaptiser le PS, lui défend farouchement le fonds de commerce. " Je ne suis pas un gardien du dogme, s'agace-t-il, enfin si, peut-être. Je n'ai rien contre la modernisation du PS, mais pas telle qu'elle s'entend aujourd'hui et selon laquelle pour gagner, il faut être moins à gauche, alors que la droite, elle, assume parfaitement son projet politique. "

Il a ses arguments et s'en va partout répétant que " ce serait une hérésie de dire qu'il faut se réconcilier avec le marché dans un parti qui fournit les dirigeants de l'OMC et du FMI ", en l'occurrence Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn.

Jusqu'au bout, il est donc resté rétif à l'attraction de Ségolène Royal, pas du tout enclin à suivre ses lancées pour " briser les tabous ". " Le donnant, donnant " avancé par la candidate lui semble être " une philosophie très éloignée d'une politique de gauche. " " Je trouve préoccupante la dénonciation de l'assistanat qui aboutit à stigmatiser une population parasite, et l'approche de la problématique de la valeur travail a pour le moins été confuse ", se justifie Benoît Hamon. Tout cela a, selon lui, " relégitimé la droite sur la question sociale. "

Bref, à l'opposé de ses congénères et amis Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, il s'est tenu éloigné de l'ex-candidate à l'élection présidentielle, préférant soutenir, au moment des primaires, Laurent Fabius. Et aujourd'hui, alors que François Hollande se trouve de plus en plus seul, retranché dans sa tour de la rue de Solférino, il fait partie de la dernière garde du premier secrétaire du PS, qu'il n'avait cessé de combattre jusqu'ici.

Au lendemain de la défaite présidentielle, ce dernier en a fait le porte-parole des législatives, débarquant au passage Julien Dray de ses fonctions. Exactement comme il avait fait de Benoît Hamon tout un symbole, en propulsant ce partisan du non à la Constitution européenne secrétaire national chargé des affaires européennes au lendemain du référendum de mai 2005.

Comme Manuel Valls, Benoît Hamon a commencé par s'enrôler chez les rocardiens. " On n'avait pas le choix ", assure-t-il, quand on s'inscrivait en terre bretonne, à la fin des années 1980. C'est la montée de Jean-Marie Le Pen qui le pousse, dit-il, à franchir la porte de SOS-Racisme lorsqu'il revient de Dakar, au Sénégal, où son père, ouvrier de l'Arsenal de Brest, a passé quelques années en coopération, avec femme et enfants.

Sa famille n'est pas politisée mais lui se découvre un ambitieux engouement. Très vite, il prend carte simultanément au Mouvement des jeunes socialistes (MJS) au PS et à l'UNEF, syndicat étudiant, pépinière de la gauche. S'il obtient une licence d'histoire à l'université, il fait ses classes dans les clubs de jeunes rocardiens, Forums, où il côtoie Manuel Valls, mais aussi Olivier Faure, actuel directeur adjoint de cabinet de François Hollande.

Il casse tant et si bien les pieds à ses congénères que ces derniers lui confient les clés du MJS, pensant le cantonner dans une succursale de second plan. Las, en 1993, Michel Rocard, premier secrétaire du PS, donne son autonomie au MJS, ce qui aboutit à en faire un enjeu de pouvoir. Le voilà donc le pied à l'étrier, marchant sur les traces d'un Julien Dray et ou d'un Jean-Christophe Cambadélis, recruteurs de jeunes et agents patentés de l'agit-prop étudiante. Plus tard, il sera salarié de la MNEF. " Trois mois, et pour une campagne commerciale ", précise-t-il. Le cadet Hamon n'est pas sot. Il crée ses réseaux, forme sa bande Nouvelle Gauche, fait le ménage et installe son influence au point qu'aujourd'hui encore, à 40 ans et bientôt père, il est considéré comme l'un des principaux patrons de la jeunesse socialiste. Le MJS s'opposera vivement à l'ex-candidate avant de faire campagne, toujours en concurrence avec les petits ségolénistes de Désirs d'Avenir.

Ce capital lui permet de côtoyer les grands. En 1995, il fait la campagne " jeunes " de Lionel Jospin puis entre au cabinet de Martine Aubry, numéro deux du gouvernement, où il retrouve d'autres jeunes ex-rocardiens comme Olivier Faure ou Frédéric Martel. Benoît Hamon fait le tour des élus socialistes pour vendre des emplois-jeunes, avant de devenir conseiller politique de la ministre. C'est l'époque de l'adrénaline et des pizzas dans leur boîte en carton engouffrées le soir.

La défaite de 2002 le conduit à travailler à l'institut Ipsos, dans un secteur privé où il n'a guère mis les pieds, mais pas à rester inactif au sein du PS. Cofondateur, avec Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Julien Dray, du courant Nouveau Parti socialiste (NPS) parti à l'assaut de la direction, Benoît Hamon, peu connu du public mais auxiliaire précieux avec son réseau jeunes, est celui que l'on oublie toujours de citer. Ses détracteurs le disent " méchant " ; son ami Régis Juanico, élu député et de toutes les aventures depuis le début, le défend : " Il peut être dur dans ses idées, mais en même temps, il ne se prend pas toujours au sérieux. "

Les joutes socialistes aguerrissent cet amateur de rugby, devenu, au fil des ans, bon orateur et redoutable bretteur, capable d'envoyer un Texto vengeur à un journaliste de Libération : " A quand la rénovation des quadras de Libé ? " Le Parlement européen ne fait pas de lui " l'apôtre du compromis pour le compromis ", même s'il en " mesure aussi la nécessité ".

Il annonce la création de La Forge, un nouveau think thank avec des experts, des intellectuels et " des dirigeants de gauche ". Inutile de lui parler de la concurrence des Gracques, ces anciens fonctionnaires socialistes qui plaident pour une alliance du PS avec le centre. " Des zozos ", à ses yeux.


1967
Naissance à Saint-Renan (Finistère).
1993
Président du Mouvement des jeunes socialistes.
2002
Cofondateur du courant Nouveau Parti socialiste.
2004
Député européen.
2005
Secrétaire national du PS chargé des affaires européennes.
2007
Porte-parole du PS pour les élections législatives.

Source : Le Monde en date du 30 août 2007. Article d'Isabelle Mandraud. Photographie de Samuel Kirszenbaum.

Interview de Benoît Hamon
Le Journal du dimanche - 02.09.07
ligne

Propos recueillis par Maud PIERRON, à La Rochelle.
Coqueluche des médias, Benoît Hamon est l’un des "jeunes" qui monte au sein du Parti socialiste. Porte-parole du PS durant les législatives, son nom est de plus en plus cité pour prendre la succession de François Hollande. Pour le JDD.fr, ce cofondateur du NPS, tenant d’une ligne à gauche, a accepté de faire le bilan de La Rochelle et de se projeter dans l’avenir.

Au bout de ces 3 jours, quel bilan tirez vous de La Rochelle ?
Finalement, cela a été un rassemblement inoffensif, dans le sens où l’on nous promettait le pire. On a vu des députés socialistes attachés à se remettre au travail et ce n’est pas de la langue de bois. Avec un souci de la base au sommet du PS de la jouer collectif, d’inscrire sa contribution personnelle dans la construction d’une intelligence collective. C’est un peu triste de le dire mais c’est déjà une victoire, qui montre à quel point on pouvait être malade. C’est donc une bonne nouvelle. On a de nouveau envie de tirer dans le même sens. Combien de temps cela durera ? Je ne sais pas. Le plus longtemps possible j’espère. L’université de la rochelle a été utile en cela, à un moment qui est celui du diagnostic. Je ne dis pas que les uns et les autres n’ont pas des idées très tranchées sur ce diagnostic mais il fallait commencer à retrouver cette capacité à se parler les uns et les autres sans s’accuser.

Pourquoi a-t-il fallu attendre La Rochelle pour retrouver cette possibilité ?
On est forcément toujours plus sérieux quand on a des invités extérieurs, qui par la qualité de leurs interventions, leurs réflexions, nous tirent vers le haut.

Les absents finalement, tel que Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent le verbe haut, ont eu raison de s’abstenir ?
Je ne sais pas. S’il était venu, il aurait assisté à de beaux débats. Si tout le monde avait été là, vous auriez dit, ’c’est toujours les mêmes tronches’ et quand ils ne sont pas là, vous dîtes ’voilà, ils désertent’. Dans tous les cas, on était fautif. Ils n’étaient pas là et ça s’est bien passé. A mon avis il n’y a pas de lien de cause à effet.

Que tout le monde travaille avec tout le monde est devenu le mot d’ordre au PS. Mais est-ce véritablement possible de faire travailler ensemble les courants ?
D’une certaine manière, cela existe déjà. A notre modeste étage, on s’est réunis, nous les gens de la nouvelle génération, les 30-40 ans, entre Strauss-kahnien, Fabiusiens et membres du NPS. On a réussi à faire l’inventaire de nos désaccords et de nos accords. On s’est rencontré avant l’été, on va le refaire à la rentrée, dans le but d’évacuer les préjugés que l’on peut avoir sur les avis des uns et des autres. On a évoqué la question sociale, démocratique, celle du marché, celle de l’Europe, de l’immigration, de la sécurité, afin de mesurer l’ampleur de ces désaccords. C’est un travail passionnant car il nous permet de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, de vérifier ce qui motive vraiment l’existence aujourd’hui des sensibilités au sein du PS. Car il y a des traditions politiques différentes, des cultures politiques différentes. Et en même temps on veut faire en sorte que les débats s’organisent autour des vraies lignes de clivages qui existent entre nous et pas sur les positions supposées d’untel.

Et vous n’effectuez pas ce travail avec les "royalistes" ?
Le "royalisme" un objet politique non identifié. D’ailleurs, ce n’est pas encore un courant. Quand j’entends un Vincent Peillon, il ne dit pas forcément la même chose qu’un Julien Dray, et pourtant ils sont tous les deux "royalistes". On peut discuter facilement avec les individus mais avec le groupe "royaliste", c’est plus compliqué. On sait ce que Ségolène Royal pense mais quand certains de ses soutiens disent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’elle a proposé, cela devient complexe.

Maintenant que le diagnostic est posé, quelles sont les questions sur lesquelles il faut particulièrement travailler, voire trancher ?
La redistribution, sans aucun doute. Aujourd’hui, on a tendance à penser notre rôle comme ’on aurait pas fait comme le gouvernement’, ce qui est bien. Sauf que si on revient au pouvoir dans cinq ans, tous les instruments auxquels on fait traditionnellement appel à gauche pour redistribuer la richesse, pour organiser les services publics, pour protéger les individus - que sont par exemple le service public, la sécurité sociale - seront encore plus dégradés demain qu’ils ne le sont aujourd’hui. Parce que les recettes fiscales ne cesseront de baisser, donc les capacités d’intervention de l’Etat seront encore plus faibles. Parce qu’en 2009, la directive Bolkeinstein aura été mise en oeuvre. Il faut penser la séquence actuelle ainsi : comment faire en sorte que les instruments de redistribution sociale pour lutter contre les inégalités sociales soient demain efficaces ? Ils devront faire appel à de nouveaux prélèvements, à de nouveaux financements. Ce sont des questions hyper lourdes. Pour moi, c’est cette question qui est la priorité et c’est sur celle-ci que nous aurons de gros débats.

Votre vision de la redistribution est très éloignée du donnant-donnant de Ségolène Royal.
Je crois qu’on a eu un tort durant cette campagne présidentielle, c’est d’insister sur la dénonciation de la société de l’assistanat. Dès lors que la gauche embraye sur ce discours là, tenu par la droite, il y a effectivement plus de chance que les gens votent pour Nicolas Sarkozy. Evidemment qu’il y a des gens qui abusent du système. Mais si on ne comprend pas qu’aujourd’hui, ces abus sont instrumentalisés par les entreprises et le pouvoir politique en place pour remettre en cause ce système, on fait une erreur dramatique. De plus, cette dénonciation de la société de l’assistanat a eu une double conséquence : stigmatiser une population qui serait par définition parasite et contribuer à la remise en cause des mécanismes de solidarité de protection sociale. Tout ça pour dire quoi au final : il faut valoriser la responsabilité individuelle, la responsabilité de celui qui est assisté de s’en sortir seul, de celui qui est malade de payer une franchise pour la maladie. C’est un tort d’embrayer sur ce discours là.

Un tort qui accompagne la droitisation de la société ?
C’est moins la droitisation de la société que la droitisation du PS. On a l’impression que sur un certain nombre de sujets, on donne le sentiment d’avoir été convaincu par les axiomes de l’adversaire. On ne donne pas spécialement l’impression de courir après la droite, mais on donne, à mon sens, le sentiment d’avoir perdu le fil de nos valeurs.

Certains souhaitent une ligne claire et affirmée du PS sur la social-démocratie. Vous applaudissez ?
Certains disent ’allez, il faut que le PS abandonne sa prétendue exception et s’alignent sur les standards de la social-démocratie européenne’. Mais la social-démocratie européenne, si on regarde dans quel état elle est, elle dirige 3 pays sur 27 (Grande-Bretagne, Italie, Portugal : ndlr), c’est une blague ou quoi ? On a perdu la présidentielle sur une ligne justement qui a provoqué de la confusion. Ce qui me frappe c’est la paresse des éditorialistes et des hommes politiques, qui se sentent obligés de répondre aux sommations de la pensée dominante à ce sujet là. Moi, ça ne m’intéresse pas ces conneries.

Qu’est-ce qui vous intéresse ?
Je ne fais de la politique pour être dans le commentaire, je fais de la politique pour être en capacité d’avoir des instruments capables de transformer la société. Ces instruments sont en crise chez nous, mais aussi partout en Europe, ce qui justifie la crise de la social-démocratie européenne. Ce qui m’intéresse c’est prioritairement la reconstruction de ces instruments pour lutter efficacement contre ce que je considère être le creusement des inégalités.

Beaucoup vous voient comme le futur premier secrétaire, vous en pensez quoi ?
Ça fait chaud au coeur. Je ne suis pas insensible quand on évoque mon nom pour prendre la direction du PS français, le parti de Blum, de Mitterrand, ce n’est pas rien. Ça me touche mais le casting est important, on doit être une dizaine à être cité pour prendre le poste de Premier secrétaire. Mais je pense que tout ça, c’est le feuilleton de l’été. Ce n’est pas amené à durer.

Imaginez-vous demain le PS comme un grand parti qui regrouperait toute la gauche, de la gauche centriste à la gauche antilibérale ?
Le PS doit rassembler la gauche et tous ceux qui s’en réclament. Si demain le MoDem dit : ’Je me sens plus de gauche que de droite’, je leur dis ’très bien, bienvenue’. Je pense que dans un premier temps il faudrait réfléchir à créer un mouvement ou une fédération de la gauche, dont l’objectif est de commencer à nous rapprocher dans l’opposition à la droite, car il faudra être nombreux, forts, solidaires. Et de préparer un processus de désignation d’un candidat de toute la gauche. Je suis assez favorable à des primaires à l’italienne ouvertes aux citoyens qui voudraient arbitrer et choisir ce candidat là.

Les militants demandent une meilleure opposition. Vous estimez-vous audible ?
Peut-être pas. Mais on a bien fait notre boulot sur la TVA sociale, même après les législatives. On a été présent sur le paquet fiscal. On a été mal mais on monte en puissance. Je ne suis pas inquiet.

Tout le monde au sein du PS n’est pas d’accord sur la méthode pour s’opposer. Certain sont pour l’opposition frontale, d’autre la veulent raisonnée, comme Manuel Valls, qui estime pouvoir faire un bout de chemin sur certains sujets avec Nicolas Sarkozy. Quelle est votre position ?
Quand l’intérêt général le réclame, on sait être d’accord, il faut arrêter. Mais je suis pour une opposition résolue à une politique qui jusqu’ici, est la plus réactionnaire qui soit. Il n’y a pas de chemin à faire avec ce gouvernement conservateur.

Pouvez-vous nous parler de votre club, ’La Forge’, que vous avez créez ?
C’est un think tank qu’on va lancer, avec des intellectuels fin septembre. L’idée c’est de prendre au sérieux le combat de la gauche. De ne pas s’arrêter au travail d’opposition mais de préparer le réarmement théorique et pratique en perspective de 2012. C’est un instrument qui prépare la bataille idéologique culturelle qu’on veut mener face à la droite. Il sera au service de toute la gauche. L’objectif n’est pas de sectariser la pensée mais bien de l’enrichir.

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 09:00
Faut-il faire imploser le PS ?
RFI - Débat entre Olivier Dussopt et Christophe Caresche 290807 | 29 août 2007

Benoît Hamon invité de RFI
L’invité du matin 27/08/2007 | 27 août 2007

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« Je ne suis pas d’accord avec cette dénonciation du PS de l’assistanat aujourd’hui, c’est un discours de droite... Je veux aussi qu’on revienne sur ce discours du "donnant-donnant", il y a des droits qui ne donnent pas de devoirs. »





La rupture continue, la riposte s’organise
Téléphone sonne - France Inter 23.08.07 | 23 août 2007

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Entre la mise en place du service minimum, la nouvelle réforme des retraites, la cure d’amaigrissement de la fonction publique, le contrat de travail unique, la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC, le grenelle de l’environnement, la révision de la Constitution et un projet de loi sur l’immigration…Nicolas Sarkozy l’avait annoncé avant les vacances : ça va repartir très fort à la rentrée. Quels sont les dossiers à risque pour la majorité ? Comment l’opposition se prépare-t-elle aux prochaines batailles ? Les syndicats vont-ils se mettre en colère et descendre dans la rue ? L’état de grâce tiendra-t-il jusqu’à l’automne ?

- Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat porte-parole du gouvernement.
- Benoît Hamon, député Ps au Parlement européen.
- Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.
- Michel Labro, rédacteur en chef au Nouvel Observateur.



Les banques centrales peuvent-elles enrayer la crise du crédit ?
Le débat du jour - RFI | 23 août 2007

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Débat avec Liêm Hoang Ngoc, économiste, maître de conférence à l’université- Paris I, délégué national à l’économie du PS et Jean-Hervé Lorenzi, membre du Cercle des Economistes.



La Bourse : jusqu’où descendra-t-elle ?
Téléphone sonne - France Inter 17.08.07 | 18 août 2007

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Ecoutez l’émission sur ce site. Les marchés financiers n’en finissent pas de solder les errements du crédit immobilier aux Etats-Unis. Les interventions des banques centrales n’y peuvent rien. Alors pourquoi tant de fébrilité ?

Invités :

- Liem Hoang-Ngoc, économiste, maître de conférences à Paris I
- Gérard Augustin-Normand, président de Richelieu finances.
- Jean Artuis, sénateur Union Centriste UDF de la Mayenne et président de la commission des finances au Sénat.
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 08:40
Les socialistes et l’économie de marché
Intervention de Henri Emmanuelli à La Rochelle | 31 août 2007

Je me réjouis de la tenue de cet atelier intitulé « Les socialistes et l’économie de marché » que j’ai souhaité à l’occasion d’une réunion préparatoire de notre Université.
 

Pourquoi l’ai-je demandé ?

 

- Parce que depuis 24 ans déjà, je suis exaspéré par une exhortation rituelle et hypocrite lancée sans relâche à l’adresse des socialistes pour les sommer d’en finir avez les vieilles lunes et d’accepter enfin, comme l’ont fait les socialistes allemands à «Bad-Godesberg», l’économie de marché.
- Parce que, depuis le 6 mai je vois ressurgir avec force cette exhortation dont l’acceptation, la mise en oeuvre enfin consentie serait à elle seule la solution miraculeuse qui ouvrirait la porte de la «modernisation» de la «rénovation», de la «refondation» et autres épithètes destinés à des postures médiatiques plutôt qu’à éclairer le contenu d’une véritable réflexion.

Pourquoi suis-je exaspéré ?

 

- Parce que c’est une fausse question et qu’une fausse question régulièrement posée en cache d’autres que l’on n’ose pas poser.

 

Pourquoi est-ce une fausse question ?

 

Parce que pour autant que je sache, ayant adhéré au PS en 1972 à l’époque où j’étais directeur adjoint de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, je n’avais pas remarqué que les socialistes étaient censés être partisans du Gosplan. Il est vrai qu’au congrès de Metz l’un des nôtres avait lancé la fameuse phrase : entre le Gosplan et le Marché, il y a le Plan. Mais à la vérité nul ne peut ignorer que c’est l’un ou l’autre et que le Plan tel qu’il était conçu alors, était là pour éclairer le long terme et non pour se substituer au marché en tant que système de production et d’échange.

 

En toute hypothèse, parvenus au pouvoir, les socialistes ont bel et bien accepté l’économie de Marché.

 

Ils l’ont fait très précisément - que nos contempteurs prennent note - le vendredi 23 mars 1983 à 11 heures du matin- en acceptant, après un vif débat au plus haut niveau, en choisissant de rester dans le Système Monétaire Européen, matrice du futur Euro, et en mettant en oeuvre un plan d’austérité sévère destiné à prendre en compte, justement, les contraintes monétaires et européennes de l’Economie de Marché. Je le dis et je le répète depuis longtemps mais apparemment sans succès. Il est vrai qu’à l’époque le Premier Secrétaire du PS a dit qu’il s’agissait d’une parenthèse. Mais comme il ne l’a pas refermée en arrivant lui même au pouvoir en 1997, les experts devraient être rassurés depuis longtemps et trouver d’autres arguments pour instruire leur procès permanent contre le PS.

 

Qu’ils aillent demander à J.C. Naouri, à l’époque directeur de cabinet du ministre des finances Bérégovoy, et aujourd’hui patron d’un groupe important de distribution si la modernisation de notre système financier ne s’est pas faite à l’époque. Et à tous nos ministres des finances successifs s’ils n’ont pas géré l’économie de marché. N’est ce pas la gauche, qui héritant du plus grand économiste de France d’inflation de près de 13% l’a ramené aux normes européennes ? N’est ce pas sous un gouvernement de gauche que notre commerce extérieur - baromètre incontournable de notre compétitivité - est redevenu positif dans les années 80 après avoir été déficitaire pendant plus de 20 ans ? Rocard, devenu premier ministre a-t-il géré le gosplan ou l’économie de marché ? Comment ose-t-on demander, sans crainte du ridicule, a un parti dont est issu le DG de l’OMC et demain peut-être celui du FMI d’accepter «enfin» l’économie de marché ? N’est ce pas sous le gouvernement de Lionel Jospin que la France a affiché un taux de croissance régulièrement supérieur de 1 point à la moyenne de l’Eurogroupe alors que depuis 2002 nous sommes régulièrement en dessous de un point ? Et que dire de ce qu’elle va être cette année !

 

Oui mes camarades, pour celles et ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçu, il y a longtemps que nous avons accepté l’Economie de Marché et dans l’ensemble, nous l’avons plutôt bien gérée.

 

Nous avons accepté l’économie de marché mais nous lui avons toujours fixé des limites :

 

- la première, c’est le refus de la marchandisation de certains biens et services : la vie, la culture, l’éducation, le logement social, etc, bref tout ce qui constitue la place du service public et qui n’est pas intangible.
- la seconde c’est que nous avons toujours affirmé que l’économie de marché devait être régulée. Nul ne le conteste d’ailleurs : les ultra libéraux eux-mêmes sont favorables à la régulation par l’Etat d’un certain nombre de chose. Mais nous y ajoutons, nous socialistes, un minimum de justice et de dignité pour l’être humain. La justice minimum c’est la redistribution. La dignité minimum, c’est, par exemple la législation sociale et le Code du Travail...
- la troisième c’est que nous pensons que le marché n’exclut pas l’action publique pour orienter ou combler les déficiences du marché. Sur ce troisième point je constate que les prétendus libéraux ne s’en privent pas non plus lorsqu’il s’agit d’injecter des sommes astronomiques, comme l’ont fait les Japonais et parfois même les américains, lorsqu’il s’agit de venir au secours de leur système bancaire. Là, il ne s’agit pas d’assistanat au système bancaire...

 

Si donc on nous pose une fausse condition, une fausse question - en l’occurrence l’acceptation de l’économie de marché - c’est que nos contempteurs n’osent pas nous poser les vrais questions, celles qui auraient un véritable objet.

 

Sauf à penser qu’ils ne savent pas ce qu’ils disent - il y en a - je n’ai pour ma part aucun doute sur le véritable sens, sur le véritable contenu de l’offensive idéologique puissante qui nourrit ces fausses exhortations. Ce qu’il veulent nous dire, en réalité, c’est qu’ils attendent de nous l’ultime renoncement et l’acceptation salvatrice pour entrer, enfin, non pas dans la modernité, comme ils le proclament, mais dans la norme de l’époque : celle du libéralisme économique triomphant.

 

Ce qu’ils attendent de nous, c’est que nous renoncions définitivement a toute forme de régulation, à toute prétention de redistribution. Ce qu’ils attendent de nous, c’est que nous acceptions une marchandisation de tous les biens et services sans exclusives.

 

Quand on a compris ça, tout s’éclaire, tout s’enchaîne. Y compris les débats techniques les plus abscons.

 

Seul un éditorialiste parfois vindicatif, Renaud Dely de Libération, a eu le courage de pointer le sujet en nous exhortant à «abandonner la redistribution». C’est-à-dire à rompre avec le concept d’égalité et de justice sociale. Au moins c’était clair.

 

Mes chers camarades depuis un an je me tais et je supporte.

 

J’ai subi, comme beaucoup de militants et d’électeurs et électrices, une campagne déroutante dont la cohérence et l’inspiration étaient parfois surprenantes, pour ne pas en rajouter.

 

Je subis comme vous le triste spectacle qui accompagne toujours les défaites. Les insultes injustifiées, l’opprobre que l’histoire réserve aux vaincus. Je vois le désolant spectacle des bassesses que génère l’opportunisme apeuré. J’entends les rancoeurs de la vanité offensée, le craquettements des ambitions libérées. Et j’en passe.

 

J’en passe, parce que, au risque de surprendre, je voudrais vous dire, à vous qui avez fait l’effort de venir, que tout cela est certes très désagréable mais qu’en définitive ça n’a pas beaucoup d’importance. Les tristes spectacles et ceux qui les animent n’ont pas vocation à durer.

 

En revanche, ce qui me préoccupe, ce qui me paraît, et de loin, le plus important c’est l’ampleur de l’ offensive idéologique qui se développe contre le socialisme, contre la gauche, contre les valeurs de progrès, de justice et d’égalité qui fondent son identité et justifient son existence et ses combats. Un véritable ouragan venu d’en face mais aussi, malheureusement de nos rangs. L’attaque contre la redistribution et tout ce qu’elle implique constitue l’oeil de cet ouragan.

 

Cette offensive puissante, qui seule compte, je la mesure dans toute sa dimension mais elle ne m’effraie pas. Non seulement elle ne m’effraie pas mais elle me donne l’occasion de dire, avec beaucoup de force et de détermination, à toutes celles et ceux qui aspirent à construire leur destin personnel sur un renoncement collectif ou a ceux qui croient que la gauche s’en est allée, que la bataille sera beaucoup plus dure qu’ils ne l’imaginent. Les procès en sorcellerie ou les anathèmes éculés ne suffiront pas. Pas plus que les petites phrases creuses ou les hypocrisies savantes.

 

Je le dis aux adversaires comme aux faux frères : qu’ils ne comptent pas sur un forfait. Le match aura lieu, dedans comme dehors.

 

Dedans parce qu’il nous faut retrouver un minimum de cohérence si nous voulons être compris et crédible.

 

Dehors, parce que pour notre pays, pour notre démocratie il nous faut tenir notre rôle d’opposant. Dans une opposition qui ne soit ni «frontale» ni «complaisante», mais tout simplement compétitive. Une «opposition- compétition» pour relever le défi.

 

Ce défi,mes camarades, nous allons le relever Nous en avons le devoir et la capacité. Car il n’est pas vrai, même si beaucoup en rêvent que la gauche n’ait plus rien à dire.

 
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 12:50

finalement, je ne suis pas allé faire un tour à La Rochelle.
La réunion de NPS, prévue initialement vendredi soir autour de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, a été déplacée à ce samedi midi. J'ai donc décidé de sécher cette réunion et quand je vois l'image débilitante et tronquée que les médias donnent de ces retrouvailles socialistes, je ne me sens pas en manque.
Je serai de retour en activité, dès lundi, avec un programme de rentrée professionnelle et politique chargée, mais peut-être aurais-je le temps de marquer quelques rucs sur ma revue de presse et mes réflexions très décontractées de cet été.
Fred

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 10:55

"Sarkozy parlait de manière très excitée en français"
Par Rue89    02H26    07/08/2007

En vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy s'en est pris à deux photographes dimanche. L'un d'eux raconte l'altercation.

Nicolas Sarkozy pendant ses vacances à Wolfeboro, samedi (Neal Hamberg/Reuters).

Sarkozy "perd son sang froid" ("his cool") ou ses "nerfs" ("his nerves"), se "déchaîne" ("lashes out") contre des photographes : la presse américaine, depuis lundi, ne cache pas sa surprise à propos du pétage de plombs de Nicolas Sarkozy. Il n'est pas courant de voir, outre-Atlantique, un bateau partir à l'abordage d'un autre sur un lac, sauf dans les films de James Bond. Encore moins d'assister à une altercation entre un chef d'Etat torse nu et des photographes, le premier sautant dans le bateau des seconds, et saisissant lui-même un appareil photo.

A bord du bateau assiégé se trouvaient Jim Cole, photographe pour Associated Press, et Vincent DeWitt, photographe freelance. Sarkozy les a copieusement engueulés en français. "Tout le monde était calme, sauf lui", a témoigné Vince DeWitt. Il a raconté la scène en détail à Guillemette Faure, collaboratrice de Rue89, dépêchée dans le New Hampshire par RTL et Le Figaro.

"Nous avons attendu pendant 45 minutes, puis le Président et son entourage, les membres de sa famille et des agents de sécurité sont apparus et ont pris place à bord d'un bateau, et se sont mis en mouvement lentement en s'éloignant de la petite baie où se trouve sa résidence de vacances. Nous étions là où nous devions être, c'est-à-dire que nous n'avions traversé aucune frontière légale. Nous avions reçu l'autorisation d'être là de la part de la police de l'Etat.

Dès que nous avons vu le Président Sarkozy et son bateau, nous avons commencé à prendre des photos. Au fur et à mesure qu'il approchait, j'ai réalisé qu'il nous montrait du doigt. Au début, j'ai pensé que c'était un geste amical. Puis j'ai réalisé qu'il était aussi en train de crier. J'ai vu qu'il parlait au pilote du bateau, et l'a dirigé en direction de notre bateau. Ils se sont approchés, et à ce moment-là j'ai compris que le Président avait l'air très en colère. J'ai posé mon appareil photo, tout comme l'autre photographe à bord.

Le bateau du Président est arrivé près du nôtre, et il est venu à bord, vêtu d'un short sombre, pas de T-shirt, pas de chaussures. Evidemment, nous étions très surpris. Il parlait de manière très excitée en français. Nous lui avons dit que nous ne parlions pas le français, mais cela n'a pas semblé l'émouvoir car il a continué à nous parler en français. Nous avons demandé si quelqu'un pouvait nous traduire ses propos. Sur le moment, personne ne s'est proposé. Il s'est approché de moi, me pointant du doigt, et j'ai plus tard appris qu'il me disait en français qu'il avait demandé le matin même aux journalistes, lors de sa conférence de presse, de ne plus le photographier après la conférence de presse. C'est d'ailleurs pour ça qu'il avait tenu la conférence, pour permettre aux journalistes et photographes de l'interviewer.

Après quelques minutes, j'ai réalisé qu'il tenait entre les mains mon appareil photo. Il s'était avancé là où je l'avais posé, et il l'avait pris. J'ai d'abord pensé qu'il allait le garder. Ce geste m'a beaucoup surpris. A ce moment-là, sa femme - je crois bien que c'était elle même si je ne suis pas certain à 100% que c'était elle - m'a dit calmement avec un petit sourire qu'il était en colère car il pensait avoir clairement organisé les choses pour ne plus être photographié par la presse. L'autre photographe et moi avons alors expliqué que nous n'étions pas au courant. S'il l'avait dit en français, nous ne comprenions pas le français. Et il s'avère que c'est bien en français qu'il avait dit cela. Donc nous n'avions aucun moyen de le savoir.

Il est resté à bord de notre bateau 5 minutes, et finalement a commencé à se calmer. Il a dit quelques mots d'anglais, répétant qu'il avait conclu ce pacte. Nous étions tous les deux très respectueux envers lui, nous nous sommes excusés, et nous lui avons promis de ne plus le photographier ce jour-là. Il a haussé les épaules, et est remonté dans son bateau. Ils sont repartis, et nous sommes repartis de notre côté vers la rive du lac.

Nous avons été très surpris par ce qu'il a fait. Nous sommes désolés si nous avons causé le moindre désagrément à sa famille, mais nous supposions que comme il est le Président d'un grand pays, nous avions tous les droits de le photographier. Nous avions en tout cas tous les droits légaux de le faire.

Pouvez vous imaginer une situation similaire aux Etats-Unis?

Non, sûrement pas. Je ne sais pas si les hommes politiques américains sont plus malins que le Président Sarkozy, mais ils sont conscients des répercussions d'un tel acte... Je ne veux pas appeler ça une diatribe... Mais ils savent qu'une telle sortie colérique aurait un impact négatif sur eux. Je ne vois pas une telle chose se produire. Il n'est certes pas un nouveau venu en politique, je ne connais pas bien son histoire, mais on pourrait s'attendre à ce qu'il soit un peu plus conscient de ce qui va avec le fait d'être Président d'un pays important."

Recueilli par Guillemette Faure


A voir:
La scène de l'abordage
vue par Peb & Fox
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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 08:55
La TVA sociale a la peau dure
Eric Besson s’apprête à rendre son rapport sur l’adaptation de cette mesure controversée.
Par CHRISTOPHE FORCARI - Libération : vendredi 10 août 2007

Pas morte, la TVA sociale ! Hervé Novelli, ­secrétaire d’Etat aux Entreprises l’a ressuscitée hier matin. «Elle n’est pas enterrée . Nous avons une compétitivité en matière de coûts salariaux qui est dégradée parce que nous avons des charges qui pèsent sur le travail», a expliqué, sur RMC, ce ministre libéral qui propose de «transférer ces charges sociales vers d’autres mécanismes comme par exemple la TVA. […] Le principe paraît ­logique». Chargé d’étudier les conditions de mise en place de cette mesure, l’ex-socialiste Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, a ­annoncé que son rapport «sera prêt dans quelques jours» et remis «au Premier ministre quand il le souhaiter a, fin août ou début septembre».
 
Maladresse.
Beaucoup, pourtant pensaient que cette TVA - qui consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages via une baisse des cotisations patronales et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée - ne verrait pas le jour.
 
Elle est maladroitement lancée dans le débat public par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Economie, lors d’un débat avec Laurent Fabius le 10 juin, soir du premier tour des législatives. A force de questions sur le financement du «paquet fiscal», le socialiste contraint Borloo à répondre : «On va regarder l’ensemble des sujets, y compris l’éventualité de la TVA.» Le mot est lâché et le gouvernement va peiner à corriger le tir.
 
Le 11 juin, en meeting à Nancy, François Fillon précise qu’il n’est pas question de toucher aux taux de TVA (5,5% et 19,6%) pour «boucher les trous occasionnés par nos dépenses publiques et sociales», tout en déclarant qu’un «projet de TVA sociale» est bien envisagé par son gouvernement. Il évoque même une hausse de cinq points de cet impôt sur les biens de consommation. Entre les 2 tours, les socialistes en feront un slogan de campagne sur le thème «votez pour la TVA à 24,6% !» L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin jugera un peu plus tard que cette idée a coûté leurs sièges «à 60 députés UMP» et, pire, qu’elle «portera atteinte au pouvoir d’achat des Français».
 
Pour ses partisans, la mesure est frappée au coin du bon sens, même si elle repose quasi exclusivement sur la bonne volonté des patrons. Les exportations françaises pâtissent du coût de la main-d’œuvre. Pourquoi alors ne pas transférer une partie des cotisations patronales destinées à financer la protection sociale sur la TVA ? Ce qui contribuerait à rendre les produits «made in France» plus compétitifs à l’étranger. Pour faire passer la pilule, Fillon a présenté cette hausse de la TVA comme une «taxe anti-délocalisation». Sa majoration pourrait ne s’appliquer qu’aux produits importés issus de pays qui pratiquent un «dumping social». La TVA sociale s’est retrouvée promue, par Nicolas Sarkozy lui-même, au rang des outils permettant de retrouver la confiance : «S’abstenir sur la TVA sociale et regarder passer les trains des délocalisations serait non seulement une faute économique, mais une faute morale, une faute politique», explique le président de la République, le 20 juin.
 
Applaudi.
La présidente du Medef, Laurence Parisot a applaudi des 2 mains cette mesure, tout comme la grande distribution par la voix de Michel-Edouard ­Leclerc. Mais pour la majorité des Français, sociale ou pas, une hausse de la TVA signifie
seulement que le passage à la caisse, le chariot une fois plein, risque d’être plus douloureux. 
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 08:49
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français.
Libération : vendredi 10 août 2007 - Antananarivo, le 3 août 2007
 
Monsieur le Président,

 
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.
 
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.
 
Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
 
Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?
 
Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

 
Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
 
Sincèrement et franchement à vous.

Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal),Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis), Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé),  et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).
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