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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 11:34
Mardi 20 mars à partir de 15h30

Un mois quasiment jour pour jour avant le premier tour de l'élection présidentielle, notre candidate vient rencontrer les habitants des Courtillières. Ce quartier symbolise les programmes de renouvellement urbain à la sauce Borloo,  mais aussi les retards que prennent les travaux.

Bertrand Kern l'accueillera avec Claude Bartolone au Métro Fort d'Aubervilliers à 15h30.

Après une visite au Centre médico-social Ténine et une rencontre avec les enseignants et parents de l'école Marcel Cachin mobilisés contre les fermetures de classe, elle rencontrera les habitants et les associations du quartier à 17h à la Maison de Quartier des Courtillières.

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 14:36
Boisclair réplique à gauche et à droite

Antoine Robitaille  - Le Devoir - Édition du lundi 19 mars 2007


Taxé de parti de la «gau-gauche» coûteuse par l’ADQ et de suppôt de la droite par Québec solidaire, le Parti québécois est plutôt «à la bonne place» parce qu’il possède la «meilleure synthèse», a soutenu André Boisclair, hier en soirée, de passage dans son ancienne circonscription de Gouin.
Plus tôt dans la journée, le chef péquiste avait multiplié les appels aux «progressistes», aux féministes, aux pacificistes, aux altermondialistes, pour qu’ils se rallient au Parti québécois devant les risques que comporte la création d’un axe Dumont-Harper.

L’ancien chef Jacques Parizeau, en après-midi dans Laprairie, a déclaré que le PQ restait le parti le plus progressiste dans notre société. Plus tôt, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David avait soutenu le contraire : «Le PQ n’est plus progressiste depuis longtemps, ce sont ses dirigeants de droite qui m’ont conduit à faire de la politique» pour défendre des idées de gauche, a-t-elle déclaré. «Le mot progressiste sonne faux dans la bouche de monsieur Boisclair» a pour sa part affirmé l’autre porte-parole, Amir Khadir.

Au chef adéquiste Mario Dumont, qui a violemment pris à partie le PQ pour son «virage à gauche», le qualifiant de «gau-gauche», André Boisclair a répondu qu’en voulant abolir les commissions scolaires et les conseils d’agglomération, Mario Dumont «casserait le Québec en 2», créerait des îlots d’égoïsme et «des écoles de riches pour des gens qui vivent dans des villes riches».

Le «vote ethnique» se diversifie

lundi 19 mars 2007 - cyberpresse.ca - Mario Girard

En déclarant le soir du référendum de 1995 que le «vote ethnique» était en partie responsable de l'échec du oui, Jacques Parizeau avait lancé une véritable polémique. Mais, du coup, il a suscité une importante réflexion sur le comportement électoral des groupes ethnoculturels. Au cours de la dernière décennie, le vote des immigrés s'est diversifié.

«Même s'il a été politiquement incorrect, Jacques Parizeau avait raison, dit Carolle Simard, professeure au département de science politique de l'UQAM. Cela dit, les choses ont changé depuis
Une croyance veut que les communautés culturelles votent massivement pour le parti le plus fédéraliste. «Il est vrai que, au Québec, les membres des groupes ethnoculturels ont longtemps favorisé le Parti libéral, dit Carolle Simard. Ce comportement est maintenant différent

Samir Georges Moukal, spécialiste du comportement électoral des communautés ethnoculturelles au département d'histoire, de sociologie et de politique de l'UQAM, observe lui aussi une diversification des votes. «Le regard est plus réfléchi, dit-il. Les immigrés ne représentent pas qu'une seule voix. C'est fini, cela
Salam Elmenyawi est président du Conseil musulman de Montréal, qui regroupe environ 175000 membres. Il affirme qu'on ne peut plus parler d'un vote monolithique. «Oui, ils ont encore des craintes, celle de perdre des droits. Mais je remarque qu'il y a une plus grande liberté dans les choix
Les candidats qui se battent actuellement pour obtenir un siège auraient tort, selon Carolle Simard, de ne pas tenir compte de ces changements. «Les immigrés me disent qu'on tient trop souvent leur vote pour acquis. Et ils détestent cela

Le récent scandale des commandites et le débat sur les accommodements raisonnables ont contribué à modifier la perception des électeurs d'origine étrangère. «M. Dumont a peu de chances d'aller chercher le vote des immigrés», dit M. Moukal, qui croit par ailleurs que la question de l'immigration occupe peu de place dans l'actuelle campagne.

Il est difficile, voire impossible de décortiquer les choix politiques des immigrés. «On sait peu de choses là-dessus à part que les Haïtiens sont les plus susceptibles de faire un vote souverainiste», dit Mme Simard.
«Je remarque que les immigrés francophones ont plus de chances d'être charmés par le PQ», ajoute de son côté M. Moukal.

Ce qui semble plus clair, c'est que les immigrés s'intéressent de plus en plus à la politique québécoise. «Je ne sais pas ce qui se passe avec l'actuelle campagne, mais les gens de la communauté haïtienne en parlent beaucoup, dit Jean-Ernest Pierre, directeur de Radio-Union. On fait des tribunes téléphoniques et on entend des discussions passionnées de la part de partisans du PLQ, mais aussi du PQ et de l'ADQ

Études à l'appui, les électeurs appartenant aux groupes des minorités visibles sont moins nombreux à s'inscrire sur les listes électorales que les autres. «Dans tout le processus d'intégration pour un immigrant, la participation à la vie politique est la dernière étape
, explique Carolle Simard. On peut en déduire que, lorsqu'il vote ou discute de la politique de son pays d'adoption, il se sent pleinement intégré

Même si le «vote ethnique» est de plus en plus diversifié, les immigrés continuent de craindre les partis qui symbolisent le conflit. «C'est normal que certains aient peur du projet souverainiste, dit Carolle Simard. Plusieurs quittent des situations difficiles. Ils viennent ici pour trouver la quiétude. Ils sont admiratifs face à notre démocratie. Peut-être est-ce trop leur demander ?»

Le mérite d'un règlement au déséquilibre fiscal revient aux souverainistes

Le chef péquiste André Boisclair a avancé que si le budget fédéral de lundi règle le déséquilibre fiscal, le crédit en reviendra aux souverainistes qui ont lutté pour cet enjeu durant des années.

Il a même ajouté que la résolution du déséquilibre fiscal favorisera la souveraineté.

En point de presse dans un théâtre de Montréal dimanche pour souligner l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité culturelle de l'UNESCO, le leader souverainiste a voulu répliquer à la déclaration du ministre fédéral de l'Industrie, Michael Fortier. Ce dernier a expliqué qu'Ottawa réglera le déséquilibre fiscal lundi à la satisfaction du Québec et que le mérite revient au chef libéral Jean Charest.

«Le mérite revient aux souverainistes», a plutôt plaidé M. Boisclair en citant la bataille du chef bloquiste et allié Gilles Duceppe en Chambre des communes sur le sujet, le rapport de la commission Séguin, ainsi que Bernard Landry. Du temps où il était ministre des Finances, M. Landry avait fait valoir l'enjeu auprès de ses homologues provinciaux.
«C'est parce que les souverainistes ont fait des pressions que M. Harper a pris ce genre d'engagement. Nous allons récolter le fruit de mois de travail, d'années de travail, s'il y a un règlement. Reste à voir s'il est satisfaisant

André Boisclair ne se satisfera du budget fédéral de lundi que s'il comporte non seulement une solution financière, mais aussi une dévolution fiscale pour régler en permanence le déséquilibre fiscal.
«Au delà d'un règlement «monétaire» (sic), nous sommes à la recherche d'un règlement fiscal, parce que s'il y a une entente qui est signée et si c'est à recommencer dans 3 ans ou 5 ans, on n'a rien réglé

Il a rappelé que le règlement du déséquilibre fiscal est fixé par le Conseil de la fédération à 3,9 milliards $ supplémentaires accordés au Québec. Mais il réclame également le transfert de points d'impôt pour assumer de façon permanente les responsabilités financières de l'État québécois.

M. Boisclair s'est demandé si le premier ministre conservateur Stephen Harper tiendra sa promesse de régler ce contentieux financier.
«Le jour où il (le gouvernement fédéral) règle la question, nous serons les premiers contents, a-t-il maintenu, en se défendant de placer la barre trop haute. On sera juste mieux placé pour faire la souveraineté du Québec. (...) On aura encore plus de moyens pour la faire, encore plus de responsabilités, encore plus d'outils pour construire ce pays
Selon lui, le problème de fond demeure le même : «Nous nous sommes fait imposer il y a 25 ans par le peuple canadien une Constitution qui a été rejetée par le quart de la population canadienne, à savoir nous les Québécois

Enfin, il n'a pas manqué aussi de décocher une flèche à l'endroit du chef adéquiste Mario Dumont, qui a appuyé le budget de lundi avant même d'en avoir pris connaissance.
«Ce qui est clair, c'est qu'il y a de la confusion chez les fédéralistes; nous, on parle d'une même voix», a-t-il assuré. Il a précisé plus tard que les bloquistes de Gilles Duceppe travaillaient de concert avec le PQ sur cette question, mais il a refusé de s'avancer sur la stratégie d'adoption ou d'opposition au budget.

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 17:05
PQ : la barre à gauche, toute !

Cyberpesse.ca - dimanche 18 mars 2007 - Denis Lessard

Il proposait de «recentrer» le Parti québécois (PQ). Il voulait «libérer le capital» et réhabiliter l'investissement créateur de richesse.

Mais André Boisclair s'est vite fait rattraper par la réalité - le PQ penche toujours un peu à gauche - et il a dû s'y plier. Dans le discours, du moins.

Le rassemblement le plus important de la campagne du Parti québécois était plutôt réussi, hier. Près d'un millier de personnes, dont plusieurs jeunes attirés par Les Respectables, avaient bravé la tempête pour venir entendre le tandem souverainiste Gilles Duceppe et André Boisclair.

Le discours du chef péquiste s'est métamorphosé depuis le début de la campagne. Devant un Mario Dumont qui parle constamment de la famille, des enfants et même, plus récemment, des aînés, son adversaire péquiste a dû mettre au rancart ses envolées sur la mondialisation et le labyrinthe du protocole de Kyoto.

"Tous les souverainistes, tous les progressistes, tous les féministes, tous les environnementalistes, tous les altermondialistes à l'ouvrage pour le 26 mars !" a lancé hier André Boisclair.
Ce virage à gauche n'est pas surprenant. Déjà le jeune chef avait fait grincer des dents avec son discours new Labour. Les Marc Laviolette et Pierre Dubuc, membres du SPQ libre, avaient critiqué les engagements de leur parti à réduire à 0 la taxe sur le capital - un clin d'oeil à ceux qui justement en ont, du capital.
Hier, M. Boisclair n'en avait que pour les familles. Il évoquait avec angoisse un Québec aux «écoles riches et écoles pauvres» que ferait apparaître l'ADQ avec l'abolition des commissions scolaires.

Campagne électorale oblige, ces passages de la droite vers la gauche sont fréquents. En 1996, Lucien Bouchard avait passé les syndiqués à la moulinette du déficit 0 et réhabilité les multinationales, invitées à ses sommets économiques. Mais cela ne l'avait pas empêché d'assimiler Jean Charest au «vent froid de la droite», en 1998. M. Charest était alors présenté comme la réincarnation québécoise de Mike Harris. À la campagne de 2003, les libéraux avaient graduellement mis en sourdine leur «réingénierie» technocratique pour favoriser les baisses d'impôt attendues par les salariés.

Tous les politiciens changent de registre en campagne électorale - même le cérébral Jacques Parizeau y allait en son temps d'engagements biens sentis sur le «Québec cassé en 2», entre riches et pauvres essentiellement.

Que reste-t-il dans l'imaginaire collectif des engagements de campagne de Bernard Landry en 2003 ? La semaine de 4 jours et probablement des abattements fiscaux pour les vacances familiales.

En politique, la proximité fait recette.
Aussi, bien que Mario Dumont soit décrit comme un politicien de droite, il parle depuis le déclenchement de sa campagne d'allocation aux enfants, d'ombudsman de l'enfance, d'une commission d'enquête sur le sort réservé aux aînés... On a vu plus percutant comme discours de droite.

Hier, Gilles Duceppe avait donné le ton dans son discours, quelques minutes avant celui d'André Boisclair. Le PQ, martèle-t-il, reste «le seul parti progressiste qui peut gagner». Sortie obligée pour le chef bloquiste, dont c'était hier le 10e anniversaire à la tête du parti fédéral : il retrouvera aujourd'hui M. Boisclair au défilé de la Saint-Patrick. Il n'y aura pas d'estrade ; André Boisclair ne pourra pas, comme il l'a fait hier, bondir sur la scène pour sa douche d'applaudissements avant même d'avoir serré la main à son allié venu d'Ottawa.
Hier, le chef bloquiste a exhorté les troupes à serrer les coudes derrière André Boisclair : «Entre nous, c'est la collaboration, pas la compétition.» Mais il ajoute qu'il faut «du réalisme» quand on lui demande si, comme le dit André Boisclair, un gouvernement péquiste minoritaire peut déclencher un référendum. Il a eu cette formule choc : «Imaginez l'axe Dumont-Harper à l'oeuvre.» L'axe du mal revisité par le chef bloquiste.

Mais Gilles Duceppe n'a pas été chiche hier et a mis son poids derrière Boisclair. Le chef péquiste a pris du galon depuis le débat des chefs. C'était son baptême du feu, a rappelé M. Duceppe, soulignant en passant qu'il avait pour sa part franchi 11 fois l'épreuve

Le bloquiste s'en est tenu à une allocution brève, sans autre visée que de chauffer la salle pour André Boisclair. «Il a montré qu'il avait la stature qu'il fallait pour devenir premier ministre». Et s'il ne le devenait pas...

Québec solidaire admet un recul dans les sondages

Le parti Québec solidaire tentera au cours des derniers jours de la campagne électorale de convaincre les électeurs qu'il est la véritable alternative.

Une des porte-parole de ce parti de gauche, Françoise David, a déclaré dans une entrevue à NTR, diffusée dimanche, que «les vrais contestataires, ceux qui proposent des solutions les plus audacieuses, les plus proches des gens», font partie de Québec solidaire.
Mme David, qui admet que son parti a légèrement perdu du terrain dans les sondages, affirme que l'alternative n'est pas l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont, qui, selon elle, «propose un retour en arrière digne de l'ancien Premier ministre du Québec, Maurice Duplessis». Elle a ajouté que l'ADQ prône la division entre les villes et les régions.
Pour elle, le travail de Québec solidaire dans ce dernier droit de la campagne consistera à démontrer aux électeurs les véritables enjeux.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:46
Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 | 15 mars 2007
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Lucie Aubrac est décédée. A cette triste occasion, nous rappelons "L’appel des Résitants", texte lancé en mars 2004 dont elle était la 1ère signataire. "Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?".

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et etransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

60 ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des «féodalités économiques», droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau «Programme de Résistance» pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : «Créer, c’est résister. Résister, c’est créer».

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:42

Facteur_3Dans le cadre de la 1ère lecture de la proposition de directive visant à libéraliser intégralement le secteur postal, Benoît Hamon a pris l'initiative d'une rencontre mercredi 14 mars entre les responsables de la CGT Poste, Bernard Dupin et Patrick Bourgeois, et la Délégation socialiste française.

Cette directive est la dernière d'une série de textes législatifs sur la libéralisation progressive du secteur postal en Europe. Après la libération des services de publipostage, des colis et des courriers express, la Commission s'attaque aux courriers de moins de 50g, qui constituent 58% du chiffre d'affaires de la Poste. Le financement du service universel et le maintien d'un service public qui assure une distribution et une levée du courrier partout sur le territoire sont aujourd'hui mis en cause.

La fin du prix unique du timbre et la réduction du nombre de facteurs seront les conséquences les plus immédiates de l'ouverture à la concurrence d'un secteur pourtant jugé unanimement rentable et efficace. Aujourd'hui, selon Patrick Bourgeois, responsable du secteur Poste CGT, ce sont  plus de 7500 bureaux de Poste qui seront fermés et 60000 emplois supprimés d'ici  2010.

         

Rv_poste Les eurodéputés socialistes ont déploré l'attitude du gouvernement français lors du dernier Conseil européen des 8 et 9 mars, qui a soutenu l'adoption rapide de cette directive.

Le prochain Conseil de juin sera décisif, il rendra un avis définitif sur cette directive. Les députés européens présents ont indiqué aux responsables syndicaux la volonté des socialistes français au lendemain de l'élection de Ségolène Royal de s'opposer à la mise en œuvre de cette directive dès le sommet de juin 2007.

Pour compléter votre information, cette tribune trés éclairante de Gilles Savary, député européen, rapporteur pour avis en commission économique.

Une pétition européenne est lancée sur http://www.sosposte.eu/index.php?p=0&l=0 contre la libéralisation du service postal en Europe.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 17:02

no comment ...

Début de polémique entre Simone Veil et Nicolas Sarkozy
Simone Veil critique le projet d'un «ministère de l'immigration et de l'identité nationale». «Chacun a le droit d'avoir sa propre opinion», répond Sarkozy.
vendredi 16 mars 2007
Simone Veil, qui a exprimé son soutien à Nicolas Sarkozy, critique le projet du candidat de l'UMP de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître cette semaine.

«Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration», explique Simone Veil à propos de ce projet très controversé, selon le texte diffusé par Marianne.
   
A la question de savoir si elle a fait part de son désaccord à Nicolas Sarkozy, Simone Veil répond: «Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais».

Interrogé par la presse en marge d'une visite dans les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes, Nicolas Sarkozy lui a aussitôt répondu que «chacun a le droit d'avoir sa propre opinion, ce n'est pas un problème. Chacun a le droit d'avoir sa propre sensibilité».

«Simone Veil est quelqu'un qui m'apporte un soutien engagé et formidable. Toutes les enquêtes d'opinion montrent que les deux tiers des Français pensent que j'ai eu raison de parler "d'identité nationale". On aura l'occasion d'en parler avec Simone Veil», a ajouté  Sarkozy.

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 09:00
Héroïne de la résistance, Lucie Aubrac est morte

ucie Aubrac, figure de la Résistance, est morte, mercredi soir 14 mars, à l'âge de 94 ans, à l'Hôpital suisse de Paris, à Issy-les-Moulineaux, a-t-on appris auprès de sa famille. "Elle était hospitalisée depuis deux mois et demi. Elle est décédée ce soir à 20 h 30", a déclaré sa fille Catherine, jointe par téléphone.

Née en juin 1912 près de Mâcon, Lucie Bernard, dite Aubrac, avait obtenu l'agrégation d'histoire à la fin des années 1930 et épousé Raymond Samuel en 1939.

Après avoir milité contre la montée du fascisme, elle rejoint les rangs de la Résistance à l'occupation allemande dès 1940 en participant à la création du mouvement Libération-Sud, qui publie le journal Libération.

Elle effectue des missions d'information puis joue, enceinte de son deuxième enfant en 1943, un rôle majeur dans l'évasion de son mari lors d'un transfert, après son arrestation à Caluire (Rhône) avec Jean Moulin et d'autres chefs de la Résistance par la Gestapo dirigée pour la région de Lyon par Klaus Barbie. En février 1944, le couple gagne Londres.

MILITER POUR LA PAIX

Après la guerre, Lucie Aubrac reprend son métier d'enseignante qu'elle avait quitté en entrant dans la clandestinité après l'évasion de 1943. Elle ne cesse alors de militer en faveur de la paix et de livrer, à travers de nombreuses conférences, le témoignage de son engagement dans la Résistance.

Elle avait écrit plusieurs livres, dont Ils partiront dans l'ivresse (1984) et La Résistance expliquée à mes petits-enfants (2000).

Sa vie a été adaptée au cinéma par le réalisateur Claude Berri en 1997. Elle était incarnée à l'écran par Carole Bouquet.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 16:08
Alors là y en a qu'ont trouvé l'argument qui tue, je n'y avait pas pensé moi-même.

"Voter Royal, non, mais voter socialiste, oui", se résignent des profs de la Seine-Saint-Denis
LE MONDE | 14.03.07 | 15h28  •  Mis à jour le 14.03.07 | 15h28
PIERREFITTE ET VILLEPINTE (Seine-Saint-Denis) ENVOYÉ SPÉCIAL

i l'élection présidentielle est une histoire de désir et de choix personnels entre des électeurs et un élu, alors Ségolène Royal a perdu leur vote. Si c'est une affaire de choix rationnel entre une politique de gauche ou de droite, alors la candidate socialiste peut encore espérer. Dans les collèges de Villepinte et de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), les professeurs balancent entre un jugement très sévère sur la personnalité et les méthodes de "Ségolène" et la volonté, profondément ancrée, d'en finir avec la droite au pouvoir.

Car Ségolène Royal pose un problème de confiance à ces enseignants, souvent très jeunes. Une blessure ouverte en novembre 2006 : "On a tous en tête ses déclarations sur les 35h des profs", témoigne Emilie Respingue, professeure de lettres de 27 ans, en référence à la vidéo pirate diffusée sur Internet dans laquelle elle proposait que les enseignants assurent 35h de présence.

Avec cette proposition, Ségolène Royal a instillé le doute. Pour beaucoup, elle a rejoint, par démagogie, le chœur de ceux qui dénigrent les enseignants "absentéistes" ou "privilégiés". Alors que, eux, attendent du futur président une réponse sur leur angoisse de dévalorisation de leur profession, aussi bien sur le plan matériel que symbolique. "Je crois que personne ne s'est remis de cette déclaration. C'était une phrase choc pour plaire au grand public en laissant entendre que les profs ne font rien et qu'on est toujours en vacances", poursuit Emilie Respingue, en poste à Pierrefitte.

A cause de ce passif, la candidate socialiste souffre d'une image très médiocre. Dans les "salles des profs" ne s'exprime pas d'adhésion forte, pas de sentiment de proximité avec la candidate. Et le fait d'être une femme politique n'y change rien, y compris dans des collèges où le corps enseignant est traditionnellement très féminisé. Mais ces critiques sont loin d'entraîner un basculement à droite. Voter pour l'UMP reste impossible pour ces enseignants : les conflits de ces dernières années, marqués par des "défaites" importantes (retraites, loi Fillon sur l'école, suppression de postes), ont accentué le ressentiment vis-à-vis des gouvernements sortants.

De ce point de vue, les manoeuvres de séduction de Nicolas Sarkozy ne changent rien : dans ces collèges des quartiers populaires, le ministre de l'intérieur apparaît comme celui qui soutient les réductions budgétaires et qui défend une approche "managériale" de l'éducation nationale. "Il fait des beaux discours sur les enseignants, mais personne ne peut le croire", estime Marie Le Padellec, 26 ans, professeure d'anglais à Pierrefitte.

François Bayrou, alors ? Le principe de précaution politique conduit à se méfier d'un ancien ministre de droite. Dans les établissements, on imagine mal qu'il ait pu changer de camp, sauf pour le temps d'une campagne. "Une fois au pouvoir, on est sûr qu'il mènera une politique libérale", affirme ainsi Marylène Molari, 29 ans, enseignante de lettres à Pierrefitte.

Depuis que le candidat UDF est monté dans les sondages, il a suscité plus d'intérêt. Mais de raz de marée, non : "Il se présente comme un candidat antisystème. Mais on n'est pas des crétins ! On voit bien que c'est un produit médiatique", glisse Régine Charles, 36 ans, enseignante d'histoire et de géographie à Pierrefitte. Ceux qui avaient marqué un intérêt par rapport à sa candidature sont allés chercher son programme pour l'éducation. Et n'ont rien trouvé ou presque : "Son discours peut être séduisant, mais on voit vite qu'il cherche surtout à ratisser le plus large possible", affirme Souad Tayebi, 29 ans, enseignante en sciences de la vie et de la Terre à Pierrefitte, qui tranchera au dernier moment. "Bayrou n'a pas de position, il évite de trop se mouiller, relève Emilie Respingue. Royal, on ne l'apprécie pas, mais c'est quand même la moins pire sur le fond."

Après beaucoup d'hésitations, beaucoup retournent ainsi à la case départ. Voter Royal, non, mais voter socialiste, oui. "C'est pas pour elle, c'est pour le Parti socialiste, pour la gauche. Même si on n'est pas satisfait avec Royal, on sait, en tant qu'enseignants, qu'on pourra discuter avec un gouvernement qui nous écoutera", explique Stéphane Schermann, 37 ans, professeur de lettres à Villepinte. "Il reste des réflexes culturels forts", sourit Régine Charles.


Luc Bronner
Article paru dans l'édition du 15.03.07

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 15:41
Comment fonctionne le petit monde des militants et des élites socialistes ? En disséquant la "société des socialistes", Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki dressent le portrait à la fois sombre et pathétique d'un parti recroquevillé sur lui-même au grand désespoir de ses militants.
suite de l'article précédent...

Les auteurs insistent sur le fait que ce sont ces liens rompus et la faible implantation du PS qui "[accroissent] la volatilité de l'électorat socialiste, condamnant le PS à faire fluctuer sa ligne idéologique". Cela éclaire aussi les raisons de l'usage intensif des sondages si déterminant dans la désignation interne de novembre 2006 : "Faute de réseaux puissants irriguant la société, les élites socialistes [et toutes tendances ou sensibilités confondues] sont de fait conduites à s'appuyer sur des formes de production non "mobilisée" de l'opinion publique comme les sondages". Et ce n'est sans doute pas non plus un hasard si la vision socialiste minore de fait et de plus en plus toute conflictualité sociale pour se nourrir avant de travaux sociologiques sur l'individu et les valeurs post-matérialistes (François de Singly, Marcel Gauchet) - et ce en contradiction flagrante avec l'objet du parti - qui dessinent des individus "entrepreneurs de leur propre vie", selon l'expression d'Alain Ehrenberg qui fait florès. Or un parti politique qui cherche à gouverner durablement une société pour la transformer ne parvient à le faire que s'il a profondémentpréparé la prise et l'exercice du pouvoir en établissant son hégémonie culturelle sur cette même société : en abdiquant devant l'individualisme et le néo-libéralisme ambiant au sein de sa propre réflexion interne, le PS abdiquerait toute vélléité de transformer cette société. Sans compter qu'il ne s'est jamais doté des outils culturels, associatifs et mutualistes pour asseoir son hégémonie culturelle.

De fait, les militants d'origine populaire se font rares, ce qui s'explique aussi par la généralisation, au sein du PS, d'une "culture du débat" pourtant positive mais qui valorise avant tout la réflexion collective et la "libre expression" - peu spontanée - des militants. Or cette "intellectualisation", en faisant appel aux ressources culturelles personnelles, en technicisant le débat et en dévalorisant le rapport populaire au parti, fait de remise de soi et de loyalisme, favoriserait la relégation des militants les plus modestes. Ce livre touche là une autre contradiction qu'il ne peut dépasser parce que c'est celle du parti : le monde et la politique se complexifie mais, face à cela et face à la généralisation de la "culture du débat" qui marque une avancée démocratique indéniable et qui n'a pas d'équivalent dans les autres partis français ou européens, le Parti socialiste n'a mis en place aucune structure de formation adaptée (à la différence du PCF des années 1950) à son public populaire ou moyen et à la hauteur des attentes politiques ; le loyalisme n'est pas l'apanage des militants issus des milieux populaires qui seraient par ailleurs déstabilisés par la "culture du débat", depuis 1946 aucune majorité dirigeante socialisme n'a directement été remise en cause par sa base, le légitimisme atteint une forte proportion des débatteurs et technocrates de section, ce qui permet de s'interroger sur la profondeur d'un certain nombre de débats tenus dans le PS.
Ce sont les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage) qui sont dévalorisées (et la vague d'adhésion et la campagne présidentielle n'invalide malheureusement
pas cette conclusion) mais aussi les dimensions collectives et identitaires de l'appartenance partisane (nuits de collage d'affiches, fêtes de sections) qui se perdent. Etonnamment, le PS semble tolérer, voire encourager, un militantisme distancié - et plus encore depuis quelques mois. La conséquence en est que la dimension cynique des comportements prend une place prépondérante au sein du parti, où "le militant est un loup pour le militant". Un "univers hobbesien" donc, où l'on "ne s'aime pas, ou peu" et où "rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l'espace partisan relève d'un quasi-réflexe [...]".
Le cynisme en politique ne date pas d'aujourd'hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu'à la base, et que la "lutte pour les places", contrairement à d'autres milieux militants y est peu déniée.

Difficile donc de "militer au PS et d'y rester tant d'intérêts, croyances et convictions, dispositions, ajustements à l'institution s'y articulent difficilement". Cela explique une certaine forme de "malheur militant" qui, dans les entretiens qu'ils ont menés par les auteurs, s'exprime à travers les registres de l'insatisfaction ("on ne s'y retrouve pas"), de la déception, de la frustration ("il n'est pas facile de militer"). Malgré tout, et malgré leur grande lucidité, les militants semblent peu enclins à la défection, sans doute parce que, toujours à cause de la rétractation des réseaux socialistes, il est difficile de reconvertir son militantisme socialiste. On voit donc se multiplier les formes de "distance à l'engagement" : ne pas voter socialiste aux élections, voter "oui" au projet de traité constitutionnel européen lors du référendum interne de l'automne 2004 pour ne pas cautionner Laurent Fabius en se promettant de voter "non" dans l'urne, adhérer à ATTAC ou encore afficher délibérément son cynisme et valoriser la distance critique en raillant "l'engagement total" du militant de base...

C'est au final un portrait quelque peu pathétique du PS qui est dessiné. Un PS incapable d'affirmer qu'est-ce qu'être socialiste aujourd'hui et donc "condamné à décevoir". Y a-t-il quelques raisons d'espérer ? Les deux chercheurs en voient dans l'histoire du PS qui, dans les années 1970, avait réussi sa rénovation en redonnant leur place aux militants, en limitant les mandats, en s'ouvrant aux autres organisations... Reste qu'un tel élan se fait attendre, au risque de faire perdre leurs dernières illusions aux militants. On prétend que Pierre Mauroy le résume ainsi : "si les dégoûtés s'en vont, ne resteront que les dégoûtants".
Contrairement à ce qu'a pu dire Arnaud Montebourg voici plusieurs semaines, Ségolène Royal n'a pas réussi à faire en quelques mois ce que le courant qu'il avait quitté - Pour un nouveau Parti socialiste - n'avait pas réussi en 4 ans. D'abord parce que - même en recherchant à être légitimée par le vote des militants - Ségolène Royal s'est imposée au Parti socialiste, à ses cadres et à une partie de ses militants, en s'appuyant sur l'état de l'opinion publique à un moment donné (et certainement pas sur des réseaux structurés extérieurs au Parti comme avait pu le faire Mitterrand en 1971) ; elle n'a donc pas (encore) agi sur le PS en tant que tel. Celui-ci se retrouve donc dans une situation d'entre-deux, avec un vieil appareil, héritage  de toutes les combinaisons de congrès depuis 20 ans et d'un légitimisme nourri de déception d'une majorité des militants plus anciens, des nouveaux militants dont on ne sait pas combien resteront au-delà de la désignation du 16 novembre 2006 et de la campagne présidentielle et dont on ignore les motivations idéologiques et politiques pour ceux qui choisiront de rester.
La rénovation du parti reste donc à faire pour dépasser les anciennes structures, mais elle ne sortira certainement pas par magie de la désignation de la candidate ou de son élection à la Présidente. Tout juste pourra-t-on dire qu'une défaite supplémentaire de la gauche en 2007, au-delà d'un drame social qu'elle porterait en germe, mettrait le PS dans une situation comparable à celui du Labour confronté à 20 ans de thatchérisme et qu'il n'est pas dit - loin de là - que le blairisme n'est apporté que des résultats positifs à long terme pour la société britannique et européenne.
Les valeurs portées par la sociale-démocratie française, déjà mises à mal dans la société, se verraient opposer durablement l'impossibilité de refaire surface et de prétendre un jour à l'hégémonie culturelle sur la société face à l'ampleur de la casse sociale qui résulterait de l'élection d'un Sarkozy ou d'un Bayrou à l'Elysée. Ségolène Royal peut apparaître comme le fruit d'une contradiction interne supplémentaire du socialisme français mais son élection à la tête du pays est le passage obligé pour poursuivre l'espérance socialiste en France et en Europe.

Frédéric FARAVEL
(avec quelques notes tirées
de mes lectures de Sciences Humaines)

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 14:52
Comment fonctionne le petit monde des militants et des élites socialistes ? En disséquant la "société des socialistes", Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki dressent le portrait à la fois sombre et pathétique d'un parti recroquevillé sur lui-même au grand désespoir de ses militants.

"Il faut avoir le coeur bien accroché pour rester au PS."
Propos paradoxal d'un militant socialiste lillois, que le lecteur fera sans doute sien s'il lit jusqu'au bout le riche essai que Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki viennent de consacrer au Parti socialiste. Sans parti pris, ils dressent, à coup de statistiques, de rappels historiques et d'une enquête de terrain, un tableau clinique très sombre du prinicipal parti de la gauche française. Partant de la conviction que "pour comprendre ce que font et disent les socialistes, il faut comprendre ce qu'ils sont et la société qu'ils forment", ils décrivent un parti de plus en plus hermétique, homogène socialement et ayant du mal à avoir une vision de la société et une ligne idéologique claires. Ils rejoignent en cela les critiques ordinairement adressées au PS, mais, en montrant, grâce à leur vaste information, les mécanismes ordinaires, quotidiens, qui font de la "société socialiste" ce qu'elle est aujourd'hui.
L'ouvrage retrace en premier lieu l'histoire du socialisme français et rappelle quelques faiblesses structurelles du PS. Au gouvernement durant 15 des 25 dernières années, il est, parmis les partis sociaux-démocrates européens, l'un des plus faibles en termes de scores électoraux (27,8% en moyenne au 1er tour des législatives entre 1981 et 2005). Joue ici la spécificité de la situation française, notamment un Front national à 8-10% des inscrits et une extrême-gauche encore vivace. Contrairement à ses homologues allemand ou britannique, le socialisme français a toujours eu du mal à s'arrimer aux classes populaires (la CGT refusant notamment dès la naissance de la SFIO en 1905, toute collaboration) - le syndicalisme étant par ailleurs extrêmement faible en France par rapport aux autres pays européens. Le PS n'a pas réussi à s'imposer à gauche comme le PCF l'avait fait avant lui, entre 1945 et 1972.
Le socialisme français n'a donc jamais été "populaire". Mais cela n'empêche pas le PS d'être marqué
aujourd'hui par une fermeture aux groupes sociaux situés en bas voire au milieu de l'échelle sociale - même si la vague d'adhésions de l'année 2006 intervenue après la parution du livre doit corriger quelques éléments statistiques.
Au sein des élites notamment (élus, membres du Conseil national du parti et des cabinets ministériels) qui, de plus en plus, ont été recrutés au sein des classes supérieures et, en large majorité, dans la fonction publique. Mais le constat vaut aussi pour les militants qui s'embourgeoisent, avec un très faible recrutement au sein des classes populaires et des chômeurs. La majorité des adhérents appartiennent au secteur public. Le vieillissement était particulièrement inquiétant : l'âge moyen de l'adhérent socialiste est de 55 ans, et seuls 14% d'entre eux avaient moins de 40 ans - les adhésions de 2006 ont peu fait évoluer ce constat.
Déjà peu représentative, la société des socialistes se replie sur elle-même à cause de la rétractation des réseaux que le PS avait su tisser au cours des années 1970 avec d'autres organisations et mouvements, et qui lui offraient un "ancrage social". Par contre, l'essai connaît sur le thème d'une laïcité ringardisée au sein du PS une vraie faille, car, depuis 2005 et le débat sur la loi sur le voile, la cause laïque est à nouveau portée comme un marqueur et gare à celui ou celle qui voudrait casser l'unanimisme ambiant sur cette question ! J'ajouterai que cette évolution récente n'est pas forcément plus rassurante que ce qui est décrit dans l'essai, puisque si l'on regarde les thématiques débattues lors des congrès annuels de la SFIO déclinantes des années 1950-1960, la laïcité revenait comme une rengaine, paravent immanquable d'un parti qui n'osait plus faire face à d'autres débats moins évidents ceux-là.
Le lien avec la gauche étudiante, notamment extrême, qui avait pourtant fourni un cerain nombre de figures actuelles, vieillissantes, mais parfois respectables du PS (Lionel Jospin, Julien Dray, Henri Weber, Jean-Christophe Cambadélis...) se sont particulièrement distendus, la pratique du pouvoir les a défaits pour ne laisser place qu'à une "détestation  croisée bien établie". Le monde associatif s'est lui-même professionnalisé (la dimension militante passant au 2nd plan) alors que le PS ne promouvait pas ceux qui militaient dans les deux sphères. Les syndicats, enfin, se tiennent désormais à distance du politique - la CFDT notamment qui, échaudée par ses expériences passées avec le PS, proclame sa neutralité ("ni de gauche, ni de droite") et abdique dans le même temps la volonté de transformer la société, plus franchement encore que le PS.
(à suivre...)

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