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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Trouve

Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

15 décembre 2004 3 15 /12 /décembre /2004 11:56
fred.jpg logops.7.jpgLes résultats du référendum interne au Parti socialiste sur le projet de traité constitutionnel pour l'Union européenne ne sont pas sans interroger les militants organisés qui souhaitent ou souhaitaient profondément rénover le Parti socialiste, pour en faire le vecteur de l'alternative de gauche et de la transformation sociale... Sans contre-offensive conséquente, il apparaît assez clairement que certains pourraient être tentés de quitter les rangs des “rénovateurs” dans les mois qui viennent, soit parce qu’ils auront cédé aux Sirènes des tentations multiples("si tu votes "oui" tu auras un mandat", "suis ma ligne pour les présidentielles et tu deviendras quelqu'un"), soit parce qu’ils auront désespéré qu’un jour l’objectif que nous nous étions fixé puisse être atteint – ces défections seraient sans doute les plus cruelles.


FABIUS ou le boomerang
Dès le départ, le n° 2 du parti aura été accusé de ne promouvoir au travers de son rejet du projet de traité constitutionnel que ses ambitions présidentielles ! La place que ce sujet a pris dans le débat est clairement devenu un handicap pour lui et surtout pour l’explication nécessaire sur l’Europe… Les arguments forts et préparés de longue date par les minoritaires et rénovateurs étaient tout bonnement éclipsés. Aujourd’hui, les contradictions du projet et ses conséquences pour le socialisme européen restent entières ; mais alors que le “oui” était présenté comme la garantie de stabilité interne, nous avons hérité d’un remaniement de la direction socialiste où, cependant, le vaincu unanimement désigné conserve son siège, tandis que reviennent d'autres “plans de carrière” (la présidentielle est présente de plus belle dans les esprits).

Apparition subite de la sociale-démocratie en France ?
Ce qui est le plus choquant dans cette affaire, c’est que moult commentateurs nous assènent à l’unisson que le PS a, dans son “oui”, réalisé “son Bad Godesberg”, que nous sommes enfin devenus sociaux-démocrates, que la parenthèse ouverte en 1983 a connu enfin sa résolution, que nous rompons enfin avec le marxisme (?!) – c’est affligeant... tout ceux qui n’auront pas été profondément convaincus par les avocats socialistes du “oui” se demanderont sans doute, si, en son “oui” du 1er décembre les militants socialistes n’auraient pas – sans le vouloir – remis en selle la chapelle sociale-libérale la plus clairement affirmée (en clair, la nébuleuse de think-tanks et de clubs de supporters intéressés – derrière DSK – que sont Socialisme & Démocratie et À Gauche en Europe) alors qu’elle avait été gentiment mis de côté lors du congrès de Dijon. Le débat de clarification n’a donc toujours pas eu lieu et François Hollande devra profiter des quelques opportunités que lui donne le résultat du référendum interne pour que le PS évite que la formule creuse de “réformisme de gauche” ne soit remplie bientôt par les recettes sociales-libérales préparées dans les officines de DSK. Reste quelques mois pour se demander si, en cette affaire, ce n'est pas Fabius (c’est un comble) – et surtout Nouveau Monde, Nouveau Parti socialiste et Forces Militantes – qui aura été réformiste et social-démocrate.

Car, enfin, le Parti socialiste est bien social-démocrate depuis décembre 1920 quand lors du congrès de Tours, les minoritaires menés par Léon Blum et la gauche du parti maintenaient la S.F.I.O. face à l’adhésion de la majorité au Komintern ! Depuis ce jour, nous sommes dans une ligne cohérente qui prône la transformation sociale, par l’outil privilégié de la réforme, mais une réforme au service des aspirations révolutionnaires (tient ! c’est dans la déclaration de principes du parti en 1990…), car cela reste révolutionnaire de vouloir mettre un peu d’égalité dans un monde brutal. Face à cela, il est clair que parfois nous risquons d’être en rupture avec les périodes antérieures (comment ne pas être en rupture avec les politiques réactionnaires menées par Raffarin ?), il est évident aussi que la politique se nourrit tout à la fois d’actions symboliques et d’actions concrètes : ceux qui sous couverts de modernité nous indiquent un chemin plus “pragmatique”, nous conduiront peut-être par hasard au pouvoir, mais ils ne changeront ni la vie ni la société ni ces mécanismes d’aliénation que les socialistes doivent pourtant démanteler ; ils nous conduiront par contre sûrement à la désillusion des classes moyennes et populaires et à des gueules de bois post-électorales douloureuses.

Et maintenant ?
Dans les débats internes, auxquels ont assisté moins de militants que de votants, nous avons entendu que le projet des socialistes ne pourraient pas être le même si le “non” l’emportait… traduction : « la ligne de Dijon, même si elle est contredite par le traité, ne pourrait aller à sa conclusion logique pour tout le reste de la réflexion programmatique (après tout, l’Europe est un sujet mineur quand ça arrange) si vous désavouiez les principaux dirigeants du parti qui sont pour le “oui”. » On voit bien l’inanité de ce type de réflexions jésuitiques auxquelles nous ont habituées beaucoup de nos boss ; par contre on voit bien en quoi, ligne de Dijon ou pas (après tout elle avait assez peu de contenu), une fois ce projet de traité constitutionnel adopté, toute proposition socialiste (d’où qu’elle vienne) serait confrontée à un grave risque d’insincérité. À moins qu’adopter le traité permettrait ensuite de faire passer d’autres pilules – je ne le crois pas de François Hollande, c’est sans doute plus vrai de DSK.
La rédaction du projet des socialistes est donc notre priorité essentielle, il faut rester combatif même si le cadre nous est hostile… Le 2 décembre, le Premier secrétaire était l’invité de “100 minutes pour convaincre” : il y a fait une démonstration plutôt efficace, habile et pugnace, mais quelques éléments m’ont étonné : nous n’avons pas eu les réponses évidentes que tout socialiste est en droit d’attendre si nous étions en mesure – à nouveau au pouvoir – de revenir sur l’abrogation des 35 heures ou la privatisation d’EDF-GDF… La question qui intéresse aussi nos concitoyens est pourtant de savoir sur quoi nous reviendrons après 5 années de politique libérale débridée. Certains propos entendus ici ou là ont de quoi inquiéter « un projet socialiste, ce n'est pas une somme d'abrogations, nous ne repartirons pas de 2002 » ou bien « nous ne ferons pas notre programme pour 2007 avec un œil dans le rétroviseur ». Alors cela veut dire qu'il nous faudra bien dire aux Français sur quoi nous ne reviendrons pas : retraites, sécurité sociale, 35 heures, décentralisation, EDF… ? Alors que ferons-nous ?

Nous avons connu “récemment” deux expériences de rédaction de projet socialiste : entre 1995 et 1997 et en 2001. Dans le premier cas, même si certains amendements fédéraux étaient perdus dans les couloirs des conventions nationales avant d’atteindre la commission des résolutions, les militants ont réellement pu travailler à la rénovation des propositions des socialistes. Dans le second cas, l’obstruction sourde des fédérations tenues soit par les amis de Laurent Fabius soit par les amis de DSK ont empêché tout travail sérieux du fait que Martine Aubry menait ce projet. Une partie de l’explication du 21-Avril tient aussi dans l’incompréhension globale du programme socialiste et du candidat Lionel Jospin.
Aujourd’hui alors que le temps passe et que les “500 jours” annoncés par la direction du parti pour travailler sur le projet sont largement entamés, je voudrais être sûr que les militants puissent se l’approprier réellement. Va-t-on pouvoir faire remonter des contributions de groupes de travail militants ? Va-t-on pouvoir amender les textes qui nous seront soumis ? Pourra-t-on à nouveau être consultés démocratiquement, mais sans cette fois-ci que la dramatisation soit telle qu’elle fausse la portée du vote ?
Ou alors le retour de la troïka magique – selon l’expression de Jack Lang lui-même –, opportunément chargée du nouveau secrétariat national au projet, l’écrira-t-elle avec l’aide de quelques “experts” sur un coin de table, en nous distillant d’ici la fin de l’année 2005 colloques et conférences pour nous faire patienter. La démocratie, la participation des militants sont une chance pour le projet des socialistes ; c’est la seule voie pour éviter au Premier secrétaire d’être emporté par la violente pression de Socialisme & Démocratie derrière DSK. Dans la même veine, la participation à notre projet des associations, syndicats et mouvements divers – ainsi que des sympathisants (en évitant tout de même de nous ressortir le coup du camouflage des fausses cartes derrière la mention “adhérents du projet”) – est également une impérative nécessité : le PS est trop centré sur son nombril et sur les classes moyennes supérieures qui l’irriguent pour se payer le luxe de ne pas replonger dans le bain de la réalité sociale de la France en 2005 !
Si François Hollande a avoué une priorité future des socialistes, le 2 décembre dernier, « l’éducation, la formation et la recherche parce que c’est l’avenir », je voudrais attirer tout de même l’attention de mes camarades sur quelques autres sujets d’envergure : le logement, les travailleurs pauvres, le retour à l’emploi, les conditions de travail, l’accompagnement et l’aménagement des temps…

Frédéric Faravel,
bureau fédéral du PS 95, section Plaine de France

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Published by FARAVEL - dans Parti Socialiste
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14 décembre 2004 2 14 /12 /décembre /2004 11:51
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Samedi 11 et dimanche 12 décembre, près de 500 militants, issus de réseaux politiques, syndicaux, associatifs et mutualistes, se sont réunis à Paris à l'occasion de la Convention Nationale de Nouvelle Gauche. Quelques jours après le référendum interne au Parti Socialiste sur la ratification du traité constitutionnel européen, cette Convention a permis de dresser un premier bilan mais surtout de nombreuses perspectives politiques, notamment au travers des différents ateliers et des tables-rondes du samedi auxquelles sont intervenus de nombreux responsables politiques, associatifs et syndicalistes.

DISCOURS D’INTRODUCTION DE RÉGIS JUANICOjuanico.jpg

Il me revient d'ouvrir notre convention nationale qui marque les 10 ans d'existence de NG dans un contexte politique que je qualifierai de stimulant pour les idées que nous défendons.
• Réélection de Bush aux Etats-Unis sur fond de triomphe des valeurs morales et religieuses,
• Europe dominée par les forces libérales et conservatrices, commission Barroso en tête,
• Sarkozisme triomphant à l'UMP et Jean-Paul II cité dans le texte…
• Funeste 1er décembre au PS qui a vue le camp du “oui” l'emporter nettement sur celui du “non” au vote sur le Traité Constitutionnel. Raffarin qui se dit ragaillardi et requinqué après le “oui” des socialistes et Chirac qui prépare activement le meeting qu'il tiendra en commun à Madrid avec Zapatero et Schröder.

Bref, un temps froid, humide et gris comme dirait Météo France…

logocnng.jpg1994-2004 : 10 ans d'histoire commune pour notre collectif de militants politiques, syndicaux, associatifs, mutualistes investis dans l'animation du PS et désireux de faire partager leurs expériences dans un lieu original qui suscite, encore aujourd'hui, curiosité et même perplexité, malgré les années qui passent.

Voici le temps de l'enracinement pour Nouvelle Gauche.

pourunnps.gif10 ans c'est à la fois long et à l'échelle de l'histoire du Parti, c'est peu. C'est une 1e remarque que je voulais faire : changer les comportements, convaincre de la pertinence de nos idées dans un parti où la moyenne d'âge est encore élevée est une œuvre de longue haleine et on voit toute la difficulté pour un réseau encore jeune – tendre diraient les mauvaises langues – de peser significativement sur les choix et les orientations du PS.
[...]
Régis Juanico est conseiller général de Saint-Étienne, membre du conseil national du PS

Lire la suite : juanico111204.rtf.rtf

Compte-rendu de la pleiniere "Religions et communautés : le choc des valeurs" - Samedi 11 décembre 2004, 10h-12h
tribune111204.jpg• Introduction : Delphine Mayrargue, membre du conseil national du PS ;
• Intervenants : Stéphane Pocrain - Ancien porte parole des verts ; Laurence Rossignol - Responsable nationale du PS ; David Assouline - Sénateur de Paris

Des mots à la mode, menacés tout à la fois par un consensus réducteur et par des excès dangereux, voilà à quoi se résume bien souvent la problématique posée par les religions et les communautés. En nous emparant de ce sujet, nous avons voulu réaffirmer que la politique n'est pas soluble dans la morale et que la dépolitisation contribue à renforcer la logique libérale dominante.
[...]

Lire la suite : laicite111204.rtf


Compte-rendu de l'atelier "Le cauchemar médiatique" – samedi 11 décembre 2004, 13h30-15h30
• Introduction : Olivier Daronnat, responsable d'une association d'observation des médias audiovisuels
• Intervenants : Renaud Dely - Rédacteur en chef adjoint, Libération ; Benoît Hamon - Député européen

Le cauchemar est souvent l'état dans lequel on se trouve en ouvrant un journal, une radio ou la télévision. Il nous est servi une information calibrée, partiale et baignée de l'idéologie libérale dominante.

Les exemples sont légions : lors de la campagne interne au PS sur la Constitution européenne, le matraquage en faveur du oui fut outrancier avec un dénigrement et la caricature des arguments défendus par les partisans du "non" ; Les propos de Le Lay dans "les dirigeants face au changement", (éditions du Huitième jour) selon lesquels "le métier de TF1, c'est d'aider Coca Cola, par exemple, à vendre son produit. Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c'est à dire de le divertir, de le détendre, pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." ; Et évidemment, lors de la dernière campagne présidentielle au printemps 2002, au cours de laquelle l'information sur "l'insécurité" a été maltraitée et surabondante, pour maintenir un véritable climat de peur orchestré par des airs de Pujadasme.
[...]

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Compte-rendu de l'atelier "Europe et services publics" – Samedi 11 décembre 2004, 13h30-15h30
davidlebon.jpg• Introduction : David Lebon, président du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS)
• Intervenants : Jean Claude Boual - Responsable du Comite européen de liaison sur les services d'intérêt général (CELSIG) ; Karine Lalieux - Députée PS Belge ; Anne Lise Barral - responsable mutualiste

La proposition de directive relative aux services dans le marché intérieur ou la véritable directive services publics de la Commission

L'objectif de la directive est la pleine réalisation du marché intérieur en matière de services. En effet, après le succès du marché unique des biens et des capitaux, suite à l'acte unique européen, la Commission estime qu'il importe désormais de s'attaquer aux services, dont le marché intérieur européen serait aujourd'hui encore entravé par une multitude d'obstacles légaux et administratifs nationaux.
[...]

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balashamon111204.jpgINTRODUCTION DU DÉBAT SUR LES PERSPECTIVES POLITIQUES, par Guillaume Balas (conseiller régional d'Ile de France, membre du conseil national du PS)
Samedi 11 décembre 2004, 17h30

Les commentaires entendus après le référendum interne au PS semblent faire de la définition du terme «réformisme» un enjeu politique dépassant bien une simple question de vocabulaire.

Ainsi, le résultat du référendum marquerait la victoire des « réformistes » contre…Contre qui d'ailleurs ? Les gauchistes ? Les révolutionnaires ? Dans cette utilisation sans précision du terme de « réformisme » on sent une volonté de dénigrer ceux que l'on exclut d'office, les rejetant dans les limbes de l'archaïsme, loin du cercle de la raison des Modernes, seuls autorisés à la crédibilité.

Un nécessaire retour dans notre histoire tout d'abord.

Une définition conséquente du « réformisme » ne peut s'entendre qu'opposé à la conception théorique majoritaire parmi les socialistes français au moment de leur émergence politique (début du siècle), le socialisme est alors synonyme de révolution car son objectif est la transformation complète du régime de propriété capitaliste en propriété commune (ou sociale) des moyens de production.

En ce sens, Jaurès était bien révolutionnaire et la scission de Tours entre futurs communistes et les amis de Léon Blum ne séparent que deux conceptions différentes de la révolution socialiste (appuyé sur un Parti démocratique chez Blum, sur un Parti militarisé obéissant à Moscou chez Cachin et les futurs communistes).
[...]

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3 décembre 2004 5 03 /12 /décembre /2004 11:55
rosepse2004.gifÀ feuilleter certains quotidiens, nos débats sur la constitution ne seraient que querelles de socialistes, qu’ambitions personnelles et desseins présidentiels. Loin de ce prisme, nous considérons que ce débat est l’intérêt de notre famille politique, l’intérêt de notre pays, l’intérêt de l’Europe. Les trois étant, nous en sommes convaincus, indissociables à nos yeux. Ce débat – rappelons que nous sommes les seuls, avec nos camarades wallons, à être consultés par référendum au sein du PSE – est donc tout à l’honneur du Parti Socialiste français. Rappelons également que ceux qui se seraient opposés à la construction européenne ont quitté les rangs socialistes depuis longtemps et que le débat qui s’ouvre dans les sections se fera entre fervents partisans de l’Europe.

Les socialistes parlent beaucoup de crises, ils en abusent. Certains évoquent, si le non socialiste devait être majoritaire le 1er décembre prochain, «l’ouverture d’une crise majeure, un choc tellurique, un choc nucléaire». Malheureusement, en France comme dans l’Union européenne, la crise n’est pas devant nous : elle est déjà là. Le “non” constitue aujourd’hui le seul espoir de relancer l’Europe. Il n’ouvre pas une crise, il permet au contraire de répondre à la crise actuelle, qui si elle n’était stoppée, aurait sur des conséquences sans doute dangereuses.
[...]

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23 juillet 2004 5 23 /07 /juillet /2004 09:54

Hamon, la relève
Bombardé « porte-parole », on l'écoute, on le courtise. Certains voient déjà en lui un futur premier secrétaire

Après les «éléphants» et les «jeunes lions», un nouveau quadrupède a fait son apparition dans le bestiaire socialiste : la «chèvre» ! Le jeune député européen Benoît Hamon en a fait sa mascotte au point de la faire figurer en tête de son blog. Mais qu'on ne s'y trompe pas. L'animal est moins doux qu'il n'y paraît, comme le précise une citation de l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, publiée en guise d'avertissement : «Si tu vois une chèvre devant la tanière du lion, aie crainte de la chèvre»...

Qui a peur de Benoît Hamon ? La question ne se pose pas aujourd'hui en ces termes. Plus connu dans son parti que par le grand public, ce socialiste qui vient de fêter ses 40 ans n'est pas encore en mesure de faire trembler ses camarades. Mais c'est l'homme dont on parle de plus en plus au PS. Dans un parti très critiqué pour ne pas avoir su faire émerger de nouveaux visages, le secrétaire national au projet européen incarne avec quelques autres la relève. Bombardé porte-parole sans le titre, au lendemain de la défaite du 6 mai, c'est lui qui tient désormais les traditionnels points de presse. On l'écoute, on le courtise comme jamais auparavant. Au point que certains, dans l'entourage de François Hollande notamment, laissent même entendre qu'il pourrait avoir le profil d'un prochain premier secrétaire !
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«Tout cela n'est pas sérieux», sourit ce jeune homme brun au regard clair, qui sait combien d'hypothétiques candidatures se sont fracassées dans des parties de billard à trois bandes. Le Parti socialiste, il le connaît bien. Pour ainsi dire, il n'a même connu que ça depuis vingt ans. Fils d'un ouvrier des chantiers navals et d'une secrétaire, il a poussé les portes de la section socialiste de Brest en 1987 au lendemain des manifestations étudiantes contre le projet de réforme des universités d'Alain Devaquet. Il en garde le souvenir d'avoir été plus formaté que formé. «Je suis tombé chez des rocardiens , en 3 mois je détestais Mitterrand !», raconte-t-il.

Benoît Hamon est à l'époque plus loup que chèvre. En 1993, il prend les rênes du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS) et se forge une zone d'influence dans les organisations de jeunesse de gauche dont les papes s'appellent alors Jean-Christophe Cambadélis ou Julien Dray. Son militantisme a raison de ses études de sciences éco, mais qu'importe. En 1995, Jospin l'appelle pour prendre en main sa campagne jeunes. Il y rencontre Martine Aubry qui l'invitera à rejoindre son cabinet au ministère de l'Emploi en 1997. Dix ans plus tard, et malgré leur désaccord lors de la bataille du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, la maire de Lille ne tarit pas d'éloges sur les qualités de ce «garçon fin, ouvert et structuré politiquement», dont elle est restée proche. Après la défaite de Jospin en 2002, il rejoint les fondateurs du courant Nouveau Parti socialiste (NPS), Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Julien Dray, qui y restera moins d'un an. Opposant déclaré à la ligne majoritaire défendue et incarnée par François Hollande, plus à gauche et très porté sur les questions institutionnelles, le NPS s'impose en 2005 comme le deuxième courant du PS au congrès du Mans. Entre Peillon et Hamon se nouent une complicité intellectuelle et une amitié quasi filiale, même si sept années les séparent seulement. Las. En 2006, le premier choisit Royal quand le second finit par voter Fabius lors de la primaire interne. La rupture amicale se double d'une bataille peu reluisante pour conserver les clés de la maison. «Aujourd'hui le NPS est mort, nous l'avons tous tué», constate Hamon, qui ne renie rien de cette expérience dont il est sorti « enrichi intellectuellement » .

Très applaudi lors du dernier conseil national le 23 juin, Benoît Hamon jouit d'une bonne popularité dans le parti mais ne dispose pas encore des troupes suffisantes pour voir plus loin. «C'est un très bon, encore en gestation, souligne Pierre Moscovici qui l'a côtoyé au Parlement européen. Il lui reste toutefois à moins s'occuper de la jeunesse et à achever un travail de fond.»

Peu convaincu par Ségolène Royal, à qui il reproche d'avoir donné une nouvelle légitimité à la droite en axant sa campagne sur des thématiques conservatrices comme l'ordre juste ou le donnantdonnant, Hamon compte bien prendre toute sa part à la réinvention de la gauche. Il envisage de lancer cet été une fondation qui ne soit pas «une société savante de plus» mais un lieu de débat ouvert à une centaine d'universitaires, experts, élus, syndicalistes et hauts fonctionnaires pour permettre au PS de se réarmer culturellement (1). Le député européen, qui aime la confrontation, se targue de vouloir «mettre des angles là d'autres choisissent des rondeurs» . Il devrait pouvoir s'y essayer dès l'automne prochain... sur le terrain, à l'occasion de la coupe du monde de rugby parlementaire, où il affrontera, en tant qu'ailier, ses homologues d'Afrique du Sud ou de Nouvelle-Zélande !
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( 1 ) Le manifeste fondateur est disponible dès cette semaine sur www.nouvelobs.com, rubrique Politique.
Matthieu Croissandeau
Le Nouvel Observateur
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27 mars 2004 6 27 /03 /mars /2004 09:38
Un gouvernement libéral minoritaire où l'ADQ s'imposera

Isabelle Rodrigue - La Presse - lundi 26 mars 2007 - Montréal

Revanche des régions ou simple expression du ras-le-bol envers les «vieux partis», les électeurs québécois auront réussi à passer à l'histoire, lundi, en faisant sortir de l'ombre l'Action démocratique du Québec (ADQ) et en élisant le premier gouvernement minoritaire depuis 1878.

Après une campagne marathon de 34 jours, qui a donné lieu à l'une des luttes les plus serrées de l'histoire politique récente du Québec, la soirée de lundi aura transformé complètement le paysage politique québécois.
Le gouvernement libéral de Jean Charest continuera à gouverner pour un 2nd mandat mais, statut de gouvernement minoritaire oblige, il sera tenu en laisse par les 2 partis d'opposition. L'ADQ formera l'Opposition officielle, reléguant le Parti québécois (PQ) à la 3ème place.

«Les Québécois ont rendu un jugement, il faut reconnaître que c'est un jugement sévère. Mon parti et moi-même devrons en tirer des conclusions», a souligné M. Charest, dans son discours à Sherbrooke où il a été réélu.
Par contre, «jamais je ne baisserai les bras», a ajouté le premier ministre, d'un ton combatif mais se disant prêt à travailler avec les 2 autres partis à l'Assemblée nationale.


L'engouement pressenti envers le parti de Mario Dumont se sera donc concrétisé, la formation ayant balayé comme prévu les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Plus encore, l'ADQ aura fait des incursions importantes dans des secteurs où personne n'aurait prédit cette tournure il y a un mois, comme en Montérégie, en Mauricie, dans Lanaudière et dans les Basses-Laurentides.
L'ADQ termine au 2ème rang, derrière le Parti libéral (PLQ) qui n'a été en mesure que de conserver ses bastions traditionnels de Montréal, Laval, de l'Estrie et de l'Outaouais.
La formation de M. Dumont a remporté 41 circonscriptions, seulement 7 de moins que le Parti libéral qui termine cette course avec 48 députés élus. Le Parti québécois vient ensuite, avec 36 députés élus.

En pourcentages, le PLQ obtient 33,1% des appuis, suivi de l'ADQ avec 30,8% et du PQ avec 28,3%. Il s'agit du pire score des libéraux depuis la Confédération.

Les Québécois ont écrit une page d'histoire, a déclaré M. Dumont lors de son discours, à Rivière-du-Loup. «Ils ont fermé un chapitre et en ont ouvert un autre», a-t-il lâché, donnant déjà rendez-vous à ses sympathisants pour la «prochaine étape», faisant allusion à la prochaine élection.

M. Dumont a été le 1er chef a être déclaré élu, devançant largement son adversaire libéral, Jean D'Amour, l'ex-maire de Rivière-du-Loup.
Une vague adéquiste a déferlé sur la grande région de Québec, où seuls les péquistes Agnès Maltais (Taschereau) et Rosaire Bertrand (Charlevoix) ainsi que les libéraux Philippe Couillard et Sam Hamad ont pu sauver les meubles devant l'ADQ qui y aura amassé 7 sièges, dont celui de la vedette Gilles Taillon.
Les électeurs auront montré la porte au ministre des Transports, Michel Després, dans Jean-Lesage, et à Carole Théberge, ministre de la Famille, dans Lévis, faisant place à des députés adéquistes là aussi.
Mais la grande surprise vient de la Montérégie, où l'ADQ s'est imposée dans La Prairie, Shefford, Huntingdon, Saint-Hyacinthe, Iberville, et Marguerite d'Youville.
Dans Saint-Jean, un comté considéré baromètre, les électeurs ont accordé leur confiance à l'adéquiste.
Dans les Basses-Laurentides, le parti de M. Dumont remporte la mise dans Blainville (battant l'ex-ministre péquiste Richard Legendre), Groulx, Prévost et Deux-Montagnes.

Le PQ, qui connaît son plus bas score depuis l'élection de 1970, garde la main sur Lac-Saint-Jean, où les libéraux n'auront pas réussi à faire élire leur vedette, le médecin Yves Bolduc. Le parti conserve aussi les comtés montréalais de Hochelaga-Maisonneuve, Bourget, Mercier, Gouin et, à l'arraché, Vachon.

Les libéraux conservent sans grande surprise leurs châteaux forts montréalais ou lavallois, ne cédant que Crémazie à la péquiste Lisette Lapointe. Si plusieurs ministres libéraux ont dû se battre bec et ongles pour conserver leur comté, 2 auront été défaits par leur adversaire péquiste : le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, a été battu dans Abitibi-Est, tout comme la ministre Françoise Gauthier, dans Jonquière.

L'ex-journaliste de Radio-Canada, Christine St-Pierre, aura réussi à se faire élire dans L'Acadie, tout comme son ex-collègue, Bernard Drainville, dans Marie-Victorin. Pierre Curzi, candidat dans Borduas, délaissera sa carrière de comédien pour celle de député péquiste.

Le chef du PQ, André Boisclair, a conservé son fief de Pointe-aux-Trembles. Il a été le 1er à prendre la parole devant ses partisans, réunis à Montréal.
Moins souriant qu'à l'habitude, un brin crispé, il a tenté d'amoindrir le choc pour le PQ en soulignant que seulement «quelques sièges nous séparent du pouvoir».

L'élection est décisive pour MM. Charest et Boisclair, qui pourraient être forcés de faire des choix cruciaux quant à leur avenir politique, au terme de cet exercice.
Signe que les tiers partis semblent réussir à s'imposer malgré des moyens moins grands, le Parti vert obtient 3,9% des voix, une croissance notable depuis 2003 alors que la formation avait terminé avec moins d'1% des voix.
Son chef, Scott McKay, aura terminé au 4ème rang dans la circonscription de Bourget, où il se présentait.

Québec solidaire aura perdu son pari de faire élire un de ses porte-parole. Françoise David et Amir Khadir ont mordu la poussière, non pas sans une lutte féroce : les 2 candidats ont terminé au 2ème rang dans leur comté respectif. Leur formation obtenait 3,9% des voix.

Le PQ subit sa pire raclée depuis 1970

Martin Ouellet - Montréal

Malgré la débâcle électorale, le chef péquiste André Boisclair a donné l'impression lundi soir de vouloir demeurer à la tête de son parti.

«Bientôt, nous nous reverrons», a lancé le chef du Parti québécois, manifestement ému, aux quelque 300 militants qui s'étaient donné rendez vous au Club Soda, à Montréal.
Celui qui a mené le parti à sa plus cuisante défaite depuis 1970 a assuré les Québécois que le PQ allait offrir, à l'Assemblée nationale, «une opposition solide» et «sans complaisance» à un gouvernement qui sera sous «haute surveillance».

M. Boisclair a fait son entrée au Club Soda à 23h00, affichant un sourire crispé qui masquait mal son malaise.
Avec moins de 30% des suffrages, le Parti québécois a subi lundi sa pire raclée électorale depuis 1970, où il avait obtenu 23% des voix.
«Les flammes ne sont pas éteintes, elles brillent moins que nous l'aurions souhaité, il faut le reconnaître», a-t-il illustré, peu avant d'être rejoint sur la scène par ses députées réélues Marie Malavoy, Louise Harel, Diane Lemieux et Rita Dionne-Marsolais.
«Une chose est sûre, les Québécois voulaient du changement, ils ont parlé et humblement il faut respecter leur décision», a dit M. Boisclair, félicitant au passage les électeurs de sa circonscription de Pointe-aux-Trembles, et ses adversaires Jean Charest et Mario Dumont.
«Ce qu'il faut réaliser, c'est que quelques sièges uniquement nous séparent du pouvoir, quelques voix», a-t-il laissé tomber.

Reste maintenant à savoir si le leadership de M. Boisclair, qui demeure fragile, résistera à la critique.
Dès le début de la soirée électorale, les militants péquistes réunis au Club Soda avaient déjà perdu tout espoir de former un gouvernement.
Même si de l'avis général André Boisclair a connu une bonne campagne électorale, son leadership demeure fragile et risque d'être à nouveau remis en question.

Le député sortant des Iles-de-la-Madeleine, Maxime Arseneau, a été le 1er candidat du la cuvée électorale 2007 à être déclaré élu un peu après 20h00, donnant aux péquistes l'occasion d'y voir un heureux présage pour le reste de la soirée. Mais ils ont rapidement déchanté.
En fin de campagne, M. Boisclair avait bien senti la force de l'Action démocratique (ADQ), allant jusqu'à tendre la main à Mario Dumont en faveur d'une nouvelle coalition souverainiste.
Durant la journée de lundi, les stratèges du PQ estimaient qu'au moins une 15ne de circonscriptions étaient encore susceptibles de basculer dans un camp ou dans l'autre. Mais ils n'avaient pas anticipé une telle poussée de l'ADQ.

Le PQ reprend le Saguenay-Lac-Saint-Jean

Louis-Gilles Francoeur - Le Devoir - Édition du mardi 27 mars 2007

Le Parti québécois se dirige vers son seul balayage avec cinq comtés sur cinq

La vague adéquiste s’est brisée sur la rive du Saguenay–Lac-Saint-Jean alors que le Parti québécois récupérait son fief historique dans cette région en remportant les cinq circonscriptions où il a déjà dominé la scène électorale. À n’en point douter, cette consolidation de sa majorité par deux nouveaux gains aux dépens des libéraux constituait hier soir le prix de consolation du Parti québécois dans cette élection qui l’a ramené au rôle de tiers parti, isolé désormais des forces progressistes qui constituaient son ferment.

Les deux victoires du PQ dans cette région ont été remportées aux dépens de la ministre libérale du Tourisme, Françoise Gauthier, et d’une vedette libérale régionale, le député Karl Blackburn, battu par un militant écologiste de longue date, qui s’est fait élire sous la bannière péquiste, Denis Trottier.

Mais la principale victoire du PQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean est sans conteste celle de Jonquière, ravie aux libéraux aux dépens de Françoise Gauthier. Cette dernière avait remporté l’élection en 2003 avec 2440 voix de majorité, ce qui lui avait assuré 44,2 % des voix comparativement à 36,5 % pour le PQ. Cette fois, la ministre Gauthier a mordu la poussière devant Sylvain Gaudreault, qui l’a défaite par une majorité de 1514 voix. L’adéquiste Marc Jomphe n’a pas franchi la barre des 20 %. Mais les votes conjugués du Parti vert et de Québec solidaire totalisent 6 % du vote.

Le match dans Roberval a retenu beaucoup d’attention hier soir dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, car le nouveau candidat du Parti québécois, Denis Trottier, a défait le député sortant, le fils de l’ancien ministre libéral Gaston Blackburn, par une confortable majorité de 2385 voix. Karl Blackburn avait remporté la circonscription de Roberval en 2003 par une mince majorité de 244 voix.
L’autre surprise de cette soirée d’élection a été sans contredit l’avance croissante qu’a maintenue le député péquiste sortant, Stéphane Bédard, aux dépens du candidat libéral André Harvey dans la circonscription de Chicoutimi. Au début de la soirée, André Harvey avait une légère avance sur le fils de l’ancien ministre péquiste Marc-André Bédard. Mais elle a fondu rapidement. André Harvey, qui a fait cette année le saut en politique provinciale et dans le camp libéral, avait été élu sur la scène fédérale dans le camp conservateur de 1983 à 1993 puis de 1997 à 2004. Dans Chicoutimi, le candidat adéquiste Luc Picard terminait avec seulement 17,6 % des voix.

Dans Dubuc, le député sortant du PQ, Jacques Côté, a maintenu une avance relativement confortable tout au long de la soirée, qu’il a haussée à 1719 voix à la clôture des bureaux de vote. Mais cette victoire, il ne l’a pas remportée contre son vieil adversaire libéral de 2003, Johnny Simard, mais contre l’adéquiste Robert Émond, désormais en deuxième place dans Dubuc. C’est le seul adéquiste de la région d’ailleurs à se retrouver en deuxième position. Johnny Simard s’est donc retrouvé en troisième position cette année, beaucoup moins chanceux que la dernière fois alors qu’il avait réduit l’avance du député Côté à seulement 44 voix.

On assistait à une lutte traditionnelle entre le PQ et les libéraux dans la circonscription de Lac-Saint-Jean où le péquiste Alexandre Cloutier a décroché la plus importante majorité du fief régional, avec 5589 voix ou 46,45 % des votes exprimés. Son adversaire libéral, Yves Bolduc, qui vient au deuxième rang, n’a pu récolter plus de 28,8 % des voix. Cette circonscription était représentée depuis 2003 par le jeune député péquiste Stéphan Tremblay, qui avait alors pris une avance de 7795 voix sur son adversaire libéral de l’époque, Benoît Harvey.

Avant l’élection de 2003, le PQ détenait quatre des cinq comtés de la région. Il devait en perdre un autre en 2003. Mais l’élection d’hier l’a réinstallé en force dans le fief qu’il a dominé historiquement avec des majorités difficiles à imaginer aujourd’hui. Au référendum de 1995, les majorités en faveur du Oui oscillaient entre 65 % et 71 % dans les cinq comtés de la région.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptait cette année 213 043 électeurs, soit 1642 votants de moins qu’en 2003. Lors du vote par anticipation, 9,3 % des électeurs inscrits avaient exercé leur droit de vote. La région s’est signalée dans le débat politique des dernières semaines alors qu’un de ses animateurs radio lançait des propos discriminatoires, qui l’ont discrédité devant tout le Québec, à l’endroit du chef péquiste, André Boisclair.


Le scénario catastrophe du Parti québécois

Antoine Robitaille - Le Devoir - Édition du mardi 27 mars 2007

La victoire «morale» qu'André Boisclair espérait ces jours derniers, soit de se hisser à la tête d'un gouvernement minoritaire, ne s'est pas du tout réalisée, et c'est une catastrophe qui semblait se produire pour la formation politique, son chef et l'idée même de la souveraineté, au moment d'écrire ses lignes. Le Parti québécois au troisième rang, tant pour ce qui est du nombre de sièges qu'en ce qui concerne le pourcentage de votes: il s'agit d'une première depuis la création même du parti en 1968. Avec 28 % du vote, le score du PQ est pire qu'en 1973. «C'est gros, très gros. Mais on continue à espérer de passer en seconde place», disait la présidente du Parti québécois, Monique Richard, au moment de mettre sous presse, vers 22h10. «Ah mon Dieu, s'écrie-t-elle soudain, Lucie Papineau [députée de Prévost] a perdu!»

La foule de quelque 300 militants réunie au Club Soda se montrait tour à tour incrédule, déconcertée et révoltée, hier, par les ravages que faisait l'ADQ dans certains châteaux forts péquistes comme Masson. «J'ai le goût de vomir!», a lancé un militant au moment où le numéro deux de l'ADQ, Gilles Taillon, est apparu à l'écran. «Avais-tu vu venir ça, toi?», a lancé la directrice des communications du Parti québécois, Shirley Bishop, à Pierre-Luc Paquette. Mme Bishop, vers 21h30, disait espérer que, dans les luttes à trois, le Parti québécois puisse tirer son épingle du jeu. «Laissez-moi mes illusions», a-t-elle tout de suite ajouté. Vers 20h35, le directeur général du parti, Pierre-Luc Paquette, continuait même à dire que l'on se dirigeait vers un «gouvernement péquiste minoritaire».

Plus tard, il affirmait qu'au fond, les choses allaient être encore plus difficiles pour Jean Charest: «Une baisse de 13 % et un gouvernement minoritaire, des ministres battus à la pocheté. C'est pire que pour André [Boisclair]», a-t-il dit. L'ancien député péquiste de Joliette, Jonathan Valois, présent hier, soutenait qu'il aurait voulu accompagner ses collègues pour «partager cette défaite». Il se désolait que son collègue Alexandre Bourdeau, le dernier des «mousquetaires» -- ces trois jeunes députés qui avaient signé en 2004 un rapport mordant pour «réinventer» le Parti québécois --, ait mordu la poussière dans Berthier. «Il n'y a plus de mousquetaire [puisque Stéphan Tremblay ne s'est pas représenté dans Lac-Saint-Jean]. Mais je recommande au parti d'aller relire notre rapport. C'est très pertinent», a-t-il déclaré.

Les militants présents avaient toutefois droit à certains moments de joie et manifestaient bruyamment. Par exemple lorsque Philippe «citoyen» Leclerc est venu annoncer les cinq victoires du PQ dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la réélection d'André Boisclair dans Pointe-aux-Trembles et la défaite du chef libéral Jean Charest dans Sherbrooke aux mains du péquiste Claude Forgues. La salle avait commencé à s'animer à 20h15, au moment de l'annonce du premier député péquiste élu, Maxime Arsenault, dans le comté des Îles-de-la-Madeleine, mais les mauvaises nouvelles se sont par la suite accumulées. Les péquistes se consolèrent aussi en voyant qu'Agnès Maltais et Rosaire Bertrand avaient tous deux résisté à la vague adéquiste dans la région de Québec.

Ce matin

André Boisclair a voté hier matin vers 10h dans sa circonscription de Pointe-aux-Trembles, disant qu'il faisait confiance aux Québécois. Au moment d'écrire ces lignes, le chef péquiste prenait connaissance des résultats des élections en compagnie de ses conseillers dans une suite de l'hôtel Le Germain, rue Mansfield. Il était attendu vers 22h50 au Club Soda.

Dans les derniers jours, il répétait être confiant d'obtenir un «gouvernement majoritaire». Il s'était lancé dans un blitz qui l'avait conduit à faire quelque sept discours par jour dans autant de comtés.

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28 février 2004 6 28 /02 /février /2004 11:48
pourunnps.2.gifContribution thématique au congrès national de Dijon présentée par Benoît Hamon, 18 janvier 2003.

benoithamon2.jpgParmi les combats pour que les pouvoirs qui agissent dans la société s'exercent de façon plus démocratique, à côté des réformes indispensables pour la démocratisation politique et économique, il est un enjeu qu'il serait regrettable de négliger aujourd'hui, celui de la démocratisation de l'espace public.
Démocratiser l'espace public comprend certes l'objectif d'étendre les conditions d'accès à la culture, qui correspond aux visées des politiques de démocratisation culturelle, mais implique aussi de parvenir à améliorer significativement les conditions de participation de chacun à la définition d'une expression publique. De même, il convient de ne pas limiter ces enjeux aux seules formes d'expression artistique et culturelle, mais de prendre en compte les aspects spécifiques à la circulation de l'information, au déroulement du débat public et aux moyens offerts à la formation des représentations collectives, lesquels importent nécessairement dans la formation des opinions te des choix politiques.
[...]

lire la suite : doctrinesocialistemedia.rtf
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27 février 2004 5 27 /02 /février /2004 11:46
logong.2.jpgContribution thématique au congrès national de Dijon présentée par Nouvelle Gauche, 18 janvier 2003



benoithamon.3.jpgLes dernières campagnes électorales ont laissé à tous les militants de gauche qui les ont faites un goût amer. Parce que notre camp a été balayé, sans doute. Mais surtout parce que nous avions l’impression de ne même pas intéresser nos interlocuteurs. Les réunions publiques et les diffusions de tracts s’enchaînaient. Le malentendu durait. Des candidats et des militants s’efforçant de convaincre. Des électeurs ne s’intéressant qu’à ce que leur vote pourrait leur rapporter à eux. Plus personne pour restituer ses difficultés dans un contexte global, pour se revendiquer d’un camp ou d’une classe.
Nous avons récolté, sans doute, ce que nous avons nous-même semé : individualisme et scepticisme. Si bien que le bilan de la gauche n’a été lu qu’à l’aune des profits individuels qu’il a pu dégager pour chacun.
Cet éclatement de la demande sociale auquel nous avons voulu prêter les vertus d’une autonomie synonyme d’émancipation individuelle, est en fait le produit venimeux de la libéralisation culturelle de la société. Elle s’accompagne d’une culture délétère du non-conflit, du « zéro risque » ; d’accord pour le progrès collectif, tant qu’il ne me nuit pas, et surtout qu’on ne me demande pas de me battre pour le faire avancer… tel est le nouveau mot d’ordre de ceux qui ne pensent leur rapport à la société que sur le mode de la consommation...
[...]
Lire la suite : batailleculturelle.rtf
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20 février 2004 5 20 /02 /février /2004 11:50
logopse.jpgLe "Nouveau Parti Socialiste" est un courant du PS très démocratique, traversé et travaillé par une liberté de parole bien plus qu'ailleurs dans notre cher parti.
C'est une richesse, c'est une force.
Nous avons vocation à ouvrir des débats trop longtemps délaissés, trop longtemps évités ; nous avons vocation parfois aussi à rétablir de vive voix la hiérarchie des valeurs, là où certains de nos camarades seraient tentés d'imposer par la force des choses je ne sais quelle "troisième voie" à la française.
Car notre courant est fort également d'un certain nombre de convictions qui nous animent, nous rassemblent et nous permettent d'avancer collectivement dans le parti. Au nombre de celles-ci, il y a - clairement définie - la revendication d'une "république fédérale européenne" ; et c'est pourquoi je m'étonne qu'on nous relance quelques fois sur le thème " attention,... cette question n'est pas si simple, n'avançons pas trop rapidement le mot “fédération”, il faut avant tout approfondir la question". Comme si cela n'était pas le cas...
[...]

Lire la suite : europefederationnation.rtf
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28 novembre 2001 3 28 /11 /novembre /2001 11:53
Article publié par Nouvelle Gauche Val d’Oise (novembre 2001)

Depuis 1997, la France a changé, elle devenue plus forte et plus solidaire, elle a retrouvé confiance en son avenir. Ceci n’a été possible que parce que l’action du gouvernement a réhabilité le volontarisme économique et politique. Parce que nous avons amélioré la vie quotidienne des Français. Parce que nous avons dégagé l’horizon du plein emploi. Parce que nous avons mené une politique de gauche. Beaucoup a été fait mais il y a encore tant à faire.
À entendre certains, un grand nombre de questions fondamentales ne seraient plus de gauche ni de droite: les grands équilibres économiques, la décentralisation, la sécurité, les enjeux municipaux, les institutions, la construction européenne, la politique étrangère… tous ces sujets feraient l’objet d’un consensus assez large, participeraient d’une «réalité technocratique objective», n’appelleraient pas de solutions alternatives fondées sur des valeurs et des priorités sociales.

[...]

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