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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 20:26
Expulsions de familles sans-papiers :
Des méthodes de cow-boy et une débauche de moyens indignes de notre République.

ligne

Aude Evin, conseillère régionale d'Ile-de-France, participait ce matin à la conférence de presse organisée par le Réseau Education Sans Frontières. Elle dénonce la volonté du ministre de l'Intérieur d'expulser à tout prix les membres de la famille Raba vers le Kosovo, malgré les risques qu'ils encourent dans leur pays.
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- Signer la pétition de RESF -

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 20:17
Portrait
Olivia, rescapée de la Star Ac
LE MONDE | 08.12.06 | 15h31  •  Mis à jour le 08.12.06 | 15h31

t si Olivia Ruiz justifiait à elle seule l'existence de la "Star Academy" ? Cette femme-lutin n'aurait peut-être pas percé au-delà des orchestres de bal de son Aude natale, si elle n'était pas passée, en 2001, par la première promotion de la "Star Ac". Il aurait pourtant été dommage de rater son minois de brune mutine. Sortie du lot par les castings de ce petit conservatoire du showbiz, elle s'est épanouie en s'en affranchissant.

Le 14 décembre, Olivia Ruiz remplira l'Olympia. Pas une apothéose, plus simplement l'une des 160 dates d'une tournée marathon, en phase avec le succès d'un 2ème album, La Femme chocolat, sorti en novembre 2005 et devenu en septembre 2006 numéro un des ventes de disques, avec plus de 500 000 exemplaires vendus. A quelques petits problèmes de dos près - "les chanteurs enrichissent au moins autant les ostéopathes que les O.R.L.", rigole Olivia -, la demoiselle se sent sur scène dans son élément.

En courte robe d'héroïne de Chapeau melon et bottes de cuir, elle met en scène des comptines au croisement du réalisme et du merveilleux. Dosant allégrement efficacité de la variété et distorsions rock, elle dialogue spontanément avec son public avec son accent chantant du Sud-Ouest.

La môme Ruiz, que l'on pourrait aussi croire sortie d'un film d'Almodovar, a toujours eu des rêves d'enfant de la balle. Perdu au milieu des vignes, son village de Marseillette (600 habitants) aurait pu être un frein à sa vocation, mais la smala familiale veillait. Plusieurs chansons de La Femme chocolat"Mes parents avaient un café qui accueillait des musiciens, le juke-box jouait sans arrêt, explique Olivia. Ma mère, fan des Rita Mitsouko, m'habillait en Catherine Ringer ; mon père était guitariste de bal ; une de mes grands-mères m'initiait à la chanson réaliste, l'autre aux chansons traditionnelles espagnoles. Même en me bouchant les oreilles, je n'aurais pas échappé à la musique." replongent dans cette généalogie pléthorique. On trouve même dans le livret du disque des photos de papa-maman, des tontons, des tatas et des quatre grands-parents, dont trois ont fui l'Espagne franquiste.

Le micro et les planches lui sont vite familiers. Animatrice à 10 ans de sa propre émission sur Radio Marseillette, elle connaît une vraie révélation en participant à 12 ans à un spectacle d'Yvan Chiffre, chante à 14 ans dans son premier groupe de rock, puis dans des groupes de bal. Ses années de lycée à Narbonne, à préparer un bac théâtre en admiratrice d'Ariane Mnouchkine, seront celles d'une adolescence en crise - "J'ai fait toutes les conneries" - et du vent de liberté soufflé par le rock alternatif français, mené par Bérurier Noir, Mano Negra, les VRP et autres Garçons Bouchers, mariant chanson de rue et punk rebelle.

Dès cette époque, l'envie de s'éloigner de sa famille sera aussi grande que son besoin irrépressible de s'y ressourcer. "Cela tient peut-être à nos racines espagnoles, analyse celle qui a écrit une chanson sur le sujet (Thérapie de groupe), je me sens porteuse de l'exil de mes grands-parents, un sentiment qui accroît le besoin de famille, avec les côtés bénéfiques et destructeurs d'être les uns sur les autres."

Elle a goûté son déménagement à Paris, sur la butte Montmartre, avec l'émerveillement d'une Amélie Poulain de la garrigue. Mais elle se languit vite de la chaleur du cocon audois. Au point qu'en tournée, le groupe joue parfois le rôle d'une famille de substitution. Ses musiciens la taquinent sur ses besoins de "gros câlins" ou ses envies de traîner en bande jusqu'à plus d'heure. "Je finis par me retrouver seule dans ma chambre d'hôtel, admet-elle, alors j'écris. L'autre matin, je me suis réveillée avec un texte imprimé sur la joue. Je m'étais endormie dessus."

Ses soifs affectives contredisent parfois ses exigences professionnelles. Dans le travail, l'adorable copine peut se révéler cassante. Interdiction, par exemple, d'alcool et de fumette avant les concerts. Cette bosseuse aspire à la bohème mais connaît les lois de l'industrie : "Si j'ai mal vécu artistiquement et psychologiquement mon passage à la 'Star Ac', il m'a aussi fait gagner beaucoup de temps. A mon arrivée, je ne savais même pas ce qu'était un label."

"Une des forces d'Olivia, constate son producteur de spectacles, Olivier Poubelle, c'est sa capacité à admirer." Au moment de son premier album, J'aime pas l'amour, encore marquée par son statut de "star académicienne", celle qui n'était encore qu'une interprète avait ainsi démarché des auteurs aussi éloignés que possible de l'esthétique TF1, comme la chanteuse Juliette ou Néry, ex-leader des VRP, figures du rock alternatif.

"Juliette s'est aperçue qu'elle ne pouvait me caler sur aucune de ses chansons, jubile encore Olivia Ruiz, entre deux cigarettes roulées à la main. Elle m'a tout de même fait cuisiner par deux de ses copains, pour savoir ce que j'avais dans le ventre." Pour La Femme chocolat, cette fan de Roald Dahl, Tim Burton et Tom Waits a confié la production et plusieurs compositions à Mathias Malzieu, frénétique chanteur du groupe Dionysos. "On s'était déjà rencontrés avant la 'Star Ac' à l'occasion d'un de nos concerts près de Carcassonne", se rappelle Christian Olivier, chanteur des Têtes Raides, formation phare de la chanson "néoréaliste", avec qui elle duettise dans un des morceaux (Non-dits) de son deuxième album. "Elle est restée une vraie fan de musique, elle vibre pour les choses et sait se servir de son vécu."

Le contrat "merdique" de miss Ruiz avec Polydor, une branche d'Universal, a enfin été renégocié à l'aune de son récent succès. "Olivia n'est pas une femme d'argent, affirme Olivier Poubelle, les élèves de la 'Star Ac' connaissent les beaux hôtels, l'hystérie des fans, mais sont très mal payés. Elle a eu l'intelligence de mesurer la superficialité de cette gloire-là."

Récemment, on lui a proposé de revenir chanter à la "Star Academy". Olivia Ruiz a décliné l'invitation. Pascal Nègre, patron d'Universal, n'a pas insisté. Sans doute conscient que sa réussite avait trouvé une autre voie.


Stéphane Davet

Parcours

1980
Naissance, le 1er janvier, à Carcassonne (Aude).

1998
Chante, jusqu'en 2001, dans des groupes de bal.

2001
Demi-finaliste de la "Star Academy", première édition.

2003
Parution de son premier album, "Je n'aime pas l'amour".

2005
Deuxième album, "La Femme chocolat".

2006
Première au classement des ventes d'albums, part en tournée.

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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 16:45
Présentation et analyse des résultats de la 2nde vague du Baromètre Politique français (CEVIPOF)

 

Je vous recommande la lecture du compte-rendu de la dernière étude du BPF. L’historique des études menées par le CEVIPOF ayant montré une certaine concordance avec la réalité (votes des 21-Avril et 29-Mai), je suis enclin à apporter une attention particulière à leurs études.

 Télécharger : étude CEVIPOF 20 novembre 2006

http://www.cevipof.msh-paris.fr/

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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 14:21
MOTION ADOPTEE A L'UNANIMITE PAR LE CONSEIL FEDERAL DU VAL D'OISE DU PARTI SOCIALISTE, REUNI LE 4 DECEMBRE 2006 A SARCELLES
SUR PROPOSITION DE FREDERIC FARAVEL

Propos inacceptables de Georges Frêche :
Appel à la célérité et la clarté des socialistes


Suite aux propos tenus par Georges Frêche le 15 novembre, le Bureau national du Parti socialiste, à l’unanimité, a saisi la Commission des Conflits pour qu’elle en tire les conséquences et se prononce notamment sur l’exclusion de celui-ci.

Nous, élus et militants socialistes, souhaitons rappeler l’émoi provoqué dans la population et au sein du Parti socialiste par les déclarations inacceptables de Georges Frêche.
Nous condamnons une attitude qui n’a pas sa place au sein des socialistes, attitude aggravée par la qualité d’élu et de responsable de celui qui a tenu ces propos.

Nous insistons sur la dérive préoccupante que constituent les obscures tentatives d’explication et de justification de M. Frêche, au nom d’une pseudo nécessité de rompre avec le politiquement correct. Aucune posture, aucun artifice de langage ne peuvent justifier ou excuser que l’on puisse qualifier les compétences des hommes en fonction de la couleur de leur peau.

Certes, les statuts de notre parti doivent permettre à chacun de se défendre et de s’expliquer. Pour autant, nous appelons fortement les socialistes à ne faire preuve d’aucune faiblesse dans la mise en œuvre de la procédure à l’encontre de Georges Frêche.
Nous n’acceptons ni les intimidations, ni les menaces vis-à-vis des socialistes, ni les grossières tentatives de réinterprétation de la vérité, uniquement destinées à gagner du temps.

Nous pensons que le Parti socialiste doit faire preuve de célérité, de clarté et de vérité dans les décisions que prendront ses instances, sans quoi le risque serait grand d’altérer notre capacité collective à porter l’aspiration des Français au renouvellement des pratiques politiques.

C’est pour cela que nous appelons les socialistes à rester fermes sur les principes et sur nos valeurs et à ne pas retarder l’instruction de la demande d’exclusion de Georges Frêche.

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 10:15

« Pirates et protestants », un documentaire d’Olivier Abel - réalisé par Claude Vajda

Et si la grande épopée de la flibusterie n’avait été que l’écume du même mouvement qui a fait la Réforme protestante ?

C’est que l’océan est en phase avec la nouvelle théologie : il n’y a plus ni roi, ni pape, on est seul avec Dieu, on a tout quitté, obligé de vivre chaque jour sans être trop assuré du lendemain. L’homme se découvre petit dans un monde illimité et Dieu n’en est que plus immense...

En 1492, Christophe Colomb touche terre aux Bahamas. Très vite, le trop vaste empire espagnol et catholique, avec ses conquistadors, apparaît comme le grand pilleur. Les corsaires protestants ont donc été lancés à l’assaut de l’empire catholique espagnol, qui s’était arrogé la plus grosse part du nouveau monde. Pendant un siècle, tous les pirates, qu’ils soient français, anglais ou hollandais, seront pêlemêle désignés comme des luteranos, des « luthériens », par les Espagnols.

Productrice : Séverine Boudier - Adjoints : Jean Figuière - Lydie Roshem-Clinchamps

Assistants de production : Jonathan Gonzalve - Marine Torrente

www.presenceprotestante.com

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 10:40

PIRATES, CORSAIRES ET FLIBUSTIERS

 

 

PIRATES - Jean-Pierre Moreau

Qui n'a pas, enfant, passé de merveilleux moments en compagnie du mystérieux John Silver, à suivre l'affrontement entre Rackham le Rouge et le Chevalier de Haddock, ou à frémir devant les tribulations du capitaine Blood ?
Pirates... le mot fait trembler. Les clichés sont faciles : pavillon noir, abordages sanglants, or, argent et pierreries, amours sans frein, liberté, etc. Cet ouvrage nous dévoile une réalité n'ayant parfois rien à envier aux légendes. Les flibustiers, corsaires et pirates de chair et d'os étaient Basques, Bretons, Gascons ou Normands, Espagnols ou Britanniques. Certains étaient forts en gueule, d'autres avaient un grand coeur, quelques-uns furent des prédateurs psychopathes. Ils écumèrent les mers dès le XVIe siècle, traquant les galions isolés ou attaquant les colonies espagnoles.
Cet ouvrage enrichit considérablement l'historiographie de la flibuste française et européenne, particulièrement aux Antilles. On découvrira que loin de n'être qu'une aventure improvisée, menée couteau aux dents, celle-ci s'est parfois développée à la faveur d'initiatives économiques.
Exposé historique mais aussi manuel pour devenir un parfait flibustier, cet ouvrage montrera comment après 1725 et leur disparition de la scène historique, les "picoreurs des mers" se transformèrent en figures de légende. D'abord héros nationaux, puis personnages de pacotille à la sauce hollywoodienne, les pirates furent présentés après mai 1968 comme des libertaires, ancêtres des anarchistes.
Enfin, comment peut-on parler des pirates sans évoquer les trésors qui dorment au fond de l'océan ou dans des caches oubliés ?

Janvier 2006 - 478 pages - 21 €

 

HISTOIRE DE LA PIRATERIE - Robert de la Croix

De la Méditerranée, berceau de la piraterie, jusqu'aux Antilles et à l'île de la Tortue au Nord-Ouest de St-Domingue, voici dans le fracas des abordages et des batailles, dans l'odeur de la poudre, de la saumure, des embruns et du rhum, la fabuleuse histoire des pirates, faite de tueries, de ripailles, de violence et de mort.
Leurs atouts : la rapidité et la ruse. Leur alliée : la nuit sans lune où l'on surprend les hommes de quart veillant sur le navire endormi. Une ardeur brûlante anime les pirates au combat. Vaincus, ils ne doivent attendre aucun pardon, aucune pitié, seulement la potence. Vainqueurs, ils défoncent les panneaux de cales et se ruent sur le butin. Puis ils visitent la cambuse, et les larges rasades de vin d'Espagne préludent aux festins, aux beuveries et aux jeux.
Des personnages extraordinaires traversent cette histoire fantastique où tout est vrai. L'Olonnois, criblé de flèches et dépecé par les Indiens ; Morgan, prince couvert de sang et d'or qui mit à sac Maracaïbo ; Barbe-Noire, qui eut la tête tranchée après une vie de pillage ; Rackam, Avery, Kidd et autres diables des mers. Des femmes aussi, Ann Bonney et Mary Read au tragique destin. Et plus près de nous, Felix von Luckner, qui sur son trois-mâts See Adler écuma les océans entre 1916 et 1919 sous le pavillon à tête de mort, échappant à toutes les recherches après avoir envoyé par le fond 40 000 tonnes de navires.
Maître de l'aventure maritime, Robert de la Croix évoque magistralement, des origines à nos jours, l'épopée sauvage de ces aventuriers de haute mer, dont certains se taillèrent un royaume à la pointe de leur sabre.

2003 ; Réédition de l'édition de 1974 - 383 pages - 25 €

 

 

PIRATES ET CORSAIRES - Armel de Wismes

La piraterie a exercé sur toutes les mers depuis les temps les plus reculés. Les marins de l'Antiquité considéraient le pillage et le trafic des esclaves sur des rivages étrangers comme un acte de guerre tout à fait licite. Plus tard, les Vikings scandinaves et les Barbaresques d'Afrique du Nord ne se conduisirent pas mieux. Au Moyen-Âge et lorsque la découverte des Indes Occidentales et Orientales offrit aux navigateurs européens un large champ d'action, le brigandage maritime conserva le caractère d'une piraterie admise qui se prolongea dans la flibuste. C'est seulement au XVIIe siècle, et en France, qu'une législation sévère du droit de course permettra de distinguer nettement le corsaire du pirate. Par leurs exploits, de glorieux corsaires occuperont une place importante dans l'Histoire. D'où le choix par l'auteur de mettre surtout en évidence dans ce livre l'histoire moins connue de la piraterie sous ses deux aspects aussi passionnants : piraterie de forbans isolés arborant le pavillon noir en Atlantique et dans l'Océan Indien, et piraterie de grands écumeurs de mers capables de rassembler de véritables flottes en Méditerranée, en Orient ou en Extrême-Orient.
En nous offrant une série de portraits de ces personnages, Armel de Wismes s'est attaché à nous révéler ce monde pirate dans son extraordinaire diversité. Si la plupart des pirates furent de redoutables bandits, cupides et cruels, on trouve aussi parmi eux des héros, des explorateurs, des idéalistes, des hommes ayant tenu un rang élevé dans la société de leur temps, et même des femmes extrêmement belles et séduisantes.
Riche de faits et d'anecdotes, ce livre présente à la fois les qualités d'un document d'histoire et d'un grand roman d'aventure.

1999 - 231 pages, quelques gravures noir et blanc - 19,82 €

 

 

LES TYRANS DE LA MER - Pirates, corsaires et flibustiers
Textes réunis par Sylvie Requemora et Sophie Linon-Chipon

Il est des continents à redécouvrir, et des océans. Le monde de la course et de la flibuste en fait partie. Non pas qu'il soit absent de notre imaginaire : bien au contraire, il l'encombre de souvenirs adolescents. La science historique est destinée - malheureusement ? - à expliquer et détruire nos illusions sur le passé. Ce recueil est d'abord un inventaire des formes que prit ce que l'on appelle indifféremment la course, la flibuste ou la piraterie. Point d'héroïsme guerrier en cela, il s'agit de simple commerce : la guerre moderne, dépourvue de tout esprit de sacrifice chevaleresque, n'est pas loin. Comment se fit le passage en littérature de ce qui ne pouvait, décemment, ni divertir ni instruire selon la vulgate horatienne ? Véhicule de la mort et de l'injustice, le pirate est aussi le messager de l'au-delà pour le chrétien, d'une vie différente pour le commun des mortels. D'où la fascination que le pirate exerce sur ses victimes - source de romanesque - ou sur l'imaginaire social. L'image du pirate, homme libre, héros sans moralité sinon sans morale, se forme précisément au confluent de l'Âge classique et des Lumières comme un impossible absolu et pourtant réel. Ayant perdu sa défroque diabolique, même dans sa version "barbaresque", le pirate est décidément "humain, trop humain". C'est ce que disent les premiers chroniqueurs de la flibuste, Exquemelin et Defoe. Mais, avec les guerres de l'Empire et le XIXe siècle, l'armement de la course devenant une activité strictement commerciale, le "corsaire" littéraire se transforme lui-même en simple produit de la société marchande. La littérature de la flibuste, des trésors, et des îles désertes se situa alors dans le passé régressif d'un âge d'or mythique, qui protégeait de toute assimilation au quotidien : un excellent placebo social. Elle rejoignit la vaste littérature d'aventures que la société industrielle fabriqua pour la jeunesse à partir du Second Empire : c'est précisément l'époque où les Etats renoncent solennellement à la course, mais pas à la guerre et encore moins aux "aventures" coloniales. On trouvera encore dans ce volume des textes peu connus extraits de la vaste littérature de mer, des personnages illustres réinterprétés et des intellectuels, des libertins et des dévots, des héros et des couards, les alizés réparateurs et la moiteur des entreponts, la vie et la mort, l'histoire et l'anecdote.

2005 - 593 pages - 28 €

 

NOUVEAUTÉ

NOUVEAUTÉ

 

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE ROBINSON CRUSOÉ et l'île des marins abandonnés  -  Ricardo Uztarroz

Une "enquête" qui révèle l'origine du mythe de Robinson Crusoé, héros d'un des romans les plus lus au monde. Pour écrire "Robinson Crusoé", Daniel Defoe s'inspire d'un fait réel survenu dix ans auparavant. Un corsaire écossais, Alexander Selkirk, forte tête et excellent marin se querelle avec son capitaine lors d'une escale dans l'île déserte chilienne Mas a Tierra. Convaincu que rapidement un navire le recueillera, il demande qu'on le débarque. Erreur fatidique car il y reste quatre ans et quatre mois. La fiction n'a rien à voir avec la réalité. Si Robinson réinvente grâce à "la providence" la société sur la base des préceptes de l'éthique protestante, Selkirk est réduit à l'état d'animal, comme renvoyé à l'origine de l'humanité.
Sur l'île, rebaptisée en 1966 Robinson Crusoé, nombre de marins furent au fil du temps abandonnés, contre ou de leur plein gré... Aujourd'hui, ses 600 habitants continuent à mener une rude vie de Robinson, loin des turbulences du monde...

Un excellent ouvrage qui se dévore d'une traite. L'auteur retrace l'histoire d'une petite île déserte Chilienne longtemps inhabitée et oubliée de tous : l'île Robinson Crusoé. Oubliée de tous ? Pas vraiment, car Robinson a été pour bien des marins (pirates et officiers) l'île de la dernière chance, du dernier avitaillement - où William Dampier, que l'on découvre étroitement lié au mythe de Robinson Crusoé, fit escale régulièrement. Jamais île déserte n'a eu Histoire plus tumultueuse, voire romanesque ; jalonnée de naufrages, d'abandons, de retraites, de tentatives de colonisation... finalement, cette petite île déserte a été le théâtre de bien des aventures humaines !

Juin 2006 - 206 pages - 20 €

 

 

L'AVENTURE DE LA FLIBUSTE - Actes du colloque de Brest 3-4 mai 2001, sous la direction de Michel Le Bris

Quelle était la religion des flibustiers ? Les pirates étaient-ils des dissidents radicaux religieux ? Peut-on traiter de la flibuste et de la piraterie comme d'une révolte sociale annonçant la Révolution française ? Savez-vous que vingt-cinq pour cent au moins des flibustiers étaient noirs ? Qu'un des plus féroces d'entre eux, William Dampier, était en même temps un savant de génie ? Le mystère de la fin du chevalier de Grammont sera-t-il enfin, ici, définitivement éclairci ?
Conçue par Michel Le Bris, et présentée à l'abbaye de Daoulas en 2001, puis à Paris au musée de la Marine en 2002, l'exposition Pirates et Flibustiers des Caraïbes, a reçu un accueil public et critique enthousiaste. La plus importante exposition jamais consacrée à ce sujet dans le monde ! Et une vision radicalement nouvelle, tenant comp^te des progrès actuels de la recherche. Car elle a changé notre vision, depuis ces dernières décennies ! On en aura ici quelques aperçus passionnants, échos du colloque qui se tint à Brest au lancement de l'exposition, rassemblant les meilleurs spécialistes. Où l'on verra que la réalité continue de dépasser la fiction...

2005 - 191 pages, très nombreuses photos et illustrations - 22 €

 

 

CORSAIRES ET FLIBUSTIERS - Jean Merrien

Écrivain de la mer, auteur de dizaines d'ouvrages, Jean Merrien s'était déjà penché en historien sur les francs-tireurs des océans. C'est cette extraordinaire aventure de la Course, traversée par des personnages au destin flamboyant ou tragique qu'il évoque aujourd'hui avec celle, peut-être plus fabuleuse encore, de la flibuste.
Si les géants - Jean Bart, Duguay-Trouin, Jacques Cassard, Surcouf - sont entrés dans la légende dans le fracas des abordages, il est d'autres corsaires qui en leur temps se sont couverts de gloire. Voici leur authentique histoire depuis les origines, les bâtiments et les équipages, les exploits et les combats dans les embruns et la mitraille.
Haute en couleurs, terrifiante, atroce parfois mais pourtant d'une beauté sauvage, la flibuste est ici contée. L'argent et les plaisirs, les honneurs et les gloires, la mort et la ripaille y tissent la trame de la grande aventure, de l'île de la Tortue à Saint-Domingue de Haïti à Maracaïbo.
Gentilshommes ou forbans, des noms de flibustiers ont marqué à jamais la mer des Caraïbes. Du chevalier de Grammont à Monbars l'exterminateur, de Jean-David Nau l'Olonnais à Laurent de Graff, voici tels qu'en eux-mêmes les aventuriers de la mer. Jean Merrien n'a pas sacrifié au romantisme, tout est rigoureusement exact, et son livre passionnant restera comme un ouvrage de référence sur le monde fascinant des corsaires et des flibustiers.

2003 - 348 pages - 22 €

 

 

UN FLIBUSTIER FRANÇAIS DANS LA MER DES ANTILLES (1618-1620)
Manuscrit du début du XVIIe siècle présenté par Jean-Pierre Moreau

Pirates, commerçants, colonisateurs, ils sont un peu tout cela les hommes embarqués à Dieppe, en 1618, sur quatre bateaux, en direction des Antilles, sur lesquelles courent alors plus de légendes que de récits authentiques. Ils sont surtout des aventuriers. Un voyage de plusieurs mois, dramatique, marqué par la maladie, la faim, la révolte, presque la mutinerie, les conduit dans l'île de la Martinique où vivent les Indiens Caraïbes, qui les accueillent et les sauvent, ignorant tout encore de la puissance destructrice des colonisateurs blancs. Après une escale d'un an, qui permet à l'auteur d'étudier minutieusement les îles et leurs habitants, le voyage se poursuit jusqu'aux côtes de la Floride et du Mexique, avant un retour piteux à Dieppe.
Le récit de ces aventures nous est conté ici, sur un ton étonnant de fraîcheur et de véracité, par un des participants resté anonyme et qui eût, tant pour son écriture que pour son témoignage, mérité la gloire.

313 pages - 18.29 €

 

 

PIRATES, BOUCANIERS, FLIBUSTIERS - Gilles Lapouge

La mer - paradisiaque ou infernale, selon les jours et les usages, est un des acteurs principaux de l'aventure pirate. Le pirate est un brigand qui opère sur la mer. C'est cette qualité de marin qui lui donne son caractère singulier parmi tous les malfaisants, son extrémisme, sa férocité et qui nourrit sa légende. Le pirate est un homme de destin. Son départ de la terre ferme est irrévocable. Il a deux passions : une révolte absolue et la recherche d'un autre monde, d'une autre terre. Pour accéder au "coeur du mystère" de l'aventure pirate, Gilles Lapouge observe ces voyous dans deux lumières en même temps : le réel et le rêve. L'histoire et la mythologie.

Sommaire : Vers la mer promise// Dyonisos, Ulysse et Thucydide // Rome et les forbans du Mithridate // Quand l'Amérique est découverte // Le corsaire est-il un pirate ? // Les frères de la côte // Les expéditions de terre ferme // Les pirates des Lumières // Les pirates du souverain bien // Les dandys de la mort // Forbanes, boucanières, flibustières // Dans les mers de Chine // Mort sans sépulture.

Un très beau livre, richement illustré.

2002 - 181 pages, très nombreuses illustrations couleurs - 24.5 x h. 31.5 cm - 45.50 €

 

Daniel DEFOE

 

 
OUVRAGE INDISPONIBLE

HISTOIRE GÉNÉRALE DES PLUS FAMEUX PYRATES - Tome 1 - Les chemins de Fortune - Daniel Defoe
Edition établie et présentée par Michel Le Bris
OUVRAGE INDISPONIBLE 

Publiée en deux volumes en 1726 par un mystérieux "Captain Johnson", l'Histoire des plus Fameux Pyrates est considérée depuis toujours comme la bible de tous ceux qui s'intéressent à la Flibuste - et accessoirement comme l'un des textes les plus surprenants de la littérature anglaise. Chose étrange, ce chef-d'oeuvre partout cité (et souvent pillé) n'avait jamais été intégralement traduit en français avant la présente édition.
Le grand historien anglais Christopher Hill (un personnage dont la stature est comparable à celle d'un Ferdinand Braudel chez nous), après vingt ans d'enquête, a acquis la certitude que l'auteur de cette merveille n'est autre que... Daniel Defoe : l'auteur de Robinson Crusoé ! Lequel nous offre ici trente-huit récits véridiques qui se lisent comme autant de romans - à inscrire en lettres d'or (et de sang) dans le grand livre de la révolte humaine.

442 pages, format poche - 11.50 €

 

 

HISTOIRE GÉNÉRALE DES PLUS FAMEUX PYRATES - Tome 2- Le Grand rêve flibustier - Daniel Defoe
Edition établie et présentée par Michel Le Bris 

Avec ce second volume, c'est l'aspect le plus méconnu de la geste pirate qui se trouve mis en lumière : l'histoire des "utopistes" issus de la racaille des mers qui réalisèrent dans les îles du Sud, un siècle avant la Révolution, quelques troublants modèles de contre-société - preuve s'il en est une qu'une autre révolte anime, par-delà les clichés en honneur, la grande légende des vaisseaux noirs.
Tout cela finira assez mal, on s'en doute. Mais n'en livrons pas plus au lecteur, impatient déjà d'embarquer en la compagnie du plus fascinant des guides : rien de moins que l'auteur de Robinson Crusoé !

326 pages - 9,90 €

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 10:36
Motion consécutive aux propos de Georges Frêche

Neuf mois après les qualifications exceptionnellement graves qu’il a appliquées à une association de harkis, Georges Frêche vient de récidiver dans l’inacceptable avec ses divagations sur la composition ethnique de l’équipe nationale de football. Il apparaît clairement que la couleur de la peau est devenue pour lui un critère de différenciation des êtres humains. Or notre République est fondée sur la construction d’un avenir commun, ouvert à tous ceux qui veulent le partager, sans considération des particularités individuelles, quelle qu’en soit la nature.

Les déclarations de Georges Frêche sont incompatibles avec les valeurs du socialisme aussi bien qu’avec les principes de la République. Leur auteur n’a donc pas sa place au sein du Parti socialiste ; il revient à nos instances dirigeantes d’en tirer les conséquences.

Aussi demandons-nous l’ouverture d’une procédure d’exclusion du PS à l’encontre de Georges Frêche : il faut que ce personnage comprenne que si être socialiste, c’est un choix libre, c’est aussi le respect de quelques obligations fondamentales. L’exclusion nous paraît être la seule mesure à la hauteur du préjudice que le parti a subi de la part de cet élu et la seule mesure qui soit à même de préserver la crédibilité du socialisme dans notre pays.

Motion adoptée à l’unanimité lors de la réunion de section du 29 novembre 2007 et transmise à la fédération du Val d'Oise du Parti socialiste

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 15:52
PS : la refondation ségoléniste, par Michel Noblecourt
LE MONDE | 29.11.06 | 14h03  •  Mis à jour le 29.11.06 | 14h03

nvestie, le 26 novembre, par un congrès extraordinaire, candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal a vu dans sa désignation "un geste révolutionnaire". De fait, en plébiscitant, le 16 novembre, la présidente du conseil régional Poitou-Charentes, dotée d'une série de records - 60,65% des voix, une position majoritaire dans 95 fédérations sur 105 -, les militants socialistes ont tourné la page du parti d'Epinay, celui qu'avait refondé François Mitterrand en 1971.

PS, parti "ségoléniste" ? Le "séisme" du 16 novembre, où une candidate a été adoubée après avoir construit sa popularité en rupture avec la "vieille maison" et en ayant d'abord contourné le PS, jette les bases d'une refondation "ségoléniste".

Nullement intimidée par la morgue des éléphants qui pronostiquaient et espéraient son échec, Mme Royal a gagné en recourant aux armes de la démocratie d'opinion et de la démocratie participative. Michel Rocard, en son temps, avait déjà théorisé sur le bon usage de la première : "L'impératif de légitimité, écrivait-il dans Le Coeur à l'ouvrage (Odile Jacob, 1987), suppose de ne heurter personne, de savoir inspirer confiance par le discours, l'écoute ou les services rendus, de pouvoir capter, exprimer puis éventuellement traduire en actes les aspirations collectives, quelle que soit leur nature ou à peu près." Après la victoire du non au référendum de 2005, Laurent Fabius s'était laissé aller à dire, le 22 septembre 2005 : "Je veux coller à ce que souhaitent les Français." Mais jamais un candidat ne s'était laissé porter à ce point par la vague sondagière.

A cet outil ancien, l'ancienne ministre a ajouté, là aussi en dehors du PS, un recours, nouveau et intensif, à la démocratie participative, à travers son association, Désirs d'avenir, et Internet. Mais, à la différence de François Mitterrand, elle n'a pas fait d'OPA sur le PS. Elle n'est pas venue de l'extérieur. Elle y milite depuis plus de 25 ans, même si elle n'y a pas exercé de fonctions dirigeantes, à l'exception d'une éphémère présidence du conseil national, fin 1994, qu'elle abandonna pour tirer l'alarme sur les dangers de... la primaire entre Lionel Jospin et Henri Emmanuelli.

Inscrivant sa démarche, dès 1984, dans celle des "transcourants" de François Hollande, absente du congrès de Rennes (1990), silencieuse à celui du Mans, qui se solda, il y a un an, par une "synthèse", elle est toujours restée en marge. Mais elle n'a pas eu à prendre le pouvoir au PS. Il lui a rendu les armes, sans lui opposer beaucoup de résistance malgré ses mises en cause iconoclastes et répétées des Tables de la loi. L'appareil a été contraint de s'incliner au point même d'en faire, dès le démarrage de la campagne interne, sa candidate.

Animés d'une volonté de renouveau et sensibles à l'argument du vote utile - investir celle que les sondages désignaient comme la seule capable de battre Nicolas Sarkozy -, les militants lui ont, selon la formule de Jean-Christophe Cambadélis, lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, donné "tous les moyens". Les nouveaux adhérents - qui ont porté le nombre de membres du PS de 127 414, en novembre 2005, à 220 269 - se sont déterminés au diapason des sympathisants testés par les sondages en lui accordant la majorité de leurs suffrages.

Bénéficiant d'une position de force sans précédent, Mme Royal a donné des gages au PS. Le siège du parti sera celui de sa campagne, le bureau national son conseil politique. Elle s'offre même la liberté de relancer une campagne "participative et décentralisée, plus près des gens","un dispositif cohérent", le PS et sa candidate devant ainsi travailler "en bonne intelligence". jusqu'en janvier, en s'appuyant sur les élus et les premiers fédéraux du PS. Elle ne prend pas le parti, mais elle capte sa force. Elle s'appuie sur l'appareil, mais elle garde les coudées franches. C'est ce que M. Hollande appelle

L'empreinte de la refondation ségoléniste, c'est d'abord la méthode. Mais d'autres signes l'amplifient. Elle a accru la présidentialisation du PS, amorcée par François Mitterrand et poursuivie par Lionel Jospin, avec un parti transformé en club de supporteurs. Mais elle a aussi modifié la géographie des courants. La majorité du Mans (53,63% pour la motion Hollande) a vu se détacher un nouveau courant social-démocrate, qui a apporté 20,69% des voix à M. Strauss-Kahn. NPS a explosé. M. Fabius a gagné 11 000 voix par rapport au Mans, mais son poids a baissé de 21,17% à 18,66%. Voilà le PS doté de deux courants idéologiques, l'un social-démocrate, l'autre "authentiquement de gauche", et ...d'une écurie présidentielle.

UN PARTI D'ADHÉRENTS ET DE SYMPATHISANTS

Mme Royal est aussi parvenue à dépasser le clivage oui-non du référendum de 2005 et à tourner la page Jospin en attendant de tourner éventuellement celle du 21 avril 2002. Elle prend garde de se référer au projet du PS - quitte à lui ajouter, à la faveur de sa campagne participative, quelques "idées neuves" - et obtient même un blanc-seing de M. Hollande pour "l'améliorer, le compléter, le préciser". Mais elle disposera, par rapport au petit livre rose, d'une liberté qu'aucun des candidats qui l'ont précédée n'a eue.

Même si M. Hollande proclame qu'"il n'y a pas d'un côté le vieux parti et de l'autre le nouveau", l'avènement de Mme Royal esquisse aussi, potentiellement, un changement de nature du PS. François Rebsamen, numéro deux et co-directeur de campagne, a annoncé, le 26 novembre, qu'il comptait désormais 280 000 adhérents, chiffre jamais atteint depuis 1937 (286 604), et dépassé en 1945, en 1946 - avec un record de 354 878 membres - et en 1947. Là aussi le changement est de taille. Jusqu'en 2005, le PS comptait un tiers d'élus, soit autour de 40 000. La proportion tombe de fait, aujourd'hui, à 14% ! Ce parti d'élus va-t-il se muer en parti de militants ? Il est, dans l'immédiat, un parti d'adhérents et de sympathisants. Si l'adhésion dépasse l'engouement et devient durable, ses pratiques s'en ressentiront.

En fait, il manque encore à la refondation ségoléniste un corps de doctrine, au-delà de la volonté de changer la politique, d'instaurer un "ordre juste", ou du slogan "le progrès pour tous, le respect pour chacun". Relevant la "filiation mitterrandienne" de Mme Royal et l'influence du "pragmatisme" de Jacques Delors, Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du PS, historien du parti, ancien rocardien proche de M. Strauss-Kahn, définit ainsi le ségolénisme : "C'est un mélange de mitterrandisme, de réformisme delorien et de socialisme décentralisé." Reste à savoir si cette refondation durera juste un peu plus que le temps des roses - celui d'une campagne - ou si elle accentuera la mue moderniste ou, comme le veut M. Strauss-Kahn, social-démocrate du PS. Cela dépendra du succès ou de l'échec de Mme Royal. Mais, quoi qu'il arrive, il y aura désormais un avant et un après- "Ségolène".


Michel Noblecourt
Article paru dans l'édition du 30.11.06

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 14:50
Rafael Correa vainqueur de l'élection présidentielle en Equateur

n point vient d'être marqué à gauche dans la partie d'échecs qui oppose George Bush et Hugo Chavez sur le continent américain. Le très probable président élu de l'Equateur, Rafael Correa, 43 ans, n'a jamais caché sa sympathie pour la révolution bolivarienne du président vénézuélien. C'est dire si l'arrivée au pouvoir de cet économiste de gauche marque un nouveau revers pour Washington.

Lundi 27 novembre, le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a reconnu qu'"il y a eu (...) un scrutin plutôt transparent, libre et juste". L'ambassadrice américaine à Quito, Linda Jewell, a quant à elle félicité M. Correa de son "apparente victoire", en appelant de ces voeux la poursuite de la coopération entre les deux pays.

Mardi matin, après dépouillement de 85 % des bulletins, Rafael Correa était en effet crédité de 59% des votes exprimés, contre 41% pour son rival, Alvaro Noboa. Ce magnat de la banane, candidat pour la 3ème fois, demandait un recompte vote par vote dans 2 provinces. La commission électorale devait rendre ses résultats définitifs dans la journée.

"Rafael Correa a su capter au 2nd tour le vote anti-Noboa. Nombre d'électeurs ne partagent pas son projet radical, mais ils abhorraient l'idée de voir l'homme le plus riche du pays prendre les rênes de leur destin", note le politologue Fernando Bustamante. Son collègue, Simon Pachano, se félicite de la très large victoire du futur président, "un gage de gouvernabilité dans un pays (où l'échiquier politique est) polarisé". Les 3 derniers chefs d'Etat élus de ce pays andin de 12 millions d'habitants ont été renversés.

Partisan d'une Assemblée constituante pour refonder les partis et les institutions - à commencer par le Congrès dont il appelle de ses voeux la dissolution -, Rafael Correa a choisi de ne pas présenter de candidats aux élections législatives du 15 octobre. Il devra donc affronter une féroce opposition : celle des parlementaires bien décidés à conserver leur poste.

Opposé à la dollarisation de l'économie adoptée en 2000, Rafael Correa a rappelé que "le réalisme" l'obligerait à conserver le dollar comme monnaie nationale. Mais ce docteur en économie est convaincu que l'Amérique latine "a payé cher vingt ans de néolibéralisme". Rafael Correa s'oppose à la signature du traité de libre commerce en négociation avec les Etats-Unis. Souhaitant donner la priorité aux dépenses sociales, il veut renégocier la dette extérieure du pays avec les organismes internationaux et n'exclut pas un moratoire unilatéral sur les remboursements.

Au soir de la victoire, il a redit vouloir réviser les contrats avec les multinationales pétrolières. Il espère aussi que l'Equateur - qui produit 543 000 barils de pétrole par jour - rejoindra l'OPEP. Le futur président a enfin confirmé que l'accord qui permet aux militaires américains d'utiliser la base aérienne de Manta - à la frontière de la Colombie - ne serait pas renouvelé en 2009.


Rafael Correa : à gauche toute en Equateur

ourquoi, diable, le pouvoir ? Rafael Correa, 43 ans, avait la vie facile et une carrière universitaire assurée. Il a été élu dimanche président d'un pays de 12 millions d'habitants, réputé ingouvernable. Aucun chef d'Etat équatorien élu n'a fini son mandat depuis dix ans. Docteur en économie, catholique très pratiquant, M. Correa a choisi d'entrer en politique "pour tenter de tirer son pays de la crise et ses concitoyens de la misère". Il n'en doute pas, le remède ne peut être que radical. M. Correa a fait de son nom - qui signifie courroie, ceinturon - un slogan de campagne. "Dale, Correa !", scandaient ses sympathisants, au soir de la victoire, dimanche soir, dans les rues de Quito : "Vas-y, Correa !", "Donne des coups de ceinture !". A qui ? Aux élus corrompus et aux oligarques que le candidat fustige à longueur de discours.

Ce professeur de l'université huppée de Quito, dont il fut le doyen de la faculté d'économie, s'est converti, meeting après meeting, en véritable bête de scène. Sourire sans faille et enthousiasme communicatif, il propose "une révolution citoyenne" pour refonder les institutions. Et il promet de payer la dette sociale, en renégociant la dette extérieure et les contrats pétroliers.

D'aucuns voient émerger en lui le "Hugo Chavez équatorien". Une Indienne espiègle venue célébrer l'élection n'apprécie pas la comparaison : "Rafael est joli garçon, lui." Les dames présentes acquiescent.

Les 2 hommes se sont rencontrés l'année dernière, lors du bref passage de Rafael Correa à la tête du ministère de l'économie, entre avril et août. Ils se sont plu. "Avec un ministre comme Correa, la révolution bolivarienne serait depuis longtemps tirée d'affaire", a déclaré le chef de l'Etat vénézuélien, chantre de l'anti-impérialisme, à l'issue de l'entretien. Hommage paradoxal quand on sait que Rafael Correa a obtenu son doctorat en économétrie aux Etats-Unis, à l'université de l'Illinois Urbana-Champaign, après un détour par Louvain-la-Neuve, en Belgique.

Rafael Correa, en désaccord sur le remboursement de la dette extérieure, s'est drapé dans un souverainisme sourcilleux. Il préfère alors claquer la porte du gouvernement. Ses concitoyens apprécient. "Un ministre de l'économie charismatique et populaire, cela ne s'était jamais vu", rappelle Alberto Andrade, qui a participé avec lui aux rencontres hebdomadaires du Forum Equateur alternatif. Ce groupe de réflexion informel réunit économistes, universitaires et chefs d'entreprise depuis que le gouvernement a choisi, en 2000, de dollariser l'économie. "La presse me présente comme un outsider, en oubliant que ce groupe réfléchit depuis 7 ans aux problèmes du pays et aux solutions concrètes à leur apporter", insiste Rafael Correa.

Les conseillers compétents suffiront-ils à pallier l'absence de parti et d'expérience politiques du nouvel élu ? Les contradicteurs de M. Correa en doutent et dénoncent, déjà, les risques de dérive populiste. Le candidat cache mal son agacement. "Si, aux Etats-Unis, un homme politique parle justice sociale, c'est un démocrate. En Amérique latine, c'est un populiste."

De Belgique, Rafael Correa a rapporté une maîtrise en économie du développement, ainsi que son épouse, avec qui il a eu 3 enfants. Surpris par l'irruption imprévue de la politique dans leur vie, le couple s'est juré de préserver l'intimité familiale. Institutrice - que l'on dit douce et timide - à l'école française de Quito, où ses enfants poursuivent leur scolarité, Anne Malherbe fuit les caméras. Elle a fait savoir qu'en cas de victoire elle n'avait pas l'intention de jouer le rôle de première dame de la nation.

Issu d'une famille aisée et catholique, Rafael Correa a, lui, été élevé chez les salésiens. "Evidemment boy-scout" jusqu'à l'adolescence, il continue, longtemps après, de catéchiser dans les quartiers misérables de la grande ville de Guayaquil, logeant à l'occasion chez l'habitant. Après ses études, Rafael part pendant deux années travailler dans une mission des salésiens à Sumbahua (province de Cotopaxi). Il travaille alors sur des projets de développement rural pour les communautés indigènes. La vie dans les Andes à 4 000 m d'altitude est rude. Rafael apprend le quechua et "tout ce qui lui a vraiment été utile dans la vie". Lui, affirme en riant : "J'appartiens à l'aile dure des petites soeurs de la charité."

Selon son ami - non croyant - Marco Erazo, "l'engagement politique de Rafael Correa est indissociable de sa foi catholique. C'est parce qu'il croit en Dieu que la misère des hommes lui est intolérable". Cet ancien de Sciences Po Paris raconte que Rafael Correa connaît de mémoire les encycliques sociales de l'Eglise.

"L'humanisme est plus qu'une doctrine ou une attitude, chez Rafael", poursuit M. Erazo. Il raconte avec émotion la gentillesse au quotidien, faite de mille petites attentions, du politique novice que tous ses amis disent généreux. Pablo Davalos, qui fut son vice-ministre de l'économie pendant 4 mois, en convient : "Rafael est remarquablement honnête, sincère, brillant, travailleur." Mais, de l'ami, Pablo parle au passé. "Les quatre mois que nous avons passés au ministère ont transformé Rafael. Il est devenu hautain et irascible, de moins en moins enclin à écouter, de plus en plus jaloux de son image." Aujourd'hui, ils sont brouillés irrémédiablement, raconte l'ex-haut fonctionnaire, qui craint "l'effet dévastateur du pouvoir sur les hommes". Et de prophétiser : "Si Rafael devient président, son ego sera son pire ennemi."

L'arrogance teintée de sarcasme du personnage a desservi le candidat, qui, au premier tour, n'emportait que 23% des voix. "Je ne voterai pas pour ce type qui croit tout savoir et qui, à sa façon, se prend pour le Messie", expliquait Cecilia, fonctionnaire municipale. Mais, au deuxième tour, elle a voté Correa "sans hésitation", pour contrer Alvaro Noboa, le richissime roi de la banane qui, pour la troisième fois, tentait d'accéder à la présidence de son pays.

Marco Erazo en convient, Rafael Correa, qui est "encore très jeune et étale un peu trop diplômes et mérites". Mais, pour négocier face aux jeunes loups des multinationales, aux fonctionnaires méprisants des organismes financiers internationaux et aux envoyés de George W. Bush, "un peu de superbe ne fait pas de mal", considère Marco Erazo.

Ses amis comme ses ennemis le disent : à la tête de son pays, il devra faire preuve d'une force de caractère et d'un leadership à toute épreuve.

 

Parcours

1963
Naissance à Guayaquil (Equateur).

1987
Passe deux années dans la mission des salésiens dans la province de Cotopaxi.

1991
Passe un master d'économie à l'Université catholique de Louvain.

2001
Docteur en économie de l'université de l'Illinois Urbana-Champaign.

2005
Ministre de l'économie et des finances en avril, il démissionne en août.

2006
Il est élu à la présidence de la République.


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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 12:01
Conférence de presse de M. André Boisclair, député de Pointe-aux-Trembles, chef de l'opposition officielle québécoise et chef du Parti Québécois sur la reconnaissance de la nation québécoise
Québec, le jeudi 23 novembre 2006 - Aujourd'hui, grâce au travail du Bloc québécois, et en particulier de son chef Gilles Duceppe, le Canada semble vouloir sortir du déni et il faut s'en féliciter. Actuellement, un débat est en cours à la Chambre des communes. Nous ne connaissons pas encore l'issue de ce débat, ni à la Chambre des communes, ni d'ailleurs dans le reste du Canada, mais une chose est certaine, le Québec forme une nation, et ce, sans conditions.

Cela étant dit, le 1er constat que je tire de la motion du premier ministre canadien est qu'en utilisant le mot «nation», dans une motion qui sera entérinée par tous les partis fédéralistes à Ottawa, cela a pour effet d'évacuer, de rendre caduque, de rendre dépassée la notion de société distincte et tous ces sous-produits, comme la reconnaissance du caractère unique du Québec. Il ne peut donc pas y avoir de retour en arrière, une nation ne se réduit pas à une simple société distincte.

Je veux souligner le travail de Bernard Landry qui, comme dans le débat sur le libre-échange, par sa ténacité, a réussi à imposer cette vision de la nation québécoise à la fois dans la politique québécoise mais aussi, on le voit depuis quelques jours, dans la politique canadienne.

Un autre constat aussi s'impose. À partir de maintenant, les forces fédéralistes ont une obligation de résultat. Une fois la nation reconnue, une suite s'impose. Un automatisme s'enclenche. La constitution, la loi fondamentale doit reconnaître cette réalité. Pour reprendre les mots du ministre Benoît Pelletier, et je le cite : «La reconnaissance de la spécificité du Québec n'est pas un caprice, elle est même nécessaire car la constitution d'un pays est un miroir. Il est impérieux que, dans ce miroir, dans la constitution, les Québécois se reconnaissent pleinement.» Aujourd'hui, avec la motion présentée par M. Harper, l'image que leur renvoie le miroir, c'est celle de la nation, mais le texte de la motion de M. Harper renvoie une autre image, mais une image cette fois-ci fausse, celle d'un Canada uni, et je m'explique.

En incluant les mots «dans un Canada uni», le premier ministre commet une erreur de fait importante. Le Canada bien sûr existe, mais le Canada uni n'existe pas. Une de ses nations constituantes, le Québec, qui regroupe près du quart de la population du pays et dont les ancêtres constituent l'un des deux peuples fondateurs du Canada, refuse toujours, 25 ans après un coup de force constitutionnel, d'apposer sa signature au bas du texte de fondateur de ce pays. En effet, comment peut-on reconnaître une nation au sein d'un Canada uni alors que le rapatriement unilatéral de la Constitution a justement désuni ce pays?

La motion du Bloc québécois visait à faire progresser le concept de la nation québécoise au Canada. Nous avons progressé dans les symboles, ce qui n'est pas sans valeur, mais, dans les faits, rien de l'erreur de 1982 n'est réparé. Cette motion du gouvernement conservateur demeure une motion du Parlement canadien, une convenance que les partis fédéralistes offrent aux Québécois et aux Québécoises. Elle n'aurait ainsi pas plus de portée et de signification que la motion sur la société distincte proposée par Jean Chrétien en 1995. J'en ai pour preuves deux éléments importants. D'abord, alors que la résolution proposée par Jean Chrétien a été adoptée en 1995, il n'en est fait aucune mention dans le Renvoi sur la sécession rendu en 1998. C'était pourtant au coeur du débat. De la même façon, la résolution de 1995 n'a eu aucun impact favorable pour le Québec à l'occasion du renvoi sur le congé parental que le Québec a gagné en Cour d'appel, mais perdu en Cour suprême. Aujourd'hui, on est en lieu de se demander: Est-ce que la motion permettrait au Québec de maintenir, sur notre territoire, un registre des armes à feu? Est-ce que cette motion permettrait au Québec d'avoir des dispositions particulières au sujet de la Loi sur les jeunes contrevenants? Est-ce que cette motion permettrait au Québec d'avoir une définition du mariage différente de celle du reste du Canada? Ce sont là des vraies questions et les réponses ou l'absence de réponses du premier ministre nous indiquent bien que la motion adoptée ou qu'est-ce qui est en débat en ce moment à la Chambre des communes a bien davantage une valeur symbolique qu'une portée réelle.

En somme, pour l'instant, il n'y a rien de changé au royaume du Canada. La prochaine campagne électorale québécoise se déroulera toujours entre les tenants de la souveraineté du Québec, dont l'option est claire, dont l'option est enthousiasmante et représente le plus beau défi que le peuple québécois peut s'offrir, et, d'autre part, les forces fédéralistes qui n'ont à offrir aux Québécois et aux Québécoises que le statu quo constitutionnel et un Québec confronté à l'impossibilité de réintégrer la Constitution canadienne, à moins bien sûr que le premier ministre du Québec nous fasse la preuve, avant le déclenchement d'élections, que sa position constitutionnelle est autre chose que chimère ou mirage.

Visionnez la conférence de presse.

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