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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 10:14
Comment les socialistes sont en train de se prendre les pieds sur la Turquie et le génocide arménien...

Depuis 9h30, ce matin, jeudi 12 octobre, l'Assemblée nationale examine une Proposition de loi du PS visant à réprimer la négation du génocide arménien de 1915. Tout pousse à voter ce texte. Tout pousse à l’adoption de ce projet de loi qui tend à réprimer d’un an de prison et 45 000 euros d’amende la négation du génocide arménien. Tout semble y pousser car les Arméniens de Turquie ont bel et bien été victimes, au début de la Première Guerre mondiale, d’une déportation et de massacres d’une telle ampleur qu’ils auront constitué, avant celui des Juifs et des Tutsis, le premier des trois génocides du XXème siècle.

Rarement, pourtant, un projet de loi aura suscité tant de polémiques mais pourquoi ?

La première raison en est que les historiens, et pas seulement eux, s’inquiètent, maintenant, de la tendance à faire écrire l’Histoire par la loi. Cela permet de faire émerger une Histoire « officielle », concept dangereux. C’est la marque, disent-ils, des régimes totalitaires et non pas d’une démocratie et l’on en arrive ainsi, ajoutent-ils, aux récents dérapages sur la colonisation : on ne peut pas dénoncer l'article qui vantait les bienfaits de la colonisation et entrer la logique défendue aujourd'hui par la proposition socialiste. Sur ce sujet, la loi Gayssot sur les crimes contre l'humanité et la reconnaissance officielle du Génocide arménien suffisent amplement.

C’est un débat de fond, auquel s’ajoutent, en l’occurrence deux débats politiques. Le premier est, bien évidemment, la question de l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’Europe. Beaucoup de ceux qui s’y opposent ne sont pas mécontents de souligner que la Turquie ne reconnaît toujours pas le génocide des Arméniens et d’essayer d’envenimer les relations de la France et de la Turquie jusqu’au point de non retour. Beaucoup de ceux qui y sont, au contraire, favorables font valoir que cette reconnaissance doit être un préalable à l’adhésion mais que la Turquie est en train d’évoluer sur cette question et que l’on ne fait, avec ce projet, que bloquer les discussions turco-turques en les crispant.

Le second débat politique est, lui, politicien dans la mesure où le vote arménien pèse lourd dans plusieurs régions françaises et que la pêche aux voix déterminera la position de beaucoup de députés. Et puis, enfin, il y a la question des relations franco-turques.

Autant on peut plaider contre l’adhésion de la Turquie à l’Union, autant on peut se demander, après la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement français et la déclaration de Jacques Chirac estimant que la Turquie ne pouvait pas devenir européenne avant d’avoir fait ce pas, s’il y a un sens à ce que la France enfonce encore le clou ! La Turquie devra faire en la matière des efforts : ouvrir un vrai débat sur son histoire, protéger juridiquement les historiens turques contre quelques magistrats un peu trop nationalistes et contre les agressions de l'extrême droite « laïque ». L'interpellation de la République d'Arménie par le parlement turque unanime pour entamer un travail commune peut constituer en la matière une première avancée, même si elle est encore insuffisante. Mais ce n'est sans doute pas le principal fait que la Turquie doit encore dépasser pour prétendre s'associer réellement à l'union européenne : les questions kurdes et chypriotes restent des impératifs diplomatiques autrement plus sérieux et difficiles à résoudre pour la crédibilité européenne.

Phare des élites turques depuis deux siècles, la France a-t-elle vraiment intérêt à rompre avec un pays d’une telle importance ? A y abandonner aux Etats-Unis une place qui ne sert pas seulement son économie mais aussi son rayonnement international ? Ce n’est pas la moindre des questions. Celles ou ceux des prétendants à l'Elysée qui tendent à s'emporter sur le sujet font là visiblement preuve de légèreté ou d'incompétence.

Frédéric FARAVEL


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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 09:52
Catholiques et protestants satisfaits de la premère journée de négociations en Irlande du Nord

es gouvernements britannique et irlandais se sont montrés optimistes mercredi soir après la première session des discussions de la dernière chance qui se tiennent à Saint Andrews, en Ecosse. "Je sens vraiment une volonté d'essayer de faire le travail dans les quelques jours qui viennent", a déclaré un porte-parole du premier ministre britannique, Tony Blair, après que ce dernier eut ouvert, mercredi 11 octobre, la réunion avec son homologue irlandais Bertie Ahern. Ces 3 jours de discussions visent à réactiver les institutions nord-irlandaises, gelées depuis 2002, en mettant d'accord les dirigeants des 2 camps d'Irlande du Nord : les républicains catholiques, qui souhaitent la réunion de l'Ulster et de l'Irlande, et les unionistes protestants, qui veulent que l'Irlande du Nord continue à faire partie du Royaume-Uni.

Gerry Adams, président du Sinn Féin, la branche politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), et le leader protestant, le pasteur Ian Paisley, chef du parti DUP, paraissaient eux aussi dans un état d'esprit positif à leur arrivée à la première session. "J'adresse mes vœux à Ian Paisley. J'espère qu'il est prêt, comme nous le sommes, à régler les problèmes. Et si c'est le cas, nous parviendrons tous à satisfaire et à représenter les gens qui nous ont donné mandat", a déclaré M. Adams. Arrivant peu après, le pasteur Paisley, connu pour son éloquence enflammée contre les catholiques – il avait décrit autrefois le pape Jean Paul II comme "l'Antéchrist" –, a lui aussi adopté un ton inhabituellement modéré. "Nous ne sommes pas ici pour nous disputer avec le Sinn Féin ou pour débattre avec le Sinn Féin. Nous sommes ici pour écouter, pour voir s'ils vont tenir leurs engagements."

NÉCESSAIRES COMPROMIS

Le ministre des affaires étrangères irlandais, Dermot Ahern, a lui aussi fait preuve d'optimisme. "Je pense que l'atmosphère est bonne. Les parties ont indiqué qu'elles étaient disposées à rechercher un accord", a-t-il remarqué, relevant que c'était la première fois depuis plus de deux ans que les deux camps se réunissaient. Les pourparlers pourraient cependant buter sur un accord sur la direction de la police et de la justice."Chaque partie devra faire des compromis. Ce qu'il nous faut, ce sont des engagements de toutes les parties d'avancer. Nous pensons qu'elles le peuvent", a encore déclaré le chef de la diplomatie irlandaise.

Les institutions semi-autonomes d'Irlande du Nord, issues de l'accord du Vendredi saint conclu en 1998, ont été suspendues en 2002 en raison d'une crise de confiance entre républicains et unionistes. Les pourparlers de Saint Andrews, qui visent à les réactiver, se déroulent sous forte pression britannique. Londres a en effet averti que si catholiques et protestants ne parvenaient pas à un accord avant le 24 novembre, l'Assemblée d'Irlande du Nord serait dissoute, et que Londres administrerait directement la province pour une période indéfinie. "Si nous n'avons pas d'accord à 100% le 24 novembre à minuit, nous fermerons Stormont", le siège de l'Assemblée d'Irlande du Nord, a déclaré Peter Hain, le ministre britannique de l'Irlande du Nord, sur la chaîne de télévision ITV. Malgré cette annonce radicale, les Britanniques semblent relativement confiants dans l'issue des pourparlers."Je crois qu'il y a maintenant une convergence sur les 2 principes qui sont au cœur de ce processus", a déclaré le porte-parole de M. Blair à la fin de la première journée.

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 09:49
Les 3 candidats à l'investiture PS détaillent leur programme

aurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ont rendu publique, mercredi 11 octobre, leur profession de foi dans la perspective du choix en novembre par les militants PS de leur candidat à l'Elysée.

Laurent Fabius consacre la moitié de son texte à détailler ses atouts pour éviter que la France ne glisse sur le "tobogan libéral" et l'autre à pourfendre sa rivale Royal, sans la nommer. L'ex-premier ministre se veut le candidat "du projet socialiste" qu'il a enrichi de sept propositions, "du rassemblement de la gauche et des Verts", de "l'expérience collective". "On ne s'improvise pas chef de l'Etat", avertit-il, détaillant sa connaissance des "épreuves du pouvoir".

Il énumère les "erreurs" à ne pas commettre. Exemple : "jouer le jeu des extrêmes avec un discours ambigu" sur la carte scolaire, regroupement familial ou délinquance. Ou la tentation "de type blairiste" consistant à "lorgner vers le centre". Attention encore aux sondages, "qui ne font pas les suffrages". Pour lui, "le renouveau souhaitable porte non pas sur les apparences, mais sur le fond".

Ségolène Royal explique aux militants socialistes qu'avec elle, ils pourront "accomplir l'audacieuse révolution de porter une femme à la tête de l'Etat et de parachever ainsi leur idéal de parité et de modernité". Rappelant François Mitterrand, son passé ministériel dans le gouvernement Jospin et sa victoire en Poitou-Charentes contre l'équipe Raffarin, la députée des Deux-Sèvres propose d'augmenter le pouvoir d'achat des Français et d'investir dans la recherche et l'innovation. "La gauche ouvrira donc une conférence salariale" et s'appuira sur "un syndicalisme de masse". A l'école, elle propose "un soutien scolaire individuel et gratuit", et pour protéger l'environnement "une véritable fiscalité écologique". "Nous devons être lucides et implacables contre toutes les délinquances et toutes les causes qui conduisent aux comportements délinquants", assure-t-elle aussi.

Dominique Strauss-Kahn conjugue pour sa part "social" et "démocratie", en présentant sa conception d'une "social-démocratie renouvelée, repensée, épanouie". Ses "trois principales priorités" ? "En un le social, en deux le social, en trois le social." "C'est en concentrant les capitaux publics sur ceux qui ont moins de capital social que nous construirons l'égalité réelle", écrit-il.

Pour lui, le président de la République ne doit plus être "un arbitre, mais un acteur", un "président engagé". "L'instauration du mandat unique est pour moi la mère de toutes les réformes", explique-t-il. Dans un coup de patte final à la favorite des sondages, l'ex-ministre assure que "face à la pression du sommet", "des médias", "des sondages", il "choisit la politique, dans ce qu'elle a de plus noble".

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 15:38
Le Parti démocrate espère reconquérir le Congrès américain

i l'on en croit les instituts de sondage, une "tempête parfaite""Perfect Storm") s'annonce sur le paysage politique américain. Toutes les conditions sont réunies pour une déroute du Parti républicain du président George Bush aux élections de mi-mandat. Le 7 novembre, les électeurs doivent renouveler la totalité de la Chambre des représentants (465 sièges) et un tiers du Sénat. Les démocrates espèrent renouveler l'exploit historique des républicains qui, en 1994, avaient reconquis les 2 chambres, mettant fin à 40 ans de domination démocrate.

De leur propre aveu, les républicains s'apprêtent à perdre de 10 à 30 sièges à la Chambre des représentants. Il en faut 15 aux démocrates pour obtenir la majorité. La situation est plus incertaine au Sénat : 8 sièges républicains seulement sont vulnérables. Les démocrates doivent en gagner 6 s'ils veulent remporter la majorité.

Selon un sondage paru dans Newsweek, 53% des Américains souhaitent maintenant la victoire des démocrates. L'écart entre les 2 partis s'est creusé : 23 points dans les intentions de vote, soit l'avance la plus importante pour les démocrates depuis 1978. Le Parti républicain apparaît comme un mouvement en bout de course, affaibli par les scandales et la guerre en Irak. Un parti "en état de siège", estime Thomas Mann, de la Brookings Institution.

Les démocrates se gardent de pavoiser. Les intentions de vote sont mesurées au plan national alors que les électeurs se déterminent dans leurs circonscriptions. Si elle est omniprésente dans la "psyché" nationale, comme le notait George Bush le 21 août, la guerre est largement absente des débats locaux.

Qu'ils parlent de prestations sociales, d'éducation ou de l'Irak, les démocrates n'ont qu'un slogan : le changement. Les conservateurs se concentrent sur les attaques négatives. "On a vu certains républicains remonter grâce à ces publicités, explique Amy Walter, du Cook Report. Il faudra voir où les électeurs se situent fin octobre."

Plusieurs phénomènes alimentent l'optimisme de l'opposition. Il y a tout d'abord l'apparition d'une nouvelle génération de démocrates. L'exemple le plus significatif est celui de Bob Casey en Pennsylvanie. Candidat au Sénat, il est en train de mettre en difficulté l'une des vedettes de la fraction religieuse conservatrice, Rick Santorum, un proche de M. Bush.

Bob Casey est opposé à l'avortement. A lui seul, il symbolise l'évolution du Parti démocrate sur cette question. Son père, un ancien gouverneur, avait été interdit de parole à la Convention de 1992 parce qu'il n'était pas assez "pro-choix" (favorable à l'avortement). Les démocrates sont aussi en train de remettre un pied dans le Sud, avec Harold Ford, dans le Tennessee. Il serait le 4ème Africain-Américain élu au Sénat.

Par ailleurs, les femmes retournent chez les démocrates. En 2004, les femmes avaient voté pour George Bush à 56%. Les politologues les avaient appelées les "security moms" ("mères sécuritaires"). Une étude du Pew Research Center montre qu'elles préfèrent aujourd'hui les démocrates (12 points d'écart). La même tendance est observée dans le Nord-Est, dans les Etats fortement marqués par les attentats du 11 septembre 2001, où les républicains sont en recul. La peur joue moins à sens unique. Pour la première fois, les démocrates sont même jugés plus compétents sur le terrorisme que les républicains, selon un sondage USA Today-Gallup (46% contre 41%).

Enfin, les républicains se croyaient protégés par le redécoupage électoral qui privilégie les sortants. C'était sans compter sur les scandales de corruption et de moeurs qui ont compromis leurs chances dans plusieurs circonscriptions "faciles" : au Texas (Tom DeLay), dans le Montana (Conrad Burns), dans l'Ohio (Bob Ney), et bien sûr en Floride où le représentant Mark Foley a été contraint de démissionner après avoir envoyé des courriels déplacés à de jeunes stagiaires du Capitole. La grande inconnue, de ce côté, est l'attitude des évangéliques. Le Parti républicain a tenté de susciter des référendums locaux sur le mariage gay ou l'avortement pour mobiliser la base mais, là aussi, la tactique a peut-être trouvé ses limites...

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 13:11

À vos marques !

La politique n’est pas du marketing. Mais les spécialistes du marketing s’occupent activement des hommes (et des femmes) politiques. Pour le meilleur et pour le pire. Démonstration en sept points avec le couple préféré des sondeurs, des sondés, des médias et, peut-être un jour, des électeurs…

Amusez-vous à ce petit jeu. Comparez les candidats à des marques. Sarko, c’est la nervosité et la puissance d’une BMW tandis que Ségo, avec ses valeurs viriles dans un emballage féminin, évoque une Audi.
Choquantes ces analogies ? Pour Catherine Michaud, de l’agence High Co et présidente de la délégation Marketing Services de l’AACC*, «Ségo et Sarko sont deux monstres qui occupent 90% du marché médiatique et qui ne laissent que des miettes aux challengers comme Orange et SFR, Nestlé et Danone…».

Les marques «raisonnable » comme DSK ou Jospin ont alors autant d’appétence que des marques distributeurs. Ce n’est plus le tribun social ou patriote, voire le fin stratège, qui affolent les sondages. Pour émerger, il faut
d’abord une notoriété, un positionnement, une image de marque et d’autres qualités qu’on apprend plus souvent à HEC qu’à Sciences Po.

Quand Laurent Fabius attaque sa rivale en affirmant que «les Français ne sont pas des parts de marché», il a peut-être politiquement raison… mais son offre de promo commerciale de «smic à 1 500 €» fleure les vieilles ficelles électorales. La politique relookée par Royal et Sarkozy obéit aux règles d’or du marketing. Et d’abord à celle-ci : les deux favoris des sondages sont aussi les meilleurs vendeurs d’eux-mêmes.
Est-ce que cela suffira pour que l’un d’entre eux remporte le marché ? Pas sûr mais le respect des conventions du marketing est devenu la règle pour accéder à la compèt’. Après... le marketing n’assure pas le service après-vente !

Ségo et Sarko se démarquent comme des marques
Créateur de l’agence de pub Hémisphère droit, Frank Tapiro est le Séguéla (il en fut le disciple) de Nicolas Sarkozy. Il concède volontiers : «La preuve que Ségolène Royal est devenue une marque, c’est qu’on l’appelle Ségo.» Deux syllabes qui claquent d’un air sympa, c’est la base d’une notoriété efficace. Le généalogiste Jean-Louis Beaucarnot remarque que «Les Français ont toujours porté au deuxième tour des candidats qui avaient des noms rares.» Il n’y a que quelques centaines de Royal recensés par l’annuaire et une demi-douzaine de Sarkozy. Dans les deux cas, les noms sont faciles à prononcer (pas comme «Bayeuraou») et suffisamment saillants pour se démarquer de concurrents potentiels comme Buffet, Voynet, ou autres de Villiers bien plats.
Et le nom correspond au produit. Pour Anne Monnier, directrice générale adjointe chez Millward Brown, qui a publié une étonnante étude sur le potentiel de marques des hommes politiques, «une marque comme un homme politique ne peut réussir sans saillance». Sarko est le plus ferme des présidentiables, Ségo la plus gentille.

Ils répondent aux besoins des consommateurs
La même étude de Millward Brown révèle que les deux prétendants qui se détachent nettement en tant que marques sont nos deux vedettes, devant Le Pen en embuscade. Pour Karim Ahmed, qui a dirigé l’étude, les positionnements de Sarko et de Ségo correspondent parfaitement aux besoins des électeurs «de figures paternelles et maternelles». Selon Millward Brown, les Français innovateurs sont estimés à 21% de la population électorale. Les routiniers, les anxieux et les traditionalistes représentent 79% des Français. Avec un tel pays, on a des hommes politiques assortis : un père fouettard et une mère autoritaire…

Ils pratiquent le benchmarking
En marketing politique, comme dans le business, il faut savoir piquer les idées des autres (quand elles semblent plaire). à ce petit jeu, Sarko et Ségo sont les champions du benchmarking, le nom politiquement correct dans le marketing pour désigner le pillage d’idées. D‘abord Sarko emprunte aux États-Unis le concept de discrimination positive puis à la gauche l’abolition de la double peine. Il n’oublie pas non plus de piquer quelques slogans à Le Pen, du type : «La France, on l’aime ou on la quitte.»
Ségo, pas en reste, vole des items sarkoziens, comme la punition des parents de délinquants, ou lepénistes, comme l’encadrement militaire…
Et on ne les accuse pas de plagiat. La contrefaçon n’est pas un délit en politique. Au contraire, Ségo et Sarko passent pour des novateurs dans leur camp quand ils imitent le camp d’en face.

Et même le co-branding
Quand Unilever veut promouvoir son anti-cholestérol Proactiv, la multinationale s’associe avec la Maaf qui propose une réduc’ sur la margarine à ses assurés. Quand Ségo veut séduire la gauche de son parti pas très emballée par ses élans blairistes, elle recrute Montebourg dans un bel exemple de co-branding (alliance de marques) politique tel qu’on n’en avait pas vu depuis Rocard-Mitterrand en 1988.
De son côté, Sarko adore cobrander les people. Et pas n’importe lesquels : «Si Johnny n’était plus le chanteur préféré des Français, Orange, marque leader, ne proposerait pas de télécharger son dernier titre en exclusivité, décrypte Catherine Michaud, présidente de la délégation Marketing Services de l’AACC*. Les leaders politiques font la même chose. Ils choisissent des people qui sont dans le top 10 des personnalités préférées des Français : Johnny pour l’un, Jamel pour l’autre.» C’est grave de recruter une star pour mieux vendre ? C’est pas terrible, pour Catherine Michaud : «Quand on ne sait plus comment parler de sa marque, on prend une personnalité pour habiller le vide. Si le produit est innovant, pas besoin de people

… tout en affirmant leurs capacités d’innovation
Tout conservateurs et frileux qu’ils soient, les Français n’ont pas envie qu’on le leur dise. Les prétendants prônent donc tous le changement. Quand est membre du gouvernement sortant, c’est plus dur. D’où la trouvaille de Sarko qui se présente comme un homme de rupture. Et la rupture, c’est du neuf !
Ségo innove par son look et un discours décapant qui s’assume. «Pourquoi faut-il être triste, moche, ennuyeux pour entrer en politique ?», clame-t-elle, glamour et altière, en couverture du Time Magazine. Mais elle détonne surtout par sa manière de mener une campagne. Avec son site desirsdavenir.org, elle fonde la première tentative de démocratie participative. On peut s’en gausser. Il n’empêche : personne n’était allée aussi loin. «Elle invente la politique 2.0», résume Benoît Héry, vice-président de l’agence Grey.

Mais à trop marketer …
On a longtemps reproché à Ségolène Royal de poser devant les objectifs, mais d’omettre d’émettre des idées. Alors que son entourage se défend aujourd’hui de faire trop de com’ (et a refusé de nous répondre à ce sujet), on lit avec intérêt certains passages de «L’une enchante, l’autre pas» (Calmann-Lévy) du journaliste Claude Lévy qui est allé enquêter sur les terres picto-charentaises de la blanche madone des sondages. On y apprend par exemple que Ségolène Royal a taillé dans les crédits de communication de la région et fermé la vitrine du Poitou-Charentes à Paris au prétexte qu’elle «préfère payer de sa personne.»Elle sait qu’elle est douée pour la com’. Même si elle confond parfois la promo et l’auto-promo.
Ségolène n’est-elle donc qu’une icône qui se reflète dans le miroir des objectifs ? Elle est en tout cas meilleure sur papier glacé qu’à l’oral pour Jeanne Bordeau, fondatrice de l'Institut de la qualité de l'expression et grande prêtresse de la rhétorique : «Elle a une voix fausse, très mal placée. Mais elle a énormément travaillé son visage pour gagner en ouverture ce qui compense son déficit d’expression.» Pour Catherine Michaud, «son personnage est complètement joué. Très calculé, très travaillé. Mais le décalage ne peut pas durer longtemps.» Déjà, une jeune militante bretonne en a fait les frais…

... On abîme l’ADN de sa marque
Sarko sait répéter ses formules chocs et ne craint d’ailleurs pas de les commenter : que d’«auto-gloses» sur le «karcher» ou la «racaille» ! Cependant, ce n’est pas en martelant des slogans provocs que le leader de l’UMP prend le plus de risques. Après tout, il est dans son rôle. Le plus étrange, c’est son positionnement très variable. En bon pragmatique, il sait que l’idéologie doit s’acclimater aux réalités. Mais en prônant des valeurs de gauche (la fin de la double peine) ou en favorisant un certain communautarisme, il prend aussi le risque de brouiller son image. En marketing, on dirait qu’il doit respecter «l’ADN de sa marque». Mais l’ADN pipole de Sarko l’incite parfois à des alliances contre-nature comme ce show avec un rappeur has been qui ne séduit ni les djeuns ni son camp. Trop de marketing tue le marketing…

Éric Le Braz

Potentiel D’attachement

Pour mesurer le capital d’attachement des politiques auprès des Français, l’agence Millward Brown a combiné différents critères, de l’indice de notoriété des candidats (94% des Français connaissent Royal, par exemple) à la «préférence» (22% préfèrent Sarkozy). À ce petit jeu, c’est le chef de l’UMP qui obtient la meilleure note : un score qu’envieraient des marques automobiles ou une chaîne de distribution.

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 08:48

Alors que le Mouvement des jeunes socialistes organisait à Créteil une conférence de presse suivie d’un spectacle des Yamakasi pour dénoncer et réclamer le retrait de la loi de prévention de la délinquance, son président, Razzye Hammadi a été arrêté par la police.

C’est à l’issue du spectacle des Yamakasi au cours duquel ces hommes araignées sont montés sur un immeuble pour dérouler le drapeau tricolore et affirmer leur attachement à la République que la police est arrivée. Tout se passait pour le mieux jusque là.

Une altercation a alors eu lieu entre un Yamakasi et un groupe de policiers. Razzye Hammadi est intervenu pour tenter d’apaiser les esprits et c’est alors qu’il a été embarqué en même temps que le Yamakasi. Certains journalistes sur place ont été pris à partie par la police alors qu’ils tentaient de filmer la scène.

Le Mouvement des jeunes socialistes réclame la libération immédiate de son président, Razzye Hammadi ainsi que celle du Yamakasi arrêté.

Le Mouvement des jeunes socialistes amplifiera les actions visant à sensibiliser les citoyens sur les risques que fait peser la loi de prévention de la délinquance.

Voir fiche du MJS à ce sujet

voir les photos

voir la video de l’arrestation


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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 14:23
Résultats de sondages contradictoires pour la présidentielle 2007

es Français préféreraient voir Ségolène Royal élue présidente en 2007 mais donneraient néanmoins leur voix à Nicolas Sarkozy au premier tour. C'est ce qui ressort de deux sondages CSA et TNS/Sofres/Unilog, publiés lundi 9 octobre, respectivement dans Le Parisien et Le Figaro.
Ainsi, à la question "Quelle personnalité préféreriez-vous voir élue présidente de la République ?", 49% des électeurs portent leur choix sur Mme Royal, contre 39% pour M. Sarkozy, rapporte un sondage CSA effectué pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et i-Télé. La première se distingue notamment par sa popularité auprès des jeunes, dont 66% la préfèrent, contre 22 % pour le ministre de l'intérieur. Des résultats que le directeur de l'institut CSA, Stéphane Rozès, explique, dans Le Parisien, par "le jugement positif de la capacité à gouverner" de Ségolène Royal.

Le Figaro s'est, de son côté, intéressé aux intentions de votes, montrant, dans une enquête TNS/Sofres/Unilog, que le président de l'UMP devancerait au contraire la favorite de la primaire socialiste au premier tour de l'élection présidentielle. En recueillant 38% des voix, M. Sarkozy gagnerait 2 points par rapport au sondage du Figaro de septembre et creuse l'écart vis-à-vis de Ségolène Royal, qui n'obtient plus que 29,5% des voix, et recule donc de 4,5 points, précise le quotidien.

Pour expliquer ces chiffres, "l'actualité" qui"vient d'être dominée par les questions d'immigration et de sécurité", analyse le directeur du département politique et opinion TNS Sofres, Brice Teinturier, dans Le Figaro. "Sur ces sujets, le ministre de l'intérieur agit et en tire bénéfice."

ROYAL SEULE CANDIDATE À POUVOIR DEVANCER SARKOZY

Celui-ci rapporte, en outre, que l'avance de la présidente de la région Poitou-Charentes face aux deux autres prétendants à la candidature socialiste, MM. Fabius et Strauss-Kahn, connaît également "une érosion notable, notamment dans les intentions de vote des ouvriers et des professions intermédiaires".

Les deux enquêtes se retrouvent néanmoins sur un point : la présidente de la région Poitou-Charentes est la seule candidate à l'investiture socialiste à distancer le ministre de l'intérieur. Le Parisien estime que "si les Français avaient le choix entre Dominique Strauss-Kahn et Sarkozy, 40% voudraient voir le premier à l'Elysée contre 44% pour le second". Avec Laurent Fabius, 36% voteraient pour ce dernier contre 48% pour le président de l'UMP.

Selon le Figaro, Nicolas Sarkozy accentue son avance avec 39% des intentions de vote face à Dominique Strauss-Kahn, crédité de 20%, et Laurent Fabius de 15%. 

Le Figaro constate, en outre, qu'aucun des petits et moyens candidats ne semble aujourd'hui arriver à percer. Le président du FN, Jean-Marie Le Pen, arriverait en troisième position avec 9,5%, devançant le président de l'UDF, François Bayrou (7%), Philippe de Villiers (3%), Arlette Laguiller (3%) et Dominique Voynet (2%).

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 11:04
Le cas travailliste, à méditer,
par Philippe Marlière

nciens et nouveaux adhérents, fidèles de courants et ralliés de la dernière heure, les socialistes éliront bientôt leur candidat à l'élection présidentielle. Ils feront bien entendu ce choix en connaissance des ambitions de chacun des 3 prétendants. Pour éclairer leur jugement, ces militants seraient bien avisés d'étudier de près le cas travailliste. Le PS est en apparence éloigné du travaillisme britannique, mais pourrait grandement s'en rapprocher à l'issue de ce scrutin interne.

Le 12 mai 1994, le leader travailliste John Smith décéda brutalement. M. Smith était un social-démocrate attaché au lien avec le mouvement ouvrier. Il envisageait un partenariat avec les syndicats pour mettre en oeuvre le programme social de son parti (arrêt de la privatisation des services publics, instauration d'un salaire minimum, lois de décentralisation). A l'heure de son décès, l'ultra-libéralisme thatchérien était discrédité et John Smith aurait aisément remporté l'élection de 1997. Tony Blair, son successeur, fut élu par les adhérents, après que Gordon Brown, son concurrent principal, eut renoncé à se présenter.

En 1994, M. Brown était perçu comme un social-démocrate de gauche, proche des syndicats, une figure appréciée des militants. Des cadres influents du parti et des syndicats se détournèrent de lui au dernier moment. Ils estimèrent que sa réputation d'homme de gauche pourrait effrayer l'électorat flottant et que son profil intellectuel "ne passait pas" dans les médias. Issu d'un milieu conservateur, ostensiblement distant vis-à-vis du parti et, surtout, terriblement photogénique, Tony Blair reçut l'appui de l'appareil. C'est ainsi que ce grand parti du salariat se persuada de soutenir Blair : il fallait présenter aux électeurs le candidat que les sondages plébiscitaient.

Très peu de ces cadres travaillistes firent ce choix par conviction politique. Ils expliquèrent qu'une fois élu, le "droitier Tony" se soumettrait au parti et mènerait une politique sociale-démocrate. Ces barons travaillistes ne prirent pas au sérieux les propos du futur premier ministre. Mal leur en a pris. Dès 1994, Tony Blair annonça la fin de la social-démocratie britannique. Entre 1997 et 2006, il a tenu parole.

A partir de 1995, le discours travailliste, déjà très recentré, prit une tournure résolument droitière. Tony Blair entreprit de faire de son parti le parti des entrepreneurs et du business, se fit le chantre de l'économie flexible. Il affirma vouloir dépasser "l'opposition stérile" entre la gauche et la droite et promit de ne revenir ni sur la plupart des lois antisociales de l'ère Thatcher ni sur les privatisations les plus scandaleuses de cette période (les chemins de fer). Sur les questions de sécurité, il déborda sur leur droite les conservateurs, préconisant l'incarcération des mineurs délinquants.

Tony Blair discourut sur les droits et les devoirs civiques, stigmatisant les "chômeurs oisifs" qui vivent volontiers des allocations. Culturellement conservateur, il opéra une volte-face sur des questions de société, sensible aux arguments électoraux de son entourage (l'homoparentalité).

Il vanta les mérites de la démocratie participative dans un livre manifeste (New Britain, My Vision of a New Country, 1996) : il fallait, confiait-il, "décentraliser le pouvoir le plus près des gens, leur permettre de prendre les décisions qui les affectent". Ce ne furent que des paroles. Il renâcla à mettre en place les lois de décentralisation, court-circuita le National Executive Committee (l'instance exécutive du parti) au profit de structures technocratiques sous ses ordres et traita avec mépris l'opposition populaire à sa politique (guerre d'Irak, privatisation des services publics, vote d'investiture du candidat travailliste à la mairie de Londres en 2000).

Quand les syndicats s'opposèrent à ses partenariats privé- public dans les services publics (c'est-à-dire leur privatisation rampante), Blair les qualifia de "forces du conservatisme". Le New Labour facilita les adhésions par Internet à 10 £ la carte. Entre 1995 et 2000, le nombre d'adhérents passa de 200 000 à 450 000. Très peu de ces nouveaux adhérents (essentiellement issus des classes supérieures) prirent part à la vie du parti. Ils votèrent en masse les réformes visant à prendre congé des politiques sociales-démocrates.

Une telle rupture avec la tradition socialiste et les attentes populaires découragea les plus dévoués des militants. Aujourd'hui, le Parti travailliste ne compte plus que 180 000 adhérents. Les syndicats, hostiles à la politique du New Labour, ont réduit ou supprimé le montant de leur contribution politique, certains encore se sont désaffiliés du parti.

A partir de 2001, le terme "New Labour" avait disparu des publications du parti, tant il était tourné en dérision par le public. Le fumeux débat sur la "troisième voie", censée théoriser la philosophie blairiste, lassa et cessa au même moment. L'amorçage d'un débat national sur la "société du respect" il y a un an a connu un bide retentissant. Les médias parlèrent à cet égard de marketing creux. Les 3 succès électoraux du blairisme ont été acquis contre un Parti conservateur détesté du public et très droitier.

Le scrutin majoritaire à un tour a assuré le reste : en 2005, avec 35% des votes exprimés, le Parti travailliste a obtenu 55% des sièges. Lors de ces 3 élections, le vote travailliste a dégringolé de 13,5 millions à 10,7 millions, puis à 9,6 millions de voix. Le taux de participation est passé de 72% à 59% entre 1997 et 2001. L'abstention atteint un niveau record en Europe chez les jeunes et les catégories populaires. 10 ans après, le candidat des sondages a vieilli ; son sourire un peu figé se fait désormais rare. Il va laisser derrière lui un parti en ruine et un Royaume-Uni plus néolibéral que jamais.


Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l'université de Londres.

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 14:53



Texte adopté par 36 voix pour, 14 abstentions, et 2 NPPV

par le Conseil national du NPS - Paris, le 6 octobre 2006

« Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas de faire son devoir, mais de le connaître. »

Chacun d’entre nous est tendu vers un seul objectif : battre la droite en 2007. En même temps, chacun d‘entre nous s’interroge légitimement sur le meilleur moyen d’y parvenir.

A quels principes pouvons nous nous en remettre quand le doute malmène nos certitudes ?

Essentiellement à notre patrimoine politique commun, c’est-à-dire ce que nous croyons juste de dire et de faire. Nous ne sommes pas des militants socialistes nés il y a quelques jours, vierges de toute expérience, de toute connaissance et de toute conviction.


Depuis quatre ans, en tant que courant du Parti Socialiste, nous avons analysé les fractures béantes de la société française, nous avons fait respirer la politique là où les institutions de la cinquième république asphyxient le débat démocratique, nous avons combattu la cécité de certains responsables socialistes face à la dérive libérale de la construction européenne et face à l’impact social de la mondialisation.


Ces quatre années laissent le souvenir de belles conquêtes lors des victoires électorales des régionales ou des européennes, lors du 29 mai 2005, ou du mouvement contre le CPE. Mais elles incluent aussi le goût amer d’une société devenue plus violente, plus dure avec les faibles, plus incertaine, plus soumise que jamais aux intérêts des puissances financières.


Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement lever une espérance en faveur d’un homme ou d’une femme providentiel(le), c’est répondre concrètement à la demande démocratique et sociale. C’est pour cela que le NPS a pesé de toutes ses forces sur l’écriture du projet des socialistes. Nous voulions que celui-ci soit le plus légitime possible au moment d‘entrer dans une campagne dont nous savions que la personnalisation risquait d’éclipser.


A l’heure où le parti semble convulser, saisi tout entier par le vertige de la présidentialisation et de la personnalisation, l’idée que nous nous faisons de notre devoir de militants socialistes, consiste à réaffirmer que notre rôle est et doit être de préférer le projet à son interprète. A l’heure où un dirigeant du PS affiche l’ambition de changer la nature de notre parti pour l’adapter, aux lendemains de l’élection présidentielle, aux institutions de la cinquième République, l’un des choix qui est en jeu se situe entre un parti d’orientation, de réflexion collective et de structuration du débat politique et celui d’un parti de supporters.


Cette campagne de désignation interne conduira des militants du NPS à réaliser des choix différents. Condamne-t-elle le NPS ? Nous ne le croyons pas. Nous ne l’acceptons pas.


Notre débat à Saint-Nazaire a rappelé avec force la volonté unanime des militants à maintenir l’unité d’un courant dont l’influence, les idées et la force, seront indispensables au candidat désigné en novembre.


Mais au delà, un courant comme le notre conserve une fonction indispensable pour encourager le rassemblement de la gauche aux côtés des socialistes, et pour maintenir le parti en éveil aux côtés du futur gouvernement de gauche si, comme nous le souhaitons, nous l’emportons en 2007.


Le Premier secrétaire a décliné l’appel à rassembler les socialistes autour de sa candidature.


La tentation de la captation de tout ou partie de NPS par tel ou telle candidat(e) existe. Tout ce qui divise le NPS l’affaiblit et réduit en conséquence ses capacités à influencer l’avenir.


Le rôle du NPS ne peut pas se réduire à l’ajout de quelques noms dans la liste d’un comité national de soutien.


Les candidats sont maintenant connus. Le choix ne dépendra pas tant de leur programme (tous s’engagent à respecter le vote du 21 juin) que de la manière dont ils comptent l’appliquer :

  • Quelle stratégie de rassemblement pour la gauche dès le premier tour ?

  • Quels leviers et quel agenda à la question de la hausse du pouvoir d'achat et des salaires ?

  • Au delà du rejet de la constitution européenne, quelles propositions concrètes pour la présidence française de l’UE en 2008 ?

  • Quelles mesures et quel calendrier de réforme institutionnelle pour une nouvelle République parlementaire ?

  • Comment faire vivre un parti politique collectivement et collégialement dans des institutions qui ne le permettent pas ?

Nous proposons donc de les interpeller sur ces choix politiques et stratégiques afin mener le PS et toute la gauche à la victoire en 2007.


Nous nous engageons à respecter le voeu exprimé par les militants à Saint-Nazaire en faveur de l’unité du courant. Nous nous engageons à ne rallier aucun candidat en le faisant au nom du NPS. Nous voulons que les exigences politiques, telles que nous les avons définies dans notre texte commun à Saint-Nazaire, l’emportent sur toute autre considération. Nous souhaitons rester, dans les divisions liées à la compétition interne, comme dans les phases ultérieures, un pôle de stabilité et de responsabilité. Nous nous engageons à trouver les voies d’un dialogue exigeant et constructif avec les candidats pour faire du respect du projet, du rassemblement de la gauche et d’une certaine conception du parti socialiste, les principes et repères d’une campagne électorale qui nous conduise à l’indispensable victoire.

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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 15:20
Paradoxe politico-industriel, une telle initiative pourrait mettre d'accord patronat et syndicats. Renationaliser EDF ?
Par Grégoire BISEAU, journaliste à Libération.
Si Laurence Parisot, la présidente du Medef, avait de la suite dans les idées et un peu de goût pour les mises en scène iconoclastes, voici ce qu'elle ferait. Elle convoquerait une conférence de presse avec son ennemi de toujours, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, pour lancer un appel solennel à la renationalisation immédiate d'EDF. Un duo suffisamment déroutant pour être sûr de se hisser jusqu'au menu du 20 heures et de lancer un débat qui aurait toutes les chances de mettre cul par-dessus tête la classe politique. Pour une fois, voilà que les revendications du Medef (la défense de la compétitivité des entreprises françaises) viendraient croiser celles de la CGT (la défense de l'héritage du vieux capitalisme d'Etat et du service public). A qui devrait-on cette troublante convergence d'intérêts ? A la hausse vertigineuse des tarifs d'électricité pratiqués auprès des industriels.
Bien sûr, le Medef se contente pour l'instant de se déclarer «très préoccupé» du coup porté aux entreprises françaises, refusant d'appeler à l'impensable renationalistaion d'EDF et de renier sa foi dans le tout-privé. Pourtant, nombre de patrons d'entreprises petites ou grosses jugent la situation suffisamment grave pour défendre, pour une fois, le retour du tout-Etat.
Comment en est-on arrivé là ? Par un énorme malentendu. Tout commence avec l'ouverture à la concurrence des marchés de l'énergie en Europe. Selon le bon vieux principe néolibéral, davantage de concurrence doit entraîner une baisse des prix de l'électricité, et donc une amélioration de la compétitivité de l'Union européenne. On a donc autorisé les entreprises qui le souhaitaient à quitter les tarifs «régulés» (fixés par l'Etat), pour adopter des tarifs «libres» (fixés par le marché). Les entreprises ont eu le choix entre trois options : partir à la concurrence, rester chez EDF mais se mettre au tarif «libre», ou ne pas bouger, en restant au tarif régulé. Que s'est-il passé ? Les prix de marché se sont envolés tandis que l'Etat imposait au même moment à EDF de ne pas augmenter son tarif au-dessus de l'inflation pendant cinq ans. Résultat : les entreprises restées au tarif «régulé» bénéficient aujourd'hui d'un électron environ 40 % moins cher ! Pour les autres, celles qui ont voulu jouer l'ouverture des marchés, le bilan est saumâtre. Etranglées et particulièrement humiliées de s'être fait berner par cette fausse promesse de baisse de prix, certaines menacent carrément de «délocalisation». Profitant du débat parlementaire sur la privatisation de GDF, le gouvernement a concocté spécialement pour elles un objet fiscal encore non identifié dans une économie de marché : une taxe, payée par Suez et EDF, et versée à leurs concurrents (comme le petit Poweo) pour leur permettre de réduire le prix de leur électricité...
Par quel étrange mécanisme plus de concurrence a-t-il pu aboutir à une telle envolée des prix ? En fait, rien n'indique que l'ouverture des marchés ait introduit plus de concurrence. D'abord parce que le marché européen de l'électricité n'existe pas, ou très peu : les interconnexions avec les pays voisins sont soit saturées (Angleterre et Allemagne) soit inexistantes (Italie et Espagne), ce qui limite d'autant la capacité des acteurs compétitifs à exporter. Par ailleurs, produire et vendre de l'électricité n'est pas à la portée de la première bourse, ce qui limite le nombre des nouveaux acteurs. Dans ce contexte, les géants européens de l'énergie ont un intérêt (évidemment non avoué, pour ne pas prêter le flanc aux critiques de Bruxelles) à ne pas se lancer dans une guerre commerciale, perdante pour tous.
La montée en flèche du prix de l'électron se nourrit ensuite d'un déficit d'offre. Il y a encore cinq ans, on disait l'Europe en surcapacité de production pour longtemps. Mais aujourd'hui tout le monde dresse un constat inverse et les chiffres les plus astronomiques d'investissement nécessaire, à horizon de dix ans, circulent. Les marchés anticipent tout cela. Et dans une période de hausse du prix du baril de pétrole et des matières premières en général, et de plus grande rigueur environnementale (protocole de Kyoto), les traders anticipent la hausse du prix de l'électron. D'où l'envolée.
EDF bénéficie, grâce au nucléaire, d'un précieux avantage compétitif, notamment vis-à-vis de son partenaire allemand, qui a fait, lui, le choix d'en sortir. Si EDF augmente aujourd'hui ses tarifs libres, ce n'est pas parce que ses coûts augmentent (ils devraient même avoir tendance à baisser du fait des gains de productivité), c'est tout simplement parce que l'électricien s'aligne sur le marché. C'est d'ailleurs ce qui fait la singularité du cas EDF par rapport à GDF. Car les coûts d'approvisionnement de ce dernier évoluent, eux, avec le prix du marché mondial du gaz, lui-même indexé sur celui du pétrole. Bref, pendant que les prix de l'électricité augmentent, les profits d'EDF montent de manière quasi proportionnelle.
On ne peut pas reprocher à une entreprise cotée de chercher la maximisation de son profit. En transformant sa rente nucléaire en superdividende, le patron d'EDF ne fait que son métier : satisfaire ses actionnaires. Demain, on peut même imaginer qu'il partira en guerre pour que l'Etat abandonne, au nom de la concurrence, ses tarifs régulés, encore tolérés par la Commission européenne. Alors, la victoire du marché sera totale : EDF pourra tranquillement augmenter ses prix, jusqu'à les aligner sur ceux de la concurrence allemande. Et la France se retrouvera dans la situation ubuesque : assumer les désavantages du tout-nucléaire (déchets, risques...), sans bénéficier de ses avantages (une électricité bon marché).
Comment sortir de ce cauchemar ? Très simplement : en renationalisant EDF. Non pas au nom du service public, comme le revendique la gauche. Mais pour forcer l'ex-monopole public à transformer sa rente nucléaire non pas en dividendes pour ses actionnaires, mais en baisse de prix pour ses clients. Or, aujourd'hui, l'Etat actionnaire est coincé : il est difficile d'imposer aux autres actionnaires privés d'EDF des baisses de tarifs donc de profits. D'où la nécessité d'une renationalisation.
Un homme politique de gauche pourra objecter que l'Etat, avec ses 80 % du capital d'EDF, a un intérêt à ce que le groupe public réalise au contraire de gros profits pour lui verser de confortables dividendes. Ce serait autant d'argent pour financer de nouveaux biens publics ou désendetter l'Etat. Un joli paradoxe politico-industriel...

http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/208366.FR.php

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