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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 09:57
Benoît Hamon invité de "En ligne Citoyens" | 21 février 2007
ligne

Benoît Hamon était le 21 février 2007 l’invité du site "En ligne Citoyens" pour participer à un chat et à une interview vidéo.

Retrouvez le chat à cette adresse

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:08
Les économistes de l'OFCE contestent la pertinence du chiffrage des projets

La polémique sur le chiffrage des programmes des candidats à la présidentielle repart avec la rédaction d'un "manifeste contre une démagogie en rase campagne" publié par Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de ce centre de recherche de la Fondation nationale de sciences politiques.

Ce texte met en cause la démarche et la méthode de l'Institut de l'entreprise pour évaluer le coût des programmes des candidats. Depuis le début de la campagne, ce cercle de réflexion présidé par Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP-Paribas, s'est attaché à chiffrer et à corriger le montant des propositions des candidats, en particulier de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.

Les économistes de l'OFCE contestent le terme même de "chiffrage" qui laisse entendre "qu'une arithmétique des programmes politiques est possible et que, parce qu'il s'agit d'argent public, le moins coûteux d'entre eux serait le plus efficace. Une telle perspective est trompeuse...", affirment MM. Fitoussi et Timbeau.

A une démarche qualifiée "d'enfermement comptable", ils estiment préférable "d'évaluer un programme présidentiel à l'impulsion dynamique qu'il entend donner à l'économie et à la société plutôt qu'à la mécanique budgétaire sur laquelle il s'appuiera". Et ils ajoutent : ""Combien ça coûte" est le slogan de programmes télévisés distrayants. Ce n'est pas une méthode pour savoir si les options qui nous sont proposées sont à la hauteur des enjeux."

Le directeur de l'Institut de l'entreprise, Jean-Pierre Boisivon, s'est déclaré "stupéfait" par ces reproches. "Le chiffrage ne s'oppose pas à l'évaluation économique, il se complète. Les mesures proposées ont un coût. Les seules imprécisions sont celles des candidats. Notre démarche n'a d'autre objectif que de les obliger à être plus précis. La pire des menaces, ajoute-t-il, serait de se retrouver dans l'absence de débat."

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:37

Boisclair et Charest se déchirent sur la question référendaire

Antoine Robitaille, Robert Dutrisac - Le Devoir - Édition du mardi 27 février 2007

Le chef libéral continue de brandir une punition fiscale d'Ottawa

L'affrontement s'est poursuivi hier entre le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le chef libéral, Jean Charest, à propos des conséquences d'un référendum.

Photo: Jacques Nadeau

Laval -- Dès le déclenchement d'une campagne référendaire, le gouvernement fédéral réduira voire annulera le règlement du déséquilibre fiscal prévu le 19 mars, a déclaré le chef libéral hier. M. Charest a ainsi précisé ses déclarations de dimanche, empreintes d'ambiguïté, sur les «risques» de la souveraineté.

Il a toutefois maintenu que le processus référendaire mettrait en péril le versement des transferts fédéraux au Québec. Cela a conduit les chefs souverainistes André Boisclair et Gilles Duceppe à réitérer leurs accusations de «chantage» à l'endroit du premier ministre et de son «complice», Stephen Harper.

En matinée, à Laval, Jean Charest avait d'abord tenté de renvoyer toute question sur les transferts fédéraux à André Boisclair. À ses yeux, le chef péquiste devait expliquer comment il pouvait, dans sa plateforme électorale, «garantir les transferts fédéraux». Il l'avait aussi accusé d'entretenir l'ambiguïté dénonçant à maintes reprises l'évolution du vocabulaire péquiste, dans lequel le mot référendum a été remplacé par le vocable «consultation populaire».

Pressé de question sur ce qu'il pensait, lui, des lendemains d'une élection d'un gouvernement péquiste, M. Charest a finalement laissé tomber: «Les choses continuent comme la veille [...] et ce que le gouvernement fédéral aura mis dans son budget - que ce soit en terme de péréquation - n'existera plus, ne sera plus là, le jour où le Parti québécois fait un référendum et cherche à créer l'indépendance. Il faut être clair là-dessus, il faut le dire

D'Ottawa à Baie-Comeau
À Ottawa, le premier ministre conservateur Stephen Harper a dit refuser de s'impliquer dans l'élection québécoise. Son ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est montré un peu plus loquace en rappelant qu'il ne préparait «qu'un seul budget», valide peu importe le parti qui prendra le pouvoir au Québec le 26 mars.

De Baie-Comeau où il faisait campagne hier, André Boisclair a tout de même accusé M. Harper et le chef libéral Jean Charest de maintenir intentionnellement, chacun de son côté, une certaine ambiguïté autour de la question des transferts fédéraux versés au Québec, en cas de référendum favorable à la souveraineté. M. Boisclair a dit percevoir, dans les silences du premier ministre canadien, une forme subtile «d'ingérence». Il croit plutôt à une «transition ordonnée et responsable» du statut de province à celui d'État indépendant en cas de oui référendaire.

«Nous allons continuer de payer la TPS, les contribuables québécois vont continuer de payer de l'impôt au gouvernement fédéral. Les entreprises vont payer de l'impôt sur leur masse salariale au gouvernement fédéral et, en contrepartie, le gouvernement fédéral va continuer de nous payer ses transferts. Ce n'est ni dans l'intérêt du Québec souverain ni dans l'intérêt du Canada de faire en sorte de créer le chaos sur ces questions», a soutenu M. Boisclair.

Plus tôt, au sortir de la période de questions à Ottawa, le chef bloquiste Gilles Duceppe s'était dit inquiet du «chantage» du chef du PLQ. «Imaginez qu'un leader souverainiste aurait dit, le lendemain d'un oui au référendum, "on cesse de payer des impôts puis des taxes à Ottawa..." ça aurait fait scandale [...]. Or eux font exactement la même chose, ils laissent planer [cette possibilité]. Je pense que Jean Charest se comporte actuellement comme il se comportait comme vice-président du comité du nom en 1995, et ça, c'est inquiétant

L'esprit du renvoi
Selon le constitutionnaliste Henri Brun, le gouvernement fédéral violerait l'esprit du renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec de 1998 en cessant de verser des transferts au Québec au lendemain d'un référendum où le Oui l'emporterait. Le tribunal a statué que le gouvernement fédéral avait une obligation de négocier «de bonne foi» avec le Québec si le Oui recueillait une «majorité claire» à une «question claire» sur la sécession. Les juges ont cependant ajouté que ces négociations seraient d'ordre politique.

Questionné hier au sujet de ce renvoi, Jean Charest a refusé de répondre, se contentant de dire: «M. Boisclair écrit dans son programme qu'il va garantir les fonds [...]. Qu'il nous explique comment il va faire ça

M. Brun, qui a conseillé dans le passé plusieurs gouvernements péquistes, s'est dit étonné des déclarations de M. Charest. «C'est un peu inconcevable», estime-t-il. «Cette idée de rétorsion est incompatible avec la bonne foi.» En coupant les vivres au gouvernement québécois, Ottawa «aiderait le Québec à procéder unilatéralement en bout de ligne» pour proclamer son indépendance. «Le fédéral se placerait dans une mauvaise position vis-à-vis de la communauté internationale» qui, en définitive, doit reconnaître le nouveau pays en vertu du droit international. «Au fédéral, on en est bien conscients

Qui plus est, Ottawa serait sans doute mal avisé de ne plus verser de péréquation à une province qui fait toujours partie du Canada en dépit du résultat du référendum. Le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution de 1982. «Ça implique une égalité de traitement entre les provinces», a-t-il souligné. Cesser de verser de la péréquation à une ou l'autre des provinces de façon arbitraire serait sans doute inconstitutionnel, doit-on conclure.

Boisclair optimiste
Au reste, le chef péquiste estime que les déclarations de M. Charest infléchiront les tendances révélées par le sondage Léger-Marketing-Le Devoir d'hier. Selon lui, les propos de M. Charest auront un impact sur les sondages «de façon très claire». «M. Charest demeure flou, ambigu. Il s'est fait lui-même piéger à sa propre stratégie. Il croyait que c'était une bonne chose de faire intervenir le gouvernement fédéral pendant sa campagne», a dénoncé M. Boisclair.

Pour le chef du PQ, le sondage n'a «rien d'inquiétant»: «Nous sommes très confortables dans la position dans laquelle nous sommes en ce moment. Quand je vois le début de campagne mené par les militants du Parti québécois, par nos candidats, je suis rempli de confiance», a-t-il déclaré. Il considère que le climat politique est plus favorable au PQ en 2007 qu'il ne l'était lors de la dernière campagne, en 2003.

***


Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti et la Presse canadienne

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 12:02
Au bout d'un moment quand on bluffe ça finit par se voir... François Bayrou est quelqu'un sympathique, sa personnalité, sa personne, les obstacles qu'il dit avoir franchi dans sa vie intime pour se faire accepter, le rendent éminemment humain. Sa dénonciation des puissances de l'argent, de la confusion entre le pouvoir industriel et le pouvoir médiatico-politique lui ont fait croiser aussi le raisonnement d'une partie de la gauche, que désarçonne sans doute le profil atypique et dérangeant de Ségolène Royal. Sa dénonciation du danger sarkoziste et de son projet réactionnaire a achevé de piéger dans la confusion une partie des électeurs de gauche.
Mais voilà outre la grosse ficelle un peu lâche du groupe Spartacus, François Bayrou a dévoilé son programme économique : c'est programme de droite, libéral plus même que celui de Tony Blair. Rien sur les retraites, la fiscalité, l'entreprise ne peut plus désormais prêter à illusion.
Il est temps de mettre fin à une supercherie et que plutôt que de lancer des appels à l'union nationale autour de sa personne au-delà de l'UMP et du PS, François Bayrou explique comment on peut faire une politique d'union avec un programme économique aussi tranché, comment on peut travailler avec des élus UDF qui ne manquent jamais de faire des campagnes électorales de droite et qui travaillent constamment avec l'UMP et parfois d'autres élus de droite plus réactionnaires encore.
On en reprochera pas à François Bayrou d'avoir mis un peu de complexité dans le paysage politique de la droite française qui a largement sombré dans le confusionnisme avec Sarkozy et son mélange de libéralisme-communautarisme-réaction-bonapartisme.
Mais on ne peut prétendre être un pivot politique en ayant constamment privilégié un partenaire - la droite conservatrice - et une clientèle - la petite et moyenne bourgeoisie de province. En 2007, le combat est clair entre une gauche qui a fait sa synthèse et une droite sarkoziste qui veut briser les Français ; il n'y a pas d'alternative car le discours de Bayrou sonne creux de toutes les preuves qu'il a accumulées dans ses actes contre ses discours.
Pour être crédible, il devra donner des gages au soir du 22 avril : appeler à voter Ségolène Royal au 2nd tour, faire élire quelques députés UDF contre l'UMP, venir soutenir des majorités d'idées au parlement sans participer à un gouvernement de gauche, arrêter son obstruction systématique dans les villes, départements et régions socialistes.
Une clarification de cet ordre s'impose avant qu'il n'ose se comparer à Prodi, la situation pourrait alors permettre de laisser un espace politique au reste de la gauche française qui peine aujourd'hui à créer une dynamique dont Ségolène Royal aura fortement besoin le 6 mai.
Frédéric FARAVEL

Derrière le vote Bayrou, Sarkozy - Par Benoît HAMON, député européen, secrétaire national à l'Europe du Parti socialiste.

Libération - vendredi 23 février 2007

Toute voix de gauche pour le candidat UDF sera comptabilisée comme un soutien à droite.

François Bayrou se propose de nommer un Premier ministre de gauche. Encore faudrait-il qu'un dirigeant de gauche veuille conduire une politique de droite ! Car il faut dissiper l'illusion de cette campagne présidentielle : la troisième voie centriste et libérale.

François Bayrou défie désormais Sarkozy et ses protecteurs. Sa pugnacité récente à débusquer la main invisible des puissances de l'argent derrière les actes de Sarkozy plaît à quiconque s'inquiète de la confusion des genres entre les intérêts privés et l'intérêt public. Il pose ingénument deux questions aux Français : pourquoi le gouvernement idéal ne naîtrait-il pas de l'addition des talents les plus remarquables de la gauche et de la droite ? La gravité de la situation ne commande-t-elle pas de combiner les bonnes idées de droite et les bonnes idées de gauche ? Et, suivez son regard, l'incarnation française de ce solide bon sens politique, c'est sa candidature... De cette posture, serait né, lit-on, un mouvement d'adhésion d'électeurs de gauche à la candidature Bayrou (1).

Or, à l'heure des bilans, François Bayrou propose pourtant un solide CV de ministre et de député de droite. Inspirateur de la révision de la loi Falloux et de la remise en cause de l'école publique, il parle désormais de la laïcité comme d'un «trésor national». François Bayrou a voté la réforme Fillon des retraites, la jugeant cependant trop timide car ne remettant pas en cause les régimes spéciaux. Il a soutenu toutes les politiques de réduction des cotisations sociales patronales, proposant même aujourd'hui la possibilité pour les entreprises de créer des emplois «sans charge». Il y a deux mois, les députés européens UDF, membres du groupe politique des libéraux européens, ont tous voté la directive Bolkestein qui accélère la dérégulation du modèle social français et la remise en cause des services publics.

François Bayrou a donc changé. C'est amusant, Sarkozy nous dit la même chose...

Pour étayer sa démonstration, François Bayrou vante l'exemple allemand. Il exalte le peuple allemand qui a «forcé» la CDU et le SPD à gouverner ensemble. L'imposture est totale. Ceux qui ont voté social-démocrate en Allemagne n'ont jamais souhaité cette alliance, pas davantage que ceux qui avaient voté conservateur pour ne plus voir Schröder au pouvoir. Les peuples sont étrangers à cette alliance. Ses seuls responsables appartiennent aux appareils respectifs de la CDU et du SPD. La grande coalition procède d'un accord négocié au cours de longues nuits, au terme d'un de ces marchandages de postes et d'attributions, au SPD le social, à la CDU la chancellerie, qui nourrit la défiance à l'égard de la démocratie.

Là où Bayrou voit la volonté des peuples de dépasser le clivage droite-gauche, il n'y a, en réalité, qu'un traditionnel jeu de donnant-donnant entre deux partis rivaux pour sortir d'une impasse politique et institutionnelle. Le 14 février, le magazine Stern publiait le verdict du peuple allemand : 57% des sondés ne sont pas satisfaits du travail de leur gouvernement.

Tout juste peut-on observer qu'un vainqueur semble se détacher de ce deal. Les enquêtes montrent que le SPD accuse désormais un retard de dix points sur la CDU dans les intentions de vote, alors que les deux formations étaient au coude à coude en novembre 2005 à la naissance de la coalition (source institut Forsa).

Sans s'arrêter sur le fait de savoir si ce modèle est souhaitable, est-il simplement transposable dans notre pays ? Non. Quoi qu'en dise Bayrou, le choix pour son parti n'existe pas. Il n'a d'ailleurs jamais existé. Cette solution est impossible en France, là où les députés UDF sont tous élus grâce à un accord de désistement avec l'UMP. Inversement, propose-t-on sérieusement aux électeurs socialistes d'élire demain un député de ce parti qui célèbre encore ses glorieux anciens Giscard, Poniatowski ou Lecanuet ?

Une fois le vent rebelle évanoui, il demeure une réalité incontournable : Bayrou appartient et doit tout à un seul camp. Toute voix de gauche qui se portera sur le candidat Bayrou sera immédiatement comptabilisée comme un soutien à une politique de droite. Pis, si, par conséquent, la droite venait à l'emporter, toute voix de gauche qui se sera portée sur Bayrou viendra grandir la légitimité électorale de la droite à, par exemple, remettre en cause le droit de grève ou augmenter le tribut payé par les salariés à la flexibilité du marché du travail.

Electeurs de gauche qui seraient tentés, exigez deux engagements de François Bayrou avant de valider votre choix : premièrement, s'il est éliminé du premier tour, François Bayrou doit appeler à voter Ségolène Royal en cas de duel avec Nicolas Sarkozy ; deuxièmement, lors des élections législatives, l'UDF ne passera pas d'accord de désistement réciproque avec l'UMP en faveur du candidat de droite le mieux placé au premier tour.

J'ai mon idée sur sa (non-) réponse...

François Bayrou est incontestablement un homme respectable. Mais ça n'est pas le sujet ici. Ce qui est en cause, c'est la clarté de son projet politique, la réalité de ses marges de manoeuvre et le chemin pour notre pays demain. Dès lors que le doute existe, le 21 avril 2002 vient rappeler aux électeurs de gauche que toutes les voix sont nécessaires dès le premier tour pour l'emporter et changer la donne. Ségolène Royal est le bon choix.

(1) Voir, entre autres, Libération du 22 février 2007, «Nous, spécialistes et Français de gauche...» p. 28.


François Bayrou n'est pas Casimir

LE MONDE | 23.02.07 | 14h09  •  Mis à jour le 23.02.07 | 14h09


es déçus de la gauche ne manquent pas. Il ne faudrait pas qu'ils manquent bêtement à la gauche... Ne trouvant pas leur compte avec Ségolène Royal ou avec les autres candidatures de gauche, certains d'entre eux semblent prêts à toutes les infidélités. S'il en est une qu'il faut ramener à ce qu'elle est - un vote de droite -, c'est bien la tentation du vote François Bayrou. Or le leader centriste, qui fait un tabac dans les sondages, rogne allègrement sur les suffrages de la gauche.

"L'effet Bayrou" marche notamment chez les trentenaires, qui trouvent peut-être là l'expression d'une revanche sur la génération de Mai-68. Dans le livre le plus jouissif écrit sur notre génération, Souffrances du jeune trentenaire (Fayard, 2005), Mara Goyet décrit la scène où son jeune personnage vote François Bayrou : "Jamais il n'avait eu idée plus folle, plus osée, plus inavouable. Plutôt que de voter blanc, voter mou. Franchir la ligne blanche, voter à droite, rien qu'un petit peu mais quand même... Ce fut une expérience incroyable, un cocktail de sensation, un vrai trip de l'underground civique. Il avait l'impression d'avoir fumé du colza à l'état pur." François Bayrou, un vote subversif ?

A nos camarades de génération et aux autres, nous voulons dire "halte à la supercherie !". François Bayrou n'est pas Casimir, l'UDF n'est pas "L'île aux enfants" et la présidentielle n'a rien à voir avec le monde sucré de "Croque-vacances". Le vote Bayrou n'est pas un vote sans saveur ni conséquence. La posture du candidat, pétri de bons sentiments, en phase avec la colère du peuple contre les élites, c'est pour la télé mais pas dans l'Hémicycle.

La carrière politique du candidat UDF est déjà longue et ne se limite pas au complexe d'Astérix qu'il joue avec un certain succès depuis la mise sur rails de l'UMP. On fait toujours grand cas des déclarations d'indépendance et des critiques assassines que M. Bayrou lance à la face de l'UMP et de son candidat officiel. Il est, plus discrètement, un député discipliné : depuis 1986, il a voté de façon quasi systématique avec la droite et a participé à des gouvernements de droite libérale, dont celui d'Edouard Balladur qui le fit ministre de l'éducation nationale, et dont il fut l'un des tout premiers à réclamer la candidature à la présidentielle en 1995.

Quant aux principales propositions du candidat, elles ne traduisent vraiment pas un virage à gauche : nouveaux allégements de charges pour les entreprises (la pente naturelle du libéralisme économique), mise en place d'un "service garanti" dans les transports publics (dit autrement, c'est la remise en question du droit de grève), mise sous tutelle des allocations familiales (ce qui revient à pénaliser un peu plus les familles des classes populaires), création de nouvelles structures fermées pour les jeunes en difficulté (comme ça fleure bon le parfum sécuritaire !), abolition des régimes spéciaux de retraite (traduction : alignement par le bas des droits sociaux), libéralisation des heures supplémentaires (adieu les 35 heures et le code du travail ?), etc. Si le candidat Bayrou a récemment dénoncé le manque de "bienveillance" de l'Etat à l'égard des banlieues, il ne faut pas oublier que le député Bayrou a voté, fin 2005, la prolongation de l'état d'urgence.

Bref ! Une bonne dose d'économie libérale et une poignée de contrôle social, c'est l'UMP à visage humain. Alors, bien sûr, demeure la tentation du centre, ce grand fantasme des politologues français : existerait-il une terre bénie, un espace politique vierge et vertueux, composé d'hommes et de femmes raisonnables, libres de toute attache partisane, et dont la liberté absolue de parole irait de pair avec un attachement aveugle et exclusif à l'intérêt général, des politiques aux mains propres et aux idées larges ? Toutes les familles politiques se rattachent à l'un ou l'autre bord, ainsi va la vie démocratique qui a besoin de cette confrontation idéologique. Le centre, depuis quarante ans, a toujours gouverné avec la droite.

Le brouillage des identités droite-gauche mène à une compétition des personnalités, dont M. Bayrou espère sortir vainqueur. La politique mérite mieux que ça. Et la gauche n'a rien à y gagner : au lieu de laver à la machine le clivage droite-gauche, en espérant grappiller sur l'électorat du centre-droit, elle ferait mieux de défendre un projet de transformation sociale qui s'oppose, point par point, à la cohérence libérale-autoritaire de Nicolas Sarkozy.

Qu'une hésitation entre François Bayrou et Ségolène Royal soit possible traduit le déplacement du PS vers la droite - c'en est même l'un des tristes symptômes. Nous pouvons concevoir que certains de nos camarades de génération et d'autres, désireux de casser par leur vote une routine mortifère entre une droite de régression et une gauche de renoncement, puissent croire une seconde que le vote François Bayrou permette de s'évader. Nous voulons leur rappeler que, pour l'évasion, d'autres candidatures clairement positionnées à gauche - antilibérales, écolos... - sont possibles (et souhaitables !).

La tentation du vote François Bayrou ne peut donc s'habiller de l'excuse d'une absence de choix sur l'échiquier politique à gauche. M. Bayrou n'est ni un monstre gentil, ni le bon Charles Ingalls de "La Petite Maison dans la prairie". Il est (encore) temps de revenir à la réalité.


Clémentine Autain est adjointe (app. PCF) au maire de Paris; Anne Le Strat est conseillère de Paris (Verts).
Elles sont membres de la Fondation Copernic.

Article paru dans l'édition du 24.02.07


 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 11:31
Les vacances ont cela de bon qu'on peut profiter de moments de répits et s'attaquer en pleine détente aux bouquins qu'on vous a offert quelques semaines plus tôt.
Je m'attaque donc depuis quelques temps aux BD que j'ai trop longtemps laissées de côté, et que mon épouse m'a positivement dénichées pour mon anniversaire.

Mon coup de foudre de la semaine s'est donc porté sur "Les Mauvaises gens" d'Etienne Davodeau, primé au festival d'Angoulême de 2006.
Voilà un beau livre que je qualifierai avant tout de touchant et d'humain. Les auteurs de bandes dessinées évitent souvent les "histoires vraies", alors un dessinateurs qui prend pour scénario la vie militante de ses propres parents, c'est le comble.
C'est peu de dire que le sujet est traité avec respect et sans voyeurisme ou nombrilisme ; jusque dans son dessin l'auteur s'est appliqué à un certain "devoir de grisaille" qui doit concerner les choses sérieuses et seul permet la transmission d'un message en profondeur.

Ce livre par ailleurs a le mérite d'éclairer un parcours, un petit pays, et dans ce pays des gens qu'on oublie toujours car ils ne cadrent avec aucune des mythologies dominantes de l'hexagone.
On connaît les bons catholiques de l'ouest français, qui vont à l'église plutôt deux fois qu'une et mettent leurs enfants à l'école privée (parce qu'il n'y en a pas d'autres souvent de toute manière) - et on les classe rapidement dans la catégorie des chouans aliénés et villieristes ; on connaît la classe ouvrière qui lutte avec la CGT dans les grandes agglomérations industrielles, chante l'internationale et se faisait manipuler par le PCF.

Et bien voilà qu'Etienne Davodeau rappelle la vie, difficile, d'une classe sociale qui a mis plus longtemps encore que les autres acquérir sa conscience et sa dignité dans la deuxième moitié du XXème siècle : les ouvriers catholiques du Choletais.
Soumis à une société conservatrice, écrasée par une Eglise romaine traditionnelle alliée à des patrons qui n'ont de paternalistes que la mauvaise, ces jeunes gens ont dû tout apprendre et tout construire en une vie, sans rien renier, de leur foi, de leur identité, pour retrouver leur diginité et s'inventer un nouvel avenir, affronter sans doute de nouvelles désillusions, là où ailleurs en France la classe ouvrière avait mis plusieurs générations.
Cette histoire de prêtres ouvriers, de jocistes, de cédétiste de base, d'une classe ouvrière qui porta le socialisme français au pouvoir en 1981 est un fort rappel à l'ordre pour le petit protestant socialiste que je suis - finalement c'est tellement plus facile pour moi, que ces gens ne peuvent que forcer le respect.

Ce livre sonne pour moi comme un rappel salutaire qu'il ne faut pas se tromper de camp et qu'il est des camarades qu'on ne saurait trahir ni la mémoire, ni leurs enfants.
Le 22 avril 2007 sonne ainsi comme un rendez-vous à honorer, le combat continuera après.

Frédéric FARAVEL

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:24
L'animateur de ce blog, c'est à dire moi-même, prend des vacances et donc le blog aussi. J'y ai bien droit un peu... Et ce jusqu'au lundi 26 février...

Mais ce n'est pas une raison pour hésiter à faire connaître ces pages à d'autres internautes et de diffuser la "bonne parole"... bon là je m'emporte.

Fred

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 17:16
Ca y est ! je l'ai enfin lu le pacte présidentiel...
Mon premier avis général et de me dire que ce pacte ne s'éloigne pas tellement du projet socialiste et qu'il n'y a pas de réelles propositions nouvelles qui se détachent du travail validé par 82% des socialistes en juillet 2006.
Que faut-il en déduire ? Que les débats participatifs n'auraient servi à rien ? Que les gens ne seraient pas des citoyens-experts et qu'on a amusé la galerie ? Non, pour ma part, je crois tout simplement que le travail mené par les socialistes lors des Etats-Généraux du Projet socialiste, et notamment par NPS, était en phase avec les attentes de l'électorat de gauche, et qu'on a beau être un individu militant soit-disant déconnecté des réalités concrètes et ben finalement on est autant citoyens-experts que son voisin.

Je ne passerai pas en revue les 100 mesures que vous retrouverez en cliquant sur le pacte. Globalement, c'est un projet de gauche (y compris sur les salaires) qui peut permettre de discuter avec Bové, Buffet, Voynet et même... Bayrou... Ce qui explique le ton sympathique de Bové au lendemain de Villepinte.
Mais je vais attirer l'attention sur le sinterrogations que me posent certaines propositions.
Mesure 4 : impôt sur les sociétés plus bas si bénéfice réinvesti, plus haut si distribué aux actionnaires... Moi je préférerai qu'on s'en tienne la seule 2e proposition.
Mesure 12 : je ne suis pas convaincu par la mesure qui vise à proposer aux locataires depuis plus de 15 ans de pouvoir acheter leur logement social. je ne suis pas convaincu des capacités à assumer la transformations d'ensembles HLM sociaux en copropriétés.
Mesure 18 : la mesure DSK de prêt de 10 000 € aux jeunes de 18 ans pour leur permettre de construire un projet me laisse sceptique.
Mesure 26 : sur la carte scolaire, le texte entretient un flou qui m'effraie personnellement, mais j'ai souvent tendance à m'emporter.
Mesure 27 : il faut définir quel est ce nouvel adulter en classe.
Mesure 29 : c'est quoi des emplois-parents ?
Mesure 52 : je suis pour les alternatives à la prison mais je reste opposé au fameux encadrement militaire.
Mesure 59 : l'évocation de la simple réforme de la justice du travail après concertation avec les concernés me paraît un peu faible.
Mesure 65 : les agro-carburants sont antiécologiques.
Mesure 68 : une pac mondiale ?????
Mesure 73 : les jurys populaires sont une erreur, nous devrions revaloriser la démocratie représentative.
Mesure 78 : le service civique oui mais obligatoire.
Mesure 81 : il faut aller plus loin, interdire les pub dans les émissions pour jeunes publics et ne financer la TV publique qu'avec de l'argent public.
Mesure 87 : "garantir l'égalité des droits pour les couples de même sexe", cela aurait été plus simple de parler de droit au mariage et à l'adoption.
Mesure 89 : indiquer que les statuts de la BCE devraient pouvoir être révisables par le Parlement européen, comme la Fed aux USA.
Mesure 91 : sur le traité institutionnel j'aurai aimé plus de précision. Là dessus, elle est en retrait du projet socialiste.
Mesure 93 : préserver notre capacité de dissuasion nucléaire oui, mais pourquoi pas entrer dans un processus de communautarisation européenne ?

Dans l'ensemble, pas de quoi effrayer les gardiens de la vieille maison. Le pacte laisse libre la possibilité de députés socialistes déterminés à faire appliquer le projet socialiste : les législatives seront donc importantes.

Frédéric FARAVEL

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 17:10
DERNIÈRE MINUTE 13/02/2007 - 16h51 : Nicolas Sarkozy retire le volet santé mentale du projet de loi sur la prévention de la délinquance
 
Le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a annoncé, mardi, à l'Assemblée nationale le retrait du volet santé mentale de son projet de loi de prévention de la délinquance. Les psychiatres hospitaliers sont en grève pour obtenir le retrait de cette partie du texte, qui crée, selon eux, un "amalgame inacceptable" entre troubles mentaux et délinquance. (AFP)

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 10:12
Je l'avoue... Dimanche, j'étais au Palais Omnisport de Bercy toute la journée pour assister au tournoi international de judo Paris-Île-de-France.
Je n'ai donc pas assisté aux discours de Villepinte et n'ai toujours pas lu les 100 propositions -débordé que j'étais lundi au boulot- du pacte présidentiel de Ségolène Royal. Je vous promets de vous dire ce que j'en pense dès que j'en aurai opéré une lecture approfondi.
En attendant, il est possible de lire tout ça ici.

Fred

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 07:58
Barack Obama lance officiellement sa candidature à la Maison Blanche

e sénateur Barack Obama avait annoncé mi-janvier la formation d'un "comité exploratoire", qui lui avait permis de sonder le terrain, il a finalement choisi de faire le grand saut, en annonçant officiellement sa candidature à la Maison Blanche, samedi 10 février.

"Je suis devant vous aujourd'hui pour annoncer ma candidature à la présidence des États-Unis", a-t-il déclaré devant une foule de milliers de partisans à Springfield, dans l'Illinois. "J'admets qu'il y a une certain présomption, une certaine audace, à faire cette annonce. Je sais que je n'ai pas passé beaucoup de temps à connaître les méandres politiques de Washington. Mais j'y ai passé suffisamment de temps pour savoir que la façon de faire de la politique à Washington doit changer", a-t-il souligné.

Alors que ses détracteurs mettent en cause son manque d'expérience, le sénateur a décidé de faire de sa jeunesse (il a 45 ans) un atout. Rappelant à la foule que les États-Unis avaient surmonté de nombreux défis, de la Guerre d'indépendance à la Grande dépression en passant par la Guerre de sécession, il a lancé : "à chaque fois, une nouvelle génération s'est levée et a fait ce qu'il fallait faire. Aujourd'hui, on nous appelle. C'est au tour de notre génération de se lever". Avant de dresser la liste des défis que le pays doit affronter : "une guerre qui n'en finit pas, une dépendance au pétrole qui menace notre avenir, des écoles où trop d'enfants n'apprennent pas et des familles qui ont des difficultés financières alors qu'elles travaillent dur".

M. Obama s'est longuement exprimé sur la guerre en Irak, qu'il a d'ores et déjà placé au cœur de sa campagne. "Il est temps de tourner la page, a-t-il dit, il est temps de commencer à ramener nos soldats à la maison. Faire savoir aux Irakiens que nous ne resterons pas pour toujours dans leur pays est le seul espoir que nous avons d'amener chi'ites et sunnites à la table des négociations".

Son positionnement clair sur l'Irak pourrait lui permettre de rallier nombre de voix au sein du Parti démocrate. Il s'est d'ores et déjà hissé rapidement parmi les favoris, avec John Edwards et Hillary Clinton. Après le lancement officiel de sa candidature, il doit se rendre dans l'Iowa et le New Hampshire, environ 1 an avant la primaire démocrate dans ces 2 États.

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