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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 11:46
Mes cher(e)s camarades,

Suite à plusieurs désaccords de fond, lors de la campagne interne, avec Arnaud Montebourg, quant au choix du soutien apporté à la candidature de Ségolène Royal et en raison de problèmes de forme que je désapprouve, j'ai décidé de quitter le poste de Secrétaire Général que j'occupais au sein de "Rénover, maintenant" depuis sa création.
A l'occasion du Conseil d'Administration réuni le 25 novembre à Paris, j'ai également annoncé ma décision de quitter notre courant.
Militant aux côtés de la plupart d'entre vous depuis quelques années maintenant, j'éprouve le besoin de vous donner les raisons de telles décisions.

Depuis qu'Arnaud a décidé au mois de Juillet de soutenir la candidature à la candidature de Ségolène Royal, il n'a eu de cesse que de vouloir imposer cette décision personnelle à l'ensemble des militants et sympathisants de "Rénover, maintenant".
Souhaitant obtenir une adhésion unanime de RM, tous les moyens furent utilisés.
Au fil des jours puis des semaines, chacun a bien compris que, dans les conditions de son ralliement, figurait le don du courant à la candidate.
A grand renfort de communication, le mouvement de nombreux responsables nationaux, animateurs régionaux, départementaux et militants ayant fait un autre choix a été sciemment et méthodiquement nié.

Notre démarche militante aurait pu se poursuivre en commun si le libre choix avait été accepté lors de nos journées d'été, fin août à Fouras, ou si la possibilité avait été donnée à chaque militant, par l'organisation d'un vote clair, de décider de suivre ou non la démarche personnelle engagée par Arnaud Montebourg.
En démissionnant, je manifeste ainsi ma déception de voir "Rénover, maintenant" s'éloigner des pratiques rénovatrices dont nous nous réclamions.
Pourtant, la nécessité de renforcer notre ancrage clairement à gauche et de rénover les pratiques militantes reste plus que jamais d'actualité à quelques mois de l'élection présidentielle.

Passée la déception, c'est une nouvelle aventure rénovatrice qui démarre.

Michaël MOGLIA
http://moglia.hautetfort.com

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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 11:36
Propos inacceptables de Georges Frêche 
Appel à la célérité et la clarté des socialistes - le 27 novembre 2006


Suite aux propos tenus par Georges Frêche le 15 novembre, le Bureau national du Parti socialiste, à l’unanimité, a saisi la Commission des Conflits pour qu’elle en tire les conséquences et se prononce notamment sur l’exclusion de celui-ci.

Nous, élus et militants socialistes, souhaitons rappeler l’émoi provoqué dans la population et au sein du Parti socialiste par les déclarations inacceptables de Georges Frêche.

Nous condamnons une attitude qui n’a pas sa place au sein des socialistes, attitude aggravée par la qualité d’élu et de responsable de celui qui a tenu ces propos.

Nous insistons sur la dérive préoccupante que constituent les obscures tentatives d’explication et de justification de M. Frêche, au nom d’une pseudo nécessité de rompre avec le politiquement correct. Aucune posture, aucun artifice de langage ne peuvent justifier ou excuser que l’on puisse qualifier les compétences des hommes en fonction de la couleur de leur peau.

Certes, les statuts de notre parti doivent permettre à chacun de se défendre et de s’expliquer. Pour autant, nous appelons fortement les socialistes à ne faire preuve d’aucune faiblesse dans la mise en œuvre de la procédure à l’encontre de Georges Frêche.

Nous n’acceptons ni les intimidations, ni les menaces vis-à-vis des socialistes, ni les grossières tentatives de réinterprétation de la vérité, uniquement destinées à gagner du temps.

Nous pensons que le Parti socialiste doit faire preuve de célérité, de clarté et de vérité dans les décisions que prendront ses instances, sans quoi le risque serait grand d’altérer notre capacité collective à porter l’aspiration des Français au renouvellement des pratiques politiques.

C’est pour cela que nous appelons les socialistes à rester fermes sur les principes et sur nos valeurs et à ne pas retarder l’instruction de la demande d’exclusion de Georges Frêche.

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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 15:27
Ottawa reconnaît au Québec la qualité de "nation" dans un "Canada uni"

a Chambre de communes a voté à une majorité écrasante, lundi 27 novembre, en faveur d'une motion du gouvernement conservateur minoritaire qui reconnaît que "les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni", une démarche surtout symbolique mais à haute teneur électorale pour le premier ministre, Stephen Harper, qui cherche depuis des mois à redorer son blason au Québec. Il avait créé la surprise, 5 jours plus tôt, en annonçant le dépôt de cette motion.

Au Canada anglais, les critiques ont fusé, beaucoup craignant qu'on ne donne de nouvelles armes aux indépendantistes québécois. Mais le premier ministre a tenu bon, insistant sur le sens "culturel et sociologique" de cette reconnaissance, un "geste de réconciliation pour favoriser l'unité nationale". Il fait le pari que les critiques vont s'estomper et qu'il y gagnera en appuis au Québec lors des élections qui devraient avoir lieu au printemps.

Le moment ne pouvait être mieux choisi, à la veille du congrès du Parti libéral du Canada (PLC), qui va choisir, samedi, un nouveau chef. D'autant que ce sont ses militants québécois qui ont ouvert le bal, le 22 octobre, en invitant le congrès à reconnaître la "réalité historique et sociale" de la nation québécoise au sein de la fédération. Le débat a fait rage entre les candidats à la direction du PLC.

Pour les empêcher de prendre l'avantage dans le coeur des Québécois, le Bloc Québécois - indépendantiste - déposait le 21 novembre une motion affirmant, sans référence au Canada, que "les Québécois forment une nation". Le lendemain, M. Harper coupait l'herbe sous le pied des 2 partis d'opposition, en proposant un texte similaire mais avec ajout sur l'appartenance des Québécois à "un Canada uni". Difficile pour les libéraux de voter contre, aux côtés des néo-démocrates et même des "bloquistes".

Après 2 jours de tergiversations, leur chef Gilles Duceppe a laborieusement expliqué que la reconnaissance de la nation québécoise leur "donnerait une arme de plus" pour faire avancer la cause de l'indépendance du Québec. Pour M. Harper, c'est un joli coup politique mais qui pourrait se retourner contre lui si son geste persistait à être mal compris au Canada anglais !

Un ministre du gouvernement Harper démissionne

Michael Chong, le ministre des Affaires intergouvernementales, démissionne du conseil des ministres du gouvernement Harper.
En conférence de presse cet après-midi, M. Chong a annoncé qu’il était désaccord avec la position du Parti conservateur sur la question de la nation québécoise.

Le nationalisme exprimé dans la motion, qui passera aux voix aujourd’hui en fin de journée, est basé sur l’origine ethnique des citoyens canadiens et il s’agit d’une nuance inacceptable en 2006, a-t-il affirmé.

Selon lui, une telle approche remet en question les valeurs de nationalisme civique, de bilinguisme et de multiculturalisme qui caractérisent la nation canadienne depuis les années 1960.
Jusqu’ici, aucun député n’avait exprimé publiquement son opposition face à cette motion qui a pris tout le monde par surprise mercredi dernier, et en faveur de laquelle tous les partis fédéraux devraient se prononcer.

La motion du premier ministre Harper, qui vise à reconnaître que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni, doit être votée ce soir à la Chambre des communes.
La plupart des députés conservateurs sont tenus de voter en faveur de la motion en vertu d’une règle imposée par le whip du parti.

M. Chong a indiqué qu’il resterait député du Parti conservateur. Il a aussi admis qu’il n’avait pas été consulté par le premier ministre avant le coup d’éclat mercredi. Il a toutefois dit comprendre l’empressement de son chef, vu les manœuvres du Bloc québécois qui cherchait à faire passer sa propre motion.

«L’heure de la réconciliation nationale est venue»

Le gouvernement conservateur s’est retrouvé en état de crise hier soir après que le ministre des Affaires intergouvernementales, Michael Chong, eut démissionné de ses fonctions, incapable d’appuyer la motion de son premier ministre reconnaissant la nation québécoise. Paradoxalement, le premier ministre a souligné que la dite motion annonçait «le début de la réconciliation nationale».
Écoutez l'extrait audio de NTR
Le premier ministre Stephen Harper commente le résultat du vote (22 sec.).
 

Ainsi donc, la Chambre des communes a adopté par une écrasante majorité de 265 à 16 la motion reconnaissant «que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni». En adoptant cette motion «historique», le Canada est devenu hier soir le 1er pays, selon les souverainistes, à reconnaître la nation québécoise.

Parmi les opposants, 15 étaient des libéraux venant principalement de l’Ontario. 2 des candidats à la direction du Parti libéral, Joe Volpe et Ken Dryden, étaient du nombre. Le député indépendant Garth Turner, qui s’est fait expulser du caucus conservateur le mois dernier, a également voté contre.

M. Chong, qui n’a jamais été consulté sur la stratégie de M. Harper, a fait part de sa décision de quitter le Conseil des ministres 4 heures avant le vote des députés, forçant le premier ministre à lui trouver dare-dare un successeur avant son départ hier soir pour Riga, en Lettonie, où se déroule cette semaine le sommet de l’OTAN.

Depuis qu’il est au pouvoir, M. Harper est d’ailleurs de facto responsable des Affaires intergouvernementales, s’occupant de tous les dossiers chauds qui traitent des relations fédérales-provinciales.
M. Harper a confié au député conservateur ontarien de York-Simcoe, Peter Van Loan, le portefeuille des Affaires intergouvernementales. Âgé de 43 ans, M. Van Loan est considéré comme un député appartenant à l’aile progressiste du Parti conservateur.

En conférence de presse, hier, M. Chong a dit être incapable d’accepter que l’on décrive les Québécois comme une nation, le Canada étant à ses yeux un pays «indivisible».
«Pour moi, reconnaître les Québécois comme une nation, même à l’intérieur d’un Canada uni, implique la reconnaissance d’un nationalisme ethnique que je ne peux appuyer. Une telle reconnaissance ne peut être interprétée comme impliquant un nationalisme territorial parce qu’elle ne se réfère pas à une entité géographique, mais plutôt à un groupe de personnes», a affirmé le ministre démissionnaire.
M. Chong, qui était absent au moment du vote hier soir, a ajouté qu’offrir une telle reconnaissance donnera des munitions aux souverainistes qu’ils utiliseront au cours du prochain référendum pour «mêler les Québécois».

Selon des sources, le premier ministre n’avait pas écarté la possibilité de perdre un ministre en cours de route sur une question qui soulève autant de passions. Mais il jugeait préférable de courir ce risque. Il ne voulait surtout pas permettre au Bloc québécois de faire inlassablement campagne au Québec en prétextant que le gouvernement fédéral était incapable de reconnaître les Québécois pour ce qu’ils sont.
«Le premier ministre était parfaitement conscient qu’il y avait des risques en plongeant dans ce débat», a affirmé à La Presse un stratège conservateur sous le couvert de l’anonymat.

Le ministre des Transports et lieutenant de Stephen Harper au Québec, Lawrence Cannon, a aussitôt réagi à la démission de M. Chong en affirmant que le gouvernement ne reculerait pas sur cette question. «Le gouvernement demeure déterminé à reconnaître les Québécois comme une nation au sein d’un Canada uni. Cette réalité transcende l’opinion d’une seule personne. Et je puis vous affirmer que la solidarité ministérielle demeure inébranlable
À l’issue du vote, le premier ministre Harper était visiblement satisfait de la tournure des événements en dépit de la démission de M. Chong.
«Je pense que c’est une soirée importante, une soirée historique. Les Canadiens ont dit oui au Québec et les Québécois et Québécoises ont dit oui au Canada. En politique, on prend des risques. Mais les questions d’unité nationale et de réconciliation nationale sont plus importantes que n’importe quel parti ou n’importe quelle personne», a affirmé M. Harper.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a salué le vote comme une grande victoire pour le Québec. «Pour la 1ère fois la Chambre des communes reconnaît que les Québécois forment une nation et que les 2 options, l’option fédéraliste et l’option souverainistes, s’entendent sur cela. Or nous avons une nation qui est reconnue, un territoire qui est reconnu qui est le territoire du Québec.»
M. Duceppe a ajouté que désormais cette reconnaissance servira de tremplin au mouvement souverainiste pour qu’Ottawa réponde aux demandes unanimes de l’Assemblée nationale du Québec. Le chef du Bloc a notamment mentionné, en guise d’exemples, Kyoto, le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral ou encore la loi sur les jeunes contrevenants.

Avant le vote historique, le ministre Cannon a tenu des propos pour le moins ambigus sur la portée réelle du terme Québécois utilisé dans la motion du gouvernement, autant en anglais qu’en français. Le ministre a notamment fait allusion à Samuel de Champlain et aux premiers colons français arrivés au Québec. Il a affirmé que le libellé de la motion avait été rédigé de façon à ne pas «forcer quelqu’un qui ne se sent pas Québécois à adopter cette identité».
À cela, le chef bloquiste Gilles Duceppe a répliqué : «Pour moi, tout ceux qui vivent au Québec font partie de la nation québécoise et j’ajouterai, en profond respect des Premières Nations reconnues par René Lévesque dès 1976

Les députés ont par ailleurs été invités à se prononcer également sur une 2ème motion sur la nation québécoise, celle soumise par le Bloc québécois. Mais cette motion, qui stipulait que «les Québécois et Québécoises forment une nation actuellement au sein du Canada», a été rejetée par un vote de 233 à 48.

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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 13:38
Rafael Correa, le candidat de gauche, proche de Chavez, remporterait la présidentielle en Equateur

e nationaliste de gauche anti-américain Rafael Correa aurait remporté, dimanche soir 26 novembre, l'élection présidentielle en Equateur, avec une avance moyenne de quatorze points sur le milliardaire conservateur Alvaro Noboa, selon les projections disponibles dans la nuit.

"Grâce à Dieu, nous avons gagné", a déclaré M. Correa, âgé de 43 ans, devant une foule de sympathisants, à Quito, la capitale équatorienne. "Après des années de politiques sociales et économiques d'exclusion qui ont provoqué la tragédie appelée l'immigration, ils n'ont pas réussi à nous voler l'espoir. Nous avons gagné", a-t-il lancé. Sa victoire, avec 56,9% des voix, avait été annoncée peu auparavant, selon des projections réalisées à partir d'échantillons représentatifs.

3 sondages de sortie des urnes ont également donné M. Correa, ancien ministre de l'économie, vainqueur du scrutin, avec une avance moyenne de 14 points sur son adversaire.

Le magnat de la banane Alvaro Noboa, 1ère fortune du pays, ne recueille pas plus de 43,2% des suffrages, selon ces sondages publiés juste après la fermeture des bureaux de vote. Dans une conférence de presse à Guayaquil (Sud-Ouest), M. Noboa a déclaré qu'il "n'acceptait pas les résultats car il n'y a pas de résultats officiels. C'est un scénario qui a été préparé" en faveur de Rafael Correa, a-t-il jugé.

Les résultats officiels ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, a annoncé le Tribunal suprême électoral (TSE).

"UN CUBA DE PLUS"

Un concert de klaxons a salué l'annonce de la victoire du candidat nationaliste dans les rues de la capitale équatorienne.

Alvaro Noboa, qui votait à Guayaquil, s'était déclaré "certain de gagner cette élection avec un bon pourcentage". Alors que les derniers sondages donnaient une nette avance à son rival, il a assuré qu'ils lui étaient favorables. "Les sondages d'hier me donnaient favori. Je suis le gagnant, c'est Dieu qui m'a aidé", a-t-il proclamé face à la foule, brandissant une bible.

La perspective d'un duel serré avait créé un climat de tension et de suspicion dans tout le pays. Noboa n'avait cessé d'accuser son concurrent de vouloir instaurer "un Cuba de plus" en plongeant le pays dans "la guerre civile" avec l'aide d'Hugo Chavez.

Redoutant des violences, le TSE avait exhorté les médias à attendre les résultats officiels et à s'abstenir de publier des projections de sortie des bureaux de vote au cas où les deux candidats seraient au coude-à-coude.

L'Organisation des Etats américains, qui a envoyé une mission de 80 observateurs, avait également souhaité que "les candidats et les Equatoriens respectent avec calme le résultat" quel qu'il soit.

Près de 80 000 militaires et policiers ont été mobilisés dans tout le pays pour surveiller les 36 607 bureaux de vote.

"CHAVEZ EST MON AMI PERSONNEL"

Les candidats ont multiplié, avant le second tour, injures et accusations mutuelles, tout en rivalisant de promesses mirifiques. La presse a régulièrement dénoncé "la sale guerre" et "les coups bas" entre les deux rivaux cherchant plus à discréditer l'adversaire qu'à proposer un véritable programme de gouvernement. Ainsi, M. Noboa a achevé sa campagne avec des discours messianiques, implorant Dieu de lui "donner la présidence et de battre son rival, le roi de l'enfer". M. Correa, pour sa part, a comparé le milliardaire à un dictateur et l'a qualifié de "fondamentaliste d'extrême droite", accusé d'exploiter des enfants dans ses bananeraies, de mener une politique antisyndicale brutale et de "voler l'Etat".

L'ex-ministre de l'économie, qui prône la fermeture de la base américaine de Manta et refuse de signer un traité de libre-échange avec Washington, était régulièrement accusé par Alvaro Noboa d'être le valet de M. Chavez. "Chavez est mon ami personnel mais, dans ma maison, ce ne sont pas mes amis qui commandent ; celui qui commande, c'est moi", a-t-il dit, dimanche soir, à la presse, après l'annonce de sa victoire. "Je ne suis pas une nouvelle version de Chavez ou de Fidel Castro", a-t-il poursuivi, indiquant cependant qu'il "coopérerait avec Caracas sans compromettre la souveraineté du pays".

Ce "serait merveilleux si le gouvernement de Caracas pouvait aider l'Equateur à éponger sa dette extérieure de 11 milliards de dollars". "Toutefois, a-t-il ironisé, si le président américain George W. Bush [est disposé] à offrir les mêmes avantages, je serai bien sûr prêt à conclure des marchés avec lui dans notre intérêt mutuel."

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 14:39
L'équipe de Ségolène Royal s'emmêle les mails

her(e)s ami(e)s, che(e)s camarades, chacun et chacune d'entre vous peut imaginer l'émotion qui est la mienne aujourd'hui. Le plaisir aussi..."  Ce discours, Ségolène Royal devait le prononcer, dimanche 26 novembre, lors de l'investiture du Parti socialiste. Mais, suite à une "malencontreuse" erreur informatique, il a atteri, vendredi en fin d'après-midi, dans les boîtes mail de toutes les rédactions.

Le document de 13 pages intitulé "Ségolène.doc" a été envoyé par le bureau parlementaire de la candidate présidentielle. Le message original provenait de Vincent Peillon, député européen rallié à la présidente de Poitou-Charentes depuis l'été.

L'équipe de Ségolène Royal, qui a construit une partie de sa campagne pour l'investiture socialiste sur Internet, a transmis par la suite 2 messages priant les journalistes de ne pas utiliser le texte "qui n'est en aucun cas la version définitive du discours" de dimanche.

Le texte reprend les thèmes favoris de la candidate, "ordre juste", "république du respect" et "désir d'avenir" et appelle les socialistes au rassemblement face à la droite après une campagne interne parfois houleuse.

Une "erreur malencontreuse" est à l'origine du bug, a expliqué un des membres de l'équipe de la candidate. Un "mauvais copier-coller" a fait atterrir le document sur la "mailing list des agendas" de la candidate, a-t-il assuré. "Elle travaille beaucoup beaucoup ses discours et le premier jet n'est jamais le discours final".

10 jours après avoir été triomphalement élue par les militants socialistes, Ségolène Royal doit être investie dimanche lors d'un congrès commun du PS et du Parti radical de gauche (PRG) à La Mutualité, à Paris.

Les mails de Ségolène Royal vont plus vite que sa plume
Ecrite par Vincent Peillon, une version de son discours de dimanche est arrivée par erreur dans les rédactions.
Par Paul QUINIO - Libération - samedi 25 novembre 2006
«Q uelle bande de c... !» Il est un peu plus de 18 heures vendredi quand Vincent Peillon laisse sortir ce cri du coeur. Un premier coup de fil d'un journaliste vient de l'avertir que la campagne présidentielle de Ségolène Royal commence par un joli bug : à 17 h 48, vendredi, est arrivé sur les boîtes mail des journalistes politiques qui suivent l'actualité du PS le discours que la candidate doit prononcer... dimanche matin à la Mutualité, lors du congrès organisé pour son investiture officielle. Il ne s'agit pas de pousser la logique de la «démocratie participative» jusqu'au bout en soumettant au préalable les discours de la candidate à des «jurys de journalistes», mais bel et bien d'une grosse boulette.
«Tel moi».
«Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades, chacun et chacune d'entre vous peut imaginer l'émotion qui est la mienne aujourd'hui, le plaisir aussi. Chacun et chacune peut comprendre l'immense honneur que je ressens...» Le mail est envoyé par le secrétariat de Ségolène Royal à l'Assemblée nationale. Dans le masque informatique figure l'objet du courrier : «Discours dimanche première version». Avec cette précision : «J'ai besoin de ton accord pour le passer à ceux qui voudraient réagir dessus. Pour différentes raisons, je suis pour cette méthode. Tel moi [téléphone-moi, ndlr]. Amitié.» Ce nota bene, destiné à la candidate, est en fait signé Vincent Peillon. Ce qui est en soi déjà une information, car c'est la 1ère fois que le député européen écrit un discours pour Royal. La candidate le lui aurait demandé mardi, lors de la première réunion de l'état-major ségoléniste postdésignation. En l'occurrence, alors qu'elle prétend vouloir faire une campagne très différente de celle de Lionel Jospin en 2002, voilà que Royal inscrit ses pas dans ceux de l'ex-Premier ministre puisque Peillon lui avait servi de plume en 2002 et déjà en 1995. A 17 h 59 arrive un second courrier : «ERREUR DE MANIPULATION. Veuillez ne pas tenir compte du message précédent que vous avez reçu par inadvertance. MERCI DE VOTRE COMPREHENSION.» A 18 h 15, Peillon assure en «pouffer de rire» avec la candidate, jointe au téléphone. L'entourage de Royal, lui, dit être «collectivement emmerdé» et explique qu'un «copier-coller» et la pression «malencontreuse d'un bouton» sont à l'origine de cet envoi. Son attachée de presse, Agnès Longueville, s'emploie à dédramatiser en expliquant qu' «en aucun cas» le discours de dimanche ne correspondra à celui écrit par Peillon. «Ségolène récupère les propositions et fait une synthèse. Elle se sert de la trame. Mais le message final en sera assez éloigné.» A voir...
Couplet compatissant.
Conservera-t-elle les remerciements qu'elle adresse dans cette mouture du texte à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn pour «l'énergie et l'ardeur et la qualité qu'ils ont mis dans cette campagne» ? « Nous allons avoir besoin d'eux et de leur engagement entier pour aller jusqu'au bout de ce que nous avons à faire, c'est-à-dire jusqu'à la victoire.» Et son compagnon, François Hollande, aura-t-il droit à ce couplet compatissant : «Notre premier secrétaire, dont la tâche n'est jamais facile, mais sans doute l'était-elle encore moins que d'habitude» ? Nicolas Sarkozy pourra vérifier si Ségolène Royal reprendra à son compte les attaques sur «la liberté du plus fort, la liberté de l'égoïste, la liberté pour quelques-uns» que préconise l'UMP. Ou encore cette charge à l'encontre d'une «droite qui a besoin des désordres, pour faire peur et pour les réprimer», et qui, face à une «République malade [...], a trouvé un remède : elle veut l'achever». 
A 18 h 45, vendredi, un troisième mail est adressé par l'équipe de la candidate aux rédactions pour préciser : «En raison d'un incident technique vous [les journalistes] avez reçu un document qui n'est en aucun cas la version définitive du discours de Ségolène Royal. Merci de ne pas l'utiliser.» Que deviendront les références à «l'ordre juste», à «l'innovation démocratique», à la priorité à l'éducation ? Et sa conclusion ? «Des millions et des millions de Françaises et de Français attendent de nous que nous soyons dignes de la confiance qu'ils sont prêts à nous donner. Il nous faut les convaincre. [...] C'est le travail que je veux conduire avec vous. Notre tâche est grande. [...] Nous n'avons donc pas droit au repos.» Un peu quand même.

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 12:19
«Le parti qui a désigné Royal est un parti largement décroché de la société»
Pour Emmanuel Todd, démographe et sociologue, l'étude du vote des militants PS lors de la primaire ne donne aucun signal d'une reconquête de l'électorat populaire.
Par Eric AESCHIMANN, Libération, vendredi 24 novembre 2006

Défricheur de la lutte contre la «fracture sociale» à l'aube des années 90, Emmanuel Todd juge que Ségolène Royal séduit «une France paisible et semi-rurale», mais pas les classes populaires.
 
Etes-vous surpris par la désignation de Ségolène Royal ? 
Non. Dans l'univers politique, encore plus que dans l'univers social, il y a des lois de symétrie, et il aurait été étonnant que, au moment où le grand parti de droite abandonne le gaullisme pour le sarkozysme, le PS, son double à gauche, garde sa forme traditionnelle ­ que la tradition ait été sociale-démocrate avec Dominique Strauss-Kahn ou socialiste avec Laurent Fabius. Le résultat est cohérent avec l'univers mental défini par la couverture de Paris-Match du printemps 2005, où l'on voyait Nicolas Sarkozy et François Hollande poser ensemble.
Le scrutin a été analysé comme l'amorce de la reconquête de l'électorat populaire par le PS. 
Il y a quelque chose d'un peu irréel dans le ton d'évidence avec lequel cette conclusion a été tirée. Le divorce du PS d'avec les catégories populaires est un phénomène progressif et de très longue durée, qui commence au milieu des années 60 et qui est arrivé à son stade terminal le 21 avril 2002. La carte du vote Jospin ce jour-là (voir ci-dessous) montre que le taux de survie du Parti socialiste a été plus élevé dans les régions les moins ouvrières et les moins industrielles de l'ouest et du sud-ouest de la France. Il serait historiquement et sociologiquement surprenant qu'une tendance aussi ancienne s'inverse en quelques mois.
Tout de même, Royal ne vient-elle pas de faire la preuve de la profondeur de son implantation ? 
Le PS vote, et les commentateurs en parlent comme si c'était un scrutin au suffrage universel. Or il n'y a pas de rapport mécanique entre les deux. Le Parti socialiste est une organisation à l'intérieur de laquelle, jusqu'à l'arrivée des nouveaux adhérents par Internet, 40 % des adhérents étaient des élus, et une proportion considérable des employés municipaux, départementaux ou régionaux. En fait, pour les trois quarts des votants de jeudi dernier, la première préoccupation n'était pas de refléter les tendances profondes de la société, mais d'assurer la victoire électorale de leur employeur en obéissant aux injonctions des instituts de sondage qui leur ont promis la victoire inéluctable de Ségolène Royal. D'autant que les nouveaux adhérents viennent souvent des classes supérieures ­ tendance bobo ou non ­ et reflètent faiblement la réalité sociologique du pays.
C'est donc un parti largement décroché de la société qui a désigné Ségolène Royal, et la signification des résultats département par département est dès lors limitée. Néanmoins, si l'on met de côté les jeux d'appareils propres à chaque fédération, on voit que, comme Jospin en 2002, le vote Royal est surreprésenté dans ce que j'appelle la France paisible : une France semi-rurale, où les vieilles industries sont absentes et qui ne compte pas beaucoup d'immigrés (voir ci-dessous). N'oublions pas que Ségolène Royal est, comme Jean-Pierre Raffarin, l'élue de la région Poitou-Charentes, qui n'est certainement pas la région où les problèmes de la société française se posent avec le plus d'acuité.
N'y a-t-il donc aucun enseignement à tirer de ce vote sur le jugement que portent les classes populaires sur Ségolène Royal ? 
Pour moi qui fais de la cartographie électorale depuis 1981, mon principal étonnement est de voir dans la carte du vote Fabius (voir ci-dessous) des «traces» de ce que vit réellement la société française. Les départements où l'ancien Premier ministre obtient plus de 20 % des voix ­ une bande allant de la Normandie à l'Alsace en passant par la Somme, les Ardennes et la Lorraine, ainsi qu'une flaque autour de l'Auvergne et du Limousin ­ regroupent une France d'industries anciennes frappées par la globalisation, une France dépourvue de grandes villes universitaires, une France où la question du Smic a un sens et où le blocage des salaires mène au surendettement, une France qui échappe à la «pesée culturelle» des dominants de la société. Dans ces régions, le système conciliaire socialiste semble être resté perméable à l'influence du monde populaire et à ses difficultés économiques. Je suis d'autant plus surpris que, lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, j'avais été très sceptique sur la capacité de Fabius à devenir le représentant des milieux populaires.
Ségolène Royal peut-elle malgré tout finir par attirer vers elle l'électorat populaire ? 
Le vote du 21 avril 2002, le non à la Constitution européenne, les émeutes ou les manifestations contre le CPE, montrent que seul un projet économique se saisissant du libre-échange, des délocalisations, du niveau des salaires, pourra lui permettre d'aller vers cet électorat. Mais je ne vois rien de tel dans son image ou dans ses discours. La décentralisation parle à un parti d'élus ou d'employés municipaux. Le débat sur la carte scolaire exprime surtout l'inquiétude des classes moyennes face au risque de déplacement de leurs enfants. Le féminisme satisfait les classes supérieures, qui conçoivent le couple comme l'union de deux individus libres sans enjeu économique réel. Mais, dans les milieux populaires, le couple mélange inextricablement choix sentimentaux et survie économique, et il est possible que la thématique, sans déclencher d'hostilité, soit perçue comme dénuée de pertinence politique. En réalité, qui veut fuir la réalité économique en activant les valeurs sociétales, la sécurité et les questions d'identité, finit toujours, s'il veut être efficace, par désigner un bouc émissaire ­ c'est-à-dire par renforcer Jean-Marie Le Pen.
Ainsi la gauche serait vouée une nouvelle fois à échouer ? 
On ne peut exclure que, tirant les leçons de sa désignation, Ségolène Royal comprenne le phénomène de résistance que traduit le vote Fabius et adopte un programme en conséquence. Qu'elle accepte, en somme, le non-sens de sa victoire. Au fond, toute la question est de savoir si elle saura s'émanciper de ceux qui l'ont faite reine.

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 12:14
Ian Paisley, sombre prédicateur
LE MONDE | 23.11.06 | 15h25  •  Mis à jour le 23.11.06 | 15h25

epuis un demi-siècle, Ian Paisley prête à la caricature animalière. La lippe épaisse, le menton empâté, l'oeil myope et plissé le dessinent en tortue dotée d'une infinie mémoire. Le sourire carnassier le transforme en alligator affamé de pouvoir. Et l'archaïsme de ses éternels combats d'antan évoque le dinosaure.

Depuis toujours, le tonitruant pasteur nord-irlandais s'attire aussi les sobriquets, admiratifs ou irrités. Pour ses disciples, il est le "Big Man". Le prophète qui, après avoir tant prêché "pour Dieu et pour l'Ulster", obtint sa récompense suprême en devenant, en 2003, par les urnes, le chef du premier parti unioniste de la province.

Pour tous les autres, à Belfast, Londres ou Dublin, il est le "Dr No". Sa vie égrène une litanie de refus. Non à l'évolution des moeurs. Non à l'oecuménisme religieux. Non à l'abandon de l'ancestrale domination protestante sur la minorité catholique. La dernière fois qu'il a dit "oui", raconte une blague qui court à Belfast, c'était à son mariage, il y a exactement cinquante ans.

A 80 ans, le voilà aujourd'hui face à son choix ultime : accepter ou non un partage du pouvoir avec son ennemi mortel d'hier, le Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), que dirige Gerry Adams. L'accord de Saint-Andrews, concocté par Londres et Dublin, prévoit la restauration du gouvernement et de l'assemblée semi-autonome, suspendus en 2002.

Une assemblée transitoire siégera du 24 novembre au 30 janvier 2007, avant les élections prévues le 7 mars. S'il approuve cette feuille de route, Ian Paisley deviendra premier ministre de la province. Il aura pour adjoint Martin McGuinness, le n°2 du Sinn Féin. Un duo impensable il y a quelques années.

Quel sera le "dernier hourra" du vieux pasteur ? Un cri de triomphe à l'heure du sacre ? Ou un nouveau rejet vociférant ? Consentira-t-il à devenir un homme d'Etat respectable, en admettant, comme l'affirmait un récent rapport d'experts, que l'IRA a renoncé au terrorisme de "manière irréversible" ? Ou préférera-t-il, l'air défiant et le mot railleur, emporter, comme il l'a prédit naguère, ses convictions avec lui dans sa tombe ?

Lorsque Ian Richard Kyle Paisley naît à Armagh le 6 avril 1926, la rébellion coule déjà dans ses veines. Son père, pasteur baptiste, a créé une communauté dissidente, comme l'autorise la tradition protestante. Ian prononce à 16 ans son premier sermon. Ordonné pasteur à 20 ans par son père, il fonde en 1951, à Belfast, l'Eglise presbytérienne libre d'Ulster.

Homme de Dieu, son engagement politique est le fruit amer de sa foi. Prenant la Bible au pied de la lettre, il coprésidera longtemps le congrès mondial des fondamentalistes chrétiens. Il nourrit une haine théologique pour les catholiques. Que voit-on dans une église romaine, demande-t-il : "Des légions d'images peintes, tapageuses et vulgaires. Ce sont les ornements de la grande putain de Babylone et de la "femme en rouge" (le pape)." Il fustige "l'aveuglement" de l'ennemi : "Devenez un arbre, une pierre, une bête sans raison. Vous êtes alors un catholique romain." Dans les années 1950, l'oecuménisme en vogue, d'origine protestante, pousse au rassemblement de la chrétienté. Ian Paisley exclut de "pactiser avec l'hérésie papiste". En 1963, le drapeau britannique est mis en berne après la mort de Jean XXIII. Le pasteur rameute ses partisans, fulmine contre le défunt, "cet homme de péché qui est maintenant en enfer où il crie "Alléluia !"", et défile dans Belfast. Ce sera désormais sa méthode familière : un meeting ponctué de harangues, suivi d'une marche de protestation.

L'année suivante, un autre drapeau le pousse dans la rue. A Belfast, un candidat républicain fait flotter sur son QG électoral la bannière tricolore de l'Irlande. C'est illégal. Ian Paisley menace de la retirer lui-même. La police intervient. Il s'ensuivra 3 journées d'émeutes, les premières depuis 1935. Dans la foule, un jeune homme observe et médite l'événement : Gerry Adams. L'intransigeance activiste du pasteur convaincra plus d'un catholique de rejoindre l'IRA. "Il n'a rien à craindre pour sa vie, lancera un jour un chef républicain, car il est notre meilleur sergent-recruteur."

Dans les années 1960, Paisley vitupère contre le mouvement pour les droits civiques, derrière lequel il voit la main de l'IRA. En 1965, il bombarde de boules de neige le premier ministre irlandais. En 1968, après l'une de ses contre-manifestations, il passe 6 semaines en prison. En 1969, l'Irlande du Nord s'enfonce dans une guerre civile qui fera 3 500 morts en près de 30 ans. L'Eglise de Ian Paisley regroupe maintenant plusieurs milliers de fidèles, petits agriculteurs et ouvriers. En 1970, il entre à la Chambre des communes et, un an plus tard, crée le Parti unioniste démocratique (DUP), qu'il dirige d'une main de fer. Pourfendeur des accords de Sunningdale (1974), qui donnent à Dublin un droit de regard sur le Nord, Paisley contribue à leur sabotage en organisant des grèves ouvrières.

Prédicateur-né, la parole est son arme, et ses discours sont des sermons, servis par une voix de gravier qui gronde et tempête de rage. Grand, massif, le cheveu gominé, il déploie une gestuelle théâtrale. L'acteur nord-irlandais Liam Neeson, pourtant catholique, se souvient de l'avoir écouté, enfant, et d'y avoir découvert son goût pour le spectacle.

"Voyons, nous sommes tous les enfants de Dieu", lui faisait observer l'ancien premier ministre britannique James Callaghan. "Non, répondit Paisley, nous sommes les enfants de son courroux !" Maître de l'anathème, il brandit les métaphores bibliques. Les pharisiens et les Judas peuplent ses sombres oraisons, où rôdent des "forces puissantes", oublieuses des "Dix Commandements". Aux Communes, ce "brave serviteur de la Couronne", comme il se définit, est l'un des rares à invoquer Dieu. Aux yeux d'un peuple britannique largement déchristianisé, Paisley est un personnage anachronique surgi de la préhistoire luthérienne. Il a traité la reine de "perruche", Tony Blair de "scribouillard" et de "menteur éhonté", Margaret Thatcher de "Jézabel". C'est assez peu aimable : Jézabel était une reine d'Israël qui adorait un faux dieu et a fini mangée par les chiens.

Le 11 octobre 1988, Jean Paul II s'exprime devant le Parlement européen de Strasbourg, où Paisley a siégé pendant 25 ans. Le pasteur apostrophe le pape d'un bruyant "Antéchrist !" avant d'être expulsé. Il n'est jamais en panne d'invectives contre les "terroristes de l'IRA/Sinn Féin", ces "monstres assoiffés de sang" qui feraient bien "de porter le sac et la cendre", autrement dit d'afficher leur contrition. Les républicains, qu'il promettait naguère de "réduire en miettes", n'ont pourtant jamais été politiquement aussi forts.

Il est également inflexible avec ses rivaux protestants modérés, qu'il tient pour des traîtres en puissance. "Il est aussi unioniste que Ben Laden est un patriote américain", disait-il de l'ancien premier ministre David Trimble, qu'il a battu sévèrement aux élections législatives de 2005. Avec un tiers de tous les suffrages nord-irlandais, le DUP domine aujourd'hui le camp protestant. Fort de 9 sièges aux Communes, il est le 4ème groupe parlementaire britannique.

Farouchement hostile aux accords de paix du vendredi saint (avril 1998), Ian Paisley a su capter à son profit le désenchantement qu'ils ont suscité chez une communauté protestante en proie au doute et au ressentiment. Après avoir vu disparaître ce qui leur était cher depuis des générations, notamment l'ancienne police et le régiment royal irlandais, qu'ils dominaient, les "loyalistes" ont, à tort ou à raison, le sentiment que Londres les a tenus pour quantité politique négligeable, en privilégiant le dialogue avec le Sinn Féin.

Paisley leur paraît le mieux placé pour défendre leurs intérêts. Ils l'écoutent beaucoup moins lorsqu'il leur fait la morale. Le bigot pasteur a protesté en vain lorsque l'équipe de rugby d'Ulster a "profané le sabbat" en jouant pour la première fois le dimanche. Il n'a guère été entendu en bannissant des cérémonies de mariage la danse country, qui "avec ses attouchements et ses gestes sexuels incite à la luxure". Sa dénonciation de la sodomie, lors de la libéralisation de l'homosexualité, n'empêcha pas plusieurs dirigeants unionistes radicaux de commettre des crimes pédophiles.

Aujourd'hui, l'éternel provocateur a, certes, le cheveu blanc, le visage amaigri et l'allure frêle d'un vieillard. Mais ce politicien infatigable, apprécié de ses électeurs, catholiques compris, n'a perdu ni sa gouaille ni ses certitudes. Il fallait le voir et l'entendre au volant de son autobus, lors de sa dernière campagne électorale, le sourire conquérant et le verbe ironique. Ces derniers mois, Ian Paisley est devenu moins intransigeant envers l'ennemi d'hier. Le 9 octobre, il a même, pour la première fois, serré publiquement la main du primat catholique d'Irlande. Sera-t-il bientôt touché par la grâce de celui qu'il appelle, dans ses bons jours, "le Dieu du pardon" ?

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 16:03
Ségolène Royal dira "vie chère" plutôt que "pouvoir d'achat"

e dialogue avec le peuple est pour elle, les corvées du parti sont pour lui. Ségolène Royal et François Hollande, la candidate socialiste et le premier secrétaire du PS, se sont croisés, mercredi 22 novembre, au rendez-vous annuel des maires de France, à la Défense, selon un partage des rôles bien précis.

A lui l'accueil et les tapes dans le dos des élus socialistes qu'il faut réconcilier après le vote des militants pour désigner le candidat 2007 ; à elle l'appel au peuple, sans contrainte.

Lors d'un déjeuner avec près de 600 maires socialistes, Mme Royal les a incités à lui faire part des préoccupations des Français et surtout des mots qu'ils emploient pour en parler. Elle a tout de suite donné un exemple : "Si je dis "la vie chère" au lieu de "pouvoir d'achat", ce n'est pas un hasard, a-t-elle insisté avant d'expliquer en substance que, "la vie chère", tout le monde comprend ce que cela veut dire, tandis que le "pouvoir d'achat", lui, dépend de statistiques de l'Insee qui s'obstine à le voir en hausse." A l'avenir, les partisans de Mme Royal devront, autre exemple, s'accoutumer à parler de "petites retraites" plutôt que de "pensions modestes" et ainsi de suite.

A tous, la candidate a demandé de s'impliquer dans les forums participatifs sur les thèmes qu'elle avait énoncés la veille sur TF1 : l'éducation, l'"ordre juste" et la sécurité, la "vie chère" et l'environnement. Chacun est prié ensuite de lui envoyer des notes sur ce qu'il voit et entend jusqu'à la mi-janvier - période qui marquera la fin de la "phase d'écoute" de la candidate.

Selon l'un des participants, Mme Royal compte en effet disposer de projets de loi préparés et quasiment prêts à l'emploi "dans les semaines" qui suivraient son accession à l'Elysée, en cas de victoire.

Flattés de se trouver au centre du dispositif, la plupart des maires se sont déclarés satisfaits de leur feuille de route, qui précède celle qui sera confiée aux présidents de région socialistes jeudi.

Mais quelques-uns confiaient aussi leur perplexité. "Incontestablement, elle a une vraie sensibilité populaire mais de là à dire que les gens ne comprennent pas "pouvoir d'achat"... Je suis un peu surpris par sa recherche de vocabulaire, ça me paraît très simplificateur", témoigne, dubitatif, le maire anonyme d'une ville moyenne.

INFLEXIBLE

Selon Patrick Mennucci, proche de Mme Royal, la candidate socialiste envisage d'aller plus loin et de constituer "un comité de 30 élus de tous niveaux" qui se réunirait "tous les 15 jours pour évaluer la campagne et faire remonter les réactions de la population". Une sorte de "jury citoyen", a assuré M. Mennucci.

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 16:01
Le PCF tance ses élus languedociens, après les propos de Georges Frêche

es déclarations de Georges Frêche, le 15 novembre, ont semé la cacophonie chez les communistes de Languedoc-Roussillon. Et poussé Marie-George Buffet à prendre ses distances avec les positions des élus PCF de la région.

Au lendemain des propos du président socialiste de la région sur l'équipe de France de football qui, selon lui, comptait trop de "Blacks", le groupe communiste du conseil régional avait suspendu sa participation à l'exécutif. Dans la foulée, Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des transports, avait annoncé qu'il démissionnait de sa vice-présidence. Cette attitude qui menaçait directement la stabilité de la majorité régionale a poussé M. Frêche à négocier (Le Monde du 23 novembre).

Après l'octroi au PCF d'une nouvelle délégation aux droits de l'homme, le 20 novembre, les élus communistes sont rentrés dans le rang. "Le PC n'a pas plié, il a gagné", justifie M. Gayssot dans une interview parue, jeudi 23 novembre, dans Midi Libre. "Si à chaque fois que Frêche pétait un plomb, on devait sortir, on ne serait jamais rentré dans la majorité régionale", justifie un responsable du PCF de la région.

A Paris, l'attitude des communistes languedociens a créé la stupéfaction, mercredi. Mme Buffet indiquait à l'AFP que "la création d'une délégation ne dédouane pas Georges Frêche". La secrétaire nationale envoyait dans la foulée un second communiqué de condamnation "de façon absolue et sans le moindre appel (des) propos expressément racistes (de M. Frêche)". Estimant qu'il "n'est plus digne d'exercer ses fonctions électives", Mme Buffet appelait "toutes les forces progressistes de Montpellier et du conseil régional à exiger sa démission immédiate". Une position a laquelle s'est aussitôt rallié le groupe communiste du conseil municipal de Montpellier.

Place du Colonel-Fabien, siège du PCF à Paris, on se garde officiellement de commenter plus avant la volte-face de M. Gayssot. "Nous ne voulons pas entrer dans la discussion sur le choix des élus communistes", affirme un proche de Mme Buffet. "On sait depuis longtemps que Gayssot est un peu comme le Rastignac de Balzac : fasciné par les institutions", confie toutefois un autre. M. Gayssot, lui, reste sur sa position : "C'est fini le PC qui donne des directives aux élus. Nous prenons nos responsabilités, après les militants disent s'ils sont d'accord ou pas", précise-t-il dans le Midi Libre.

Le cas Frêche

eorges Frêche, président (PS) du conseil régional de Languedoc-Roussillon, est un récidiviste de la provocation raciste. Selon des propos rapportés par Midi libre du 16 novembre, jour de la primaire socialiste, M. Frêche a regretté que dans l'équipe de France de football "il y (ait) neuf blacks sur onze", ajoutant que "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre". Ces déclarations avaient suscité la condamnation unanime du monde politique, à l'exception de Jean-Marie Le Pen, qui n'en dit pas moins. Le 11 février déjà, M. Frêche avait traité des harkis de "sous-hommes", ce qui lui vaut de comparaître, le 30 novembre, devant le tribunal correctionnel de Montpellier.

L'affaire Frêche met de nouveau le PS dans l'embarras et révèle dans la région Languedoc-Roussillon des us et coutumes politiques d'un autre âge. Les propos sur les harkis avaient valu au baron de "Septimanie", traduit devant la commission des conflits du PS, présidée par l'ancien ministre Louis Mermaz, une exclusion pour deux ans des instances dirigeantes du parti. Une sanction dont M. Frêche s'était soucié comme d'une guigne. S'est-il cru protégé par son soutien à Ségolène Royal quand il a tenu ses scandaleux propos sur les Bleus ? Cette fois, sa traduction devant la commission des conflits, voulue par François Hollande et votée à l'unanimité par le bureau national, peut aboutir, selon Julien Dray, à une "exclusion automatique".

Localement, les élus de la gauche plurielle, qui disposent de la majorité absolue au conseil régional, se sont livrés à une piètre comédie. Verts et communistes se sont tus sur le coup, avant de s'indigner. Le 20 novembre, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, auteur de la loi de 1990 contre le racisme, démissionnait de ses fonctions de vice-président de la région. Le mercredi, M. Gayssot faisait marche arrière après s'être vu promettre une délégation pour... lutter contre le racisme ! Un revirement qui n'a pas empêché Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, de demander, jeudi, aux élus locaux d'"exiger la démission" de M. Frêche. On assiste à "Au théâtre ce soir"...

Le président de la région Languedoc-Roussillon vocifère contre tous ceux, politiques, magistrats et journalistes, qu'il accuse d'avoir mal interprété ses propos. Il envoie ses camarades socialistes à Paris pour plaider sa cause, parle de revenir devant les électeurs, et menace de faire de nouvelles révélations sur l'affaire Urba, un système de financement occulte du PS dans les années 80, avant de se rétracter pour ne pas gêner la cause de... Mme Royal. Bref, c'est à de bien tristes palinodies que se livrent le baron de "Septimanie" et ses vassaux. La seule façon pour le PS de se sortir de ce guêpier est d'exclure au plus vite M. Frêche de ses rangs. Pour l'honneur des socialistes et de la gauche.

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 15:55
Aux Pays-Bas, percée des antilibéraux et d'un parti anti-immigrés

es électeurs néerlandais, appelés mercredi 22 novembre à renouveler leur chambre des députés, ont rendu leur pays difficilement gouvernable. La formation chrétienne démocrate du premier ministre sortant, l'austère Jan Peter Balkenende, que l'on disait en mauvaise posture en début de campagne, sauve sa mise en ne perdant que trois sièges pour en conserver 41 sur les 150 de l'assemblée. Mais ses alliés potentiels, aussi bien à droite qu'à gauche, sont étrillés.

Le Parti libéral (VVD), avec lequel il gouvernait jusque-là, perd 6 sièges et n'en conserve que 22. Les électeurs ont également pénalisé le Parti travailliste, 1ère formation d'opposition, dont le leader, Wouter Bos, subit une lourde défaite personnelle. Son parti ne conserve que 32 de ses 42 sièges alors qu'il était promis, il y a peu encore, à une victoire éclatante.

Les gagnants d'une élection qui a confirmé le grand fractionnement du paysage politique sont 2 formations situées aux extrêmes. Le Socialistische Partij (SP), formation antilibérale de gauche, triple sa représentation en passant de 9 à 26 sièges et devient le 3ème parti du royaume. Issue de la gauche maoïste des années 1970, cette formation, qui a joué un rôle important dans la victoire du non à la Constitution européenne lors du référendum de 2005, plaide pour un pays "plus humain, plus social, plus solidaire". Elle a basé une partie de son succès sur son opposition à "l'Europe de Bruxelles", qui incarne à ses yeux l'ultralibéralisme et une menace pour les conquêtes sociales néerlandaises.
Jan Marijnissen, le leader du parti, a fait preuve d'un indéniable charisme qui lui a permis de débaucher de nombreux électeurs traditionnels du Parti travailliste et des déçus du parti populiste de l'ex-Liste Pim Fortuyn (LPF) : 25% des nouveaux électeurs du SP viennent de la gauche traditionnelle, 15% du camp populiste.

Un phénomène semblable s'est produit à droite. Fondateur du nouveau Parti pour la liberté, le député Geert Wilders, qui a remis en avant des thèmes agités par Pim Fortuyn avant son assassinat, en 2002, a également su capter les voix d'anciens électeurs de la LPF. Cette dernière, qui avait encore 8 sièges dans l'assemblée sortante, n'en a plus. Le parti de M. Wilders en glane, lui, 9. Il a aussi récupéré des électeurs sur le Parti libéral. Associé à M. Balkenende dans la coalition sortante, celui-ci s'était divisé sur la figure controversée mais populaire de sa ministre de l'immigration, Rita Verdonk, qui a imposé au gouvernement sortant une politique très dure sur l'immigration.

Avec ses slogans ("moins d'impôts, moins d'islam, plus de respect"), M. Wilders a séduit 600 000 Néerlandais pour lesquels l'immigration musulmane est un problème. La focalisation sur ce thème traduit cependant, pour beaucoup, un malaise plus profond et une condamnation des options multiculturalistes qui furent l'orthodoxie des gouvernements à la fin des années 1990.

2 autres formations, très différentes, l'Union chrétienne, un parti calviniste soucieux des questions sociales, et le Parti pour les animaux, bénéficient de l'émiettement de l'électorat : le premier remporte 6 sièges, l'autre 2.

A l'annonce des résultats, le vice-premier ministre, le libéral Gerrit Zalm, a décrit "une droite éclatée, une gauche extraordinairement éclatée".

Tom de Graaf, ancien responsable du parti réformateur D 66, qui ne conserve que 3 sièges, a déploré la qualité d'une campagne qui n'a que rarement mis en avant les questions de fond et s'est limitée à "l'émotion, l'amusement et l'infantilisation".

La formation d'une majorité s'annonce comme une épreuve redoutable pour M. Balkenende. Il n'aura, a priori, pas d'autre issue que de gouverner avec les travaillistes et un 3ème parti. Mais le rapprochement entre les chrétiens démocrates et M. Bos n'a rien d'évident.


Jean-Pierre Stroobants

La nouvelle Chambre

Dix partis seront représentés dans la nouvelle chambre des députés néerlandaise, qui réunit 150 députés élus à la proportionnelle.

Composition : 41 élus chrétiens démocrates (le parti du premier ministre sortant Jan Peter Balkenende), 32 travaillistes (PVDA, social-démocrate), 26 socialistes (Socialistiche Partij), 22 libéraux (VVD), 9 élus du Parti pour la liberté (PVV, populiste), 7 écologistes, 6 élus de l'Union chrétienne (calvinistes), 3 libéraux réformateurs (D 66), 2 élus du Parti social réformé (parti protestant fondamentaliste) et 2 élus du Parti pour les animaux (PvdD).

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