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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 13:15
Le ton monte entre les trois candidats à l'investiture socialiste

e nets désaccords se sont exprimés, mardi 24 octobre, entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, lors de leur 2ème débat télévisé. Les confrontations ont concerné des mesures avancées par Mme Royal, qui ont déjà fait polémiques les semaines passées. Pour cette deuxième prestation commune, consacrée aux questions de société, les 3 présidentiables socialistes se sont tout de même retrouvés sur l'essentiel, notamment la défense de la laïcité, la politique de la ville, le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, l'immigration et la prévention en matière de sécurité.

"JURYS CITOYENS" ET CARTE SCOLAIRE

Si le 2ème débat a paru plus vif que le 1er, c'est parce qu'il a démarré par une joute sur les "jurys citoyens" prônés dimanche par Ségolène Royal. Premier à parler, Laurent Fabius a vertement critiqué ces instruments d'évaluation des politiques dont Mme Royal veut faire une arme de "la démocratie participative". Selon l'ex-premier ministre, "mettre sous surveillance les élus, c'est introduire une méfiance qu'ils ne méritent absolument pas". Il faut "surtout ne pas épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite", a-t-il mis en garde.

Ségolène Royal a répliqué avec véhémence. "Tout ne va pas bien dans la France d'aujourd'hui", a-t-elle lancé, reprochant indirectement à ses contradicteurs de ne pas mesurer l'ampleur de la "crise démocratique". "Si je suis élue, je réunirai des jurys citoyens", a-t-elle affirmé, préconisant l'ouverture de conseils des ministres aux citoyens.

Dominique Strauss-Kahn, lui aussi, a tenté de lui opposer le calme d'un homme d'Etat. "Il n'y a pas besoin d'élever la voix", a-t-il glissé, avant de contester le mot "jury", "assez mal choisi". Selon lui, la crise en France est "avant tout une crise sociale" et il faut "refonder la République". Le député du Val-d'Oise a critiqué le concept d'"ordre juste" de Mme Royal.

"L'ordre ne peut pas à lui seul constituer un projet politique de gauche", a-t-il lancé. "Je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable", a répondu Mme Royal, haussant le ton.

Elle a revendiqué, à nouveau, un assouplissement de la carte scolaire, condition d'"une certaine mixité". Pour M. Strauss-Kahn, il vaut mieux mettre "le paquet" dans les écoles des zones difficiles, avec "15 élèves par classe".

"CAMPS HUMANITAIRES ENCADRÉS PAR L'ARMÉE"

Si tous trois se sont dits d'accord avec le mariage et l'adoption homosexuels, des conceptions différentes de la famille se sont exprimées.

Mme Royal a insisté sur "les fondamentaux de la famille : protection, éducation, amour, transmission des interdits". "L'éducation est la base de tout", a-t-elle dit. M. Fabius s'est voulu libéral : "La droite aime la famille, la gauche aime et soutient les familles."

Sur la sécurité, la présidente de Poitou-Charentes a accusé le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, d'être responsable d'"un système de production de masse de la délinquance". Elle a proposé l'envoi de jeunes délinquants dans des "camps humanitaires encadrés par l'armée""alternative à la prison". Sur ce point aussi, "je tiendrai bon", a-t-elle insisté.
Tout aussi têtu, Laurent Fabius a dit "non" à cette solution, car "les militaires ont autre chose à faire". "J'ai cru comprendre que maintenant, c'est l'encadrement humanitaire", a-t-il ironisé. Même chose pour M. Strauss-Kahn : "Je ne peux pas partager ce qui a été dit sur un encadrement militaire."

Le débat a été plus consensuel sur la laïcité, qualifiée "essentielle", et les banlieues. Enfin, contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas été question d'environnement.

Commentaires houleux pour débat pimenté

ais on les a dopés ou quoi ? Rien à voir avec le débat de la semaine dernière." Mardi 24 octobre, le 2ème débat télévisé entre les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle était commenté en direct sur le blog de l'universitaire Guy Birenbaum.

Les internautes distribuent les bons et les mauvais points, sur un ton pas toujours policé, comme le remarque Eric Mainville : "C'est marrant : vos commentaires sont dans l'outrance alors que le débat est feutré." Chacun en prend pour son grade, les candidats, les internautes, mais aussi les journalistes qui modèrent le débat : "Mais que font les journalistes !", demande Brigeton. "On interroge Strauss Kahn, elle [Ségolène] répond."

Mais au-delà des noms d'oiseaux échangés, chacun confronte ses arguments pour soutenir son poulain. Pour Herthogue, c'est Fabius : "Le prof DSK va rapidement nous endormir... Redonnez la parole à Fafa qui a visiblement envie de secouer le cocotier !" Pour Ajamais, c'est Ségolène Royal : "Ce qui est fort de la part de Royal, c'est qu'une fois de plus elle les amène sur son terrain. En gros, elle a des propositions, et eux sont contraints de se situer par rapport à elle. C'est de la bonne tactique." Et pour Gérard, la palme revient plutôt à Dominique Strauss-Kahn : "DSK excellent sur sa critique de l'ordre juste."

Il y a même une place pour l'ex-candidat socialiste à la présidentielle et éternel revenant sur la scène politique depuis qu'il a tiré sa révérence au soir du 21 avril 2002 : "Vas-y Yoyo, t'es le meilleur ! J'ai gardé mon bulletin de 2ème tour de 2002. Quoi qu'il arrive, je voterai pour toi !", lance Zaireetvoltaire.

Le débat fut certes plus relevé, pour le bonheur des téléspectateurs. Mais AC s'interroge sur l'impact de ce déballage pour les candidats socialistes face à leurs adversaires de l'UMP : "C'est quand même une sacrée opportunité pour les candidats de droite de voir les 3 socialistes débattre, sur des sujets pas très consensuels."

A lire les commentaires, les internautes étaient partagés entre le débat socialiste et le film de Patrick Rotman sur Jacques Chirac diffusé sur France 2... A en perdre les pédales, comme Fraise des Bois qui en a fait un remix décapant : "Ce soir, j'ai le son [sur France-Culture] et l'image sur le Net, mais il y a un décalage : j'entends Ségolène quand je vois DSK ou l'inverse... Troublant au début... Alors j'ai zappé sur l'excellent docu de Patrick Rotman sur Chirac : beaucoup plus amusant !"

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 16:29
La "liberté de parole" revendiquée par Ségolène Royal déconcerte ses conseillers

ite, une note "d'information" a été envoyée, lundi 23 octobre, à tous les représentants de Ségolène Royal dans les fédérations socialistes reliées sur Internet. Au lendemain de la proposition controversée de la candidate à l'investiture présidentielle du PS sur la "surveillance populaire" que pourraient exercer des jurys de citoyens tirés au sort pour évaluer l'action des politiques, l'équipe Royal a paré au plus pressé.

"Ça existe à Berlin, où parfois 150 citoyens tirés au sort et indemnisés sont regroupés sur un thème. Pendant deux jours, ils procèdent à des auditions avant de rédiger un rapport et de le remettre aux élus qui sont obligés de communiquer dessus", récite un destinataire. Tout le monde n'avait pas été mis au courant. Pas même dans l'entourage proche de Mme Royal.

Pressé d'éclaircir quelques-unes des positions de la candidate, le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, s'est trouvé embarrassé pour répondre, dimanche soir 22 octobre, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Au point de faire l'aveu qu'il lui "arrive de découvrir", comme tout un chacun, les positions de Mme Royal... "C'est quelqu'un à qui on ne dicte pas ses positions et qui garde totalement sa liberté, témoigne Gaëtan Gorce, l'un des conseillers. A nous de nous adapter."

Le député de la Nièvre reconnaît que le fonctionnement de la candidate "défie parfois un peu les règles de la rationalité", mais dit s'en réjouir car "sa liberté fait sa force".

Pour d'autres, c'est un peu plus compliqué. "On ne discute pas toujours très en amont parce qu'elle entretient un lien étroit avec les sondages, analyse un membre de son équipe. Lorsqu'elle a pris connaissance de celui du Cevipof, dans lequel 60% des Français jugent les responsables politiques "plutôt corrompus", elle a choisi aussitôt d'y faire écho avec les jurys citoyens."

Un autre soupèse les avantages : "Comparé à la machine de guerre de Sarko, cette organisation un peu floue permet une plus grande réactivité."

A leur arrivée dans l'équipe, les responsables du PS ralliés découvrent le système Royal : des réseaux politiques, amicaux ou d'experts, cloisonnés ou accumulés comme des mille-feuilles, sans définition précise, et des réunions éparses.

"Chacun prend la place qu'il juge utile", affirme Arnaud Montebourg. Le député de Saône-et-Loire fait partie, avec Jean-Louis Bianco et Gilles Savary, des 3 porte-parole nommés par Mme "mandataire" de la candidate et chargé, à ce titre, de la représenter dans le parti. Julien Dray occupe à lui seul, en raison de ses liens d'amitié anciens avec la candidate, une place à part. Christophe Chantepy préside l'association Désirs d'avenir et coordonne les travaux des experts. Royal. Il faut y ajouter 3 conseillers, Gaëtan Gorce, Christophe Caresche et Eugène Caselli, et aussi Patrick Mennucci.

Les "nouveaux", comme Vincent Peillon, eux, s'insèrent tant bien que mal dans ce dispositif où personne ne sait très bien qui fait quoi. Beaucoup font le parallèle avec le cloisonnement cher à François Mitterrand. Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire général de l'Elysée s'amuse à dire qu'il "retrouve une seconde jeunesse".

Le système a toutefois ses limites. Mardi, le cercle des "Hollandais" ralliés, François Rebsamen, Bruno Le Roux, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, devait fusionner avec le groupe, plus ancien, des porte-parole et conseillers. Et s'il n'est toujours pas question de nommer un directeur de campagne avant la désignation, Mme Royal devait officiellement charger M. Rebsamen, numéro deux du PS, de coordonner l'équipe politique. "Avant, les réunions donnaient le sentiment qu'il n'y avait que des électrons libres", s'amuse un participant.

Désormais, avec l'arrivée des poids lourds du PS, les cultures vont se mélanger.

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 08:58
Clichy et maintenant
Le «601», c'est la clef des champs. «La chose qui va vous emmener hors de chez vous», explique Djamel, comédien, grandi à la cité du Bois-du-Temple. C'est le travail de l'aube, la sortie du samedi soir. Un fourgon bondé dès six heures du matin. «Tous les jours, il y a des bagarres pour monter dedans», raconte un usager. Un tortillard qui met parfois quarante minutes pour parcourir 4 kilomètres. Certains matins, il laisse ses passagers à des centaines de mètres de la gare pour cause d'embouteillage.
Il traverse Livry-Gargan et Le Raincy presque sans ouvrir ses portes. Plus qu'un bus, c'est une navette qui dessert la gare RER. Un cordon ombilical entre Clichy-sous-Bois et le reste du monde. A l'approche du terminus, les enseignes se multiplient de part et d'autre du boulevard. Espace bronzage, assurance automobile incendie, restaurant japonais... Des immeubles haussmanniens, des pavillons coquets succèdent aux barres. L'opulence après le dénuement. Deux univers réunis par une ligne RATP.
«Quand on est dans le 601, les gens au Raincy nous regardent comme si on était des animaux», déclare Nicolas, qui il y a encore quelques mois travaillait sur les Champs-Elysées dans la restauration rapide. «Il fallait compter trois heures de transports aller et retour. Et on est à vingt bornes de Paris !» 
Pas de RER, pas de Francilienne 
Clichy-sous-Bois ou l'histoire d'un enclavement. «On est une banlieue proche et laissée de côté», résume Olivier Klein, premier maire adjoint (PCF). La ville, conçue dans les années 60, devait hériter d'une autoroute, la Francilienne. «Comme on était à l'époque du tout-bagnole, on n'a pas eu de transport en commun.» Pas de RER, pas de train, pas de Francilienne non plus. Sur son tracé initial reposent aujourd'hui des pelouses. «Quand une famille commence à s'en sortir, elle n'a qu'une idée, c'est quitter Clichy. Si on n'améliore pas les transports, les gens continueront à partir car c'est insupportable pour bosser», insiste cet élu.
Depuis le début de l'année, le 601, qui arrêtait son service à 21 heures, fonctionne jusqu'à 1 heure du matin. Plus besoin de marcher depuis Le Raincy ou de tenter de convaincre un taxi de s'aventurer dans une banlieue associée aux émeutes. «C'est minimum 30 euros, et quand tu dis Clichy-Montfermeil ils te répondent non», explique un jeune de la cité des Bosquets. «On s'est battus pour le 601, on a fait signer des pétitions», raconte Michel Niassy, 21 ans, militant à la JOC (la Jeunesse ouvrière chrétienne), qui prépare une licence à l'université de Villetaneuse (deux heures de trajet et 20 km de distance).
A part cette permission de minuit, rien n'a vraiment changé depuis les émeutes de l'automne 2005, déclenchées après la mort de deux adolescents de la ville électrocutés, la police à leurs trousses. «Nous, la jeunesse, on est mis en valeur. On est invité à plein de choses. Mais concrètement je ne vois pas beaucoup de choses qui ont bougé», lâche Michel Niassy. Clichy ne possède toujours pas d'agence ANPE, pas de commissariat, pas de caisse d'allocation familiale. «Pas de piscine, pas de patinoire, pas de cinéma. On avait un gymnase super beau. Il a été brûlé.» 
Pas d'ANPE, pas de CAF 
Michel quitte la route, franchit des grilles neuves, «cofinancées par l'Union européenne», pour rejoindre son immeuble de la fin des années 50, du béton brut hérissé de paraboles et drapé de linge propre. Ses parents, agents d'entretien originaires du Sénégal, se sont installés à «la Pama» en 1988. Comme ailleurs à Clichy, la cité s'appelle une «résidence». Elle n'en possède pas les fastes. Juste un statut, devenu un problème insoluble. «Propriété privée», peut-on lire partout dans la ville à l'entrée des grands ensembles.
«Ils parlent de rénovation. Pour l'instant, ils ont juste coupé tous les arbres et changé les clôtures», déclare Michel. Bouna Traoré, l'un des deux jeunes électrocutés, était son voisin. Un ami. «Boun repose, la Pama t'aime», dit un graffiti. Les violences ont éclaté sur l'artère principale dès l'annonce de son décès. «À la Pama, il n'y a rien eu de cassé. Les gens se connaissent bien», insiste André Vivier, du conseil syndical.
Les trois «résidences», la Pama, Stamu II et Chêne-Pointu, ont été bâties par Luigi Dante (dit Louis) Grampa. «Un Italien qui avait fait fortune dans les pâtes, selon André Vivier. Propriétaire du château près de la mairie. C'était Monsieur Clichy-sous-Bois. Après sa mort, la décrépitude de la ville a commencé.» André Vivier, ex-cadre infirmier, a acheté son appartement en 1968. «C'était la campagne. Deux pas, et on était dans les champs.» Il reconnaît qu'aujourd'hui «la Pama n'est pas très beau à regarder». Des parties communes délaissées. Des faux F3, salon-séjour, une chambre, «surpeuplés», souvent «loués jusqu'à 800 euros par des marchands de sommeil». Des bailleurs qui ne payent pas leurs charges et qu'il «faut forcer à changer les fenêtres pourries». 
Hormis quelques villas, poussées sur ses marges, Clichy c'est de l'habitat collectif, sans être social. «La ville a été conçue avec l'idée de permettre une accession à la propriété pour les classes moyennes. D'où ces grandes copropriétés de 500 à 600 logements», raconte Olivier Klein. Ses parents, rapatriés d'Algérie, ont ainsi acquis un trois pièces en 1966 qu'ils ont revendu pour emménager dans un pavillon : «Cette population a été remplacée par des gens plus pauvres qui ne pouvaient pas payer à la fois le crédit et les charges.» 
Assis sur une borne, cité des Bosquets, Ladj Ly, 26 ans, montre son livre de photos, 28 Millimètres, portrait d'une génération (1). Devant la caméra, des jeunes, si souvent caricaturés, contorsionnent leurs visages et disent leur point de vue sur les émeutes. «Comme on était un peu le cauchemar des Parisiens, on a organisé un concours de grimaces.» Des chimères, comme les promesses faites à l'automne dernier. «Une fois de plus, ils se sont foutus de notre gueule ! Regardez où est-ce qu'on vit. Tout est délabré. On attendait quoi ? Un petit coup de peinture, un minimum, pour dire on va faire quelque chose.» 
«L'ascenseur, deux ans en panne» 
Autour, ce sont des murs tagués, deux cabines téléphoniques réduites à l'état de squelettes. L'allée a été baptisée «Champs-Elysées». Des jeunes s'échangent des «alekoum salam» en se tapant dans la main. «La plupart des propriétaires se sont fait prendre leur appartement, mon père le premier», déclare Ladj Ly. Pour loger ses treize enfants, son père, un éboueur à la ville de Paris, aujourd'hui retraité, originaire du Mali, avait acheté en 1987 un F5 aux Bosquets. «Du grand standing», lui avait dit un cousin. «Avec les dettes et les 6 000 francs de charges trimestrielles, il payait deux loyers chaque mois.» Il a dû revendre dix ans plus tard. «Pour une misère, 10 000 euros. Il est maintenant locataire du même appart.» 
Dans les locaux de la Mous (2), Pais Mendes Estevao étale ses quittances, les lettres de la banque, les impayés. Né en Guinée-Bissau, 56 ans, ancien tapissier, en arrêt de travail, il ne peut plus rembourser son F3 à la Forestière. «On pense toujours que la pierre est un bon investissement.» Il évoque les charges : «200 euros par mois, c'est énorme.» Et le cadre qui se dégrade. «Lorsque je suis arrivé ici, il y avait une minuterie. Maintenant, c'est allumé nuit et jour. Des squatteurs laissent l'eau couler tout le temps et il n'y a pas de compteur individuel. L'ascenseur est resté en panne pendant plus de deux ans. Une tour de 14 étages.» 
«La bête dort»» 
La cité a changé trois fois de syndic. Elle accuse dix millions d'euros de dettes. Les tags recouvrent les piliers des tours et les cages d'escalier. «Rapks, blazor, ekla, faro, amor Koke». Un «brigup» qui revient souvent. «Avant c'était le seizième du 93. Nickel !» se souvient Catherine Dupont, l'unique gardienne pour 500 logements. Une jeune fille vient lui signaler une fuite d'eau. «On ne sait pas d'où ça vient. Ça coule tout le temps depuis trois jours.» Les fuites ? «C'est régulier, explique la gardienne. Côté plomberie, ça fait longtemps qu'il n'y a eu aucun entretien. On répare uniquement quand ça casse.» 
La Forestière doit être démolie et reconstruite dans le cadre du PRU, le projet de réhabilitation urbain. En attendant, la Mous a réinstallé des boîtes aux lettres neuves. Les enfants du quartier ont peint des fresques bigarrées dans les halls. «Une surface blanche, c'est place aux tags. A "nique ta mère", "nique mes genoux". Là, on a des traces de ballons, mais pas de mauvaises écritures», dit Catherine Dupont. Un employé dans un Formule 1, l'unique hôtel de la commune, explique qu'il ne voulait pas venir travailler ici, parce que «Clichy, ça crame». 
En ces journées d'automne, aucun incident signalé à part une voiture de France 3 incendiée. Sur le «plateau», des familles se dépêchent de faire les courses avant la rupture du jeûne. «En ce moment la bête dort, il ne faut pas la réveiller», prévient Bouhout Abdelrahman, président de l'association cultuelle des musulmans de Clichy-Montfermeil et leader local de l'UMP. L'an dernier, une grenade lacrymogène tirée par les policiers était rentrée dans sa mosquée. Depuis, l'imam a consacré plusieurs prêches à la lutte contre la violence. «Les têtes se sont améliorées.» 
Il est 20 heures passées. Deux jeunes descendent du 601 à la gare RER du Raincy. Ils habitent la Forestière et travaillent à la RATP. Ils touchent le Smic. Ils portent des blousons à capuche. Pour les CRS, ce sont deux portraits-robots. Ouverture des sacs, fouille au corps, pièces d'identité, appels sur le talkie-walkie. La routine. «Ça fait partie de notre quotidien, explique Mataï. Quand ils sont là, on a une chance sur deux d'être contrôlé. Ils ont été cools. D'habitude, ils te rabaissent comme si tu étais un criminel.» Pas de colère pour les trente minutes perdues. Un regret : «J'ai raté un plan avec une meuf. Elle avait son train.»
(1) 28 Millimètres, portrait d'une génération de JR et Ladj Ly. Alternative, 2006.
(2) MOUS Adsea , Maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale de l'Association départementale pour la sauvegarde de l'enfance.

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 08:40
Devant les militants, les présidentiables socialistes réservent
leurs attaques à la droite

égolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont évité soigneusement toute confrontation, au risque d'une réunion aseptisée, devant quelque 3 000 militants attentifs et réservés, jeudi soir 19 octobre, à Clermont-Ferrand.

2 jours après leur 1er exercice télévisé, les 3 prétendants à l'investiture socialiste pour 2007 ont cultivé pendant 2h chacun leur style : Mme Royal dans le registre de "la proximité", M. Strauss-Kahn dans celui de la pédagogie, et M. Fabius dans l'affirmation passionnée de convictions antilibérales.

Les militants socialistes des autres régions et les Français ne pourront s'en faire une idée : caméras et micros étaient bannis, à l'initiative de la direction du PS, sous prétexte de ne pas donner des armes à la droite par la confrontation intra-socialiste.

Contrairement au grand oral des présidentiables à Lens, le 16 septembre, le débat de Clermont-Ferrand a été celui d'une attention peu démonstrative des militants. En ouverture, la chanson "Le chiffon rouge", un hymne de la gauche, avait cédé la place à une musique techno...

"UNE POLITIQUE OFFENSIVEMENT ANTILIBÉRALE"

Les 3 candidats, loin de s'ignorer, se sont donné à plusieurs reprises du "Ségolène", du "Dominique" et du "Laurent". Mais M. Fabius n'a pas caché ses désaccords avec ses concurrents, notamment sur le rôle de l'Etat

Lanterne rouge dans les sondages auprès des sympathisants – mais ce seront les militants qui voteront –, Laurent Fabius, très souvent applaudi, est celui qui a le plus mobilisé la salle, en usant de ses talents reconnus de tribun. Il s'est fait le champion d'"une politique offensivement antilibérale" la seule orientation capable de faire gagner la gauche en 2007 et de faire oublier l'échec de Lionel Jospin en 2002, selon lui. Il a invité la gauche à "ne pas mettre ses pieds dans les thèmes" de la droite, le plus sûr moyen à ses yeux de courir à l'échec.

"DONNER UN DÉSIR D'AVENIR À LA FRANCE"

Première à s'exprimer, Ségolène Royal a délivré un discours extrêmement général, reprenant ses formules maintes fois testées : "développement équitable contre désordre libéral", "donner un désir d'avenir à la France". "La politique moderne, c'est écouter pour agir juste", a déclaré Mme Royal en prononçant un énième plaidoyer pour "la démocratie participative", devenue sa marque de fabrique.

La présidente du Poitou-Charentes, qui fait toujours la course en tête dans les sondages, a encore promis de "mettre fin à l'insupportable distance entre les discours et les actes, qui sape la confiance en la politique".

Un discours pimenté peu après par une sortie virulente contre le système bancaire français. Répondant à une question, Ségolène Royal l'a accusé de "s'enrichir sur le dos des pauvres" et de "plonger des familles dans le surendettement". Un tonnerre d'applaudissements a salué cette charge.

"CHANGER LE RAPPORT DE LA POLITIQUE À LA VÉRITÉ"

Tout aussi posé que Mme Royal, Dominique Strauss-Kahn s'est présenté en champion d'une gauche de "la vérité", seule à même de ne pas décevoir pour avoir trop promis. "Nous devons changer le rapport de la politique à la vérité, dans notre pays. Non, on ne distribuera pas plus que l'on a produit", a affirmé le député du Val-d'Oise, crédité d'une progression auprès des sympathisants PS dans plusieurs sondages.

M. Strauss-Kahn s'est fait le chantre d'une gestion rigoureuse. Il faut "cesser de faire croire que les socialistes veulent fuir dans le déficit, car la dette publique c'est payer des intérêts, et alors, l'effort de redistribution est presque annihilé par la dette publique", a-t-il dit. DSK a décliné son credo social-démocrate. "Nous sommes la gauche et nous sommes attachés à cette société solidaire qui ne laisse pas le marché décider" de tout sans contrepoids.

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 10:22
M. Lopez Obrador joue son va-tout dans l'Etat de Tabasco

rocodiles et jaguars, moiteur accablante, puits de pétrole et végétation tropicale : le petit Etat de Tabasco, dans le sud du Mexique, est un décor digne de Tintin. Malgré les façades high-tech de Tabasco 2000, le quartier d'affaires de Villahermosa, on y respire encore une atmosphère désuète, celle d'un système dominé par une grande entreprise publique, la Pemex (Petroleos de Mexico), et par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), symbole d'autoritarisme et de corruption.

Le PRI réussira-t-il, dimanche 15 octobre, à conserver le poste de gouverneur qu'il a occupé sans discontinuer depuis 77 ans ? Il a en face de lui un redoutable adversaire : Andres Manuel Lopez Obrador, dit "Amlo", coiffé au poteau lors du scrutin présidentiel du 2 juillet mais leader d'une gauche décidée à accélérer le changement. Le candidat en titre du Parti de la révolution démocratique (PRD), Raul Ojeda, n'est qu'un figurant dans cette bataille éclipsé par la personnalité de son chef, "Amlo", qui joue là son destin politique.

Natif de la région, ce dernier y a construit son image de lutteur social. En 1994, il a perdu l'élection au poste de gouverneur contre Roberto Madrazo, un cacique du PRI donné gagnant après une campagne émaillée d'incidents et de fraudes. En 1996, il a fait bloquer pendant des semaines, par 40 000 paysans et pêcheurs des régions les plus pauvres de l'Etat, les puits et bureaux de la Pemex afin de protester contre des dommages écologiques. Ce fut le début d'une carrière nationale qui l'a mené à la mairie de Mexico, en 2000, puis à 2 doigts de la présidence.

"Le Tabasco est le principal bastion du "lopezobradorisme" après la capitale fédérale", souligne l'éditorialiste Miguel Angel Granados. "Une défaite aurait un rude impact sur la stratégie nationale de Lopez Obrador ", ajoute-t-il, car il verrait s'éloigner les courants du PRD qui ont fait front avec lui pour contester le résultat de l'élection présidentielle, mais n'approuvent pas forcément sa stratégie de rupture avec le président élu, le conservateur Felipe Calderon. Si, au contraire, il remporte cette nouvelle manche, "Amlo" pourra relancer sa "résistance civile pacifique" et trouvera dans les caisses de l'Etat de Tabasco de quoi encourager des mobilisations à travers le pays.

La bataille aura des retombées pour la Pemex, qui a établi au Tabasco deux de ses rouages essentiels (exploration-production et pétrochimie de base). "Ce qui est en jeu, c'est la privatisation, à laquelle nous sommes opposés", déclare au Monde le président du PRD, Leonel Cota.

Le climat est très tendu. Les affrontements entre "priistes" et "pérédistes" se sont multipliés. Des armes à feu ont été saisies par la police. Pour M. Cota, "le Tabasco prend le même chemin qu'Oaxaca", cet autre Etat du Sud qui est depuis 4 mois en rébellion ouverte contre son gouverneur priiste. Le PRD contrôle déjà 11 des 17 circonscriptions du Tabasco, et le 2 juillet "Amlo" y a fait un triomphe.

Il reçoit en outre l'appui inespéré du plus puissant groupe médiatique de la région, le quotidien Tabasco hoy. "La grande majorité des gens sont aujourd'hui pérédistes", explique le patron de Tabasco Hoy, Miguel Canton.

Dans les cités pétrolières comme Ciudad Pemex, on ne voit que les affiches jaunes du PRD. Mais à Villahermosa, le candidat du PRI, Andres Granier, s'est forgé une réelle popularité durant sa gestion municipale. "Et le PRI a mis le paquet, offrant aux électeurs de l'argent liquide, du ciment, des vélos, des moulins pour moudre le maïs, mettant la pression sur tous les groupes corporatifs", témoigne Julio Cesar, chauffeur de taxi.

Autant de pratiques illégales dûment répertoriées par les pérédistes, qui préparent déjà, en cas de défaite, un recours devant les tribunaux.

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 16:17
Pour s'installer dans la "vraie" campagne,
Ségolène Royal minimise la confrontation interne au PS

e vote des adhérents du Parti socialiste est une étape que Ségolène Royal a, dans son esprit, déjà franchi. Jour après jour, la candidate à l'investiture socialiste multiplie ses préventions à l'égard des débats internes au parti et s'installe dans la campagne d'après, contre la droite, voire au-delà sur les marches de l'Elysée... "Qu'est-ce que l'on dirait si demain j'avais la responsabilité suprême et si aujourd'hui on me voyait me faire ballotter par des enjeux qui ne correspondent pas à la réalité de la question politique qui est posée ?", a-t-elle lancé, jeudi 12 octobre, en marge de son déplacement dans l'île de la Réunion. Elle y est déjà, dans cet après. "Je ne suis pas encore élue, pas encore désignée et pourtant je suis invitée partout", claironnait-elle, la veille, en annonçant qu'elle ferait bientôt le tour des capitales européennes désignées comme ses "partenaires".

Au risque de paraître vouloir fuir la confrontation avec Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, - critique qu'elle avait déjà essuyée fin août lors de l'université d'été du PS à La Rochelle -, Mme Royal laisse volontairement planer le doute sur sa participation aux débats du PS. "S'ils sont détournés de leur vraie destination, je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir", répète-t-elle. Mais pourquoi le seraient-ils alors que l'appareil du parti et les principaux animateurs de l'organisation des débats et du vote se sont rangés derrière elle ?
Provoque-t-elle délibérément ses rivaux ?
La présidente de Poitou-Charentes cherche en tous cas à les pousser à la faute, les attaques des socialistes opposés à sa candidature lui ayant toujours été jusqu'ici bénéfiques. "On a tout à gagner à ce que le candidat envoyé en finale soit passé par les demi-finales", a réagi vendredi M. Strauss-Kahn, pointant ainsi de manière prudente l'attitude de déni de sa concurrente sur l'enjeu de la confrontation entre socialistes.

Pour la candidate, passent encore les 3 débats à la télévision mais pas les 3 autres programmés en région, à Clermont-Ferrand le 19 octobre, à Paris le 26 puis à Toulouse le 9 novembre. Mme Royal supporte mal les contraintes imposées par le parti comme en témoigne sa prestation tendue devant le conseil national du PS, du 7 octobre. Surtout, elle redoute le chahut de militants hostiles qui ternirait son image et la fragiliserait. Or, Clermont-Ferrand, située dans le Puy-de-Dôme fait partie des fédérations les plus fermées à la vague royaliste.
"L'idée de débats ne la gêne absolument pas, proteste l'un des porte-parole de Mme Royal, Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, conscient que la stratégie d'évitement de cette dernière pourrait à la longue être mal comprise. Elle a simplement voulu indiquer qu'elle ne s'en laisserait pas conter".

"EFFRAYER LES CAPITALISTES"

"Sa vie, ajoute-t-il, ne s'arrête pas le 16 novembre (date du vote des militants)". Arnaud Montebourg, autre porte-parole de la candidate, complète, un rien cabotin : "Le débat a lieu tous les jours avec, ou sans elle. Faut-il en rajouter ? "

Mme Royal prépare la suite. Dans un entretien au quotidien britannique The Times, vendredi, elle donne des gages à gauche en appelant à "effrayer les capitalistes" par le biais de taxes pour les entreprises qui délocalisent. Le même jour, à La Réunion, elle a vivement critiqué le gouvernement sur la gestion du Chikungunya. Invitée par une fédération socialiste qui lui promet "90%" de ses voix et lui a organisé un beau meeting avec 2 000 personnes à Saint-Joseph, elle a prôné la priorité d'embauche aux Réunionnais, en se prononçant en faveur d'un "recrutement local des enseignants".

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 16:10
Unionistes et catholiques s'entendent sur
les bases d'un accord "historique"

a dernière fois que le révérend calviniste Ian Paisley a dit "oui", raconte une blague qui court à Belfast, c'est à l'occasion de son mariage, il y a 50 ans jour pour jour. Pourtant, vendredi 13 octobre, le vieux chef de la communauté protestante nord-irlandaise, surnommé de longue date "Dr No", a émis un "Oui, peut-être" prometteur.

Cet acquiescement conditionnel, s'il se confirme dans les prochaines semaines, ouvrira la voie à un partage du pouvoir entre les 2 principaux partis de la province, les Démocrates unionistes (DUP) de Ian Paisley, et, côté catholique, le Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), que dirige Gerry Adams.

Selon ce scénario optimiste, dans un peu plus de 5 mois, l'intransigeant pasteur deviendrait Premier ministre de la province et aurait comme adjoint l'un de ses ennemis de toujours, Martin McGuinness, n°2 du Sinn Féin.

Ian Paisley a accepté d'envisager cet événement, naguère impensable, à l'issue de 3 jours de négociations conduites à Saint Andrews en Ecosse par Tony Blair et son homologue irlandais, Bertie Ahern. "C'est un gain formidable", a commenté M. Blair en présentant à la presse ce qu'il tient pour "les bases d'un accord" historique. Ce plan vise à restaurer les institutions semi-autonomes d'Ulster, suspendues depuis octobre 2002.

La feuille de route proposée aux 2 camps est la suivante.

D'ici au 10 novembre, catholiques et protestants devront se prononcer sur "l'accord de Saint-Andrews". Entre-temps, le Sinn Féin devra reconnaître comme légitime la police nord-irlandaise, avec laquelle beaucoup de catholiques refusent encore de collaborer. Pendant 30 ans de guerre civile, l'IRA a abattu près de 300 policiers. Aujourd'hui, la police, en pleine réforme depuis 5 ans, compte 20% de catholiques, chiffre encore insuffisant.

Si les choses avancent comme espéré, un texte de loi sera présenté aux Communes le 21 novembre pour entériner l'accord. Ce sera ensuite au DUP d'accomplir un geste décisif en contribuant "aux alentours" du 24 novembre à la nomination du Premier ministre et du vice-premier ministre par l'Assemblée de Belfast. Cet acte symbolique ne prendra tout son sens que le 14 mars 2007, lors de la nomination du gouvernement, qui entrera en fonction le 26 mars.

Ce délai de plus de 3 mois est un geste à l'adresse du DUP. Il doit, selon M. Blair, donner le temps nécessaire aux unionistes pour vérifier que le Sinn Féin "soutient pleinement la police", chose indispensable "dans une société démocratique". Le transfert effectif de la justice et de la police à la nouvelle administration locale ne sera effectif qu'à la mi-2008. Tony Blair a aussi évoqué la nécessité d'un "soutien électoral", sous forme d'une consultation de la population, dont la nature reste à déterminer.

Vendredi, les leaders des 2 camps ont tenu des propos plutôt apaisants. "Le jour des hommes armés au gouvernement est, espérons-le, terminé à jamais, a déclaré M. Paisley. La démocratie finalement l'emporte." "Nous devons reconnaître que, peut-être, nous avons été une partie du problème", a admis M. Adams, en un rare moment de contrition. Les relations entre les 2 hommes demeurent toutefois distantes, le pasteur refusant de parler directement aux leaders du Sinn Féin.

Même s'il faut se garder d'un optimisme trop hâtif, il reste que l'accord de Saint-Andrews traduit une évolution des esprits, reflet des changements intervenus sur le terrain. Début octobre, un rapport d'experts indépendants a confirmé que l'IRA avait renoncé au terrorisme "de manière irréversible". Le 6 octobre, la reine a assisté à Belfast au démantèlement des bataillons nord-irlandais de l'armée britannique.

Le 9 octobre, Ian Paisley a, pour la première fois, serré publiquement la main du primat catholique d'Irlande. L'homme qui traitait naguère le pape d'"Antéchrist" a décidément changé.

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 13:07

Parce que j’ai l’impression que dans la confusion d’un débat présidentialiste certains oublient quelque peu ce qu’ils ont votés et sacrifient leurs convictions à l’illusion d’une victoire trop facile, je remets en ligne la motion du Nouveau Parti socialiste lors du congrès du Mans en novembre 2005.

Bonne lecture,

Frédéric Faravel

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 13:05
Ségolène Royal prévient qu'elle pourrait ne pas participer à tous les débats internes au PS

n visite à la Réunion, Ségolène Royal a assuré, jeudi 12 octobre, qu'elle pourrait ne pas participer à tous les débats internes au PS entre présidentiables et qu'elle ne se laisserait pas "ballotter". "Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires", a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant qu'ils sont "démocratiquement légitimes".

Mais, a-t-elle averti, "s'ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir".

"A l'issue des principaux débats, je verrai s'il est encore nécessaire de les poursuivre ou si les Français sont exaspérés de voir les socialistes se parler entre eux au lieu de s'occuper des Français", a-t-elle insisté. "Moi, je m'adresse à la France, aux Français, et je fais confiance aux militants socialistes (...) pour faire leur choix en toute liberté et en toute sérénité", a-t-elle indiqué. "Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes", a-t-elle ajouté.

SIX DÉBATS PRÉVUS

Six débats sont prévus entre les trois présidentiables socialistes, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn : trois débats télévisés (les 17 et 24 octobre et le 7 novembre) et trois débats devant les militants (les 19 et 26 octobre et le 9 novembre). Six débats, "c'est beaucoup", a estimé Mme Royal. Les militants socialistes éliront leur candidat le 16 novembre, et le 23 en cas de deuxième tour.

Mme Royal a fait ces déclarations lors d'un déplacement à la Réunion, au cours duquel elle a rencontré le communiste Paul Vergès, considéré comme le "patron" de l'île, dont l'appui semble indispensable localement dans l'optique de la présidentielle. A 81 ans, Paul Vergès, tout en se refusant à apporter son soutien à Mme Royal, n'a pas caché qu'à ses yeux, les dés étaient jetés pour l'élection interne au PS, présentant son hôte comme "celle qui, dans quelques semaines, aura un statut beaucoup plus évident pour tout le monde".

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 14:22
Mes chers camarades, d'abord je voudrais commencer par souhaiter, je ne sais pas si c'est un bon anniversaire, mais l'anniversaire d'une dame qui a eu 48 ans cette semaine, la Ve République, dont j'espère que c'est la dernière fois que nous plaçons nos débats, comme le sort des Français, sous les mauvais hospices. Je souhaite dans tous les cas que nous gagnions la prochaine élection présidentielle pour changer en profondeur, comme nous nous y sommes engagés dans notre projet, le régime politique et démocratique dans lequel nous sommes, pour faire le choix d'une nouvelle République parlementaire.

Cet anniversaire souhaité, puisque, à cette tribune certains ont cité François Mitterrand, d'autres Anatole France, moi, je me contenterai de citer Jean Gabin. Jean Gabin, que l'on félicitait pour une remarquable interprétation dans un film, répondait à la critique, la chose suivante. Il disait : " Il y a trois critères pour faire un bon film. En un, l'histoire, en deux, l'histoire et en trois l'histoire ". C'est pour cela que, au nouveau Parti socialiste, et peut-être certains n'y voient à tort qu'une figure tactique, une posture, une manière habile d'attendre, nous avons dit " nous pensons encore qu' il ya trois critères pour réussir l'élection présidentielle: en un, un bon projet, en deux, un bon projet, et en trois, un bon projet. "

Je dis cela parce que notre parti est attaché, depuis sa fondation en 71 à Epinay, mais au-delà, dans toute l'histoire du mouvement socialiste, nous sommes attachés et c'est un élément essentiel de notre identité politique, à la délibération collective. Alors je sais bien que ce n'est peut-être pas moderne, ou même que cela intrigue, ces rites étranges des socialistes qui délibèrent en commissions de résolution jusqu'à 7 h 00, qui considèrent qu'il faut faire des conventions nationales après d'autres conventions nationales, qui considèrent qu'il faut passer du temps dans une commission nationale du projet, et même dans l'élaboration collective, un temps qui est parfois laborieux, un temps dans lequel s'organise la confrontation politique, mais ce temps politique-là, que nous avons consacré au débat, ce temps que nous avons consacré à la délibération collective, fonde notre identité politique.

Je le rappelle, aujourd'hui, pourquoi ? Et je serai bref dans mon intervention : parce que nous rentrons dans une séquence où nous allons assister, forcément, à une confrontation d'individus, dans laquelle, peut-être pas nous, mais d'autres, jugeront les profils avant de juger, justement, ce que sont le fond du discours de ces hommes et de ces femmes, tous aussi respectables les uns que les autres. Au moment où nous allons rentrer dans cette confrontation d'individualités, je voudrais leur rappeler ceci, et seulement ceci : ils mettront des propositions en débat, devant l'opinion.

Qu'ils ne jugent pas la réaction de certains de leurs camarades socialistes comme une réaction sectaire quand ils ne sont pas d'accord avec les propositions décapantes qu'ils font.
Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, quand nous réagissons ou quand nous mettons ces sujets en débat dans le parti, c'est parce que nous savons que ces débats existent aussi dans la société.

Qu'ils ne s'inquiètent pas du fait que nous ayons le souci de cette délibération collective, c'est-à-dire la capacité à nous rassembler sur ce qui a toujours fait notre force, le fondement de notre identité, de choix de l'intelligence collective.

Mes chers camarades, quand nous perdons des élections, nous nous retournons vers le Parti, nous faisons un congrès et nous écrivons un texte. Cela montre que, à chaque fois, c'est dans la délibération collective, dans ce patrimoine politique commun que nous trouvons les ressources pour nous relever.

Eh bien, à l'occasion de ce débat qui va être celui de nos candidats, nous voudrions leur rappeler ce qui a été le fruit de notre intelligence collective, un projet voté par près de 200 000 militants socialistes. Ce projet doit structurer l'expression de chacun d'entre nous.

Je termine par ce rappel : NPS considère que la période qui s'ouvre est une période utile. Utile pour éclairer les militants, et nous poserons donc des exigences dans ce débat, les conditions et les moyens pour rassembler la gauche, parce que nous ne gagnerons pas sans la rassembler. Tout le monde l'affirme, il s'agira maintenant de dire comment.

L'agenda et les leviers pour augmenter le pouvoir d'achat et faire en sorte que, demain, nous ne confions pas simplement à la démocratie sociale, tout aussi importante soit-elle, le soin d'augmenter les salaires, mais que nous donnions les moyens à la démocratie sociale, mais aussi aux pouvoirs politiques de faire en sorte qu'il y ait bien une augmentation généralisée des salaires dans ce pays.

Troisième question : la relance européenne. Là encore, d'autres l'ont dit avant moi, il ne s'agira pas simplement de réconcilier le oui et le non socialiste, tout ceci a été fait lors de la synthèse du Mans. Il s'agira de dire comment, sur la question institutionnelle, mais pas seulement, sur la question des frontières de l'Union, sur la question du contenu des politiques européennes, comment voulons-nous, aujourd'hui, modifier le cours de ces politiques-là, et faire en sorte, aussi, de modifier, le centre de gravité de la sociale démocratie européenne.

Quatrième exigence : la réforme institutionnelle. Elle figure dans notre projet, nous nous sommes prononcés en faveur d'une nouvelle République parlementaire. Il n'y a pas d'autres feuilles de route en matière institutionnelle. Nous sommes pour une nouvelle République parlementaire et nous avons même dit que nous soumettrions par referendum, dans la première année où nous arriverions au pouvoir, cette question aux Français, droit de vote des étrangers, inclus. Là aussi, il faudra des engagements clairs des candidats.

Et enfin, dernière question qui rejoint mon introduction : nous serons attentifs, je le dis, à ce que les uns et les autres disent clairement comment ils entendent faire vivre collégialement un parti dans des institutions qui le permettent de moins en moins ? Comment ils entendent faire fonctionner un parti et lui redonner un rôle demain, surtout si nous gouvernons, pour faire en sorte qu'il soit un acteur démocratique reconnu et pas simplement un parti godillot, un acteur en capacité, non seulement de mobiliser le mouvement social, mais d'être reconnu pour ce qu'il est, celui où la délibération collective et le respect de celle ci fonde l'identité socialiste.

Je vous remercie.

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