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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 17:39
Pour un scrutin proportionnel
lundi 2 avril 2007 - cyberpresse.ca - Mario Girard

L’idée d’une réforme du mode de scrutin au Québec refait surface une fois de plus. Une poignée de personnalités du monde politique ont lancé hier une pétition afin qu’un système proportionnel soit mis en place dès les prochaines élections.

Au cours d’une conférence de presse donnée à Montréal, des personnalités publiques ont lancé une opération de sensibilisation aux avantages du mode de scrutin proportionnel. Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, Jean-Pierre Charbonneau et Louise Beaudoin, anciens ministres péquistes, Liza Frulla, ex-ministre libérale fédérale et provinciale, Jean Allaire, président-fondateur de l’ADQ, et plusieurs autres font partie du groupe.

Selon eux, notre système uninominal à un tour est profondément injuste. «Ce système empêche les partis d’obtenir une représentation équitable de députés, dit Mercedes Roberge, présidente du Mouvement pour une démocratie nouvelle. Ça nuit également à l’égalité des sexes et à la présence des représentants des communautés ethnoculturelles à l’Assemblée nationale

Dans l’histoire du Québec, il est arrivé à quelques reprises qu’un parti s’empare du pouvoir même s’il arrivait 2ème pour le nombre de votes exprimés. «Quand un parti peut prendre le pouvoir avec seulement 35% des votes, il y a quelque chose d’inacceptable», dit Jean-Pierre Charbonneau.
Selon des calculs simples, si un système proportionnel avait été en vigueur le 26 mars dernier, les libéraux auraient eu un peu moins de députés, pense Jean-Pierre Charbonneau. L’ADQ et le PQ en auraient eu un peu plus. Quant à Québec solidaire et au Parti vert, avec 4% de votes chacun, ils auraient pu avoir une représentation à l’Assemblée nationale. «Ils auraient pu former une coalition», ajoute M. Charbonneau. De même, aux élections de 2003, l’ADQ, qui avait reçu 19% des voix, n’a pu obtenir que 4 sièges.

Le collectif juge que le moment est opportun pour réfléchir à une telle réforme puisque les Québécois ont, pour la première fois depuis plus de 100 ans, élu un gouvernement minoritaire, si «accidentel» soit-il.

Selon Claude Béland, les citoyens sont prêts pour un tel changement. «C’est du côté des élus que ça bloque, dit-il. Le système que nous avons favorise le bipartisme, sauf que, là, on se rend compte que les citoyens n’en veulent plus
Ces personnalités hésitent à favoriser un système proportionnel en particulier. Il pourrait s’agir, selon eux, d’un mélange des systèmes proportionnel et uninominal à un tour, un peu comme en Allemagne.
Parallèlement, Jean Allaire souhaiterait que les élections aient lieu à date fixe. «Quand le parti au pouvoir déclenche les élections, il prend les autres partis par surprise et on se retrouve avec un choix déficient de candidats», explique-t-il.

Un avant-projet de loi prônant une réforme du mode de scrutin a été déposé il y a plusieurs mois à l’Assemblée nationale. Pour le moment, le dossier se trouve entre les mains du Directeur général des élections, qui devrait donner son avis en juin prochain.
«On ne veut pas son avis sur les effets d’un système proportionnel, ça ne le regarde pas, dit Jean-Pierre Charbonneau. Il doit seulement examiner la façon dont on pourrait appliquer un tel système

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 09:32
La souveraineté peut-elle survivre?

L'option risque d'être orpheline de son parti

L'option souverainiste peut-elle survivre à la débâcle électorale du parti politique qui la porte depuis près de 40 ans ? Voilà la question que se posent aujourd'hui de nombreux indépendantistes lorsqu'ils ne sont pas occupés à chercher qui, du chef ou du programme, il faut blâmer pour la déconfiture du Parti québécois.

Avec 28% des suffrages, le PQ est passé lundi sous le seuil des «purs et durs», évalué à 34%, soit le noyau qui voterait pour la «séparation» sans offre de partenariat avec le Canada. Pourtant, il y a moins de 2 ans, l'option caracolait à 54% dans les sondages, gonflée par le scandale des commandites. On rappelait aussi que les aînés attachés à l'identité canadienne-française étaient progressivement remplacés par les baby-boomers, que les jeunes étaient plus souverainistes et que les néo-Québécois devenaient moins réfractaires à cette idée.

Le fruit espéré n'a pas pu être cueilli et le PQ est maintenant relégué au 3ème rang à l'Assemblée nationale. À l'horizon, une crise interne menace au sein du Parti québécois. «L'option souverainiste risque d'être orpheline de son parti», fait observer le sociologue Simon Langlois, de l'Université Laval. Il croit néanmoins que le noyau dur pourrait raviver les braises souverainistes, d'autant plus que l'appui à la souveraineté oscillait toujours autour de 44% pendant la campagne électorale (avec une question référendaire qui n'impliquerait pas de partenariat avec le Canada).
«Depuis le début des années 2000, il y a un divorce entre le niveau d'appui à la souveraineté et celui des intentions de vote en faveur du Parti québécois. On veut la souveraineté, mais on pense que les conditions ne sont pas réunies, que les astres ne sont pas alignés pour s'engager dans un référendum», fait observer le sociologue, précisant qu'auparavant, le PQ était généralement plus populaire que son option.

Résultat des courses : bon nombre de ces électeurs qui se déclarent souverainistes ont accordé leur vote à l'ADQ lundi, sans compter ceux qui ont opté pour les Verts, pour Québec solidaire, ou qui sont carrément restés chez eux.

Discours identitaire
Comment une telle faction de souverainistes a-t-elle pu faire le saut à l'ADQ ? La question est complexe et il faudra certainement plusieurs mois avant d'y voir clair. Cependant, plusieurs observateurs pointent déjà en direction du sentiment identitaire, que l'ADQ aurait mieux su incarner à l'extérieur de Montréal.

«Nos nationalistes ont eu le sentiment que le vrai défenseur de l'identité québécoise, c'était Mario Dumont. Ça fait mal», avance l'historien Éric Bédard, qui présidait le comité des jeunes du PQ au moment du référendum de 1995. Selon lui, c'est le discours du chef adéquiste sur les accommodements raisonnables qui a été le point tournant. «En disant que ce n'est qu'une question de droits et de libertés, André Boisclair a laissé le cheval de l'identité québécoise, dont Mario Dumont s'est emparé. Cela a été le laissez-passer pour aller vers l'ADQ», poursuit M. Bédard, qui trace un parallèle avec la position du Premier ministre unioniste Jean-Jacques Bertrand en faveur du libre choix en matière de langue d'enseignement en 1969 (bill 63), ce qui lui avait coûté la victoire par la suite.
Pour M. Bédard, le Parti québécois a mis en sourdine le discours identitaire dans son argumentaire depuis le traumatisme causé par la déclaration de Jacques Parizeau sur le vote ethnique le soir du référendum de 1995. «On a tellement voulu montrer patte blanche qu'on a tourné le dos au pathos identitaire. Ça ne sentait pas bon, ça sentait l'ethnicisme», fait valoir M. Bédard, qui estime que le PQ a fait la promotion d'un «souverainisme dénationalisé». «On veut faire la souveraineté au nom de la vertu supérieure du peuple québécois, plus écologiste, social-démocrate, ouvert sur le monde, plutôt que parce que nous sommes un peuple inscrit dans l'histoire, qui veut s'inscrire aussi dans la durée», analyse l'historien.

Tout en jugeant adéquate la réponse du chef péquiste aux accommodements raisonnables, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion, est lui aussi d'avis que la question identitaire est négligée dans le discours péquiste depuis plusieurs années. Il cite en preuve le peu de cas fait de la langue française dans le programme péquiste. «C'est même le parti qui en a le moins parlé», déplore M. Dorion, rappelant que le PQ n'a pas fait entrer en vigueur la loi adoptée en 2003 qui faisait du français la langue des communications de l'État. «M. Dumont a fait vibrer la corde identitaire d'une façon pas très saine. Cela a contribué à le faire monter et à distraire les gens de questions tellement plus importantes, comme le bilinguisme de la société et l'hégémonie de l'anglais», croit M. Dorion, qui dénonce le fait que la moitié des nouvelles infrastructures hospitalières de la métropole sera gérée en anglais.

Au discours identitaire, pierre d'assise du Parti québécois dès sa fondation, a succédé un autre discours, plus pragmatique, qui s'est appuyé entre autres sur le déséquilibre fiscal au cours des dernières années. Cette réorientation a mené à une argumentation un peu trop «comptable» au goût du président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose. «Ma préoccupation, c'est que la souveraineté redevienne une question identitaire et moins une question comptable, de bouts de ski, moins une question de stratégie où on travaille sur les modalités et le calendrier», plaide l'ancien syndicaliste, convaincu qu'il faut maintenant recréer une nouvelle coalition souverainiste puisque le PQ n'en est plus une en soi.
«Ça reste à inventer. J'ai récemment rencontré des artistes qui étaient eux aussi surpris des résultats électoraux. Ils pensent qu'il faut qu'on reparle du pays, mais pas comme des comptables», explique M. Larose.

L'autonomie
Une autre explication de la désertion de plusieurs souverainistes vers l'ADQ pourrait se trouver du côté de la position autonomiste de ce parti. La célèbre boutade d'Yvon Deschamps («Un Québec fort dans un Canada uni») représente peut-être encore l'idéal de plusieurs Québécois.
Mario Dumont peut-il aller au bout de sa logique et exiger de nouveaux pouvoirs à Ottawa, à la faveur d'un gouvernement conservateur ? Le champ de la politique-fiction est ouvert. S'il se hissait au pouvoir, s'il osait mener cette bataille et se faisait dire non, qu'adviendrait-il ? Et si on lui disait oui ?
«Comme c'est un film qu'on a déjà vu, il se jouerait vite. Je ne crois pas qu'on va veiller tard sur la question de l'autonomie. Je ne sais même pas si Mario Dumont va avoir la force d'aller au bout du processus», affirme Gérald Larose. Celui-ci est convaincu qu'un hypothétique pèlerinage de Mario Dumont à Ottawa se terminerait dans le même «cul-de-sac» que celui où avait abouti Robert Bourassa. «[Les adéquistes] vont finir par se démarquer : les uns seront canadiens, les autres québécois

Jean Dorion juge lui aussi la position autonomiste de l'ADQ complètement «irréaliste». «Si Mario Dumont va à Ottawa et se fait dire non, peut-être que cela pourrait aider un parti indépendantiste ou l'idée d'indépendance», avance-t-il prudemment avant de préciser que le PQ ne doit surtout pas laisser de terrain à l'ADQ. Une chose est certaine, tant pour M. Dorion que pour plusieurs autres indépendantistes : le PQ ne doit pas renoncer à son option et devenir une 2ème ADQ. «Ce serait la mort du PQ. On ne peut pas battre un tel parti populiste sur son propre terrain», lance-t-il.
Moins tranché, le philosophe Michel Seymour, ex-président des Intellectuels pour la souveraineté, est prêt à appuyer Mario Dumont s'il se lance dans une quête constitutionnelle. «Si on transformait radicalement l'État fédéral en un État multinational, je deviendrais moi-même un fédéraliste. Mais je suis souverainiste parce que je crois que c'est devenu impossible», fait-il valoir, conscient que les péquistes sont plutôt réfractaires à une telle ouverture. «On refait le script de Meech, mais cette fois-ci, peut-être qu'on aurait autre chose qu'un Premier ministre qui, en fait, ne voudrait jamais de la souveraineté comme Bourassa», suggère M. Seymour.

Pour l'heure, de telles questions ne se posent pas : Mario Dumont n'est pas Premier ministre et ne peut donc pas formuler de demandes à Ottawa. Les souverainistes en sont plutôt à se demander comment traverser le désert.

Pour les militants de la première heure, quelques leçons doivent d'abord être tirées de la campagne électorale. D'abord, un chef en campagne ne doit plus être encarcané dans un échéancier référendaire trop strict, qui le mène à promettre un référendum le plus tôt possible au cours d'un premier mandat et à pousser l'audace jusqu'à vouloir le tenir en situation de gouvernement minoritaire.

C'est notamment l'avis de l'ancien ministre péquiste Marc-André Bédard. «Les Québécois n'acceptent pas que le Premier ministre de tous les Québécois soit enchaîné sur la stratégie et sur le moment de la réaliser par un parti», fait valoir M. Bédard, dont le fils, Stéphane, est aujourd'hui député de Chicoutimi.
Selon M. Bédard, les souverainistes doivent cesser de chercher «des raccourcis» pouvant mener à la souveraineté. «Faire la souveraineté, c'est convaincre, animer un milieu et sa population, s'inscrire dans tous les secteurs d'activité», plaide-t-il.

Le conseil du sage péquiste qui fut aux côtés de René Lévesque dès la fondation du Parti québécois reçoit écho dans les propos de Gérald Larose et de Jean Dorion. «Il faut reprendre la pédagogie de la souveraineté. Il n'y a eu aucune démarche dynamique sur l'indépendance depuis des années, et pas juste sous Boisclair: ça remonte au départ de Jacques Parizeau. On dirait qu'on attend que l'idée se diffuse d'elle-même dans la population», déclare Jean Dorion.
Celui qui a la tâche titanesque de faire la promotion de la souveraineté à l'extérieur du cadre péquiste, Gérald Larose, pense lui aussi que tous les enjeux doivent être «traités systématiquement à l'aulne du projet à construire». «Le développement local, les accommodements raisonnables, le développement durable, etc., il faut systématiquement imposer notre point de vue indépendantiste», plaide-t-il. À l'instar de Marc-André Bédard, il conclut que les Québécois en ont assez de «la fixation sur la modalité référendaire et sur son calendrier». «Pour moi, c'est secondaire. On n'est plus prêts à parler de la question de la souveraineté sur la question de la modalité. Sur celle d'un projet de société à construire, oui !»

Le lendemain de veille est difficile pour les souverainistes, qui doivent encore comprendre ce qui s'est produit lundi, panser leurs plaies, reprendre leur souffle. Mais la plupart des souverainistes interrogés ne sont pas prêts à renoncer au pays. L'idée saura-t-elle traverser la tempête ? Seul l'avenir le dira. Ceux qui s'ennuient déjà des débats référendaires peuvent toujours se sustenter partiellement en suivant les élections écossaises du 1er mai prochain, alors que le Scottish National Party (SNP), qui domine dans les sondages, promet un référendum sur l'indépendance.

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 09:14
Rendre à l’Education sa place de premier budget de la nation
De Jean-Pierre Dufau, candidat dans les Landes (2e circ) | 1er avril 2007

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A l’issue de la dernière des quatre grèves nées du « décret Robien », il semble que tous les candidats aient annoncé leur volonté de revenir sur ce décret qui supprime une partie des décharges horaires, favorise la bivalence (enseignement de deux matières par un même professeur) et développe les nominations dans plusieurs établissements. Si l’on ne peut que se réjouir de voir l’UMP et l’UDF en campagne ouvrir enfin les yeux, il convient cependant de ne pas être dupes.

De fait, le quinquennat durant lequel les mêmes UMP et UDF se sont succédées au ministère de l’Education a été celui d’une régression sans précédent : déclin régulier du budget de l’éducation depuis 2002 et réduction permanente du nombre d’enseignants (-30.000 dans le seul enseignement secondaire !) ne représentent qu’une partie des atteintes parachevées par le « décret Robien ». Gilles de Robien et le Rectorat de Paris ont été moins actifs dans leur soutien à la Directrice d’école parisienne de Rampal placée en garde-à-vue après l’algarade entre la police et les parents d’élèves et enseignants. Quant à Sarkozy, il n’est plus ministre de l’Intérieur et donc n’est plus concerné ! Consternant !

Le Pacte présidentiel de Ségolène Royal entend inverser la tendance, en rendant notamment à l’éducation sa place de premier budget de la nation garanti par une loi de programmation, en organisant dès le mois de mai des « états généraux des enseignants » sur le mode participatif et en rétablissant les postes supprimés. La révision et non l’abandon de la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, le doublement de l’allocation de rentrée scolaire dès la rentrée 2007, la mise en place d’un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans ainsi que l’organisation du soutien scolaire individualisé gratuit font aussi partie du pilier Education du pacte présidentiel.

A voir aussi : Le blog de campagne de Jean-Pierre Dufau
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 16:39

Nous sommes au printemps 2009, deux ans après le séisme électoral qui a propulsé mario dumont dans le siège de chef de l'opposition officielle. Pendant ces deux années, Jean Charest s'est maintenu au pouvoir avec le concours alterné de l'Action démocratique et du Parti québécois. De son côté, le parti de René Lévesque a digéré, de peine et de misère, son amère défaite. D'intenses discussions, de graves déchirements ont agité le PQ. Avec des acteurs et des stratèges de la scène politique québécoise, nous avons voulu faire un petit exercice de politique-fiction: de quoi pourrait avoir l'air le PQ dans 2 ans? Montez dans la machine à voyager dans le temps et choisissez votre scénario.

Scénario A: l'éclatement

Ce qui est arrivé
Après les élections, André Boisclair est demeuré 1 an à la tête du Parti québécois. Sous sa gouverne, le PQ a officiellement mis son option en veilleuse. La souveraineté demeure donc l'objectif ultime, mais le référendum n'est plus un automatisme. C'est, en gros, le retour aux conditions gagnantes de Lucien Bouchard. Le programme du PQ reste de centre gauche. Les purs et durs, ulcérés par ce qu'ils considèrent comme une trahison, ont quitté le parti. Les souverainistes qui se retrouvent plus à droite dans le spectre idéologique ont aussi quitté le PQ pour l'ADQ, persuadés que Mario Dumont sera, à terme, celui qui fera la souveraineté. Car, à l'issue de négociations constitutionnelles infructueuses, il pourrait, croient-ils, être contraint de tenir un référendum sur la souveraineté.

Ce qu'ils en pensent
Les purs et durs du Parti québécois n'accepteraient pas facilement que l'on mette la souveraineté sur la glace. «Le Parti québécois existe pour faire la souveraineté du Québec», lance Paul Bégin, ex-ministre péquiste et membre de la faction dure. Il partirait, advenant une mise en veilleuse de l'option ? «Certainement», dit-il, rappelant le schisme qu'avait créé, en 1985, la doctrine d'affirmation nationale de Pierre Marc Johnson.

«À partir du moment où le PQ n'est plus souverainiste, quelle est la différence entre le PQ et le PLQ dans la gestion de l'État à la petite semaine ? Pas grand-chose», ajoute Patrick Bourgeois, éditeur du journal Le Québécois et membre, jeune celui-là, de l'aile pure et dure. «Si on s'enligne pour un autre beau risque, à l'aile orthodoxe, on va se réunir et voir ce qu'on fait

«Le risque d'éclatement est réel», dit un ancien élu péquiste. «Parce que nous n'avons plus de chef immense pour nous tenir. Le réflexe de l'Homo pequs, c'est le Messie. Mais là, c'est fini».

Une fois la souveraineté mise en veilleuse, le Parti québécois, une coalition hétéroclite de gens de gauche et de droite, perdrait son ciment, estime Jean-Claude Rivest, sénateur libéral et fin observateur de la scène politique québécoise. «Si on enlève le couvercle sur la marmite du Parti québécois, il y a 2 sauces qui vont sortir : une de droite et une de gauche», illustre-t-il.

Le débat gauche-droite s'engagerait donc au PQ. Et si d'aventure l'aile gauche, qui a gagné beaucoup de muscle, remportait la mise, un certain nombre de souverainistes partiraient, estime l'ex-ministre Jacques Brassard. «On a encore un programme social-démocrate des années 1960-1970. Si on choisit de s'engager à gauche encore davantage, moi, je décroche. Et il y en a beaucoup qui vont décrocher

Ces souverainistes de droite iraient-ils se réfugier dans les bras de Mario Dumont ? En tout cas, un gouvernement Dumont relancerait «l'industrie constitutionnelle», croit Jean-Claude Rivest, qui était l'éminence grise de Robert Bourassa au moment de l'accord du lac Meech. «Avec Mario, on rembarque dans la démarche de Jean Lesage, de Robert Bourassa. Mais si on accepte ça, on va frapper un mur

«Beaucoup de souverainistes sont tentés par l'ADQ parce qu'ils pensent qu'il faut rejouer dans le grand film constitutionnel», admet un péquiste de longue date.


Scénario B: le «New PQ»

Ce qui est arrivé
Oui, le Parti québécois a mis son option sur la glace en revenant aux conditions gagnantes de Lucien Bouchard. Mais non, cette redéfinition n'a pas causé de schisme. Quelques « caribous» sont partis, mais la majorité des membres a volontiers accepté que le référendum ne soit plus un automatisme. Cependant, la discussion sur la nature idéologique du programme a été vive. Les tenants d'un «New PQ», à l'image du New Labour de Tony Blair, ont finalement remporté le combat. Le Parti québécois, disent-ils, sera donc fidèle à ses racines - souveraineté et social-démocratie -, mais les moyens pour atteindre ces objectifs seront différents. Cette orientation n'a pas plu aux éléments les plus à gauche, qui ont quitté le parti pour se joindre à Québec solidaire.

Ce qu'ils en pensent
«L'erreur qu'on fait, c'est de penser que le référendum est le ciment du PQ. Le ciment, c'est la souveraineté, observe Jacques Brassard. L'immense majorité des membres va accepter d'emblée cette réorientation

Sauf rares exceptions, les purs et durs resteraient au Parti québécois, croit aussi Jean-François Lisée, ex-conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard. «Lévesque a essayé toute sa vie de les faire partir et ils ne partent jamais», dit-il à la blague de cette faction orthodoxe, qui représente, selon lui, un minime 5% des membres du PQ.

«Ces gens-là continuent de parler de souveraineté comme si on était en 1971! Ils m'exaspèrent, lance le père de la stratégie étapiste, Claude Morin. Il faut proposer une feuille de route pour la souveraineté, mais la route n'a pas à être construite avant l'hiver !»

Jonathan Valois, l'un des 3 mousquetaires péquistes qui avaient pondu un rapport incisif sur la souveraineté, est d'accord. «À un moment donné, il va falloir arrêter de se faire gouverner par ces gens-là. Il va falloir les convaincre qu'on est en train d'étouffer la question nationale», lance-t-il.

Cependant, les remises en question au Parti québécois devront aller bien au-delà de son article 1, estime l'ex-ministre Joseph Facal. « Les Québécois veulent une offre politique qui part de leurs besoins réels. On ne renie pas la social-démocratie ; on offre une réponse social-démocrate aux besoins des gens

«Personne n'avait de doute sur les valeurs de Tony Blair. Et ça lui a permis de faire des ouvertures au centre», observe Jean-François Lisée. 
Et qu'est-ce que ça veut dire, concrètement ? «Relisez le manifeste des lucides», dit Joseph Facal. Dégel des droits de scolarité, augmentation des tarifs d'électricité.

Les propositions des lucides devraient cependant être remaniées, estime Richard Nadeau, professeur de sciences politiques, qui a aussi été conseiller de Bernard Landry. «Il faudrait faire une synthèse en intégrant les éléments de diagnostic des lucides, mais aussi d'autres éléments qu'ils n'avaient pas abordés, comme l'environnement

Mais l'aile gauche n'accepterait jamais ce genre de compromis. «Le SPQ-libre va faire ses valises et on devra l'assumer», renchérit Jacques Brassard en parlant du club politique de gauche formé au PQ sous Bernard Landry.

Scénario C: le statu quo

Ce qui est arrivé
Après la défaite crève-coeur de 2007, André Boisclair a fait long feu comme chef. Juste avant l'été, il tombe, achevé par les couteaux bien aiguisés de ceux qui lui reprochaient sans relâche la débandade du PQ. Une course à la direction s'engage, dominée par Gilles Duceppe. Parce qu'ils veulent être élus, les aspirants à la direction s'écartent très peu de l'orthodoxie péquiste. Tous s'engagent donc à tenir un référendum au cours du premier mandat s'ils sont élus. La social-démocratie classique demeure également à l'ordre du jour. Après une longue course à la direction, Gilles Duceppe est élu par une large majorité.

Ce qu'ils en pensent
«Relisez les journaux de 1987 ou 1988. Le PQ était mort, le PQ était rétrograde... Des mots très durs. Et pourtant, avec Jacques Parizeau, on a réussi à remonter la pente. Ce n'est pas vrai que c'est en renonçant à ce qu'on est qu'on va réussir», dit Paul Bégin.

Pour l'ex-ministre de la Justice, la recette du succès est simplissime : le PQ doit retrousser ses manches et continuer la pédagogie. «Il faut faire le cheminement qu'on a oublié de faire depuis le départ de Jacques Parizeau : faire la promotion de la souveraineté.» Et la chose passe immanquablement, croit M. Bégin, par un changement de chef. «Scénario probable : le PQ fait comme d'habitude : il tue son chef et ne change rien», ironise un ex-ministre péquiste.

Or, selon plusieurs, ce scénario serait suicidaire. «Ce serait la NPDisation du PQ. On se condamnerait à être un parti de protestation qui ferait 20% et moins du vote. C'est l'insignifiance», dit un péquiste de longue date. «La pire chose, ce serait que rien ne change», acquiesce Jonathan Valois.

«On est entrés dans un autre beau risque. Mais ce n'est pas nous qui l'avons lancé : c'est l'électorat qui a répondu», dit Jean-Pierre Charbonneau, ex-ministre péquiste. «La stratégie de 2004 a un petit côté suicidaire. Elle est insensée. Elle risque de nous conduire à un 3ème référendum perdant», ajoute Jacques Brassard. «Il faut que les gens acceptent de tout remettre en cause», renchérit Yves Martin, ex-conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard.

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 10:38
Lorsque les banlieues s'étaient embrasées en novembre 2005 suite à la morte de Zyed et Bounah à entre Clichy et Livry-Gargan, Sarkozy et les préfectures avaient répété sur toutes les ondes que la police nationale avaient poursuivi de dangereux malfaiteurs qui venaient de perpétrer un vol aggravé et que les forces de l'ordre avaient de bonnes raisons de poursuivre ses dangereux délinquants, qu'elles n'étaient par ailleurs aucunement responsables de l'acte insensé et suicidaire qui les avaient amenés à se réfugier dans une centrale électrique. Depuis les faits et les enquêtes ont démontré à quel point le ministre de l'intérieur de l'époque et les services de l'Etat, qui en dépendaient, avaient outrageusement menti à la population française et sans aucune doute ainsi aggravé les émeutes qui avaient douloureusement marquées nos quartiers populaires.
Depuis plus d'un an, la gauche, les syndicats, les associations et les maires de bon sens ne cessent de répéter que la tension n'est pas réellement descendue, que la braise couve, que la moindre étincelle peut à nouveau déclencher le pire et que les pouvoirs publics se doivent de faire preuve d'une grande responsabilité pour tenter de rétablir sur le long terme la confiance qui a disparu entre une grande partie de la population et les institutions républicaines.
Et Sarkozy avec Baroin n'ont rien appris ; après les scènes d'émeutes de la Gare du Nord voilà à nouveau qu'ils nous assènent le même type de mensonge que pour Zyed et Bounah : le fraudeur est un Congolais sans papier, expulsable avec 22 condamnations pour faits de délinquances graves dont le trafic de stupéfiants à son actif !!! Terrifiant...
Quand on regarde de plus près, rien n'excuse le fait de ne pas payer son ticket et d'ameuter le public de la Gare du Nord pour empêcher son interpellation, mais l'homme en question est entré légalement sur le territoire français, à l'âge de 10 ans grâce au regroupement familiale, 7 condamnations ont été réellement prononcées, essentiellement pour vol de nourriture dans un supermarché, la plus grave étant la possession illégale d'une arme à feu (mais on en nous dit pas s'il s'en est servi un jour). Quelle distorsion entre les discours du candidat réactionnaire, et de sa doublure au ministère de l'intérieur, et les faits ? On voudrait déclencher le pire qu'on ne s'y prendrait pas autrement, d'autant que ces informations sont désormais connues de tous mais que Sarkozy persiste à colporter des mensonges ! Cet homme est dangereux ; en 5 ans, il a créé une ambiance de guerre civile dans la moitié du pays en étant ministre ou chef de parti ; s'il venait à gouverner ce serait pire encore.

Frédéric FARAVEL
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 10:27
J'écoutais comme tous les matins dans ma voiture le 7-9/30 animé par Nicolas de Morand sur France Inter. Aujourd'hui c'est Philippe de Villiers qui était l'invité.
et rapidement je crois que j'ai eu envie de vomir comme rarement. Ce type manie l'amalgame avec un applomb que même Jean-Marie Le Pen n'a pas (ou plus) et si pour lui la France n'est pas une race, il semble bien que le concept de races par contre lui soit pleinement familier.
Le comble ça a été quand il n'a pas voulu répondre à la question sur le fait de savoir comment devait prendre les jeunes Français d'origine maghrébine, dont les compétences techniques enrichissaient la france, d'être systématiquement stigmatisés et comparés à des délinquants. Son seul propos a été de dire que les informaticiens, mathématiciens, médecins et techniciens d'origine étrangère devaient rentrer chez eux : et jusqu'à combien de générations de présence et d'intégration dans la nationalité française faut-il remonter ?
Enfin quant à savoir si les Musulmans français avaient le droit d'exercer normalement leur culte dans la République, comme les autres religions, il a dit qu'il était pour une Charte républicaine de la construction de Mosquées, fondé sur l'absence de polygamie, d'excision, du mariage forcé, etc. C'est quoi le rapport avec la construction de mosquées ?
Pas étonnant que Jacques Bompard et la maire FN de Chauffailles l'aient rejoint, ce mec est pire que Le Pen.
Frédéric FARAVEL
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 14:56
L’echec des orientations macro-économiques de l’Europe
Tribune de Benoît Hamon - L’Humanité | 24 mars 2007
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L’Europe est en crise. Antonio Gramsci définissait la crise comme «la période qui caractérise le moment où le vieux est mort et le neuf hésite à naître». Au moment où nous fêtons le cinquantième anniversaire du traité de Rome il est temps de nous pencher sur la raison d’être du projet européen.
L’adhésion des peuples est le seul ingrédient indispensable à la construction européenne. C’est pourtant ce soutien qui manque aujourd’hui. Ce qui grandit dans toute l’Europe, c’est le doute à l’égard de la construction européenne, l’incompréhension à l’égard de ses buts, le mécontentement à l’égard de ses politiques. Ce sentiment n’est pas encore majoritaire mais il grandit en raison des choix politiques réalisés au nom de l’Europe. Si ce soutien manque, c’est que la distance entre l’Europe affichée, l’Europe promise et l’Europe vécue, ou perçue, s’est creusée.
Pourtant l’Europe peut être le moteur de changements positifs en France et dans tous les États membres. Pour cela, l’Europe doit commencer par bien faire ce pourquoi elle a été créée : assurer la prospérité économique, promouvoir la croissance et l’emploi. Je me concentrerai sur ce point car il est la clé du progrès social. L’Europe est mise en échec par les orientations macroéconomiques mises en oeuvre depuis plusieurs années. L’UE, qui reste pourtant la première puissance économique mondiale, connaît une croissance moyenne inférieure d’un point à celle des États-Unis et de quatre points à celle de l’Asie sur les vingt dernières années. Il est donc essentiel de reprendre le contrôle des instruments de la politique économique européenne.

Je vois 4 priorités dans ce domaine.

Aujourd’hui la BCE continue, au nom de la stabilité des prix, à encourager la modération salariale, à recommander une plus grande flexibilité du marché du travail et, encore récemment, à signaler les conséquences négatives pour l’emploi de l’existence dsalaire minimum. Simultanément, la politique de «l’euro fort» conduit nos entreprises, comme Airbus, à être moins compétitives que leurs concurrentes, qui facturent leur production en dollars. Résultat, on perd de tous les côtés : la modération salariale provoque un ralentissement de la demande intérieure et, parallèlement, la politique des changes entraîne baisse des exportations et pertes d’emplois. Il est donc devenu indispensable de modifier le mandat de la BCE et de renforcer le rôle des gouvernements dans les orientations de changes pour retrouver la maîtrise des principaux instruments des politiques macroéconomiques européennes.

Si les États de la zone euro voulaient, par l’investissement public, prendre le relais d’une demande privée défaillante, ils ne le pourraient pas, ou si peu. En effet, le pacte de stabilité surveille sévèrement les déficits publics et pénalise les États contrevenants.

Deuxième priorité, il est nécessaire de proposer une réforme durable du pacte qui favorise les dépenses d’avenir (la recherche, l’innovation, l’éducation) qui peuvent creuser provisoirement des déficits mais sont créatrices de richesses à moyen terme.

Mais pour soutenir la croissance en Europe, préparer l’avenir et assurer la solidarité entre les États membres, il est aussi indispensable d’augmenter le budget de l’UE. C’est la troisième priorité. Le budget annuel de l’UE équivaut au tiers du budget de la France. C’est risible. Il est donc urgent d’augmenter les moyens de la puissance publique européenne. Cela suppose une modification des traités, qui autorise l’Europe à réaliser des emprunts et à lever l’impôt. La relance du débat institutionnel doit être l’occasion d’exiger ces modifications, absentes du traité constitutionnel soumis à la ratification des Européens.

Enfin, il faut engager l’harmonisation de la fiscalité des entreprises dans la zone euro pour éviter les délocalisations et stopper la pression à la baisse des impôts sur les sociétés, créée par la concurrence fiscale. Le dumping fiscal provoque la baisse des recettes publiques et donc la diminution des moyens pour financer les politiques sociales et les services publics à la charge des États membres. La France et l’Allemagne peuvent prendre l’initiative d’un mouvement d’harmonisation dans ce secteur.

Voilà quatre priorités pour changer l’orientation des politiques économiques européennes actuelles. Leur mise en oeuvre, même partielle, améliorerait sensiblement la situation sociale en Europe. Ce n’est pas l’Europe qui bloque le progrès, c’est la majorité qui la gouverne. Il revient à la gauche de proposer et de construire une alternative. Au coeur de celle-ci, il faut exiger la mise en oeuvre d’une nouvelle politique économique européenne.

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 14:41
Juste un bémol pour compléter cette émission de Jean Lebrun sur France Culture, si les régions québécoises rejettent sans doute l'oubli et le politiquement correct montréalais, le Saguenay-Lac-Saint-Jean autour de Chicoutimi a bien voté pour les péquistes.
Fred


Travaux Publics
par Jean Lebrun
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h30

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émission du mercredi 28 mars 2007
Les élections au Québec





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Soirée électorale chez les libéraux
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> Une nouvelle contribution d'un auditeur, Pierre Masselin sur l'éducation
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Au lendemain de l'annonce des résultats des élections provinciales du Québec, Jean Lebrun vous propose, ce soir, une émission consacrée à la campagne électorale telle qu'elle a été vécue ces derniers jours au Québec et sur les résultats de ce scrutin à partir de nombreux reportages enregistrés à Montréal par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Pour réagir aux reportages et répondre aux questions des auditeurs, Jean Lebrun reçoit Jean-Michel Demetz, journaliste à L'Express. Vous pouvez dès à présent contribuer à notre émission en participant à ce Blog. Nous y attendons vos réflexions, points de vues et questions ... Retrouvez nous également ce mercredi 28 mars à partir de 18h00 :

En direct et en public d'El Sur,
35, Boulevard Saint-Germain,
5ème arrondissement à Paris,
Métro Maubert-Mutualité.


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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 08:45
Lilian Thuram dénonce "la banalisation du discours du Front national"
LEMONDE.FR avec AFP | 27.03.07 | 19h31  •  Mis à jour le 27.03.07 | 19h42

e défenseur de l'équipe de France Lilian Thuram a brisé, mardi 27 mars, la monotonie des conférences de presse en dénonçant "la banalisation du discours du Front national" à propos des questions ayant trait à l'identité nationale. Thuram, membre du Haut Conseil à l'intégration, estime, à la veille du match amical France-Autriche, que 5 ans après le 21 avril 2002, "la situation s'est aggravée".
Le joueur, qui dit suivre la campagne surtout sur Internet, admet que la question de l'identité nationale est un élément du débat. "Pour sortir de la crise identitaire dans laquelle on se trouve, il faut avoir une réflexion et accepter que celle-ci est en mouvement", précise-t-il. Selon lui, "il y a des choses inacceptables et il faut les dénoncer. Regardez l'histoire du Chinois [sans-papiers interpellé le 20 mars devant l'école où sont scolarisés ses deux petits-enfants] que l'on veut expulser. Ce n'est pas l'image que l'on doit donner de la France".

"JE SAIS POUR QUI JE NE VAIS PAS VOTER"

Dans un entretien au site Internet de Métro, il durçit le ton face à Nicolas Sarkozy : "Je suis assez étonné qu'on puisse avoir l'idée de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Quoique, venant de lui, rien ne me surprend. C'est une continuité. Un cheminement pour essayer de récupérer les voix du Front national."

Lilian Thuram "parle un peu"  de ces questions avec ses coéquipiers et affirme aller "voir certains d'entre eux pour leur dire d'aller voter". S'il ne dévoile pas pour qui il va voter, il précise : "Je sais pour qui je ne vais pas voter".

 

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 16:11
Le référendum mis en veilleuse

Antoine RobitailleLe Devoir du mercredi 28 mars 2007

«Ce qui pourrait arriver de pire au PQ, c'est de rester comme il est», dit André Boisclair
[je suis bien d'accord avec cette citation d'André Boisclair, mais je ne suis pas sûr d'en tirer les mêmes conséquences et enseignements que lui. FF]

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, en conférence de presse hier à Québec. Il a reconnu que la tenue d'un référendum était impossible à court terme.

Photo: Agence Reuters

Contrairement à la rumeur qui a circulé en début d'après-midi hier, André Boisclair a indiqué qu'il souhaitait rester à la tête du Parti québécois et le transformer en fonction des «messages» envoyés par la population lundi. Selon lui, sa formation politique doit éviter le «déni» dans lequel il s'est plongé après la défaite de 2003 et avoir le courage de remettre en question d'importants éléments de sa stratégie, de son programme et de ses statuts, a-t-il précisé lors de son point de presse post-électoral à l'Assemblée nationale.

L'homme de 40 ans, qui portera désormais le titre de «chef du 2ème groupe d'opposition», a soutenu avoir «les 2 pieds bien ancrés dans le Parti québécois». M. Boisclair aurait refusé «d'abandonner» la formation de manière précipitée, à l'instar de ses prédécesseurs Bernard Landry et Lucien Bouchard, a-t-on appris dans son entourage. «Ce n'est pas vrai que l'on va abandonner ce grand parti-là. On va se battre», a dit un de ses proches. En point de presse, M. Boisclair a soutenu ne pas avoir songé à démissionner après que le PQ a obtenu 28% des voix, son pire score depuis 1970.
Concernant son leadership, il estime avoir reçu «des signaux nombreux qui vont dans la bonne direction». Les militants, a-t-il expliqué, «ont vu quelqu'un qui a mené une bonne campagne, quelqu'un de solide, quelqu'un de courageux, quelqu'un qui a gagné l'estime de la population», a-t-il expliqué. «Je ne les ai pas convaincus à majorité de voter pour moi, mais j'ai très certainement gagné en estime

Par ailleurs, le chef péquiste souhaite entamer une discussion de fond avec son caucus afin d'éliminer l'échéancier référendaire. L'Assemblée nationale sera dorénavant composée, a-t-il souligné, «en majorité de députés représentant une majorité d'électeurs pour qui la tenue d'un 3ème référendum sur la souveraineté ne constituait pas, à l'évidence, une priorité».
Ainsi, le chef péquiste a commencé à faire évoluer son discours, hier, vers une perspective, non plus tant de «rupture souverainiste», mais «de réforme constitutionnelle». Il a par exemple mis en relief le fait que les «2/3 des députés de l'Assemblée nationale ou presque [...] rejettent le statu quo constitutionnel». Entend-il aider l'ADQ à réclamer plus d'«autonomie» ? «Je ferai tout ce qui sera dans le meilleur intérêt du Québec», a-t-il répondu en anglais.

Selon certaines sources, M. Boisclair pourrait réunir ses ouailles dans les prochaines semaines en congrès spécial et leur proposer d'abroger des pans de leur programme, notamment celui de faire un référendum le plus vite possible. Le projet de modernisation du Parti québécois qu'il avait souhaité lors de son arrivée n'est pas complété, a souligné M. Boisclair. Une des raisons pour expliquer cela, selon lui, est le contexte assez particulier «de lendemain de congrès» dans lequel il a été élu : «Je pense qu'il nous reste encore beaucoup de travail à faire au Parti québécois», a-t-il dit. En anglais, il a affirmé que «ce qui pourrait arriver de pire au PQ, c'est de rester comme il est».

Parlementaire aguerri, M. Boisclair estime que la situation de gouvernement minoritaire pourrait avoir d'intéressants effets sur les travaux parlementaires. «Il y a de très, très belles joutes parlementaires, là, à l'Assemblée nationale. Comme le dit [le titre de] l'émission [de télévision], "il va y avoir du sport".» M. Boisclair a annoncé par exemple qu'il entend «forcer le jeu» sur certaines questions telles que le parc du Mont-Orford, dont il avait promis, en campagne électorale, l'annulation de la privatisation partielle. Quant au budget du ministre des Finances sortant, Michel Audet, il a dit : «Ce budget-là n'est pas encore adopté. Est-ce qu'il y aura un nouveau budget ? Est-ce que M. le premier ministre va faire le choix de poursuivre le budget et son énoncé sans faire de modifications ? Je pense qu'il est un peu tôt pour répondre à cette question.» Quant aux baisses d'impôt promises par Jean Charest en campagne électorale, M. Boisclair estime qu'après les résultats de lundi, le premier ministre voudra apporter certaines modifications : «Il ne peut pas avoir fait le discours qu'il a fait hier, disant qu'il a entendu la population, et tout simplement poursuivre sur la même stratégie. Là ce serait à son tour de faire du déni

Séisme
Certains souverainistes ont formulé des critiques à l'endroit de la formation hier. À Radio-Canada, l'ancienne ministre Louise Beaudoin a dit que, sous la direction d'André Boisclair, le Parti québécois est resté aveugle à l'évolution de l'électorat québécois. «Pour moi, c'est quand même un séisme [...], ce qui vient de se passer [...], et les remises en question, on ne pourra pas y échapper

Aussi sur les ondes de la société d'État, l'ancien député péquiste de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, a expliqué qu'en votant pour un parti adverse au PQ, certains souverainistes ont tenté de saper le leadership de M. Boisclair : «Disons la vérité, il y a des gens qui ont voté ADQ, Québec solidaire ou qui sont restés à la maison parce qu'ils voulaient changer le leadership du Parti québécois. Les gens se sont dit : "On ne peut pas voter pour le PQ avec André Boisclair. On va faire ce qu'il faut pour qu'il y ait un nouveau leadership."» Le syndicaliste Marc Laviolette, candidat péquiste défait dans Soulanges, estime que les citoyens ont rejeté lundi la «langue de bois», soulignant que Mario Dumont a bien réussi parce qu'il parle de manière à ce que les gens comprennent bien. M. Laviolette n'a pas fait de comparaison directe avec le langage de son chef.

Par ailleurs, Partick Bourgeois, éditeur et animateur d'un site Internet indépendantiste «pur et dur», croit qu'il est temps pour le Parti québécois de «réviser complètement sa stratégie». Selon lui, «pour obtenir des succès électoraux, la seule priorité du PQ doit être l'indépendance». Si le PQ s'est fait «rosser» hier, c'est qu'il n'a «rien fait» pour «préparer l'indépendance» depuis 1996. Il reproche aussi à M. Boisclair d'avoir évacué les «arguments identitaires» du discours péquiste, ce qui a laissé «toute la place aux nationalistes niais qui se retrouvent aujourd'hui à l'Action démocratique du Québec. Des idiots incapables de seulement nous expliquer leur concept d'autonomie». M. Bourgeois écrit aussi : «Qu'on l'accepte ou pas, l'immigration est une menace qui pèse de tout son poids sur la pérennité du fait français au Québec, enfin, cela étant vrai tant que nous demeurerons dans un Canada qui anglicise les immigrants systématiquement.»
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