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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 10:18
Mme Royal sur Airbus : "Non seulement l'État peut faire, mais doit faire"
LE MONDE | 02.03.07 | 15h13  •  Mis à jour le 02.03.07 | 15h13
MONT-DE-MARSAN (Landes) ENVOYÉE SPÉCIALE

êtue de rouge et de noir, couleurs familières dans une région proche de l'Espagne, Ségolène Royal a concentré son discours, jeudi 1er mars, à Mont-de-Marsan, sur le "séisme (qui) menace notre pays et plus largement l'Europe" : Airbus, qui a annoncé la suppression de 10 000 emplois et la fermeture de deux usines en France. "L'actuel gouvernement est responsable de ce désastre", a attaqué la candidate socialiste en dénonçant, devant plusieurs milliers de personnes, son rôle d'actionnaire inopérant "à réagir".

"Ce gouvernement de droite a scandaleusement déstabilisé cette entreprise par des nominations politiques à sa tête", a-t-elle poursuivi en citant "un certain M. Forgeard, ancien conseiller du pouvoir, remercié ensuite avec 2 millions d'euros sans compter les actions et les stock-options". Puis est venu le tour de l'actionnaire privé, "le groupe Lagardère, si proche du pouvoir, qui s'est opportunément désengagé quelques semaines avant l'annonce des retards sur l'A320" (en fait, l'A380). Là aussi, aux yeux de Mme Royal, la puissance publique a failli : "Il faut, a-t-elle souligné, que le gouvernement remette cet actionnaire devant ses responsabilités sur les territoires où l'entreprise s'est installée. Non seulement l'État peut faire mais doit faire."

L'État peut... C'est le message que Mme Royal a martelé jeudi soir, autant pour montrer la "cacophonie""candidat de l'UMP qui affirme, mais cela évolue paraît-il, que l'État ne peut rien faire" que pour gommer la déclaration d'impuissance d'un Lionel Jospin, lequel avait lâché, en 1999, à propos de Michelin : "L'État ne peut pas tout"... Il y a, dans chaque campagne, des dossiers plus symboliques que d'autres, et Airbus, fleuron de l'industrie européenne, en est un. "L'enjeu de cette élection présidentielle, a appuyé Mme Royal, repose sur un choix clair : un État impotent, impuissant ou au contraire, un État fort qui assume ses responsabilités." "Avec moi, a-t-elle ajouté crânement, l'État sera fort." Il fera le tri, a-t-elle précisé, "entre ceux que nous aiderons et ceux que nous n'aiderons plus".

"FRANCE NEUVE"

Et pour mieux souligner sa différence, la candidate a insisté sur le volontarisme politique en prenant pour modèle l'Europe du Nord. "Le moment est venu d'accomplir une révolution dans la gouvernance des entreprises et que les salariés siègent aux conseils d'administration pour tirer la sonnette d'alarme et forcer les dirigeants à anticiper", a-t-elle souligné, en vantant les mérites d'un "syndicalisme de masse". Tout en s'engageant à "faire prévaloir la stratégie industrielle sur la stratégie financière", Mme Royal a promis de "remettre à plat ce dossier avec les Allemands et les Espagnols", partenaires d'Airbus. Le sujet sera au centre de sa rencontre la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin le 6 mars. "Les États européens doivent recapitaliser de façon stable cette entreprise pour éviter la fermeture des usines", a-t-elle insisté.

Mais la candidate connaît aussi l'histoire. Et là où M. Jospin, dans un autre dossier sensible, celui de l'entreprise LU, en mars 2002, n'avait pas su trouver les mots devant les caméras de télévision, face aux employés du groupe, elle a pris soin, jeudi soir, de "rendre hommage aux salariés, aux ingénieurs de talent, aux chercheurs qui se sentent humiliés, déconsidérés" chez Airbus.

C'est "une France neuve" que Mme Royal promeut, qui lui permet de fustiger le bilan du "candidat sortant", Nicolas Sarkozy, et de celui "qui gouverne avec la droite dans toutes les assemblées locales", François Bayrou. "Il y en a qui cherche à brouiller les cartes, a-t-elle accusé. Mais on ne peut pas conter fleurette à la gauche et rentrer chez soi en courant. (...) Le juste milieu conduit à l'inaction, aux compromis mous...". Le meeting, qui s'est tenu en présence de nombreux élus, dont Henri Emmanuelli, président du conseil général des Landes, n'aurait pas été complet sans un petit couplet sur les médias "qui disent tous les jours : à quoi sert la politique ?" Un succès de salle facile et assuré.


Isabelle Mandraud

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 16:21
Les 3 grands partis mexicains en crise, par Joëlle Stolz
LE MONDE | 01.03.07 | 13h40  •  Mis à jour le 01.03.07 | 13h40

arine Le Pen soudain candidate du Parti socialiste, ou Philippe de Villiers adoubé par les Verts : voilà des acrobaties politiques impensables en France. Au Mexique, en revanche, la principale formation de la gauche, le Parti de la révolution démocratique (PRD), a sérieusement envisagé, début février, de soutenir la candidature d'une militante de la droite catholique la plus conservatrice au poste de gouverneur de l'Etat du Yucatan, avant d'y renoncer sous la pression de sa base et d'une opinion publique outrée. Cet épisode est révélateur des difficultés des trois grands partis qui se partagent les faveurs des électeurs mexicains. Souvent considérés comme de simples franchises pour conquérir le pouvoir, ils ont du mal à définir leurs frontières.

8 mois après l'élection présidentielle du 2 juillet 2006, aucun des 3 partis ne s'est vraiment remis du plus tumultueux scrutin qu'ait jamais connu le Mexique. Ni les 2 perdants : le vieux Parti de la révolution institutionnelle (PRI, centre gauche), rétrogradé à la 3ème place, et le jeune PRD, dont le candidat présidentiel, Andres Manuel Lopez Obrador, n'a toujours pas accepté sa défaite ; ni même le gagnant en titre, le Parti d'action nationale (PAN, droite), tiraillé entre l'aile démocrate-chrétienne qu'incarne le président Felipe Calderon et une extrême droite en croisade contre les "dérives autoritaires" de la gauche latino-américaine.

"S'il existait des psychologues de partis, un bon investissement serait de leur payer à tous les 3 une thérapie complète", ironise le politologue Leonardo Curzio. Il voit dans la "qualité déplorable du système de partis", trop riches, bureaucratisés et clientélistes, l'une des pires faiblesses de la démocratie mexicaine. Le plus atteint est le PRI, héritier de la révolution de 1910, au pouvoir pendant soixante et 11 ans, qui avait déjà dû céder à la droite la présidence de la République, en 2000. 6 ans plus tard, le candidat du PRI a convaincu moins d'un quart des votants.

Ce navire démâté, livré au bon vouloir des dix-sept gouverneurs estampillés PRI qui règnent sur des Etats parfois immenses, pense avoir évité le naufrage en portant à sa tête, le 18 février, l'une de ses figures les moins discréditées, l'énergique Beatriz Paredes. Elle semble décidée à infléchir à gauche le discours du PRI, sans compromettre l'alliance que les caciques de son parti ont offerte au président Calderon, en échange de l'impunité pour ses personnalités les plus contestées. Ni le gouverneur de l'Etat de Puebla, Mario Marin, impliqué dans un complot contre la journaliste Lydia Cacho, qui dénonce courageusement les réseaux pédophiles, ni celui de l'Etat d'Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz, synonyme d'autoritarisme et de corruption, ne devraient être trop inquiets.

L'une des épreuves qu'aura à affronter Beatriz Paredes sera la candidature du maire PRI de Tijuana, Jorge Hank, au poste de gouverneur de Basse-Californie, alors qu'il est soupçonné par Washington et Mexico de collusion avec les narcotrafiquants. Après le marathon de 2006 - présidentielle et législatives -, 2007 s'annonce encore comme une année électorale intense. Suivant les cas, les électeurs seront appelés à choisir leurs gouverneurs, les assemblées régionales et les conseils municipaux dans 14 Etats de la fédération (sur 32 si on compte le "district fédéral" de Mexico), dont le Michoacan, le Yucatan et Oaxaca.

Pressés par les échéances, les états-majors n'ont guère de temps pour l'introspection. Le PRD a reculé jusqu'à mi-août 2007 - après les législatives et municipales d'Oaxaca - son congrès national. "Il aurait fallu le tenir en septembre 2006, afin d'évaluer l'élection présidentielle : nous allons payer un prix pour ce retard, mais ce sera un vrai congrès d'orientation", confie Alejandro Encinas, en qui des militants du PRD voient l'avenir d'une "gauche intelligente", susceptible de conquérir les couches moyennes sans décevoir la base populaire du parti.

Proche de M. Lopez Obrador, qui lui avait confié la mairie de Mexico quand il s'est lancé dans la course présidentielle, M. Encinas se garde de critiquer ouvertement son mentor. Il ne dit pas, ou plus, que la courte victoire de la droite est due à une "fraude massive", comme le faisait le PRD après le scrutin. Il défend néanmoins la décision de paralyser pendant l'été le centre de la capitale avec des campements protestataires. "Si nous n'avions pas canalisé le mécontentement, il y avait un risque de dérapages violents, affirme ce dirigeant qui a commencé à militer au Parti communiste mexicain. A l'inverse de ce que beaucoup pensent, nous nous sommes comportés de façon très responsable, car le sang n'a pas coulé."

FÉDÉRATION DE COURANTS

M. Encinas estime qu'il faut "refonder le PRD", qui s'est transformé en une fédération de courants, chacun avec ses propres règles, voire ses propres congrès, et privilégie les disputes internes en oubliant qu'il gouverne 6 Etats - dont le "district fédéral" de Mexico -, soit 26 millions de Mexicains, le 1/4 de la population du pays.

Le courant majoritaire du PRD, "Nouvelle gauche", a ouvert le feu contre M. Lopez Obrador et ses fidèles lors d'une réunion médiatisée, les 17 et 18 février, en leur imputant la responsabilité de la défaite subie le 2 juillet. Pourtant, cette tendance qui favorise un infléchissement social-démocrate du PRD, voit dans l'ancien candidat le seul leader capable de s'opposer au gouvernement de Felipe Calderon et refuse de "fracturer un mouvement qui nous a donné 15 millions de voix".

Le PAN connaît également des tensions. La sensibilité démocrate-chrétienne, à laquelle appartient le président Calderon, est minoritaire dans le parti, face au groupe des entrepreneurs, tournés vers l'économie de marché, et aux idéologues du Yunque, une organisation engagée aux côtés de l'Eglise catholique. Son représentant le plus visible, Manuel Espino, actuel chef du PAN, avait décrit M. Calderon, en pleine campagne présidentielle, comme un "petit chauve avec des lunettes".

M. Espino est aussi, jusqu'en 2009, président de l'Organisation démocrate-chrétienne en Amérique latine (ODCA), forte d'une 30ne de partis. Lors de la réunion inaugurale de son mandat, en janvier à Mexico, il a promis de "récupérer" un à un les pays du sous-continent, de la République dominicaine au Brésil, afin de damer le pion au Venezuela d'Hugo Chavez et au régime castriste à Cuba. De son côté, M. Calderon s'apprête à recevoir les visites du chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et de la présidente chilienne Michelle Bachelet, qui sont tous les deux des socialistes modérés.


Joëlle Stolz
Article paru dans l'édition du 02.03.07

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 14:46
J'avoue avoir été légèrement agacé à l'écoute de certains des invités de l'émission du Grain à moudre, hier 28 février sur France Culture, consacrée au Communautarisme.
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 18h

Du grain à moudre
Je ne fais pas partie de ceux qui nient une poussée communautariste en France, mais il arrive un seuil où la revendication abstraite d'un certain universalisme participe à nier des processus d'exploitation, d'aliénation et de discrimination à l'oeuvre, depuis plus ou moins longtemps...
Il est vrai que certaines associations s'autoproclament représentatives d'une catégorie de la population et participent aujourd'hui à une course de promotion au rang de victime plus victime que les autres. Cette logique est dangereuse et elle porte en elle la détestation réciproque des communautés (qui existent bel et bien) entrées en concurrence - au bout du chemin, c'est la dérive Dieudonnée.
Mais il est quand même délirant d'ériger le principe d'égalité pour refuser la nécessité du recul des inégalités réelles (ou même formelles) grâce à des actions volontaristes.
Dans ce discours universaliste bas de plafond, on finira par refuser les zones d'éducations prioritaires, on refusera de légiférer et surtout d'agir à nouveau sur l'égalité salariale homme femme sous prétexte qu'elle est déjà inscrite dans la loi. Qui aujourd'hui peut cependant nier que les discriminations de faits et violentes sont subies par l'ensemble des populations haibtants les quartiers populaires et parmi elles plus encore par les enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants d'immigrés... et comment veut-on résoudre cette situation sans mettre en ouvre des mécanisme de soutiens renforcés en direction de ces populations, non au regard de leur identité, religion ou couleur, mais parce que la perpétuation d'un fossé social et d'accès aux droits élémentaires aussi fort entre différentes partie du territoire est finalement préjudiciables à l'ensemble de la société.
Qu'un candidat réactionnaire souhaite désormais s'adresser aux Français par le prisme d'une segmentation marketing communautariste ne doit pas condamner nos concitoyens à subir l'immobilisme des vrais républicains sous prétexte d'une rupture d'égalité qui aujourd'hui n'existe pas dans les faits. Ce n'est pas parce que Sarkozy veut communautariser le pays que ses habitants ont d'ores et déjà sombré dans l'affre du communautarisme.

Enfin, sur la reconnaissance de l'esclavage et les malheurs supposés de la repentance, un mot tout de même... Les noirs et les afro-antillais sont désormais tous suspects d'être rentrés peu ou prou dans la compétition des victimes et des communautarisme, à la suite du CRAN, de Dieudonné ou de la tribu K ! c'est une insulte à nos concitoyens ultramarins et à la majorité de leurs édiles et intellectuels, comme Aimé Césaire dont la pensée devrait régulièrement être relue sur l'esclavage et le colonialisme (à titre d'antidote à la bêtise).
Certains de mes amis en ont marre qu'on renvoie "encore et toujours" à l'esclavage pour expliquer les discriminations actuelles. La réflexion est peut-être à la rigueur audible pour les antillais de métropole, mais rappelons tout de même que la France outre-mer est différente à bien des égards de la métropole. Elle est sortie de la colonisation par la départementalisation en 1946 (à peine 60 ans) ce qui n'est le cas ni de la Corrèze ni des Côtes d'Armor... Enfin l'esclavage n'a été aboli que depuis un peu plus de 150 ans et a marqué et marque encore une société qui l'a subi pendant plus de 200 ans. Economiquement, socialement, racialement (puisque la couleur de peau reste encore une référence sociale et culturelle subie en Martinique ou en Guadeloupe), culturellement et intimement, les sociétés antillaises pâtissent encore des conséquences structurelles provoquées par deux siècles d'esclavage, et plus encore de colonisation et d'exploitation économique. Nier cette réalité ne peut que provoquer une réaction toujours plus violente, éloigner ces îles et leurs populations de la métropole, maintenir des structures sociales et surtout économiques plus ou moins néo-coloniales et finalement pénaliser le développement global et l'épanouissement des individus et des collectivités.

Quittons l'universalisme de principe, adoptons une posture universalistes de combat pour l'égalité réelle.

Frédéric FARAVEL


Ecoutez

Podcast



émission du mercredi 28 février 2007
Le communautarisme


Laurent Bouvet.  Professeur de science politique à l'université de Nice et à Sciences Po Paris.


Julien Landfried.  Directeur de l'Observatoire du communautarisme


Michel Wieviorka.  Sociologue, Directeur d'étude à l'Ehess -CADIS (Centre d'analyse et d'intervention sociologique). Président de l'association internationale de sociologie.


Jérôme Di Costanzo.  Editorialiste à la Droite libre. Journaliste, correspondant à Londres -revue "Sur le ring" et "Egards"-.




Michel Wieviorka (dir)
Le printemps du politique
Robert Laffont - 4 janvier 2007

C’est en circulant constamment du plus général, au plus précis, que des sociologues, historiens, intellectuels prestigieux venus de huit pays confrontent ici leurs points de vue sur la crise et la renaissance du politique.
La réalité politique a changé. Les citoyens, désenchanté, s'éloignent de la politique et ne participent plus à la vie publique de leur pays. Le politique doit à la fois être au plus proche des citoyens et s'adapter aux nouveaux enjeux de la mondialisation. L'Europe est le lieu idéal pour faire se réconcilier les citoyens et le politique.



Julien Landfried
Contre le communautarisme
Armand Colin - mars 2007

Voir le site

Ardemment défendu par des entrepreneurs communautaires non représentatifs,
encouragé par des responsables politiques coupés de la population, valorisé
par des médias se défiant des luttes sociales, le communautarisme est en
passe de faire changer la France de paradigme politique. Après la nation
politique, nous voici promis à la juxtaposition ethnique, religieuse ou
sexuelle. Face à la montée de la tentation inégalitaire qui structure
souterrainement ce projet, les contours d'une contre-attaque républicaine
peuvent être dessinés."



Laurent Bouvet
Le communautarisme : mythes et réalités
Lignes de repères - 23 janvier 2007

Voir le site

Histoire de la notion de communautarisme et détail de ses réalités dans les principaux pays où il sert de modèle social, notamment aux Etats-Unis. Précise les liens entre communautarisme, discrimination positive et modèle laïc et tente de démontrer que le communautarisme, là où il est pratiqué, est indissociable des traditions historiques.



> Blog de Laurent Bouvet

Réformer l'université


> Observatoire du communautarisme

Centre de ressources en ligne en libre accès de cet observatoire indépendant d’information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme.


> Blog de la droite libre

Ceux qui croient à la nécessité de faire entendre au sein de l’UMP et dans le débat politique la voix du peuple de droite ont décidé de se regrouper au sein d’un club de réflexion décomplexé : la Droite Libre.

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 16:03

"Avant qu’il ne soit trop tard"
 

Le Nouvel Observateur publie, dans son numéro daté jeudi 1er mars, un texte signé par plus de 150 intellectuels qui appellent à voter pour Ségolène Royal, "contre une droite d’arrogance", pour "une gauche d’espérance".

 

Le texte de l'appel
  

"Le 22 avril, il sera trop tard. Trop tard pour déplorer notre dispersion. Trop tard pour regretter notre inaction. Trop tard pour s’apercevoir que l’élection présidentielle s’est faite sans nous, malgré nous.

Nous refusons cette défaite trop souvent annoncée. Nous n’admettons pas que l’on vote à notre place. Nous n’acceptons pas que des sondages fabriquent une élection. Et nous ne tomberons pas dans le piège tendu par cette droite qui domine ou influence la plupart de nos grands médias. Car tout est fait, dans cette campagne, pour démobiliser la gauche et désespérer ses électeurs. Rien n’est épargné à Ségolène Royal. Ses déclarations comme ses silences, son entourage comme son compagnon, sa simplicité comme sa franchise, sa féminité comme sa fermeté : tout est prétexte en face à caricature et à moquerie. Tout est bon pour alimenter le mépris social et le dédain sexiste.

Qu’elle prenne le temps d’écouter les Français, et on la soupçonne de n’avoir rien à dire. Qu’elle annonce longuement son pacte présidentiel, et la question du chiffrage vient opportunément occulter le détail de ses engagements. Qu’elle-même ou son entourage soient victimes de procédés de basse police, et on préfère retenir l’air de la calomnie plutôt que de s’alarmer pour la démocratie. Qu’elle assume son identité de socialiste, et on lui reproche de se plier à un appareil. Qu’elle revendique sa part de liberté, et on l’accuse de se méfier de sa famille. Qu’elle réussisse un meeting électoral ou une émission télévisée, et on lui oppose immédiatement des enquêtes d’opinion aussi fluctuantes qu’incertaines.

Nous ne nous laisserons pas intimider. Dès le premier tour, nous voterons pour Ségolène Royal et nous appelons à faire de même, à le faire savoir et à faire campagne. Car nous voulons que, cette fois, la gauche gagne. Nous parions sur cette gauche plus exigeante avec elle-même et plus à l’écoute des siens, qui a appris de ses échecs, de ses illusions et de ses divisions, une gauche ambitieuse et audacieuse. Et nous savons que ce n’est pas n’importe quelle droite qui risque de l’emporter.

Jamais candidat de droite n’aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l’argent. Favorable à un renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l’approfondissement de la démocratie. Engagé aux côtés de l’actuelle administration américaine, il incarne le risque des aventures impériales, du choc des cultures et de l’affrontement des peuples. C’est le candidat de la peur. Des peurs qu’il exploite – celles de l’avenir, du monde, de l’étranger, des jeunes – mais aussi des peurs qu’il inspire en convoquant l’imaginaire de l’homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et de lui-même.

Contre ce danger, Ségolène Royal est la candidate de l’espérance. Elle l’a fait naître en défendant une démocratie participative où les citoyens sont reconnus experts de leurs problèmes. Une espérance à la fois sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de vie et de travail à la modernisation économique. L’espérance d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L’espérance d’une démocratie qui ne se réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L’espérance d’une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa diversité.

Mais l’indifférence peut tuer l’espérance. Depuis 2002, nous sommes prévenus, et nous n’avons plus d’excuse. Nous savons que cette élection sera ce que nous en ferons. Il n’est plus temps de se faire plaisir, en perdant de vue l’enjeu décisif. Nous affirmons qu’il n’est de soutien entier que critique, de loyauté que lucide, de solidarité qu’indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement. Nous disons aussi que le second tour se joue dès le premier tour.

Cette élection n’est pas ordinaire et elle engage, à travers le sort de la France, un peu de l’avenir du monde. C’est pourquoi, contre une droite d’arrogance, nous appelons à choisir, dès le 22 avril, une gauche d’espérance, en votant Ségolène Royal."

 

La liste des signataires

 

Marc Abélès, anthropologue. Laure Adler, journaliste. Elisabeth Alles, anthropologue. Paul Allies, politiste. Mathieu Arnoux, historien. Pierre Arnoux, mathématicien. Jacques Audiard, réalisateur. Jean-Pierre Azéma, historien. Muriel Badet, historienne de l’art. Sébastien Balibar, physicien. Nicolas Bancel, historien. François Barat, cinéaste. Michel Barak, historien.  Dominique Barella, magistrat. Christian Baudelot, sociologue. Anna Bellavitis, historienne. Yehezkel Ben-Ari, biologiste. Samuel Benchetrit, écrivain. Michel Bénichou, avocat. Carmen Bernand, anthropologue. Arno Bertina, écrivaine. Dominique Besnehard, producteur. Philippe Besson, écrivain. Didier Bezace, metteur en scène. Sylvie Blocher, artiste. Bernard Bobe, chimiste. Mikkel Borch-Jacobsen, philosophe. Daniel Bougnoux, philosophe. Seloua Luste Boulbina, philosophe. Jean-Claude Bourbault, comédien. William Bourdon, avocat. Jean-Pierre Brigaudiot, plasticien. Geneviève Brisac, écrivaine-éditrice. Michel Broué, mathématicien. André Burguière, historien. Marilyne Canto, cinéaste. Pierre Cartier, mathématicien. Claude Chambard, écrivain. Marc Chaperon, mathématicien. Noëlle Châtelet, écrivaine. Monique Chemillier-Gendreau, juriste. Patrice Chéreau, metteur en scène. Jean-Claude Chevallier, linguiste. Hélène Cixous, écrivain. Olivier Cohen, éditeur. Annie Cohen, écrivaine. Catherine Corsini, réalisatrice. Marie Coulais , éditrice de musique. Marlène Coullomb, universitaire. Pierre-Louis Curien, mathématicien-informaticien. Paule Darmon, écrivaine. Robert Delpire, éditeur. Erwan Diantelli, anthropologue. François Dubet, sociologue. Jean-Michel Ducomte, avocat. Alain Ehrenberg, sociologue. Bernard Faivre d’Arcier. Betty Felenbok, biologiste. Marc Ferro, historien. Cynthia Fleury, philosophe. Alain Forest, historien. Antoinette Fouque, psychanalyste. Anne-Marie Garat, écrivaine. Françoise Gaspard, sociologue. Jean-Pierre Gattegno, écrivain. Marie-France Giret, pianiste. Maurice Godelier, anthropologue. Anouk Grinberg, comédienne. Martial Guédron, historien de l’art. Jean Guiloineau, écrivain-traducteur. Gérard Haller, écrivain. Karen Hansen, artiste. Alain Hélissen, écrivain-chroniqueur. Françoise Héritier, anthropologue. Denis Herlin, musicologue. Serge Jakobowicz. Jean Jamin, anthropologue. Catherine Jeandel, géochimiste. Louis Joinet, magistrat. Pierre Joliot, biologiste. Geneviève Joutard, historienne. Philippe Joutard, historien. Jean Kehayan, journaliste. Jacques Julliard, historien. Christiane Klapisch-Zuber, historienne. Julia Kristeva, universitaire-psychanalyste. Jean Labib, producteur. Guy Lacour, universitaire.Nicole Lapierre, sociologue. Françoise Lavocat, littérature comparée. Armelle Le Bras-Chopard, politologue. Michèle Leduc, physicienne. Jean-Paul Lévy, avocat. Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien. Daniel Lindenberg, historien. Dyssia Loubatière, assistante à la mise en scène. Michèle Manceaux, écrivain-journaliste. Frédéric Martel, sociologue. François Marthouret, comédien. Mireille Martin, mathématicienne.  Dominique Méda, philosophe. Khaled Melhaa, journaliste-producteur. Eric Michaud, historien de l'art. Yves Michaud, philosophe. Jean-Pierre Mignard, avocat. Philippe Minard, historien. Ariane Mnouchkine, metteur en scène. Sarah Moon, photographe. Jean-Paul Moreigne, psychiatre-psychanalyste. Janine Mossuz-Lavau, politologue. El Mouhoub Mouhoud, économiste. Bernard Murat, directeur de théâtre. Roland Nadaus, écrivain. Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue. Pap Ndiaye, historien. Monique Nemer, écrivaine-éditrice. Alain Omont, astrophysicien. Alfredo Pena Vega, sociologue. Michel Piccoli, comédien.. Martyne Perrot, sociologue. Michelle Perrot, historienne. Thomas Piketty, économiste. Etienne Pion, président d’un mouvement laïque .Evelyne Pisier, juriste. Emmanuel Poisson, historien. Christophe Prochasson, historien. Pierre Raterron, artiste-auteur.  Elisabeth Roudinesco, historienne-psychanalyste. Roland Rappaport, avocat. Yannick Ripa, historienne. Joël Roman, philosophe-éditeur. Jean-Paul Scarpitta , metteur en scène.  Leïla Sebbar , écrivain. Claude Servan-Schreiber, écrivaine. Fabienne Servan-Schreiber, productrice. Emmanuelle Sibeud, historienne. Philippe Sollers, écrivain. Maria Stavrinaki, historienne. Benjamin Stora, historien. Martine Storti, écrivaine. Irène Théry, sociologue. Pierre Tambourin, biologiste. Philippe Torreton, comédien. Pierre Tournier, historien. Jacques Treiner, physicien. Lucette Valensi, historienne. Agnès Verlet, écrivaine. Daniel Vigne, metteur en scène. Jean Viard, sociologue-éditeur.  Fabienne Vonier, productrice-distributrice. Emmanuel Wallon, sociologue. Catherine Weinzaepflen, écrivain.

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 09:57
Benoît Hamon invité de "En ligne Citoyens" | 21 février 2007
ligne

Benoît Hamon était le 21 février 2007 l’invité du site "En ligne Citoyens" pour participer à un chat et à une interview vidéo.

Retrouvez le chat à cette adresse

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:08
Les économistes de l'OFCE contestent la pertinence du chiffrage des projets

La polémique sur le chiffrage des programmes des candidats à la présidentielle repart avec la rédaction d'un "manifeste contre une démagogie en rase campagne" publié par Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de ce centre de recherche de la Fondation nationale de sciences politiques.

Ce texte met en cause la démarche et la méthode de l'Institut de l'entreprise pour évaluer le coût des programmes des candidats. Depuis le début de la campagne, ce cercle de réflexion présidé par Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP-Paribas, s'est attaché à chiffrer et à corriger le montant des propositions des candidats, en particulier de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.

Les économistes de l'OFCE contestent le terme même de "chiffrage" qui laisse entendre "qu'une arithmétique des programmes politiques est possible et que, parce qu'il s'agit d'argent public, le moins coûteux d'entre eux serait le plus efficace. Une telle perspective est trompeuse...", affirment MM. Fitoussi et Timbeau.

A une démarche qualifiée "d'enfermement comptable", ils estiment préférable "d'évaluer un programme présidentiel à l'impulsion dynamique qu'il entend donner à l'économie et à la société plutôt qu'à la mécanique budgétaire sur laquelle il s'appuiera". Et ils ajoutent : ""Combien ça coûte" est le slogan de programmes télévisés distrayants. Ce n'est pas une méthode pour savoir si les options qui nous sont proposées sont à la hauteur des enjeux."

Le directeur de l'Institut de l'entreprise, Jean-Pierre Boisivon, s'est déclaré "stupéfait" par ces reproches. "Le chiffrage ne s'oppose pas à l'évaluation économique, il se complète. Les mesures proposées ont un coût. Les seules imprécisions sont celles des candidats. Notre démarche n'a d'autre objectif que de les obliger à être plus précis. La pire des menaces, ajoute-t-il, serait de se retrouver dans l'absence de débat."

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:37

Boisclair et Charest se déchirent sur la question référendaire

Antoine Robitaille, Robert Dutrisac - Le Devoir - Édition du mardi 27 février 2007

Le chef libéral continue de brandir une punition fiscale d'Ottawa

L'affrontement s'est poursuivi hier entre le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le chef libéral, Jean Charest, à propos des conséquences d'un référendum.

Photo: Jacques Nadeau

Laval -- Dès le déclenchement d'une campagne référendaire, le gouvernement fédéral réduira voire annulera le règlement du déséquilibre fiscal prévu le 19 mars, a déclaré le chef libéral hier. M. Charest a ainsi précisé ses déclarations de dimanche, empreintes d'ambiguïté, sur les «risques» de la souveraineté.

Il a toutefois maintenu que le processus référendaire mettrait en péril le versement des transferts fédéraux au Québec. Cela a conduit les chefs souverainistes André Boisclair et Gilles Duceppe à réitérer leurs accusations de «chantage» à l'endroit du premier ministre et de son «complice», Stephen Harper.

En matinée, à Laval, Jean Charest avait d'abord tenté de renvoyer toute question sur les transferts fédéraux à André Boisclair. À ses yeux, le chef péquiste devait expliquer comment il pouvait, dans sa plateforme électorale, «garantir les transferts fédéraux». Il l'avait aussi accusé d'entretenir l'ambiguïté dénonçant à maintes reprises l'évolution du vocabulaire péquiste, dans lequel le mot référendum a été remplacé par le vocable «consultation populaire».

Pressé de question sur ce qu'il pensait, lui, des lendemains d'une élection d'un gouvernement péquiste, M. Charest a finalement laissé tomber: «Les choses continuent comme la veille [...] et ce que le gouvernement fédéral aura mis dans son budget - que ce soit en terme de péréquation - n'existera plus, ne sera plus là, le jour où le Parti québécois fait un référendum et cherche à créer l'indépendance. Il faut être clair là-dessus, il faut le dire

D'Ottawa à Baie-Comeau
À Ottawa, le premier ministre conservateur Stephen Harper a dit refuser de s'impliquer dans l'élection québécoise. Son ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est montré un peu plus loquace en rappelant qu'il ne préparait «qu'un seul budget», valide peu importe le parti qui prendra le pouvoir au Québec le 26 mars.

De Baie-Comeau où il faisait campagne hier, André Boisclair a tout de même accusé M. Harper et le chef libéral Jean Charest de maintenir intentionnellement, chacun de son côté, une certaine ambiguïté autour de la question des transferts fédéraux versés au Québec, en cas de référendum favorable à la souveraineté. M. Boisclair a dit percevoir, dans les silences du premier ministre canadien, une forme subtile «d'ingérence». Il croit plutôt à une «transition ordonnée et responsable» du statut de province à celui d'État indépendant en cas de oui référendaire.

«Nous allons continuer de payer la TPS, les contribuables québécois vont continuer de payer de l'impôt au gouvernement fédéral. Les entreprises vont payer de l'impôt sur leur masse salariale au gouvernement fédéral et, en contrepartie, le gouvernement fédéral va continuer de nous payer ses transferts. Ce n'est ni dans l'intérêt du Québec souverain ni dans l'intérêt du Canada de faire en sorte de créer le chaos sur ces questions», a soutenu M. Boisclair.

Plus tôt, au sortir de la période de questions à Ottawa, le chef bloquiste Gilles Duceppe s'était dit inquiet du «chantage» du chef du PLQ. «Imaginez qu'un leader souverainiste aurait dit, le lendemain d'un oui au référendum, "on cesse de payer des impôts puis des taxes à Ottawa..." ça aurait fait scandale [...]. Or eux font exactement la même chose, ils laissent planer [cette possibilité]. Je pense que Jean Charest se comporte actuellement comme il se comportait comme vice-président du comité du nom en 1995, et ça, c'est inquiétant

L'esprit du renvoi
Selon le constitutionnaliste Henri Brun, le gouvernement fédéral violerait l'esprit du renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec de 1998 en cessant de verser des transferts au Québec au lendemain d'un référendum où le Oui l'emporterait. Le tribunal a statué que le gouvernement fédéral avait une obligation de négocier «de bonne foi» avec le Québec si le Oui recueillait une «majorité claire» à une «question claire» sur la sécession. Les juges ont cependant ajouté que ces négociations seraient d'ordre politique.

Questionné hier au sujet de ce renvoi, Jean Charest a refusé de répondre, se contentant de dire: «M. Boisclair écrit dans son programme qu'il va garantir les fonds [...]. Qu'il nous explique comment il va faire ça

M. Brun, qui a conseillé dans le passé plusieurs gouvernements péquistes, s'est dit étonné des déclarations de M. Charest. «C'est un peu inconcevable», estime-t-il. «Cette idée de rétorsion est incompatible avec la bonne foi.» En coupant les vivres au gouvernement québécois, Ottawa «aiderait le Québec à procéder unilatéralement en bout de ligne» pour proclamer son indépendance. «Le fédéral se placerait dans une mauvaise position vis-à-vis de la communauté internationale» qui, en définitive, doit reconnaître le nouveau pays en vertu du droit international. «Au fédéral, on en est bien conscients

Qui plus est, Ottawa serait sans doute mal avisé de ne plus verser de péréquation à une province qui fait toujours partie du Canada en dépit du résultat du référendum. Le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution de 1982. «Ça implique une égalité de traitement entre les provinces», a-t-il souligné. Cesser de verser de la péréquation à une ou l'autre des provinces de façon arbitraire serait sans doute inconstitutionnel, doit-on conclure.

Boisclair optimiste
Au reste, le chef péquiste estime que les déclarations de M. Charest infléchiront les tendances révélées par le sondage Léger-Marketing-Le Devoir d'hier. Selon lui, les propos de M. Charest auront un impact sur les sondages «de façon très claire». «M. Charest demeure flou, ambigu. Il s'est fait lui-même piéger à sa propre stratégie. Il croyait que c'était une bonne chose de faire intervenir le gouvernement fédéral pendant sa campagne», a dénoncé M. Boisclair.

Pour le chef du PQ, le sondage n'a «rien d'inquiétant»: «Nous sommes très confortables dans la position dans laquelle nous sommes en ce moment. Quand je vois le début de campagne mené par les militants du Parti québécois, par nos candidats, je suis rempli de confiance», a-t-il déclaré. Il considère que le climat politique est plus favorable au PQ en 2007 qu'il ne l'était lors de la dernière campagne, en 2003.

***


Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti et la Presse canadienne

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 12:02
Au bout d'un moment quand on bluffe ça finit par se voir... François Bayrou est quelqu'un sympathique, sa personnalité, sa personne, les obstacles qu'il dit avoir franchi dans sa vie intime pour se faire accepter, le rendent éminemment humain. Sa dénonciation des puissances de l'argent, de la confusion entre le pouvoir industriel et le pouvoir médiatico-politique lui ont fait croiser aussi le raisonnement d'une partie de la gauche, que désarçonne sans doute le profil atypique et dérangeant de Ségolène Royal. Sa dénonciation du danger sarkoziste et de son projet réactionnaire a achevé de piéger dans la confusion une partie des électeurs de gauche.
Mais voilà outre la grosse ficelle un peu lâche du groupe Spartacus, François Bayrou a dévoilé son programme économique : c'est programme de droite, libéral plus même que celui de Tony Blair. Rien sur les retraites, la fiscalité, l'entreprise ne peut plus désormais prêter à illusion.
Il est temps de mettre fin à une supercherie et que plutôt que de lancer des appels à l'union nationale autour de sa personne au-delà de l'UMP et du PS, François Bayrou explique comment on peut faire une politique d'union avec un programme économique aussi tranché, comment on peut travailler avec des élus UDF qui ne manquent jamais de faire des campagnes électorales de droite et qui travaillent constamment avec l'UMP et parfois d'autres élus de droite plus réactionnaires encore.
On en reprochera pas à François Bayrou d'avoir mis un peu de complexité dans le paysage politique de la droite française qui a largement sombré dans le confusionnisme avec Sarkozy et son mélange de libéralisme-communautarisme-réaction-bonapartisme.
Mais on ne peut prétendre être un pivot politique en ayant constamment privilégié un partenaire - la droite conservatrice - et une clientèle - la petite et moyenne bourgeoisie de province. En 2007, le combat est clair entre une gauche qui a fait sa synthèse et une droite sarkoziste qui veut briser les Français ; il n'y a pas d'alternative car le discours de Bayrou sonne creux de toutes les preuves qu'il a accumulées dans ses actes contre ses discours.
Pour être crédible, il devra donner des gages au soir du 22 avril : appeler à voter Ségolène Royal au 2nd tour, faire élire quelques députés UDF contre l'UMP, venir soutenir des majorités d'idées au parlement sans participer à un gouvernement de gauche, arrêter son obstruction systématique dans les villes, départements et régions socialistes.
Une clarification de cet ordre s'impose avant qu'il n'ose se comparer à Prodi, la situation pourrait alors permettre de laisser un espace politique au reste de la gauche française qui peine aujourd'hui à créer une dynamique dont Ségolène Royal aura fortement besoin le 6 mai.
Frédéric FARAVEL

Derrière le vote Bayrou, Sarkozy - Par Benoît HAMON, député européen, secrétaire national à l'Europe du Parti socialiste.

Libération - vendredi 23 février 2007

Toute voix de gauche pour le candidat UDF sera comptabilisée comme un soutien à droite.

François Bayrou se propose de nommer un Premier ministre de gauche. Encore faudrait-il qu'un dirigeant de gauche veuille conduire une politique de droite ! Car il faut dissiper l'illusion de cette campagne présidentielle : la troisième voie centriste et libérale.

François Bayrou défie désormais Sarkozy et ses protecteurs. Sa pugnacité récente à débusquer la main invisible des puissances de l'argent derrière les actes de Sarkozy plaît à quiconque s'inquiète de la confusion des genres entre les intérêts privés et l'intérêt public. Il pose ingénument deux questions aux Français : pourquoi le gouvernement idéal ne naîtrait-il pas de l'addition des talents les plus remarquables de la gauche et de la droite ? La gravité de la situation ne commande-t-elle pas de combiner les bonnes idées de droite et les bonnes idées de gauche ? Et, suivez son regard, l'incarnation française de ce solide bon sens politique, c'est sa candidature... De cette posture, serait né, lit-on, un mouvement d'adhésion d'électeurs de gauche à la candidature Bayrou (1).

Or, à l'heure des bilans, François Bayrou propose pourtant un solide CV de ministre et de député de droite. Inspirateur de la révision de la loi Falloux et de la remise en cause de l'école publique, il parle désormais de la laïcité comme d'un «trésor national». François Bayrou a voté la réforme Fillon des retraites, la jugeant cependant trop timide car ne remettant pas en cause les régimes spéciaux. Il a soutenu toutes les politiques de réduction des cotisations sociales patronales, proposant même aujourd'hui la possibilité pour les entreprises de créer des emplois «sans charge». Il y a deux mois, les députés européens UDF, membres du groupe politique des libéraux européens, ont tous voté la directive Bolkestein qui accélère la dérégulation du modèle social français et la remise en cause des services publics.

François Bayrou a donc changé. C'est amusant, Sarkozy nous dit la même chose...

Pour étayer sa démonstration, François Bayrou vante l'exemple allemand. Il exalte le peuple allemand qui a «forcé» la CDU et le SPD à gouverner ensemble. L'imposture est totale. Ceux qui ont voté social-démocrate en Allemagne n'ont jamais souhaité cette alliance, pas davantage que ceux qui avaient voté conservateur pour ne plus voir Schröder au pouvoir. Les peuples sont étrangers à cette alliance. Ses seuls responsables appartiennent aux appareils respectifs de la CDU et du SPD. La grande coalition procède d'un accord négocié au cours de longues nuits, au terme d'un de ces marchandages de postes et d'attributions, au SPD le social, à la CDU la chancellerie, qui nourrit la défiance à l'égard de la démocratie.

Là où Bayrou voit la volonté des peuples de dépasser le clivage droite-gauche, il n'y a, en réalité, qu'un traditionnel jeu de donnant-donnant entre deux partis rivaux pour sortir d'une impasse politique et institutionnelle. Le 14 février, le magazine Stern publiait le verdict du peuple allemand : 57% des sondés ne sont pas satisfaits du travail de leur gouvernement.

Tout juste peut-on observer qu'un vainqueur semble se détacher de ce deal. Les enquêtes montrent que le SPD accuse désormais un retard de dix points sur la CDU dans les intentions de vote, alors que les deux formations étaient au coude à coude en novembre 2005 à la naissance de la coalition (source institut Forsa).

Sans s'arrêter sur le fait de savoir si ce modèle est souhaitable, est-il simplement transposable dans notre pays ? Non. Quoi qu'en dise Bayrou, le choix pour son parti n'existe pas. Il n'a d'ailleurs jamais existé. Cette solution est impossible en France, là où les députés UDF sont tous élus grâce à un accord de désistement avec l'UMP. Inversement, propose-t-on sérieusement aux électeurs socialistes d'élire demain un député de ce parti qui célèbre encore ses glorieux anciens Giscard, Poniatowski ou Lecanuet ?

Une fois le vent rebelle évanoui, il demeure une réalité incontournable : Bayrou appartient et doit tout à un seul camp. Toute voix de gauche qui se portera sur le candidat Bayrou sera immédiatement comptabilisée comme un soutien à une politique de droite. Pis, si, par conséquent, la droite venait à l'emporter, toute voix de gauche qui se sera portée sur Bayrou viendra grandir la légitimité électorale de la droite à, par exemple, remettre en cause le droit de grève ou augmenter le tribut payé par les salariés à la flexibilité du marché du travail.

Electeurs de gauche qui seraient tentés, exigez deux engagements de François Bayrou avant de valider votre choix : premièrement, s'il est éliminé du premier tour, François Bayrou doit appeler à voter Ségolène Royal en cas de duel avec Nicolas Sarkozy ; deuxièmement, lors des élections législatives, l'UDF ne passera pas d'accord de désistement réciproque avec l'UMP en faveur du candidat de droite le mieux placé au premier tour.

J'ai mon idée sur sa (non-) réponse...

François Bayrou est incontestablement un homme respectable. Mais ça n'est pas le sujet ici. Ce qui est en cause, c'est la clarté de son projet politique, la réalité de ses marges de manoeuvre et le chemin pour notre pays demain. Dès lors que le doute existe, le 21 avril 2002 vient rappeler aux électeurs de gauche que toutes les voix sont nécessaires dès le premier tour pour l'emporter et changer la donne. Ségolène Royal est le bon choix.

(1) Voir, entre autres, Libération du 22 février 2007, «Nous, spécialistes et Français de gauche...» p. 28.


François Bayrou n'est pas Casimir

LE MONDE | 23.02.07 | 14h09  •  Mis à jour le 23.02.07 | 14h09


es déçus de la gauche ne manquent pas. Il ne faudrait pas qu'ils manquent bêtement à la gauche... Ne trouvant pas leur compte avec Ségolène Royal ou avec les autres candidatures de gauche, certains d'entre eux semblent prêts à toutes les infidélités. S'il en est une qu'il faut ramener à ce qu'elle est - un vote de droite -, c'est bien la tentation du vote François Bayrou. Or le leader centriste, qui fait un tabac dans les sondages, rogne allègrement sur les suffrages de la gauche.

"L'effet Bayrou" marche notamment chez les trentenaires, qui trouvent peut-être là l'expression d'une revanche sur la génération de Mai-68. Dans le livre le plus jouissif écrit sur notre génération, Souffrances du jeune trentenaire (Fayard, 2005), Mara Goyet décrit la scène où son jeune personnage vote François Bayrou : "Jamais il n'avait eu idée plus folle, plus osée, plus inavouable. Plutôt que de voter blanc, voter mou. Franchir la ligne blanche, voter à droite, rien qu'un petit peu mais quand même... Ce fut une expérience incroyable, un cocktail de sensation, un vrai trip de l'underground civique. Il avait l'impression d'avoir fumé du colza à l'état pur." François Bayrou, un vote subversif ?

A nos camarades de génération et aux autres, nous voulons dire "halte à la supercherie !". François Bayrou n'est pas Casimir, l'UDF n'est pas "L'île aux enfants" et la présidentielle n'a rien à voir avec le monde sucré de "Croque-vacances". Le vote Bayrou n'est pas un vote sans saveur ni conséquence. La posture du candidat, pétri de bons sentiments, en phase avec la colère du peuple contre les élites, c'est pour la télé mais pas dans l'Hémicycle.

La carrière politique du candidat UDF est déjà longue et ne se limite pas au complexe d'Astérix qu'il joue avec un certain succès depuis la mise sur rails de l'UMP. On fait toujours grand cas des déclarations d'indépendance et des critiques assassines que M. Bayrou lance à la face de l'UMP et de son candidat officiel. Il est, plus discrètement, un député discipliné : depuis 1986, il a voté de façon quasi systématique avec la droite et a participé à des gouvernements de droite libérale, dont celui d'Edouard Balladur qui le fit ministre de l'éducation nationale, et dont il fut l'un des tout premiers à réclamer la candidature à la présidentielle en 1995.

Quant aux principales propositions du candidat, elles ne traduisent vraiment pas un virage à gauche : nouveaux allégements de charges pour les entreprises (la pente naturelle du libéralisme économique), mise en place d'un "service garanti" dans les transports publics (dit autrement, c'est la remise en question du droit de grève), mise sous tutelle des allocations familiales (ce qui revient à pénaliser un peu plus les familles des classes populaires), création de nouvelles structures fermées pour les jeunes en difficulté (comme ça fleure bon le parfum sécuritaire !), abolition des régimes spéciaux de retraite (traduction : alignement par le bas des droits sociaux), libéralisation des heures supplémentaires (adieu les 35 heures et le code du travail ?), etc. Si le candidat Bayrou a récemment dénoncé le manque de "bienveillance" de l'Etat à l'égard des banlieues, il ne faut pas oublier que le député Bayrou a voté, fin 2005, la prolongation de l'état d'urgence.

Bref ! Une bonne dose d'économie libérale et une poignée de contrôle social, c'est l'UMP à visage humain. Alors, bien sûr, demeure la tentation du centre, ce grand fantasme des politologues français : existerait-il une terre bénie, un espace politique vierge et vertueux, composé d'hommes et de femmes raisonnables, libres de toute attache partisane, et dont la liberté absolue de parole irait de pair avec un attachement aveugle et exclusif à l'intérêt général, des politiques aux mains propres et aux idées larges ? Toutes les familles politiques se rattachent à l'un ou l'autre bord, ainsi va la vie démocratique qui a besoin de cette confrontation idéologique. Le centre, depuis quarante ans, a toujours gouverné avec la droite.

Le brouillage des identités droite-gauche mène à une compétition des personnalités, dont M. Bayrou espère sortir vainqueur. La politique mérite mieux que ça. Et la gauche n'a rien à y gagner : au lieu de laver à la machine le clivage droite-gauche, en espérant grappiller sur l'électorat du centre-droit, elle ferait mieux de défendre un projet de transformation sociale qui s'oppose, point par point, à la cohérence libérale-autoritaire de Nicolas Sarkozy.

Qu'une hésitation entre François Bayrou et Ségolène Royal soit possible traduit le déplacement du PS vers la droite - c'en est même l'un des tristes symptômes. Nous pouvons concevoir que certains de nos camarades de génération et d'autres, désireux de casser par leur vote une routine mortifère entre une droite de régression et une gauche de renoncement, puissent croire une seconde que le vote François Bayrou permette de s'évader. Nous voulons leur rappeler que, pour l'évasion, d'autres candidatures clairement positionnées à gauche - antilibérales, écolos... - sont possibles (et souhaitables !).

La tentation du vote François Bayrou ne peut donc s'habiller de l'excuse d'une absence de choix sur l'échiquier politique à gauche. M. Bayrou n'est ni un monstre gentil, ni le bon Charles Ingalls de "La Petite Maison dans la prairie". Il est (encore) temps de revenir à la réalité.


Clémentine Autain est adjointe (app. PCF) au maire de Paris; Anne Le Strat est conseillère de Paris (Verts).
Elles sont membres de la Fondation Copernic.

Article paru dans l'édition du 24.02.07


 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 11:31
Les vacances ont cela de bon qu'on peut profiter de moments de répits et s'attaquer en pleine détente aux bouquins qu'on vous a offert quelques semaines plus tôt.
Je m'attaque donc depuis quelques temps aux BD que j'ai trop longtemps laissées de côté, et que mon épouse m'a positivement dénichées pour mon anniversaire.

Mon coup de foudre de la semaine s'est donc porté sur "Les Mauvaises gens" d'Etienne Davodeau, primé au festival d'Angoulême de 2006.
Voilà un beau livre que je qualifierai avant tout de touchant et d'humain. Les auteurs de bandes dessinées évitent souvent les "histoires vraies", alors un dessinateurs qui prend pour scénario la vie militante de ses propres parents, c'est le comble.
C'est peu de dire que le sujet est traité avec respect et sans voyeurisme ou nombrilisme ; jusque dans son dessin l'auteur s'est appliqué à un certain "devoir de grisaille" qui doit concerner les choses sérieuses et seul permet la transmission d'un message en profondeur.

Ce livre par ailleurs a le mérite d'éclairer un parcours, un petit pays, et dans ce pays des gens qu'on oublie toujours car ils ne cadrent avec aucune des mythologies dominantes de l'hexagone.
On connaît les bons catholiques de l'ouest français, qui vont à l'église plutôt deux fois qu'une et mettent leurs enfants à l'école privée (parce qu'il n'y en a pas d'autres souvent de toute manière) - et on les classe rapidement dans la catégorie des chouans aliénés et villieristes ; on connaît la classe ouvrière qui lutte avec la CGT dans les grandes agglomérations industrielles, chante l'internationale et se faisait manipuler par le PCF.

Et bien voilà qu'Etienne Davodeau rappelle la vie, difficile, d'une classe sociale qui a mis plus longtemps encore que les autres acquérir sa conscience et sa dignité dans la deuxième moitié du XXème siècle : les ouvriers catholiques du Choletais.
Soumis à une société conservatrice, écrasée par une Eglise romaine traditionnelle alliée à des patrons qui n'ont de paternalistes que la mauvaise, ces jeunes gens ont dû tout apprendre et tout construire en une vie, sans rien renier, de leur foi, de leur identité, pour retrouver leur diginité et s'inventer un nouvel avenir, affronter sans doute de nouvelles désillusions, là où ailleurs en France la classe ouvrière avait mis plusieurs générations.
Cette histoire de prêtres ouvriers, de jocistes, de cédétiste de base, d'une classe ouvrière qui porta le socialisme français au pouvoir en 1981 est un fort rappel à l'ordre pour le petit protestant socialiste que je suis - finalement c'est tellement plus facile pour moi, que ces gens ne peuvent que forcer le respect.

Ce livre sonne pour moi comme un rappel salutaire qu'il ne faut pas se tromper de camp et qu'il est des camarades qu'on ne saurait trahir ni la mémoire, ni leurs enfants.
Le 22 avril 2007 sonne ainsi comme un rendez-vous à honorer, le combat continuera après.

Frédéric FARAVEL

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:24
L'animateur de ce blog, c'est à dire moi-même, prend des vacances et donc le blog aussi. J'y ai bien droit un peu... Et ce jusqu'au lundi 26 février...

Mais ce n'est pas une raison pour hésiter à faire connaître ces pages à d'autres internautes et de diffuser la "bonne parole"... bon là je m'emporte.

Fred

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