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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 16:36
ENTRETIEN AVEC ROMANO PRODI, PRESIDENT DU CONSEIL ITALIEN
Pour Romano Prodi, "le plus important est de supprimer la règle de l'unanimité"
LE MONDE | 23.03.07 | 14h40  •  Mis à jour le 23.03.07 | 14h40

ous souvenez-vous du 25 mars 1957 ? Que faisiez-vous ce jour-là, qu'avez-vous pensé de l'événement ?
Je ne me souviens pas du jour lui-même, mais de ces années-là, oui. Dans mon école, où la moitié des élèves étaient des orphelins de guerre, nous avions une sensibilité particulière à la construction de l'Europe. Je me souviens que les enseignants nous préparaient en continu à cet événement. Dans les années précédant le traité, le programme prévoyait une matinée entièrement consacrée à l'Europe. Puis l'avenir de l'Italie et la modernisation de l'Europe ont toujours été étroitement liés. C'est précisément en 1957 qu'a commencé le boom économique italien. Cette corrélation entre Europe et développement est un des motifs pour lesquels, en Italie, malgré les crises et la secousse de l'euro, le sentiment européen est encore très fort.

50 ans plus tard, la déclaration de Berlin s'annonce tiède et minimale. N'est-ce pas insuffisant pour relancer le processus européen ?
Elle est peut-être tiède, mais c'est le maximum que l'on pouvait dire dans la situation actuelle. Elle arrive à un moment particulier, où s'achève un travail de deuil. Ce qui a prévalu, c'est l'idée de clore une phase, d'en ouvrir une nouvelle, de poser des bases indiscutables pour créer les conditions d'un dialogue positif. Il fallait tenir compte de la forte tension politique existant sur ce sujet dans certains pays, comme la Pologne et la République tchèque. Et surtout, on ne pouvait rien faire de plus avant l'élection présidentielle française. La difficulté d'aboutir à une Constitution attriste l'Européen convaincu que je suis, car des liens juridiques sont nécessaires pour vivre ensemble.

Êtes-vous favorable à l'adoption rapide d'un mini-traité institutionnel pour sortir de l'impasse politique, comme le veut M. Sarkozy ?

Par définition, je suis en désaccord avec le terme "mini". Mais pourquoi pas un texte qui reprendrait la première partie de la Constitution en y ajoutant un chapitre social, et qui serait allégé des considérations techniques et opérationnelles de la troisième partie. Pour moi, le plus important serait de supprimer la règle de l'unanimité, ou de la réserver à des actes fondateurs comme l'acceptation de nouveaux Etats membres. Pour la plupart des décisions, il suffirait d'avoir une double majorité. Il n'y aura pas de progrès possible dans une Europe bloquée par des motifs de politique intérieure des divers pays. Comme président de la Commission, j'ai vécu cette tragédie de l'unanimité, voilà pourquoi j'insiste sur ce point.

Comment voyez-vous la nouvelle phase du processus européen : à 27 ou avec une avant-garde de quelques pays ?

Beaucoup parlent de l'avant-garde comme quelque chose de négatif. Or, l'euro est le fruit d'une avant-garde, et personne n'a pensé que l'euro était contre l'Union. Il faut donc une avant-garde à condition qu'elle ne signifie pas exclusion des autres membres, mais que les portes leur restent ouvertes. La nécessité de l'avant-garde est fille des vetos, qui n'ont conduit qu'à la paralysie. Le développement de l'Europe n'est pas un problème de nombre ou de taille des pays, mais de motivation et d'histoire.

Dans la campagne française, François Bayrou et les socialistes ont évoqué la nécessité d'un nouveau référendum. Cela vous inquiète-t-il ?

Peut-être est-il juste de vouloir guérir la blessure du référendum par un autre référendum. Mais cela pourrait devenir risqué, si on a la même interférence de la politique intérieure que la dernière fois. La consultation pourrait être utile si elle est bien préparée, si elle se concentre véritablement sur la question posée et surtout si elle intervient dans une période politique apaisée.

En cas de nouvel échec, une avant-garde sans la France est-elle envisageable ?

En théorie, c'est possible. Il y a déjà eu des périodes de l'histoire de l'Europe sans la France. Un éloignement est envisageable ponctuellement. Mais quand je dis qu'il n'y a pas d'Europe sans la France, je me place sur le long terme. Le rôle de la France est unique car on ne peut faire abstraction du fait que l'Europe est née de la réconciliation entre la France et l'Allemagne. De ce fait, elle a un rôle particulier, de grande responsabilité.

L'avenir de l'Europe vous inspire-t-il optimisme ou pessimisme ?

La Constitution européenne est l'unique grande innovation institutionnelle de l'histoire contemporaine. Elle est la seule à se faire dans une phase pacifique, non violente. Alors soyons patients. Il nous a fallu 45 ans pour faire l'euro, acceptons l'idée de travailler encore quelques années pour avoir une politique étrangère.

L'essentiel, entre-temps, est de ne pas galvauder l'Europe, la banaliser ou la ridiculiser comme cela s'est fait dans les dernières années par un jeu de dénigrement de l'institution de la part de certains politiques et de médias. Nous sommes encore loin d'une conscience européenne, c'est ce qui m'a le plus déplu à Bruxelles.

Propos recueillis par Jean-Jacques Bozonnet
Article paru dans l'édition du 24.03.07

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 10:56
Élections québécoises: les conservateurs reculent

Lia Lévesque et Karine Fortin - cyberpresse.ca - Ottawa - jeudi 22 mars 2007

Les conservateurs qui menaçaient de ne pas négocier avec un éventuel gouvernement souverainiste ont reculé devant le tollé provoqué par leurs déclarations et promettent désormais de respecter le résultat des élections de lundi.

Le premier ministre Stephen Harper étant absent de la Chambre des communes, c'est son lieutenant québécois Lawrence Cannon qui a répliqué jeudi au Bloc québécois qui exigeait des excuses pour la «grossière ingérence» du fédéral dans la campagne électorale québécoise.

«Je tiens à rassurer mon collègue que, de ce côté-ci de la Chambre, il est bien évident que nous allons respecter le choix des Québécois, lundi soir prochain», a déclaré le ministre des Transports à la période des questions.
Juste avant, M. Cannon avait assuré que le gouvernement allait continuer à réformer le fédéralisme «de façon à ce que le Québec, encore une fois, puisse être renforcé à l'intérieur d'un Canada fort et uni».

Pour le chef bloquiste Gilles Duceppe, les conservateurs n'avaient pas le choix de reculer, après avoir été dénoncés non seulement par le péquiste André Boisclair, mais aussi par le chef adéquiste Mario Dumont et par le premier ministre sortant Jean Charest.
En anglais, il a souligné que le chef du gouvernement canadien pouvait avoir une préférence, mais qu'il était de son devoir de discuter avec les élus, quelle que soit leur allégeance politique.

M. Duceppe considère que le Premier ministre a manqué de courage en ne revenant pas lui-même sur ses propos controversés de la veille. Il estime que les déclarations de mercredi sont une preuve que la campagne électorale québécoise rend M. Harper très nerveux.

Nuances de Fortier
Les déclarations de Lawrence Cannon en Chambre diffèrent sensiblement de celles de son collègue des Travaux publics, Michael Fortier. En matinée, celui-ci avait cherché à atténuer l'ampleur des propos de son chef au sujet de la campagne électorale québécoise en soutenant que rien de ce qui avait été dit ne pouvait représenter une surprise.
Le ministre Fortier assistait jeudi à Montréal à l'allocution que prononçait M. Harper au salon des technologies environnementales Americana. Le premier ministre n'a pas rencontré les journalistes après l'événement.

Mercredi après-midi, M. Harper avait déclaré à Ottawa qu'il était «nécessaire» d'avoir un gouvernement fédéraliste au Québec afin de négocier avec le gouvernement fédéral sur un éventuel transfert de points d'impôt ou une limite au pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence provinciale.
«Quand on est un parlementaire à Ottawa, c'est parce qu'on croit au Canada», qu'on veut faire progresser le pays, a insisté M. Fortier, qui ne voyait rien d'étonnant dans les propos du Premier ministre.
«Pour faire avancer le Canada, pour parler de fédéralisme d'ouverture, il est normal qu'il faille que les gens qui sont assis à la table soient des gens qui croient au Canada. C'est du sens commun», a encore commenté le ministre fédéral des Travaux publics.
Lui qui est également responsable de la région de Montréal a ajouté : «Je suis Québécois et personne ne m'a dit pour qui voter».

M. Fortier a également rejeté l'idée que le budget du ministre des Finances Jim Flaherty, déposé à une semaine du scrutin québécois et réglant en bonne partie la question du déséquilibre fiscal, constitue une ingérence dans la campagne électorale québécoise.
«La seule ingérence que je vois dans ce budget, c'est une ingérence positive pour les familles, pour tous les Canadiens et pour les provinces», a-t-il répliqué.

Il a également relevé le fait que le chef bloquiste Gilles Duceppe faisait campagne aux côtés d'André Boisclair sans que personne ne s'en émeuve.

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 10:45
Quelle raison peut pousser un être humain à vivre jour après jour la détresse d'être un sans-papier sinon l'amour pour un pays, pour sa langue ?
Je me sentais de France, j'étais de France
Par Chochana BOUKHOBZA - rebonds dans Libération - vendredi 23 mars 2007
Chochana Boukhobza, écrivain. Dernier ouvrage paru : Quand la Bible rêve, Gallimard (2005).
Il y a 3 semaines, poussée par je ne sais quel sentiment d'urgence, je me suis rendue auprès du tribunal d'instance pour réclamer un certificat de nationalité, pas vraiment certaine de l'obtenir, alors que, depuis 1987, j'ai été «réintégrée» dans la nationalité française. 2 jours plus tard, j'ai reçu de ce même tribunal une convocation me demandant de me présenter le 14 mars à 13h50. 15 jours d'attente. Je n'étais sûre de rien. Et pourtant, ce ne fut qu'une formalité. On m'a remis un feuillet rose, bien plus précieux qu'un passeport ou une carte d'identité. J'ai dit à la préposée «champagne !» . Elle a ri. Elle a cru à une boutade. 7 années de clandestinité (de 1980 à 1987) se sont effacées d'un seul coup.
Il a fallu à la jeune femme que j'étais alors du courage, de la ténacité, de la volonté, de l'obstination. J'ai affronté la peur des flics, de l'expulsion, le travail au noir, le logement au noir. 7 années durant, je me suis levée chaque matin en tremblant d'être reconduite à la frontière et je dois d'être restée en France, d'être devenue un écrivain, à des gens qui m'ont offert leur coeur, leur gîte, leur appui, et qui m'ont aidée à devenir ce que je voulais être.
Quelle raison peut pousser un être humain à vivre jour après jour la détresse d'être une «sans-papier», sinon l'amour pour un pays et pour sa langue ? Je me sentais de France. J'étais de France. Et ce sentiment-là m'a fait résister, en silence, m'a fait accepter la précarité, le manque d'argent, des années sans toit. Un siècle plus tôt, la Tunisie était sous protectorat français. Mes arrière-grands-parents ont demandé la naturalisation française et l'ont obtenue. Ma grand-mère est devenue française, comme ses quatre frères. Ma mère devait choisir de l'être ou de ne pas l'être à sa majorité. Elle s'est mariée avant ses 18 ans, et mon père tunisien, par négligence, n'a pas fait sa demande auprès de l'administration.
En 1964, mon père a quitté la Tunisie et débarqué à Paris avec sa famille. Et la course aux papiers a commencé. Mes parents patientaient sur les bancs de la préfecture pour présenter le document qu'on avait oublié de leur demander la veille, absolument nécessaire à l'obtention d'une carte de séjour ; certains d'avoir à se représenter une nouvelle fois encore, car, étrangement, il y avait toujours un papier qui manquait, un papier qui demandait encore un peu de sueur, de fatigue, de lettres à écrire, de cavalcade dans Paris.
Nous avons vécu avec une carte de séjour valable 10 ans. Nous ignorions que 10 années vous claquent entre les doigts comme un pétard. Nous trouvions que dix ans, c'est long, toute la vie.
J'ai fait ma scolarité à Paris. J'ai appris Baudelaire, Rimbaud, Balzac, j'ai manifesté avec les lycéens de mon âge, aimé et respiré le parfum de liberté qui s'exhalait des milieux gauchistes avant de partir vivre en Israël. Je ne savais pas alors que j'étais prise dans une langue comme dans une nasse, tatouée au plus profond de moi. J'ignorais encore que l'écriture était ma seule voie, ma thérapie, ma destinée. Et que je ne pouvais écrire qu'en français. Même Jérusalem n'a pu défaire cet attachement. Comment vivre sur la Terre promise quand on continue de penser et rêver en français ? Paris était partout, sur les pierres des remparts de la vieille ville, sur les feuilles des oliviers.
Quand je suis revenue en France, on m'a appris que ma carte de séjour avait cessé d'être valable. Que je pouvais circuler trois mois, comme touriste, mais qu'il me faudrait ensuite partir. La suite a été simple. Pendant sept ans, je me suis cachée en vivant au grand jour. Coupable seulement d'être née hors de France. Coupable de n'être pas du sol, mais d'ailleurs, de plus loin que moi, coupable d'aimer deux pays, d'avoir une jambe ici, et l'autre là. Coupable de vouloir jeter jour après jour un pont entre deux mondes, en pensée et en actes. Je me suis tue pour les sans-papiers de Calais. Je me suis tue pour Melilla. Je me suis tue pour mes enfants qui ne savent rien de mon passé, pour être tranquille, pour savourer ce que j'avais gagné. Et puis, un jour, le silence devient pesant. Et, soudain, il n'y a plus d'autres solutions que d'exploser. Car nous sommes cent et mille comme moi. A être de France. Et à être aussi sans France quand nous revient au front le boomerang de l'identité. Encore et toujours cette identité. Jusqu'à quand ? Et pourquoi ?

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 14:58
Le Parti socialiste de la 9ème circonscription du Val d'Oise et les comités de soutien Désirs d'Avenir à Ségolène Royal, candidate socialiste à l'election présidentielle, organisent
MARDI 3 AVRIL
à 20h30
à Gonesse - Salle Jacques-Brel


une réunion publique de débat autour de la candidature de Ségolène Royal.


en présence de


VINCENT PEILLON
DEPUTE SOCIALISTE EUROPEEN
PORTE PAROLE DE SEGOLENE ROYAL

JEAN-PIERRE BLAZY
DEPUTE, MAIRE DE GONESSE
CANDIDAT SOCIALISTE AUX ELECTIONS LEGISLATIVES

&
DOMINIQUE LEFEBVRE
MAIRE DE CERGY
PRESIDENT DE LA COMMUNAUTE D'AGGLOMERATION DE CERGY-PONTOISE
PREMIER SECRETAIRE FEDERAL DU VAL D'OISE DU PARTI SOCIALISTE


Venez nombreux pour débattre avec nous, exprimer vos revendications, votre désir de changement et/ou pour apporter votre soutien à Ségolène ROYAL, candidate du vrai changement.

PLUS JUSTE LA FRANCE SERA PLUS FORTE

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 14:35

Harper ne négociera qu'avec un parti fédéraliste

Alors que l'issue du scrutin au Québec demeure plus que jamais incertain, Stephen Harper s'est immiscé dans la campagne électorale hier en invitant les Québécois à élire un gouvernement fédéraliste s'ils veulent obtenir une limitation du pouvoir fédéral de dépenser.

Mettant de côté son devoir de réserve de premier ministre qu'il s'était imposé depuis le déclenchement des élections au Québec, Stephen Harper a fait cette déclaration à la Chambre des communes en réponse à une question du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, portant sur les transferts fédéraux aux provinces.
Depuis 2 jours, le chef bloquiste presse le gouvernement Harper de transférer des points d'impôt au Québec afin de régler de manière définitive le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Lors des dernières élections fédérales, M. Harper a promis de régler le déséquilibre fiscal et d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence des provinces en déposant un projet de loi à cet effet. L'utilisation de ce pouvoir de dépenser a longtemps été une source de contentieux entre Ottawa et le Québec, qui demeure jaloux de ses champs de compétence.
Hier, M. Harper a affirmé qu'il est prêt à discuter de l'idée de transférer des points d'impôt aux provinces. Mais il a fait valoir que cela ne peut se faire que si les Québécois élisent un gouvernement fédéraliste. Idem pour limiter le pouvoir fédéral de dépenser.
«Nous sommes toujours prêts à considérer des possibilités, mais à la fin, pour avoir de telles relations fiscales avec les provinces, il est nécessaire d'avoir un gouvernement fédéraliste à Québec, et un gouvernement qui respecte les champs de compétence des provinces, ici, à Ottawa», a affirmé M. Harper.

Le premier ministre a toutefois souligné que les points d'impôt n'ont pas la même valeur dans toutes les provinces et que le Québec, en raison de la taille de son économie, sortirait perdant d'un tel transfert.

Quelques minutes plus tard, en réponse à une autre question du Bloc québécois dans le dossier du déséquilibre fiscal, M. Harper a affirmé qu'il est «prêt à rencontrer le nouveau gouvernement - qui, je l'espère, sera fédéraliste - pour contrôler le pouvoir fédéral de dépenser».

Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, qui est aussi le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, a fait écho aux propos du premier ministre à l'issue de la période des questions. Interrogé pour savoir si la promesse d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser est conditionnelle à l'élection d'un gouvernement fédéraliste à Québec, M. Cannon a déclaré : «C'est ce que j'ai compris. On verra le soir de l'élection ce qui en est, mais ça prend des fédéralistes pour réformer le fédéralisme canadien».

Ces propos ont fait bondir de colère Gilles Duceppe. Le chef bloquiste a rappelé que l'ancien Premier ministre René Lévesque et son homologue fédéral Pierre Trudeau ont réussi à négocier un transfert de points d'impôt dans les années 1970. Les 2 hommes étaient pourtant des ennemis jurés sur la question de l'avenir du Québec au sein de la fédération canadienne, a rappelé M. Duceppe.
«Ça a pas de sens. Je ne comprends pas de telles remarques de M. Harper. Il est chef de gouvernement, premier ministre. Et il devrait regarder le passé. (...) Je pense qu'aujourd'hui il a déraillé. Ce n'est pas responsable comme déclaration. Qu'il préfère avoir un fédéraliste comme Premier ministre, je veux bien, c'est son droit. Mais qu'il veuille choisir le Premier ministre, là il exagère», a dit M. Duceppe.

Les propos de M. Harper risquent de provoquer de nombreuses réactions alors qu'il ne reste que quelques jours à la campagne électorale. M. Harper sera d'ailleurs à Montréal ce matin afin de prononcer un discours à l'occasion du Salon international des technologies environnementales AMERICANÀ 2007 au Palais des congrès. M. Harper ne rencontrera toutefois pas les journalistes.

Faisant campagne dans la région de Laval, hier soir, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a d'ailleurs condamné les propos de Stephen Harper, estimant qu'il s'agissait d'un «grave dérapage».
«C'est les conservateurs de M. Harper, à Ottawa, qui disent aux Québécois comment il va falloir qu'ils votent ? Ça, c'est du chantage de bas étage, a dit M. Boisclair. Les Québécois ne se laisseront pas imposer un choix par le Premier ministre du Canada. Ce sont les Québécois et les Québécoises qui vont décider de leur avenir et ils vont le faire de façon démocratique le 26 mars prochain.»
Le chef péquiste a sommé Jean Charest et Mario Dumont de rappeler à l'ordre leur allié à Ottawa et de prendre la défense des intérêts du Québec. «Sont-ils capables de défendre les intérêts du Québec ou sont-ils seulement les haut-parleurs d'Ottawa à Québec ? Cautionnent-ils pareil chantage des conservateurs ? Ou, encore une fois, ces 2 leaders politiques vont-ils se mettre à genoux et abandonner les intérêts du Québec et se faire les complices de Stephen Harper ?»

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 14:31
De nouveaux propos controversés à l’ADQ

Un autre candidat adéquiste pourrait avoir mis son chef dans l’embarras. Sur le site Web d’une entreprise qu’il a fondée, Gilles Gagnon, candidat de l’ADQ dans Abitibi-Est, accuse des «Juifs américains et européens» de faire «des guerres pour replacer leur économie au lieu de répartir la richesse équitablement».

M. Gagnon a fait parler de lui en début de campagne électorale lorsque des propos jugés homophobes tenus dans le passé ont été ramenés à l’avant-scène. Cette fois, c’est sur un portail Internet qu’il a lui-même mis sur pied que l’on retrouve les déclarations en question.

Dans son site truffé de fautes de français, et maintenant inaccessible, le candidat présente un système assez fumeux d’économie collective qu’il a élaboré afin d’aider, dit-il, les consommateurs et les commerçants. En voici quelques phrases : «Il ne faut pas que notre programme soit un fardeau pour les marchands et surtout pas qu’il nuise aux propriétaires de la banque du Canada US
«Ça appartient à des gens des États-Unis et de l’Europe pour ne pas dire aux Juifs américains et européens, explique-t-il à propos de cette banque. Ils font des guerres pour replacer leur économie au lieu de répartir la richesse équitablement

Le candidat adéquiste cite comme exemples les crises économiques en Argentine, au Brésil et en Turquie où la population se serait révoltée.
«Un des Juifs américains refusait toujours que la banque imprime du nouvel argent à injecter dans leur économie par leur gouvernement complice de cette oppression. Ils ont fondé le FMI (le Fond Monétaire International) et ce fond ne répartit pas la richesse équitablement entre les pays», poursuit-il, dans un récit difficile à suivre.

Joint pour obtenir des explications, hier, M. Gagnon a dit qu’il s’agissait là d’une réalité relatée dans le documentaire L’argent. Le film a été réalisé en 2004 par Isaac Isitan et Carole Poliquin.
L’ADQ n’a pas pu commenter hier soir.
En début de campagne, Mario Dumont a dû publiquement «désapprouver» des propos homophobes tenus par Gilles Gagnon lors de la campagne fédérale de 2006, alors qu’il était candidat conservateur.

Deux autres mises au point
Par ailleurs, M. Dumont a été appelé à défendre 2 candidats, hier. D’abord, une enquête a été ouverte par le Directeur général des élections pour faire la lumière sur la plainte de neuf électeurs à l’endroit du candidat adéquiste dans Sherbrooke, Michel Dumont. Ceux-ci prétendent que leurs noms se retrouvent sur la liste de candidature de ce dernier, alors qu’ils ne lui ont jamais donné leur appui.
Il ne s’agit que d’une enquête, a nuancé le chef adéquiste.

M. Dumont a aussi été questionné sur les déclarations de son candidat dans Chapleau, Jocelyn Dumais. «Que dire de cette obsession qu’on a au Québec pour la bureaucratie et toutes ces technocraties de cols blancs qui passent leur journée assis sur leur steak… Comme dans le cas des hôpitaux, par exemple, où il y a plus d’employés assis que d’intervenants auprès des malades.»

M. Dumont a dit qu’il n’était pas d’accord avec les mots choisis, mais qu’«au fil des récompenses politiques et des nominations partisanes dans les dernières années, il y a certainement des fonctions, des organismes où il y a beaucoup de vice-présidents, des organismes où il s’est payé beaucoup de luxe pour récompenser ceux qui ont aidé dans la dernière campagne électorale

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 12:01

Jacques Chirac accorde son soutien à Nicolas Sarkozy

lefigaro.fr. - Publié le 21 mars 2007 -Actualisé le 21 mars 2007 : 11h50 - Capture LCI.

Le ministre de l'Intérieur quittera ses fonctions lundi 26 mars.

 
C'est par une brève allocution télévisée que Jacques Chirac a accordé mardi son «vote et son soutien» au candidat Nicolas Sarkozy dans la perspective de l’élection présidentielle.
 
Comme on l’avait annoncé depuis quelques jours, le chef de l’Etat s’est chargé d’annoncer la date du départ de son ministre de l’Intérieur. Ce sera lundi prochain, le 26 mars. Il sera remplacé par l’un des proches de Jacques Chirac, le jeune ministre de l’Outremer François Baroin.

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 11:35
A Pantin, Royal affirme son droit de cité
Avec sa visite hier aux Courtillières, la candidate PS entend creuser sa différence avec Nicolas Sarkozy
Par David REVAULT D'ALLONNES - LIBERATION.FR - mercredi 21 mars 2007

Ségolène Royal, elle aussi, peut provoquer une émeute en banlieue. Mais pas du genre de celles que suscite son principal adversaire. La candidate en a encore fait l'expérience, hier à Pantin (Seine-Saint-Denis), lors d'une escapade à la cité des Courtillières : 6 000 habitants, 2000 logements sociaux, 20% de chômage et un tiers des habitants âgés de moins de 20 ans. Lesquels n'ont pas boudé la visiteuse, l'accompagnant en nombre au pied des tours, la photographiant à l'envi à coups de portable et l'ovationnant à son départ en voiture. Patrick Mennucci, directeur adjoint de sa campagne, l'assure : «En banlieue, Ségolène est chez elle.»

«Sensible»
La candidate, qui vient d'accrocher Clichy-sous-Bois et Vaulx-en-Velin à son tableau de campagne avant de se rendre samedi au parlement des banlieues, à Villeurbanne, jouit là d'une ressource inaccessible à Nicolas Sarkozy. Mais l'essentiel serait ailleurs. «C'est peut-être un bénéfice secondaire, mais on ne s'intéresse pas aux quartiers pour marquer un mec de droite à la culotte», explique un conseiller. Les cités sont un terrain scruté de près par l'équipe Royal. En particulier par sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen, ex-animatrice de l'association Droit de cité, mais aussi par 2 maires socialistes de Seine-Saint-Denis ­ Gilbert Roger (Bondy) et Claude Dilain (Clichy) ­ et par l'avocat Jean-Pierre Mignard, défenseur des familles des 2 jeunes électrocutés à Clichy. Ce dernier, qui avait contribué à monter la visite de la candidate dans cette ville et sa rencontre avec l'association AC le Feu, l'assure : «C'est un des rares points où cette femme assez réservée se montre sensible. Dans la campagne, c'est sans doute un des endroits qu'elle vit le mieux.»

«Solution»
Ségolène Royal, qui ambitionne de devenir «présidente d'une France métissée», a coutume de le répéter : «Les jeunes ne sont pas un problème, mais une partie de la solution.» Cela vaut pour la vision politique, mais aussi pour la stratégie électorale.
Militant associatif depuis 15 ans à Droit de cité puis à Stop la violence, Kamel Chibli, 29 ans, fort de son «réseau national», arpente ainsi les quartiers pour faire remonter à la candidate les bruits du terrain. Mobiliser les jeunes comme ceux des quartiers nord de Marseille, conviés au meeting de jeudi, au Dôme. Et faire «du lobbying auprès des assoces de quartier et des acteurs qui travaillent dans les quartiers depuis 15 ans, explique-t-il. Des structures qu'on n'entend pas, mais qui font la pluie et le beau temps dans ces quartiers».

Labourage
Associations de locataires, de jeunes, de mères, clubs sportifs : un réseau labouré pour assurer une mobilisation électorale. Un vote qui reste «difficile à mesurer avec les nouveaux inscrits et l'absence de sondages», selon Patrick Mennucci, qui estime disposer là d'«une réserve d'environ un million de voix». Mais si «les quartiers populaires peuvent vraiment faire pencher la balance, c'est un électorat très indécis, poursuit Kamel Chibli
, anti-Sarko mais pas forcément pro-Ségolène. A nous de faire le travail.»

Ségolène Royal répondant aux questions de la presse en présence de Claude Bartolone, député, Bertrand Kern (maire de Pantin) et Gérard Cosme (maire du Pré-Saint-Gervais).

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 09:50

À quoi peut bien servir un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ?

Nicolas Sarkozy entonne la trompette de l'"identité nationale", il amorce ainsi un tournant stratégique limpide : séduire les électeurs de l'extrême droite. Mais le candidat de l'UMP ne s'est pas contenté de magnifier les valeurs républicaines comme ferment du "vivre ensemble" dont la France en crise a besoin. Il a exprimé la volonté de créer un ministère chargé, outre l'immigration, de l'«identité nationale». Ce message a été délivré sur France2, jeudi 8 mars, sans susciter sur le moment la moindre interrogation, quelques heures après l'annonce du soutien de Simone Veil à la candidature de M. Sarkozy. Ce n'est que quelques jours plus tard que les observateurs se sont rendus compte de la portée de ses propos que Madame Alibi de Monsieur Sarkozy a été contrainte de prendre ces distances avec cette «formule».

Les précédents

Vichy n'est pas la seule réponse ; dans l'entre-deux-guerres, "ritals" et "polaks" ont longtemps été considérés comme "inassimilables" tandis que juifs et Arméniens étaient accusés d'«abâtardir la race». Mais il faudra attendre 1945 pour qu'un organe de l'État républicain, le Haut Comité de la population, prône une sélection des étrangers basée sur leur "assimilabilité". Dans cette logique, les Européens du Nord sont les mieux notés, à l'opposé des Africains du Nord, relégués pour cause d'"incompatibilité entre l'islam et la civilisation européenne". Cette mécanique, défendue par une partie de l'administration, n'a jamais été appliquée. Parce que toute idée de discrimination ethnique avait été bannie des ordonnances gaullistes de 1945 sur l'entrée et le séjour des étrangers. Et surtout parce que, dans l'euphorie de la reconstruction puis des trente glorieuses, le patronat a opté pour la main-d'oeuvre bon marché, fût-elle considérée comme "indésirable".

En réalité, seul Vichy a développé des structures administratives à leur manière efficaces pour défendre une certaine conception de l'"identité nationale". Le Commissariat général aux questions juives (CGQJ), créé en mars 1941, avec à sa tête l'antisémite Xavier Valade, répondait, avant même d'être un outil au service de la politique d'extermination, à l'objectif de purification de la nation française.

Quel pourrait être le champ d'action de ce ministère ?

La France d'aujourd'hui n'est évidemment pas celle de 1940 et invoquer l'identité nationale dans le débat politique d'aujourd'hui n'est pas en soi sacrilège. Pas innocent non plus. Confier à l'État la gestion d'une notion mouvante, qui n'appartient à personne en particulier, réduire la nation aux immigrés et feindre d'ignorer que ces derniers évoluent au contact de la société, c'est courir le risque de l'exclusion et de l'arbitraire. Car l'organe - le ministère de l'identité - créerait la fonction : le tri de "bons" immigrés.

M. Sarkozy a annoncé au début de sa campagne qu'il souhaitait constituer un gouvernement avec très peu de ministères, on peut donc en déduire que dans l'esprit du candidat-ministre de l'intérieur il ne s'agit pas de créer un gadget mais un véritable outil de gouvernement. Dans un gouvernement restreint, chaque ministère serait essentiel. Si les mots ont un sens, quelle serait la fonction de cette administration voire, en son sein, du "directeur de l'identité nationale" qui devrait logiquement y être nommé ? Quel type de travail législatif produira donc ce ministère essentiel de l'immigration et de l'identité nationale ?

On peut légitimement penser qu'il s'agira en 1er lieu de définir ce que c'est qu'être Français et, une fois les critères de francité établis, on s'en servira pour déterminer si tel ou tel étranger est aux normes, fautes de quoi il ne pourra rentrer sur le territoire, ou, s'il est entré, il devra en partir.

Cela revient à poser 2 questions de portées différentes, l'une confinant peut-être au simplisme mais dont le ridicule prêtera au moins à sourire, l'autre plus complexe mais dont les fondements amènent à approfondir notre réflexion.

Qu'est-ce qui fait qu'on est Français ?

La langue française ne peut être un critère, puisque nombre d'étrangers (Belges, Canadiens, Suisses, Africains, Maghrébins, Indochinois...) la parlent parfois bien mieux d'ailleurs que certains de nos concitoyens.

L'adhésion à la constitution, à la littérature française, aux idéaux des Lumières ?

Non seulement la constitution de 1958 a été en partie rédigée par Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, mais – sans aller jusqu'à parler des débats institutionnels sur la volonté de certains (dont je suis) de passer à une VIème République parlementaire et sociale – doit-on dénier leur identité française à tous ceux qui de près ou de loin s'opposent aux fondements du régime républicain français (royalistes, trotskystes, fascistes...) ? Simenon, auteur le plus populaire de la 2ème moitié du XXème siècle, était belge, mais il est vrai que Johnathan Littel vient d'accéder à la naturalisation. Jean-Jacques Rousseau était un jeune calviniste genevois forcé de se convertir virtuellement au catholicisme pour travailler en France avant de devenir le principal philosophe des Lumières, courant universaliste faisant rayonner la grandeur nationale.

Faut-il compter des ancêtres morts à Verdun, comme Résistants ou à Vichy ? Outre que cela simplifierait la situation de certains sans-papiers dont les ancêtres ont sans doute dû servir de chairs à canon sur les champs de bataille des Première et Seconde guerres mondiales, cette solution se rapproche plus d'une conception organiciste voire karadzcienne de la nation («la Bosnie et le Kosovo sont serbes parce que le sang de nos ancêtres y a coulé ou qu'ils y sont enterrés»).

Qu'est-ce que la notion d'identité en France ?

La notion est intrinsèquement équivoque.

La Carte d'identité nationale de chacun indique que l'individu qui la détient est qui elle est et que personne d'autre ne peut prétendre l'être à sa place et usurper son identité ; y figure de plus en plus l'empreinte digitale (unique) et un jour on y mettra sans doute notre séquence ADN au rythme où vont les choses. La Carte d'identité décrit donc notre unicité, notre singularité.

Dans le même temps, la Carte d'identité nationale démontre que nous sommes identiques à tous ceux qui en possèdent une ; en fait, nous sommes identiques du point de vue des droits et des devoirs et des raisons pour lesquels nous en jouissons.

En tant que Français, nous sommes à la fois unique/singulier et identique. La singularité est d'ailleurs une réalité intangible de tout être. C'est cette tension entre la personne et la nation, qui fait du citoyen français qu'il est libre et qu'il s'exprime dans le cadre d'une communauté politique qui le dépasse et qui dépasse le plus souvent ses autres appartenances particulières.

Mais comment enfermer l'Homme et a fortiori le citoyen français dans une catégorie relevant de la définition d'un ministère ? Ce serait alors nier qu'un groupe humain est composé de multiples singularités, personnes libres, multiplicité des singularités qui fait la richesse du groupe, de la communauté. À ce point de la discussion, on comprend bien que le Droit du sol (couplé à l'héritage pour les expatriés) est seul pertinent pour définir qui est Français, tout tri sur la base de critères définissant le Français idéal revenant à faire immanquablement disparaître les raisons pour laquelle la nation française est riche de sa diversité. D'une manière générale, toute tentative de définir une identité nationale normée en lien avec la question de l'immigration revient à rechercher une conception racialiste de la nation, qui recèle au moins deux dangers : la dérive fasciste et xénophobes de la population et du régime politique dans lequel nous évoluons, et l'affaiblissement de la nation politique dans laquelle nous avons vécu jusque là, l'ammenant à terme à l'implosion - car moins bien armée pour répondre aux revendications centrifuges qui reprendraient elles-aussi la référence à l'identité -, une implosion sans doute vécue dans la douleur et avec un passage irrédentiste qui nous exposerait à la vindicte de nos voisins.

Au moment de construire l'Europe, ce n'est pas faire un cadeau à la nation française que de la concevoir dans le repli, car nos aspirations devraient au contraire nous pousser au dépassement de la République et de son message vers une fédération européenne qui en reprendrait non l'essentiel mais la substantifique moëlle.

La tentation populiste de la droite française

La proposition de M. Sarkozy renoue avec une tentation politique plus contemporaine, qui avait saisi la droite dès 1984. Le Front national, inspiré par les penseurs de la Nouvelle Droite, venait alors d'ériger la défense de l'identité française menacée, en cheval de bataille. Le RPR et Valéry Giscard-d'Estaing lui emboîtèrent le pas en prônant une réforme du code de la nationalité directement inspirée par Jean-Marie Le Pen.

20 ans après, Nicolas Sarkozy reprend le flambeau, non sans avoir imperceptiblement franchi un cap. Cette fois, il brandit la menace sur l'identité nationale non pour barrer l'accès à la nationalité française, mais pour empêcher l'entrée de certains étrangers sur le territoire. Outre que la volonté de concevoir une politique migratoire n'a de pertinence qu'à l'échelle européenne et certainement pas au niveau national, le ministre-candidat oublie au passage que les valeurs républicaines dont il fait mine de se réclamer - égalité homme-femme, laïcité -, déjà fermement protégées par la législation, sont loin de ne concerner que les étrangers. L'obligation de parler français et de suivre une formation civique, elle, est déjà obligatoire pour l'obtention d'une carte de résident. Le candidat UMP veut en faire une condition a priori du droit au regroupement familial. La mère de Zidane ou les ancêtres de... M. Sarkozy parlaient-ils français à leur arrivée en France ?

La nouvelle antienne du ministre candidat est pourtant habilement choisie : elle pointe les divisions de la gauche sur la question de l'assimilation, l'approbation, par une large partie de l'opinion publique, du lien entre immigration et identité nationale inclut probablement des électeurs issus de l'immigration, soucieux de refermer la porte derrière eux. Les enfants de ceux-là mêmes qui, récemment encore, étaient déclarés "inassimilables".

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 12:20
L'ONU recommande l'«indépendance» du Kosovo
LE MONDE | 20.03.07 | 11h36  •  Mis à jour le 20.03.07 | 11h45
NEW YORK (Nations unies) Correspondant

près avoir soigneusement évité d'utiliser le mot "indépendance", durant 14 mois de négociations délicates, le médiateur de l'ONU sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, conclut, dans son rapport final, que "l'indépendance sous supervision internationale est la seule option viable" pour la province serbe à majorité albanaise, placée sous administration des Nations unies depuis la campagne militaire aérienne de l'OTAN, en 1999.

Selon le rapport encore confidentiel de M.Ahtisaari, consulté par Le Monde, et qui devrait être transmis aux pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU le 26 mars, "le maintien d'une administration internationale n'est pas tenable", et "la réintégration dans la Serbie n'est pas une option viable".

Le médiateur de l'ONU, qui a renoncé à une solution négociée entre Albanais et Serbes, plaide, dans son rapport, pour un Kosovo indépendant au sein duquel la minorité serbe jouirait d'une large autonomie. Le nouveau pays, doté de sa propre Constitution, serait placé, "au cours d'une période initiale", sous surveillance de "personnels civils internationaux", qui relèveraient de l'Union européenne, ainsi que d'"une présence militaire" de l'OTAN.

"Le temps est venu de fixer le statut du Kosovo", écrit M.Ahtisaari, qui, huit ans après la mise en place d'une administration de l'ONU accordant au Kosovo une large autonomie sous souveraineté de la Serbie, estime qu'avec "la poursuite de l'ambiguïté politique, la paix et la stabilité du Kosovo et de la région resteront en danger". "L'indépendance est la seule garantie contre ce risque", et "c'est aussi la meilleure chance d'un partenariat durable avec la Serbie", écrit-il.

Bien que l'indépendance soit la seule "option réaliste" à ses yeux, le médiateur de l'ONU reconnaît que "la capacité du Kosovo à relever seul les défis de la protection des minorités, du développement démocratique, du redressement économique et de la réconciliation reste limitée".

Selon le rapport de Martti Ahtisaari, remis le 15 mars au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, la supervision internationale est "particulièrement importante" pour la protection des minorités, et notamment des "Kosovars serbes qui continuent à vivre dans des conditions difficiles".

Le médiateur de l'ONU propose donc une indépendance sous surveillance d'un dispositif international aux pouvoirs "importants, mais concentrés dans des secteurs clés tels que les droits des communautés, la décentralisation, la protection des églises orthodoxes serbes et la justice". Cette supervision s'exercerait pour "corriger les actions" qui seraient contraires à l'esprit de son plan et "ne prendrait fin qu'une fois que le Kosovo aurait mis en œuvre" les mesures qu'il préconise.

"PROTECTION DES MINORITÉS"

Après avoir "soigneusement pris en considération l'histoire récente du Kosovo, les réalités du Kosovo d'aujourd'hui, et en tenant compte des négociations avec les parties", le diplomate assure que son plan "fournit les fondations d'un futur Kosovo indépendant qui soit viable, durable et stable, et dans lequel toutes les communautés et leurs membres puissent vivre une existence digne et pacifique".

Après plus d'un an d'intenses négociations, M.Ahtisaari a constaté, lors d'une ultime réunion le 10 mars à Vienne, qu'il n'y avait pas de "terrain d'entente commun" entre la Serbie, farouchement hostile à toute indépendance de la province de deux millions d'habitants, qui couvre 15% de son territoire national, et les 90% d'Albanais du Kosovo, qui rejettent toute solution autre que l'indépendance. Une première version plus diplomatique du plan, exposée le 2 février, ne mentionnait pas le mot "indépendance".

"Il n'y a que dans un Kosovo indépendant que les institutions démocratiques seront pleinement redevables de leurs actions", ce qui "sera crucial pour assurer le respect de la loi et la protection efficace des minorités", affirme aujourd'hui l'envoyé de l'ONU.

Malgré une "forte implication de la communauté internationale, les autorités kosovares sont en fin de compte responsables", mais ne réussiront "qu'avec l'engagement et la participation de toutes les communautés, y compris les Serbes du Kosovo", affirme M.Ahtisaari, qui, au début du mois d'avril, devrait défendre ses conclusions face au Conseil de sécurité, chargé de trancher la question.


Philippe Bolopion

Chronologie

10 juin 1999 : le Kosovo est placé sous administration de l'ONU à l'issue de la campagne aérienne de l'OTAN et du retrait de l'armée serbe.
Novembre 2005 : le Parlement kosovar vote une résolution pour la création d'un Etat indépendant.
Décembre 2005 : médiation de l'ONU dirigée par Martti Ahtisaari.
29 octobre 2006 : la Serbie adopte une nouvelle Constitution réaffirmant sa souveraineté sur le Kosovo.
26 janvier 2007 : M. Ahtisaari présente à Vienne son plan pour le Kosovo.

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