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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 14:35

Harper ne négociera qu'avec un parti fédéraliste

Alors que l'issue du scrutin au Québec demeure plus que jamais incertain, Stephen Harper s'est immiscé dans la campagne électorale hier en invitant les Québécois à élire un gouvernement fédéraliste s'ils veulent obtenir une limitation du pouvoir fédéral de dépenser.

Mettant de côté son devoir de réserve de premier ministre qu'il s'était imposé depuis le déclenchement des élections au Québec, Stephen Harper a fait cette déclaration à la Chambre des communes en réponse à une question du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, portant sur les transferts fédéraux aux provinces.
Depuis 2 jours, le chef bloquiste presse le gouvernement Harper de transférer des points d'impôt au Québec afin de régler de manière définitive le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Lors des dernières élections fédérales, M. Harper a promis de régler le déséquilibre fiscal et d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence des provinces en déposant un projet de loi à cet effet. L'utilisation de ce pouvoir de dépenser a longtemps été une source de contentieux entre Ottawa et le Québec, qui demeure jaloux de ses champs de compétence.
Hier, M. Harper a affirmé qu'il est prêt à discuter de l'idée de transférer des points d'impôt aux provinces. Mais il a fait valoir que cela ne peut se faire que si les Québécois élisent un gouvernement fédéraliste. Idem pour limiter le pouvoir fédéral de dépenser.
«Nous sommes toujours prêts à considérer des possibilités, mais à la fin, pour avoir de telles relations fiscales avec les provinces, il est nécessaire d'avoir un gouvernement fédéraliste à Québec, et un gouvernement qui respecte les champs de compétence des provinces, ici, à Ottawa», a affirmé M. Harper.

Le premier ministre a toutefois souligné que les points d'impôt n'ont pas la même valeur dans toutes les provinces et que le Québec, en raison de la taille de son économie, sortirait perdant d'un tel transfert.

Quelques minutes plus tard, en réponse à une autre question du Bloc québécois dans le dossier du déséquilibre fiscal, M. Harper a affirmé qu'il est «prêt à rencontrer le nouveau gouvernement - qui, je l'espère, sera fédéraliste - pour contrôler le pouvoir fédéral de dépenser».

Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, qui est aussi le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, a fait écho aux propos du premier ministre à l'issue de la période des questions. Interrogé pour savoir si la promesse d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser est conditionnelle à l'élection d'un gouvernement fédéraliste à Québec, M. Cannon a déclaré : «C'est ce que j'ai compris. On verra le soir de l'élection ce qui en est, mais ça prend des fédéralistes pour réformer le fédéralisme canadien».

Ces propos ont fait bondir de colère Gilles Duceppe. Le chef bloquiste a rappelé que l'ancien Premier ministre René Lévesque et son homologue fédéral Pierre Trudeau ont réussi à négocier un transfert de points d'impôt dans les années 1970. Les 2 hommes étaient pourtant des ennemis jurés sur la question de l'avenir du Québec au sein de la fédération canadienne, a rappelé M. Duceppe.
«Ça a pas de sens. Je ne comprends pas de telles remarques de M. Harper. Il est chef de gouvernement, premier ministre. Et il devrait regarder le passé. (...) Je pense qu'aujourd'hui il a déraillé. Ce n'est pas responsable comme déclaration. Qu'il préfère avoir un fédéraliste comme Premier ministre, je veux bien, c'est son droit. Mais qu'il veuille choisir le Premier ministre, là il exagère», a dit M. Duceppe.

Les propos de M. Harper risquent de provoquer de nombreuses réactions alors qu'il ne reste que quelques jours à la campagne électorale. M. Harper sera d'ailleurs à Montréal ce matin afin de prononcer un discours à l'occasion du Salon international des technologies environnementales AMERICANÀ 2007 au Palais des congrès. M. Harper ne rencontrera toutefois pas les journalistes.

Faisant campagne dans la région de Laval, hier soir, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a d'ailleurs condamné les propos de Stephen Harper, estimant qu'il s'agissait d'un «grave dérapage».
«C'est les conservateurs de M. Harper, à Ottawa, qui disent aux Québécois comment il va falloir qu'ils votent ? Ça, c'est du chantage de bas étage, a dit M. Boisclair. Les Québécois ne se laisseront pas imposer un choix par le Premier ministre du Canada. Ce sont les Québécois et les Québécoises qui vont décider de leur avenir et ils vont le faire de façon démocratique le 26 mars prochain.»
Le chef péquiste a sommé Jean Charest et Mario Dumont de rappeler à l'ordre leur allié à Ottawa et de prendre la défense des intérêts du Québec. «Sont-ils capables de défendre les intérêts du Québec ou sont-ils seulement les haut-parleurs d'Ottawa à Québec ? Cautionnent-ils pareil chantage des conservateurs ? Ou, encore une fois, ces 2 leaders politiques vont-ils se mettre à genoux et abandonner les intérêts du Québec et se faire les complices de Stephen Harper ?»
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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 14:31
De nouveaux propos controversés à l’ADQ

Un autre candidat adéquiste pourrait avoir mis son chef dans l’embarras. Sur le site Web d’une entreprise qu’il a fondée, Gilles Gagnon, candidat de l’ADQ dans Abitibi-Est, accuse des «Juifs américains et européens» de faire «des guerres pour replacer leur économie au lieu de répartir la richesse équitablement».

M. Gagnon a fait parler de lui en début de campagne électorale lorsque des propos jugés homophobes tenus dans le passé ont été ramenés à l’avant-scène. Cette fois, c’est sur un portail Internet qu’il a lui-même mis sur pied que l’on retrouve les déclarations en question.

Dans son site truffé de fautes de français, et maintenant inaccessible, le candidat présente un système assez fumeux d’économie collective qu’il a élaboré afin d’aider, dit-il, les consommateurs et les commerçants. En voici quelques phrases : «Il ne faut pas que notre programme soit un fardeau pour les marchands et surtout pas qu’il nuise aux propriétaires de la banque du Canada US
«Ça appartient à des gens des États-Unis et de l’Europe pour ne pas dire aux Juifs américains et européens, explique-t-il à propos de cette banque. Ils font des guerres pour replacer leur économie au lieu de répartir la richesse équitablement

Le candidat adéquiste cite comme exemples les crises économiques en Argentine, au Brésil et en Turquie où la population se serait révoltée.
«Un des Juifs américains refusait toujours que la banque imprime du nouvel argent à injecter dans leur économie par leur gouvernement complice de cette oppression. Ils ont fondé le FMI (le Fond Monétaire International) et ce fond ne répartit pas la richesse équitablement entre les pays», poursuit-il, dans un récit difficile à suivre.

Joint pour obtenir des explications, hier, M. Gagnon a dit qu’il s’agissait là d’une réalité relatée dans le documentaire L’argent. Le film a été réalisé en 2004 par Isaac Isitan et Carole Poliquin.
L’ADQ n’a pas pu commenter hier soir.
En début de campagne, Mario Dumont a dû publiquement «désapprouver» des propos homophobes tenus par Gilles Gagnon lors de la campagne fédérale de 2006, alors qu’il était candidat conservateur.

Deux autres mises au point
Par ailleurs, M. Dumont a été appelé à défendre 2 candidats, hier. D’abord, une enquête a été ouverte par le Directeur général des élections pour faire la lumière sur la plainte de neuf électeurs à l’endroit du candidat adéquiste dans Sherbrooke, Michel Dumont. Ceux-ci prétendent que leurs noms se retrouvent sur la liste de candidature de ce dernier, alors qu’ils ne lui ont jamais donné leur appui.
Il ne s’agit que d’une enquête, a nuancé le chef adéquiste.

M. Dumont a aussi été questionné sur les déclarations de son candidat dans Chapleau, Jocelyn Dumais. «Que dire de cette obsession qu’on a au Québec pour la bureaucratie et toutes ces technocraties de cols blancs qui passent leur journée assis sur leur steak… Comme dans le cas des hôpitaux, par exemple, où il y a plus d’employés assis que d’intervenants auprès des malades.»

M. Dumont a dit qu’il n’était pas d’accord avec les mots choisis, mais qu’«au fil des récompenses politiques et des nominations partisanes dans les dernières années, il y a certainement des fonctions, des organismes où il y a beaucoup de vice-présidents, des organismes où il s’est payé beaucoup de luxe pour récompenser ceux qui ont aidé dans la dernière campagne électorale

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 12:01
Jacques Chirac accorde son soutien à Nicolas Sarkozy
lefigaro.fr. - Publié le 21 mars 2007 -Actualisé le 21 mars 2007 : 11h50 - Capture LCI.

Le ministre de l'Intérieur quittera ses fonctions lundi 26 mars.

 
C'est par une brève allocution télévisée que Jacques Chirac a accordé mardi son «vote et son soutien» au candidat Nicolas Sarkozy dans la perspective de l’élection présidentielle.
 
Comme on l’avait annoncé depuis quelques jours, le chef de l’Etat s’est chargé d’annoncer la date du départ de son ministre de l’Intérieur. Ce sera lundi prochain, le 26 mars. Il sera remplacé par l’un des proches de Jacques Chirac, le jeune ministre de l’Outremer François Baroin.
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 11:35
A Pantin, Royal affirme son droit de cité
Avec sa visite hier aux Courtillières, la candidate PS entend creuser sa différence avec Nicolas Sarkozy
Par David REVAULT D'ALLONNES - LIBERATION.FR - mercredi 21 mars 2007

Ségolène Royal, elle aussi, peut provoquer une émeute en banlieue. Mais pas du genre de celles que suscite son principal adversaire. La candidate en a encore fait l'expérience, hier à Pantin (Seine-Saint-Denis), lors d'une escapade à la cité des Courtillières : 6 000 habitants, 2000 logements sociaux, 20% de chômage et un tiers des habitants âgés de moins de 20 ans. Lesquels n'ont pas boudé la visiteuse, l'accompagnant en nombre au pied des tours, la photographiant à l'envi à coups de portable et l'ovationnant à son départ en voiture. Patrick Mennucci, directeur adjoint de sa campagne, l'assure : «En banlieue, Ségolène est chez elle.»

«Sensible»
La candidate, qui vient d'accrocher Clichy-sous-Bois et Vaulx-en-Velin à son tableau de campagne avant de se rendre samedi au parlement des banlieues, à Villeurbanne, jouit là d'une ressource inaccessible à Nicolas Sarkozy. Mais l'essentiel serait ailleurs. «C'est peut-être un bénéfice secondaire, mais on ne s'intéresse pas aux quartiers pour marquer un mec de droite à la culotte», explique un conseiller. Les cités sont un terrain scruté de près par l'équipe Royal. En particulier par sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen, ex-animatrice de l'association Droit de cité, mais aussi par 2 maires socialistes de Seine-Saint-Denis ­ Gilbert Roger (Bondy) et Claude Dilain (Clichy) ­ et par l'avocat Jean-Pierre Mignard, défenseur des familles des 2 jeunes électrocutés à Clichy. Ce dernier, qui avait contribué à monter la visite de la candidate dans cette ville et sa rencontre avec l'association AC le Feu, l'assure : «C'est un des rares points où cette femme assez réservée se montre sensible. Dans la campagne, c'est sans doute un des endroits qu'elle vit le mieux.»

«Solution»
Ségolène Royal, qui ambitionne de devenir «présidente d'une France métissée», a coutume de le répéter : «Les jeunes ne sont pas un problème, mais une partie de la solution.» Cela vaut pour la vision politique, mais aussi pour la stratégie électorale.
Militant associatif depuis 15 ans à Droit de cité puis à Stop la violence, Kamel Chibli, 29 ans, fort de son «réseau national», arpente ainsi les quartiers pour faire remonter à la candidate les bruits du terrain. Mobiliser les jeunes comme ceux des quartiers nord de Marseille, conviés au meeting de jeudi, au Dôme. Et faire «du lobbying auprès des assoces de quartier et des acteurs qui travaillent dans les quartiers depuis 15 ans, explique-t-il. Des structures qu'on n'entend pas, mais qui font la pluie et le beau temps dans ces quartiers».

Labourage
Associations de locataires, de jeunes, de mères, clubs sportifs : un réseau labouré pour assurer une mobilisation électorale. Un vote qui reste «difficile à mesurer avec les nouveaux inscrits et l'absence de sondages», selon Patrick Mennucci, qui estime disposer là d'«une réserve d'environ un million de voix». Mais si «les quartiers populaires peuvent vraiment faire pencher la balance, c'est un électorat très indécis, poursuit Kamel Chibli
, anti-Sarko mais pas forcément pro-Ségolène. A nous de faire le travail.»

Ségolène Royal répondant aux questions de la presse en présence de Claude Bartolone, député, Bertrand Kern (maire de Pantin) et Gérard Cosme (maire du Pré-Saint-Gervais).

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 09:50

À quoi peut bien servir un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ?

Nicolas Sarkozy entonne la trompette de l'"identité nationale", il amorce ainsi un tournant stratégique limpide : séduire les électeurs de l'extrême droite. Mais le candidat de l'UMP ne s'est pas contenté de magnifier les valeurs républicaines comme ferment du "vivre ensemble" dont la France en crise a besoin. Il a exprimé la volonté de créer un ministère chargé, outre l'immigration, de l'«identité nationale». Ce message a été délivré sur France2, jeudi 8 mars, sans susciter sur le moment la moindre interrogation, quelques heures après l'annonce du soutien de Simone Veil à la candidature de M. Sarkozy. Ce n'est que quelques jours plus tard que les observateurs se sont rendus compte de la portée de ses propos que Madame Alibi de Monsieur Sarkozy a été contrainte de prendre ces distances avec cette «formule».

Les précédents

Vichy n'est pas la seule réponse ; dans l'entre-deux-guerres, "ritals" et "polaks" ont longtemps été considérés comme "inassimilables" tandis que juifs et Arméniens étaient accusés d'«abâtardir la race». Mais il faudra attendre 1945 pour qu'un organe de l'État républicain, le Haut Comité de la population, prône une sélection des étrangers basée sur leur "assimilabilité". Dans cette logique, les Européens du Nord sont les mieux notés, à l'opposé des Africains du Nord, relégués pour cause d'"incompatibilité entre l'islam et la civilisation européenne". Cette mécanique, défendue par une partie de l'administration, n'a jamais été appliquée. Parce que toute idée de discrimination ethnique avait été bannie des ordonnances gaullistes de 1945 sur l'entrée et le séjour des étrangers. Et surtout parce que, dans l'euphorie de la reconstruction puis des trente glorieuses, le patronat a opté pour la main-d'oeuvre bon marché, fût-elle considérée comme "indésirable".

En réalité, seul Vichy a développé des structures administratives à leur manière efficaces pour défendre une certaine conception de l'"identité nationale". Le Commissariat général aux questions juives (CGQJ), créé en mars 1941, avec à sa tête l'antisémite Xavier Valade, répondait, avant même d'être un outil au service de la politique d'extermination, à l'objectif de purification de la nation française.

Quel pourrait être le champ d'action de ce ministère ?

La France d'aujourd'hui n'est évidemment pas celle de 1940 et invoquer l'identité nationale dans le débat politique d'aujourd'hui n'est pas en soi sacrilège. Pas innocent non plus. Confier à l'État la gestion d'une notion mouvante, qui n'appartient à personne en particulier, réduire la nation aux immigrés et feindre d'ignorer que ces derniers évoluent au contact de la société, c'est courir le risque de l'exclusion et de l'arbitraire. Car l'organe - le ministère de l'identité - créerait la fonction : le tri de "bons" immigrés.

M. Sarkozy a annoncé au début de sa campagne qu'il souhaitait constituer un gouvernement avec très peu de ministères, on peut donc en déduire que dans l'esprit du candidat-ministre de l'intérieur il ne s'agit pas de créer un gadget mais un véritable outil de gouvernement. Dans un gouvernement restreint, chaque ministère serait essentiel. Si les mots ont un sens, quelle serait la fonction de cette administration voire, en son sein, du "directeur de l'identité nationale" qui devrait logiquement y être nommé ? Quel type de travail législatif produira donc ce ministère essentiel de l'immigration et de l'identité nationale ?

On peut légitimement penser qu'il s'agira en 1er lieu de définir ce que c'est qu'être Français et, une fois les critères de francité établis, on s'en servira pour déterminer si tel ou tel étranger est aux normes, fautes de quoi il ne pourra rentrer sur le territoire, ou, s'il est entré, il devra en partir.

Cela revient à poser 2 questions de portées différentes, l'une confinant peut-être au simplisme mais dont le ridicule prêtera au moins à sourire, l'autre plus complexe mais dont les fondements amènent à approfondir notre réflexion.

Qu'est-ce qui fait qu'on est Français ?

La langue française ne peut être un critère, puisque nombre d'étrangers (Belges, Canadiens, Suisses, Africains, Maghrébins, Indochinois...) la parlent parfois bien mieux d'ailleurs que certains de nos concitoyens.

L'adhésion à la constitution, à la littérature française, aux idéaux des Lumières ?

Non seulement la constitution de 1958 a été en partie rédigée par Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, mais – sans aller jusqu'à parler des débats institutionnels sur la volonté de certains (dont je suis) de passer à une VIème République parlementaire et sociale – doit-on dénier leur identité française à tous ceux qui de près ou de loin s'opposent aux fondements du régime républicain français (royalistes, trotskystes, fascistes...) ? Simenon, auteur le plus populaire de la 2ème moitié du XXème siècle, était belge, mais il est vrai que Johnathan Littel vient d'accéder à la naturalisation. Jean-Jacques Rousseau était un jeune calviniste genevois forcé de se convertir virtuellement au catholicisme pour travailler en France avant de devenir le principal philosophe des Lumières, courant universaliste faisant rayonner la grandeur nationale.

Faut-il compter des ancêtres morts à Verdun, comme Résistants ou à Vichy ? Outre que cela simplifierait la situation de certains sans-papiers dont les ancêtres ont sans doute dû servir de chairs à canon sur les champs de bataille des Première et Seconde guerres mondiales, cette solution se rapproche plus d'une conception organiciste voire karadzcienne de la nation («la Bosnie et le Kosovo sont serbes parce que le sang de nos ancêtres y a coulé ou qu'ils y sont enterrés»).

Qu'est-ce que la notion d'identité en France ?

La notion est intrinsèquement équivoque.

La Carte d'identité nationale de chacun indique que l'individu qui la détient est qui elle est et que personne d'autre ne peut prétendre l'être à sa place et usurper son identité ; y figure de plus en plus l'empreinte digitale (unique) et un jour on y mettra sans doute notre séquence ADN au rythme où vont les choses. La Carte d'identité décrit donc notre unicité, notre singularité.

Dans le même temps, la Carte d'identité nationale démontre que nous sommes identiques à tous ceux qui en possèdent une ; en fait, nous sommes identiques du point de vue des droits et des devoirs et des raisons pour lesquels nous en jouissons.

En tant que Français, nous sommes à la fois unique/singulier et identique. La singularité est d'ailleurs une réalité intangible de tout être. C'est cette tension entre la personne et la nation, qui fait du citoyen français qu'il est libre et qu'il s'exprime dans le cadre d'une communauté politique qui le dépasse et qui dépasse le plus souvent ses autres appartenances particulières.

Mais comment enfermer l'Homme et a fortiori le citoyen français dans une catégorie relevant de la définition d'un ministère ? Ce serait alors nier qu'un groupe humain est composé de multiples singularités, personnes libres, multiplicité des singularités qui fait la richesse du groupe, de la communauté. À ce point de la discussion, on comprend bien que le Droit du sol (couplé à l'héritage pour les expatriés) est seul pertinent pour définir qui est Français, tout tri sur la base de critères définissant le Français idéal revenant à faire immanquablement disparaître les raisons pour laquelle la nation française est riche de sa diversité. D'une manière générale, toute tentative de définir une identité nationale normée en lien avec la question de l'immigration revient à rechercher une conception racialiste de la nation, qui recèle au moins deux dangers : la dérive fasciste et xénophobes de la population et du régime politique dans lequel nous évoluons, et l'affaiblissement de la nation politique dans laquelle nous avons vécu jusque là, l'ammenant à terme à l'implosion - car moins bien armée pour répondre aux revendications centrifuges qui reprendraient elles-aussi la référence à l'identité -, une implosion sans doute vécue dans la douleur et avec un passage irrédentiste qui nous exposerait à la vindicte de nos voisins.

Au moment de construire l'Europe, ce n'est pas faire un cadeau à la nation française que de la concevoir dans le repli, car nos aspirations devraient au contraire nous pousser au dépassement de la République et de son message vers une fédération européenne qui en reprendrait non l'essentiel mais la substantifique moëlle.

La tentation populiste de la droite française

La proposition de M. Sarkozy renoue avec une tentation politique plus contemporaine, qui avait saisi la droite dès 1984. Le Front national, inspiré par les penseurs de la Nouvelle Droite, venait alors d'ériger la défense de l'identité française menacée, en cheval de bataille. Le RPR et Valéry Giscard-d'Estaing lui emboîtèrent le pas en prônant une réforme du code de la nationalité directement inspirée par Jean-Marie Le Pen.

20 ans après, Nicolas Sarkozy reprend le flambeau, non sans avoir imperceptiblement franchi un cap. Cette fois, il brandit la menace sur l'identité nationale non pour barrer l'accès à la nationalité française, mais pour empêcher l'entrée de certains étrangers sur le territoire. Outre que la volonté de concevoir une politique migratoire n'a de pertinence qu'à l'échelle européenne et certainement pas au niveau national, le ministre-candidat oublie au passage que les valeurs républicaines dont il fait mine de se réclamer - égalité homme-femme, laïcité -, déjà fermement protégées par la législation, sont loin de ne concerner que les étrangers. L'obligation de parler français et de suivre une formation civique, elle, est déjà obligatoire pour l'obtention d'une carte de résident. Le candidat UMP veut en faire une condition a priori du droit au regroupement familial. La mère de Zidane ou les ancêtres de... M. Sarkozy parlaient-ils français à leur arrivée en France ?

La nouvelle antienne du ministre candidat est pourtant habilement choisie : elle pointe les divisions de la gauche sur la question de l'assimilation, l'approbation, par une large partie de l'opinion publique, du lien entre immigration et identité nationale inclut probablement des électeurs issus de l'immigration, soucieux de refermer la porte derrière eux. Les enfants de ceux-là mêmes qui, récemment encore, étaient déclarés "inassimilables".

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 12:20
L'ONU recommande l'«indépendance» du Kosovo
LE MONDE | 20.03.07 | 11h36  •  Mis à jour le 20.03.07 | 11h45
NEW YORK (Nations unies) Correspondant

près avoir soigneusement évité d'utiliser le mot "indépendance", durant 14 mois de négociations délicates, le médiateur de l'ONU sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, conclut, dans son rapport final, que "l'indépendance sous supervision internationale est la seule option viable" pour la province serbe à majorité albanaise, placée sous administration des Nations unies depuis la campagne militaire aérienne de l'OTAN, en 1999.

Selon le rapport encore confidentiel de M.Ahtisaari, consulté par Le Monde, et qui devrait être transmis aux pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU le 26 mars, "le maintien d'une administration internationale n'est pas tenable", et "la réintégration dans la Serbie n'est pas une option viable".

Le médiateur de l'ONU, qui a renoncé à une solution négociée entre Albanais et Serbes, plaide, dans son rapport, pour un Kosovo indépendant au sein duquel la minorité serbe jouirait d'une large autonomie. Le nouveau pays, doté de sa propre Constitution, serait placé, "au cours d'une période initiale", sous surveillance de "personnels civils internationaux", qui relèveraient de l'Union européenne, ainsi que d'"une présence militaire" de l'OTAN.

"Le temps est venu de fixer le statut du Kosovo", écrit M.Ahtisaari, qui, huit ans après la mise en place d'une administration de l'ONU accordant au Kosovo une large autonomie sous souveraineté de la Serbie, estime qu'avec "la poursuite de l'ambiguïté politique, la paix et la stabilité du Kosovo et de la région resteront en danger". "L'indépendance est la seule garantie contre ce risque", et "c'est aussi la meilleure chance d'un partenariat durable avec la Serbie", écrit-il.

Bien que l'indépendance soit la seule "option réaliste" à ses yeux, le médiateur de l'ONU reconnaît que "la capacité du Kosovo à relever seul les défis de la protection des minorités, du développement démocratique, du redressement économique et de la réconciliation reste limitée".

Selon le rapport de Martti Ahtisaari, remis le 15 mars au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, la supervision internationale est "particulièrement importante" pour la protection des minorités, et notamment des "Kosovars serbes qui continuent à vivre dans des conditions difficiles".

Le médiateur de l'ONU propose donc une indépendance sous surveillance d'un dispositif international aux pouvoirs "importants, mais concentrés dans des secteurs clés tels que les droits des communautés, la décentralisation, la protection des églises orthodoxes serbes et la justice". Cette supervision s'exercerait pour "corriger les actions" qui seraient contraires à l'esprit de son plan et "ne prendrait fin qu'une fois que le Kosovo aurait mis en œuvre" les mesures qu'il préconise.

"PROTECTION DES MINORITÉS"

Après avoir "soigneusement pris en considération l'histoire récente du Kosovo, les réalités du Kosovo d'aujourd'hui, et en tenant compte des négociations avec les parties", le diplomate assure que son plan "fournit les fondations d'un futur Kosovo indépendant qui soit viable, durable et stable, et dans lequel toutes les communautés et leurs membres puissent vivre une existence digne et pacifique".

Après plus d'un an d'intenses négociations, M.Ahtisaari a constaté, lors d'une ultime réunion le 10 mars à Vienne, qu'il n'y avait pas de "terrain d'entente commun" entre la Serbie, farouchement hostile à toute indépendance de la province de deux millions d'habitants, qui couvre 15% de son territoire national, et les 90% d'Albanais du Kosovo, qui rejettent toute solution autre que l'indépendance. Une première version plus diplomatique du plan, exposée le 2 février, ne mentionnait pas le mot "indépendance".

"Il n'y a que dans un Kosovo indépendant que les institutions démocratiques seront pleinement redevables de leurs actions", ce qui "sera crucial pour assurer le respect de la loi et la protection efficace des minorités", affirme aujourd'hui l'envoyé de l'ONU.

Malgré une "forte implication de la communauté internationale, les autorités kosovares sont en fin de compte responsables", mais ne réussiront "qu'avec l'engagement et la participation de toutes les communautés, y compris les Serbes du Kosovo", affirme M.Ahtisaari, qui, au début du mois d'avril, devrait défendre ses conclusions face au Conseil de sécurité, chargé de trancher la question.


Philippe Bolopion

Chronologie

10 juin 1999 : le Kosovo est placé sous administration de l'ONU à l'issue de la campagne aérienne de l'OTAN et du retrait de l'armée serbe.
Novembre 2005 : le Parlement kosovar vote une résolution pour la création d'un Etat indépendant.
Décembre 2005 : médiation de l'ONU dirigée par Martti Ahtisaari.
29 octobre 2006 : la Serbie adopte une nouvelle Constitution réaffirmant sa souveraineté sur le Kosovo.
26 janvier 2007 : M. Ahtisaari présente à Vienne son plan pour le Kosovo.

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 11:34
Mardi 20 mars à partir de 15h30

Un mois quasiment jour pour jour avant le premier tour de l'élection présidentielle, notre candidate vient rencontrer les habitants des Courtillières. Ce quartier symbolise les programmes de renouvellement urbain à la sauce Borloo,  mais aussi les retards que prennent les travaux.

Bertrand Kern l'accueillera avec Claude Bartolone au Métro Fort d'Aubervilliers à 15h30.

Après une visite au Centre médico-social Ténine et une rencontre avec les enseignants et parents de l'école Marcel Cachin mobilisés contre les fermetures de classe, elle rencontrera les habitants et les associations du quartier à 17h à la Maison de Quartier des Courtillières.
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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 14:36
Boisclair réplique à gauche et à droite

Antoine Robitaille  - Le Devoir - Édition du lundi 19 mars 2007


Taxé de parti de la «gau-gauche» coûteuse par l’ADQ et de suppôt de la droite par Québec solidaire, le Parti québécois est plutôt «à la bonne place» parce qu’il possède la «meilleure synthèse», a soutenu André Boisclair, hier en soirée, de passage dans son ancienne circonscription de Gouin.
Plus tôt dans la journée, le chef péquiste avait multiplié les appels aux «progressistes», aux féministes, aux pacificistes, aux altermondialistes, pour qu’ils se rallient au Parti québécois devant les risques que comporte la création d’un axe Dumont-Harper.

L’ancien chef Jacques Parizeau, en après-midi dans Laprairie, a déclaré que le PQ restait le parti le plus progressiste dans notre société. Plus tôt, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David avait soutenu le contraire : «Le PQ n’est plus progressiste depuis longtemps, ce sont ses dirigeants de droite qui m’ont conduit à faire de la politique» pour défendre des idées de gauche, a-t-elle déclaré. «Le mot progressiste sonne faux dans la bouche de monsieur Boisclair» a pour sa part affirmé l’autre porte-parole, Amir Khadir.

Au chef adéquiste Mario Dumont, qui a violemment pris à partie le PQ pour son «virage à gauche», le qualifiant de «gau-gauche», André Boisclair a répondu qu’en voulant abolir les commissions scolaires et les conseils d’agglomération, Mario Dumont «casserait le Québec en 2», créerait des îlots d’égoïsme et «des écoles de riches pour des gens qui vivent dans des villes riches».

Le «vote ethnique» se diversifie

lundi 19 mars 2007 - cyberpresse.ca - Mario Girard

En déclarant le soir du référendum de 1995 que le «vote ethnique» était en partie responsable de l'échec du oui, Jacques Parizeau avait lancé une véritable polémique. Mais, du coup, il a suscité une importante réflexion sur le comportement électoral des groupes ethnoculturels. Au cours de la dernière décennie, le vote des immigrés s'est diversifié.

«Même s'il a été politiquement incorrect, Jacques Parizeau avait raison, dit Carolle Simard, professeure au département de science politique de l'UQAM. Cela dit, les choses ont changé depuis
Une croyance veut que les communautés culturelles votent massivement pour le parti le plus fédéraliste. «Il est vrai que, au Québec, les membres des groupes ethnoculturels ont longtemps favorisé le Parti libéral, dit Carolle Simard. Ce comportement est maintenant différent

Samir Georges Moukal, spécialiste du comportement électoral des communautés ethnoculturelles au département d'histoire, de sociologie et de politique de l'UQAM, observe lui aussi une diversification des votes. «Le regard est plus réfléchi, dit-il. Les immigrés ne représentent pas qu'une seule voix. C'est fini, cela
Salam Elmenyawi est président du Conseil musulman de Montréal, qui regroupe environ 175000 membres. Il affirme qu'on ne peut plus parler d'un vote monolithique. «Oui, ils ont encore des craintes, celle de perdre des droits. Mais je remarque qu'il y a une plus grande liberté dans les choix
Les candidats qui se battent actuellement pour obtenir un siège auraient tort, selon Carolle Simard, de ne pas tenir compte de ces changements. «Les immigrés me disent qu'on tient trop souvent leur vote pour acquis. Et ils détestent cela

Le récent scandale des commandites et le débat sur les accommodements raisonnables ont contribué à modifier la perception des électeurs d'origine étrangère. «M. Dumont a peu de chances d'aller chercher le vote des immigrés», dit M. Moukal, qui croit par ailleurs que la question de l'immigration occupe peu de place dans l'actuelle campagne.

Il est difficile, voire impossible de décortiquer les choix politiques des immigrés. «On sait peu de choses là-dessus à part que les Haïtiens sont les plus susceptibles de faire un vote souverainiste», dit Mme Simard.
«Je remarque que les immigrés francophones ont plus de chances d'être charmés par le PQ», ajoute de son côté M. Moukal.

Ce qui semble plus clair, c'est que les immigrés s'intéressent de plus en plus à la politique québécoise. «Je ne sais pas ce qui se passe avec l'actuelle campagne, mais les gens de la communauté haïtienne en parlent beaucoup, dit Jean-Ernest Pierre, directeur de Radio-Union. On fait des tribunes téléphoniques et on entend des discussions passionnées de la part de partisans du PLQ, mais aussi du PQ et de l'ADQ

Études à l'appui, les électeurs appartenant aux groupes des minorités visibles sont moins nombreux à s'inscrire sur les listes électorales que les autres. «Dans tout le processus d'intégration pour un immigrant, la participation à la vie politique est la dernière étape
, explique Carolle Simard. On peut en déduire que, lorsqu'il vote ou discute de la politique de son pays d'adoption, il se sent pleinement intégré

Même si le «vote ethnique» est de plus en plus diversifié, les immigrés continuent de craindre les partis qui symbolisent le conflit. «C'est normal que certains aient peur du projet souverainiste, dit Carolle Simard. Plusieurs quittent des situations difficiles. Ils viennent ici pour trouver la quiétude. Ils sont admiratifs face à notre démocratie. Peut-être est-ce trop leur demander ?»

Le mérite d'un règlement au déséquilibre fiscal revient aux souverainistes

Le chef péquiste André Boisclair a avancé que si le budget fédéral de lundi règle le déséquilibre fiscal, le crédit en reviendra aux souverainistes qui ont lutté pour cet enjeu durant des années.

Il a même ajouté que la résolution du déséquilibre fiscal favorisera la souveraineté.

En point de presse dans un théâtre de Montréal dimanche pour souligner l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité culturelle de l'UNESCO, le leader souverainiste a voulu répliquer à la déclaration du ministre fédéral de l'Industrie, Michael Fortier. Ce dernier a expliqué qu'Ottawa réglera le déséquilibre fiscal lundi à la satisfaction du Québec et que le mérite revient au chef libéral Jean Charest.

«Le mérite revient aux souverainistes», a plutôt plaidé M. Boisclair en citant la bataille du chef bloquiste et allié Gilles Duceppe en Chambre des communes sur le sujet, le rapport de la commission Séguin, ainsi que Bernard Landry. Du temps où il était ministre des Finances, M. Landry avait fait valoir l'enjeu auprès de ses homologues provinciaux.
«C'est parce que les souverainistes ont fait des pressions que M. Harper a pris ce genre d'engagement. Nous allons récolter le fruit de mois de travail, d'années de travail, s'il y a un règlement. Reste à voir s'il est satisfaisant

André Boisclair ne se satisfera du budget fédéral de lundi que s'il comporte non seulement une solution financière, mais aussi une dévolution fiscale pour régler en permanence le déséquilibre fiscal.
«Au delà d'un règlement «monétaire» (sic), nous sommes à la recherche d'un règlement fiscal, parce que s'il y a une entente qui est signée et si c'est à recommencer dans 3 ans ou 5 ans, on n'a rien réglé

Il a rappelé que le règlement du déséquilibre fiscal est fixé par le Conseil de la fédération à 3,9 milliards $ supplémentaires accordés au Québec. Mais il réclame également le transfert de points d'impôt pour assumer de façon permanente les responsabilités financières de l'État québécois.

M. Boisclair s'est demandé si le premier ministre conservateur Stephen Harper tiendra sa promesse de régler ce contentieux financier.
«Le jour où il (le gouvernement fédéral) règle la question, nous serons les premiers contents, a-t-il maintenu, en se défendant de placer la barre trop haute. On sera juste mieux placé pour faire la souveraineté du Québec. (...) On aura encore plus de moyens pour la faire, encore plus de responsabilités, encore plus d'outils pour construire ce pays
Selon lui, le problème de fond demeure le même : «Nous nous sommes fait imposer il y a 25 ans par le peuple canadien une Constitution qui a été rejetée par le quart de la population canadienne, à savoir nous les Québécois

Enfin, il n'a pas manqué aussi de décocher une flèche à l'endroit du chef adéquiste Mario Dumont, qui a appuyé le budget de lundi avant même d'en avoir pris connaissance.
«Ce qui est clair, c'est qu'il y a de la confusion chez les fédéralistes; nous, on parle d'une même voix», a-t-il assuré. Il a précisé plus tard que les bloquistes de Gilles Duceppe travaillaient de concert avec le PQ sur cette question, mais il a refusé de s'avancer sur la stratégie d'adoption ou d'opposition au budget.

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 17:05
PQ : la barre à gauche, toute !

Cyberpesse.ca - dimanche 18 mars 2007 - Denis Lessard

Il proposait de «recentrer» le Parti québécois (PQ). Il voulait «libérer le capital» et réhabiliter l'investissement créateur de richesse.

Mais André Boisclair s'est vite fait rattraper par la réalité - le PQ penche toujours un peu à gauche - et il a dû s'y plier. Dans le discours, du moins.

Le rassemblement le plus important de la campagne du Parti québécois était plutôt réussi, hier. Près d'un millier de personnes, dont plusieurs jeunes attirés par Les Respectables, avaient bravé la tempête pour venir entendre le tandem souverainiste Gilles Duceppe et André Boisclair.

Le discours du chef péquiste s'est métamorphosé depuis le début de la campagne. Devant un Mario Dumont qui parle constamment de la famille, des enfants et même, plus récemment, des aînés, son adversaire péquiste a dû mettre au rancart ses envolées sur la mondialisation et le labyrinthe du protocole de Kyoto.

"Tous les souverainistes, tous les progressistes, tous les féministes, tous les environnementalistes, tous les altermondialistes à l'ouvrage pour le 26 mars !" a lancé hier André Boisclair.
Ce virage à gauche n'est pas surprenant. Déjà le jeune chef avait fait grincer des dents avec son discours new Labour. Les Marc Laviolette et Pierre Dubuc, membres du SPQ libre, avaient critiqué les engagements de leur parti à réduire à 0 la taxe sur le capital - un clin d'oeil à ceux qui justement en ont, du capital.
Hier, M. Boisclair n'en avait que pour les familles. Il évoquait avec angoisse un Québec aux «écoles riches et écoles pauvres» que ferait apparaître l'ADQ avec l'abolition des commissions scolaires.

Campagne électorale oblige, ces passages de la droite vers la gauche sont fréquents. En 1996, Lucien Bouchard avait passé les syndiqués à la moulinette du déficit 0 et réhabilité les multinationales, invitées à ses sommets économiques. Mais cela ne l'avait pas empêché d'assimiler Jean Charest au «vent froid de la droite», en 1998. M. Charest était alors présenté comme la réincarnation québécoise de Mike Harris. À la campagne de 2003, les libéraux avaient graduellement mis en sourdine leur «réingénierie» technocratique pour favoriser les baisses d'impôt attendues par les salariés.

Tous les politiciens changent de registre en campagne électorale - même le cérébral Jacques Parizeau y allait en son temps d'engagements biens sentis sur le «Québec cassé en 2», entre riches et pauvres essentiellement.

Que reste-t-il dans l'imaginaire collectif des engagements de campagne de Bernard Landry en 2003 ? La semaine de 4 jours et probablement des abattements fiscaux pour les vacances familiales.

En politique, la proximité fait recette.
Aussi, bien que Mario Dumont soit décrit comme un politicien de droite, il parle depuis le déclenchement de sa campagne d'allocation aux enfants, d'ombudsman de l'enfance, d'une commission d'enquête sur le sort réservé aux aînés... On a vu plus percutant comme discours de droite.

Hier, Gilles Duceppe avait donné le ton dans son discours, quelques minutes avant celui d'André Boisclair. Le PQ, martèle-t-il, reste «le seul parti progressiste qui peut gagner». Sortie obligée pour le chef bloquiste, dont c'était hier le 10e anniversaire à la tête du parti fédéral : il retrouvera aujourd'hui M. Boisclair au défilé de la Saint-Patrick. Il n'y aura pas d'estrade ; André Boisclair ne pourra pas, comme il l'a fait hier, bondir sur la scène pour sa douche d'applaudissements avant même d'avoir serré la main à son allié venu d'Ottawa.
Hier, le chef bloquiste a exhorté les troupes à serrer les coudes derrière André Boisclair : «Entre nous, c'est la collaboration, pas la compétition.» Mais il ajoute qu'il faut «du réalisme» quand on lui demande si, comme le dit André Boisclair, un gouvernement péquiste minoritaire peut déclencher un référendum. Il a eu cette formule choc : «Imaginez l'axe Dumont-Harper à l'oeuvre.» L'axe du mal revisité par le chef bloquiste.

Mais Gilles Duceppe n'a pas été chiche hier et a mis son poids derrière Boisclair. Le chef péquiste a pris du galon depuis le débat des chefs. C'était son baptême du feu, a rappelé M. Duceppe, soulignant en passant qu'il avait pour sa part franchi 11 fois l'épreuve

Le bloquiste s'en est tenu à une allocution brève, sans autre visée que de chauffer la salle pour André Boisclair. «Il a montré qu'il avait la stature qu'il fallait pour devenir premier ministre». Et s'il ne le devenait pas...

Québec solidaire admet un recul dans les sondages

Le parti Québec solidaire tentera au cours des derniers jours de la campagne électorale de convaincre les électeurs qu'il est la véritable alternative.

Une des porte-parole de ce parti de gauche, Françoise David, a déclaré dans une entrevue à NTR, diffusée dimanche, que «les vrais contestataires, ceux qui proposent des solutions les plus audacieuses, les plus proches des gens», font partie de Québec solidaire.
Mme David, qui admet que son parti a légèrement perdu du terrain dans les sondages, affirme que l'alternative n'est pas l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont, qui, selon elle, «propose un retour en arrière digne de l'ancien Premier ministre du Québec, Maurice Duplessis». Elle a ajouté que l'ADQ prône la division entre les villes et les régions.
Pour elle, le travail de Québec solidaire dans ce dernier droit de la campagne consistera à démontrer aux électeurs les véritables enjeux.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:46
Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 | 15 mars 2007
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Lucie Aubrac est décédée. A cette triste occasion, nous rappelons "L’appel des Résitants", texte lancé en mars 2004 dont elle était la 1ère signataire. "Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?".

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et etransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

60 ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des «féodalités économiques», droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau «Programme de Résistance» pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : «Créer, c’est résister. Résister, c’est créer».

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

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